un regard sur les arts et les lettres
Une visite à l'Assemblée Nationale (1)
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Dans la bibliothèque
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Paris, avril 2025, photo B.A
LE COUP DE PRAGUE DE MILES HYMAN ET JEAN-LUC FROMENTAL
Jusqu'à récemment je doutais qu'un écrivain britannique puisse être un bon héros d'une oeuvre de fiction. J'avais été navré de la médiocrité des livres qui mettaient en scène Oscar Wilde avec cette idée totalement incongrue d'en faire un double de Sherlock Holmes et je n'avais pas tout à fait été convaincu, contrairement à l'habitude, par "Le mariage de Kipling" dans lequel François Rivière transforme l'auteur du "Livre de la jungle" en personnage de fiction; et puis, coup sur coup sont parus deux très bons ouvrages. D'abord "Les pièges de l'exil" de Philip Kerr, dont je vous parlerai sans trop tarder, et dont un des personnages principaux est Somerset Maugham et ce "Coup de Prague" qui est le sujet de ce billet et a pour héros Graham Greene (1904-1991) écrivain dont j'ai lu un grand nombre de romans, principalement lorsque j'étais adolescent. Il faut dire que Graham Greene est un bon client pour un auteur en quête de romanesque. Sa personnalité était pour le moins atypique même dans les lettres anglaises où l'extravagance est de mise; Catholique, il déclarait: << Vous n’avez pas idée de ce que je serais si je n’avais pas la religion. Sans l’assistance divine, je mériterais à peine le nom d’humain >>. Il fut incapable de quitter sa femme qu’il trompait avec une belle régularité. Mais il réussit à se faire excommunier ! Graham Greene fut aussi agent secret, grand voyageur, notoirement alcoolique, coureur de femmes, probablement homosexuel à temps perdu et surtout, un fabuleux auteur de thrillers sans oublier sa proximité avec les espions de Cambridge. Cité pendant des années comme probable prix Nobel de littérature, il ne l'a jamais obtenu (c'était un peu le Murakami des années 70-80). Peut-être que la diversité de ses "talents" ne l'a pas aidé auprès du puritain jury suédois...

