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theatre

La mouche d’après George Langelaan adapté par Christian Heck et Valérie Lesort

21 Mai 2026, 06:35am

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Ce qui m’a conduit à assister à cette pièce, ce n’est pas la malencontreuse et involontaire publicité qu’en a fait le chef de l’état, mais d’abord un souvenir d’enfance, donc un très vieux souvenir et par la même considérablement flou. Cette pièce est adaptée d’une nouvelle de George Langelaan, nom qui ne doit pas évoquer grand chose chez la plupart de mes rares lecteurs. Jadis, donc, j’écoutais George Langelaan dans le poste, pour être précis sur les ondes de Radio-Luxembourg vers la fin des années 50. Il y racontait des histoires d’espionnages, curieusement le jeudi après-midi dans le cadre d’une émission concoctée pour les enfants. On retrouvait ensuite ces histoires dans l’hebdomadaire Pilote qui venait d’être créé. Une après-midi il a lu sa nouvelle « La mouche ». Cette nouvelle m’a complètement traumatisé. J’ai quelques années plus tard retrouvé quelques année plus tard cet horrifique récit dans une anthologie des éditions Planète, que je possède toujours, intitulée « Chefs d’oeuvre du crime », un fort volume de nouvelles rassemblé par un trio composé de Jacques Sternberg, Jacques Bergier et Alex Grall. J’y trouvais une courte notice sur Langelaan qui informait le lecteur que cet auteur fut: << un agent secret de quelques renom pendant la guerre mais qu’il reste surtout l’auteur des « nouvelles de l’anti monde » ». Je n’en sait pas plus sur Langelaan aujourd’hui… La mouche me poursuivant j’ai été encore confronté avec elle en voyant par le plus grand des hasards sur une chaine du câble comme on le disait alors le film américain des années 60 tirée de la nouvelle, film qui me fit une grande impression. Enfin j’ai vu à sa sortie, en 1988 l’adaptation qu’en a fait Cronenberg. C’est un souvenir particulièrement douloureux puisque j’ai vu alors ce film avec mon jeune ami atteint des prémices du sida qui a tout de suite fait le rapprochement entre les terribles transformations que subit le héros et celles qu’il aurait lorsque la maladie se déclarerait.

Vous allez me dire que je suis un peu masochiste pour vouloir voir une pièce dont les précédents avatars m’ont laissé d’aussi mauvais souvenirs; sans doute. Mais j’étais intrigué de la façon qu’une telle histoire pouvait être portée à la scène. La seconde raison qui m’a fait me déplacer jusqu’aux Bouffes du nord est la présence dans le rôle principal de Christian Heck dont le jeu est la réincarnation de celui de feu Robert Hirsh… en moins sobre!

C’est Christian Heck, lui-même et Valérie Lesort sa compagne qui ont adapté et mis en scène la nouvelle de Langelaan dont la trame est la suivante: un savant a réussi à inventer « la trans » une machine capable de téléporter quasi instantanément un objet ou un être dans le lieu que l’on désire. Mais lors d’un essais de téléportation l’inventeur s’est enfermé dans la cabine de l’engin avec une mouche qui y a pénétré sans qu’il s’en aperçoive. Lors de l’expérience les deux ADN vont fusionner. L’homme se transformera progressivement en une sorte de mouche monstrueuse.

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Christian Heck et Valérie Lesort ont tiré cette histoire vers le burlesque noir. C’est Bouzin au Grand guignol. Ici l’expérimentateur n’est pas un savant mais un bricoleur maniaque, Robert, un homme sans âge qui vit au crochet d’Odette, Christine Murillo, sa mère, vieille mégère non apprivoisée, qui fait subsister le duo en vendant les légumes de son potager au marché. Ils vivent dans une caravane et le laboratoire du garçon est un garage au fond du jardin. C’est un peu Tournesol vision lumpen prolétariat. Peut être parce que Christian Heck est belge il a situé géographiquement cette farce macabre dans un lieu indéfini, mais que l’on peut penser être un village dans le nord de la France. Des extrait d’émissions de radio dont la mère est friande nous indique que nous sommes à la fin des années 50 ou au début des années 60.  La relation mère-fils fait penser à celle d’Ignatus avec sa génitrice. Les deux personnage eux même sont proches de ceux de « La conjuration des imbéciles » de Kennedy, l’obésité en moins. Le fils vit dans son monde de fantasmes pseudo-scientifiques alors que la mère est une redoutable cancanière de village. Les confrontations entre la mère et le fils, véritables scènes de ménage ainsi que les mimique clownesque.

Christian Heck et Valérie Lesort  avec cette « Mouche » font la démonstration que l’on peut faire rire avec les scénarios les plus noirs.

Heck est truculent mais sous sa folie perse une réelle noirceur. Il n’a pas été pour rien le capitaine Némo dans la formidable adaptation de 20 000 lieux sous les mers, adaptation théâtrale de Jules Verne signée par le même duo. Y dans le rôle de la mère est parfaite et les deux autres comparses victimes de notre bricoleur maléfique, Valérie Lesort et Jan Hammenecker ne le sont pas moins.

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Le spectacle a été primé par trois Molières en juin 2020 : Création visuelle, Comédien dans un spectacle de théâtre public pour Christian Hecq et Comédienne dans un spectacle de Théâtre public pour Christine Murillo.

Emmanuel Macron a bon gout en matière de théâtre. 

