Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Paris Art Basel 2025 (2 et fin)

29 Octobre 2025, 13:29pm

Dubuffet

Miro

 

Van Dongen

Derain

Martial Raysse

Jaume Plensa

 

 

 

 

 

Aillaud

 

 

Leroy

Bacon

Paris, octobre 2025

Voir les commentaires

Larissa Bates

29 Octobre 2025, 13:23pm

 

Voir les commentaires

No night is too long de un film de Tom Shankand

29 Octobre 2025, 13:23pm

Pas de Nuit est trop long, 4

 

  
Capture-d-ecran-2011-03-14-a-08.34.52.png

 

Fiche technique :


Avec Lee Williams, Marc Warren, Mikela J Mikael, Salvatore Antonio, Beverley Breuer, Rob Bruner, Liam Mc Guigan et Philip Granger.

 

 Réalisateur : Tom Shankland. Scénario : Kevin Elyot et Ruth Rendell, d’après le roman de Ruth Rendell signé de son pseudonyme Barbara Vine. Images : Paul Sarossy. Montage : Allan Lee. Musique : Christopher Dedrick. Direction artistique : Peter Andriga.


Canada-Grande-Bretagne, 2003, Durée : 120 mn. Disponible en VO et VOST.


Résumé :


Tim (Lee Williams) est un brillant étudiant d’une petite université d’Angleterre non loin de son domicile familial, une station balnéaire du Suffolk. Il ne répugne pas à se faire faire une petite gâterie par sa copine, sur la plage, au clair de lune. Ce qui ne l’empêche pas, au détour d’un couloir de sa fac, de tomber en arrêt – tel le setter moyen face à un col vert égaré – devant Ivo (Marc Warren), un jeune professeur mâle de paléontologie dont bientôt le visage l’obsède. Bravant sa timidité toute relative, il le drague. Au début l’objet de ses désirs est froid comme ses chers fossiles, mais il n’est pas à long à tiédir. Il s’ensuit une torride passion sexuelle. Mais plus Ivo devient incandescent, plus notre inconséquent étudiant se refroidit. Et quand Ivo invite son jeune amant à l’accompagner en Alaska, où il anime des croisières scientifiques, Tim le suit à contrecœur. Arrivé dans un port de ce « bout du monde », suite à un imprévu (?), Ivo doit abandonner son amoureux dix jours dans ce lieu inhospitalier, avant leur embarquement. Le jeune homme nous avait déjà prévenu « que l’ambivalence ne l’effraie pas », même distrait, et c’est difficile devant ce film passionnant, dont je ne vous dévoile qu’une couche de l’intrigue, et encore partiellement. Or donc, ne supportant pas la solitude, il jette son dévolu sur une jeune femme, Isabel (Mikla J. Mikael). Je cite : « idéale pour passer le temps. » Ce qui ne devait être pour Tim qu’une alternative à ses nombreuses visites au bar de l’hôtel se transforme en une passion fusionnelle. Mais au bout de ces dix jours, Isabel prend la fuite et Ivo revient. La croisière qui promettait d’être idyllique se transforme en enfer. L’amour a fait place à la haine. Tim ne rêve que de rejoindre Isabel à Vancouver, mais comment se débarrasser d’Ivo ? En le tuant ?

