Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

VIOLETTE, UN FILM DE MARTIN PROVOST

30 Avril 2025, 06:55am

Violette : Affiche

  

Je vais de moins en moins au cinéma, probablement parce que la plupart des histoires qu'on y raconte ne m'intéressent plus beaucoup. Mais "Violette" m'a fait sortir de ma tanière. La littérature m'a toujours passionné, de même que la vie des écrivains. En cela je suis plus du coté de Sainte-Beuve que de celui de Proust. Et puis les lectures des livres de Violette Leduc ont été de celles qui ont accompagné mon adolescence. En se remémorant ces lectures lointaines et en les confrontant avec les plus récentes d'Annie Ernaux, je m'aperçois combien cette dernière s'est inscrit dans l'héritage de Violette Leduc. A ce propos comme pour Annie Ernaux, cela aurait été le moment judicieux pour les éditions Gallimard, mais il me semble qu'ils gèrent de moins en moins bien leur fabuleux fond, de consacrer, comme ils l'ont fait justement pour Annie Ernaux, un quarto à Violette Leduc. J'ai donc immédiatement pensée qu'un film racontant les tumultueuses relations entre Simone de Beauvoir (Sandrine Kiberlain) et Violette Leduc (Emmanuelle Devos). Le réalisateur, Martin Provost a coécrit le scénario avec un autre écrivain, René de Ceccaty. 

 

Violette : Photo Emmanuelle Devos

 

Comme à chaque fois que je connais l'image du personnage dont le film va retracer un épisode de la vie, je me heurte à son incarnation par un acteur. Si Sandrine Kiberlain à la même sécheresse physique que Simone de Beauvoir, Emmanuelle Devos n'a en rien la silhouette de Violette Leduc dont il est vrai on connait surtout la physionomie à la fin de sa vie. Seul point commun entre les deux femmes leur gros pif! Mais Emmanuelle Devos est beaucoup plus belle que son modèle, ce qui n'est pas très difficile. Cette relative beauté de la comédienne fausse la perception que l'on peut avoir de la vie de Violette Leduc qui souffrait autant de sa laideur que de sa bâtardise. Le talent d'Emmanuelle Devos fait qu'à la fin du film on ne peut absolument pas imaginer une autre actrice dans le rôle. On peut dire la même chose de Sandrine Kiberlain qui est une Simone de Beauvoir très convaincante. C'est d'autant plus remarquable que lui échoit une partition moins flamboyante que celle proposée à Emmanuelle Devos, mais qui est sans doute plus difficile, son personnage étant beaucoup plus intériorisé que celui de sa partenaire. Puisque je traite de l'interprétation restons y, pour louer l'excellence de la distribution (et de la direction d'acteur) jusqu'au moindre petit rôle (comme celui de Nathalie Richard qui est Hermine, l'ex de Violette), sauf pour un, sur lequel je reviendrai. Le mimétisme par exemple entre Genet et Jacques Bonnafé est prodigieux. Il faut aussi noter la performance d'Olivier Gourmet qui interprète Jacques Guérin (1902-2000), le riche patron des parfums d'Orsay qui fut un des bienfaiteurs de Violette Leduc. Pour ma part j'aimerai en savoir davantage sur ce très curieux personnage d'homosexuel mécène. Vous me direz que le travail du réalisateur a été facilité par ces acteurs fort réputés qui sont habitués à la perfection; comme c'est le cas de Catherine Hiégel in fine émouvante dans le rôle de la mère de Violette Leduc. Ce casting serait un sans faute si Martin Provostn'avait pas eu la fâcheuse idée de confier le rôle de Maurice Sachs à Olivier Py qui comme à son habitude est mauvais. La notoriété de ce monsieur ne cesse de m'étonner, doté d'un physique des plus quelconque, affublé d'une voix maniérée de fausset qui ferait passer celle de feu Jean Marais pour un organe de bronze, toujours mauvais dans tous les rôles dans lesquels je l'ai aperçu, ce qui ne l'empêche pas de se répandre en tribunes et déclarations dans lesquelles il étale une mégalomanie maladive, le voilà à la tête du Festival d'Avignon...