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La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD

30 Avril 2026, 06:41am

La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD
 
 
 
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD
 
 
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD
 
 
 

Ce que je n'osais espérer est miraculeusement arrivé. Cyril Legann et Clément Beauvois ont magnifiquement réussi la captation de la pièce dans la distribution de la création. Elle est proposée par Epicentre Film Edition* qui par ailleurs fait un beau travail de distribution de films, gays pour certains. L'édition du DVD est soignée. En bonus on a droit à une interview croisée, informative tout en étant décontractées, de presque tous les intervenants de la pièce. En outre un sous titrage en anglais de la pièce est proposé. Seul regret que le remarquable travail de captation, très cinématographique, ne soit pas mis en avant par un petit making of d'autant que dans le cas présent c'est un beau tour de force que de réussir à filmer une pièce à onze personnages, sur une scène aussi vaste que celle du Théâtre du XX ème, avec seulement quatre caméras tout en servant bien la mise en scène dynamique de Régis Martrin-Donos. Si le regard des deux réalisateurs est subjectif, il ne fatigue jamais le spectateur en mêlant habilement plans larges, qui embrassent toute l'ouverture du plateau, à des gros plans et à des plans moyens. Ils se donnent même le luxe, pas encore assez à mon gout, de mettre un acteur plein cadre, alors que c'est un autre qui a la parole. La magie du DVD fait que l'on entend mieux la musique signée Jean-Pierre Stora qu'au théâtre... et puis on peut faire des arrêts sur images sur la plastique de ces messieurs...

Sur la pièce je n'ajoute rien au billet que vous pouvez lire ci-dessous et que j'écrivais au lendemain d'avoir vu ce "Banquet d'Auteuil" que la Comédie Française s'honorerait de faire rentrer à son répertoire.

* Si vous ne trouvez pas cette petite merveille dans votre magasin habituel, vous pouvez l'acquérir directement chez l'éditeur: www.epicentrefilms.com 

 

 

La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD
 
 
 
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD
Le banquet d'Auteuil de Jean-Marie Besset au Théâtre 14

 

 

 

Dominique Fernandez grand débusqueur devant l'éternel, de pédés dans le placard, y a inexplicablement laissé Molière! Jean-Marie Besset avec ce « Banquet d'Auteuil » l'en a sorti et de belle manière.

Nous sommes en 1670, Molière abandonné par sa jeune femme, qui est peut être sa fille, est lassé des femmes (qu'il a beaucoup pratiquées). Espérant trouver plus de constance chez les hommes (le naïf) il est tombé amoureux du plus jeune comédien de sa troupe, Michel Baron qui n'est âgé que de dix sept ans.

 

 

Le banquet d'Auteuil de Jean-Marie Besset au Théâtre 14
 

La pièce qui entrelace habilement tragédie, comédie, érotisme et fantastique se découpe en quatre actes. En ouverture Chapelle (Hervé Lassince délicieux de bout en bout), qui cohabite avec Molière (Jean-Baptiste Marcenac) dans « une campagne » à Auteuil revient fort éméché de Paris et ceci en pleine nuit. Il ne réveille pas pour autant Molière qui est tout absorbé dans la contemplation de Baron endormi. Le jeune homme est de retour après une fugue de trois ans. Chapelle croyant Molière toujours dans les affres de sa séparation d'avec Armande Béjart a invité à diner de vieux amis pour le distraire. Au deuxième acte, et au matin, Molière confesse tout son amour à l'aimé. Le soir venu, voici le troisième acte, l'acmé de la pièce, le banquet. Avec les convives qui s'ramènent; on comprend que nous allons être entre Platon et « Les garçons de la bande ». La cohorte de bougres qui fait éruption chez Molière se compose de Chapelle qui guide la troupe, de Lully (Frédéric Quiring), l'un des courtisants les plus en vue à Versailles, il fait danser le roi soleil tous les matins. Lully vient accompagné de son mignon, Osmane (Quentin Moriot), un jeune danseur turc. Suit le chevalier de Nantouillet (Gregory Cartelier), un bretteur (cité par madame de Sévigné) accompagné d'un petit marquis Monsieur de Jonzac (Romain Girelli). Il y a aussi Dassoucy (Dominique Ratonnat) musicien favori de Louis XIII mais devenu has-been depuis l'avènement de Louis XIV. Il est accompagné de son chanteur particulier, Perrotin (Antoine Baillet-Devallez), qu'il a recueilli lorsqu'il avait sept ans... Tout ce beau monde se présente, s'échauffe et caquette quand soudain, apporté par un rayon de lune, venu de l'au delà, apparaît Cyrano de Bergerac. Il s'emmerdait ferme dans la vie éternel où il croupit depuis quinze ans. Il à profité de cette aubaine sélénite pour rendre visite à ces anciens amis dont quelques uns sont d'anciens amants. Alain Marcel (déjà fort apprécié dans « Perthus ») est très bien dans ce rôle statique mais il est un peu âgé pour le personnage. Cyrano a été assassiné à trente cinq ans, mais peut être vieillit-on au purgatoire? Après un léger étonnement du à l'intrusion du fantôme, la conversation reprend de plus belle. Ils sont assez langue de pute ces pédés du XVII ème, tout à fait comme ceux d'aujourd'hui et probablement comme ceux de demain (mais on m'a confié que chez les hétérosexuels ce n'était pas beaucoup mieux). Bientôt une controverse éclate qui a le plus beau cul, un spadassin ou un danseur? Pour que l'on puisse juger de la chose Ousmane et le chevalier de Nantouillet baissent leurs chausses. Ce qui fait chanter Perrotin << O Célestes plaisir / Doux transport d'allégresse!/ Vient mort quand tu voudras/ Me donner le trépas / J'ai revu ma princesse! >>. On peut trouver le transport de l'eunuque bêlant un peu outré mais du deuxième rang pouvant admirer le cul de Quentin Moriot-Ousmane, je dis que c'est à peine exagéré... Dassoucy veut en voir plus: << Oui... mais le cul tout seul, cela ne veut rien dire, il faut la cuisse aussi, le genou, le mollet et jusqu'au pied enfin descendre tout à fait...>> et voilà nos deux bougres nus comme des vers. Comme Dassoucy le spectateur profite... Bientôt la compagnie se dit que pour bien comparer il faudrait aussi un comédien et c'est le jeune Baron qui s'y colle... Alors là, quel cul! Au sens propre du terme, un cul de compétition et lorsque Félix Beaupérin se retourne, on peut admirer que l'avers vaut largement l'envers... Il faut saluer l'exploit de Félix Beaupérin qui en disant, nu, sur une table, face au public, un texte difficile, réussit par son talent à faire oublier son admirable plastique.

