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David Wojnarowicz, Arthur Rimbaud à New York

18 Juin 2025, 06:33am

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Le photographe David Wojnarowicz réussit merveilleusement à marier dans son œuvre ses passions littéraires et visuelles, de façon tellement admirable qu’elles sont inextricablement entrelacées comme le démontre sa série photographique "Arthur Rimbaud à New York" (1979-1980) dont on peut en voir un exemplaire au  Whitney Museum de New York (sauf lorsqu’il y a des expositions thématiques). Les photos portent des titres comme "Rimbaud à Brooklyn jour et nuit", "Rimbaud dans Chinatown", "Rimbaud dans Bowery", "Rimbaud sur le fleuve inférieur du côté Ouest"...

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Pour ses photos, Wojnarowicz a employé un masque de Rimbaud grandeur nature qu'il a confectionné à partir d'une reproduction d’une photographie du poète à 17 ans, prise par Etienne Carjat à Paris en 1871.
L'artiste a collé cette image de Rimbaud sur un morceau de panneau de carton fort et a découpé en suivant le pourtour de la tête. Il a alors attaché une bande élastique au dos du masque avec des bandes noires qu'il a collé de chaque côté des yeux près des tempes. Wojnarowicz a également fait deux petites ouvertures pour les yeux, et une pour la bouche.


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Wojnarowicz a décrit son travail  comme des images jouant avec une idée de compression du temps, entre celui historique de Rimbaud et celui aujourd’hui. Il voulait fondre le poète français dans la ville (Ernest Pignon-Ernest l’a également fait mais dans un tout autre esprit) en le mettant dans des situations qui seraient la plupart du temps illégales. Pour réaliser ces photos, Wojnarowicz lui-même et deux ou trois autres hommes ont porté le masque de Rimbaud.

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N'importe quelle figure masquée soulève la question de qui est caché sous le masque, mais cet Arthur Rimbaud photographié à New York pose également la question plus intrigante de qui était derrière la légende de Rimbaud. Wojnarowicz a employé le masque de Rimbaud pour créer l'identité ou l'esprit du poète décédé, mais la nature manifeste de sa mascarade est compatible avec l’approche journalistique qu'il a adoptée pour cette série. Comme William Klein, qui a photographié New York au milieu des années 50, Wojnarowicz nous livre aussi avec cette série sa propre vision de New York vers la fin des années 70.

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David Wojnarowicz a été clairement fasciné par Rimbaud, à la fois par son écriture, et à la fois par sa vie. Il était probablement une source d'inspiration et d’identification pour lui. Jean Genet le sera également.


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Wojnarowicz (1954-1992) a vécu presque exactement cent ans après Arthur Rimbaud (1854-1891). Il y a beaucoup de parallèles entre la vie des deux hommes. Les similitudes les plus évidentes sont : la violence qu'ils ont éprouvé dans leur jeunesse ; le sentiment d'emprisonnement qu'ils ont tous les deux ressenti lorqu’ils étaient adolescents (Wojnarowicz avec un père violent et Rimbaud avec une mère dominatrice) ; leur désir de vivre entièrement en dehors de l'environnement bourgeois ou de la classe moyenne de leur naissance ; et bien sûr leur homosexualité...

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David Wojnarowicz naît à Red Bank dans le New Jersey en 1954. Enfant battu et maltraité, il abandonne l'école secondaire lorsqu’il découvre son homosexualité à l'adolescence. Il s’enfuit à New York, où il vit dans la rue et subsiste grâce à la prostitution occasionnelle.

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Wojnarowicz, autodidacte, a trouvé son salut dans l'art et l'écriture. Pourtant sa manière de vivre entrera souvent en conflit avec sa pratique artistique. Il traverse les États-Unis en auto-stop et vit à San Francisco puis à Paris pendant plusieurs mois.

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En 1978, il s'installe à New York. De la fin des années 1970 jusque dans les années 1980, il réalise des films en super 8 tels que Heroin (on peut voir un exemple de son cinéma expérimental ici), commence la série photographique "Arthur Rimbaud", effectue un travail de pochoirs, joue dans le groupe appelé 3 Teens Kill 4, et expose dans les galeries fameuses de l'East Village.


