Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

El diputado un film d'Eloy de la Iglesia

12 Février 2026, 07:41am

511Etu82O9L

 

Espagne, 1978, 108 mn 

 

Réalisation: Eloy de la Iglesia, scénario: Eloy de la Iglesia et Gonzalo Goicoechea, Directeur de la photographie: Antonio Cuevas, Montage : Julio Peña 

 

Avec: Jose Sacristan, María Luisa San José — Carmen Maria Luisa San José , Ángel Pardo, José Luis Alonso, Agustín González, Enrique Vivó , Queta Claver, Ángel Pardo, Juan Antonio Bardem, Antonio Gonzalo, Fernando Marín, Aldo Grilo, Ramón Reparaz, Fabián Conde, Alejo Loren, Ramón Centenero

 

images

 

Résumé: 

En Espagne dans les derniers temps du franquisme, Roberto Orbéa est un membre actif d'un parti de gauche. Il est mis en prison où il fait la connaissance de Nes, et cède à ses penchants homosexuel. La mort du dictateur le fait sortir de prison. Son parti accède au pouvoir, et il devient un homme politique très reconnu. L'homosexualité étant très taboue à l'époque, il tente de reprendre une vie « normale » avec sa femme. Mais Nes lui présente un jeune homme dont il tombe éperdument amoureux. Sa femme finit par le découvrir, et lui propose de vivre leur histoire à trois. Roberto connaît unñe courte période de bonheur, mais l'extrême droite, qui a appris son homosexualité, intrigue pour le faire chuter. Il prend conscience, en tombant amoureux d’un jeune prostitué issu du lumpenprolétariat, qu’il doit absolument faire son coming out s’il veut être en accord avec ses principes politiques... 

 

mqdefault

 

 

L’avis du critique:

 

Inspiré par des événements vrais, l'EL Diputado est le premier film ouvertement gay espagnol. Tourné dans la période de l’immédiat post-franquisme. Alors que la plupart des français qui ne sont pas féru de films d’horreur, il est l’auteur de Cannibal man, n’ont jamais entendu parler d'Eloy de la Iglesia il a pourtant gagné quelque chose comme une réputation de cinéaste culte dans le monde entier pour être l’un des premiers cinéastes à traiter d’une manière explicite l'homosexualité. De la Iglesia a par le passé appartenu au parti communiste espagnol. El Diputado rassemble ses prédilections politiques et sexuelles dans un mélange passionné et passionnant. Curieusement le film a connu un certain succès commercial aux États-Unis et en Amérique du sud. C’est aussi le film techniquement le plus ambitieux de sa filmographie. Le film est constitué par de nombreux retours en arrière. Roberto Orbea (Jose Sacristan) , le héros, se souvient de ses dernières années. En dépit de nombreuses d'années à dissimuler ses convictions politique, il est socialiste. Pour cela Roberto Orbea est emprisonné. Dans la promiscuité de la prison il réalise qu’il est homosexuel en dépit des efforts qu’il fait pour réprimer ses pulsion. En tant qu’ avocat et ancien militant clandestin il émerge, dès la fin de l'ère Franquiste, en tant qu’un des principaux dirigeant du parti socialiste espagnol. Il cache son homosexualité à son parti, et à sa femme (Maria Luisa San Jose) qui partage son engagement politique. Mais Roberto ne résistent pas à un beau jeunes garçons, un joli adolescent appelé Juanito (Jose Alonso). Ce dernier est manipulé par des membres d’un parti de droite qui s’oppose au socialiste et pensent déconsidérer leur adversaire en faisant éclater un scandale de moeurs impliquant une personnalité socialiste de premier plan. De Iglesia fait le parallèle entre la clandestinité politique de Roberto à l’époque du franquisme avec celle qu’il vit sur le plan sexuel alors qu’il est un des leaders politiques du nouveau régime démocratique espagnol. L'appartement qui a servi jadis passé pour héberger des camarades recherchés par la police franquiste devient un endroit pour les rendez-vous amoureux de Roberto et de Juanito. Sur des affiches, Marx et Lénine regardent sévèrement les ébats sexuels des deux hommes... 

