Les faux-monnayeurs un téléfilm de Benoit Jacquot
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Essayons d'évacuer la question de l'adaptation, sachant que c'est impossible, le film étant tiré des « Faux monnayeurs », une des oeuvres maitresses d'André Gide. Tentons néanmoins de regarder l'objet filmique que nous avons sous les yeux en s'efforçant d'oublier l'oeuvre originale. Ceux qui suivent ce blog, et surtout les rares qui prennent la peine de lire les textes, savent que les problèmes de chronologie et de datation dans les fictions me préoccupent et que des erreurs dans ces domaines, ou des anachronismes, suffisent à dissoudre mon attention sur ce que je lis ou regarde...

Le film de Jacquot à ce propos commence mal. Beaucoup de lecteurs du roman de Gide se souviendront qu'il a été écrit entre 1919 et 1925. Dans la première scène lorsque Edouard (joué par Melvil Poupaud, qui tourne pour la deuxième fois sous la direction de Benoit Jacquot, seize ans après « La Vie de Marianne ») reluque un lycéen ( je dirais plutôt un collégien) qui tente de voler un livre dans la boite d'un des bouquinistes des bords de Seine (heureux temps où les lycéens volaient des livres, ils savaient donc lire!) si la vêture du garçon évoque bien les années 20, de même que l'automobile que nous apercevrons peu après, la longueur et la coupe de ses cheveux ne paraissent guère d'époque; elles me semblent d'ailleurs appartenir à aucune. Le garçon en question, Georges, (Thomas Momplot) se révèlera le neveu du matteur, j'anticipe, mais ce petit coup de théâtre était cousu de fils blanc! - Est-ce la cocteaulâtrie du moment, sans doute, mais dès l'apparition de la jeune créature j'ai pensé à l'élève Dargelos - Dans la scène suivante où Edouard rend visite à sa soeur, Pauline, on est également troublé par les vêtements portés par Pauline Molinier et son mari qui sont dans le goût des années 1910 et non de celui de 1920 et encore moins 1925, (on s'apercevra ensuite que tous les personnages sont habillés à la mode de 1910, alors que l'on est censé, par les éléments de décor et l'ambiance générale, être en 1920. Si l'on excepte Melvil Poupaud qui est affublé de costumes à carreaux qui étaient peut être du plus grand chic dans les provinces américaines autour de 1900 mais improbables à Paris ou à Londres d'où arrive Edouard... qui porte très bien le chapeau. De même la chevelure aux belles boucles du jeune Olivier (Maxime Berger), leur fils, est bien peu conforme aux usages de l'époque. – Pas beau cet agneau, genre maigre et mou à la fois, mais joli, plein de charme... -
Edouard (Melvil Poupaud)
Alors que la plupart des réalisateurs, c'est une maladie américaine, prennent pour interpréter des adolescents des acteurs plus âgés que l'âge de leur rôle. Benoît Jacquot semble s'être ingénié à choisir au contraire, des acteurs plus jeunes que leur emploi ou plus probablement faisant plus jeune. C'est assurément un choix courageux et même audacieux; c'est d'ailleurs la seule audace de mise en scène. Cet aspect juvénile est l'apanage des adolescents, en particulier des acteurs jouant Olivier et Bernard mais aussi de certains adultes comme Patrick Mille qui incarne Robert de Passavant. Il demeure que l'aspect de collégien d'Olivier le rend peu crédible en rédacteur en chef d'une revue littéraire.
L'oeuvre de Jacquot a un défaut récurrent aux films qui se déroulent dans le premier quart du XX ème siècle, le manque de moustaches. A l'époque de la guerre de 14 seuls les prêtres et les acteurs (et encore pas tous) n'avaient pas de moustaches; des faces de cul comme disaient les poilus français lorsqu'ils ont découvert les soldats américains qui venaient à leur rescousse et qui étaient presque tous glabres. Dans les années vingt la moustache amorçait un recul mais était encore largement majoritaire sous le nez des hommes. Il faudra attendre le début des années trente, avec l'arrivée massive du cinéma américain et un certain Adolf pour qu'en France son port connaisse un rapide déclin...
Vous me direz que ma critique manque de hauteur et que je m'attache trop aux détails. Vous avez raison, mais je vous répondrais que l'excellence d'un film se fait d'abord par la juxtaposition de détails justes.
