un regard sur les arts et les lettres
grande exposition
KABUKI, COSTUMES DU THÉÂTRE JAPONAIS À LA FONDATION PIERRE BERGÉ YVES SAINT LAURENT
Disons le d'emblée mes photos, prises malgré l'interdiction, sont loin de rendre justice à la magnifique exposition Kabuki, costumes du théâtre japonais que l'on peut voir jusqu'au 15 juillet à la fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent. Le titre est un peu réducteur car c'est tout l'art du Kabuki que nous transmet la très belle scénographie de la manifestation. Deux films sont projetés au fil du parcours, l'un est une captation d'une pièce de Kabuki, l'autre est un documentaire sur cette pratique exigente. Si les somptueux et parfois très lourds costumes de scène constituent la plupart des pièces, on peut voir également quelques estampes anciennes représentant des acteurs. Des accessoires, boites pour perruque, nécessaire de fumeur, éventails, lanternes, paires de chaussures (geta) rendent le tout très vivant. Les cartouches explicatifs sont clairs et précis. Une fois de retour chez soi, le catalogue, joli et bien fait redouble le plaisir de l'exposition, offrant entre autres, un petit et précieux historique du kabuki.







Paris, mai 2012
TIM BURTON À LA CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE

A une exception près, j'ai vu tous les films de Tim Burton et je les ai aimés presque tous. Mais à la cinémathèque française ce n'est pas principalement le cinéaste qui est exposé mais le dessinateur. Le dessin était le premier mode d'expression de Tim Burton et je pense que ce sera une grande découverte pour bien des visiteurs.
Grâce à de valeureux complices, certaines créatures imaginées par Tim Burton prenent du volume...
Pour un européen les dessins de Tim Burton font beaucoup penser à ceux de Ronald Searle, et ce n'est pas un mince compliment. A quand une grande rétrospective Ronald Seale en France où il a habité une partie de sa longue et talentueuse vie. Autre parenté en particulier pour les êtres inquiétants sortis du crayon de Tim Burton, celle avec Franquin et de ses "idées noires".

Si beaucoup de dessins se suffisent à eux même. On en découvre d'autres tout aussi savoureux qui ont servi à la préparation des films que Tim Burton à mis en scène.





On voit que Tim Burton est un véritable graphomane. Il dessine sur tous les supports comme le démontre ces serviettes de restanrant encadrés.

Paris, juillet 2012
LA COLLECTION MICHAEL WERNER AU MUSÉE D'ART MODERNE DE LA VILLE DE PARIS

Les allemands ont bien de la chance, d'abord ils ont une industrie en bonne santé et ensuite les capitaines de celle-ci se font volontiers mécène en créant de belles collection qui ne sont pas peuplée, comme celles de leurs rares homologues français, d'art bling bling que la petite coterie de leurs conseillers leur a poussé à acheter mais de véritables oeuvres d'art modernes et contemporaines notamment d'artistes de leur pays (ce qui explique en partie la vitalité de la peinture allemande), choisis avec discernement et montrant un véritable regard sur l'art du XX ème et XXI ème siècle. On peut en voir un magistral exemple avec l'exposition de la collection Michael Werner exposée jusqu'au 3 mars 2013 au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris. Cette exposition se tient à l'occasion de la donation que Michel Werner fait au musée parisien.
Je tiens à préciser que les photos étant interdites celles qui illustrent mon billet sont parfois d'une piètre qualité, elles ont été prises en déjouant la vigilance des navrants cerbères qui sont théoriquement payés pour garder l'exposition. Mes images sont la seule source d'illustration car il n'y a pas encore de catalogue ni d'affiche et aucune carte postale est à vendre à la boutique du musée! J'aurais souvent photographié d'autres pièces mais j'en ai été empêché.
C'est un personnage maléfique bien connu des amateurs de cinéma d'horreur, du au pinceau de l'américain Don Van Vliet, qui a été l'une des deux révélations de l'exposition, j'y reviendrai, l'autre étant Jorg Immendorff, deux artistes que je ne connaissais pas, qui nous invite à pénétrer dans l'exposition.



Francis Gruber
sculptures de Derain
On poursuit par les salles dévolues à ce que l'on peut appeler les marginaux de l'Ecole de Paris, une contenant les oeuvres de l'artiste qui m'a conduit à visiter la manifestation, Francis Gruber (1912-1948), artiste qui j'en suis certain serait devenu un des plus grands peintres français du XX ème siècle si la tuberculose ne l'avait pas terrassé à l'âge de trente six ans. Je veux croire qu'il n'aurait pas eu la triste destinée picturale de Bernard Buffet alors artiste proche du style et des préoccupations artistiques de Gruber. En plein essor de l'abstraction de l'Ecole de Paris, Gruber fut longtemps le seul à croire en la représentation de l'objet. Il dépassait sans le savoir la querelle stérile et mortifère pour l'art français entre les tenants de l'abstraction et ceux de la figuration qui fera rage durant vingt ans. Je ne voit que Rustin, lui aussi scandaleusement ignoré par les institutionnel pour avoir repris le flambeau de Gruber. Le centre de la salle où est exposé les Gruber, est occupé par des sculptures de Derain entre sculpture antique et masque africain.