 

diputado-2

A ce propos, El deputado est une bonne occasion d'observer les contradictions entre l'esprit libertaire du film et le "dogmatisme" avec une touche d'hypocrisie du parti communiste sur le sujet de l’homosexualité... Eloy de la Igclesia est tout à fait brillant à nous faire ressentir l'appel de la chair que ressent Roberto, homme entre deux âge, pour ce jeunes garçons. De même qu’est finement évoqué, en quelques scènes, le rapport entre Roberto et sa belle épouse Carmen. Leur rapport est ancré dans l'amour véritable l'un pour l'autre. Carmen est déterminé pour explorer n'importe quelle voie qui permettra à leur mariage de survivre. Sous la tutelle de Roberto et de Carmen, Juanito se transforme de gigolo enun garçon assidu des librairies, un admirateur d'art moderne et un mélomane averti... Tout cela est fortement improbable et relève plus du fantasme de micheton que de la réalité et c’est la seule vraie faiblesse du scénario quant à sa crédibilité. En même temps sa conscience politique augmente. pour initialiser. Il se rend compte qu'il a été manipulé et que son amour pour Robert est devenu sincère. Il rejette ses anciennes opinions. La scène paroxystique du film voit Roberto, Juanito et Carmen dans un baiser à trois symbolisant leur libération et leur réconciliation. Le film a soulevé un tollé de protestation lors de sa sortie en salle en raison surtout de sa description explicite des actes homosexuels et aussi pour opinions politiques pro-Marxiste. Le film a également gagné en notoriété parce qu'il semble raconter l'histoire de plusieurs figures bien connues dans la société politique espagnole. Nombre de spectateurs l’on alors vu comme un film à clés et se sont perdus en moult supputations. Au début des années 70, Eloy de la Iglesia était un membre du parti communiste espagnol ; ses films de cette période reflétaient ses opinions politique et ont souvent porté sur les formes violentes de protestation sociale. Dans El deputado on le voit s’éloigner du PCE pour rallier le socialisme. Le film est un formidable tableau de l’ effervescence politique qu’il régnait alors dans un pays où la démocratie pouvait encore paraître fragile. 

 

mqdefault-1

 

 

El diputado a également pris note de l'introduction des nouvelles théories soutenues par les socialistes sur le rôle du terrorisme dans le nouveau contexte européen. Ce n'est pas pour rien qu’ Orbea est présenté comme un avocat qui a défendu l'ETA durant le fameux procès de Burgos. Toutefois, après l'avènement de la démocratie, les motivations de l'ETA ont été disqualifiés. L’organisation devient ”suspects gauchistes" et leurs actes de violence sont dénoncés comme "crimes contre la vie" en conformité avec le rejet de l’Europe entière de ces pratiques après l'assassinat d'Aldo Moro en Italie.

 

resizer

 

 

 

