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Christopher Richard Wynne Nevinson

17 Août 2025, 07:03am

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Il faut se souvenir que durant presque deux siècles, la peinture de guerre, de batailles, de la fin du XVII ème siècle jusqu’aux trois quarts du XIX ème, a été le grand genre. Il tomba en désuétude et fut petit à petit supplanté par la photographie dès qu’il fut possible de photographier le théâtre des opérations militaires. Les premières guerres photographiées furent celle de Crimée et de Sécession. Les pouvoir virent immédiatement le parti pris qu’ils pouvaient tirer de la croyance naïve des populations d’alors, et qui perdure largement encore, que la photographie peut que restituer la vérité. Cette naiveté aujourd’hui est beaucoup moins de mise; depuis par exemple qu’il a un doute sur la spontanéité de la photo de Capa sur son fameux combattant républicain de la guerre d’espagne ou que le magistale film de Clint Eastwood, “La gloire de nos pères” a rendu célèbre la fabrication d’une des photos les plus emblématique de la seconde guerre mondiale.

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Aujourd’hui je voudrais vous présenter un artiste que je considère comme le plus grand peintre de la guerre de 14.

Nevinson (1889-1946, Il est souvent appelé par ses initiales CRW Nevinson.) a abordé une grande variété de sujets durant sa carrière. Il fut aussi bien un peintre de paysages, qu’un grand illustrateur de la révolution industrielle mais c’est par ses scènes de guerre qu’à la fois ce peintre me touche et qu’à mon sens il s’imposera de plus en plus dans l’histoire de la peinture. Il a été aussi un remarquable graveur et lithographe qui a travaillé dans une large gamede styles.

Il nait à Londres en 1889, son père est journaliste radical et sa mère une célèbre suffragette. Ses parents à cause de leurs opinions étaient  si impopulaires que Christopher se souvenait qu’ enfant il était conspué par des voisins lorsqu’il sortait dans la rue! Contrairement à beaucoup de ses pairs, Nevinson a été soutenu par sa famille dans son choix de carrière, et l’ importance des contacts de ses parents dans le monde intellectuel lui ont été précieux. Il étudie les beaux arts à la St John's Wood School of Art en 1907 puis à la Slade School de 1908 à 1912. Alors qu’il y est étudiant il réalise un magistral autoportrait en vu d’ attirer des clients!  L'influence de son maître à la Slade, qui avait déclaré que Nevinson n'avait pas le talent pour devenir un artiste, y est évidente dans l'attention au détail avec lequel il a peint son visage. Son profil se détachant sur le fond sombre, n'est pas sans rappeler les portraits de la Renaissance italienne et en particulier ceux de Sandro Botticelli.

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L’ Exposition des Futuristes en Mars 1912, à la Sackville Gallery de Londres, se révélera décisives pour le développement de son style. Il y rencontre Gino Severini.
Il revendique son affiliation avec le futurisme par une peinture appelé Rising Ville (1912, la toile serait perdue) qu’il expose en Janvier 1913. Son titre est un hommage à la peinture de Boccioni, “Ville Rises” (1910, New York, MOMA), qui avait été présentée au Salon futuriste.

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Comme presque tous les aspirants artistes de l’époque il fait le voyage à Paris où il fait la connaissance d’ Umberto Boccioni, d’ Ardengo Soffici et de Guillaume Apollinaire. Il fréquente l'Académie Julian. En 1913. Il  partage un atelier avec Modigliani et se lie d'amitié avec Severini.

Lors de son séjour à Paris, il est l'un des premiers artistes anglais à être profondément influencé par le cubisme et le futurisme alors qu’auparavant il se situait dans le postimpressionnistes. Il fait sa première exposition à la Galerie Dore en 1913. Il organise un banquet pour Marinetti, le chef de file des futuristes, lors de son passage à Londres la même année.