 

Le banquet d'Auteuil de Jean-Marie Besset au Théâtre 14
 
 

Je ne vous en dirais pas plus sur le contenue de cette ambitieuse pièce qui aurait mérité d'être un peu plus ramassée, sachez seulement qu'ensuite dans le quatrième et dernier acte, il y a deux très belles tirades, dites par Molière, l'une sur la fidélité en amitié et l'autre sur la difficulté de garder l'amour d'un jeune homme lorsqu'on est un hommes mure.

A ce propos on peut imaginer que la pièce est sur ce point autobiographique et que d'une manière bien émouvante Besset ait glissé dans sa fantaisie historique une adresse à l'être aimé.

C'est ainsi très fort de faire passer, dans une érudite comédie historique les tourments de sa vie. Car historique la pièce l'est dans ses moindres allusions. Tous ces personnages ont réellement vécu au XVII ème siècle. Il y a bien sur Molière et Lully qu'il est superflu de présenter (quoique) mais aussi des personnages aujourd'hui un peu oubliés comme Chapelle (1626-1686), l'ami de toujours de Molière et ancien amant de Cyrano, son mentor, et de Dassoucy. « Le banquet d'Auteuil » montre que Chapelle était peut-être co-auteur de certaines des pièces du maitre (1). La couverture du texte de la pièce nous révèle que le vrai Michel Baron (1653-1729) était aussi joli dans son jeune âge que l'acteur qui l'interprète aujourd'hui. Il ne faudrait pas oublié Dassoussy, sans doute le plus bougre de tous ces libertins. Il fut emprisonné pour sodomie en 16521655 et 1673. Son très jeune protégé Perrotin séduisît par sa voix le duc de Mantoue qui l’enleva à Dassoucy pour en faire un castrat. Dassoucy retrouva Pierrotin à la fin de 1667... diminué.

La troupe est très homogène et tous les acteurs sont dignes d'éloges. A commencer par celui pour leur diction parfaite qui fait entendre clairement les répliques de la pièce qui plagient raisonnablement le dire du XVII ème siècle. Le banquet d'Auteuil par le surgissement de la tragédie dans la comédie et vice versa est plus de l'école anglo-saxonne que de la française (Molière est cependant en la mantière, le dramaturge français qui convoque le plus volontier ce chaud et froid) . Rien d'étonnant à cela de la part de Jean-Marie Besset qui a signé tant d'adaptations de pièces anglaises et américaines. Il reste que l'auteur dans cette oeuvre que l'on peut considérer comme la plus ambitieuse de son théâtre a été fidèle au classicisme français, unité de temps, "Le banquet d'Auteuil" se déroule en vingt quatre heures et unité de lieu, la résidence de Molière à Auteuil.

La mise en scène de Régis de Matrin-Donos démontre qu'il n'est point besoin de faire courir ses acteurs partout pour réaliser une mise en scène dynamique. Quant aux costumes et décors de Marie Delphin, ils prouvent que les fanfreluches ne sont pas indispensables pour évoquer le XVII ème siècle.

Vous avez compris qu'il faut s'y précipiter, ce n'est pas tous les jours que l'on peut méditer sur la vie, l'amour, la mort, la création littéraire, l'avantage de l'amour des garçons sur celui des femmes, en compagnie de Molière, Cyrano et Lulli tout en se rinçant l'oeil...

 

Le banquet d'Auteuil de Jean-Marie Besset au Théâtre 14

Nota

1- Ce que confirme un écrit d'époque du à : << C'est à lui que nous devons encore une partie des grandes beautés que nous voyons briller dans les excellentes comédies de Molière, qui le consultait sur tout ce qu'il faisait, et qui avait une déférence entière pour la justesse et la délicatesse de son goût.>> ( François de Callières, Des bons mots et des bons contes, Paris, 1692,  332« Des bons mots et des bons contes » [archive], sur Gallica.)

 

2- Il est bon de rappeler pour ne pas idéaliser le XVII ème siècle qu'il n'était pas sans danger d'être pédéraste, il y a plusieurs allusion à ce propos dans la pièce. En 1661 a lieu deux exécutions exemplaires par le feu, celle de Jacques Paulmier et Jacques Chausson pour tentatives de viol sur de jeunes garçons.

