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André Gide & Marc Allégret, Le roman secret de Pierre Billard et la correspondance Gide-Marc Allégret (3)

23 Avril 2025, 08:08am

Marc Allégret, André Gide... et Dindiki, un pérodictique potto offert par un chef villageois

Marc Allégret, André Gide... et Dindiki, un pérodictique potto offert par un chef villageois

« Le roman secret » est le récit d'une histoire rare, un amour de quarante ans entre deux hommes ou plus exactement d'une longue amitié après une passion. La narration d'une telle aventure est je crois unique en littérature. Il y a bien quelques romans ou journaux intimes qui proposent quelques fragments d'histoires comparables mais rien sur une telle distance et avec une telle précision. Cette dernière est possible grâce aux innombrables écrits intimes d'André Gide et aussi aux témoignages des amis du grand homme. Si Gide ne s'épanchait guère et cryptait sa correspondance suivant les destinataires de ses lettres, il s'est néanmoins confié à plusieurs de ses correspondants sur la relation qu'il entretenait avec Marc et l'incidence qu'elle avait sur sa vie et sur son oeuvre. Car sans cette passion, je le répète il n'aurait pas accouché de son chef d'oeuvre, « Les faux monnayeurs » (Roger Martin du Gard entre autres pensait que c'était son meilleur livre) dans lequel il s'est amusé à donné un bien mauvais rôle à Cocteau qu'il ne tenait pas en définitive en grande estime et à diffracter en plusieurs créatures son cher Marc. Il me semble que l'importance de Marc dans la naissance des « Faux monnayeurs » est constamment sous estimée au profit des anecdotiques faits divers, un trafic de fausses monnaies aux abords du jardin du Luxembourg et le suicide d'un d'adolescent en pleine classe qui sont certes présents dans le roman mais en sont plus le décor que la chair... D'ailleurs pour Françoise Giroud qui a travaillé à l'adaptation des « Faux monnayeurs » que devait tourner Agnieszka Holland, projet qui lui aussi ne vit pas le jour << Gide a écrit ce livre pour épater Marc Allégret... Olivier, dans Les Faux-Monnayeurs, c'est lui, c'est Marc Allégret, cela ne fait aucun doute. Quant à l'oncle Edouard, c'est Gide lui-même.>>.

André Gide &amp; Marc Allégret, Le roman secret de Pierre Billard et la correspondance Gide-Marc Allégret
André Gide &amp; Marc Allégret, Le roman secret de Pierre Billard et la correspondance Gide-Marc Allégret

On ne peut que déplorer que Marc Allégret n'est pas réussi à réaliser l'adaptation des « Faux monnayeurs » comme il en avait le projet. Récemment ce roman a été adapté et bien par Benoit Jacquot (j'ai consacré un billet à cette adaptation (2): http://www.lesdiagonalesdutemps.com/article-les-faux-monnayeurs-un-film-de-benoit-jacquot-120615319.html) Pour continuer les incroyables entrelacs sentimentaux de la planète gidienne, il ne faut pas oublier que Françoise Giroud a été amoureuse de Marc : « L'amour est très violent à cet âge. En vérité, je n'ai jamais aimé personne davantage que Marc Allégret, et cela, pendant des années. Lui m'aimait beaucoup, tout le monde aura saisi la nuance. » (Françoise Giroud, On ne peut pas être heureux tout le temps, Fayard, 2001).

Manuscrit autographe par Marc Allégret de son scénario pour Les Faux-Monnayeurs, 1965 *

Manuscrit autographe par Marc Allégret de son scénario pour Les Faux-Monnayeurs, 1965 *

Les lettres corrigent l'impression de tiédeur de leur amour à laquelle peut faire penser la lecture de l'essai de Billard. Cet échange (aujourd'hui inimaginable en raison de la dictature du téléphonage) rendrait jaloux n'importe quel homme qui a été un jour amoureux d'un adolescent ou d'un jeune homme. Ils sont peu à avoir eu la chance de lire des missives de l'être aimé, cela durant au moins dix ans d'affilés, qui se terminent par: << ton M qui t'aime, love, Je t'embrasse bien fougueusement, je t'espiole le front avec madness, je t'embrasse avec hardiesse, je ne suis qu'un hall d'attente, Viens donc le plus tôt possible love...>>.