Il est un des membres fondateurs d’un Groupe d’artistes Londoniens très actif, le Rebel Art Centre. Il écrit avec Marinetti, le manifeste futuriste “Vital English Art”, publié en 1914 dans l'Observer, dans lequel on pouvait lire: << Je suis un poète futuriste italien qui aime passionnément l'Angleterre. Je veux guérir l'art anglais de la plus grave des maladies: le passéisme. J'ai donc tous les droits de parler haut et sans périphrases et de donner, avec mon ami Nevinson, peintre futuriste anglais, le signal du combat. >>.



Futurisme est désormais un des mots clés à Londres pour désigner quelque chose de nouveau et de scandaleux. Mais bientôt les artistes britanniques d’avant-garde sont ulcérés de cette influence étrangère. Wyndham Lewis et d'autres artistes rebelles ressentent la nécessité de rompre avec Marinetti, car ils sont particulièrement furieux quand il a publié avec Nevinson le manifeste futuriste Lewis et le groupe associé avec le Rebel Art Centre le dénoncent immédiatement et dans les semaines qui suivent annoncent  la naissance du Vorticisme auquel on assimile à tord Nevinson. Qui, quant à lui, continue à faire des peintures futuristes célébrant   machinisme comme dans cette grande toile de 1914, en honneur du métro londonien appelée Tum-Tiddly-Um-Tum-Pom-Pom.

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En 1914, se produit le tournant décisif dans la vie et dans l’oeuvre de Nevinson lorsque au début de la Première Guerre mondiale, en tant que pacifiste, il refuse de s'impliquer directement dans les combats. Il se porte volontaire pour travailler à la Croix-Rouge. Il est envoyé en France . Il travaille comme conducteur d’ambulance et brancardier près du front.  Plus tard, il rejoint le Royal Army Medical Corps et aide les infirmière à soigner les soldats gravement blessés au General Hospital de Londres.

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En 1916, il est réformé en raison de graves rhumatismes articulaires. L'année suivante, il expose  des toiles traduisant son expérience de la guerre en France. L’exposition attire l'attention de Charles Masterman, chef du bureau gouvernemental de la propagande de guerre (WPB). Nevinson est envoyé au front  afin de transcrire par sa peinture les expériences des soldats. Au total, en deux ans il a peint plus de 60 tableaux. Il est devenu en quelque sorte, un artiste de guerre officiel, un peu sur le modèle de nos peintres de la marine. C’est ainsi que l’on peut voir une grande collection de ses travaux à l'Imperial War Museum de Londres. Mais certaines de ses peintures telles que des chemins de la gloire, ont été considérés comme inacceptables par le ministère de la guerre et n'ont pas été exposés après l'armistice.

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Comme tout futuriste, Nevinson a d’abord célébré la violence, la mécanisation et la vitesse des engins de l'ère moderne. Mais son expérience dans les d'ambulances change radicalement sa perception de la modernité. Ses premières peintures des tranchées comme “La mitrailleuse” (1915), qui n’est pas sans rappeler “la guerre” de Gromaire, sont encore grandement influencées par Severini; les soldats sont réduits à une série de plans anguleux à la coloration dominée par le gris. Ils apparaissent presque comme des machines eux-mêmes. Ils ont perdu leur individualité, leur humanité même; ils semblent fusionner avec la mitrailleuse qui donne à cette peinture son titre.

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Il va plus loin encore avec “Retour vers la tranchée”  exposé à Londres en 1915 (dont le dessin préparatoire est à la Tate britain) quand il déclare que: << Le futuriste est le seul moyen pour exprimer la brutalité des émotions vu et ressenti sur le champs de bataille. >>.

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Nevinson est un des très rares a avoir appliqué les nouvelles formes de représentation d’alors à la représentation de la guerre. Par exemple en France il n’y a guère que de Fernand Léger, dans son “Infirmerie à Villepinte” (1917), qui structure l'espace avec des formes géométriques réduites à l'essentiel, et duquel l'illusion de la profondeur et du relief sont bannis. Seul Léger utilisa vraiment le cubisme pour ses oeuvres de guerre. Affecté dans l'artillerie, non sans humour noir, il affirmait qu' << il n'y a pas plus cubiste que cette guerre-là qui te divise plus ou moins proprement un bonhomme en plusieurs morceaux et te l'envoie aux quatre points cardinaux. >>.