 

3- L'affiche est si moche que je ne l'ai pas reproduite. Comment peut on faire une affiche aussi laide avec de si beaux comédiens...    

 

Le banquet d'Auteuil de Jean-Marie Besset au Théâtre 14

La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD
 
 
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD
 
 
 
Le banquet d'Auteuil de Jean-Marie Besset au Théâtre 14
 
 
 
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)
 
 
 
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)
 
 
 
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)
 
 
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)
 
 
 
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La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)
 
 
 
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)
 
 
 
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)
 
 
 
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)

 

La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)
 

 

 

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Je me souviens de Joe Orton

30 Janvier 2026, 10:59am

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Joe Orton dessiné par Patrick Proctor en 1967, quelques semaines à peine avant que Kenneth Halliwell son compagnon lui fracasse le crane avec un marteau, alors qu'il dormait. Kenneth Halliwell s'est ensuite suicidé!

Dans les années 70, les pièces du dramaturge anglais Joe Orton étaient très jouées à Paris. Elles faisaient scandale.

 

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Quelques photos de Joe Orton

 

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Joe Orton (1933-9 août 1967) avec son partenaire et meurtrier Kenneth Halliwell (1926-9 août 1967)

 

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Ci-dessus deux photos de la version cinématographique de la comédie noire de Joe Orton «Entertaining Mr. Sloan» avec Peter McEnery et Harry Andrews.

 

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Les exellents Gary Oldham dans le rôle de Joe et Alfred Molina dans le rôle de Kenneth dans le film  "Prick Up Your Ears".

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Que faire de mister Sloane de Joe Orton à la Comédie des Champs Elysées

30 Janvier 2026, 10:58am

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Comme je le subodorais depuis quelques temps, et cela malgré mon anglophilie, qui n'est contrariée que par ma « nipponphilie », tous les dramaturges anglais ne sont pas Shakespeare, ni même Marlowe. C'est le cas de Joe Orton (1933-1967) l'auteur de ce « Que faire de mister Sloane » dans l’adaptation qu’en a faite Vanasay Khampommia. Pourtant il a eu une fin que l'on peut rapprocher de celle de l'auteur du « Règne blanc ». Déjà j'avais remarqué avec « Retour » de Pinter » que nous étions loin des sommets du cher William, et bien avec cette pièce de Joe Orton, je suis resté dans la plaine. Mais si cela ne vole pas haut c'est tout de même bien réjouissant. L'argument sur lequel se développe les trois actes de « Que faire de mister Sloane » (qui a déjà été plusieurs fois monté en France sous le titre « Le locataire *») est simplissime. Un beau jeune homme (Gaspard Ulliel) survient (on ne saura pas comment) chez Kath (Charlotte De Turckheim), une veuve mure et gironde, qui vit avec son vieux père gâteux (Jean Claude Jay), pour louer une chambre de sa demeure, demeure sise dans une décharge (y-a-t-il un sous texte philosophique à cette situation incongrue? Pour ma part il ne m'est pas apparu). A la vue de ce jeune mâle qui réveille à la fois ses pulsions sexuelles et maternelles, la veuve grimpe aux rideau (c'est une image, rideau de chintz précise-t-elle). Mais pour accueillir le jeune mâle dans son nid (passablement déglingué) elle doit avoir l'aval de Teddie, son frère (Michel Fau). Ce dernier tient sa soeur sous sa coupe car ayant réussi en affaire (on ne saura pas lesquelles), il subvient aux dépenses de la maisonnée qui vivote en des haines recuites. Il est a priori contre l'idée de sa soeur d'avoir un colocataire, la sachant particulièrement chaude à l'approche de la ménopause. Mais dès qu'il voit ce mister Sloane, il est dans l'état du loup de Tex Avery devant Betty Boop! Et accepte que mister Sloane habite la maison et dans son élan l'engage comme chauffeur. Durant toute la pièce le frère et la soeur vont se disputer les faveur du beau Sloane (dont on ignorera le prénom) qui les tient sous sa dépendance (sexuelle).

  

 

Tout comme pour le Le retour d'Harold Pinter (pièce avec laquelle « Que faire de mister Sloane » surtout pour la fin a de grandes parentés), le metteur en scène a choisi une option réaliste pour le décor ce qui l'interdit de pousser la pièce vers le surréalisme qui en est aussi une lecture possible.

 

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Tout en restant dans le naturalisme on pourrait aussi, à l'inverse de ce qu'a fait Michel Fau, mettre en évidence le pathétique des conditions de Kat et de Teddie dont les caractères sont bien dessinée mais ici un peu dissimulés sous les interprétations savoureusement outrée qu'en font les acteurs. Le camp revendiqué de la mise en scène masque le coté très sombre de la pièce d'Orton.

Le naturalisme est ici du fait du décor, du également à Michel Fau, et non créé par le jeu des acteur – Incise – petit essais de description objective du décor:salle à manger cuisine des plus minables avec un authentique mobilier des années cinquante, table basse en faux bois, chaise avec siège et  dossier en vinyl rouge, tabouret recouvert de peluche synthétique , canapé recouvert d'un tissu à fleur usé, placards en bois peint en crème, une cheminée avec un faux feu de bois, des murs couverts de papier peint déchiré par endroit et des rideaux d’une accablante tristesse.
Il y a aussi des bibelots tout aussi tristes: la reproduction d’une peinture de tête de cheval dans un cadre en plastique doré, une photo de chat encadrée, des petites porcelaine... Le tout est sous un plafond sale qui porte les stigmates de fuites d’eau.