 
L’avis critique

 
Quand on se met devant sa télévision, même devant un programme de PinkTv, on s’attend rarement à être mis en présence de ce qui devrait être un modèle pour les auteurs de films gays. Voilà, enfin, une production qui ne considère pas l’homosexualité comme une fin en soi et l’unique sujet possible du film, mais comme une chose tout à fait banale et qui, pourtant, la place au cœur de l’intrigue de ce thriller haletant ; en fait le moteur des événements qui précipiteront les amoureux vers l’inéluctable, sans que leur sexualité ne soit jamais culpabilisée. Ruth Rendell a créé le personnage du garçon fatal.
Comme dans toutes les histoires de ces dames anglo-saxonnes qui améliorent leur thé ou leur whisky, au choix, d’une dose de strychnine, les rebondissements sont un peu abracadabrantesques (sic), mais c’est la loi du genre pour que l’on reste, comme ici, scotché à l’écran durant deux heures. Dans No night is too long, nous sommes plus près de Patricia Highsmith que d’Agatha Christie.
L’intrigue, comme dans tous les livres de Ruth Rendell – experte en thriller psychologique depuis quarante ans – pose ces questions : « pourquoi devient-on meurtrier ? » ou «  comment devient-on victime ? » Parce qu’un jour, sans le savoir, on prend une route... ou un couloir au bout duquel se trouve la mort violente. Le cinéma devrait être bien reconnaissant à la romancière. Son roman, L’Homme à la tortue, est devenu devant la caméra de Pedro Almodovar En chair et en os(dvd TF1 vidéo) et L’Analphabète, devant celle de Claude Chabrol, La Cérémonie. Il a aussi adapté La Demoiselle d’honneur, cette fois sans en changer le titre. Claude Miller a fait de même avec Betty Fisher.Toute l’histoire est racontée en voix off par Tim. La plus grande partie du film est constituée d’un flash-back qui nous ramène quelques mois en arrière. Nous assistons à la rencontre de Tim et d’ Ivo, et aux événements qu’elle va générer. Cette narration est entrecoupée par des retours au présent, qui n’en sont pas moins angoissants que les péripéties du passé, mais aussi par des incursions à une époque plus lointaine, dans laquelle Tim vivait dans son collège une amitié particulière avec un aîné. On peut regretter que cette partie n’aie pas été plus explorée, ce qui aurait rajouté un peu d’épaisseur à cet aîné un peu trop falot. En revanche, le film aurait gagné à ce que la durée de certains plans soit raccourcie. Tom Shankland a tendance à les faire traîner un peu trop longtemps. Puisque cette production était d’emblée destinée à la télévision, on peut penser qu’un format de 2 fois 1h30, constituant une mini série, n’aurait pas été de trop au vu de la complexité de l’intrigue et de la richesse des personnages et aurait été mieux adaptée que les 120 minutes du film…
L’un des atouts du film est l’originalité des lieux de tournage. L’Alaska n’est pas l’État des USA le plus filmé et bien peu de réalisateurs ont planté leurs caméras sur les plages du Suffolk, malgré leur indéniable charme. La réalisation ne se dépare jamais d’une belle maîtrise du cadre qui bénéficie d’un éclairage froid et soigné. Elle utilise avec habileté le décor qui n’est pas seulement une toile de fond pittoresque pour l’intrigue mais un véritable acteur du drame. Elle aurait toutefois pu nous éviter des effets spéciaux numériques un peu trop présents, telle cette profusion d’éclairs pour rendre les ciels dramatiques et signifiants ou ce maquillage de l’île fatale en Île des morts de Bocklind. Le directeur de la photographie qui signe de si belles images est Paul Sarossy. Il est entre autre le collaborateur habituel d’Atom Egoyan. On lui doit la photographie des remarquables Voyage de Felicia et La Vérité nue.
Comme presque toujours dans un film anglais, la distribution est parfaite. En particulier Lee Williams qui compose un Tim complexe et changeant qui fait parfois penser au jeune Ripley et à qui on met longtemps à accorder notre sympathie. Il porte le film de bout en bout. Il tient le premier rôle dans un autre film gay, l’extravagant Les Loups de Kromer (dvd BQHL). Il participe à de nombreuses productions télévisées anglaises. On peut le voir en particulier dans le rôle de Jon Forsyte, dans la somptueuse nouvelle version de la saga des Forsyte. Il apparaît également dans Billy Elliot et Mauvaise passe. Marc Warren (Ivo) a une présence étonnante ; son inquiétant magnétisme rappelle celui de Malcom Mc Dowell à ses débuts.
Si les scènes de sexe, aussi bien hétérosexuelles que gays, ne sont pas particulièrement bien filmées, le réalisateur se rattrape en nous offrant de beaux plans tendres et sexy après l’amour.No night is too long est co-produit par la télévision britannique d’État, la BBC. Le film a été diffusé à une heure de grande écoute, la deuxième partie en soirée. Combien de chaînes françaises, hors celles du câble, diffuseraient et produiraient un film comme celui-ci qui met, et montre, l’attirance sexuelle de deux hommes au centre de son intrigue ?

No night is too long peut se traduire par « Les Nuit ne sont jamais trop longues », phrase que dit Ivo à Tim au plus fort de leur amour. Jamais le film ne vous paraîtra trop long. Espérons qu’il fasse école, tant sur le fond, que dans la forme. 