Un peu d'Histoire littéraire pour bien appréhender l'existence hors norme de Violette Leduc. Le film commence en 1942 (petite incise: Le film couvre une période de 1962 à 1964 et comme cela est la tendance actuelle dans les films qui se déroulent sur de longues années, on ne voit aucun vieillissement des personnages tout au long du film). La première scène la voit faire du marché noir. Elle a alors trente cinq ans et n'a encore rien écrit. Elle est né à Arras en 1907. Sa mère, Berthe, était bonne chez des bourgeois de Valencienne. Elle se fait engrosser, dans la grande tradition, par le fils de la famille qui en plus était tuberculeux. Berthe fuit accoucher à Arras. Violette a une enfance miséreuse. Au collège elle connait deux grands amours, d'abord avec une compagne de dortoir (Elle romancera cette idylle dans « Thérèse et Isabelle » qui sera adapté au cinéma.), puis avec une surveillante avec qui elle vivra plusieurs années. En 1938, elle a un petit emploi aux éditions Plon, elle rencontre de nombreux écrivains dont Maurice Sachs dont elle tombe amoureux mais il est homosexuel! Elle se marie avec un photographe. Elle tombe enceinte mais avorte et quitte son mari. Au début du film elle est réfugiée en Normandie avec Maurice Sachs, joué par Olivier Py.

Le coeur du film est la rencontre de la bâtarde avec Simone de Beauvoir (Sandrine Kiberlain) dans les années d'après-guerre à Saint-Germain-des-Prés. commence une relation intense entre les deux femmes qui va durer toute leur vie, relation basée sur la quête de la liberté par l'écriture pour Violette et la conviction pour Simone d'avoir entre les mains le destin d'un écrivain de grand talent qui en outre peut faire avancer la cause de l'émancipation des femmes.

La figure de Simone de Beauvoir apparaît dans le film beaucoup plus sympathique qu'ailleurs, en particulier sur un point précis, il semble que ce soit elle et Sartre qui, sur leurs deniers auraient versé durant près de quinze ans une pension à Violette Leduc, ce qui lui permettait de vivre modestement en ne se consacrant qu'à l'écriture. Gaston Gallimard n'aurait été qu'un intermédiaire. Alors que par exemple Edmund White dans son Genet indique que l'argent venait des éditions Gallimard et de personne d'autre.

Le réalisateur a divisé son film en chapitres. Un carton portant le titre du chapitre apparaît au début de chaque segment. Défilent ainsi de façon chronologique les grandes étape du calvaire qui mènera, plus que douloureusement, Violette Leduc à la gloire littéraire que lui procurera la parution de « La bâtarde ».

Le métier de cinéaste est bien difficile car pour faire un bon film il faut être complet et malheureusement si Martin Provost a le sens du casting, il n'a pas celui de la mise en scène. Que de scènes inutiles qui, coupées amélioreraient le film comme celle où le mari de Berthe la besogne ou celle de l'apparition de Maurice Sachs, dix ans après sa mort. Et pourquoi montrer le dit Sachs mort alors que l'on ne sait pas comment il a disparu! Que de plans attendus et lourdingues telle cette montée de caméra vers le plafond fissuré du galetas de Violette pour bien signifier sa misère... En revanche bonne idée d'avoir laissé Sartre hors champ...

Je n'ai pas pu satisfaire un de mes grands vices impunis: trouver un anachronisme. Je n'en ai pas vu. Mais tout est trop propret. Comme à l'habitude au cinéma toutes les voitures viennent d'être lavées. Classiquement tous les acteurs portent des vêtements pimpants et neufs, même s'ils sont dans la dèche. Je me souviens que lors d'une interview, François Maistre m'avait dit que lorsqu'il touchait son costume de scène la première chose qu'il faisait après l'avoir mis, était de se rouler par terre pour le vieillir (je ne suis pas certain que cette méthode radicale l'ait aidé à trouver des rôles...). Mais le plus gênant est ce que j'appellerait le retour de l'esthétique Butte Chaumont avec des scènes de rue sans perspective, dotées d'une figuration étique mais d'un sol d'une propreté de salle de dissection, pas un papier, ni un mégot dans les caniveaux, pas une crotte de chien sur les trottoirs (le cinéma fera un grand progrès vers l'authenticité à l'apparition de la première crotte de chien. Cher lecteur n'oubliez pas de me la signaler!).

Le dialogue n'est pas non plus d'une grande légèreté. Simone de Beauvoir était-elle aussi sentencieuse, même en privé?

Je suis ressorti du film avec mauvaise conscience. Pourquoi abandonne-t-on les écrivains que l'on a aimés. Ainsi sans que je sache pourquoi, cela fait plus de trente ans que je n'ai pas ouvert un livre de Violette Leduc. Je vais relire « La bâtarde ». Je suis sûr que ce film donnera à de nombreux spectateur l'envie de lire ou de relire Violette Leduc; ce qui n'est déjà pas rien...

Le film passionnera tous les gens qui s'intéressent à l'Histoire de la littérature du XX ème siècle. Il comblera moins les cinéphiles. 