"Le coup de Prague" est basé sur l'un des nombreux épisodes aventureux de la vie de Graham Greene personnage très complexe comme le sont les autres protagoniste de cette histoire comme le dit très bien son scénariste: << C’est une histoire d’espionnage truquée jusqu’à son titre, puisque les deux tiers du livre se déroulent à Vienne et que le terme << "Coup de Prague" (…) désigne la révolution qui fit basculer la Tchécoslovaquie dans le giron soviétique en 1948. C’est le moment-clé où se déroule le récit: cette «semaine perdue» de Greene, qui, après quinze jours à Vienne pour le repérage de son film, se rend à Prague en toute discrétion sans qu’on sache vraiment ce qu’il va y faire.>>
Ce roman graphique est une sorte de making-off du fameux film que Carol Reed réalisa en 1949, "Le troisième homme" dont Graham Greene a écrit le scénario. Le livre, contrairement à ce que peut laisser penser le titre, se déroule presque exclusivement à Vienne au cœur du rude hiver de 1948. L'écrivain se rend dans la capitale de l'Autriche, qui comme Berlin est alors divisée en quatre secteurs, tenus chacun par l'un des alliés, sous le prétexte d'étoffer son scénario. Nous allons ainsi suivre la genèse du « Troisième Homme » qui sera très périlleuse pour son scénariste. On devine dès les premières pages que la littérature et le cinéma ne sont pas les seuls raisons qu'a l'écrivain de venir à Vienne.
Le scénariste de ce roman graphique est Jean-Luc Fromental qui est aussi éditeur chez Denoël Graphic sera le coscénariste avec Jean-Louis Bocquet d’un prochain « Blake et Mortimer » qui sera dessiné par Antoine Aubin. Si l'on en juge par la qualité de cet album, on salive à l'avance pour ce qui devrait sortir de ce brillant attelage. Avec "Le coup de Prague", Le scénario de Jean-Luc Fromental nous emmène dans une Vienne qui en 1948 est un véritable nid d'espions au moment où la guerre froide, larvée depuis déjà plusieurs mois, va véritablement éclater avec la prise de pouvoir par les communistes à Prague. Nous sommes entre Eric Ambler et John Le carré. La bonne idée du scénariste est de nous faire raconter cette histoire par la belle jeune femme qui doit chaperonner l'écrivain dans une ville où chaque sortie peut être fatale. Il s'agit d'Elizabeth Montaigu, une ancienne actrice ayant travaillé pour les services secrets américains pendant la guerre, personnage réel que je ne connaissais pas.
Depuis la fin de la guerre,la dame travaille pour la London Films, la compagnie du réalisateur et producteur Alexander Korda qui lui aussi émarge aux services secrets britanniques (ce que je ne savais pas; est-ce une invention?) mais apparemment pas tout à fait dans la même obédience que Graham Green. Comme celui-ci vient d’engager Graham Greene pour écrire le scénario d’un film se déroulant à Vienne, Elizabeth est chargée par son employeur de guider le romancier anglais dans la ville, afin de lui permettre de trouver l’inspiration pour son histoire.
Détail d'une planche du "Coup de Prague" avec la roue viennoise dans laquelle est jouée un fameuse scène du Troisième homme avec Orson Welles et James Cotten © Jean-Luc Fromental et Miles Hyman/ Collection Aire Libre chez Dupuis
Le scénario du coup de Prague est plus complexe que celui du "Troisième homme". Il demande au lecteur une grande attention pour comprendre les péripéties de cette aventure où s'affronte les soviétiques et les occidentaux qui sont loin de marcher tous la main dans la main; à quoi il faut ajouter trafiquants de toutes sortes et anciens nazis désireux d'être exfiltrés vers l'Amérique du sud. Les multiples rebondissements de cette histoire tient sur 96 pages riches et denses et c'est un tour de force d'autant que les décors ne sont jamais oubliés.
Le style de Miles Hyman est immédiatement reconnaissable. Chaque case est un tableau qui semble avoir été exécuté à la craie grasse. Leur esthétique font plus penser aux tableaux d'Edward Hooper qu'a celle d'autres bandes dessinées. Je ne connaissais de Miles Hyman avant cet album que son adaptation du" Dahlia noir " d'Elroy et son art-book "Drawings" sorti en 2015.
Les éditions Dupuis ont, en outre, eu l’intelligence de présenter à la fin de la bande dessinée, un dossier, signé Jean-Luc Fromental, consacré aux principaux protagonistes de l’histoire, ce qui aide à la compréhension de cette intrigue passionnante mais touffue et donne envie de revoir le film de Carol Reed, "le Troisième homme ". Ce précieux supplément permet d'envisager quelles sont les parts de faits réels, de suppositions ou de pures fictions dans le scénario.
Troca 87
KIMONOS D'ENFANTS À LA BIBLIOTHÈQUE FORNEY
A la bibliothèque Forney, dans le très bel hôtel de Sens, madame Nakano nous invite à admirer sa collection de kimonos d'enfant datant de 1870 à 1930.


Madame Nakano, qui est né en 1935 dans le quartier d'Ayukai dans la ville de Shirataka a consacré sa vie à la couture traditionnelle japonaise. Elle a commencé sa collection de Kimonos d'enfant il y a une vingtaine d'années. Elle se compose aussi bien de luxueux kimonos pour lesquels de riches familles avaient payé une fortune, que de kimonos de fête pour des enfants moins favorisé ainsi que des habits du quotidien. Tous les ages sont représentés depuis les vêtements du nouveau-né, jusqu'aux kimono pour la fête des treize ans (A partir de 13 ans, une fille quittait le monde de l’enfance et devait porter, avec un kimono à longues manches flottantes) . Ces habits sont confectionnés de différentes matières, coton, soie...

Kimonos "aux cent vertus" pour bébé - H. 50 cm (à gauche) - Kimono pour bébé garçon - Teinture au pochoir à la réserve sur coton indigo - H. 57 cm (à droite) Époque Taishô

Kimonos pour bébés - Teinture Shibori sur coton indigo - H. 55 et 57 cm - Époque Taishô
Les kimonos anciens d'enfant sont rares car les enfants du Japon d'hier n'étaient pas différents de ceux d'aujourd'hui. Ils mettaient souvent à mal leur vêture à la rude épreuve de leurs jeux. Comme le montre les beaux bois gravés de Miyagawa Shuntei (1873-1914) montrant des jeux d'enfant dont une partie de chat perché et deux bandes de garçons face à face, tableau qui m'a évoqué une guerre des boutons nippone...


