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La casquette turquoise

8 Juin 2026, 07:47am

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Lagos, Algarve, Portugal, juillet 2021

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Photo Travis Chantar

8 Juin 2026, 07:46am

 

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ALIX SENATOR, LES AIGLES DE SANG, DESSIN THIÉRRY DÉMAREZ, SCÉNARIO VALÉRIE MANGIN

8 Juin 2026, 07:44am

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D'emblée je dois dire que je suis très réservé sur l'idée de créer une nouvelle série sur Alix, le héros de Jacques Martin, d'autant que le voilà vieilli d'une trentaine d'années. Ma réserve principale vient qu'ayant connu Jacques Martin, je doute fort qu'il ait approuvé cette idée de projeter son personnage à un autre âge.

Je rappellerais que souhaitant que ses héros vivent après sa mort, survenue le 21 janvier 2010, Jacques Martin avait mis en place en 2005 un comité de surveillance, aujourd'hui composé de ses deux enfants et de deux représentants de son éditeur, Casterman qui sont Simon Casterman et Jymmy Van den Hautte directeur de la collection, pour veiller sur son univers, mais il n'était question que de poursuivre les séries déjà existantes.

Ensuite il me semble que la seule véritable raison de la mise en oeuvre de cette série soit de faire de l'argent. Il me semblait que l'oeuvre de Jacques Martin en générait déjà suffisamment, il faut croire que non... On peut penser aussi que les ayant-droits du maitre avaient peur que la célébrité d'Alix s'étiole d'où cette idée de lui faire vivre d'autres aventures sous Auguste.

Autre but avoué de cette série dérivée, faire connaitre Alix à un nouveau public, je me demande si sur ce point les éditeurs ne se bercent pas d'illusions. Lors de la création de la série mère, en 1948, une grande partie des collégiens et des lycéens faisaient du grec et du latin. En sixième le cours d'histoire était entièrement dévolu à l'antiquité autant de choses qui ne sont plus d'actualité et qui jadis donnaient à notre belle jeunesse (de moins en moins belle car de plus en plus crépue et bouffie) une appétence pour les récits se déroulant pendant l'antiquité. Le contexte actuel est beaucoup moins favorable à ce type de livre. Je crois plutôt qu'Alix senator touchera d'abord, et je le crains presque exclusivement, les fans du jeune gallo-romain blond.

Dans ces « Aigles de sang » Alix âgé d'une cinquantaine d'année, sénateur ( l’ascension d’Alix comme notable lui donne une plus grande crédibilité pour ses enquêtes dans les arcanes du pouvoiret pourvu d'un fils nommé Titus (mais où est sa femme?), en outre il s'occupe du fils de son ami Enak qui serait décédé. Le centre de l'intrigue est un complot contre l'empereur, thème récurrent dans les aventures d'Alix et aussi dans l'histoire de l'empire romain.