 

 

Violette : Photo Emmanuelle Devos

 

Voir les commentaires

RICHARD SERRA AU MUSÉE GUGGENHEIM DE BILBAO

30 Avril 2025, 06:52am

DSC04721.JPG

 

DSC04722.jpg

 

DSC04723.JPG

 

DSC04724.JPG

Bilbao, Espagne, septembre 2012

Voir les commentaires

La séparation de Christopher Priest

30 Avril 2025, 06:45am

lasepa

PriestComme pour les thrillers ou les romans à énigme, il est difficile de rendre compte d’une uchronie sans déflorer le récit en tuant le suspense car curieusement on est toujours haletant de savoir comment l’auteur aura réécrit l’histoire. Mais peut être faudrait il que je rappelle dès maintenant ce qu’est une uchronie. Disons c’est ce que l’Histoire aurait pu être, mais ce qu’elle n’a pas été. Si vous vous intéressez à ce genre en pleine prolifération dans les pays anglo-saxons alors que les prémisse du genre sont nés sur notre sol il faut lire (ce n’est pas facile car l’ouvrage est épuisé, merci Daniel maître de l’étoile rose) “L’histoire revisitée, panorama de l’uchronie sous toutes ses formes” d’Eric B. Henriet aux éditions encrage. Une bible qu’il faut lire et relire mais qui malheureusement date déjà de 1999 et qui aurait bien besoin d’être réactualisé. Monsieur Henriet ne nous faites pas trop attendre. L’instant clé et le propre du roman uchronique est le moment où l’Histoire que l’on connaît, dévie et propose au lecteur une nouvelle proposition de celle-ci. Ce moment est appelé point divergent.

uchr
.
Le livre qui m’amène à vous parler de ce genre qui m’est cher est “La séparation” de Christopher Priest. Dans ce livre que je présente sans doute un peu abusivement comme un roman uchronique, ce qui est déjà un peu vendre la mèche, le choix du point divergent est une entorse au genre. Habituellement, comme le dit fort justement Jacques Boireau: << Le point de départ de l’uchronie est forcement pauvre car elle s’appuie sur un temps connu de l’élève moyen en fin de scolarité primaire.>>. Et bien ici ce n’est pas exactement le cas puisque l’auteur a choisi un épisode marginale et toujours resté mystérieux le voyage de Rudolf Hess le 10 mai 1941 où il s’envole d’Allemagne pour atterrir quelques heures plus tard en Angleterre pour négocier une paix séparée entre l’Allemagne et la Grande Bretagne. La grande idée de Priest est de prendre comme fil rouge de son roman un historien Stuart Gratton, auquel malheureusement il peine à donner de l’épaisseur, qui fait des recherches sur le mystérieux voyage de Hess où il voit le tournant décisif de la deuxième guerre mondiale. Ce procédé permet à Christopher Priest de proposer avec beaucoup de verve plusieurs hypothèse sur les raisons et les résultats de cette inattendue escapades. Rudolf Hess agissait-il sur les ordres d’Hitler ou à son insu? Est-ce un sosie de Hess qui est mort à demi-fou des année plus tard dans sa prison allemande? Son avion a t-il été abattu, ce 11 mai 1941 par la Lutwaffe? Autant de question posées par se roman qui se transforme parfois en essais historique des plus sérieux. Questions auxquels tente de répondre Stuart Gratton qui pense que la clé du mystère sont deux frères jumeaux, Joe et Jack Sawyer qui ont rencontré Hess aux jeux olympiques de Berlin en 1936 où ils furent médaillés en aviron (c’est on ne peux mieux de saison). Cette rencontre marque le début d’une séparation à la fois morale, pratique et historique. Ils s’éloignent inexorablement l’un de l’autre.
Pourn Joe, ce sera le mariage (avec une juive berlinoise ramenée de Berlin avant les déportements) et, peut-être, la vie de famille. Pour l’autre, l’aviation et la vie militaire au sein de la prestigieuse Royal Air Force. Ces deux frères existent très fort sous la plume de Christopher Priest. Nous vivons la guerre à leurs cotés, surtout en compagnie de Jack pilote de bombardier, capitaine de la RAF. Alors le roman devient un palpitant récit de guerre, même si les batailles dans “La séparation sont surtout intérieures, qui m’a ramené des années en arrière, lorsque adolescent je lisais les livres bleus de la collection “Leur aventure” des édition J’ai lu qui me racontaient la saga des héros de la deuxième guerre mondiale. “La séparation” nous fait entrer dans l’intimité de Winston Churchill mais aussi de Rudolf Hess qui n’est pas insensible aux charmes des beaux rameurs...

