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Karl Simone

25 Mai 2026, 14:10pm

 

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Photo Emmanuel Giraud

21 Mai 2026, 06:36am

 

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La mouche d’après George Langelaan adapté par Christian Heck et Valérie Lesort

21 Mai 2026, 06:35am

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Ce qui m’a conduit à assister à cette pièce, ce n’est pas la malencontreuse et involontaire publicité qu’en a fait le chef de l’état, mais d’abord un souvenir d’enfance, donc un très vieux souvenir et par la même considérablement flou. Cette pièce est adaptée d’une nouvelle de George Langelaan, nom qui ne doit pas évoquer grand chose chez la plupart de mes rares lecteurs. Jadis, donc, j’écoutais George Langelaan dans le poste, pour être précis sur les ondes de Radio-Luxembourg vers la fin des années 50. Il y racontait des histoires d’espionnages, curieusement le jeudi après-midi dans le cadre d’une émission concoctée pour les enfants. On retrouvait ensuite ces histoires dans l’hebdomadaire Pilote qui venait d’être créé. Une après-midi il a lu sa nouvelle « La mouche ». Cette nouvelle m’a complètement traumatisé. J’ai quelques années plus tard retrouvé quelques année plus tard cet horrifique récit dans une anthologie des éditions Planète, que je possède toujours, intitulée « Chefs d’oeuvre du crime », un fort volume de nouvelles rassemblé par un trio composé de Jacques Sternberg, Jacques Bergier et Alex Grall. J’y trouvais une courte notice sur Langelaan qui informait le lecteur que cet auteur fut: << un agent secret de quelques renom pendant la guerre mais qu’il reste surtout l’auteur des « nouvelles de l’anti monde » ». Je n’en sait pas plus sur Langelaan aujourd’hui… La mouche me poursuivant j’ai été encore confronté avec elle en voyant par le plus grand des hasards sur une chaine du câble comme on le disait alors le film américain des années 60 tirée de la nouvelle, film qui me fit une grande impression. Enfin j’ai vu à sa sortie, en 1988 l’adaptation qu’en a fait Cronenberg. C’est un souvenir particulièrement douloureux puisque j’ai vu alors ce film avec mon jeune ami atteint des prémices du sida qui a tout de suite fait le rapprochement entre les terribles transformations que subit le héros et celles qu’il aurait lorsque la maladie se déclarerait.

Vous allez me dire que je suis un peu masochiste pour vouloir voir une pièce dont les précédents avatars m’ont laissé d’aussi mauvais souvenirs; sans doute. Mais j’étais intrigué de la façon qu’une telle histoire pouvait être portée à la scène. La seconde raison qui m’a fait me déplacer jusqu’aux Bouffes du nord est la présence dans le rôle principal de Christian Heck dont le jeu est la réincarnation de celui de feu Robert Hirsh… en moins sobre!

C’est Christian Heck, lui-même et Valérie Lesort sa compagne qui ont adapté et mis en scène la nouvelle de Langelaan dont la trame est la suivante: un savant a réussi à inventer « la trans » une machine capable de téléporter quasi instantanément un objet ou un être dans le lieu que l’on désire. Mais lors d’un essais de téléportation l’inventeur s’est enfermé dans la cabine de l’engin avec une mouche qui y a pénétré sans qu’il s’en aperçoive. Lors de l’expérience les deux ADN vont fusionner. L’homme se transformera progressivement en une sorte de mouche monstrueuse.

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Christian Heck et Valérie Lesort ont tiré cette histoire vers le burlesque noir. C’est Bouzin au Grand guignol. Ici l’expérimentateur n’est pas un savant mais un bricoleur maniaque, Robert, un homme sans âge qui vit au crochet d’Odette, Christine Murillo, sa mère, vieille mégère non apprivoisée, qui fait subsister le duo en vendant les légumes de son potager au marché. Ils vivent dans une caravane et le laboratoire du garçon est un garage au fond du jardin. C’est un peu Tournesol vision lumpen prolétariat. Peut être parce que Christian Heck est belge il a situé géographiquement cette farce macabre dans un lieu indéfini, mais que l’on peut penser être un village dans le nord de la France. Des extrait d’émissions de radio dont la mère est friande nous indique que nous sommes à la fin des années 50 ou au début des années 60.  La relation mère-fils fait penser à celle d’Ignatus avec sa génitrice. Les deux personnage eux même sont proches de ceux de « La conjuration des imbéciles » de Kennedy, l’obésité en moins. Le fils vit dans son monde de fantasmes pseudo-scientifiques alors que la mère est une redoutable cancanière de village. Les confrontations entre la mère et le fils, véritables scènes de ménage ainsi que les mimique clownesque.

Christian Heck et Valérie Lesort  avec cette « Mouche » font la démonstration que l’on peut faire rire avec les scénarios les plus noirs.

Heck est truculent mais sous sa folie perse une réelle noirceur. Il n’a pas été pour rien le capitaine Némo dans la formidable adaptation de 20 000 lieux sous les mers, adaptation théâtrale de Jules Verne signée par le même duo. Y dans le rôle de la mère est parfaite et les deux autres comparses victimes de notre bricoleur maléfique, Valérie Lesort et Jan Hammenecker ne le sont pas moins.

