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Nils Asplund

2 Août 2025, 06:43am

 

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AVEC FLOC'H LES DONATEURS SONT DANS L'ESCALIER

2 Août 2025, 06:42am

Le Musée des Arts Décoratif a eu la géniale idée de demander à Floc'h de portraiturer ses mécènes pour égayer l'escalier qui conduit d'une exposition à une autre... 

 

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Paris, février 2012

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Boxe thai à Phuket (1)

2 Août 2025, 06:36am

Phuket, Thailande, avril 2025, photo B.A

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Les plages de Portimao

1 Août 2025, 06:38am

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Portimao, Algarve, Portugal, juillet 2021

 

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LA MONTAGNE DE FEU D'ALFRED COPPEL

1 Août 2025, 06:37am

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Tout lecteur de « La montagne de feu » doit avoir une date en mémoire celle du 6 aout 1945 qui vit les américains lancer leurs bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. Dans le roman d'Alfred Coppel (1921-2004), le 16 juillet 1945 un violent orage détruit la bombe atomique américaine lors de son ultime essai avant son utilisation. C'est cette date du 16 juillet 1945 qui est la date de divergence avec l'histoire que nous connaissons.

La dédicace de l'ouvrage: << Aux milliers d'habitants d'hiroshima et de Nagasaki qui ont perdu la vie à la place des millions d'hommes et de femmes qui auraient trouvé la mort au court de l'opération Coronet.>> doit alerter le lecteur sur ce qu'il va lire car elle justifie ce qu'a toujours mis en avant le pouvoir américain que l'utilisation de l'arme nucléaire en faisant abréger la guerre aurait économisé de nombreuses vies. Le roman est paru aux Etats-Unis en 1982 et en France, aux éditions Mazarine en 1984.

Tout l'art du romancier uchronique est de donner chair à son alternative historique. Pour cela le choix de héros imaginaires et souvent des sans grade de l'Histoire, aide grandement à la crédibilité de l'entreprise. Car il est extrêmement difficile de faire parler dans un roman des figures célèbres de l'Histoire mais par exemple Philip Kerr y parvient très bien. C'est donc le choix de prendre pour héros des personnages sortis de son imagination, même si l'on voit passer Truman, McArthur et quelques autres figures historiques qu'a embrassé Alfred Coppel. On suit tour à tour des combattants américains et japonais. L'auteur nous immerge alternativement dans les deux camps antagonistes où nous découvrons des caractères très différents.

La bonne idée de Coppel a été de choisir parmi ses personnages principaux américains deux militaires ayant de fortes attaches avec le Japon.

On partage le quotidien de cette guerre aussi bien avec des soldats du rang qu'avec des officiers, on est tantôt dans les airs avec des kamikazes, tantôt sur la mer dans les navires américains à moins que ce soit dans une casemate où des soldats nippons sont abandonnés face à l'armada américaine.

L'auteur alterne « des plans larges » dans lesquels il explique clairement les stratégies militaires de part et d'autre et « les gros plans » qui nous font partager l'intimité de différents soldats.

Coppel parvient a bien exposer la fracture qui existait dans la classe dirigeante japonaise entre ceux qui désiraient arrêter la guerre et ceux qui voulais que chaque japonais se batte jusqu'à la mort.

Si ce livre est ouvert par un lecteur ignorant tout du dénouement de la seconde guerre mondiale dans le Pacifique, il aura le sentiment de lire un excellent roman de guerre tenant à la fois de « Mer cruelle », de « La 13 ème vallée » et du « Grand cirque », ce qui n'est pas rien. A propos de ce dernier livre, les rapports avec « La montagne de feu » ne sont pas entièrement fortuits, puisque Alfred Coppel, de son nom complet Alfredo Jose de Arana-Marini Coppel,a été pilote de combat (tout comme Pierre Closterman) dans l'US Air Force durant la seconde guerre mondiale, ce qui explique l'impression de vécu de nombreuses pages du roman.