Venons en maintenant à l'album en détail. La première chose qui apparaît lorsqu'on ouvre un album de bande-dessinée c'est le dessin. Celui de Thierry Démarez, que je découvre avec cet album, est en rupture avec celui de Jacques Martin et de ses continuateurs pour les aventures d'Alix. Il s'inspire visiblement de celui de Delaby qui dessine Murena qui est le modèle plus ou moins avoué d'Alix senator. Si le dessin de Thierry Démarez qui fait aussi ses couleurs, c'est un auteur complet, n'est pas sans qualité, mais on ne sent pas encore chez lui la maitrise complète de son art en particulier pour le dessin des personnages; les visages sont parfois empâtés par un encrage trop gras. Le crayonné doit mieux mettre en évidence le talent du dessinateur qui en revanche se révèle un excellent coloriste jouant avec les camaïeux de couleurs subtilement éteintes. Démarez utilise classiquement peinture acrylique et crayons de couleur. Le vieillissement du visage d'Alix est crédible et son fils a une charmante frimousse. A propos de la physionomie du héros, le dessinateur confesse que cela n'a pas été facile: <<il suffit d' un rien pour qu' il  devienne méconnaissable . Vous lui enlevez  quelques cheveux et ce n' est plus lui . Je ne pense pas avoir dessiné  une seule fois Alix sans avoir un  album de Jacques Martin sous les yeux  ; je n' ai jamais cherché à le travailler de mémoire , mon style aurait  repris le dessus et je me serais  éloigné davantage de l'original . Il  a une forme de visage assez particulière  et difficile à traiter , il y a  des codes à respecter , comme le rapport entre la bouche  le nez et le menton, tout cela ne peut s' inventer;>>. En outre les perspectives de certains bâtiments ont quelque fois du « vague à l'âme ». Néanmoins la reconstitution de la Rome sous Auguste est très réussi. C'est un mélange de la reconstitution qu'en a fait Gilles Chaillet dans son magnifique « Dans la Rome des Césars » (aux éditions Glénat) et de celle que l'on peut voir dans la série télévisée « Rome ». J'ai pourtant scruté les dessins des vues panoramiques de la ville sans y déceler des anachronismes. Mais le plus réussi graphiquement sont les intérieurs remarquable d'exactitude et de réalisme. La formation de décorateur de théâtre de Démarchez ne doit ps être pour rien dans ses prouesses. Ma principale réserve en ce qui concerne le graphysme est le manque de sensualité dans le regard de Démarez, irremplaçable Jacques Martin. 

 

 

 

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La Rome de Jacques Martin (Les légions perdues)

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La Rome de Gilles Chaillet

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La Rome de Thierry Demarez

 

Mais une bande dessinée, c'est aussi une histoire et c'est souvent par ce biais que l'on s'attache à une série. En ce qui concerne la partie historique on peut penser qu'Alix n'est pas tombé en de trop mauvaises mains puisque Valérie Mangin esthistorienne de formation. Après un prix au Concours général en version latine, elle est entrée en classe préparatoire littéraire à Henri IV puis a intégré l’Ecole des Chartes où elle a soutenu sa thèse en 1998. Ce n'est pas non plus une débutante en B.D, elle a déjà travaillé  avec Thierry Démarez. Ils ont fait ensemble « Le Dernier Troyen », une adaptation de l’Enéide et de l’Odyssée en space opera. « Les Aigles de sang » est leur septième album commun.

 

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La chance qu'a la scénariste est que le règne d'Auguste, en particulier dans sa deuxième moitié est une période très riche de l'Histoire romaine où le concept d'empereur doit s'affirmer. C'est durant cette période qu'Auguste bâtit les fondement administratif d'un gouvernement qui durera plusieurs siècles.

Valérie Mangin à la pieuse et bonne idée de mettre ce premier tome d'Alix senator dans la continuité à 30 ans d'écart d'un des albums de Jacques Martin. Dans "Le tombeau étrusque", un aigle (représentation symbolique de Jupiter célèbre entre autres par l'enlèvement de Ganymède) laisse un présage favorable en rendant son morceau de pain à Octave, le futur Auguste, en présence d'Alix et Enak en cela le majestueux volatile désignait le garçon comme le futur maitre du monde. Trente ans après la prophétie s'est réalisée mais l'aigle, qui a une place majeur dans "Les aigles de sang" ne sera plus l'animal bénéfique. C'est Alix qui sera chargé de savoir, qui se cache dérière le symbole divin...

Le scénario met avec justesse en son centre les supertitions qui obscurcissaient la raison chez les anciens romains. Gilles Chaillet fait de même dans la série Les boucliers de Mars 

 

 

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Jacques Martin avait l'habileté de faire intervenir dans ses histoires les personnages historiques seulement à dose homéopathique. On y a vu plusieurs fois Jules César mais fugitivement, s'il est souvent cité, on le voit peu, et aperçu Crassus, Pompée et quelques autres mais jamais au premier plan. La scénariste Valérie Mangin n'a pas des pudeurs de cette sorte, ce qui est un gros risque et surtout une grosse contrainte scénaristique, puisque l'on voit dans « Les aigles de sang » mourir d'une façon spectaculaire Lépide et Agrippa.