Eloy de la Iglesia est un cinéaste , en marge des principaux courants et des tendances esthétiques dominantes, il a pu mener à bien une œuvre personnelle et prolifique, à cheval entre cinéma d’auteur et cinéma populaire, intégrée dans l’industrie cinématographique mais traitant toujours de sujets tabous ou polémiques. Il est titulaire d’un Master of Arts de l'Université Complutense de Madrid, et il a également étudié à l'Institut des Hautes Etudes Cinématographiques de Paris. Il a fait ses premiers pas comme scénariste pour des émissions pour enfants pour la télévision. C’est cet environnement qui lui a permis de faire son premier film à 22 ans, en 1966 avec Fantasía 3, adaptation d’ un roman de L. Frank Baum. Mais le réalisateur connaît une plus grande liberté d'expression lors de la transition démocratique espagnole qui va de 1975, l’année de la mort de Franco, à 1982, date de la victoire du PSOE aux élections législatives. Cette période faisait évidemment grand as de la sexualité, ouvrant les écrans, en passant, à une représentation de corps , quoiqu’essentiellement féminins, inédite dans ce pays. Bien des films mettant en scène soit des homosexuels, soit des bisexuels, soit des transsexuels, soit des travestis, eurent du succès dans l’Espagne de la Transition, même si tous n’étaient pas des parangons de modernité. Alors que “El diputado”, qui eut un succès considérable, propose, lui, un regard politique sur le corps masculin, mais un regard non exempt de désir. On peut considérer Eloy de la Iglesia comme le cinéaste emblématique de cette période pendant laquelle il réalise pas moins de dix films dont plusieurs traitent principalement de l'homosexualité, comme “Los placeres occultos” (1976) ou “El diputado” (1978). Les sujets préférées du cinéaste ont été ceux touchant les relations de classe et l'oppression sociale par l'état. Mais il semble que petit à petit une sorte d’obsession sexuelle à éclipsé les opinions politiques du cinéaste A partir du miÉlieu des années 70 les films de la Iglesia se sont de plus en plus concentrés sur l'homosexualité et les problèmes sociaux tels que la délinquance juvénile et la toxicomanie. La marginalité sous toutes ses formes est une thématique au cœur de sa réflexion sur les rapports entre l’individu et une société répressive. Cette interrogation sur l’identité de l’homme au sein de la société le conduit également à réfléchir sur la place de l’individu au sein de groupes sociaux plus restreints, comme le couple et la famille. Dans tous les films d’Eloy de la Iglesia, on trouve des personnages qui transgressent les règles sociales ou morales imposées ou communément admises par la majorité. S’écarter de la norme, la remettre en cause, est une façon de proclamer sa liberté individuelle. Il obtient un succès en 1983 avec, El Pico qui traite de la drogue. À 57 ans Eloy de la Iglesia adapte Caligula d¶’Albert Camus qu'il compare à son personnage majeur de son film Navajeros (1980). On lui doit aussi De la Iglesia a fait face à la toxicomanie lui-même dans les années 80 et a même cessé de faire des films pendant un certain temps. Mais son accoutumance au cinéma devait être plus forte que celle pour les drogues, puisque par la suite il s’est sevré des drogues et a repris sa carrière. En 2003, après 16 ans d'absence, au cinéma il revient avec “L'Amant bulgare”, adapté de l'oeuvre romanesque d'Eduardo Mendicutti. Ce sera le dernier film d'Eloy de la Iglesia qui meut en 2006. Sa filmographie est riche de 22 longs métrages. Le Festival du Film de San Sebastian lui a consacré un hommage et une rétrospective en 1996 ce qui a été très important pour sa reconnaissance. En 2003, à Paris, le festival de l’étrange a consacré, en sa présence, également une rétrospective à ce cinéaste qui ne peut être comparé qu’à Fassbinder...

 

images2

 

131706

 

 

image000001 2

 

 

image000000 2

 

 

image000001

 

 

image000000


Voir les commentaires

André RAGOT (1894-1971) Y.L apprenti chauffeur endormi

12 Février 2026, 07:40am

 

Voir les commentaires

Sur le plateau de Gizeh (1)

11 Février 2026, 07:38am

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gizeh, janvier 2026

Voir les commentaires

Maxime DUFOUR (1968-) Super British Petroleum, 2013

11 Février 2026, 07:38am

 

Voir les commentaires

Hélène Schjerfbeck (1862-1946) : Étude d'un jeune homme, 1882.

11 Février 2026, 07:37am

 

Voir les commentaires

Les portes du Duomo de Florence

10 Février 2026, 07:46am

Les portes du Duomo de Florence
 
 
 
Les portes du Duomo de Florence
 
 
 
Les portes du Duomo de Florence
 
 
 
Les portes du Duomo de Florence
 
 
 
Les portes du Duomo de Florence
 
 
 
Les portes du Duomo de Florence
 
 
 
Les portes du Duomo de Florence
 
 
 
Les portes du Duomo de Florence
 
 
 
Les portes du Duomo de Florence
 
 
 
Florence, juillet 2010
 
 
 
Les portes du Duomo de Florence
 
 
 
Florence, juillet 2010
 
 

Florence, juillet 2010

Voir les commentaires

Alfons Mucha (1860-1939)

10 Février 2026, 07:45am

 

Voir les commentaires

Des garçons à Montmartre en juillet 2019

10 Février 2026, 07:44am

P1040594

 

P1040593

 

 

P1040595

 

 

P1040596

 

 

P1040597

 

 

P1040598

 

P1040598 2

 

 

P1040599

 

 

 

P1040600

 

 

 

P1040601

 

P1040601_face0

 

Paris, juillet 2019

Voir les commentaires

Les équilibristes un film de Nico Papatakis

9 Février 2026, 07:55am

5071729

 

France, 1h 45, 1991

 

Réalisation: Nico Papatakis, scénario: Nico Papatakis, image : William Lubtchansky, Musique : Bruno Coulais, Montage : Delphine Desfons, Décors : Gisèle Cavali, Sylvie Deldon, Nicos Meletopoulos, Son : Laurent Lafran, production: Humbert Balsan