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Il revient a une figuration plus classique et très vite à travers ses oeuvres, on constate qu’il est d’une part bouleversé par les horreurs de la guerre et fasciné par les machines volantes comme à la même époque Delaunay. Les tableaux de Nevinson ayant pour thème la guerre dans le ciel sont les plus beaux tableaux que je connaisse sur ce sujet.



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L’horreur qu’éprouve le peintre pour les atrocités de la guerre éclate dans son tableau intitulé ironiquement “la Patrie” qui veut témoigner de l’abandon des blessés mourants qu’il a constaté dans sa fonction d’ambulancier près du front. Lorsque “la Patrie” a été montré à Londres en 1916, un critique a écrit: << La Patrie sera, l'étonnement et la honte de nos descendants, comme un exemple de ce que l'homme civilisé a fait dans le premier quart du 20e siècle. >>.

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La route de Bapaume à Arras

Dans ses tableaux sur la guerre de 14 Il montre aussi bien l'anonymat de l'individu dans une colonne qui monte au front que la puissance destructrice de la guerre dans la route de Bapaume à Arras, 1918, et l'horreur que lui inspirent les combats dans “Paths of Glory”, qui a été censuré et lui a valu une réprimande de la War Office. L’expérience de la Grande Guerre renforcera ses convictions pacifistes.


 

Lorsqu’il présente son tableau “Les chemins de la gloire” à ceux qui l’on envoyé en France et en Belgique sa peinture les scandalisent et ils censurent.

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La toile est dominée par le brun et le vert. Elle montre deux soldats britanniques morts, étendus sur un talus sali par des débris épars. Le titre du tableau suggère ironiquement que les deux cadavres sont au bord du chemin qui les mène non à la gloire mais à la mort. L’effet de morbidité est renforcé par la lumière mystérieuse et artificielle qui nimbe les deux tommys morts entourés de débris dérisoires. On peut aussi interpréter l’exéguité de la surface attribuée au ciel, comme illusoire l’espoir d’une survie céleste de l’ame après l’anéantissement du corps. Cette peinture devait faire partie de la grande exposition des peintures de Nevinson organisé par le gouvernement anglais qui avait pour but de servir de propagande pour l’effort de guerre. “Les chemins de la gloire” fut jugé impropre à figurer dans l’exposition en raison que l’image de soldats britanniques morts minerait le moral du public. D’autre part le titre de la toile était aussi une allusion ironique au poème patriotique de Thomas Gray, “Elegy written in a country church yard”, très connu alors où figurait ce terme. La toile a été laissé à Nevinson qui la fait figurer dans son exposition personnel à la Leicester galerie de Londres en mars 1918. En travers du tableau le peintre y  mis une banderole sur laquelle était écrit censuré! Il est aujourd’hui accroché à l’Imperial war museum de Londres...

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Nevinson peint immédiatement après la guerre une toile très intéressante dont le titre est “Il a gagné une fortune, mais il a donné un Fils”, que l’on peut mettre en parallèle avec les caricatures réalisé au même moment dans l’Allemagne de Weimar par Georg Grosz. On y voit un ploutocrate à la fois repu et triste. Cet homme est un archétype, une figure majeure contemporaine de la haine, celle du profiteur de guerre, qui a fait fortune dans la fabrication d'armement ou quelque chose comme ça. Mais dans la même guerre qui l’a enrichi, son fils a été tué. Cette ironie dramatique est lisible dans ce visage - et notre sentiment sur cet homme en sont partagé. Quelle belle démonstration de la force de la peinture et de l’absurdité de la guerre.

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Un autre pan très intéressant de son oeuvre, à l’instar d’un Paul Nash, est celui qui prend pour sujet les travailleurs en usine et l’architecture industrielle. Dans ses gravures autour de la guerre l’artiste a aussi mis en exergue le travail des femmes en usine durant la première guerre mondiale. Les peintre anglais mais c’est aussi vrais des américains n’ont jamais rechigné, contrairement à leurs homologues français, à peindre les réalités triviales de leur époque. Ce souci de la représentation par les artistes du monde ouvrier perdure en Angleterre aujourd’hui à travers le cinéma.