En revanche l'essais de Billard met en perspective sur le long terme certains événement dont la correspondance au jour le jour nivelle l'importance.

On est surpris de cette relation et surpris de la non surprise de Billard qui semble voir tout cela de Sirius sans jamais juger mais avec un flegme imperturbable. Non seulement il n'est pas étonné de l'amour qui se développe entre Gide et Marc mais pas plus des revirements sentimentaux ou politique de Gide et par la même de son jeune ami. En 1918 on les voit proche de l'Action -Française puis farouchement anticolonialiste (Le voyage au Congo). Gide devient dans les années 30 un compagnon de route du Parti Communiste avant d'en devenir un renégat après la publication du « Retour de l'URSS ».

Billard a fait des paris raisonnable lorsque les sources lui manquent par exemple sur la sexualité de Marc: << Nous avons fait le pari de son hétérosexualité (fondé sur ce que nous connaissons), ramenant sa complicité sexuelle avec Gide à des attouchement et des jeux dominés par l'onanisme.>>. Il reste que Billard sous entend que le garçon était large d'esprit sur la question: << Nous rencontrons souvent Marc en compagnie d'homosexuels. Par exemple le jeune peintre Emmanuel Fay et le jeune comédien Marcel Herrand souvent inséparables retrouvent Marc dans les galerie ou les coulisses de théâtres et l'entrainent dans un chaleureux compagnonnage. Coïncidences sans signification? Possible, mais on ne peut pas exclure que Marc, initié aux pratiques gidiennes n'est pas refusé d'élargir son champ d'expérience.>>. A propos d'Emmanuel Fay, Gide le décrit ainsi dans son journal: << un ami digne de Marc et dont je ne voudrais ne pas être jaloux.>>.    

Emmanuel Fay

Emmanuel Fay

Les lettres qu'échangent nos deux correspondants illustrent et confirment ce que l'on savait du nomadisme de Gide mais aussi de la plupart des membres de son entourage. C'est presque un miracle lorsque ces gens parviennent à se rencontrer. Nombreuses sont d'ailleurs les lettres écrites dans des trains, des gares, des bateaux. Ce qui correspond bien au portrait que Maurice Martin du Gard fait de Gide dans ses « Mémorables »: << Avec sa tenue classique de voyage, dans un vaste pardessus de ratine beige, le chapeau taupe plus foncé, M. Gide avait son air d'arriver de loin et de repartir le soir même, de loin ou de près, de l'Afrique du Nord ou de Normandie, mais toujours entre deux trains et deux désirs, à la quête de lui-même. >>.

Gide me paraît le premier et peut être le seul intellectuel européen du XX ème siècle. Il entretient des relations intellectuels avec maint penseurs de presque tous les pays d'Europe qu'il visite tour à tour et même lorsqu'il va en Afrique ou en URSS, il donne de ces contrées un point de vue europeiste.

On découvre dans la correspondance, surtout au début, ce que j'appellerais un antisémitisme d'habitude, qui était celui alors, de la quasi totalité des français. Mais souvenons nous entre autres par exemple que c'est Gide qui permet au juif Malaki, alias jean Malaquais (prix Renaudot 1939) de quitter la France en 1941: << N'était André Gide, Galy et moi serions en route pour fertiliser de nos cendres les sillons du Troisième Reich. » (Journal du métèque - 8 oct 1942). Cette petite incise pour corriger certaines allégations, comme celle aberrante se Christophe Malavoy qui assimilait l'antisémitisme de Céline avec celui prétendu de Gide.

Billard ne nous dit pas tout et en particulier comment Gide pour Marc a troqué sa pédophilie pour une pédérastie socratique. Pourquoi dans le cheptel de la famille Allégret a-t-il jeté son dévolu sur Marc et non sur Yves dont l'âge correspondait plus à ses attirances habituelles? Il est vrai que dans la seule photo que je connaisse de Marc adolescent, avec sa bouche boudeuse il paraît rimbaldien en diable.