 

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Selon diverses source ces deux grands de la Rome impériale ont trépassé d'une façon plus prosaïque: << Agrippameurt enCampanieentre le 19 et le 24 mars de l'année 12 av. J.-C. (à la même date que dans l'album)à l'âge de 50 ans. Selon Pline l'Ancien, Agrippa souffre depuis des années de violentes crises de goutte ainsi que de rhumatismes, comme en témoignent les nombreuses dédicaces à laSantélors de son séjour en Gaule. Agrippa, affaibli, n'aurait pas résisté à la rigueur de l’hiver dans les montagnes pannoniennes ou aurait été emporté par une épidémie touchant l'Italie dans les premiers mois de l’année 12 av. J.-C., à l'instar de Lépide, selon les historiens modernes.

 

 

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Très habilement Valérie Mangin fait passer la version de la mort par maladie des deux notables pour la version officielle qu'impose Auguste et la vérité l'horrible trépas mystérieux des deux hommes. Le scénario de cet épisode est brillant, meilleur que les scénarios des aventures du jeune Alix. Il laisse le lecteur en plein suspense puisque cette histoire semble prévue en deux tomes. Il y aurait peut être un troisième. Le second est déjà annoncé et aura pour titre « Le dernier des pharaon ». Surtout « Les aigles de sang » est fidèle à l'esprit des récits de Jacques Martin avec cette de dose de fantastique et d'irrationnel dont les anciens romains étaient friands. Ce n'est pas un hasard si l'album préféré de Jacques Martin que préfère Valérie Mangin est « Le dieu sauvage », cela se sent dans « Les aigles de sang ».

Un album qui par ses belles et savantes reconstitutions de l'antiquité romaine et son scénario passionnant a su vaincre mes réticences de départ.

 

Nota: on peut lire les interviews des auteurs sur l'excellent site: http://alixmag.canalblog.com/ 

 

 

 

 

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Couverture du tirage de tête

 

 

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John Gutmann: NYC (1938)

8 Juin 2026, 07:43am

 

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Misyuk Artem : Baigneur

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 Breno Freitas

7 Juin 2026, 07:18am

 

 

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Arthur Lavine: Young Farmer (1930s)

7 Juin 2026, 07:16am

 

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Une promenade à Granville

7 Juin 2026, 07:16am

 

 

 

 

La villa de Christian Dior

Buste de Christian Dior dans la roseraie du parc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Granville, mai 2026

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Vue de dos

7 Juin 2026, 07:15am

 

 

 

 

 

 

 

 

Paris été 1991,

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Villa Mauresque par Floc'h & Rivière

7 Juin 2026, 07:14am

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Villa mauresque est un livre mélancolique. Sans doute parce que c'est le fantôme de Somerset Maugham, qui errant dans sa chère maison nous raconte sa vie, en commençant par son enfance.

Je n'ai jamais rencontré Somerset Maugham. Je ne suis pas plus allé me promener du coté de sa villa mauresque pourtant j'ai l'impression de l'avoir connu tant Edouard Mac Avoy dans son atelier du cherche midi à l'ombre des grands ficus qui s'y épanouissaient dans l'entêtante odeur de la peinture. Je ne doute pas qu'également le fantôme du peintre y règne encore.

