La main de dieu un film de Paolo Sorentino
A travers le roman d’apprentissage du jeune Fabietto, 16 ans, dont on devine qu’il est plus ou moins un double du jeune Paolo Sorentino qui est né à Naples en 1970, joué par l’adorable Filippo Scotti, Sorentino offre un manifeste amoureux à Naples et à sa baie comme Fellini l’avait fait à Rome avec Roma-Fellini. Sorentino revendique l’héritage du maestro, mettant en toile de fond du joli Fabietto une galerie de gueules felliniesques à souhait, avec entre autres phénomènes, l’inévitable énorme matrone gélatineuse. On se demande comment une telle famille de monstres, tant au physique qu’au mental, a pu engendrer une aussi appétissante créature que Fabietto dont on peut presque juger la très agréable plastique puisqu’on l’aperçoit fugitivement nu. Les mystères d la génétique sont insondable. On assiste également au dépucelage du garçon, dépucelage qui semble sorti de deux films de Fellini, soit dans Casanova ou encore dans le Satyricon.
La main de Dieu se déroule sur un an, du Mondial 86 gagné par l'Argentine au premier titre du Napoli l'année suivante, grâce au talent de Maradona qui redonna sa dignité à une ville souvent mal aimée des italiens. La main de Dieu est un hommage à sa ville natale mais aussi aux personnes qui ont marqué et fait entrer le jeune Sorentino dans l’âge adulte son père et sa mère, d'autres femmes de la famille, une voisine initiatrice, un contrebandier et le metteur en scène Antonio Capuano. La première partie est hilarante et délicieusement bancal , les scènes ont un peu de mal à s’emboiter les unes dans les autres, alors que la deuxième partie est plus fluide et très émouvante. Dans laquelle on voit Fabietto fasciné par le cinéma et le théâtre, sentir sourdre en lui une vocation qui ne demande qu’à s’exprimer.
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Les comparses de Filippo Scotti n’ont pas, pour la plupart que des tronches impossibles, ce sont aussi de formidables acteurs en particulier Toni Servillo, exceptionnel dans le rôle de son père de Fabietto dont le décès, conjoint à celui de son épouse va constituer le point de bascule du film qui passe alors du rire aux larme dans la grande tradition du cinéma italien que l’on craignait perdu. Sorentino l’a ressuscité.
On peut regretter que le film ne sorte que sur Netflix en France, les images de Naples et de ses environs sont splendides et auraient mérité le grand écran.
Comment ne pas être heureux devant ce film puisqu’il nous offre les deux plus belles choses du monde la baie de Naples et un beau garçon…