 

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La pièce repose avec l'angle pris par la mise en scène surtout sur ses acteurs (ce qui n'est pas étonnant puisqu'elle est faite par un acteur) et heureusement pour les trois principaux (quand a Jean Claude Jay s'il fait le job, loin de Vitez, il n'est pas tout à fait à l'unisson de ses camarades) ils sont fabuleux. Michel Fau qui signe la mise en scène s'est bien servi et on ne s'en plaindra pas. Il est toujours aussi extraordinaire. Comme la pièce quitte l'affiche le 31 décembre, il me reste à chercher où jouera-t-il ensuite pour réserver ma place pour sa prochaine prestation. Charlotte de Turckheim en fait des caisses et révèle un abattage que je ne lui soupçonnait pas. Il m' a semblé presque voir lors des échanges entre Michel Fau et Charlotte de Turckheim revenu d'entre les morts Jacques Charron et Jacqueline Maillan, ce qui n'est pas un mince compliment. Mais la révélation c'est bien sûr Gaspard Ulliel dont ce sont les débuts sur les planches et que j'avais bien sûr apprécié au cinéma dans par exemple « Le dernier jour » de Rodolphe Marconi, mais dont je ne pouvait soupçonné l'aisance gouailleuse au théâtre. Il fait jeu égal avec ses deux amoureux transis mais vachards et c'est un exploit. La très bonne scénographie de Michel Fau aide bien aussi les acteurs.

Cette farce noire a été écrite par Joe Orton en 1964 et Michel Fau a eu la bonne idée de ne pas moderniser la pièce. La tenue de chauffeur, due comme tous les costumes à David Belugou, qui sied parfaitement à Gaspar Ulliel semble avoir été dessinée par Tom de Finlande! Plus sérieusement il bon de se souvenir que cette pièce a été écrite quatre ans avant la fin de l'interdiction de l'homosexualité en Grande Bretagne. Ce qui explique que Teddie masque son homosexualité par divers subterfuges comme son intérêt pour le culturisme.

Les pièces de boulevard françaises se déroule toujours dans des milieux bourgeois (il doit pourtant bien avoir des prolos cocus!). Les anglais on eux inventé le boulevard chez les crapoteux dénués de tous sens moral, aucun sens de la culpabilité dans ce théâtre. Au final c'est plus rigolo car plus méchant et encore plus cynique réduisant la belle personne à de la viande consommable. C'est un peu en contrebande les Marx (brother et Karl) chez les freaks.

 

 

 

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Nota:

1- Petit essai de cuistrerie littéraire et anglomane, je rappellerais que l'un des mentors de Joe Orton fut Terence Rattigan, très célèbre en son temps et bien oublié même en Angleterre et quasi ignoré chez nous. Rattigan connu le succès avec des pièce mettant les intermittences du coeur dans une société élégante, du Sagan du coté de Mayfair, un monde très loin de celui que met en scène Orton. Rattigan était comme Orton homosexuel.

2- Joe Orton a été assassiné en 1967 par son amant, Kenneth Halliwell, qui était jaloux de sa renommée et à qui il avait dédié la pièce, il fêterait ses 80 ans l’année prochaine. Que faire de Mr. Sloane, dès qu’elle fut créée en 64, connut le scandale mais reçut le prix de la meilleure pièce au London Critics Variety. Stephen Frears a transposé avec succès au cinéma le destin tragique de Joe Orton, dans Prick Up Your Ears en 1987 (pour plus d'informations voir:Site dédié à Joe Orton ). Sur l'oeuvre d'Orton une analyse passionnante et irréfutable, comme le nom du site qui l'héberge se trouve sur: http://andrewgallix.com/2008/06/10/pour-une-litterature-irrefutable/

3- Le tableau de Richard Lindner qui sert d'affiche et dont je ne vois pas bien le rapport avec la pièce est néanmoins superbe.

4*- Le locataire a été créé en France au Théâtre Moderne en 1971 avec Madeleine Robinson, Paul Crauchet, Harry Max et le jeune Daniel Colas. Je crois me souvenir que cette même année dans ce même théâtre se jouait « le gardien » de Pinter avec Sacha Pitoef et Jacques Dufilho... J'y étais!.

  

Joe Orton

  

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Toussaint Colombani au Théâtre de poche en 2009

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Une “ chanson étrange ” de Gilbert Bécaud

4 Janvier 2026, 08:40am

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En 1973, à l'Olympia, j'y étais Gilbert Bécaud chantait "chanson étrange". La salle applaudit. Les salles applaudissent mécaniquement. Ecoutent-elles les chanson? Les comprennent-elles? Il est vrai qu'en 1973, l'innocence des enfants n'était pas un dogme...
 