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Pendant les années 80, il devient un artiste reconnu (photographe, vidéaste, peintre, sculpteur et écrivain). Il appartient au mouvement artistique de l’East Village et évolue dans le milieu alternatif new-yorkais (Nan Goldin, Richard Kern, Lydia Lunch, Kathy Acker...). Le poète William Burroughs ne s’était pas trompé sur son talent, qui écrivait : « David Wojnarowicz déclare qu’il crée chaque peinture, chaque photographie, chaque phrase comme si c’était la dernière. (Lorsque nous sommes directement confrontés à la mort, à cet instant-là, nous sommes immortels.) Il dit que la chose la plus dangereuse, la plus subversive que nous puissions faire est d’observer et de voir la structure de la société ou de la réalité. Lorsqu’on la voit, elle disparaît. »

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En 1985, il est inclus dans le "so-called Graffiti Show" de la Biennale du Whitney Museum of American Art. Homosexuel militant, il critique farouchement la société américaine. Il est diagnostiqué séropositif en 1987. Il dira alors : « Lorsqu’on m’a appris que j’avais contracté le virus, j’ai tout de suite compris que c’était surtout cette société malade que j’avais contractée. » Il est le premier artiste américain gay à répondre à la crise du sida avec colère et indignation. Il a utilisé son art comme un outil de polémique pour dénoncer ceux qu'il a tenu pour responsables de l'épidémie du SIDA. Au-dessus de la photo représentant sur son lit de mort Peter Hujar, illustre photographe devenu son amant, son mentor, son ami, il avait aussi écrit : « Et je trimballe ma rage tel un œuf gorgé de sang, et la ligne est ténue entre le dedans et le dehors, et la ligne est ténue entre la pensée et l’action, cette ligne est formée de sang, de chair et d’os, et je me surprends de plus en plus fréquemment à rêver tout éveillé que je trempe des flèches amazoniennes dans du sang contaminé puis les plante en plein dans la nuque de certains hommes politiques. » David Wojnarowicz meurt du sida en 1992.

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Il ne faudrait pas que la mise en lumière récente du travail photographique de Wojnarowicz grâce à l’acquisition d’une de ses images de la série Rimbaud par le Whitney Museum (une adresse à fréquenter régulièrement lorsque l’on est à Manhattan) éclipse le reste de l’œuvre, en particulier ses sensuels collages et ses puissants dessins.

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Ses films non plus ne doivent pas tomber dans l’oubli. David Wojnarowicz a décrit par son art hallucinatoire la faune interlope de l’East Village, ses rencontres sexuelles furtives et anonymes, sa révolte politique contre la société américaine (son homophobie et son ultra-conservatisme face à l’épidémie du sida, notamment). La série des "Sex Series and others", co-réalisée avec les cinéastes Marion Scemama et François Pain résulte de leur longue amitié, et laisse se dessiner les rêves et cauchemars de Wojnarowicz, sa rage devant le traitement que réserve « l’usine à tuer américaine » aux marginaux et laissés pour compte du rêve américain.

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Deux de ses livres ont été édité en France : Au bord du gouffre (2004) et Chroniques des quais(2005), tous deux dans la collection Désordre aux éditions du Serpent à plumes.
Félix Guattari a parfaitement définit l’œuvre de cet artiste : « C’est parce que l’œuvre créatrice de David Wojnarowicz procède de toute sa vie qu’elle a acquis une pareille puissance. Alors que tout semble dit et redit, quelque chose émerge du chaos de David Wojnarowicz qui nous place devant notre responsabilité d’être pour quelque chose dans le cours du mouvement du monde. »
Nota : Vous trouverez ici une interview en français de Wojnarowicz par Nan Goldin où il s’explique entre autres sur ses désirs sexuels.


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Artur Pastor

17 Juin 2025, 06:36am

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Mio Cade

9 Juin 2025, 08:28am

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une plongée dans les archives d'Egermeier

10 Mai 2025, 06:51am

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Je réitère mon appel. Si vous avez des informations sur Karel Egermeier soyez assez aimable pour me les communiquer. Si vous avez une idée sur les lieux et la datation éventuelle des photos ci-dessus n'hésitez pas à m'en faire part.

 

 

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HORST P. HORST

3 Mai 2025, 07:17am

 

Né en Allemagne, Horst P. Horst (1906-1999) est né en Allemagne. Il a été un des plus célèbres photographes de mode de son époque. Il était également connu pour ses portraits, ses intérieurs et ses arrangements de natures-mortes. Son travail a est principalement composé d'images en noir et blanc. Il faisait prendre à ses modèles des poses glamour souvent inspirées de la statuaire grecque classiques avec ombres marquées. 