Après sa démobilisation, Coppel a entamé une carrière d'écrivain, devenant un auteur prolifique pour les pulps (sa première histoire de science fiction était « L'âge de la déraison » paraît en 1947 dansAmazing Stories) dans les années 50 et 60. Il a écrit sous les pseudonymes de Robert Cham Gilman et de A.C. Marin. Romancier prolifique Il a écrit des récits policiers, d'action et de science-fiction (romans et nouvelles). A ma connaissance « La montagne de feu » semble être son seul roman traduit en français; ce qui est bien dommage si ses autres ouvrages sont de la qualité de celui-ci.

Tout comme dans l'autre formidable uchronie sur la guerre du Pacifique, le manga Zipang de Kawaguchi, on en apprend beaucoup sur ce conflit dans « La montagne de feu ».

Coppel qui semble aussi bien connaître la civilisation japonaise que l'américaine a tout de même tendance à caricaturer la psychologie nationale des deux pays. En revanche il montre très bien les ravages fait dans les esprits par la propagande de part et d'autre. Il nous fait entrer dans l'esprit de ces japonais pour qui se sacrifier pour l'empereur était leur devoir (deux mangas remarquable traitent de ces soldats suicides: Tsubasa et L'ile des téméraires). On voit également l'absurdité de ce sacrifice sur le plan militaire. Il nous décrit aussi des soldat japonais assez loin de cette totale abnégation, un peu comme nous le montre Mizuki dans son manga autobiographique « Opération mort »/ Le pacifisme de l'auteur le conduit à ce que nombre de ses personnages connaissent des morts particulièrement absurdes.

L'écriture très vive et précise fait que l'on s'attache à tous les personnages, qui pourtant pour certains apparaissant que d'une façon éphémère, alors que nous en retrouvons d'autres plusieurs fois.

Le roman repose sur une connaissance historique sans faille. Coppel s'appuie sur les archives nationales américaines car si l'opération Coronet n'a jamais été mis en oeuvre, rendue inutile par la reddition des japonais, elle existe néanmoins sous la forme d'études d'état major, de même que la défense Ketsu-go des japonais face à une invasion virtuelle se trouve dans les archives de guerre du gouvernement japonais.

Le livre a été soigneusement édité. Il bénéficie d'une bonne traduction de Françoise et Guy Casaril, d'un glossaire de termes japonais et d'une bibliographie. Il manque juste une carte de la région où a (aurait) eu lieu le débarquement américain au Japon.

La prochaine fois que je me rendrais au sanctuaire Yasukuni où se rassemble selon la tradition, les esprits des guerriers morts honorablement au service du Japon, je serai encore un peu plus ému que la dernière fois.

Ceux qui ont vu le magnifique film de Clint Eastwood, « Lettre d'Iwo Jima » retrouveront avec le roman de Coppel une approche semblable face à la guerre et à la mentalité japonaise.

En parvenant magistralement à humaniser son uchronie Alfred Coppel, il ose même une émouvante romance à la madame Butterfly, a réussi un des chefs d'oeuvre du genre à mettre aux cotés de « Pavane » et des « Iles du soleil »

 

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Nota: Il y a d'autres romans sur ce même thème, mais je ne les ai pas lu et ne sont pas traduit en français, tel Storming Paradise, par Chuck Dixon (2009): la première bombe atomique au Trinity College a explosé prématurément, tuant d'éminents physiciens nucléaires tel que Robert Oppenheimer. Cela force le président Truman a lancer l'invasion sanglante alliée du Japon dans l'opération Downfall. On peut encore citer « Macarthur's War par Douglas Niles and Michael Dobson, Lighter than a Feather par David Westheimer (1971), The Bomb That Failed (British, The Last Year of the Old World) by Ronald W. Clark (1969) et 1945 by Robert Conroy (2007). A l'inverse quelques livres montrent le Japon vainqueur comme dans le célèbre « Maitre du haut château » de Dick ou « The Bush Soldiers » by John Hooker dans lequel les japonais ont investi l'Australie.