On aimerait parfois en connaître d'avantage par exemple qu'est devenu le lieutenant Verdier et surtout les clichés fort intimes qu'il a pris de Marc alors âgé de dix sept ans. La figure d'Emmanuel Fay reste bien flou; à sa mort Marc écrit à l'oncle André qu'il connait son premier chagrin d'amour... Comme celle d'Eugène McCown peintre avec lequel Crevel avait eu une liaison et qu'en 1924 Marc fréquente assidument...

Il faut se garder d'anachronisme et pour cela, les mots ne porte pas les mêmes charges émotionnelles hier qu'aujourd'hui. Pour cette raison il faut que je fasse une incise et précise ce que recouvre le terme pédophile appliqué à Gide. C'est un amour général des enfants qui n'est pas toujours, loin de là, sans pour cela l'exclure, associé à une relation sexuelle. Relation sexuelle dans laquelle Gide se refuse à toutes pénétration, du moins c'est certain pour la sodomie dont Gide à horreur. Gide toute sa vie s'est intéressé à l'éducation des plus jeune en particulier dans les années 30 aux expérimentations dans ce domaine de Ray Strachey que l'on peu considérer comme un précurseur de « Summerhill ». Son amour des enfants lui fera désirer d'en avoir un, serait ce par l'intermédiaire de Marc. L'opération ayant échoué, il se mettra, si je puis dire lui même au travail...

Je ne voudrais pas que l'on pense que dans leurs échanges de lettres, Gide et Marc Allégret ne s'entretiennent que d'histoires de petits garçons et d'imbroglios familiaux. Il y est également beaucoup question de littérature de peinture et surtout de théâtre. Mais il y a aussi des absents dans ces missives, Dieu, tout d'abord, comme je l'ai déjà signalé mais aussi l'Histoire et dans une certaine mesure le cinéma.

Sur ce dernier point Pierre Billard, ancien critique de cinéma et biographe de Louis Malle, avance que Gide, s'il était cinéphage, n'avait que mépris pour ce mode d'expression qu'il ne considérait pas comme un art. Il explique le relative éloignement de Marc à partir du milieu des années 30, par la déception qu'aurait eu Gide de voir son protégé se lancer à corps perdu dans le métier de cinéaste. Je ne pense pas que cette théorie soit complètement juste, d'autant que Gide n'a pas toujours dénigrer le cinématographe. Dans une interview de 1930 ne déclarait-il pas?: << Qu'il voyait le cinéma parlant supplanter le théâtre pour peu que l'on s'adresse à de vrais écrivains.>> il me semble que c'est plus l'égarement de Gide vers « les camarades » qui a fait prendre à Marc ses distances. Distance que Billard surestime grandement. Par exemple Marc Allégret terminait sa lettre en 1944 à oncle André par << Reviens vite. Je t'embrasse de tout mon coeur>>. Si il y a séparation de corps, il n'y a pas séparation d'esprit. Cette prise de distance est due principalement au stakhanovisme cinématographique de Marc et à la bougeotte effrénée des deux amis, comme d'ailleurs de la quasi totalité des membres de la mouvance gidienne; ces gens là ne se voyait qu'entre deux trains, deux bateaux puis plus tard deux avions, en fait ils ne faisaient le plus souvent que se croiser! D'autre part il ne faut pas oublier qu'au moment de la mort de Gide, Marc était en plein tournage d'un film sur son cher oncle. Il y aurait d'ailleurs tout un livre (et même plusieurs) à écrire sur le rapport de Gide à l'image. Peu d'écrivains de son époque ont été aussi photographiés et peints que lui. Je me souviens que Mac Avoy m'avait dit avoir été surpris de la disponibilité d'André Gide lorsqu'il avait fait son portrait et du plaisir évident qu'il avait à poser alors qu'il était déjà très malade.