Photo à droite : Horst photographié par Orphanos

Horst s'installe à Paris alors qu'il a une vingtaine d'années et devient "l'apprenti" de Le Corbusier. Evoluant dans les milieux artistiques parisiens, en 1930, il rencontre le photographe russe George von Hoyningen-Huene (1900-1968) qui travaillait alors pour l'édition française de "Vogue". En moins d'un an, Horst est devient son assistant et aussi parfois son modèle et peu de temps après son amant. Avec les cheveux blonds et son corps musclé, Horst était un modèle idéal, et sa relation avec Hoyningen-Huene entraîne son abandon de la poursuite d'une carrière dans l'architecture. 

Jeune modèle Horst posant pour Hoyningen-Huene (1931) :
 


Horst dans une pose classique, photographiée par Hoyningen-Huene (1932) :
 



Voyageant, en Angleterre, le couple travaille bientôt pour le Vogue anglais et rencontre Cecil Beaton. La longue association de Horst avec Vogue a commencé en 1931, quand une de ses photographies est publiée dans l'édition française du magazine. Il est engagé par Vogue en 1935, après que Hoyningen-Heune ait quitté le magazine pour s'installer à Hollywood. Hoyningen-Heune étant jalous du succès de Horst. Le départ de Hoyningen-Heune, coincide avec le début de la relation de Horst avec Luchino Visconti.

 

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Horst photographié par Cecil Beaton, 1946
 

 

 Gertrud Stein et Horst, 1936

Première exposition personnelle de Horst a été montée à Paris en 1932, et reçoit une élogieuse critique dans The New Yorker magazine ce qui le rendit immédiatement célèbre. Dans les trois ans qui suivent il photographie de nombreuses stars d'Hollywood, les notables de la haute société américaine et divers membres des noblesses et royautés européennes. À l'âge de trente et un ans Horst prend un appartement à New York, où il rencontre Coco Chanel. Il a été à partir de là, le fidèle photographe des créations de la couturière pour les décennies à venir. 

 

 Ginger Roger, 1936



Horst a rencontré le diplomate britannique Valentine « Nicholas » Lawford (1911-1991) et les deux hommes devinrent amants dans une relation qui a duré jusqu'à la mort de Lawford. Nicholas devait devenir biographe de Horst (« Horst, son travail et son monde » 1984) et ensemble, ils ont adopté un fils, Richard J. Horst, qui est aujourd'hui le gestionnaire et archiviste de l'oeuvre de Horst. En 1943, Horst est devenu citoyen américain sous le nom de Horst P. Horst, abandonnant son nom de naissance de Horst Paul Albert Bohrmann, bien que depuis le début de sa carrière, il ait utilisé que son prénom pour signer ses photographies. Il servit dans l'armée américaine en tant que photographe et devint un ami du président Truman, qu'il photographie en 1945. Peu de temps après, Horst a commencé une série de portraits de première dame pour Vogue, de Mamie Eisenhower (1957) à Nancy Reagan (1981).
 


En 1990, star de la pop Madonna sort un clip vidéo de son énorme  « Vogue » dans lequel elle a posé en récréant quelques-unes des photos de mode plus reconnaissables de Horst comme « Mainbocher Corset"(1939, prise à quatre heures du matin à Paris, ci-dessus), ainsi que"Lisa avec Turban"(1940)et « Massage du visage de Carmen » (1946). Horst n'avait malheureusement pas donné sa permission pour ces image, et il a exprimé son mécontentement de ne recevoir aucune demande de Madonna. Son clip hommage est passé au-dessus de la tête de la plupart des plus jeunes fans de la chanteuse.

Après avoir déménagé à Oyster Bay à Long Island en 1947, où Horst a conçu une maison de stuc blanc qui rappelle les maisons qu'il avait vu en Tunisie lors d'un voyage avec George Hoyningen-Huene. Horst vendu un Picasso pour acheter le terrain sur lequel il a édifié sa villa. Beaucoup de l'ameublement est venus de son ami proche de Coco Chanel. Bien que désormais retiré de l'effervésence new-yorkaise Horst a continué de produire de nombreuses images pour des magazines comme Vogue et la maison et les jardins , les deux publications Condé Nast, et son associé Nicholas Lawford a écrit les articles qui ont accompagné les photos. La dernière photo publiée du vivant de Horst est paru dans British Vogue en 1991, l'année du décès de Lawford. Souffrant de défaut d'acuité visuelle sa santé déclinant, Horst était à son domicile de Palm Beach Gardens, en Floride, au moment de sa mort à l'âge de 93 ans, le 18 novembre 1999. En 2001, une rétrospective de ses portraits est parue dans le livre, « Horst Portraits : 60 ans de Style ». .