leuraventure1 leuraventure2

leuraventure3 leuraventure4
.
Le roman utilise plusieurs formes pour nous captiver, il juxtapose document, récit et  journal intime. Alternant les faits les plus avéré dans un langage qui peut être froid et sec avec des hypothèses historiques rocambolesque, mais qui ne sont peut être pas réelles que dans le roman... Christopher Priest définit très bien son travail: << La Séparation » est une uchronie qui réfléchit au concept même de l’uchronie. Je m’explique : dans beaucoup d’uchronie, vous pouvez clairement voir où se situe la séparation avec l’Histoire réelle. Dans « La Séparation », même si la rupture semble se situer en 1941 (...) elle semble parfois se situer à une autre date... le livre est un labyrinthe dans lequel plusieurs réalités semblent coexister... c’est assez compliqué, et on m’a reproché d’avoir écrit quelque chose de trop difficile à lire... mais je ne voulais pas me borner à une uchronie toute simple. D’ailleurs, ça ne vous étonnera pas, « Le Maître du Haut-Château » de Philip K . DICK, est une de mes influences majeures pour « La Séparation ».
Mais je ne peux guère vous en dire plus sur ce roman dont le seul défaut est peut être de vouloir être un peu trop malin et de ne pas réellement choisir, mais c’est aussi cela qui en fait sa beauté et sa complexité.
On sort de ce livre passionnant ne sachant plus où sont les frontières entre fantasmes et rêves éveillés, entre réalité et supputations historiques. Jack-Joe hanteront longtemps le lecteur.
Commentaires de cet article lors de sa première parution

Bertrand Campeis09/09/2011


Très bel article qui me rappelle le plaisir que j'avais eu en lisant ce livre, le sentiment d'irréalité qui s'en dégage est surprenant et très bien rendu par l'auteur qui brouille les pistes. Je
vous conseille de lire Les îles du soleil de Ian R. McLeod paru chez FolioSF en poche : une petite merveille, dans un style et un genre un peu différent mais quel plaisir de lecture !

Sinon pour la petite histoire Eric Henriet a donné en 2005 une 2ème édition revue et augmentée de son Histoire Revisitée et a également écrit L'Uchronie chez Klincksieck qui permet de faire
découvrir le genre et fait le point sur les dernières sorties. J'anime également une chronique mensuelle sur ActuSF, UchroNews faisant le point sur les sorties du genre uchronique, steampunk et
Rétro-Futuristes en France. A la fin de l'année, le prix ActuSF de l'Uchronie récompensera le livre et la BD uchronique de l'année 2011, un prix spécial sera également donné. Le tout aura lieu à
Sèvres début Décembre.

Très cordialement

Bertrand


 

Cachou09/09/2011


Tiens, merci de me le remettre en tête, j'avais prévu de le lire, puis je l'ai oublié. Il a dû se perdre dans les piles de plus en plus vertigineuses de mes nouveaux livres à lire!

 

Bertrand Campeis09/09/2011


Merci pour votre réponse.

Pour la 2ème édition, malheureusement je pense que la couverture souple et le retrait des photos est une question de coût. Passez directement à L'Uchronie en 50 questions chez Klinsieck, Eric
Henriet a fait un superbe travail avec ce livre.
Pour les autres titres je ne peux que vous proposer qu'un pot pourri de mes goûts, tout dépend de ce que vous cherchez et aimez !

En jeunesse :
La série Leviathan et sa suite Behemoth qui va sortir sous peu, relecture Uchronico-steampunk avec de superbes illustrations : Du Jules Verne moderne ! Ecrit par Scott Westerfeld, sort chez Pocket
Jeunesse.

J'adore la série Louis le Galoup, uchronie se déroulant dans un cadre de Fantasy familier vu qu'il s'agit de notre Europe médiévale, mais une Europe ayant subi le choc d'un météore en l'an 1000, le
"poing de satan" qui a coupé la France en 2, et vu se développer une civilisation occitane florissante dans le sud de ce qui était la France. Très beau conte à la langue savoureuse et finement
ciselée. Ecrit par Jean-Luc Marcastel, chez Nouvel Angle. Jean-Luc sort une préquelle à sa saga, Les Chroniques d'Alban, qui devrait sortir ce mois-ci et raconte les jours d'après La Chute...

En matière de Seconde Guerre mondiale je recommande la trilogie Millecrabe de P-J Hérault, chez Interkeltia, Cela commence avec Napoléon en 1812 qui "gagne" sa campagne de Russie en abolissant
l'Empire et en proclamant la République Européenne ! Du coup celle-ci ira de Brest à la Sibérie... Et au lieu de conflits européens nous assisterons à un choc Europe+Russie face à la Chine. Très
intéressant avec une multiplication des personnages et une relecture impressionnante ! (dans une genre un peu différent Jean-Luc Marcastel a également ecrit une trilogie, Frankia, chez Mnémos,
réinventant la WW2 mais dans un cadre de Fantasy, très belle écriture, et un bon moyen pour expliquer la WW2 à des ados.