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Louise Bourgeois au Centre Pompidou

1 Août 2025, 06:36am

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Il me parait indispensable pour apprécier une oeuvre auto proclamée autobiographique, comme celle de Louise Bourgeois, d’avoir quelque empathie avec l’artiste. Et bien je n’en pas la moindre avec cette incontestable créatrice de forme. Rien n’est plus loin de moi que cette macération dans de vieilles haines recuites pour son père, que cette alternance de famille je vous aime, famille je vous hait, que ce repli sur soi nombriliste dans l’humidité féminine qui a pour conséquence semble-t-il à la longue le rejet de tous ses proches, que cette attirance morbide pour la décomposition et les reste avec pour curieux corollaire cet acharnement à vivre quelque en soit la douleur. De toutes ces obsessions Louise Bourgeois s’en repaît depuis près de soixante dix ans. Elles nourrissent son oeuvre et sont ses meilleures viatiques pour la postérité. J’aurais vu jusque là peu d’expositions aussi dérangeantes. Celle-ci l’est éminemment par la crudité des œuvres montrées et la totale impudeur de leur créateur. On a l’inconfortable sentiment d’être en présence d’objets rituels d’une religion dont Louise bourgeois serait à jamais l’unique grande prêtresse. Du fouillage névrotique de son inconscient a accouché une oeuvre aux expressions multiples dont la plus achevée est la sculpture mais donc l’unique sujet est Louise Bourgeois.
 

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L’exposition rassemble dans trois espaces du Centre Pompidou près de deux cent pièces, peintures, sculptures, dessins, gravures, installations qui s’échelonnent sur une période allant de 1938 à 2007. On est accueilli dans le hall du musée par la grande araignée de bronze qui gambadait avec plus d’aisance dans celui de la Tate modern il y a quelques années... Au troisième niveau on trouvera ses dessins les plus récents, sortes d’exorcisme de la décrépitude alors que le gros de la rétrospective est au sommet du centre.
Comme elle le dit sans ambages toute son oeuvre est née des souffrances de l’enfance. Elle n’aura de cesse que de recréer par des moyens divers,  ces années, pourtant selon elle malheureuses, en posant sur elles un regard morbide. Voilà la version officielle qu’est donné de son enfance. << A l’âge de 11 ans Louise Bourgeois dessine les parties manquantes des tapisseries que restaurent ses parents dans leur atelier de Choisy-le-roi. Elle grandit dans un univers féminin de couturières, parmi les pelotes de fils et les aiguilles. Sa mère pragmatique et “féministe” dirige le travail, tandis que son père collectionne les antiquités et court le jupon. Il introduit dans la maison sa maîtresse, une jeune anglaise engagée comme gouvernante auprès des enfants. Cette double trahison, qui met en péril l’équilibre familial, perturbe profondément la jeune Louise qui se sent manipulée par les adulte. Une faille s’ouvre...>>. Cette enfance et sa posture vis à vis d'elle à quelque chose à voir avec celle de Céline...
 

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Voilà des fautes qui me paraissent bien bénignes pour avoir enfanté une telle haine du père qui se matérialisera en 1973, soit trente cinq ans après avoir quitté ce père honni, par la sculpture “The destruction of the father”; une figure aliénesque qui ferait passer les monstres de Giger pour des reproductions d’aimables animaux de compagnies. Devant cette pièce d’une force aussi incontestable que dérangeante on ne peut que soupçonner que la lisse biographie de la jeunesse ne soit que calembredaines. On pense immédiatement plutôt à une relation incestueuse entre le père et la fille faite d’attirances et de répulsions. Il faut tout de même rappeler qu’elle rencontre son futur mari, Robert Golwater un historien d’art spécialisé dans le primitivisme qui l’ emmènera à New York dans << la petite galerie qu’elle ouvre avec son père, boulevard Saint Germain>>.
On peut voir toute cette exposition comme un gigantesque exorcisme. On remarquera plusieurs petites figurines percées de clous...
 