 

images

 

avec: Lilah Dadi, Michel Piccoli, Polly Walker, Doris kunstmann , Patrick Mille, Jacky Nercessian, Juliette Degenne, Laurent Hennequin, Olivier Pajot, Bernard Farcy, Guy Louret, Emiliano Suarez, Michel Palmer, Michel Novak, Nathalie Sevilla, Jacques Labarriere, Luc kienzel, Jourand-Briquet, Mathias Jung, Jean-Gilles Barbier, Yannick Becquelin, Pascal Ricuor, Philippe Cal,

 

boIYy_LKPpPGDnGuswckdNV_b9E@700x422

 

 

Résumé 

 

Paris, au début des années soixante, pendant la guerre d'Algérie, l'écrivain Marcel Spadice (Michel Piccoli), homme de lettres célèbre et homosexuel notoire a été déstabilisé par une biographie qui a révélé ses cotés les plus sombres. Il est fasciné par le jeune et beau valet de piste du cirque parisien Imira, Fanz-Ali (Dadi Lilah). Sa mère est allemande et alcoolique, son père, un arabe, est mort pendant la seconde guerre mondiale. Spadice provoque une rencontre par l'intermédiaire d’Hélène Lagache à la fois son égérie et son entremetteuse sexuelle. Le grand homme tombe immédiatement amoureux de Franz-Ali en qui il voit le plus bel équilibriste du monde. Il promet au jeune homme, qu’il le fétichise sous la forme d’un phallus géant, de l'aider à réaliser son rêve : devenir un talentueux funambule. L'écrivain décide de se charger de son entraînement. Le garçon se soumet aux exigences du maître, au péril de sa vie. Malheureusement le jeune funambule tombe de son fil et se blesse grièvement. Il ne sera jamais le plus grand équilibriste. Dès ce moment, Spadice, pygmalion déçu, abandonne le garçon pour jeter son dévolu sur un nouveau jeune homme, Fredy, un passionné de course automobile. Franz-Ali désormais ne vivant que pour se survivre, trop blessé physiquement et moralement, se suicide.

 

equilibristes

 

 

 

L’avis du critique

 

Les équilibristes qui s'inspire d'un épisode amoureux de la vie de Jean Genet, est la peinture de la violence de la domination totale exercée par le maître sur sa créature. Néanmoins le film ne relève jamais d’une reconstitution de la vie de l’écrivain. Peu de création sont autant en inéquation avec son auteur. En effet Papatakos hétérosexuel flamboyant et grand ami de Jean Genet parait bien mal placé pour raconter cette histoire sordide où le grand écrivain, mu par un désir sexuel pour un jeune homme paumé, se met dans la tête d’en faire une vedette du cirque. Mais lorsque le mentor s’aperçoit que l’objet de son fantasme n’atteindra pas les sommet il le jette, pauvre pantin brisé, maintenant indigne de distraire le maître. Ce tragique épisode de la vie de Genet est “certifié” par son biographe, Edmund White: <<Il poussa son amant Abdallah, funambule de profession, à tenter des numéros toujours plus périlleux, jusqu’à ce qu’il chute, non pas une, mais deux fois; estropié il finit par se suicider, avec le Nembutal de Genet.>>. Des rapports et leur triste conclusion qui rappellent ceux qu’entretenait Bacon avec George Dyer, sujet de Love is the devil , film de John Maybury plus réussi que celui-ci. Cette variation étrange sur le mythe de Pygmalion, tragédie d’une relations fondées sur la hantise de la mort et le désir d’éternité, n’a pas la force que son scénario était en mesure de lui insufflé car se privant du nom de Genet Papatakis prive son film de tout le hors champs que celui-ci lui aurait apporté. Toutes conssiérations relevant du droit mis à part, qui sont très importantes dans ce genre de projet, changer le nom d’un protagoniste historique, que le spectateur pourtant ne peu que reconnaître, est presque toujours un aveu de faiblesse artistique. C’est une facilité qui par exemple évite le souci de ressemblance physique entre l’acteur et son personnage. Le film est d’autant plus dérangeant pour les mânes de Genet qu’il nous amène à penser que son souci de la cause arabe est surtout dictée par le cul; ce qui tout de même il serait temps de dire simplement d’un homme dont la conscience politique n’a pas été toujours exacerbée. Il exulta lorsque les troupe allemandes entrèrent dans Paris... 