Ces kimonos dont certains sont de véritable oeuvre d'art, sont ornés de motif porte-bonheur ou de sujets qui indiquent les espoirs que les familles mettent dans leur rejeton, comme l'association de pins, de bambous et de fleurs de prunier qui serait gage d'une vie heureuse, On trouve aussi fréquemment des représentations de grues (qui ressemblent beaucoup à nos cigognes) qui sont symboles de longévité tout comme les carpes (en écrivant ce billet je porte un yukata sur lequel s'ébattent des carpes, vous devriez donc me supporter encore quelques temps si ces motifs, comme l'espéraient les anciens japonais ont une incidence sur la durée de la vie de celui qui arbore un tel vêtement.). Tous ces motifs avaient pour but de combattre le sort qui faisait qu'avant l'ère Meji beaucoup d'enfants mourraient avant d'être devenu adulte (il suffit de lire le formidable manga Jin pour en être informé).
Si les décors de l’époque Meiji (1868-1912) sont encore très raffinés, l’époque Taishô (1912-1926) aima en général les kimonos aux grands motifs dans des couleurs bigarrées présentant de forts contrastes avec le fond du vêtement.



Les kimonos pour les filles différaient de ceux destinés aux garçons. Aux filles les motifs fleuraux souvent accompagnés de papillons, leur grâce et leur légèreté sont des symboles appropriés pour caractériser les femmes, aux garçons les scènes de chasse au faucon, les casques (lorsque la famille espérait que leur fils ferait une belle carrière militaire), les chevaux. A la fin des années trente et jusqu'en 1945 des motifs de propagande , comme des soldats en armes ou des avions permettaient d'affirmer le patriotisme des familles (il n'y en a pas dans l'exposition).

Kimonos pour garçon (à gauche) - Double ikat sur ramie - H. 86 cm - Époque Meiji - Kimono pour fille (à droite) - Teinture au pochoir à réserve sur coton teint à l'indigo - H.126 cm - Fin époque Edo
Kimono pour garçon - Teinture Yuzen sur soie noire - H. 95 cm - Époque Taishô

Kimono pour garçon - Teinture Yuzen sur soie noire - H. 113 cm - Époque Taishô
Sur certains kimonos on peut voir des scènes tirées de légendes ou de contes comme l’histoire d’Urashima Tarô, le pêcheur qui vivait au fond de la mer ….
kimono pour garçon appartenant à une famille de samurai (les trois "pastilles" que l'on voit en haut du dos du kimono sont "les armoiries" de la famille), le décor de bambous dont la croissance est drue et des pins toujours verts, comparable à une peinture à l’encre de Chine exprime des souhaits de santé et de croissance, motifs destinés plutôt aux garçons. Teinture Yuzen sur gaze de soie bleue foncée - H. 97 cm - Époque Taishô
Si les kimonos pour garçons privilégient les couleurs foncées, noir, bleu ou gris, ceux des filles sont souvent réalisés dans toutes les couleurs variant des teintes claires et nuancées aux plus vives

Kimono pour fille - Teinture Yuzen sur crêpe de soie - H. 87 cm - Époque Meiji
Parfois les dessins sur les kimonos d'enfant étaient semblables à ceux destinés aux adulte pour que les esprit malin ne puissent remarquer les enfant à l'âme plus facilement ravissable que celle des ainés.

Kimono "aux cent vertus" - 197 pièces de cotons différents pour le kimono et sa doublure - H. 73 cm - Époque Meiji

Kimono et Haori - Cotons teints à l'indigo - H. 65 et 57 cm - Époque Shôwa
Les plus curieux, et les plus émouvants sont les kimonos dit aux cents vertus confectionnés en cousant en patchwork des morceaux de tissus que recevaient des morceaux de tissus provenant de vêtements ayant habillés des personnes qui ont vécu longtemps. Si ces kimonos sont le fruit certes d'une symbolique à laquelle s'ajoutaient aussi des contraintes économiques. La culture du coton commença à se répandre dans le sud du Japon à partir du XVIe siècle, mais dans le Tôhoku, région montagneuse aux hivers longs et rigoureux, dont est originaire madame Nakano, les précieux tissus de coton n’arrivaient que sous forme de kimonos d’occasion, aussi gardait-on précieusement chaque petit morceau auquel on s’attachait à donner une seconde vie.
On voit également dans l'exposition de nombreuses pièces de vêtement qui accompagnent les kimonos comme des bavoirs, des bonnets, des sandales, des chaussettes... des jouets comme des balles et des poupées.

Petites bottes en paille de riz des pays de neige - Époque Shôwa
Une belle exposition à ne pas rater, bien présentée, très pédagogique tout en étant accessible grâce en particulier a des cartouches aussi clairs qu'informatif. La visite peut être aussi complétée par le parfait petit catalogue très élégant pour ses vingt euros. Lors de ma visite j'ai eu la chance de tomber sur une conférence itinérante dans l'exposition faite par une dame aussi instruite que sympathique et c'était gratuit...