Si, donc les premières scènes m'ont laissé, en ce qui concerne l'image dubitatif, mais il est vrai que le spectateur doit toujours faire un effort pour rentrer dans l'univers visuel d'un cinéaste, en revanche l'incipit textuel m'a ravi: << Rien n'est plus difficile à observer que des êtres en formation, il faudrait pouvoir ne les regarder que de biais. >>. Les ayant beaucoup regardé, « les êtres en formation » et pas seulement de biais, ce blog en témoigne, je ne peux que confirmer la justesse de cette phrase.
Benoit Jacquot a eu la funeste idée de reprendre les adresses au lecteur d'André Gide qui prennent dans le livre, un peu la forme de didascalies et qui ne montraient que les limites dans l'exercice romanesque de l'écrivain, son impuissance à faire des transitions fluides entre deux scènes. Le cinéaste les a transformées en bancs-titres silencieux, ce qui nous ramène au temps du cinéma muet. Cela certes ancre le récit dans les années vingt, mais surtout le hache inutilement. Jacquot est en cela malheureusement fidèle au roman, composé de scènes juxtaposées sans véritables traits d'union. Dans chaque épisode apparaissent une multitude de personnages. Pour ne pas trop élaguer l'intrigue (élagage très habile) le réalisateur a choisi d'en faire de courtes pastilles (certaines sont très réussies, et riches en sous-textes comme celle de la première visite d'Edouard à monsieur Lapérouse alors que d'autres sont lamentablement ratées, par exemple la scène dans l'escalier où Vincent avec Laura, sa maitresse engrossée, qui est par ailleurs amie avec Edouard.) se disputent. La rapidité de la succession des scènes d'un format trop court, fait que le spectateur n'a pas le temps de comprendre complètement, au début tout du moins, les liens qui relient tous ces personnages.
Par rapport au roman, le scénario fait l'impasse sur certaines scènes (les bancs-titres trouvent là leur véritable utilité, celle de résumer un morceau de l'histoire que le réalisateur n'a pas le temps nécessaire pour le mettre en images), ce qui était inévitable au regard de la durée imparti pour le film (environ 2 heures). Mais curieusement, sans raison à mon avis, il en bouleverse l'ordre, sans pour autant apporter plus de clarté au déroulement de l'intrigue. Ce découpage différent de celui du roman à pour résultat de focaliser le spectateur sur l'attirance mutuelle qu'éprouve Edouard et Olivier, l'un pour l'autre.

On se demande pourquoi, sinon je le répète, la volonté de mettre en exergue la relation entre Edouard et Olivier, le scénario fait arriver l'entame du roman aux alentours de la vingt-cinquième minute du film alors que la scène dans laquelle Bernard (que l'on a pas encore vu à l'écran) joué par Jules-Angelo Bigarnet (que j'ai vu beaucoup plus physiquement à son avantage ailleurs qu'ici), le meilleur ami d'Olivier, sensé réviser le bac qu'il doit passer prochainement, lisant une lettre d'amour vieille de 17 ans adressée à sa mère, apprend qu'il n'est pas le fils de l'homme qu'il croyait son père. Bouleversé par cette nouvelle Il décide de quitter pour toujours, l'appartement familiale. C'est cette action qui dans le roman lance toute la mécanique de l'histoire, ce qui n'est pas le cas dans le film.
J'attendais avec impatience la mise en images du passage où Bernard en cachette rejoint la chambre de son ami Olivier. Jacquot a parfaitement réussi la scène mais lui a enlevé toute sensualité alors qu'il en a mis dans les rencontres entre Edouard et Olivier, ce que je n'ai pas autant perçu à la lecture... (ah la scène dans laquelle Melvil Poupaud soulève et prend dans ses bras musculeux l'Olivier moribond dans sa grenouillère moulante, pâmer comme une jeune vierge, le moment le plus torride du film!). Cet épisode se déroule dans la pénombre, malheureusement la caméra, probablement numérique, n'a pas aimé le manque de lumière alors que par ailleurs l'image, bien éclairée, dans tout le film a un beau piqué, est granuleuse dans cette séquence.