Dans un restaurant espagnol, au mois de janvier
Je dînais en solitaire comme un voyageur
Et, devant moi, un homme et une femme parlaient
De choses qui les intéressaient
Vraisemblablement
Avec eux, était attablée une petite fille entre neuf et dix ans
Une petite fille, oui, entre neuf et dix ans
Elle s'est levée lentement, je l'ai regardée
Elle était habillée bien curieusement
Elle était belle avec ses cheveux blonds très pâles
Elle venait d'un pays du Nord
Vraisemblablement
Devant moi, elle s'est arrêtée, la petite fille entre neuf et dix ans
La petite fille, oui, entre neuf et dix ans
Elle m'a regardé attentivement
Alors j'ai souri, gêné, étrangement
Elle, elle ne souriait pas, elle me regardait
Elle me regardait de ses yeux très noirs, très grands
Qui ne m'ont pas quitté pendant de longues secondes
Elle me fascinait
Elle me fascinait comme une femme
Comme une femme
Alors, j'ai fini par baisser les yeux
Elle s'est éloignée
Elle avait compris qu'elle m'avait troublé
Ce sont des choses difficiles à dire
Ce sont des choses difficiles... à chanter
Que s'est-il passé?
Un moment d'amour
Vraisemblablement
 
 

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Le porteur d'Histoire au studio des Champs-Elysées

2 Janvier 2026, 07:36am

 

Imaginez que vous êtes au coin du feu en train de chauffer dans vos mains votre verre de Talisker (un glaçon dans un bon whisky est une hérésie) et que l'invité surprise de la soirée, un aventurier un peu louche mais plein de charme, commence à vous raconter sa vie qui n'est qu'une suite de péripéties plus incroyables les unes que les autres (il vous faudra un peu d'imagination car on est très mal assis au studio des Champs-Elysées). Cela commence pourtant d'une manière des plus prosaïque, Martin Martin un jeune homme vaguement dans la restauration, en instance de divorce apprend que son père est mort dans un trou perdu des Ardennes où il s'est retiré. Durant près de deux heures vous allez être suspendu aux lèvres de ce bonimenteur charismatique ne sachant pas si ce qu'il vous raconte est du lard ou du cochon. Car lors de l'enterrement de son père notre aède découvre un carnet manuscrit qui va l'entrainer (et nous avec) dans une quête vertigineuse à travers l'Histoire et la géographie, des Ardennes en Algérie en passant par le Canada, à la recherche d'un trésor colossal accumulé à travers les âges par une société secrète.

Cet hommage à Alexandre Dumas écrit sous forme de théâtre feuilleton par Alexis Michalik est habile et nous tient en haleine jusqu'au bout. Alexandre Dumas apparaît lui même dans la pièce ainsi que Delacroix, le duc de Polignac (Jules 1780-1847) et Marie Antoinette. Ces aventures échevelées sont interprétées par cinq comédiens de grand talent (même s'ils appuient quelques stéréotypes). Trois hommes et deux femmes qui endossent une multitude de personnages rendus tous très vivant par l'interprétation mais aussi grâce à une mise en scène trépidante sans être agité qui donne beaucoup de rythme à toutes ces péripétie pourtant circonscrites sur la petite scène du studio des Champs-Elysées.

Si l'on passe une bonne soirée avec ce Porteur d'Histoire l'enthousiasme tombe assez rapidement lorsque les lumières se rallument et que le charme du conteur n'opère plus. On s'aperçoit alors que tout cela dégouline de la moraline bienpensante de l'ère du temps. Une époque incapable d'imaginer un autre régime que celui qui périclite sous nos yeux tels les citoyens de l'empire romain du V ème siècle. Plus gênant cette pièce pourtant parfaite pour faire aimer le théâtre à un adolescent accrédite l'idée d'une société secrète omniprésente sur notre planète depuis la nuit des temps, une sorte de théorie du complot soft.

 

 

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Voyages avec ma tante à la Pépinière Théâtre

27 Novembre 2025, 07:36am

Voyages avec ma tante à la Pépinière Théâtre

 

Je vais commencer par une allusion que les moins de quarante ans ne peuvent connaitre... Si vous êtes nostalgique des frères Jacques, ces athlètes de la chanson, comme je ne sais quel critique les avait surnommé, allez au théâtre La Pépinière voir quatre athlètes... du théâtre qui sans collant mais avec chapeau melon vous feront rire et au final vous donneront une émouvante leçon de vie dans l'improbable adaptation théâtrale et pourtant autant fidèle que réussie du roman ébouriffant de Graham Greene « Voyages avec ma tante » (le roman a été publié en 1969, en plein Swinging London). Si j'ai commencé par l'évocation des frères Jacques c'est que les quatre comédiens sur scène, Claude Aufaure qui mène le bal, parfait en tante Augusta, Jean-Paul Bordes, Dominique Daguier, Pierre-Alain Leleu ont le même génie de l'interprétation que le regretté quatuor chantant. En quelques mimiques ils transforment un colonel turc en une vieille anglaise transie. A eux quatre ils interprètent avec maestria, un retraité anglais, la femme d'un général nazi, une vielle dame indigne, un maquereau africain, un faux aristocrate italien mais vrai escroc collabo, une locomotive, un muezzin, des inspecteurs de la police britannique, une jeune vierge sud américaine, le chef de la police du Paraguay, un agent de la C.I.A, quelques automobiles, une pendule et, morceau de bravoure, un perroquet avec lissage de plumes et déplacement sur le perchoir compris... et encore j'ai oublié quelques personnages...