AGORA, FILM D'AMENABAR

Alexandrie au quatrième siècle de notre ère, l'empire Romain se délite. Les fanatiques chrétiens sont en passe de faire régner l'intolérance et la terreur. Une femme philosophe et ses disciples s'interrogent sur le cosmos, dernières lumières de la raison avant les temps obscurs.
Voilà cinquante ans, que le grand amateur du péplum que je suis, se voyait présenté les chrétiens comme des agneaux et meilleur met des lions. Divine surprise! nous vient d'Espagne, enfin le réalisateur Amenabar est espagnol car la production est internationale, « Agora » qui nous les montre tels qu'ils étaient ( et qu'ils sont restés ) de sanguinaires obscurantistes. Ce n'est d'ailleurs pas que les païens ou les juifs soient meilleurs, plus éclairés ou plus doux, non, dans cette Alexandrie du quatrième siècle, ils se trouvent qu'ils ont la malchance de devenir minoritaires, passant ainsi, du jour au lendemain, de la situation de bourreaux à celles de victimes. Vieille histoire qui se répète probablement depuis des millénaires et qui semble avoir un bel avenir devant elle. D'ailleurs j'ai un délicieux petit tapis de prière, dans un de mes placards. Je le sortirais à bon escient lorsque les ignares mahométans seront majoritaires dans notre contrée, ce qui ne saurait tarder. Alors nombre de benêts pourrons dire, comme dans le film, cet adorateur d'Osiris se penchant sur la foule grouillante et hostile qui l'assiège: << Depuis quand sont-ils aussi nombreux?>>…
Le film fait un parallèle constant et pesant entre ces chrétiens d'hier et les islamistes d'aujourd'hui. Pour être sûr que le spectateur comprenne bien, chaque idée est assénée de nombreuse fois. Et pour appuyer encore un peu plus le propos de son scénaristeMateo Gil, le réalisateur a donné au chef des catéchumènes une gueule de repoussant ayatollah.
Les amoureux des reconstitutions antiques, dessinées par Jacques Martin, Chaillet et autres Dufaux et Delaby trouveront leur compte avec celles d'Agora somptueuses grâce à l'indiscernable aide numérique.
La distribution, très internationale, dans laquelle il n'y a pas de célébrité, excepté Michael Lonsdale que j'avais quitté dans "Banc public" acheteur de paillasson et que je retrouve avec plaisir, toujours aussi patelin, en toge, se tire très bien de l'exercice toujours difficile qu'est l'incarnation de personnages antiques. A noter que le jeune et bel esclave, Davus qui est amoureux d'Hypatia est interprété par le fils de feu Anthony Minghella, Max Minghella.
Le film est, à travers sa seule figure positive, d'Hypatia, une belle et fière philosophe, qui m'a évoqué en féminin celle du Zénon de Margueritte Yourcenar, une ode à l'athéisme et à la raison. Annoncerait il le grand retour d'Auguste Comte (première manière car sur sa fin le chantre du positivisme s'est fourvoyé dans un ersatz scientiste de religion). Plus que par la dénonciation des intolérances et de la bêtise des religions, ce qui n'est tout de même pas inutile de rappeler en ce moment, je m'étonne que cela nous vienne d'Espagne où la religion catholique est encore prégnante , mais c'est peut être la raison de la vindicte d'Amenabar, c'est par la peinture du petit groupe de lettrés qu'il nous propose qu'Agora m'a intéressé. A une époque ou l'anti intellectualisme se porte bien on ne peut que saluer un film qui met en son centre le savoir.
« Hypatie est l'héroïne idéale. Elle était charismatique ; elle mourut horriblement ; elle fut au centre d'un jeu compliqué de tensions politiques et religieuses ; et – la qualification la plus importante pour le statut de héros – en fin de compte nous savons très peu sur elle de façon claire et certaine. Une étoile qui brille, certes, mais vue à travers les brumes du temps et de l'oubli. Nos incertitudes invitent la construction d'une héroïne. L'un des principaux thèmes des études récentes sur Hypatie est précisément la diversité des interprétations de son histoire. Un livre italien, d'Elena Gajeri, portant le titre Ipazia, un mito letterario – « Hypatie, un mythe littéraire » suggère qu'Hypatie, telle que nous la connaissons, est une construction de l'imaginaire plutôt qu'une réalité de l'histoire. »