Dessin préparatoire au portrait d'André Gide,  Mac Avoy, 1949

Dessin préparatoire au portrait d'André Gide, Mac Avoy, 1949

A propos d'images il est regrettable qu'au « Le roman secret » l'éditeur n'ait pas cru bon d'y ajouter un livret de photographies. On aurait pu mettre un visage sur quelques uns des personnages de cette fourmillante saga et cela aurait également donné l'occasion de talent photographique de Marc dont Michel Cournot parle si bien: << Les images que rapportera Marc Allégret sont bien révélatrices de son caractère. Il évite entièrement les facilités du spectaculaire. Les femmes et les hommes dont il prend l’image, il s’emploie à montrer leur amour-propre, la dignité de leur allure. Images d’une grande probité, d’un rare talent. Il est émouvant de voir là, en Afrique, les débuts d’un cinéaste de grande dimension, qui reste sous-estimé.>>.

André Gide &amp; Marc Allégret, Le roman secret de Pierre Billard et la correspondance Gide-Marc Allégret
André Gide &amp; Marc Allégret, Le roman secret de Pierre Billard et la correspondance Gide-Marc Allégret
photos Marc Allégret prises lors du voyage au Congo

photos Marc Allégret prises lors du voyage au Congo

La présence du mot roman dans le titre « Le roman secret » n'est pas usurpée. Pierre Billard a écrit son essai comme un roman; un roman à l'ancienne, dans lequel l'auteur a toujours une longueur d'avance sur son lecteur. Les adresses à ce dernier, ce que fait fréquemment Pierre Billard dynamisent l'écriture de son essai qui est bien édité comme l'est la correspondance. Si « Le roman secret » ne possède pas d'indexe, à l'inverse du volume de lettres entre oncle André et Marc, son découpage clair en chapitres, facilite la consultation. Dans sa préface l'essayiste pose une question à méditer: <<Que valent les rapports hiérarchiques dans une histoire d'amour?>>...

L'oncle André espérait que son protégé embrasse la carrière journalistique ce qui n'était pas irréaliste dans la mesure où Marc fait parfois preuve d'un beau talent littéraire dans ses lettres.

Jean Claude et Pierre Masson ont établi et annoté la correspondance Gide-Allégret. Il ont valeureusement pris la suite de Daniel Durosay, mort à la tâche. Ils ont eu l'excellente idée de faire commencer leur ouvrage par de courtes biographies des membres de la tribu Allégret. Cette heureuse initiative m'a fait songer qu'un dictionnaire amoureux autour de Gide, comme il en existe autour de Proust, serait bien utile aux lecteurs pour démêler les imbrications entre les affidés gidiens.

André Gide &amp; Marc Allégret, Le roman secret de Pierre Billard et la correspondance Gide-Marc Allégret

Si la lecture de ces deux ouvrages corrige le portrait que l'on pouvait avoir de Gide, le révélant beaucoup plus généreux que l'image qu'on lui attribut habituellement, néanmoins on ne contredira pas Angelo Rinaldi lorsqu'il avance que Les écrivains qui font profession de se raconter par le menu sont quelquefois les plus opaques >>, elle permet surtout de découvrir la personnalité très attachante de Marc Allégret dont le nom désormais n'évoquera plus seulement le cinéaste d' « Entrée des artiste » et le découvreur de futures vedettes. Il a mis le pied à l'étrier à Simone Simon, Bernard Blier, Brigitte Bardot, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo... Il est bouleversant que dans ces pages ont assiste à l'éclosion d'un être. Ces deux volumes forment d'abord un roman de formation. On ne pourra que constater que les leçons d'oncle André ont été profitables. Elles ont transformé un garçon certes vif d'esprit et curieux mais dispersé et guetté par l'indolence en un homme acharné au travail et ne se détournant pas de ses buts. Elles n'ont toutefois pas réussi à donner une totale confiance en lui à Marc, sans doute que l'ombre de Gide était trop grande et trop dense même pour un Marc Allégret...

Au delà de l'apport indéniable que ces ouvrages apportent à l'Histoire littéraire du XX ème siècle, Billard réussit dans un livre d'érudition à donner une leçon de vie.

André Gide photographié par Marc Allégret lors de leur voyage au Congo

André Gide photographié par Marc Allégret lors de leur voyage au Congo

* Ci-dessous document découvert sur le merveilleux site e-gide: http://e-gide.blogspot.fr/

Lot 6 d'une vente Marc Allégret
Marc Allégret (1900-1973) cinéaste. Manuscrit autographe, Les Faux-Monnayeurs, 1965 ; environ 340 pages in-4 en feuilles sous chemise dos toilé et étui.
 