 

equilibristesles_pk82137_1

 

 

Ceci dit il n’est pas le premier et sera encore moins le dernier a avoir été sensibilisé à une cause par l’intermédiaire du sexe, ce qui n’est peut être pas la plus mauvaise manière d’accéder à la conscience politique. Les chemins d’un Gide ou d’un Montherlant vers l’anticolonialisme passent par cette même voie. Il est d’autant plus incompréhensible que Papatakis ait évacué la relation intime entre les deux amants. Il ne montre pas le désir physique entre Spadice et Franz-Ali, alors qu’il est le centre de toute l’histoire. Ne doit on pas voir en parti dans Les équilibristes le règlement de compte envers Genet d’un ami dépité, Papatakis même si le portrait qu’il dessine de l’écrivain n’est pas en contradiction avec les témoignage littéraires que l’on connaît par exemple dans le Journal (éditions Gallimard) de Jean Cocteau ou dans les Nouvelles minutes d’un libertin (éditions Le promeneur) de François Sentein, ni avec la biographie quelque peu laudative d’Edmund White; mais il aurait pu aussi bien pu choisir d’autres épisode de la vie du graqnd écrivain, qui su aussi, se montrer généreux et fidèle en amitié avec d’autres de ses anciens amant. Mais peut être faut il voir dans le film un hommage à l’autre vrais protagoniste de cette tragédie, Abdallah, le cinéaste en 1964 a assisté à son enterrement et n’a jamais oublié...

 

les-equilibristes2

 

 