« Déjà dans l'antiquité tardive elle était une héroïne païenne pour avoir été massacrée par les chrétiens, ou encore une héroïne des ariens pour avoir été massacrée par les orthodoxes, ou encore une héroïne des chrétiens de Constantinople pour avoir été massacrée par les chrétiens intempérants d'Alexandrie. Plus récemment elle s'est vue traiter d’héroïne anticléricale, victime de la hiérarchie ; héroïne protestante, victime de l'église catholique ; héroïne du romantisme hellénisant, victime de l'abandon par l'Occident de sa culture hellénique ; héroïne du positivisme, victime de la conquête de la science par la religion ; et, tout dernièrement, héroïne du féminisme, victime de la misogynie chrétienne. Femme polyvalente ! »
« Vous avez donc, chez Hypatie, tous les éléments idéaux pour une histoire captivante : il y a le fait exotique, dans l'antiquité, d'une femme mathématicienne et philosophe ; il y a son charisme indéniable ; il y a l'élément érotique fourni par sa beauté et par sa virginité ; il y a le jeu imprévisible des forces politiques et religieuses dans une ville qui a toujours connu la violence ; il y a la cruauté extraordinaire de son assassinat ; et, en arrière-plan, le sentiment profond d'un changement inexorable d'ère historique. De plus il y a notre manque d'informations claires et précises sur elle, ce qui permet aux fabricants de légendes de remplir les lacunes comme ils veulent »
JEUNES BAIGNEURS NAPOLITAINS
Napoli, Italie, aout 1985
Musée d'archéologie d'Olympie (2)
LE MUSÉE D'ARCHÉOLOGIE D'OLYMPIE (1)
LE MODERNA MUSEET DE STOCKHOLM
Tout comme le Louisiana aux alentours de Copenhague (sur ce dernier voir mes billets Le Louisiana, près de Copenhague, le jardin de sculptures et Le Louisiana (2), près de Copenhague, l'intérieur ), le musée d'art moderne de Stockholm (Le Moderna Museet) est un musée pour l'été, d'abord parce que ces deux établissements sont situés dans des lieux splendides et que seul le beau temps permet de bien les apprécier mais surtout parce qu'une partie importante de leur collection se trouve à l'extérieur. Le musée de Stockholm se trouve dans une des iles de la ville l'ile de Skeppsholmen . Celle-ci était auparavant occupée par l'armée. Elle est dorénavant dévolue à la culture. Son pourtour sert de conservatoire aux vieux gréments, véritable musée de la marine à ciel ouvert. La ville offre l'anneau d'hivernage à condition que les propriétaires des bateaux les entretiennent, certains même y habitent. Il est donc conseillé de faire le tour de la petite ile avant de visiter le musée.
On découvre les premières oeuvres gratuitement puisqu'elles égayent les environs du modeste et discret bâtiment du musée. Il y a sur les pelouses un beau et joyeux rassemblement de sculptures de Calder, Niki de Saint-Phalle et Tinguely.





Dés l'entrée nous sommes accueilli par un joli préposé à la vente des billets puis c'est un couloir vache signé Andy Warhol qui nous conduit aux collections.
Au premier plan, une oeuvre de l'artiste britannique Yinka Shonibare est un clin d'oeil à la ville puisqu'elle s'intitule "Le Vasa en bouteille"...

Le musée largement ouvert sur l'extérieur sait faire dialoguer les oeuvre avec la mer et la nature.

Les oeuvres relativement peu nombreuses sont présentées d'une manière aérées et toujours très représentatives de l'artiste exposé comme ce Rosenquist, au titre savoureux: "Je t'aime avec ma Ford de 1961. Outre les quelques pièces photographiées, on en trouve d'autres de Bacon (un très rare double portrait de 1964), Klee, Picasso, Richter, Mondrian, Kapoor... Toutes de première qualité.
J'aurais intitulé cette toile, qui m'a profondément ému, la mort d'un garçon sensible... Elle est de Nils von Dardel (1888-1943) et s'appelle en réalité "le dandy mourant". Il existe une autre version où tous les personnages entourant l'infortuné sont masculins...

Le musée est riche de rencontres inattendues et heureuses comme celle ci-dessus entre une sculpture de Arp et ce très célèbre tableau, "L'enigme de Guillaume Tell (1933) de Salvadore Dali.


Au sous-sol se trouve une riche collection de photographies où l'on reconnait celles sinées Duane Michual ou Larry Clark...

Stockholm, juillet 2009



