Je dois dire que je suis allé voir cette pièce très dubitatif quant à sa réussite car je ne voyais pas bien ce que pouvait donner la transcription théâtrale, qui plus est sur la scène étroite du Pépinière théâtre de cette histoire échevelée d'une vieille aventurière qui entraine son timoré de neveux, Henry employé de banque récemment retraité ,de par le monde dans une histoire abracadabrantesque où se mêle trafique de drogue, fuite d'un collabo en Amérique du sud, histoires de famille compliquées, extralucides divers, la C.I.A et bien d'autres choses, le tout sur un mode burlesque; et bien j'avais mésestimé outre le talent des comédiens, celui de Briançon, le metteur en scène, dont le nom, il est vrai est presque toujours gage de qualité, et la très habile adaptation scénique du roman de Graham Greene signée Giles Havergal et adapté en français par Briançon.

Briançon et ses acteurs parviennent à nous faire croire qe nous sommes successivement à Londres, Brighton, Paris, Istanboul, de nouveau à Londres, en Afrique du sud, en Argentine et enfin au Paraguay. Cela par un décor minimaliste. Il lui suffit de mette en fond de scène le flanc d’un wagon de l'Orient Express en carton-pâte, sur les fenêtres duquel s’affichent, au fil des pérégrinations de l'infortuné neveu, des photos de paysages, de villes, et nous y sommes!

Voyages avec ma tante n'est pas qu'un délicieux divertissement c'est aussi une leçon de vie qui nous incite à regarder au dehors plutôt que de se refermer sur soi et de s'engluer dans notre routine.

 
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un soir à la Philharmonie 

26 Novembre 2025, 07:44am

un soir à la Philharmonie
un soir à la Philharmonie
un soir à la Philharmonie

J'étais très impatient de découvrir l'intérieur de la Philharmonie. L'extérieur de jour m'avait laissé dubitatif lors de ma visite de l'exposition consacrée à David Bowie. Sa vision de nuit ne m'a pas conquis davantage, cette fois en raison d'un éclairage très chiche, pour raison d'économie sans doute. J'ai donc profité de la venue à Paris du chef d'orchestre Gustavo Dudamel à la tête du Philharmonic Los Angeles proposant un programme de musique américaine, John Williams, Alberto Ginastera, Andrew Norman, Aaron Copland, Bernar Hermann, pour sauter le pas. Bon ne croyez pas que cela fut inopiné car pour m'assoir dans cette nouvelle salle j'ai du prendre mon billet en juin dernier! au prix très abordable de 20€ (on est loin des 80 à 150€ qu'il faut débourser pour avoir le vertige dans la salle de l'Opéra Bastille) mais faut-il encore parvenir à avoir une place. Je dois dire que j'ai été déçu par l'esthétique de la salle; son coté année 60 avec ces énormes déflecteurs en boomerangs géants, qui renvoie certes merveilleusement le son m'ont fait penser à l'esthétique "Modeste et Pompon", du vieux moderne en somme. En revanche quand la musique commence c'est un bonheur, l'acoustique est parfaite et la musique vous enveloppant devient manteau.  

un soir à la Philharmonie
un soir à la Philharmonie
un soir à la Philharmonie
un soir à la Philharmonie
un soir à la Philharmonie
un soir à la Philharmonie
Gustavo Dudamel saluant le premier violon

Gustavo Dudamel saluant le premier violon

Sergio Tiampo au piano pour le concerto pour piano n°1 d'Alberto Ginastera

Sergio Tiampo au piano pour le concerto pour piano n°1 d'Alberto Ginastera

un soir à la Philharmonie
un soir à la Philharmonie

 

Commentaires lors de la première édition du billet:

 

 

 

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Pour se souvenir d' Othello de Shakespeare mis en scène par Jean-François Sivadier à l’Odéon

3 Octobre 2025, 06:39am

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Stephen Butel, Nicolas Bouchaud, Jisca Kalvanda, Cyril Bothorel Adama Diop, Emilie Lehuraux, Gulliver Hecq

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Adama Diop

 

Encore une fois les acteurs et le texte doivent lutter contre une mise en scène qui se veut intelligente et qui n’est qu’indigente avec en sus un parti-pris de laideur; pas de décor ou presque, sinon de grands cadres métalliques qui de temps en temps bougent et s’illuminent sans raisons apparentes (du moins pour moi) et en fond de  scène de grandes pendouilleries de plastique transparent; cette quasi absence de  décor gomme le changement de lieux entre Venise et Chypre, ce qui fait passer à la trappe tout l’aspect historique de la pièce; pas de costumes sinon, sauf quelques exceptions, les hardes que les acteurs doivent mettre lors des répétitions. La scénographie est brouillonne et peine à occuper la vaste scène du théâtre, décidément bien difficile à « meubler » et ce n’est pas en faisant courir les comédiens tout autour que l’on occupe d’une façon signifiante le plateau. L’éclairage est à l’avenant parfois les acteurs sont éblouis par un puissant projecteur, ce qui doit signifier sans doute quelque chose pour Jean-François Sivadier, mais il doit être le seul. Quant au son, on a droit sporadiquement à quelques chansonnettes par exemple « Déshabillez moi » intrusion dont je ne perçois pas la pertinence. Comme cela semble maintenant obligatoire pour toutes pièces du répertoire, il y a un ajout féministe particulièrement lourdingue au texte de Shakespeare, comme si cela ne suffisait pas de faire jouer le petit rôle du doge de Venise par une actrice noire. Le seul intérêt de la chose c’est que cela économise un comédien…

 