En essais le livre 1940 et si la France avait continué la guerre chez Tallandier, issu d'un site internet, 1940 la france continue, qui imagine que le gouvernement français en propose pas
d'armistice et part en Algérie pour continuer la lutte au côté des Alliés (pour le coup préférez ce livre à L'appel du 17 juin d'André Costa qui a été écrit par un nostalgique du Maréchal qui
souhaitait donner corps au mythe du Glaive -de Gaulle- et du Bouclier -Pétain- qui s'étaient secrètement alliés pour protéger la France, théorie d'après guerre comportée par d'anciens
vichystes).
Un excellent essai est sorti avant les vacances : Et si... Napoléon avait triomphé, l'histoire de France revueet corrigée en 40 Uchronies de Philippe Valode et Luc Maury chez les Editions de
l'Opportun : A lire absolument, très bien documenté et sous couvert d'uchronie nous avons droit à dse explications historiques passionnantes sur l'Histoire de France.

Roland C. Wagner a mit 10 ans à écrire Rêves de Gloire, paru chez L'Atalante, mais du coup nous avons droit à un livre ensorcelant, imaginant la mort de de Gaulle en 1962 (celui-ci ne passe pas par
le Petit Clamart et meurt mitraillé dans sa DS en 1962), du coup pas d'accords d'Evian créant de fait un état d'Algérie indépendant mais la création d'un "département français" l' Algérois, avec
une déconstruction et des multiples points de divergence potentiels (il y en a un avant de Gaulle, en 1956, et un autre encore avant que l'on cherche encore; L'Atalante offre un repas à celui qui
trouve avis aux amateurs !)Relecture passionnante des années 60 (mais pas que) un livre fantastique !

Pour tout le reste je posterai un autre mail (autrse livres, BDs, mangas, films).

Pour les 8èmes rencontres de l'imaginaire de Sèvres, l'entrée est gratuite, et cette année aura lieu la remise du premier prix ActuSF de l'Uchronie !

Très cordialement

Bertrand


 

Cachou09/09/2011


Oh, je ne connaissais pas du tout ce livre. Et je ne savais pas pour Melvil Poupaud...

(il faut parler de "Bakuman", ne serait-ce que pour que je puisse lire l'article ;-p)(qui ça, égoïste?)


 

Bertrand13/09/2011


Bonjour, Désolé pour le silence, relâche le week-end et pas mal de boulot.

Pour le Costa malheureusement si : Il fait parti de ces personnes estimant énormément Pétain, rejetez un coup d’œil au livre : aucune condamnation de l'auguste vieillard, beau rôle donné à Darlan
et joseph Darnand en héros de la Résistance, le but du livre est bel et bien de créer une Dream Team de rêve face au Reich, et donc de relativiser, défendre, revoir avec un certain parti pris le
rôle de certaines personnalités françaises.

Par rapport à vos réflexions sur L'Uchronie en 50 questions je répondrai directement sur la fiche du livre.

Pour d'autres livres :

- D'or et de Sang d'Eric Holstein chez Mnémos, très intéressante relecture de la conquête de la Colombie, avec voyage dans le temps, magie et autres surprises...


- Le magnifique Rosée de Feu de Xavier Mauméjean chez Le Bélial, où l'auteur revisite la fin de la guerre du Pacifique avec maestria : Sauf qu'ici les japonais ont domestiqué des Dragons et les
utilisent face aux avions américains.

