Hubert Robert au Louvre
Exposition superbe au Louvre d'Hubert Robert (1733-1808) immanquable pour tous les amoureux de la Rome antique et de ses ruines, même s'il est bien injuste de ramener ce grand artiste à ce seul sujet. D'autant qu'Hubert Robert est tout autant dessinateur que peintre et graveur. Mais il est bien plus que cela : il est aussi créateur de jardins et conservateur du Muséum central des arts, le futur Musée du Louvre.
Mais c'est tout de même les tableaux de ruines romaines qui retiennent l'attention. Si l'artiste s'est formé à Rome durant une dizaine d'année, la plupart des tableaux qui sont inspirés de son séjour sont plus des rêves d'architecte que des élévations scrupuleuses des monuments antiques.
L'exposition présente toutes les facettes de ces talents en 140 œuvres (dessins, peintures, esquisses peintes, gravures, peintures monumentales, ensembles décoratifs et mobilier). Tout cela est présentés au public jusqu'au 30 mai 2016.
L'accrochage et l'éclairage sont satisfaisants. Les cartouches sobres et informatifs. On peut cependant regretter que dans cette présentation qui mêle habilement le thématique et le chronologique, qu'il n'y ait presque rien pour nous renseigner sur la biographie du peintre, sinon que la lame de la quillotine passa bien près de sa tête en 1793. Pour en savoir plus sur l'homme il faut acquérir le superbe catalogue (cher, 49€ et lourd mais je n'ai pas pu résister.). Compter au moins 2heures trente pour vous perdre avec bonheur dans les ruines d'Hubert Robert
Curieusement c'est un portrait d'Hubert Robert par Elisabeth Vigée-Lebrun, sa contemporaine et grande amie, qui ouvre l'exposition.
"Les cascatelles de Tivoli" (1762)
"Personnages dans une baie à Saint-Pierre de Rome" - détail - 1764 (Musée de Valence)
"La lingère" directement inspirée de Fragonard (1761)
"Le port de Ripetta". n'en cherchez pas les restes à Rome,C'est ce qu'on nomme un "caprice architectural" comme le peintre aimait à en inventer :
"Caprice architectural avec un canal" - 1783 (Musée de l'Ermitage)
"Les découvreurs d'antiques", détail, 1765 (Musée de Valence)
"L'ancien portique de l'Empereur Marc-Aurèle" (Musée du Louvre) qui est une complète invention
"L'obélisque brisé autour duquel dansent des jeunes filles" - 1798, si on fait son raisonneur on peut se demander comment le musicien a fait pour graimper aussi haut!
"La Bastille dans les premiers jours de sa démolition" - 1789 (Musée Carnavalet). Contrairement à son amie Vigée-Lebrun, Hubert Robert, alors qu'il était un proche du pouvoir n'a pas fui Paris à la Révolution. Il est emprisonné en 1793 et n'aura vraisemblablement la vie sauve grâce à la chute de Roberpierre.
"La violation des tombeaux des Rois dans la Basilique Saint-Denis" - 1793 (Musée Carnavalet)
"Le ravitaillement des prisonniers à Saint-Lazare" - 1794 (Musée Carnavalet)
bien malgré lui Hubert Robert était "sur le motif", il a laissé ainsi un reportage sur le vif de la condition des prisonniers durant la Révolution. Lors de son emprisonnement la peinture a sans doute été pour Hubert Robert une sorte de dérvatif.
les travaux de démolition des maisons sur le Pont au Change
Le peintre avait aussi conçu un service de porcelaine destiné à la Laiterie de Marie-Antoinette à Rambouillet !
Bol-sein (Manufacture royale de Sèvres)
il a aussi dessiné pour cette laiterie du mobilier pour le célèbre ébéniste Georges Jacob...
"Projet pour la transformation de la Grande Galerie du Louvre" - 1796
la même galerie quelques siècles plus tard...
"Vue imaginaire de la Grande Galerie" - 1796
Le grand jet d’eau de la Villa Conti (aujourd’hui villa Torlonia) à Frascati, près de Rome. 1761.
62,5 x 47. Musée des Beaux-Arts, Besançon