La scène où Edouard découvre Olivier après sa tentaive de suicide (voir les images immédiatement ci-dessus) est pour moi, l'acmé du film (belle idée de cinéma que ces plans, caméra au plafond). On peut penser que la cause du suicide d'Olivier au petit matin, est qu'ayant connu dans la nuit entre les bras d'Edouards (et le reste) une telle félicité, pensant ne jamais plus connaitre un tel bonheur, il ait choisi de quitter ce monde sur ce souvenir magnifique. Mais peut-être est-ce là l'interprétation d'un pervers....
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Cette scène des deux garçons réunis à l'insu de leur famille dans la chambre de l'un, rappelle un passage des débuts des « Thibault ». Ce qui n'est guère surprenant, Roger Martin du Gard, étant pour Gide une sorte de consultant lors de l'écriture du roman... L'ouvrage lui est dédié.
Si avec « Les faux monnayeurs » Gide est incontestablement novateur quant à sa forme romanesque, il est également avant gardiste, en faisant surgir, en 1925, n'oublions pas la date à laquelle se déroule l'intrigue, avec le personnage de Sphroniska (Anne Bennent) qui « traite », le jeune Boris, le petit fils de monsieur Lapérouse, la psychanalyse qu'il qualifie tout de même, par l'intermédiaire d'Edouard, d'inquisition révoltante...
Les acteurs font presque tous une prestation estimable à l'exception de Vladimir Consigny, toujours bien beau garçon, dont J'avais découvert et apprécié la plastique dans « Hellphone » mais, qui ici se révèle un bien piètre acteur dans le rôle de Vincent. Mais dans cette distribution pléthorique, il est néanmoins meilleur que l'actrice, dont mon reste de charité chrétienne me fait taire le nom, qui joue Laura, la femme grosse des oeuvres de Vincent. Quant à Patrick Mille, en Robert de Passavant, bien que lui aussi d'aspect un peu trop juvénile, il est très bien en cauteleux pervers. Maxime Berger, boule bien certains mots, à l'inverse de Jules-Angelo Bigarnet qui a une belle diction, mais il ne faut pas trop en demander aujourd'hui aux adolescent français qui font acteur. C'est déjà rafraichissant d'entendre sortir de jeunes bouches le français sans l'horrible accent d'importation qui s'est imposé dans nos banlieues. Comme à son habitude Melvil Poupaud, parfait dans le rôle d'Edouard, sur lequel le scénario est centré, plus que le roman, sort du lot. A noter que Jean-Marc Stehlé qui interprète le rôle de monsieur Lapérouse et avec qui Melvil Poupaud a une des plus belles scènes du film, a joué dans plusieurs autres films de Benoit Jacquot. Jean Marc Stehlè est décédé en juillet 2013. Je trouve que Jean-Marc Sthelé, sous certains angles, ressemble à Gide âgé. Encore à propos des ressemblances pourquoi avoir fait de Jarry (1873-1907) (Jean-Damien Barbin), personnage qui n'apporte rien au récit, un sosie d'Antonin Artaud?
Cette apparition de Jarry est l'anachronisme le plus évident du film. Benoit Jacquot confond-il Jarry avec Dada? C'est Tristan Tzara qu'à la rigueur il aurait fallu convoquer, bien qu'en 1920 le dadaisme, déjà s'essoufflait...

A la longue l'anachronisme des habits des personnages est agaçant. Les vêtements datent tous d'au moins dix ans avant l'époque pendant laquelle se déroule le récit. S'il n'est pas adroit de costumer tous les comédiens à la dernière mode de l'année de l'action (comme ce qui est couramment fait, en particulier pour les histoires se passant en 1925, où l'on ne voit que des gommeux et des garçonnes évoluer dans des meubles art-déco du dernier cri, il est tout aussi regrettable de tous les habiller avec leur fond de placard! En revanche dans le passage se déroulant en Suisse (en fait tournés à Chamonix) le col roulé porté par Melvil Poupaud m'a surpris par sa modernité. Est-ce qu'un lecteur pourra me donner la date de l'apparition du col roulé?Si les costumes créés par Christian Gasc plombent un peu cette adaptation, a contrario les décors sont de beaux écrins aux prestations des acteurs. On aurait pu néanmoins éviter l'inutile tarabiscotage de l'appartement des parents d'Olivier. La production a du rager que l'on voit aussi fugitivement à l'écran de si nombreux et si beaux intérieurs (Il y a peu d'extérieurs.).
