Pascal rue de Médicis
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Paris, février 1985
un regard sur les arts et les lettres
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Paris, février 1985
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Et si ?
Été 1945, les Américains tentent de faire main basse sur les scientifiques travaillant sur le site secret de Peenemünde. La fine fleur de la recherche nazie sur les fusées. Une surprise de taille les attend sur place : les lieux ont été vidé de leurs occupants et du fruit de leurs recherches. Prélude à un tapis de bombes, made in England.

2001. L'Empire britannique s'étend dans les étoiles. Grâce à l'action conjointe de Wernher Von Braun et de l'aviateur anglais John Dashwood, tous deux soutenus par Winston Churchill, du moins au début, le Royaume-Uni est devenu la première puissance spatiale de la Terre. L'espace terrestre proche, la Lune, Mars et bientôt les confins du système solaire, rien ne semble s'opposer à la domination d'Albion. Rules Britannia, rules...
Alors que les États-Unis s'apprêtent à lancer leur premier vol spatial, le secret du financement du ministère de l'espace resurgit, obscurcissant la vieillesse auréolée de gloire de Sir Dashwood.

Astronefs multicolores, esprit pionnier, sense of wonder, il flotte comme un parfum de nostalgie sur cette uchronie. Un sentiment renforcé par une esthétique décalée, pour ne pas dire rétro-futuriste.
Hommage avoué à Dan Dare, Royal Space Force ne manquera pas de réjouir les amateurs chenus de space opera. Pour les autres, même si l'histoire paraît un peu légère – on devine très rapidement l'origine du financement du ministère de l'espace –, au moins a-t-elle le mérite de ressusciter le goût de l'aventure, du dépassement et de l'exploration spatiale.

Avec ce comics, Warren Ellis donne libre cours à un fantasme. Il condamne les calculs politiques et économiques d'une humanité enferrée dans sa bulle d'hyperconsommation. Il renoue avec une certaine SF, celle qui donnait à voir et à rêver, provoquant accessoirement quelques vocations.
Sans abonder complètement dans le sens de Warren Ellis, il faut reconnaître que Royal Space Forceest une œuvre bien distrayante. Pas totalement utopique puisqu'elle rappelle aussi que le rêve a un prix.

Royal Space Force de Chris Weston & Warren Ellis – Delcourt, collection Contrebande, format comics, mars 2011