- en mangas jetez un coup d'oeil à Zipang de Kaiji Kawaguchi chez Kana (43 volumes en tout, 31 volumes en France pour l'instant) où l'auteur refait la guerre du Pacifique; à Jin chez Tonkam où un
neurochirurgien fait un voyage dans le temps à l'époque d'Edo juste avant la Guerre du Boshin, savoureuse uchronie médicale où notre héros tente d'introduire la médecine moderne en plein milieu du
XIXème siècle avec les moyens du bord et regard passionnant sur la société de l'époque; regardez également Ikigami, préavis de mort 8 volumes actuellement chez Kazé Manga : on y suit les
tribulations d'un agent gouvernemental dans une société japonaise qui ressemble à celle que nous connaissons (toutefois, petit à petit l'auteur nous donne quelques éléments épars nous montrant que
ce monde est différent du nôtre) chargé de remettre à des jeunes un avis leur annonçant leur mort d'ici 24 Heures suite à une loi de prospérité nationale, vigoureux plaidoyer de l'auteur face à la
peine de mort, une œuvre brutale et sans concessions. En BDs la série Jour J chez Delcourt est une très bonne introduction, regardez également Le Grand Jeu de Jean-Pierre Pécau et Igor Kordley, 12
septembre qui vient de débuter chez Glénat a tout pour devenir un très bon divertissement (à ce propos Tancrède d'Ugo Bellagamba chez Les Moutons Electriques est une merveille, tout comme les deux
nouvelles L'apopis républicain, paru dans Aventures Lointaines 1 chez Denoël Présence du Futur, et sa suite La Stratégie Alexandre paru dans le recueil Passés recomposés, composé d'uchronies et
d'autres choses, le recueil n'est pas parfait mais certaines nouvelles sont vraiment sympa). Pour L'apopis et sa suite : Napoléon a gagné et-ce dès sa campagne d'Egypte, dans le futur l'Empire est
tout puissant sur Terre, la religion dominante est celle de l'ancienne Egypte, une expédition militaire est envoyée vers l'une des lunes de Jupiter où on pense trouver un artefact extraterrestre,
la mission est commandée par l'Aiglon, et le but du commandant du Navire, républicain et franc-maçon est de le tuer pendant qu'une Révolution soit faire s'écrouler l'Empire honni sur Terre... un
souffle, une vision grandiose n'ayant rien à envier aux auteurs américains, Ugo est un auteur rare et que l'on suit avec intérêt. Deux nouvelles d'Aliette de Bodard sont parues dans le Galaxies
N°10 et 13, elle nous parle avec beaucoup de poésie et de savoir-faire d'un monde où la Chine aurait découvert le nouveau Monde bien avant Colomb, où un royaume chinois aurait prospéré sur la côté
Ouest de l'Amérique, puis aurait déclaré son indépendance par rapport à l'Empire du Milieu, le dit Royaume a aidé les Aztèques à tuer Cortès, et nous avons droit à une Amérique bien différente de
ce que nous pouvons imaginer, une auteure à suivre. Sinon en comics je recommande chaudement la série Rex Mundi chez Milady Graphics ainsi que le cycle uchronico-steampunk-animalier Grandville de
Bryan Talbot chez le même éditeur, si avec tout ça vous n'avez pas assez de lecture !

Amitiés

Bertrand


 

bruno13/09/2011


Bonjour
Seizon Life, pour le Kawaguchi ?
merci pour tous vos billets


 

Bertrand14/09/2011


Les séries de Kawaguchi sont toutes superbes : Eagle pour l'explication dans le texte du Grand Jeu qu'est l'élection présidentielle américaine, Seizon Life pour le père, condamnée par un cancer et
voulant venger sa fille, Spirit of the Sun chez Tonkam imaginant qu'un tremblement de terre a coupé le Japon en deux, les Japonais émigrent de par le monde ou restent dans un payas partagé, avec la
Chine occupant le Nord et les Etats-Unis occupant le sud : Kawaguchi nous montre le chemin compliqué de la réunification à travers un héros comme il sait si bien les créer.

Pour Zipang, j'y réfléchissais hier soir justement, et je me demandais s'il ne s'agissait pas pour Kaiji Kawaguchi de réparer le péché originel, à savoir l'intrusion des navires noirs du commodore
Perry, américain qui força le Japon à s'ouvrir sur le reste du monde et l'humilia en lui faisant prendre conscience de l'avancée technologique des barbares étrangers (n'oublions pas que les dit
navires fonctionnaient à la vapeur. Kawaguchi montre bien à travers son manga que la grande erreur du Japon a été de laisser le torchon brûler entre deux grands corps d'armée : L'armée de terre et
la Marine, et de ne pas avoir su régler les intrigues de cour qui l'ont menés à des stratégies funestes et inutiles : défense jusqu'à la mort des îles, création des escadrons d'attaque spéciale, et
surtout incapacité technologique à faire aussi bien et à produire autant que les usines américaines, Yamamoto l'avait prédit quand on lui avait présenté le plan d'attaque de Pearl Harbor, créé
après l'échec de l'Armée de Terre face à l'Armée Rouge en 39 à la frontière Chino-Russe, qui permettait à la Marine d'aller au sud vu que le nord était bloqué (Staline lors de la signature du pacte
de non-agression entre le Japon et l'URSS leur avait soufflé "nous sommes tous asiates et il faut que le Japon comprenne qu'il a plus d'intérêts à se développer au Sud qu'au nord..."), donc pour
citer l'amiral Yamamoto "je vous promet six mois de victoire puis les usines de Détroit nous renverrons à l'âge de pierre..." Folie de dirigeants s'estimant supérieurs face à une race d'étrangers
stupides et corrompus... Pour Kawaguchi ne s'agit-il pas, à travers cette série, de régler les comptes en montrant qu'une autre stratégie était possible, que l'adversaire avait compris qu'une
guerre se gagnait en créant des armes de destruction de plus en plus élaborés et permettant de tuer le plus grand nombre, jusqu'à ce que l'adversaire n'ait plus de parade à offrir (ce qui fut le
cas de la bombe atomique, l'Empereur Hiro-Ito comprit bien que tout était fini avec une arme pareille quoi qu'en dise les militaires le conseillant), pour Kawaguchi il s'agit donc de trouver une
porte de sortie honorable tant qu'il est encore temps et de préparer l'après guerre sans qu'il y ait destruction quasi-complète de l'archipel japonais, des milliers de Japonais morts pour rien, et
mettre à l'écart les responsables de ce grand gâchis qu'a été la guerre du Pacifique...