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La rétrospective fait silence sur les années françaises et la formation de l'artiste. Il me semble qu’il n’est pas pourtant inutile de savoir que Louise Bourgeois a fait des études de mathématiques à la Sorbonne de 1932 à 1935. A partir de 1936, elle suit des cours de dessin et fréquente l’Ecole du Louvre et les Beaux Arts de Paris.
Les début sont marqué par l’autoportrait (mais son oeuvre n’est elle pas qu’un autoportrait proliférant?) d’abord sous forme de dessins, cela sera la seule période où l’extérieur sera présent. Elle se représente volant au dessus d’un gratte ciel (son atelier est alors situé sur la terrasse d’un immeuble) et dans un autre dessin en femme gratte ciel. C’est une première représentation de la “Femmes-Maison” qui prendra bien d’autres formes.
Elle fait sa première exposition personnelle en 1945 à New-York. En 1951 elle prend la nationalité américaine. Elle représentera e 1993 les Etats Unis à la Biennale de Venise.
Les années cinquante est la seule période qui semble lumineuse. Ce qui est pourtant en opposition avec ses déclarations: << J’ai adopté cet endroit en plein air (la terrasse déjà mentionnée ) et j’ai recréé tous les gens que j’avais laissés en France. ils étaient massés les uns contre les autres; ils représentent tous les gens dont je n’aurais pas admis qu’ils me manquaient. Je ne l’aurais pas admis, mais le fait est qu’ils me manquaient terriblement.>>. Elle sculpte des totems dans du bois, du balsa, le bois des réservoirs d’eau de New-York, qu’elle peint ensuite, ou elle assemble des morceaux de bois  de récupération (du bois flotté?) pour en faire des “personnages longilignes”. Elle dispose ensuite ces “figures” en groupe. Le résultat est à la fois presque joyeux et rassurant. Ces ensembles totémiques présentent une parenté avec les totems de Chaissac .
 

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Suivent des séries de très belles petites sculptures en marbre ou en bois aux formes pures très inspirées de Brancusi  qui sont des variations presque abstraites sur le corps.
 

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Malgré ses thèmes récurrents Louise Bourgeois a su constamment leur donner des formes différentes en particulier par l’emploi de matériaux inattendus comme le latex ou la tapisserie, réminiscence évidente de l’enfance. Ainsi dans les travaux des années 60 pendant lesquelles elle élabore des nids, des tanières, des refuges dans les matériaux les plus divers ou beaucoup plus recemment ses têtes inquiétantes en tapisserie ou bandes velpeau.
 

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A ce stade de l’exposition on a vu un ensemble de pièces qui forme un parcours dans la sculpture moderne, du minimalisme au surréalisme. On y a reconnu les influences de Brancusi mais aussi celles de Picasso, de Bellmer  et d’Etienne Martin , les nids de Louise Bourgeois cousinent avec les demeures de ce dernier.
Mais la découverte de la salle 4 provoque un choc. Nous sommes projeté dans l’antre d’un serial killer, écorcheur, adepte du bondage. Ce n’est pas sans répulsion que je me suis campé devant la vitrine dans laquelle pendouillaient des formes phallique. J’ai été saisi d’un profond malaise devant ces substituts de sexe, pour moi menaçant. Cet ensemble a pour postérité aujourd’hui dans l’esprit et dans la forme les sculptures dégoulinantes d’Elsa Sahal ...
 

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Dans la même salle, plus aimables mais aussi complexes et à connotations tout autant sexuelle sont les “soft landscapes” composés de champignons, de rotondités, de bosses qui évoquent seins et sexes, tétons et glands. Ils sont réalisés en divers matériaux latex, albâtre, marbre... du plus mou au plus dur. Cette nature anthropomorphe est on ne peu plus érotique...
 

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L’araignée est une des figures récurrentes de l’expositions et donne les pièces les plus spectaculaires. Elle évoque la figure maternelle comme le déclare Louise Bourgeois: << Pourquoi l’araignée, parce que ma meilleure amie était ma mère, et qu’elle était aussi intelligente, patiente, propre et utile, indispensable, qu’une araignée.>>. 
Le sentiment de grande gène sera renforcé par les grandes poupées humaines recouvertes de tissus rose, certaines unijambistes ou dotés d’un appareillage orthopédique en souvenir d’une soeur estropiée. Deux séries à mettre sans conteste sous le parrainage de Bellmer.
 

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Dans les années soixante dix Louise Bourgeois est sous l’emprise du féminisme. Ce qui nous vaut une étonnante sculpture d’un homme en bronze doré se convulsant par là l’artiste voulait signifier que l’ hystérie n’était pas l’ apanage des seules femmes! Quant à moi cette figure lisse, pourvu d’un bon paquet, m’a immédiatement fait penser à un super héros de comics vaincu, même suspension dans les airs, la salle d’exposition devient case, même posture outrée que chérissent les dessinateurs de bandes dessinées.
 