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Ses estampes, avec leurs forts contrastes, leurs traits gras et leurs formes anguleuses marquent une rupture totale avec la tradition de Whistler. En 1919 et 1920, il se rend à New York. La ville lui inspire toiles et dessin où il traduit le sentiment qu’il a d’une sans âme.

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A partir de la fin des années vingt il est élu dans plusieurs instances officielles. Il se consacre de plus en plus à la représentation de fleurs et de paysages. Dès 1924 un tableau comme “Sunday evening, punts on the Thames at Henley” montre le retour de Nevinson au postimpressionnisme. Sa peinture se fait plus  douce et moins radicale dans sa conception. Elle ne retrouvera jamais la force qu’elle avait avant 1925.
En 1937, il  publie son autobiographie, “De la peinture et des préjugés”. Pendant la seconde guerre il est à nouveau “un artiste de guerre”  jusqu'à ce qu'il soit terrassé par un grave accident cérébral vasculaire en 1942. Il meurt quatre ans plus tard.

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A ceux qui pourraient en douter, les toiles de Nevinson sur la première guerre mondiale démontrent quelle peut être la force émotionnelle de la peinture.

 

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Le mégalhite gay de Bruxelles

17 Août 2025, 07:02am

La municipalité de Bruxelles a eu la belle idée d'ériger un mégalhite gay dans la quartier gay de la ville, un parallélépipède bleu sur lequel on peut lire les noms de personnes gays célèbres ou inconnues (j'ai fébrilement cherché mon nom en vain!) et même des êtres imaginaires comme Dave Brandstetter, le héros de Joseph Hansen. Ce monument plaisant m'a plus convaincu que celui de New-York, dans le petit square de Christopher street pourtant signé d'un grand nom de l'art contemporain, George Segal . Il me semble que cela serait une bonne idée pour Paris, mais j'oubliais que notre capitale est devenue un musée poussiéreux et un terrain de jeu pour vélocipédistes suicidaires...

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Bruxelles, février 2008.

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New-York, septembre 2007

Commentaires lors de la première parution du billet

SALUT BERNARD!
Intéressant ton petit tour mondial des monuments dédiés à la gaytitude.Sur ta seconde image du monument belge apparaît le nom d' AGNES MALTAIS. Cette dame est québécoise.Elle fut ministre dans le gouvernement du Québec.Actuellement elle est député du comté de Taschereau (ville de Québec) où je demeure.
Yves

Posté par Yves, 04 mars 2008 à 21:41

réponse à Yves

Merci beaucoup pour cette précision car je ne connaissais pas, et sans doute bon nombre de mes lecteurs était dans ce cas, Agnes Maltais par la même occasion un grand bonjour à la belle ville de Québec que j'espère revoir...

Posté par B A 05 mars 2008 à 07:29

 

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L'ombre du photographe

17 Août 2025, 07:01am

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Paris, Le Trocadéro, été 1986

 


 

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Mark Beard / Bruce Sargeant...

16 Août 2025, 07:14am

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Mark Beard est né en 1956 à Salt Lake city. Aujourd’hui il vit et travaille à New York. Il a réalisé sa première exposition personnelle en 1985 à Boston. Elle a été suivie de nombreuses autres dans le monde entier.


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Beard est un artiste complet réalisant surtout des peintures aussi bien sur toile qu’en tant que muraliste, mais aussi des sculptures, des dessins, des photographies et des installations. Si sont style est classique, il est aussi un des artistes conceptuels les plus original de notre époque.

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Au cours des 20 dernières années Mark Beard s’est inventé cinq doubles, dont Bruce Sargeant, un artiste anglais, contemporain de E. M. Forster, Rupert Brooke, et John Sloan dont le style et les sujets font beaucoup penser à Eakins. Il a également créé le professeur de Bruce Sargeant, Hippolyte Alexandre Michallon, un peintre pompier français du  19 ème siècle. Michallon a également enseigné à deux autres avatars sortis de l’imagination de Mark Beard, Edith Thayer Cromwell, une artiste avant-gardiste américaine et Brechtolt Steeruwitz, un peintre expressionniste allemand, peut-être la personnalité la plus complexe inventé par Mark Beard...