Kaiji Kawwaguchi travaille actuellement sur une nouvelle série sortie au Japon, traitant à nouveau de voyage dans le temps, mais autour des Beatles ! Un groupe de fans actuels glisse dans le temps
de nos jours à 1961 et vont vouloir exhorter les Beatles à faire d'autres chansons en sortatn avant eux des tubes des Beatles, seul hic, cela va inciter les Beatles à tout arrêter face à ces
Japonais qui écrivent de si belles chansons. Cela s'appelle Boku wa Beatles, que l'on pourrait traduire par Je suis un Beatles, et montre bien encore une fois les conséquences de certains
actes.

Amicalement

Bertrand


 

Bertrand14/09/2011


tout à fait d'accord pour l’aspect nationaliste : Kaiji Kawaguchi avait fait une autre grande série, The silent Service, non traduit en France où il imaginait la création, en pleine Guerre Froide,
d'un super sous-marin nucléaire développé conjointement par les américains et les japonais, après le lancement de cette petite merveille, le second s'empare du sous-marin, le rebaptise Yamato (tout
un programme !) et le déclare pays libre ! La droite nationaliste a applaudi au début de ce manga, puis s'est étranglé quand Kawaguchi à développé une intrigue ou l'ONU prend une importance telle
qu'elle réussit à passer par dessus les États : tout cela n'est bien entendu que le fruit de supputations par rapport à des éléments épars regroupés et mis bout à bout après découverte sur le Net
(là pour le coup on peut l'accuser d'être un dangereux gauchiste. Dans l'un des spirit of the sun (ce qui est dommage c'est que la série n'ayant pas rencontré le succès prévu, Tonkam a sorti la
première saison et ne sortira pas une petite suite, en quelques volumes je crois développant un peu plus l'univers, mais bon tant pis) Kawaguchi indique que ce qui l'intéressait avec cette série
c'était de démontrer que si le Japon subissait une catastrophe telle que la plupart des Japonais étaient obligé de s'exiler ailleurs, ils ne feraient qu'amener leurs problèmes et leur vision du
monde ailleurs, et donc foutre la merde ! ;o)
L'auteur est complexe, je pense qu'avec Zipang il veut montrer l'intérêt qu'a dû être pour lui le fait de jouer avec le concept de changer l'histoire et de montrer qu'une guerre est un aveu de
faiblesse et une erreur funeste pour une nation, et que le Japon s'est fourvoyé dans cette guerre, le fait que l'Inde et d'autres nations (Chine, Mandchourie) se développent sans "l'aide"
occidentale montre que pour lui, si le Japon avait véritablement joué la carte du Pan-Asiatisme sans calcul ni arrières-pensées (et sans servir comme paravent pour piller et mettre les pays
asiatiques à sa botte), le combat du Japon aurait pu passer pour juste ! De même, en cherchant comme il l'a fait une confrontation totale avec les moyens du Japon qui tenaient encore la route début
44 il réalise à la fois le rêve du haut-commandement américain, obsédé comme n'importe quel état-major par la recherche illusoire d'une bataille décisive permettant de solder tous les comptes d'un
coup d'un seul, quelle que soit l'issue, la bataille n'est que l'outil permettant de parachever l'intrigue politique sous-tendant toute l'histoire : Éloigner puis remplacer les conseillers de
l'Empereur et permettre à une élite plus à même de diriger le pays de traiter avec un adversaire qui acceptera de traiter, alors que dans notre réalité, cela n'était guère possible... Vraiment un
manga époustouflant.

Pour son autre œuvre intitulée Civil War j'ai trouvé très peu d'éléments.

Autre uchronie qui devrait vous intéresser : Le pavillon des hommes chez Kana, une maladie tue une bonne partie des hommes au Japon et la société se reconstruit sur un modèle matriarcal, du coup
les maisons de plaisir sont remplies d'hommes : D'après Eric Henriet c'est très intéressant.