Projet d’adaptation cinématographique inachevé du célèbre roman d’André Gide, paru en 1925. Roger Vadim, déjà producteur de plusieurs réalisations d’Allégret, soutenait ce film. Récit difficile à porter à l’écran, notamment en raison des différents points de vue et genres narratifs, le projet fut finalement abandonné vers 1966. Si le scénario ne présente pas une continuité, et est resté inachevé, il nous permet néanmoins de constater que la trame narrative du livre a été conservée, et que Marc Allégret (modèle d’Olivier) a beaucoup travaillé à cette adaptation. Au manuscrit de premier jet, abondamment corrigé et augmenté, s’ajoutent des notes de travail. Les Faux-Monnayeurs, début du scénario (97 p., pag. 1-92 avec ff. ajoutés).
Découpage détaillé, avec dialogues, indications scéniques, didascalies et voix-off. Le manuscrit est rédigé au recto de feuillets de papier quadrillé à grands carreaux perforés, écrit à l’encre noire avec quelques pages au stylo bleu ou rouge ; de nombreuses corrections sont portées au stylo rouge. Ce premier jet présente des ratures, des suppressions, des additions interlinéaires ou dans la marge, des indications pour la dactylographie. Le scénario s’ouvre à Paris avec (p. 1-12) l’apparition d’Édouard et sa rencontre avec le jeune Georges, qu’il surprend en train de voler un ouvrage sur l’étal d’un bouquiniste. Le journal manuscrit que Georges a laissé tomber intrigue Édouard, lui-même écrivain. Le jeune homme se trouve être son neveu, le fils de sa demi-sœur Pauline, chez laquelle il se rend immédiatement. Il y croise le mari Oscar Molinier, et Olivier, un autre de ses fils. Le générique intervient après ces premières séquences. Une scène au Palais de Justice introduit Molinier, présidant une audience de la Chambre correctionnelle, et le juge d’instruction Albéric Profitendieu. Il est question d’une affaire de prostitution de mineurs (p. 13-16)... Le jeune Bernard Profitendieu, chez lui, écrit une lettre à Albéric, après avoir découvert que l’homme qui l’élève n’est pas son vrai père. Il s’enfuit du domicile familial (p. 17-22)... Bernard et Olivier, camarades de lycée, se retrouvent au Luxembourg, le premier souhaitant se faire héberger temporairement chez le second (p. 23-24)... Albéric Profitendieu découvre la lettre de son fils adoptif – introduction de Cécile et Caloub, demi-sœur et demi-frère de Bernard (p. 25-32).
Olivier, accueille Bernard chez lui le soir. Les deux jeunes évoquent sa récente découverte et son avenir hors de son foyer. Ils entendent Vincent, le frère d’Olivier, sortir et pensent qu’il rejoint une maîtresse (p. 33-40).
Vincent a en fait accepté de donner des soins au père âgé du comte de Passavant, chez lequel il se rend. Il apprend que le vieil homme est décédé. Il est également question d’une soirée que les deux hommes ont passée dans un cercle de jeux, durant laquelle Vincent a perdu beaucoup d’argent (p. 41-45).
scène entre Bernard et Olivier. Ce dernier compte aller chercher à la gare son oncle Édouard, qui arrive de Londres le lendemain. Il évoque l’affection qu’il porte à son oncle et leur commune aspiration à écrire (p. 46-48).
Flash back dans le cercle de jeux et introduction du personnage de Lady Lilian Griffith, riche américaine (p. 49-56).
Bernard quitte la chambre d’Olivier à l’aube pour se rendre à la gare (p. 57-60).
On suit le parcours en train d’Édouard, de la gare maritime de Dieppe à Paris, travaillant à son journal. Commentaire de l’auteur : Les Faux-Monnayeurs, est-ce un bon titre ? Édouard n’en est pas sûr. C’est le roman auquel il pense sans cesse et depuis longtemps. Il n’en a pas encore écrit une ligne, mais il transcrit ses notes, ses réflexions sur ce carnet (p. 61 A-E).