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Pour l’instant Bruce Sargeant a quelque peu supplanté les autres artistes qui cohabitent dans Mark Beard. Ce dernier lors d’une récente exposition new-yorkaise a donné de nombreuses précisions biographiques sur son personnage préféré. Il affirme que Bruce Sargeant est son grand-oncle. Il serait né en 1898, d’un père américain et d’une mère anglaise. Son œuvre comporterait des portraits, des paysages, des natures mortes, et surtout des athlètes. Beard conclut: Bruce Sargeant est arrivé au sommet de son art avec ses  peintures sur les Jeux olympiques de Berlin. Mais il aurait trouvé une mort tragique, peu de temps après, dans un accident en 1938.

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Si les artistes sont entièrement fictifs leurs travaux sont bien réels.On ne peut comparer sa démarche tout à fait singulière dans l’histoire de l’art qu’avec celle de Le Gac.

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Je me suis surtout intéressé à Beard/Sargeant que j’ai découvert il y a quelques années lors d’un voyage à New-York. Voilà un peintre contemporain dont il n’est pas bien difficile de découvrir les œuvres outre qu’il fait de nombreuses expositions (principalement aux Etats Unis), il a surtout peint les fresques des somptueux magasins Abercrombie & Fitch à New-York, Los Angeles et Londres. Il poursuit sa collaboration avec cette firme puisqu’il est l’auteur de la couverture de leur nouveau catalogue (voir ci dessous). Il est amusant de noter que le principal collectionneur de Mark Beard est Ralph Lauren, le créateur d'une des marques directement concurentes d'Abercrombie & Fitch!

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Il a aussi entre autres décoré le gril du Rochester hôtel de Londres, le foyer de l’opéra de Cologne et sculpté les portes de bronze de la synagogue de New-york...
Ci-dessous j'ai photographié en mars 2005 et sptembre 2007 les fresques de la boutique Abercrombie & Fitch de New York. J'espère que vous voudrez bien me pardonner la médiocre qualité de ces images. D'une part il est difficile de photographier avec la foule dense qui se presse dans le magasin et d'autre part de charmantes hotesses souriantes mais fermes vous intiment de cesser de faire des photos. Enfin si dans ce lieu, d'où je repars les poches vides et les bras encombrés, la musique y est tonitruante, la lumière y est bien chiche!

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Les toiles de Beard/Sargeant sont peintes d’une brosse vigoureuse. Même lorsqu’ils sont au repos ses athlètes sembles prêt à bondir. Si l’on ne peut pas s’empécher d’évoquer Eakins devant ses peintures sa technique de rendu des chairs fait aussi songer à celle de Lucian Freud mais contrairement à l’anglais, chez l’américain les corps sont glorieux.

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Fasciné par la geste sportive du début du siècle, il en restitue le fair play, l’amateurisme et l’élégance. Pierre de Coubertin a trouvé le chantre à la mesure de son idéal.

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Dans les rue d'Antigua

16 Août 2025, 07:13am

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Antigua, Guatemala, aout 1989

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La chambre de Giovanni de James Baldwin