Trois nus masculins : 
 
 
 


Maria Callas par Horst :
 


Nature morte par Horst :
 


Mannequins par Horst :
 
 


Baron Niki de Gunzburg par Horst :
 

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Dans les archives d'Egermeier

24 Avril 2025, 06:48am

 

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une plongée dans les archives d'Egermeier

22 Avril 2025, 13:50pm

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Je réitère mon appel. Si vous avez des informations sur Karel Egermeier soyez assez aimable de me les communiquer. Si vous avez une idée sur les lieux et la datation des photos ci-dessus n' hésitez pas à m'en faire part.

 

 

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LORSQUE EGERMEIER PHOTOGRAPHIAIT L'INTIMITÉ DE ROGER PEYREFITTE ET D'HENRY DE MONTHERLANT

20 Avril 2025, 13:57pm

 

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Roger Peyrefitte et Roro en 1939, vraissemblablement aux Tuileries

 

Roger Peyrefitte, une après midi d'avril 1938, reconnait Henry de Montherlant dans une kermesse (lieu fréquenté alors par les jeunes garçons). Il l'aborde. << Cette rencontre dont Peyrefitte parlera plus tard comme la chance de sa vie marque le début d'une amitié de près de trente ans, entrecoupée de brouilles et de réconciliations.>> Antoine Delery - Roger Peyrefitte, le sulfureux -

<< Henry de Montherlant a quarante-deux ans. Il est ramassé avec quelque chose d'athlétique, Peyrefitte - trente deux ans - est longiligne, aérien. Un sanglier avec une hirondelle. >> Pierre Sipriot - Montherlant sans masque -

Peyrefitte présente, probablement peu de temps après leur rencontre, à Montherlant Karel Egermeier dont les photos illustrent les calendriers des scouts de France. << Montherlant est enthousiasmé par les photographies d'adolescents en culottes courtes, aux torse musclés, et les deux compères imaginent ensemble l'édition illustrée de "Paysages des Olympiques". >> Antoine Delery - Roger Peyrefitte, le sulfureux -

 

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Roger Peyrefitte et Roro

 

<< En décembre 1938 Montherlant a "levé" un jeune garçon de quatorze ans prénommé Edouard (ou Edmond si on se réfère à Roger Peyrefitte dans ses Propos secret I. Ce dernier prénom me parait plus probable en regard de la classe sociale du garçon...). Doudou pour les intimes. Le frère cadet de Doudou, Roland dit Roro, onze ans, est dévolu à Roger Peyrefitte. C'est un lien tout platonique.

 

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Peyrefitte prend très au sérieux son rôle de "tuteur" de Roro: << J'avais fait en juillet 39, opérer le génant phimosis de Roro (...) Je m'étais pris d'une véritable affection pour RoRo. Ma liaison avec Roro s'était faites sous les mêmes auspices que celle de Montherlant avec Doudou, c'est à dire que je contribuais à l'entretien de la mère. >> Henry de Montherlant - Roger Peyrefitte, correspondance, page 61, éditions Robert Laffont

 

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Pour vivre à l'aise cette aventure, la mère doit être complice. Il faut la rencontrer. Roger Peyrefitte insiste (...) Après avoir hésité longtemps, Montherlant se jette à l'eau au début de mars 1939. Il va rencontrer la mère.>> Pierre Sipriot - Montherlant sans masque -

<< Elle vivait modestement dans un petit hôtel de la rue d'Orsel. Nous l'avons invité à déjeuner dans un restaurant, place du Delta. Ses resources étaient minces. Elle vivotait en faisant de la représentation de boutique en boutique, à partir de ce moment là, nous l'avons sérieusement aidée.>> Roger Peyrefitte - Propos secrets I -

 

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Sur cette photo, Doudou joue avec le masque avec lequel Montherlant sera photographié quelques temps plus tard par Mangeot, le photographe de Paris-Match. Montherlant avait songé à être recouvert de ce masque après sa mort. (page 183 de l'album de la Pleiade Montherlant).

ce qui est amusant c'est que ces images de Doudou quai Voltaire contredisent Roger Peyrefitte lui même; puisqu'il commentait ainsi une lettre de Montherlant dans le volume consacré à la correspondance des deux hommes: << Quai Voltaire, où il habita après 1939, il ne reçut jamais aucun garçon. Sa garçonnière, bien digne de ce nom; était rue de V. (Rue de Verneuil, donc selon Sipriot) - page 41, note signé Roger Peyrefitte.