Pour la BD Yesterday je viens de la chroniquer pour UchroNews, qui devrait paraître sous peu, et j'ai également interviewé toute l'équipe, l'interview sera disponible sur ActuSF d'ici peu
également.

autre curiosité japonaise en matière d'uchronie : Deep Blue Fleet, développé en manga et en OAVs : les deux n'ont jamais été traduits ni même fansubbés : L'auteur imagine que Yamamoto meurt dans
son avion en 43... Et se réveille juste avant la bataille de Tsuhima en 1905 en se souvenant de son autre vie ! du coup il décide de faire le nécessaire pour préparer le Japon face aux Etats-Unis,
mais ceci n'est que le début de son Grand Plan, son véritable objectif est de faire sortir rapidement les USA du conflit pour combattre le seul adversaire réellement démoniaque : L'Allemagne Nazie
! Le manga est sorti dans les années 80 et a été un énorme succès au Japon par son côté nationaliste bien sûr, mais également parce qu'à mon avis l'auteur montre que le seul ennemi valable reste le
nazisme. Le Japon construit des merveilles technologiques ce qui fait que le conflit, les batailles entre opposants font plus Guerre des Etoiles avec haute technologie d'un côté et gentils joujous
de l'autre... Les fansubbers américains ont refusé de traduire la série d'OAVS car elle les dépeignait comme des êtres crétins et égoïstes... Le manga a été republié en 4 intégrales, il faudrait
que je réussisse à mettre la main dessus un de ces quatre, cette série m'intrigue énormément.

Au plaisir de continuer cette discussion fascinante.

Amicalement

Bertrand


 

Bertrand14/09/2011


Pour Konpeki no Kantai : http://en.wikipedia.org/wiki/Konpeki_no_Kantai

tout à fait d'accord pour le fait que l'on finit par se perdre en route, c'est déjà le cas avec Zipang...
Et pour la vision pan-asiatique : Oui, Kaiji Kawaguchi se berce d'illusions, le Japon avait des vues essentiellement impérialistes et voulait tout contrôler, il est paradoxal de constater
d'ailleurs que souvent, cela l'a obligé à former des gens dans les pays conquis pour les aider à administrer ces nouvelles provinces et que ces personnes ont eu un rôle politique non négligeable
dans leur pays après guerre, Jean-Louis Margolin en parle un peu dans son ouvrage Violences et crimes du Japon en guerre : indispensable pour voir et comprendre la guerre du côté japonais :
http://www.amazon.fr/Violences-crimes-Japon-guerre-1937-1945/dp/2012794548/ref=ntt_at_ep_dpt_1

Amicalement

Bertrand


 

Bertrand15/09/2011


Je pense que l'on aura plutôt une intrigue historique normale, malgré tout mon amour de l'uchronie (10 ans que je m'amuse à chercher des uchronies depuis la lecture de L'Histoire Revisitée d'Eric
B. Henriet, qui est devenu un mentor et un ami), le genre marche mais je pense que le 2ème argument de Kawaguchi en écrivant Zipang était justement de jouer tout le long avec le concept d'uchronie
en répondant à la question "Peut-on modifier le cours du temps ?" nous aurons la réponse au tome 43 en France, réponse que j'attends avec impatience... Pour le reste, en dehors de son autre manga
sur les Beatles, à mon avis il va passer à autre chose de peur d'être catalogué comme le type qui fait des uchronies. ;o)

Amicalement

Bertrand

 

Voir les commentaires

FABRICE CHEZ LUI (2)

30 Avril 2025, 06:39am

 

PICT0315.JPG

 

PICT0316.JPG

 

PICT0317.JPG

 

PICT0318.JPG

 

PICT0319.JPG

Paris, hiver 1986, photo B.A.

Voir les commentaires

DANS LES RUES DE DUBROVNIK

29 Avril 2025, 18:22pm

DSC05596.JPG

 

DSC05598.JPG

 

DSC05599.JPG

 

DSC05601.JPG

 

DSC05603.jpg

 

DSC05607.JPG

 

DSC05608.jpg

 

DSC05612.JPG

 

DSC05652.jpg

 

DSC05654.jpg

Dubrovnik, octobre 2012, photo B.A

Voir les commentaires

Des garçons sur les plages de Lagos

29 Avril 2025, 15:17pm

Lagos, Algarve, juillet 2019, photo B.A. 

Voir les commentaires

TROCA 85 (11)

29 Avril 2025, 09:50am

 

PICT0273.JPG

 

PICT0276.JPG

 

PICT0277.JPG

 

PICT0278.JPG

 

PICT0279.JPG

 

PICT0280-copie-1.JPG

 

PICT0281.JPG

 

PICT0283.JPG

 

PICT0284.JPG

Trocadéro, Paris, juillet 1985

Voir les commentaires

street-art nantais

29 Avril 2025, 09:37am

Nantes, mai 2024

Voir les commentaires

Henry Darger au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris (2)

29 Avril 2025, 07:07am

Paris, juin 2015, photo B.A

Voir les commentaires

FLORENCE, UN GARÇON AU BORD DE L'ARNO

29 Avril 2025, 06:58am

 

PICT0349-copie-1.JPG

 

PICT0350.JPG

 

PICT0352.JPG

 

PICT0353.JPG

 

PICT0354.JPG

 

PICT0355.JPG

 

PICT0356.JPG

Flrence, Italie, aout 1985, photo B.A

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>