16 Août 2025, 07:12am

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Curieusement je n’avais jamais lu le roman le plus gay d’un de mes écrivains préférés, James Baldwin, peut être parce que à l’époque où je découvrais le grand écrivain américain, au début des années 70, “La chambre de Giovanni” était difficilement trouvable. Chronologiquement, il date de 1956, ce court roman, est un des premiers textes de Baldwin et précède les deux chef d’oeuvre du romancier, “Un autre pays” (1962) et “L’homme qui meurt” (1968), comme de ses grands livres politiques tel “La prochaine fois le feu”, mais il est postérieur aux premières nouvelles qui composent “Face à l’homme blanc”. Autant de livres édités par Gallimard, alors que ” La Chambre de Giovanni” est paru chez Rivage.
Mais avant d’aller plus loin il me semble indispensable de revenir sur la personnalité de James Baldwin. Il est né en 1924, Premier de neuf enfants et enfant illégitime, Il ne rencontra jamais son père biologique et n’a même sans doute jamais connu son identité. James Baldwin est élevé par son beau-père pasteur fondamentaliste et prédicateur. Il grandit dans les rue de Harlem. Alors que son père s’opposait à ses aspirations littéraires, Baldwin trouva du soutien auprès d’un professeur ainsi qu’auprès du maire de New York, Fiorello H. LaGuardia. A l’âge de 14 ans, il devint prêcheur dans une église pentecôtiste de Harlem. Après avoir obtenu son diplôme de fin d’études au lycée DeWitt Clinton dans le Bronx, il s'est installé dans Greenwich Village où Il commence à écrire. Il gagne un prix littéraire pour ses articles. Ce qui lui permet de quitter les Etats Unis, dégoûté par leur injustice raciale. Il s'installer à Paris où il vit dans la pauvreté. Il y retrouve d’autres exilés noirs américains comme Chester Himes et Richard wright, son mentor en littérature. Il publie son premier roman, “Les élus du seigneur”, partiellement autobiographique, en 1953. En 1957, il retourne aux Etats-Unis pour participer au Civil Right' s Movement aux côtés de Martin Luther King et Malcolm X. Il publie son essai sur les relations raciales, 'Nobody Knows my Name', en 1961 suivi de son grand roman 'Another Country (Un autre pays) et en 1962, et de son essai 'The Fire Next Time (La prochaine fois le feu), considéré comme l'un des plus brillants essais sur l'histoire de la protestation des Noirs, lui attirant une large audience. Il y prédit une explosion de violence à travers le pays si les Blancs ne changent pas d'attitudes envers la population noire. James Baldwin a également écrit deux pièces de théâtre, 'The Amen Corner' (1955) et 'Blues for Mister Charlie' (1964). D’autres romans suivront “L’homme qui meurt”, “Harlem quartet” ... Il meurt d’un cancer le1 er décembre 1987 à Saint-Paul de Vence.
L’homosexualité est un des thèmes récurrent dans son œuvre. Pour Baldwin l’Amérique est une famille déchirée, la haine du noir se nourrit de la psychosexualité tourmentée héritée du puritanisme dans lequel le noir est objet de rejet mais aussi de désir. Sa nouvelle “A la rencontre de l’homme blanc” est emblématique de la vision des relations humaines qu’a Baldwin. On y voit un homme noir qui est lynché à la fois à cause d’un désir homosexuel inavouable de l’homme blanc qui en même temps considère le noir comme son rival sexuel par sa supposée grande virilité.
On peut considérer James Baldwin comme étant l’écrivain qui a le plus influencé Toni Morrison.
“La chambre de Giovanni” présente un intérêt spécial pour le lecteur français et en particulier parisien puisqu’il se passe dans le Paris de la quatrième république ce qui est le cas aussi, mais pour une partie seulement, d’”Un autre pays” pour lequel on a parfois le sentiment que “La chambre de Giovanni” a servi d’ esquisse. A ce propos quelques erreurs de détail montrent que le livre n’a pas écrit par un français, géographiques la rue Bonaparte ne relie pas la Seine à Montparnasse, passée le boulevard Saint Germain, elle devient la rue de Rennes, sociologique, il est fort improbable que le galetas de Giovanni possède le téléphone au milieu des années cinquante alors que bien des bourgeois ne parvenaient pas à l’obtenir! Mais ce ne sont là que vétilles car l’ouvrage ressuscite remarquablement cette époque.