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Heureusement il y a Shakespeare, le plus grand dramaturge de tout les temps dont les pièces sont insubmersibles et peuvent resister à toutes les petites tempêtes fomentée régulièrement par les égos surdimensionnés des metteurs en scène, souvent des acteurs frustrés, tant pis pour les vaches sacrées, mais les cacochymes dans mon genre se souviendront que Patrice Chéreau et Jean Vilar étaient de bien mauvais comédiens. Les comédiens justement, dans cet Othello, sont tous excellents avec une prime d’excellence supplémentaire pour Nicolas Bouchaud en Iago, campant un manipulateur bipolaire, un salaud intégral d’exception, machiavélique, cauteleux et enjôleur à la fois, un méprisant méprisable d’anthologie. Adama Diop en Othello compose un Othello complexe dans lequel force et faiblesse se combattent. Diop ajoute à son personnage une pointe d’humour qui humanise Othello. Stephen Butel fait preuve de beaucoup d’autorité dans son rôle de Cassio et Cyril Bothorel fait preuve d'une grande présence dans ses emplois puisqu'il est tour à tour Brabantio, Montano et Lodovico. Emilie Lehuraux dans son double rôle de Desdémone passe avec aisance de l’amoureuse à la putain, Gulliver Hecq campe un niais, que l’on parvient à plaindre en dépit de sa bêtise, quant à Jisca Kalvanda, si l’on oublie sa ridicule prestation dans sa petite apparition en doge, elle vitupère avec force et conviction lorsqu’elle est Bianca. Le seul point positif que je retiendrais de la mise en scène de Sivadier est d’avoir démontré qu’il n’est pas utile d’avoir forcément une distribution pléthorique pour monter un drame shakespearien, car dans cet Othello ces sept remarquables acteurs font très bien l’affaire. 

 

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Adama Diop et Emilie Lehuraux

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Emilie Lehuraux, Nicolas Bouchaud, Cyril Bothorel

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Nicolas Bouchaud

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Emilie Lehuraux, Jisca Kalvanda, Nicolas Bouchaud

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Pour se souvenir de SOUVENIRS D'UN GRATTEUR DE TÊTES DE BERNARD PIVOT AU THÉÂTRE DU ROND-POINT

21 Juillet 2025, 06:31am

 

Hier soir (11 avril 2012), j'étais chez Pivot, comme disaient les écrivains, il y a presque vingt cinq ans, enfin seulement spectateur parmi les cent cinquante qui étaient au Théâtre du Rond-point. Le véritable maitre des lieux, espérons encore pour longtemps tant sa programmation est libre, Jean-Pierre Ribes en préambule a dit tout le plaisir et l'honneur qu'il avait accueillir dans ses murs celui qui durant vingt ans fut le grand prescripteur des lectures des français. Tout timide il s'est avancé sur la scène que meublait un décor imitant celui de la toujours regrettée émission « Apostrophe », costume gris, impeccablement coupé sur chemise blanche, plus mince qu'en mon souvenir, la chevelure neigeuse et une jambe légèrement trainante. Je le voyais en vrai, celui dont j'essayais de ne jamais manquer ses rendez-vous du vendredi soir (d'autant qu'au début c'était avant le magnétoscope!). Durant une heure et quart Bernard Pivot, d'une voix plus fluette qu'à la télévision, va nous enchanter en lisant un choix d'extraits de ses livres, il s'est excusé d'en avoir écrit si peu. Il lit tantôt devant un pupitre, tantôt assis dans un des fauteuils dans lequel il s'asseyait sur le plateau d' »Apostrophe ». On avait l'impression d'être au coin d'un feu et d'avoir demandé à un ami écrivain de nous lire les morceaux les plus succulents de ses livres (il fait une seule infidélité à ses écrits en lisant une page succulente d'Antoine Blondin). Et puis sans doute de crainte de lasser son auditoire, il alterne ses subtiles et néanmoins légères considérations sur les mots avec ses souvenirs de jeunesses dans lesquels Bernard Pivot nous parle avec une sensuelle pudeur de son amour des femmes et ses admirations pour les grands écrivains comme Marguerite Yourcenar, Nabokov, Soljenitsyne... que longtemps il a côtoyé professionnellement. J'ai découvert derrière le généreux passeur de nos lettres un écrivain entre Claude Hagège, pour la passion des mots et Alexandre Vialatte pour la malice et la justesse de la chose vue et vécue. Quand la lumière est revenue après les applaudissements sous le charme, les spectateurs, comme Bernard Pivot ne savaient pas comment partir.

 

COMMENTAIRES Lors de la première édition de ce billet

Bonjour-Pour ma part, j'ai toujours trouvé Pivot supérieur à Chancel, comme "passeur" ( ceci dit, personne n'a jamais surpassé Serge Daney ;-) )
Merci pour vos billets
COMMENTAIRE N°1 POSTÉ PAR BRUNO IL Y A 4 JOURS À 14H40

Pivot a une humilité que n'a jamais eu Chancel qui comme la plupart des gens de média n'écoute pas vraiment la réponse à leurs questions et d'autre part il y a un amour de la littérature chez Pivot que ne possède pas Chancel. Quant à Daney que j'apprécie beaucoup s'il fut en effet un grand passeur, il avait néanmoins une sécheresse intellectuelle qui souvent me gène, due sans doute à un mal vivre que semble ignorer Bernard Pivot. 

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS IL Y A 4 JOURS À 15H40

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