L'ensemble représentant Fautrier est de première grandeur et surprenant car s'ajoute à ses peintures bien dans sa manière, j'ai remarqué particulièrement son paysage de Port Cros (immédiatement ci dessus) qui m'a fait penser à un Hartung, un grand nombre de dessins au trait plein d'énergie, l'énergie est le point commun qui ressort de nombreuses oeuvres exposées.
Chaissac
Les Chaissac font plaisir à voir d'autant qu'ils suivent une série de tableaux dont la gaité n'était le but recherché.
Louis-Michel Eilshemus
Après avoir vu les Picabia triviaux et plein de santé, bien représentatifs de sa période de la guerre, on laissera à Duchamp génial malfaisant pour l'art, les toiles de l'américain Louis-Michel Eilshemius, il parait qu'il aimait ces croutes, sans doute pour mieux dynamiter la peinture.
Je suis passé vite devant les fariboles de Bernard Réquichot pour arriver sur de belles suites d'Otto Dix et de Gunter Brus puis sur d'extraordinaires grands "dessins" de Fontana, faits au pinceaux dont les vigoureuses courbes noires de ces nus peut faire présager la violence des lacérations qui fera ensuite la gloire de l'artiste.
Picabia
Comme je n'ai jamais été dupe des vantardises de Beuys ni des turlupinades de Byars et de Filliou, j'ai traversé à grande enjambés la salle suivante pour me réfugié dans une petite pièce où l'on peut voir un magnifique Villeglé bien accompagné par de beau Raymond Hains et un splendide Rotella assez inhabituel. Tout près de là une autre petite enclave à la lumière tamisée abrite une très belle série d'encres de Michaux.
Villeglé
Rotella
Ensuite nous ne verrons presque qu'exclusivement des oeuvres d'artistes allemands contemporains. On commence par des grands Baselitz qui voisinent avec des oeuvres vigoureuses de Shonebeck, de Schroeder-Sonnenstern et d'Antonius Hockelmann.
Baselitz
Je crois que je n'avais jamais entendu parler de Jorg Immendorff (1945-2007), ce qui doit dénoter de ma grande ignorance et du provincialisme dans lequel croupi l'art français. A n'en pas douter c'est un immense artiste qui dans la droite ligne d'Otto Dix. Il mâtine ses toiles d'une touche de pop art et d'Erro et de Segui. C'est particulièrement réjouissant bien que largement codé et un peu difficile pour nous car contenant de nombreuses références à la politique et au milieu intellectuel allemand. Les sculptures de Lehmbruck structurent l'espace où se déploient les tableaux d' Immendorff.


Immendorff
Autre choc, celui provoqué par les peintures et les sculptures de Markus Lupertz qui disent tout le bonheur d'oeuvrer avec la matière loin des contingences de l'actualité, l'antithèse d'Immendorff. Pourtant l'artiste n'est pas toujours informel. Il isole parfois des éléments du réel qu'il va travailler, dupliquer, faire changer d'échelle...




Luperzt
Puis on arrive à un autre géant de la peinture contemporaine allemande Penck (né en 1939).

Penck
Quel plaisir de voir dans un musée français, même si c'est au sein d'une collection allemande, deux tableaux d'Eugène Leroy (1910-2000). Artiste scandaleusement ignoré de son vivant par la nomenclatura de l'art de son pays.

Leroy
Ces deux chefs-d'oeuvre exposés ici, qui ont peut être "muri" des décennies dans l'atelier de l'artiste, sont accompagnés de nombreux dessins du peintre qui font penser à des dessins de sculpteur, mais les toiles de Leroy ne sont-elles pas des sortes de sculptures d'ou immerge une forme des couches de peinture, déposées au fil des ans.
N'étant ni friand de Polke ni de Toroni je suis allé rapidement voir la salle des Van Vliet (1941-2010). J'ai découvert que sous ce nom se cachait aussi celui du Captain Beefheat qui a écrit une page de l'histoire du rock.



Van Vliet
Je terminerais cette recension bien incomplète de cette très riche et copieuse exposition par un grand peintre, encore assez méconnu en France, le danois Per Kirkeby (né en 1938). Cet artiste a réussi à réhabiliter dans la culture germanique la tradition nordique et germanique. Comme chez Leroy, mais avec des moyens tout différent, le sujet n'apparait pas immédiatement dans les tableaux de Kirkeby, choyé qu'il est dans l'abondance de la pâte et le moelleux des couleurs, ce n'est que lorsque l'on prend du recul qu'il se met en évidence.





Kirkeby
Paris, octobre 2012
Cartes imaginaires à la Bibliothèque François-Mitterrand
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Cette exposition m'a surtout ravi par les détails que constituent les monstres marins sur les cartes anciennes. Cela montre à la fois l'imagination des hommes devant des lieux qu'ils ne connaissent pas et la peur de l'inconnu.
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Une autre fascination: l'anthropophagie. Pour "le civilisé" du XVI ème siècle, l'autre était forcément un sauvage qui vivait nu en mangeant de la chair humaine.
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J'aime particulièrement celui là qui a déjà dans le ventre de placides marin qui même ayant été boulottés par le monstre font un petit feu de bois dans l'estomac de la bête pour se réchauffer...
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Une image prise dans un extrait du jeu vidéo Assassin's qui se passe dans l'antiquité grecque et en Atlantide (autre grand fantasme)
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Les hommes sans tête tout droit sorti de L'Histoire naturelle de Pline l'ancien
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Paris, juin 2026
Henri Rousseau à l'Orangerie (3 et fin)
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Paris, mai 2026
Henri Rousseau à l'Orangerie (2)
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Paris, mai 2026
Henri Rousseau au Musée de l'Orangerie (1)
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Paris, mai 2026
Calder à la Fondation Vuitton (3 et fin)
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Paris, mai 2026
Calder à la Fondation Vuitton (2)
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Paris, mai 2026