  

  

Somerset Maugham photographié en 1951 par Edward Quinn devant son portrait par Mac Avoy

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avec Alan Searle en 1953 à la villa Mauresque

 

En 1946, le peintre écrivait à propos de l'homme de lettre: << Somerset Maugham me reçoit à 11 heures ce matin, vieilli, c'est à dire embelli. Il y a six ans, j'avais constaté déjà une mystérieuse influence asiatique qui prenait possession de ce visage de grand seigneur anglo-saxon. Aujourd'hui, je retrouve un masque bouddhique pur. Sagesse, renoncement, paix profonde née d'une désillusion entière. Et cette gaieté qui est la gaieté du scepticisme. >> plus loin dans son livre de mémoire, « Le plus clair de mon temps » Mac Avoy écrit: << La mauresque, où Somerset reçoit comme un maharadjah: le confort, le luxe, la beauté, les tableaux rares, les jardins, la piscine bleue. Maugham, parfaitement nu, et sa souveraine aisance, plongeant tel un jeune homme...>>. Presque vingt ans plus tard Mac Avoy à une de ses (sa?) dernières visite à la Mauresque: << Ai-je vu tout à l'heure Somerset pour la dernière fois? Alan est bouffi, grossi, triste. Il voit décliner Willy. Il sait qu'au lendemain de sa mort, il sera chassé par Lady Hope de la Mauresque. Somerset ressemble à un très vieil aigle déplumé, qui se traine. Il est sourd. Je hurle en anglais. Il me semble qu'il comprend mieux. Il montre à Lillian Kaufmann le portrait que je peignais en 1947 et qui est exactement le Somerset d'aujourd'hui. Il dit le bien que Braque pense de ce portrait. Son charme singulier subsiste, mais le bégaiement est devenu terrible.>>.

   

Somerset Maugham at Villa Mauresque St Jean Cap Ferrat

 

Mac Avoy lui aussi a résidé souvent sur les bord de la Méditerranée le jardin de sa maison dégringolait dans les flots. Son corps repose dans un petit cimetière tout près de là...

Cocteau disait de son confrère anglais: << Il y a chez Maugham un besoin extraordinaire de duchesses et un besoin extraordinaire d'assassins... Alors il mélange: ses ladie sont des voleuses.>>.

Villa Mauresque est aussi un beau film de Patrick Mimouni, que presque personne a vu. Mimouni a fait dans un remarquable documentaire le portrait d'une autre villa remarquable de la côte; la villa de Noaille que Mallet-Stevens a érigée à Hyères pour les Noaille. Mac-Avoy dans sa jeunesse était un des obligés du couple de mécènes... Floc'h a croqué leur villa...

Je ne sais pas si on lit encore beaucoup Somerset Maugham. Je ne le crois pas, en France tout du moins. J'ignore tout de son statut actuel en Grande Bretagne, pays dans lequel en définitive il n'aura que peu vécu.

J'ai pour ma part un grand souvenir de la lecture d'un roman de cet écrivain. C'était « Le fil du rasoir » lu un été de mon début d'adolescence, étendu sur le sable de la plage de La Baule. Il me semble que Somerset Maugham est un auteur à lire au bord de la mer... Depuis cette lecture j'associe toujours Maugham, sans doute abusivement, avec son confrère allemand Hermann Hesse qui connaissait dans les année 60 une grande vogue.

  

Somerset Maugham rêvait de« voyager et de devenir le plus célèbre écrivain vivant », il y a presque réussi mais la villa Mauresque a été le port d'attache de la longue vie de ce grand errant qu'était Somerset Maugham. Philip Kerr a fait de la villa mauresque le décor de ce que je tiens pour son meilleur livre: "Les pièges de l'exil". Ainsi Bernie Gunther y aurait joué au bridge avec le maitre des lieux...

Si le héros du livre est o combien singulier, l'aspect de l'album l'est tout autant. Il ressemble a un livre illustré pour enfant de naguère, ce qui renforce le coté nostalgique de l'ouvrage, où au détour d'une page on découvrirait une « frontal nudity » masculine...

  

  

Villa

 

C'est peut-être l'anglomanie partagée qui rend la symbiose entre Rivière et Floc'h aussi parfaite depuis... quarante ans.