Les équilibristes n’est pas seulement l’histoire que Genet eut avec Abdallah c’est plus une compilation de plusieurs aventures amoureuses vécues par l’écrivain qui, à la fin de sa vie, fut amoureux d’un autre artiste de cirque, Alexandre Bouglione qui n’était pas cette fois fil de feriste, mais dompteur de lions . Quelques années auparavant il avait été l’amant d’un jeune coureur automobile comme Freddy (Patrick Mille) par ailleurs ce garçon était le beau-fils de l’acteur d’ Un champ d’amour. Genet en fera son exécuteur testamentaire. La réalisation est fade. Chaque plan est attendu. Sauf ädans la scène de funanbulisme où le kitch assumé concourt à l’émotion. Alors qu’il aurait fallu érotiser les corps masculins le réalisateur n’y parvient jamais, pourtant il y avait de quoi faire avec celui magnifique de Lilah Dadi. Ses essais dans ce domaine sont assez pitoyables notamment au début la rêverie érotique de Spadice lors de la parade du cirque. L’image majoritairement dans les bruns et les rouges est assez laide et manque de précision. Les scènes de cirque ont été réalisées dans celui d’Amiens où furent déjà tourné Les Clowns de Fellini et Roselyne et les lions de Beinex. Le suicide du jeune homme lors d’une cérémonie funèbre rappelle Les enfants terribles de Cocteau. On peut aussi repérer dans le déroulement du film d’autres éléments issus de la vie et de l’oeuvre et de Genet. Le livre qui dissèque les comportement de l’écrivain est dans la réalité Saint Genet, comédien et martyÌr de Sartre. Michel Piccoli est remarquable comme à son habitude dans ce personnage d’intellectuel démiurge pervers et calculateur, tenant toujours le spectateur à distance. On peut le voir également dans des rôles d’homosexuel dans Le bal des casse pieds d’Yves Robert et dans La confusion des sentiments d’Etienne Perier d’après Stefan Zweig et aussi dans Rien sur Robert de Pascal Bonitzer. Quant à Lilah Dadi qui ne démérite en rien face à Piccoli, on peut le voir épisodiquement sur le petit écran. Il fut notamment Mourad Béckaoui, personnage récurrent de la série P.J. La reconstitution habile et soignée de l’atmosphère du Paris des années 60 s’accomode bien au jeu daté et distancié des seconds rôles souvent caricaturaux. Pourtant du tout émane un envoûtement dans des scènes qui pourraient être signées Fassbinder. La vie de Nico Papatakis ferait un film formidable que l’on en juge un peu: Né en 1918 à Addis Abeba en Éthiopie, le jeune Papatakis s'oppose au régime de Mussolini lors de l’invasion de l’Ethiopie par ce dernier qu’il combat en se ralliant à l'empereur Hailé Sélassié Ier. Mais il est contraint de s'exiler et se réfugie d'abord au Liban puis en Grèce. En 1939, il part pour la France et s'installe à Paris. Papatakis fréquente l'intelligentsia parisienne de l'époque dont Jean-Paul Sartre, André Breton, Jacques Prévert, Robert Desnos, Jean Vilar. C’est alors qu’ Il se lie d'amitié avec Jean Genet. En 1947, il créé le cabaret de La Rose Rouge qu’il va diriger, jusqu'au milieu des années 1950, cette scène qui va être un formidable tremplin pour de nombreux artistes parmi lesquels Les Frères Jacques et Juliette Gréco (il est à l’origine de la fameuse robe noire de la chanteuse). Entre temps, Papatakis a épousé l'actrice Anouk Aimée dont il a eu une fille Manuela en 1951. En 1950, il produit et finance le film de son ami Jean Genet, Un chant d'amour. Mais l'unique oeuvre cinématographique du sulfureux écrivain est censurée et ne sortira qu'en 1975. En 1957, pour des raisons politiques, il qúuitte la France pour les États-Unis et se fixe à New York. Il se lie avec le mannequin allemand Christa Päffgen. Elle lui emprunte son vrai prénom et devient ainsi la légendaire Nico, égérie d'Andy Warhol et du Velvet Underground. En 1959, Papatakis rencontre le réalisateur John Cassavetes qui a des difficultés financières pour terminer son premier long métrage Shadows. Il lui trouve les fonds nécessaires et devient coproducteur du film. Papatakis revient à Paris au début des années soixante. En 1962, il réalise son premier film, Les Abysses, d'après la pièce de Genet, Les Bonnes, inspirée elle-même de l'histoire vraie des sœurs Papin. Le film est présenté au festival de Cannes de la même année. Sa violence et son exaltation forcenées font que certains critiques verront cette oeuvre comme un plagiat provocateur et déclencheront un irrépressible scandale malgré le soutien du fidèle cénacle intellectuel (Sartre, „Beauvoir, Genet). En 1967, il tourne son second long métrage dans la clandestinité car Les Pâtres du désordre dénoncent le régime des colonels grecs. Mais le film sort au moment des événements de Mai 1968 et c'est un échec. Papatakis, alors époux de l'actrice grecque Olga Karlatos, se tourne vers la politique en s'opposant à la dictature des colonels en Grèce. En 1975, il écrit et réalise Gloria Mundi avec son épouse en vedette. Son film est sélectionné pour l'ouverture du premier Festival du Film de Paris mais, à cause de son évocation de la torture en Algérie, il ne sortira qu'en 2005. Il faudra attendre plus de dix ans avant que Papatakis revienne au cinéma. C'est donc en 1986 qu'il écrit et tourne La Photo qui est sélectionné dans La Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 1987. En 1991, il écrit et réalise Les Équilibristes. On peut noter que l’on retrouve dans Les équilibristes des thèmes que le cinéaste a déjà exploré, le conflit maître - esclave dans Les abysses, les rapports de force dans Les pâtres du désordre, la révolte de l’humilié dans La photo. Il a écrit en 2003 son autobiographie, Tous les désespoirs sont permis, parue aux éditions Fayard. L’image est signée William Lubtchansky un des chefs opérateurs du cinéma d’auteur français et surtout partenaire habituel de Rivette. On lui doit la photo du trop méconnu Secret défense. Bruno coulais l’auteur de la musique du film a été rendu célèbre par celle des Choristes qu’il a également signée. Une version théâtrale de ce drame existe. Il a été représenté il y a quelques années à Paris au théâtre du vingtième; c’est Jean Menaud (Vie et mort de Pier Paolo Pasolini) qui jouait Jean Genet. La pièce se résumait à un long monologue le jeune arabe n’étant qu’une présence muette. Les équilibristes est un beau mélodrame fassbinderien à qui il manque un peu de sensualité pour complètement convaincre. Le film est aussi intéressant pour l’histoire de la littérature que pour celle du cinéma. Cette évocation de Genet est a mettre à coté de celle plus franche de Jean Sénac, cet autre grand amoureux des jeunes arabes, dans Le soleil assassiné.

Voir les commentaires

Herbert List

9 Février 2026, 07:49am

À Marseille, 1933 

Italian boy, 1961

garçon grec, 1937

 

 



 




 



 



 



 
 
 
 



 



 


 


 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 > >>