 

<< Je viens de découronner ou couronner une jeune pouliche dodue, parfaitement complaisante, à la vulve élastique et qui promet (la vulve). Elle s'est laissé faire avec courage. Par ailleurs, elle a fait marcher ses grandes eaux deux fois en trois quarts d'heure, ce qui est très bien. >> dimanche 1938

Lettre de Montherlant à Peyrefitte dans laquelle en langage codé mais pas très difficile à décrypter, il raconte sa première fois avec Doudou...

 

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Doudou chez Henry de Montherlant parmi les antiques de l'écrivain, été 39?

 

<< Egermeier, surnommé l'aiglon, en référence à son totem scout, a réalisé plusieurs centaines de clichés pour ce livre, dont 87 seront finalement retenus. Parmi les jeunes modèles du tchèque figurent les amis en titre des deux hommes, Roland, Edouard et Jacques P.>> Antoine Delery - Roger Peyrefitte, le sulfureux -

Que Doudou et Roro qui ne sont pas sportifs aient posé pour le livre fait dire à Montherlant qu'en France tout est faux. 

D'après Sipriot Doudou est le jeune footballeur, illustration 163 de la page 99 de l'album Montherlant de La Pleiade, pourtant ce garçon ne ressemble pas à celui qui joue avec les antiques de l'écrivain dans les deux clichés immédiatement ci-dessus.

 

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Doudou chez Henry de Montherlant, été 39 ?

 

Lorsqu'à l'été 1940 après l'exode Montherlant se retrouve à Marseille sans nouvelle de la famille N, ni de Roger Peyrefitte qui les avait sous sa garde, il est dévoré d'inquiétude. << Le 17 juillet, Montherlant reçoit enfin une lettre qui le rassure. Ils sont vivants. Aussitôt Montherlant écrit à un ami en grosse lettre qui occupe toute la page: JE PLEURE DE JOIE. "Tous les miens sont retrouvés SAUF, en zone non occupée (assez près d'ici). Joie folle mais je n'ose encore.>>

<< Les N sont à Tulle et sans subsides. Montherlant pourvoit aux frais d'entretien et de voyage. Il veut faire plus: les adopter... Il écrit à Roger Peyrefitte le 21 juillet: "Je compte m'attacher davantage à cette famille et vous conseille de faire de même. >> Pierre Sipriot - Montherlant sans masque -

 

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Après une sombre affaire judiciaire où la mère est impliquée à Tulle. Les retrouvailles avec les deux garçons seront décevantes 

 

<<  Montherlant vivra plusieurs années en intimité avec cette famille. En 1940-1941, il vivra pendant plusieurs années avec cette famille à Nice. lui à l'hôtel de Berne, la mère et les enfants dans un meublé, avenue Georges Clémenceau. Dans les premiers mois de 1941, Montherlant va deux fois par semaine voir Doudou et Roro qu'il trouve mal élevés. Quand ils se chamaillent pas avec lui, ils conspirent pour le ruiner. C'est vraiment encore la famille sauterelle qui dévore tout >> Pierre Sipriot - Montherlant sans masque - 

 

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Roro, vraisemblablement au Tuilerie, hiver 38-39

 

<< Depuis octobre 1941 Montherlant a rompu avec la famille N., "grossière, insolente, inintelligente". La 1, (c'est à dire édouard) dont Montherlant parle toujours au féminin (comme de toutes ses conquêtes) ne me laisse aucun regret. Il n'en est pas de même de la 2 (Robert) avec qui je ne m'ennuyais jamais.">>. Pierre Sipriot - Montherlant sans masque -

 

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Montherlant reverra néanmoins la famille N. jusqu'au milieu de 1942.