Une entrevue avec Lasse Nielsen présenté par skykid le 4 Octobre 2009:
" 'You Are Not Alone» est un véritable avènement du film d'adolescent, devenu un classique et un must ". Un film poignant et merveilleux.
Beaucoup a été dit et écrit sur le film danois célèbre "Du er ikke alene" (You Are Not Alone). Pour les fans du film d'adolescent, "You Are Not Alone" est ce qu'est "Star Wars" est pour les fans de science-fiction. Lasse Nielsen, qui a dirigé le film en 1978, a accepté de donner une interview exclusive pour theskykid.com et ses lecteurs.
theskykid.com : "You Are Not Alone" est devenu un classique du genre d'âge. Avez -vous envisagez la popularité du film lorsque vous l'avez tournét?
Lasse Nielsen : Non, je ne rêvais pas que "You Are Not Alone" deviendrait un classique ou un film culte. Peut-être parce que je fais des films avec mon coeur et non ma tête. Pour moi, faire des films estt une expression nécessaire et non une profession calculée.
theskykid.com : était il difficile de trouver deux jeunes acteurs qui étaient prêts à faire ce genre de film?
Lasse Nielsen : Nous trouvé Bo très rapidement, mais pour Kim ça été plus difficile. Nous avons fait des tests filmés à plus de 100 garçons, mais soit le look ne correspondait pas, soit leur jeu était pauvre. Juste quelques semaines avant le début du tournage, mon co-scénariste - le psychologue Bent Petersen - a recommandé le fils d'un de ses collègue psychologue qui était âgé de 12 ans. Lorsque ce garçon Peter est entré dans le studio, je savais tout de suite que c'était le garçon que nous cherchions. En fait, quand nous l'avons vu d'abord ses cheveux étaient si long que nous avons dû lui commander de se faire couper les cheveux pour que nous puissions voir son visage!
theskykid.com : Quelle a été la réaction du public face au film quand il est sorti?
Lasse Nielsen : La réaction a été quelque peu mitigés, mais dans l'ensemble elle était positive. Les censeurs danois ont classé le film comme interdit aux enfants de moins de 12 ans disant que les jeunes enfants ne comprendraient pas le thème de homosexualit&. Mais quelques années plus tard, cette restriction a été officiellement retiré.
theskykid.com : Comment votre film a été reçu dans d' autres pays?
Lasse Nielsen : Bien, à ma connaissance , le film n'a jamais été interdit. Il a été montré dans les grands festivals de cinéma en Italie, en Allemagne et en Hollande, mais jamais largement diffusées à l' extérieur de la Scandinavie. Aux Etats - Unis , il diffusé seulement en vidéo ( l' un best-sellers) et il continue de bien se vendre sur DVD.
theskykid.com : Les thèmes sexuels dans "You Are Not Alone" est très innocent et audacieux. Pensez - vous que nous avons progressé au fil des ans à une approche plus honnête de ce sujet dans le cinéma?
Lasse Nielsen : Je voulais faire un film sur des garçons dans un pensionnat, et montrer honnêtement leurs sentiments. J'ai été moi-même dans un pensionnat moi, il était donc pour moi pas difficile d'écrire le scénario. A l'époque du tournage, j'étais pas réellement conscient que "You Are Not Alone" était le premier film danois à montrer une histoire d'amour entre deux garçons. Dans ces 31 années écoulées depuis la réalisation du film, j'ai reçu beaucoup de lettres - surtout de jeunes garçons et de filles - me disant combien le film signifiait pour eux - combien ils se sentaient mieux avec eux - mêmes après avoir vu le film. Depuis ce temps, il y a eu un certain nombre de films danois traitant de l' homosexualité, mais généralement la relation homosexuelle est en quelque sorte troublé et malheureuse. Souvent , l' un des partenaires meurt. Dans tous les cas, il y a quelques «happy endings!"
theskykid.com : La scène du long baiser dans "You Are Not Alone" avait-elle été toujours prévu pour la fin du film? ou était - ce un changement de dernière minute?
Lasse Nielsen : Non , nous avons tourné plusieurs scènes de fin et montré à la production. Il y en avait une dans laquelle Kim sort de la chambre après avoir été grondé par son père, une autre où Bo et Kim se rencontraient dans leur endroit secret dans les bois. Malheureusement, cette scène tournée était trop sombre et on n'a pas eu assez d' argent dans notre budget pour la refaire. Ainsi, la fin a été créé dans la salle de montage. Mais bien sûr , il a toujours été prévu de faire une fin heureuse!
theskykid.com : Pensez - vous que les attitudes envers les jeunes homosexuels ont changé depuis que le film a été réalisé
Lasse Nielsen : Oui, je pense que oui. À bien des égards, il y a plus de tolérance. Sur YouTube, par exemple, vous pouvez voir de nombreux jeunes garçons faire leur "coming out" en tant que gay. Et - au moins au Danemark - les parents sont de plus en plus enclin à accepter l'homosexualité de leurs enfants. Je ne suis pas sûr qu'il y ait eu beaucoup de progrès aux États - Unis, où de nombreux jeunes adolescents homosexuels sont encore possés au suicide à cause du harcèlement social général et spécifique.
theskykid.com : Vous n'êtes pas seul a une belle chanson thème. Qui a choisi la belle chanson du thème? Sebastian a-il écrit la chanson en fonction du contenu du film.
Lasse Nielsen : Je travaillais avec le compositeur / chanteur danois Sebastian sur mon film précédent, "Peut-être que nous pouvons." Lorsque je lui ai envoyé le scénario de "You Are Not Alone" , il a été très impressionné, et il a commencé à écrire des chansons pour le film avant même le commencement du tournage. Je me souviens de la nuit ,où m'a appelé au téléphone et a joué la chanson du thème pour moi. Je me suis assis et j'ai pleuré, parce que la chanson était si parfait pour l'ambiance du film que j'avais à l' esprit. Sebastian est depuis devenu l' un des principaux compositeurs populaires du Danemark. Il a également écrit des chansons pour plusieurs comédies musicales qui sont représentées fréquemment dans toute la Scandinavie. Il est également célèbre pour avoir écrit de nouvelles musiques sur des paroles du dramaturge allemand Bertolt Brecht.
theskykid.com : Pensez - vous que le film pourrait être tourné aujourd'hui?
Lasse Nielsen : Non, je ne crois pas que le film pourrait être fait aujourd'hui. Nous avons une situation malheureusement d' auto-censure ces dernières années .
theskykid.com : avez vous des films avec des garçons de l'âge de votre film que vous aimez particulièrement?
Lasse Nielsen : Les films de François Truffaut sont exceptionnelle, et ont été très inspirant pour moi. Dans mon dernier film, "The Story of Net" J'utilise par exemple la musique de Vivaldi - un peu comme Truffaut a fait dans d' autres films. j'aime "Les 400 coups", "L'homme sans visage" "L'Enfant sauvage. " ," Streetwise "," Jeune Aphrodites", " Nobody Knows "...
theskykid.com : Y a-t - il quelque chose que vous voulez ajouter?
Lasse Nielsen : Mon nouveau film, "The Story of Net," a pris trois ans pour se terminer, et a probablement été le film le plus difficile pour moi à faire. C'est parce que je suis le seul responsable de l'écriture, de la réalisation, du montage... Ce fut une expérience merveilleuse, cependant, en collaboration avec un groupe d'amateurs enthousiastes en Thaïlande. Un certain nombre de gens thaïlandais qui ont vu le film me ont dit que le jeu est comparable à ce que tous les acteurs thaïlandais professionnels pourraient faire! L'histoire se concentre sur les expériences d'un garçon Thai de douze ans. Mais je crois que les enfants, partout dans le monde, seront en mesure d'identifier avec ce garçon. Je crois fermement que les sentiments des enfants sont universels.
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Morphée & Iris [1811]
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USA, 2001, 1h 54mn
Réalisation: Larry Clark, scénario: David McKenna, Roger Pullis d'après A True Story of High School Revenge de Jim Schutze,
avec: Brad Renfro, Rachel Miner, Nick Stahl, Bijou Phillips, Michael Pitt, Leo Fitzpatrick, Kelli Garner, Daniel Franzese, Deborah Smith Ford, Nathalie Paulding