Le livre dissèque, en une suite de retours en arrière, l’histoire d’amour en deux hommes au milieu de la vingtaine, David un américain qui est en France pour se fuir et Giovanni un émigré italien, tous deux vivent d’expédients dans le monde faisandé du Saint Germain post existentialiste. Quand ils se rencontre David est seule à Paris, la femme qu’il croit aimer, Hella est parti faire une escapade en Espagne pour réfléchir à leur possible avenir commun. Dans les toutes premières pages du roman on apprend que Hella est repartie en Amérique et que Giovanni va être guillotiné. Les 200 pages de “La chambre de Giovanni” nous apprendront comment ils en sont arrivé là. Le roman nous entraîne dans un monde à la Modiano, avec à la fois plus de psychologie et une syntaxe moins maigre. Plus que sur l’amour homosexuel, “La chambre de Giovanni” est un roman sur la honte de soi et sur l’incapacité de reconnaître ce que l’on est, dans le cas du narrateur de cette histoire, qui la raconte à la première personne, celle d’être homosexuel. On peut même dire David a une sorte d’homophobie intérieure. En cela, et pas seulement par son décor, ce livre me parait daté, mais peut être suis-je dans l’erreur, aveuglé par la permissivité, un peu en toc, urbaine.
Si ce livre est modianesque c’est par son décor avec ses cafés désuets et un peu minables qui n’avaient alors pas vraiment changés depuis Zola mais qui ont totalement disparu depuis. C’est aussi par ses personnages interlopes. Mais à la différence de Modiano, qui n’ a toujours fait que frôler le monde homosexuel avec une certaine fascination mais n’osant pas y entrer, sans doute parce qu’il “n’en est pas”, Baldwin met lui son livre au cœur de ce milieu. Aujourd’hui, le roman apparaît aussi comme une sorte de reportage d’un certain monde homosexuel parisien des années cinquante, ce que ne pouvait pas, bien sûr, imaginer d’autant que l’on ressent un certain dégout, une certaine volonté de distanciation de la part de Baldwin envers ce monde. Sans doute parce qu’à l’époque où il écrivait ‘La chambre de Giovanni”, lui aussi avait du mal à accepter sa sexualité. David comme presque tous les héros de Baldwin est un looser mais sa particularité est que c’est un médiocre avec lequel le lecteur a beaucoup de mal à entrer en empathie. L’autre particularité de David par rapport aux autres personnages principaux de l’écrivain est qu’il est blanc. On peut penser que cela a été une manière pour Baldwin de se mettre à distance de son homosexualité.
La lecture est de l’ouvrage est pénible par le dénie au bonheur possible d’un homosexuel. Voici un exemple significatif de son ton: <<C’est une question banale, mais l’ennui avec la vie, c’est qu’il est si banal de vivre. Tout le monde, en fin de compte, suit la même route sombre (et la route a une façon d’être à son plus sombre, à son plus traître, losqu’elle semble la plus claire) et il est vrai que personne ne reste dans le jardin d’Eden. Évidemment le jardin de Jacques n’était pas le même que celui de Giovanni. Le jardin de Jacques était peuplé de footballeurs et celui de Giovanni était peuplé de jeunes filles mais, finalement, ça ne parait pas avoir une grande différence. Peut être que tout le monde a un jardin d’Eden, je ne sais pas; mais on a à peine le temps de l’entrevoir avant que surgisse l’épée flamboyante. Peut être que le seul choix que la vie nous laisse est de garder le souvenir du jardin ou de l’oublier...>>.
“La chambre de Giovanni” est particulièrement cruel pour les vieux invertis qui ne sont décrits que comme de pauvres hères ridicules qui ne peuvent qu’acheter les faveurs d’une jeunesse qui les méprise et les exploite.
La chambre de Giovanni n’est ni le plus grand livre de son auteur ni le plus agréable à lire mais il est un témoignage poignant de la difficulté intérieure à vivre son homosexualité, il y a seulement cinquante ans.