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En 1973, son mari meurt, elle le vit comme une trahison de sa part qu’elle exprime par une installation que je trouve peu convaincante. Mais cette réaction est typique de son rapport avec le monde (ou avec les hommes?). Ce serait elle senti trahi quand son père aimait une autre femme que sa mère (ou elle?)? Elle a aussi cette impression de trahison lorsque elle constate que son fils communique peu avec elle, comme elle le déplore dans un de ces dessins. Au vu de son expression artistique on peut subodorer que cela ne devait pas aider le jeune homme à s’épancher dans son giron! Il est difficile de ne pas voir dans ces curieuses réactions un égocentrisme exacerbé.
On n’est pas au bout du malaise car avant de retrouver le ciel salvateur de Paris, Le musée à cet étage offre peut être la plus belle vue de Paris que l’on puisse voir, il faut traverser les installations, en 1950 elle a été une des premières artistes à en réaliser, les cellules comme les appelle Louise Bourgeois, sans doute pour mieux emprisonner ses propres démons. Elle y évoque son passé à l’aide d’objets hétéroclites qu’elle enferme tantôt par des jeux de vieux paravents, tantôt par des panneaux grillagés. On pense alors beaucoup aux dernières réalisations de Rauschenberg .
 

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Sans doute pour ne pas nous laisser partir sur une vision aussi sombre la dernière installation est plus ludique et plus claire, il s’agit d’une représentation d’un être à tous les âges de la vie, sous forme de poupées de chiffon placées devant un miroir déformant.
 

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Une exposition inconfortable mais inoubliable.  

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Paris, 2008, photo B.A
 

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JEUX D'OMBRE SUR LE CORPS NU D'OLIVIER SUR MON BALCON

1 Août 2025, 06:34am

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La Varenne, été 1983

 

 

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LE CONFORMISTE DE BERNARDO BERTOLUCCI

1 Août 2025, 06:33am

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Italie, 1970, 110 mn

 

Réalisation: Bernardo Bertolucci, Scénario : Bernardo Bertolucci, adapté du roman d'Alberto Moravia, 

 

avec: Jean-Louis Trintignant, Stephania Sandrelli, Dominique Sanda, Pierre Clémenti, Gastone Moschin, Fosco Giachetti, Yvonne Samson, Jose Quaglio

 

Résumé

 

Nous découvrons Marcello Clerici (Jean-Louis Trintignant), au début du film, à la période la plus dramatique de sa vie, lors d’un voyage à Paris en 1937 avec sa femme, Giulia (Stephania Sandrelli). Sous couvert d'une visite touristique, ce voyage a en réalité pour but de faire assassiner par des nervis fascistes un leader antifasciste réfugié en France. Il s’agit de Quadri, l’ancien professeur de droit à l’université de Rome, de Marcello. Ce dernier prend contact avec son ancien maître. Il le met en confiance ce qui permet le guet-apen dans lequel le professeur tombe. Ann (Dominique Sanda), la femme de l’exilé, fait des avances à Clerici, car elle n’est pas insensible au charme de...Giulia. De son coté Clerici s’éprend d’Ann. Il veut renoncer à son noir dessein. Il ne prend finalement aucune décision et participe au traquenard. Les époux Quadri sont sauvagement assassinés sur une route de montagne. On apprend que si Marcello est devenu cette brute fasciste c’est parce qu’il a été violé à dix ans par le chauffeur de ses parents (Pierre Clementi, que Bertolucci avait déjà fait tourner en 1969 dans Partner) et qu’il croit avoir tué d’un coup de révolver. 

 

 

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Quelques années après les évènements, relatés précédemment,  Marcello assiste à Rome à l’effondrement du fascisme, par hasard il retrouve le chauffeur qu’il croyait avoir tué.  Il est devenu une espèce de clochard décavé à la beauté détruite mais au charme intact (Par une prescience inquiétante Bertolucci donne dans ce film un raccourci de la vie du vrai Clémenti dans ces scènes que l’on ne peut revoir sans éprouver un profond malaise). Marcello retournant sa veste aussitôt, il  s’empresse de dénoncer ses anciens compagnons. Clerici sera tué lors d’un bombardement aérien après la chute de Mussolini.