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Le spectacle a été primé par trois Molières en juin 2020 : Création visuelle, Comédien dans un spectacle de théâtre public pour Christian Hecq et Comédienne dans un spectacle de Théâtre public pour Christine Murillo.

Emmanuel Macron a bon gout en matière de théâtre. 

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Hugh Steers

21 Mai 2026, 06:34am

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 
 
 
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un soir à Tavira

21 Mai 2026, 06:33am

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Tavira, Algarve, Portugal, juillet 2021

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Photo Paul Jasmin

21 Mai 2026, 06:32am

 

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Sur la plage de Tavira

20 Mai 2026, 06:42am

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Tavira, Algarve, Portugal, juillet 2021

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Stefan Levchenko photographie par Vinnie Winderman

20 Mai 2026, 06:42am

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Lilies, un film de John Greyson

20 Mai 2026, 06:40am

Lilies, un film de John Greyson
 
 
 
 

 

Fiche technique :

 
Avec : Ian D Clark, Marcel Sabourin, Aubert Pallascio, Jason Cadieux, Danny Gilmore, Matthew Ferguson, Brent Carver, Rémy Girard, Robert Lalonde, Gary Farmer, Alexander Chapman, John Dunn-hill, Paul-patrice Charbonneau, Michel Marc Bouchard, Khanh Hua, Benoît Lagrandeur, Pierre Leblanc, Jean Lévesque, Antoine Jobin, Alain Gendreau, Simon Simpson, Eddy Rios, Martin Stone. 

 

Réalisateur : John Greyson. Scénario : Michel-Marc Bouchard, d'après sa propre pièce. Montage : André Corriveau. Photo : Daniel John. Musique : Mychael Danna. Directeur artistique : Marie-Carole de Beaumont.

 
Canada, 1996, Durée : 95 mn. Disponible en V0 et VOST.

 

Résumé :
 
Québec, 1952, un évêque, monseigneur Bilodeau (Marcel Sabourin) est envoyé dans une prison afin de confesser un ancien camarade de collège, Simon Doucet (Aubert Pallascio), prisonnier et malade. Il a été condamné à perpétuité, il y a quarante ans pour un meurtre. Mais le prisonnier ne se confesse pas. Avec la complicité de ses codétenus, Simon Doucet parvient à séquestrer l'évêque dans la chapelle, où il l'oblige à regarder une pièce jouée par les prisonniers dans laquelle ils reproduisent des événements vieux de quarante ans.
Elle lui raconte l'éveil et les premières expériences homosexuelles de trois adolescents en 1912. Dès qu'il entend les noms des trois garçons: Vallier de Tilly (Danny Gilmore), Jean Bilodeau et Simon Doucet (Jason Cadieux), l'évêque reconnaît sa propre histoire et comprend que sa vie est en danger. À cette époque, au collège catholique de Roberval, Simon jouait une pièce évoquant le martyre de Saint-Sébastien dans une représentation scolaire avec son ami Vallier, dont il était éperdument amoureux. Vallier est le fils d'une excentrique comtesse française (Brent Carver) exilée dans ces lointaines contrées dans l’attente d’une hypothétique restauration de la monarchie dans son pays, seule condition pour qu’ elle puisse daigner y revenir... Bilodeau, qui essayait vainement de convaincre Simon d'aller au séminaire, était le spectateur jaloux des deux acteurs amoureux. Bilodeau, lui-même amoureux de Simon, brise leur union en provoquant un incendie qui cause la mort de Vallier. Même s'il se dit innocent, c'est Simon que la justice condamne...
Lilies noue un inextricable réseau d'intrigues, d'alliances, de trahisons et de jalousies, qui mettront à jour un secret vieux de 40 ans.
 
 
 
 
 
L’avis critique
 
 
Peu de films nécessitent autant de patience. On met longtemps à se laisser envoûter par ses superbes images et pour entrer dans la complexité du dispositif narratif, mais raressont ceux qui offrent une si belle  récompense aux pugnaces et aux patients. Bientôt l’émotion finira par les submerger.
Baroque et bouleversant, romantique et rigoureux, Lilies joue sur plusieurs registres, et gagne en chacun d'eux. On y trouvera aussi bien une brûlante histoire d'amour qu’une remarquable métaphore sur la création. Ce qui aurait pu n'être qu'un Roméo et Juliette gay, devient, grâce à l'intelligence du scénario de Bouchard et à la mise en scène inspirée de John Greyson une histoire, universelle et intemporelle, sur l'amour fou, le prix du secret et l'art de la dissimulation.
Le nœud du drame, la représentation du Martyre de saint Sébastien nous ramène à l’âge d’or des collèges classiques, où l’on montait régulièrement des pièces du répertoire et où les rôles de femmes étaient tenus par des garçons. Parabole du film, le Martyre de saint Sébastien métaphorise l’amour. Le scénario, qui passe du récit de prison au drame historique, offre une structure de mise en abîme : l’évêque est spectateur de sa vie qui est transformée en une pièce de théâtre alors que le déclenchement du drame qui bouleversa son existence était justement la représentation d’une pièce ; le tout est filmé et vu in finepar nous, les spectateurs d’aujourd’hui. Cette construction en strates, l'histoire à l'intérieur d'histoires, du scénario de Michel-Marc Bouchard, dramaturge célèbre au Québec qui a adapté sa propre pièce Les feluettes , convient parfaitement à la propre démarche du réalisateur, grand amateur de dispositifs gigognes et d’aller et retour entre le passé et le présent.
 