Lilian Grifith (Dolorès Chaplin) et Passavant (Patrick Mille)
Le recul que l'on a aujourd'hui sur l'Histoire littéraire du XX ème siècle change notre perception d'une oeuvre, comme « Les faux monnayeurs ». Ainsi j'ai vu en Robert de passavant une caricature à charge, d'un mélange de Cocteau et de Drieu La Rochelle avec peut-être une pointe de Montherlant et la relation entre Robert de Passavant et Olivier, une méchante transposition de la liaison Cocteau-Radiguet. Si "Les faux monnayeurs" n'est pas un roman à clés, il n'est tout de même pas difficile de voir dans la relation entre Edouard et Olivier une transposition (idéalisé?) de celle de Gide (1869-1951) et de Marc Allégret (1900-1973).
<<... Marc Allégret, étudiant au physique spectaculaire est couvé depuis 1916 par "son oncle" qui a force de parfaire son éducation, en est tombé amoureux. C'est la première fois, ce sera aussi la dernière, que Gide éprouve un sentiment violent: il veut près de lui ce garçon au gout exigeant dont, le père, le pasteur Elie Allégret, a été son propre maître, trente ans plus tôt. Or si Marc donne toutes les apparences de "l'aimer bien", il prend à l'évidence plus de plaisir à se rendre au cirque ou aux premiers vernissages dadaistes avec Cocteau, qu'à hanter la bibliothèque un peu datée de son oncle quinquagénaire. >>
Claude Arnaud, Jean Cocteau, 2003, Gallimard
Cette citation de l'indispensable biographie de Cocteau par Claude Arnaud met en évidence que tout un pan des "Faux monnayeurs" n'était que la transcription à peine romancée de la vie de son auteur (déjà l'auto-fiction) et un peu un règlement de compte personnel. A la sortie du livre les critiques ne s'y sont pas trompés et ont reconnu en Robert de Passavant un portrait peu aimable de Cocteau.
Les romanciers courent bien des risques à voir leurs oeuvres adaptées dans un autre médium, celui, bien sûr d'être trahi, mais aussi de voir mis en évidence certains défauts moins visibles à l'écrit qu'au cinéma. Ainsi cette adaptation renforce l'impression d'artifice qui lie les évènements entre eux. Elle met en lumière les hasards grossièrement irréalistes de la trame romanesque, comme celui de la rencontre de Georges et d'Edouard sur les quais de la Seine, ou encore le fait que Laura soit, à la fois la meilleure amie d'Edouard et la maitresse de Vincent, sans oublier la plus grosse ficelle scénaristique qu'est la perte du billet de la consigne de sa valise par Edouard, billet qui permet à Bernard de faire la connaissance de Laura qui, je le rappelle est la maitresse de son frère Vincent et au romancier d'inclure dans sa construction littéraire la forme du roman dans le roman, génialement novatrice lorsque Gide écrit « Les faux monnayeurs ». En quelques mots Edouard, le double fantasmé de Gide, énonce, dans une soirée au coin du feu, pendant laquelle Bernard est cette fois très mignon, Jules-Angelo Bigarnet (quel blaze!) m'évoque irrésistiblement dans cette scène le Nael Marandin d'il y a quelques années, la théorie romanesque de Gide, mise en abime. Gide n'est néanmoins pas le premier à tenter cette construction, Diderot (et quelques autres qui n'apparaissent pas immédiatement à ma cervelle fatiguée) s'y est essayé avant lui.
Encore plus qu'à la lecture, la version de Benoit Jacquot met en évidence le superfétatoire de l'épisode Boris, qui ne semble être là que pour faire avaler les turpitudes de ces messieurs avec leurs jeunes pousses littéraires. Benoit Jacquot a eu la bonne idée de faire disparaître quelques intigues secondaires et parasites, comme celle où des camarades de lycée de Bernard et d'Olivier qui participent à un trafic de fausses pièces. En conséquence le personnage de Strouvilhou (l'incarnation du mal?) disparaît. La disparition de ce pan du livre n'est génant que parce qu'il lui donnait son titre. Néanmoins la fausse monnaie est bien sûr une métaphore. Edouard lui même, lorsque, en Suisse, au coin du feu, on le presse de donner le titre du roman qu'il est en train d'écrire, dit que les fausses pensées des gens sont comme les fausses pièces. Armand, le jeune dépressif cynique est un autre personnage du roman qui passe à la trappe dans l'adaptation de Jacquot (il a également fait un sort aux masturbations de Boris) qui en réalité et avec raison, ne s'est intéressé qu'aux quatre personnages qui ont réellement épaisseur et vérité dans le roman qui pourrait se résumer, si l'on va jusqu'à l'os, en la concurrence de deux adultes pour s'attirer les faveurs de deux garçons...