 

 

L'avis critique

 

Le film veut démontrer que le désir de conformisme social chez Marcello, son mariage avec une femme terne mais bourgeoise, son adhésion au fascisme, puis à l’antifascisme... n’est dicté que par la volonté de fuir le souvenir humiliant (pour lui) du viol et de combattre son homosexualité frustrée ou plutôt latente, assez voisine à celle du personnage du "Fanfaron" que jouait également jean-Louis Trintignant.

Alors que le roman éponyme de Moravia, dont le film de Bertolucci est l’adaptation, raconte la vie de Marcello Clerici de l’enfance à la mort d’une manière linéaire et chronologique, le cinéaste brise cette continuité pour la recomposer par de multiple aller et retour temporels privilégiant l'enfance et l’épisode tragique qui sera le noeud de sa vie.

 

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La morale, la vulgate marxiste était à son apogée dans ces années 70, si l’on peut dire de tout cela, est assez répugnante. Elle subodore que lorsque l’on a été violé à dix ans (On se demande de quoi se plaint ce sale gosse, en 1970 être sodomisé par Pierre Clémenti était un fantasme très largement répandu quelque soit le sexe et l’âge) on devient automatiquement un tortionnaire fasciste à trente! On pense bien sûr beaucoup a la célèbre nouvelle de Jean-Paul Sartre, contenu dans le recueil Le mur,L’enfance d’un chef. Pourtant contrairement à l’oeuvre de Sartre, Bertolucci, qui a quelque peu dénaturé l’oeuvre de Moravia, ne dépeint pas un archétype mais cisèle seulement le portrait d’un opportuniste particulièrement veule.

Un grand soin est porté au décor, ce qui apparente Bertolucci à Visconti. Bertolucci s’acharne à retrouver le charme des anciens magazines; il traite la couleur comme dans les cartes postales 1900 et s’attarde à combiner de séduisants effets en s’inspirant du cinéma d’avant-guerre. Il ne manque pas un meuble d’acajou, pas un bibelot modern-style pour ponctuer l’espace daté d’un bureau, d’un appartement, et le gigantisme architecturale officiel capté en plongée ou en contre-plongée suffit à dénoncer la mégalomanie gouvernementale.

La couleur est également très étudié, le film à la forme éclatée, joue avec virtuosité des perspectives, des couleurs (tout un travail sur le jaune orangé) d’effets de montage qui cassent la narration et d’une construction en flash-back et en flash-forward. Ce formalisme extrême peut irriter mais aussi fasciner. Il vise à la représentation pure et dissèque de façon troublante les motivations d’un homme intelligent et ironique qui choisit la bêtise et le fascisme pour des raisons qui s’opacifient au fur et à mesure qu’elles sont dévoilées.

Le film, si le titre n’avait pas déjà été pris, aurait du s’appeler l’amoraliste. Jean-Louis Trintignant réussit le tour de force de rendre attachant ce parfait dégueulasse. Mais c’est l’image de Pierre Clémenti qui restera toujours gravée dans les mémoires lorsque, chauffeur-garde du corps du héros, il retire sa casquette de chauffeur de maitre et que ses longs cheveux cascadent sur ses épaules, transformant le policé et froid larbin en une gouape des faubourgs à la beauté subjuguante et vénéneuse à la fois.

Dans le Combat dans l’ile Jean-Louis Trintignant joue un jeune fasciste, membre d’un groupe terroriste, le film est de 1961, on pense à l’OAS, très proche psychologiquement du personnage du Conformiste. Trintignant se plait à pervertir son image sage et rangée, sa normalité, en interprétant des personnages tortueux, voire carrément psychopates, à faire éclater la perversité latente des bourgeois les plus conformes, c’est la dualité génialement perçue par Bertolucci dans Le conformiste, dont on retrouve une forme mineure, humoristique, dans un film comme Eaux profondes de Michel Deville. Sa douceur et sa passivité font ressortir de façon étonnante la violence froide de ces héros criminels aux visage d’ange. Cet art du chaud-froid, est très rare dans le cinéma français. Il est plutôt l' apanage des acteurs anglo-saxons.

 

 

 

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