Résumé
Bobby Kent est mort le 14 juillet 1993. Jeune lycéen vivant dans les faubourgs de Hollywood, en Floride, Bobby est une petite frappe aux manières brutales. Son meilleur pote Marty et sa petite amie, lassés de subir son sadisme et son perpétuel mépris, de vivre dans la peur, décident, avec la complicité de cinq autres jeunes, de lui tendre un piège. L'attirant dans un marais, les sept ados le lynchent à mort à l'aide de couteaux et de battes de base-ball... Alors qu'il est allongé dans son sang, Bobby demande grâce à Marty. La réponse de ce dernier est instantanée et préméditée : il lui tranche la gorge. L'incident laisse les habitants sans voix, les parents des jeunes meurtriers dépressifs et inconsolables, et un groupe d'adolescents accusés d'un crime sanglant.
L'avis critique
« Je veux que tu me suces la bite et que tu me lèches les couilles... ». « Il a une queue sublime, il m’a broutée pendant plus d’une heure ! ». Voilà pour les tous premiers dialogues du film du très controversé Larry Clark. Ainsi parlent donc les adolescents dépravés mis en scène par le cinéaste de KIDS. Un film qui alimentait déjà les conversations nerveuses des cinéphiles en 1995. Par pudibonderie il me semble bien qu'il n'y a pas de dvd français de ce film alors qu'il se trouve en import, fort chère, en vente dans les FNAC. Ces ados-là, issus de la classe moyenne, sont tout droit sortis d’un fait-divers sordide commis en 1993. Maisreflèteraient (dans l’optique du réalisateur) à eux seuls des millions de jeunes Américains crétinisés par une sous-culture grandissante. Le cinéaste prend d’ailleurs un malin plaisir à dénoncer cette « génération Eminem » qui dit « Fuck » à chaque fin de phrase, se shoote aux acides, et baise à tout va sous des formes les plus perverses et inimaginables. L’irresponsabilité de leurs actes mécréants et dégénérescents dérange l’esprit d’un spectateur hébété par tant de violence, voire lui donne la nausée. C’est parce qu’il est cruel et pervers dans sa manière de dénoncer l’immense ignorance de ces jeunes en quête d’identité que Larry Clark choque. Il ne juge pas ni ne condamne, mais pose le constat à la fois lucide et désespérant d’un vide intérieur et d’une pauvreté existentielle évidente. Si Clark adore mettre en évidense la nudité, ses images dans Bully ne sont guère érotiques. Il montre la drogue et la frénésie sexuelle comme si cela était la norme. Le sexe et la nudité dans le film sont peu excitants, sauf dans la scène des gogos danseurs dans la boite gay et dans la scène où Bobby se lave frénétiquement les mains, nu devant la glace du lavabo, la caméra le cadre à partir de la naissance de la verge, laissant apparaître les poils pubiens ; ce sera le seul aperçu frontal d’un sexe de garçon alors que ceux des filles sont largement filmés. Comme dans ses photos Clark cadre les adolescents dans des plans toujours serrés sur eux. Il se pose en témoin toujours implacable, mais toujours fasciné par ses jeunes modèles, quelque soit leurs turpitudes. Il filme presque toujours à hauteur de sexe, pour lui le centre de tout. Il utilise peu la plongée et la contre plongée. Il y a dans les personnages de Larry Clark le même «non futur» que chez les personnages d’Araki.