Flash back introduisant Laura. On comprend que le retour d’Édouard est lié à une lettre qu’il a reçue (p. A-C).
Gare Saint-Lazare, Olivier retrouve l’oncle Édouard sur le quai – Bernard assiste discrètement à la scène, la tension est palpable : Le jeu des acteurs peut mieux que toute autre chose faire ressortir ces nuances fugitives, ces gestes amorcés et retenus, les mots qui viennent à la place d’autres qu’on n’ose pas dire – enfin tout ce qui crée ces situations tendues faites de touches, d’impressions presque inexprimables et que le cinéma peut restituer à merveille ... Tandis que les deux hommes vont prendre un café, Bernard subtilise la valise d’Édouard à la consigne de la gare (p. 65-73).
Dans le métro, Bernard ouvre la valise, trouve le journal d’Édouard et en débute la lecture, captivante. Le journal est lu en voix-off ; Édouard relate son mariage avec Laura (p. 74-90)... Au fil des dernières pages, la lecture du scénario est plus chaotique, avec de nombreuses modifications et parties supprimées. Les Faux-Monnayeurs, Construction détaillée et dialogues provisoires, 15 août 1965 ([2]-6 p. A-F).
Indication : Tous les dialogues sont là à titre indicatif du sens des scènes. Ils doivent être réécrits tant pour leur forme que pour leur longueur ... La scène concernée est celle de la lecture du journal d’Édouard par Bernard. Les manuscrits de plusieurs scènes, reprises par l’auteur, sont joints au dossier. La plupart rédigés au stylo bleu ou noir (titres en rouges), sur papier blanc, ils comportent de nombreuses corrections, ratures, aaddits. On peut y lire, souvent en première page, des commentaires d’appréciation de l’auteur ( bon , vu ), ainsi que des indications relatives à la mise au net ( fait , tapé , copié et arrangé , pages refaites , à la dactylographie ; les pages concernées ont pour la plupart été biffées).
Fin (3 p. A-C).
Scène finale entre Olivier et Édouard, dans l’appartement de ce dernier. Bernard, prévenu par son frère Caloub que son père adoptif allait mal, vient avec lui chercher sa valise. S’adressant à Édouard: Vous aviez raison, ma place est auprès de lui . Olivier à Édouard : Mais alors ce sera un livre très moral Les Faux Monnayeurs. Je suis sûr que ça t’étonnera toi-même ... La scène se termine soudainement lorsqu’Édouard se tourne vers Caloub pour lui demander son nom... Extérieur et vestibule Molinier (6 p. A-D).
Mort de Bronja – La Machination (9 p.).
Fin La Pérouse Édouard (2 p. A-B).
Bernard passe son bachot – L’ange (10 p.).
Édouard et Bernard après le bachot (11 p. ?-?).
Le Banquet (18 p. A-Q).
Gare St Lazare (13 p. A-L).
Flash back journal Édouard (6 p.).
Gare de Dieppe Maritime (6 p.).
Chambre d’hôtel Laura (3 p.).
Chambre d’Olivier Molinier (3 p.).
Notes pour le train Édouard (3 p.).
Avant fin de la lecture du journal d’Ed. par Bernard (4 p. A-D).
2e partie. Premières notes (29 p.).
3e Partie (103 p.).
Plus un extrait de scène avec dialogues et indications diverses (7 p.).

 

Commentaires lors de la première édition de ce billet

Bruno13/05/2015 16:57

Le chat garde de bien beaux trésors littéraires.
Merci pour ces belles recensions. La biographie de Malle par Billard est aussi passionnante.
Un minuscule point de détail : il me semble me souvenir que La Sapinière était la propriété des Allégret dans l'Est de la France et pas un des innombrables points de chute de l'Oncle André.

lesdiagonalesdutemps13/05/2015 18:06

Vous avez raison mais Gide s'y est invité souvent. Ces curieux nombre de membres de la galaxie Gide semblaient prendre un malin plaisir à ne pas dormir chez eux et faisaient des échanges curieux ainsi on voit Gide dormir chez les parents de Marc alors que Marc dort chez Gide! d'où des lettres qui n'arrivent jamais aux bonnes adresses.

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