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Quelques nus de Donald Friend

15 Août 2025, 07:38am

 

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TENTATIVE D'ÉPUISEMENT PHOTOGRAPHIQUE DE LA TOKYO TOWER DEPUIS MA CHAMBRE D'HÔTEL

15 Août 2025, 07:37am

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Tokyo, Japon, avril 2010

 

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PASCAL, RUE JEAN AICARD

15 Août 2025, 07:36am

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Paris, printemps 1984

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Pour se souvenir de Gourmelin au Centre Pompidou

15 Août 2025, 07:35am

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Petit coup de gueule concernant la misère de certaines des expositions du centre Pompidou, si ses expositions vedettes sont très médiatisées et parfois, mais pas toujours, sont luxueusement présentées comme "Traces du sacré" les présentations du deuxième rang se déroule dans un anonymat complet, aucune affiche, rien dans la presse, même pas dans les revues spécialisée, aucune invitation envoyée ou tout du moins elles évitent consciencieusement ma boite aux lettres. C'est le cas de l'exposition Gourmelin dont j'ai découvert l'existence en visitant "Trace du sacré". J'ai un peu de mal a écrire exposition en parlant de la présentation des oeuvres deGourmelin  qui ressemble plus à ce que l'on pouvait voir dans les MJC des années 70, celà ne doit plus exister ces machins là, tant de nos jours sont antinomique les mots jeune et culture, qu'à ce que l'on s'attend à voir dans un musée à la stature internationale. 
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Avant d'aller plus loin voici une rapide biographie de l'artiste:Jean Gourmelin est né à Paris le 23 novembre 1920. Enfant unique, il commence à dessiner avec passion dès l’âge de cinq ans. A 15 ans, sa famille quitte Paris pour Vendôme, où deux ans plus tard, le  peintre Charles Portel l’initie à la technique du papier peint, un domaine où il commencera à se faire un nom. À 20 ans il retrouve Paris et se perfectionne dans le dessin aux Arts Décoratifs et à l’Académie de la Grande Chaumière. En 1945, il intègre l’atelier du célèbre maître verrier Max Ingrand. Il y restera vingt-trois ans et travaillera, entre  autres, sur les vitraux de la cathédrale de Rouen. Les rencontres avec Maximilien Vox, Jacques Sternberg, Louis Pauwels, l’inciteront à s’orienter vers le dessin de presse. Ses dessins sont parus dans Bizarre, Planète, Plexus, Hara-Kiri mensuel, Pilote, Elle, Le Monde, Le Figaro et Le Point, où il dessinera pendant plus de 13 ans. 
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Gourmelin  aurait mérité un hommage d'une autre ampleur que celle-ci. Les oeuvres que l'on peut y voir sont néanmoins remarquables mais n'appartiennent presque exclusivement qu' à la période 70-90. Beaucoup de personnes de ma génération ont une dette envers Gourmelin. Ses intrigants dessins étaient disséminés dans de nombreux journaux et revues de qualité à commencer par Pilote et surtout Planète, revue dont je vous ai déjà souvent parlé et sur laquelle je reviendrai bientôt. Gourmelin signa la couverture du "Matin des magiciens" lors de sa réédition chez Folio. 
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La main de dieu. 
Ses paradoxes graphiques me permirent de gouter un parfum de surréalisme qui me donna l'envie d'aller vers d'autres arômes. C'est Gourmelin  qui m'amena à Escher, à Dali, et puis tout le surréalisme et l'étrange ont suivi... Combien de ses images furent un ferment aux rêves et à l'imaginaire. Si des études sur Planète commence à surgir, il me semble qu'on minimise  son impact comme éveilleur. Sur la mezzanine du centre Pompidou on peut voir des originaux de l'artiste, gravures, dessins, aquarelles mais aussi plusieurs feuilles de croquis. Sont présenté également plusieurs journaux et livres illustrés par Gourmelin ainsi que différentes affiche qu'il a réalisée. 
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L'adoption
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J'ai choisi délibérément d'illustrer cet articles par uniquement mes propres photos malgré leurs imperfections qui montrent bien la gène pour le visiteurs des nombreux reflets parasites.
Un catalogue rassemble les dessins exposés. Il est beau et clair, façon revue et coute 20€ 
Que la médiocrité de l'exposition, mais elle est gratuite, ne vous empèche pas d'allez admirer les oeuvres d'un des plus grands et étranges dessinateurs français. 
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Paris, septembre 2011, photo B.A

 

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