Ecran Rose, le cin�-zine gay de vos nuits blanches
 
 
 
Petit aparté linguistique qui me parait indispensable. Le sous-titre du film, Feluette, vient d’une déformation de l’adjectif fluet, aujourd’hui en joual (langue majoritairement parlée au Québec), il a acquis une connotation péjorative pour désigner les homosexuels.
Le film évoque une situation historique peu perceptible pour un non québécois : la continuité entre le Québec du début du XXe siècle et celui des années 50, toujours étouffé par l’obscurantisme catholique, alors que le règne de Maurice Duplessis ne soulevait pas encore suffisamment de contestation pour être renversé.
 
Pour la première fois avec Lilies, John Greyson ne filmait pas un de ses scénarios. Il a réussi à adapter pour l'écran une pièce qui reposait davantage sur l'évocation que sur l'illustration, sans pour autant la trahir ou diluer sa charge romantique. Il a décloisonné le huis clos d'origine en le transposant dans un lieu géographique imaginaire dans lequel des hommes, codétenus du héros, tiennent tous les rôles. Un artifice qui se fait vite oublier pour orienter les spectateurs vers l'essentiel du récit axé sur les jeux de miroirs et les faux-semblants. Greyson a privilégié les images au symbolisme appuyé, en harmonie avec la photographie aux tons chauds.
 
Jouant sur le réalisme, le symbolisme et l'onirisme, ce film superbe, qui allie la magie du cinéma à celle du théâtre, montre à quel point la vérité se cache derrière des masques.
Si l’on veut trouver une filiation cinématographique à Lilies, c’est dans les œuvres les plus baroques de Fellini comme E la nave va, Amarcord ou Casanova qu’on la trouvera.
La réalisation très soignée a visiblement bénéficié de gros moyens. Daniel John, chef opérateur d’un autre très beau film gay, Handing garden, virtuose du clair-obscur, a du regarder longuement les œuvres du Caravage avant d’empoigner sa caméra. Il a bien fait,il en reste quelque chose dans ses magnifiques images où néanmoins parfois, il lui arrive de perdre le point ! D’autres séquences comme celle de la mort de la mère en forêt ou encore celle de la torride scène d’amour entre les deux garçons dans la baignoire sont directement inspirées de la peinture pré-raphaélite. La photographie possède une beauté visuelle qui donne une profondeur au sentiment de perte, d'espoir et de colère qui anime toute l'œuvre de Greyson.
Nous sommes continuellement surpris par ces scènes où la toile peinte d’une représentation de patronage se transforme soudain en un cossu décor victorien tout droit sorti d’un film de James Ivory ou bien en une rue d’un village canadien du début du XXe siècle. L’inventivité du montage fait constamment douter le spectateur de l’époque qu’il découvre sur l’écran. Le lieu, même, est remis en question par le fait que les acteurs s’expriment en anglais alors que l’action est clairement située chez les canadiens français, licence habituelle au cinéma maisd’autant plus perturbante cette fois que certains comédiens parlent l’anglais avec un fort accent français
 
La direction d'acteurs est irréprochable. Brent Carver campe une aristocrate déchue avec beaucoup de finesse. Quant aux deux acteurs jouant les adolescents amoureux, non seulement ils sont bons, comme toute la distribution, mais ils sont aussi sublimes. Pour une fois, de manière pas trop subliminale, on peut admirer les fesses de Danny Gilmore qui nous offre leur succulent pommé, mis en valeur par la délicate cambrure des reins. L’un des plus beaux fessiers qu’il m’ait été donné de pouvoir admirer au cinéma !
Greyson convoque également la littérature. On peut voir dans le film une réminiscence de Genet dans son homo-érotisme élégiaque de la prison. Film culte dans les pays anglo-saxons Lilies n’a bizarrement jamais été distribué en France. Il a été récompensé par le prix "Génie du meilleur film", "Meilleur film 1997" au Festival du film international gay et lesbien de San Francisco, et le prix du "meilleur film canadien" au Festival des Films du Monde de Montréal.
 

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Cette flamboyante adaptation de la pièce Les Feluettes, de Michel-Marc Bouchard, Lilies de John Greyson prouve avec éclat que le théâtre d'auteur a sa place au cinéma.
Les éditions Home screen ont édité un dvd en Belgique avec des sous-titres français mais sans le moindre supplément.
 
 
Lilies, un film
 
 
 
Lilies 1
 
Lilies 5
 
Lilies, 4
 
Lilies, 3
 
 
Lilies, 2

 

 

 

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Giovanni Colacicchi, Saint Sebastien, 1943.

20 Mai 2026, 06:38am

 

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