Dans la vie de Gide toute la période de l'écriture des « Faux monnayeurs » est sous le signe de la pédérastie. L'édition courante de Corydon paraît la même année que le roman et Gide est en pleine idylle avec Marc Allégret qui a envisagé de porter « Les faux monnayeurs » à l'écran. Comencini en a eu également le projet. Dans les années 90 c'est Agnieszka Holland avec Françoise Giroud pour l'adaptation cinématographique qui a tenté de monter, sans succès l'opération.
Presque jamais Benoit Jacquot se libère de la déférence réfrigérante qu'il a pour l'oeuvre de Gide. Ce qu'il aurait fallu montrer, pour réchauffer tout ça, c'est immédiatement après le carton sur lequel on lit: Robert de Passavant s'occupe d'Olivier, c'est un plan moyen bien honnête de Passavant enculant Olivier. Ce qui aurait été certes un anachronisme de la chose écrite de 1925 mais pas du vécu des deux personnages...

Nota:
1- Tout d'abord, merci à Bruno qui m'a permis de voir ce film que j'avais raté lors de son passage à la télévision. Il a été depuis édité en D.V.D.
2- Ensuite je voudrais signaler que pour commenter l'adaptation de Benoit Jacquot, j'ai relu le roman de Gide. Il me semble que c'est ce que devrait faire tout critique, lire l'oeuvre originale, lorsqu'il doit traiter d'une adaptation. Malheureusement on peut constater que c'est rarement le cas!
3- A cette adresse: http://e-gide.blogspot.fr, on trouvera une mine de connaissances sur Gide où tout gidien doit se perdre.
4- Via mon e-mail, j'ai reçu le judicieux commentaire auquel je répond à sa suite (cher lecteur je vous rappelle que tous les commentaires sont les bienvenus, mais si possible utilisez la touche commentaire qui se trouve à la fin de chaque billet pour déposer ceux-ci. Il suffit de cliquer sur ce le mot commentaire, toutefois vous pouvez passer comme l'a fait Claude L. par l'hébergeur.
FAUX MONNAYEURS - D'accord sur les grandes lignes de votre billet relatif au film dont je viens de voir le DVD. Toutefois, d'après d'anciens souvenirs (j'ai 83 ans) il me semble que si film et roman paraissent "hachés" par découpage et juxtaposition des scènes, (plus inclusion du journal d'Edouard dans le roman) sans trait d'union, c'était pour donner l'impression de la quasi simultanéité des différentes actions, procédé utilisé par Sartre dans les Les chemins de la liberté où il emploie le même subterfuge narratif. Aussi, cela aurait fait dire à Gide à qui l'on demandait son opinion (mauvaise) sur 'les Chemins de la liberté' de Sartre "Je ne trouve pas cela assez 'genuine' rappelant ainsi son "antériorité". Le cinéma étant, entre autre, l'art du découpage et du montage, l'artifice n'en est que plus visible et parfois, gênant. - Bien amicalement CL. J'apprécie le film et j'accepte les garçonnets ; et tant pis si au nom de la vraisemblance il leur manque quelques poils au menton !
Claude L. Paris 15ème
Réponse: Votre remarque est fort juste en effet Sartre a utilisé ce procédé pour "Les chemins de la liberté" gros roman que Sartre a été incapable de terminer mais qui est tout de même intéressant et qui ne mérite pas le dédain qui l'entoure. Mais beaucoup plus que les faux monnayeurs c'est du Manhattan transfert de Dos Passos que Sartre c'est inspiré. C'est beaucoup plus convaincant chez l'américain qui a oser procéder par collage et s'est débarrassé des inutiles et lourdes transitions mais le chef d'oeuvre de ce type de construction dans le roman c'est "Contrepoint" d'Aldouxs Huxley.

















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