Tout le début du film est centré sur le rapport étrange que Bobby entretient avec la sexualité. On croit que cela va être le moteur de Bully. Il paraît évident que si Marty veut tuer Bobby c’est aussi parce qu’il sait que Bobby le désire sexuellement et qu’il ne peut surmonter cela autrement qu'en tuant celui qui le désire. La piste à suivre paraissait claire et le meurtre aurait été bien plus fort présenté sous cet angle. La vraie question reste comment cette problématique ébauchée pendant presque une quarante minutes peut complètement passer à la trappe ensuite! Car c’est bien deux films et deux histoires qui cohabitent difficilement dans Bully, la première étant abandonnée au profit de la seconde, déséquilibrant ainsi l’ensemble. C’est peut-être là tout le problème de Larry Clark dans Bully pour lequel il n'est pas pas scénariste (c'est néanmoins pour cela que Bully reste à ce jour le meilleur film du réalisateur), il est sans doute plus intéressé par la façon dont il va filmer les corps de ses jeunes acteurs que de gérer la cohérence d’un scénario, coincé entre la reconstitution d’un fait divers réel et le désir de raconter une toute autre histoire, celle de Marty et Bobby, des mœurs particulières d’une génération sacrifiée, pourrait-on dire, même si le terme est galvaudé.
Dans ce film Larry Clark apparaît pour la première fois à l’écran dans le petit rôle du père d’une fratrie dont l’ainé est le pseudo tueur maffieux qui apporte sa caution à l’organisation du crime. L’emploi est tenu par Léo Fitzpatrick qui avait le rôle principal dans Kid, ce qui renforce encore l'impression d’unité que l’on a devant l’oeuve du Larry Clark de ses premières photographies à son dernier film.

Le plaisir principal qu'un spectateur peut retirer de la vision de Bully, est la beauté graphique de la danse des corps, de ces jeunes, à la fois innocents et vulgaires, victimes et bourreaux, attirants et écœurants.