Dés les premières pages de Villa Mauresque, le lecteur sait qu'il est autant chez François Rivière que chez Somerset Maugham. On admire la légèreté, l'élégance du style de François Rivière bien en accord avec celui très « café society » de l'anglais dans un texte où tout est plus suggéré que dit. L'ellipse est je crois la marque des grands biographes qui ne nous encombrent pas de détail superfétatoires, en la matière Rivière est un maitre. Pourtant la vie extraordinaire de Maugham incite au profus. Il a parcouru la terre entière et y a même un peu espionné (en particulier dans la Russie de 1917 après avoir connu le front de la Grande Guerre!) dans la grande tradition des lettres anglaise de Burton à Graham Green en passant par Ian Fleming. Il est d'autant difficile de ne pas être disert que sa fabuleuse villa reçu entre autres Churchill, le duc de Windsor et sa duchesse (ceux probablement pas ensemble en regard à leurs détestations mutuelles), Lord Beaverbrook et l'Aga Khan, ou encore T. S. Eliot, Cocteau, Virginia Woolf, Wells, Kipling, Fleming. J'ajouterais à cette liste non exhaustive que Maugham a rencontré et parfois bien connu dans ses multiples pérégrinations et son exil américain durant la seconde guerre mondiale D. H. Lawrence, Noël Coward, Cecil Beaton, Henry James, Joseph Conrad, Arnold Bennett, Lytton Strachey, Charlie Chaplin, Aldous Huxley, Christopher Isherwood, Eric Ambler et beaucoup d'autres qui eux ne passent pas dans la biographie de François Rivière.  

Je rectifie ou plutôt complète ce que j'écrivais au début de mon billet. Le je du livre n'est pas seulement celui du fantôme de l'illustre écrivain. Rivière fait habilement alterné la voix de Somerset Maugham avec celle de ses ami(e),employée, amants, frère... Ceux qui dresse un portrait contrasté de Maugham ne sont pas de pâles potiches mais eux aussi de sacrés numéro comme son neveu Robin, lui aussi écrivain, auteur entre autres de The servant dont Losey tira son fameux film avec Dick Bogarde.

   

 
© Floc'h et Rivière / La Table Ronde 
  
© Floc'h et Rivière / La Table Ronde 
  

  

Si la biographie de Rivière est elliptique, le portrait de Somerset Maugham, lui, ne cesse de gagner en complexité et en nuances, au fil des témoignages: « petit homme contrefait mais charismatique, réputé pour ses bons mots vachards et son bégaiement »pour l'un, mais pour une autre, plus tendre, un « homme contrarié depuis toujours, et qui, quelle que fût sa posture, attirait les sarcasmes des gens si prompts à juger ». Un « heureux hédoniste », concluait-il lui-même...

A l'émotion qu'étreint le lecteur à la lecture des dernières pages du livre s'ajoute celle de l'annonce que cet ouvrage serait le point final de la collaboration de Floc'h et Rivière, l'un des plus célèbres duos de la bande dessinée depuis le milieu des années 70. Espérons qu'il n'en sera rien, il y a eu déjà par le passé des déclarations de l'un et l'autre dans ce sens. Ce serait bien dommage qu'une telle association meurt d'autant qu'elle ne les empêche pas de mener chacun de leur coté une brillantes carrière sous leur seul nom.

A la fin de l'album, qu'il faut reprendre depuis le début pour bien apprécier les dessins de Floc'h, traités uniquement en noir et blanc, on ne peut être que jalous de la vie de Somerset Maugham (du moins celle racontée par François Rivière) qui portant n'a pas été que pur sucre.

  

  

Graham Sutherland, Somerset Maugham, 1949 

 

  

Simultanément à la sortie le 7 mai du livre de Floc'h et Rivière consacré à Somerset Maugham, Villa Mauresque, les éditions de la Table Ronde publient dans leur collection La Petite Vermillon deux romans de l'écrivain anglais, Il suffit d'une nuit et Le grand écrivain, dont elles ont confié l'illustration des couvertures à Floc'h :
  
  
© Floc'h / La Table Ronde 

  

© Floc'h / La Table Ronde 
 

Maugham photographié par Platt-Lynes

 

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