 

<< "Fils de personne", il y a un roman de deux cent pages que Montherlant a voulu publier en 1942. Mais ce père et fils est le journal de sa vie difficile avec la famille N. à Nice en 1940 et 1941...>> Pierre Sipriot - Montherlant sans masque -

On retrouve des échos des heurts entre Montherlant et Doudou à la fin de leur relation dans la pièce Demain il fera jour.

Quant à Roger Peyrefitte il "quittera" Roro pour Jacques de P. Mais c'est une autre histoire...

 

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Doudou sur les bords de Seine, été 39?

 

P.S.

1-Je remercie chaleureusement J.P. de C. qui m'a fait découvrir ces photos inédites d'Egermeier et qui m'a permis de les publier sur mon blog.

2-Je les ai légendées avec des extraits de plusieurs ouvrages racontant l'aventure amoureuse de Roger Peyrefitte et d'Henry de Montherlant avec Roro et Doudou...

3- Par le biais de mon e-mail personnel un fidèle lecteur, Guillaume van der Molen m'envoi ce commentaire: << Enfin, pour avoir une idée des deux frères nous ne dépendons plus seulement des remarques de Sipriot. On trouve des images de Roro et Doudou dans "Paysage des Olympiques" de Montherlant aux pages 6 et 7 de l'album (Doudou selon moi aussi aux pages 3, 4 et 11 et Roro aussi page 79). Grand merci au propriétaire de ces photos d'avoir voulu les partager avec nous ! >>. Grâce à ce judicieux commentaire sur lequel je suis entièrement d'accord, on s'aperçoit que Sipriot s'est trompé le footballeur de l'album Montherlant n'est pas Doudou mais un autre garçon dont la photo est en haut de la page 10 du Paysage des Olympique, alors que celle où figure Doudou est en bas de la même page!

COMMENTAIRES Lors de la première édition du billet

Superbe trouvaille ! Merci pour le partage !
On peut imaginer...les garçons encore de ce monde...
Dans le beau fauteuil empire, en septembre 1972,
Henri de Montherlant songea t il à Doudou ou Roro ... ?
COMMENTAIRE N°1 POSTÉ PAR BRUNO IL Y A 3 JOURS À 16H42

S'ils sont encore de ce monde j'espère qu'ils me contacteront pour apporter leurs pierres à l'Histoire littéraire. 

Bravo pour l'acuité de votre regard c'est en effet dans ce fauteuil que le 21 septembre 1972 Henry de Montherlant se suicida. Peut être qu'un jour un biographe inspiré partira de ce fauteuil pour nous raconter la vie étrange d'Henry de Montherlant qui a beaucoup joué avec les masques sa relation avec Doudou n'en est pas dénués, voulant être à la fois père, amant, mentor toujours en quête d'affection... 

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS IL Y A 3 JOURS À 16H57
Photographies et histoire incroyables! Merci!
COMMENTAIRE N°2 POSTÉ PAR ALEXEI AVANT-HIER À 03H23

Ces photographies sont une extraordinaire trouvaille qui illustre et contribue un peu à l'histoire littéraire. 

Cette histoire des relations des deux écrivains avec ces deux garçons était bien connue. Je n'ai fait qu'un montage de citations et d'extraits de textes qui se trouvent dans différent livres, tous assez facilement trouvable.  

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS AVANT-HIER À 07H21
Merci de tout coeur cher Bernard, pour la publication de ces documents qui sont effectivement de première importance pour l'histoire littéraire.
COMMENTAIRE N°3 POSTÉ PAR ANTOINE2LAROCHELLE AVANT-HIER À 16H27
Sipriot -ou Saint Robert...-écrit aussi quelque part, que jamais, Montherlant ne reçut de garçons quai Voltaire...
Amusant
COMMENTAIRE N°4 POSTÉ PAR BRUNO AVANT-HIER À 17H22

Il serait bien de trouver la référence. Cela doit être Saint Robert. Sipriot étant moins niais. 

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS AVANT-HIER À 19H09
Ma mémoire est défaillante :
Correspondance Montherlant / Peyrefitte
page 41, note signé RP
..."Quai Voltaire, où il habita après 1939, il ne reçut jamais aucun d'eux. Sa garçonnière, bien digne de ce nom; était rue de V."...
Rue de Verneuil, donc selon Sipriot
Encore merci pour ce superbe billet
COMMENTAIRE N°5 POSTÉ PAR BRUNO AVANT-HIER À 20H26

merci pour cette utile précision que je vais inclure à l'instant dans le billet. 

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS AVANT-HIER À 22H29

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