 
 
Aucune Night Is Too Long 1
 
 
Aucune Night Is Too Long 5
 
 
Pas de Nuit est trop long, 2

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Aumaitre

29 Octobre 2025, 13:20pm

Merci à Bertrand T pour cet envoi

 

Voir les commentaires

Street art, Paris, avril 2016 par Bruno

29 Octobre 2025, 13:20pm

Street art, Paris, avril 2016 par Bruno
Street art, Paris, avril 2016 par Bruno
Street art, Paris, avril 2016 par Bruno
Street art, Paris, avril 2016 par Bruno
Street art, Paris, avril 2016 par Bruno

 

 

Voir les commentaires

Paris Art Basel 2025 (1)

28 Octobre 2025, 07:51am

 

Ce fut un grand plaisir de découvrir Paris Art Basel sous la verrière du Grand-Palais qui laissait percer un beau soleil automnal. Les galerie moins nombreuses que l'an passé dans le Grand Palais éphémère avait semble-t-il été sélectionnées avec plus de rigueur ce qui évitait aux visiteur bien des fariboles. Si l'on peut se féliciter de la qualité des oeuvres exposées, toutes à vendre, rappelons le, on peut regretter que seule la galerie Aplicat-Prazan présentait une exposition monographique. Paris Art-Basel est une belle occasion à ne pas rater, de voir des pièces remarquables qui pour la plupart ne seront plus visibles ensuite mais certes pour un prix d'entrée de 45€ tout de même...

 

 

Delvaux

Nicky de Saint-Phalle 

Dubuffet

 

Condo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paris, octobre 2025

Voir les commentaires

Big bang love juvenile A, un film de Miike

28 Octobre 2025, 07:50am

Big bang love juvenile A, un film de Miike (réédition complétée)

big47a5f5b799964.jpg

 

big47a5f7a725d67.jpg

 

bigu48546hs6zy.jpg

 

 

Japon, 2006, 85 mn

 

Réalisation: Takashi Miike, scénari: Masa Nakamura, d'après le roman Shônen A erejî de Ikki Kajiwara et Hisao Maki (sous le pseudonyme de Ato Masaki), Photographie : Masahito Kaneko, montage: Yasushi Shimamura, direction artistique: Nao Sasaki, Costume et décor: Michiko Kitamura, maquillage: Iaso Tsuge

 

Avec: Ryuhei Matsuda, Masanobu Ando, Shunsuke Kubozuka, Kiyohiko Shibukawa, Jo Kanamori, Kenichi Endo, Renji Ishibashi, Ryo Ishibashi.

 

 

Résumé

L'histoire de Big Bang Love, Juvenile A se déroule dans un proche avenir (?). Elle est celle de Jun Ariyoshi ( Ryuhei Matsuda ), un jeune homme qui travaille dans un bar gay. Un soir, Jun est agressé sexuellement par un client. Il se rebiffe mais pendant la bagarre, il assassine sauvagement son agresseur. Ne montrant au remords, il est emprisonné pour meurtre. Lors de son incarcération, il fait la connaissance de Shiro Kazuki ( Masanobu Ando ), un détenu charismatique qui porte des tatouages étranges. Jun tombe rapidement en admiration devant Shiro qui prend Shiro sous son aile protectrice et dont les méthodes violentes et le regard meurtrier en font un caïd de la prison. Les deux jeunes hommes se lient progressivement d'amitié, puis finissent par former un couple que rien ne peut séparer. Jun qui aspire à l'amour, mais comment peut-il après ce qu'il a fait et ce que le monde a fait pour lui, aime Shiro avec pudeur et respect, Shiro le protège avec violence, incapable d’exprimer ses sentiments autrement. Tous deux s’observent, se comprennent en dépit de leurs interrogations. Mais un jour, un gardien surprend une bagarre entre deux prisonniers. La victime s'avère être Shiro, étranglé par son agresseur, lequel n'est autre que Jun, s'exclamant "je l'ai fait"... Toute cette histoire nous est narrée par les deux inspecteurs de police qui enquête sur ce dernier meurtre et tente de reconstituer le puzzle de l’histoire de ces deux beaux jeunes gens qui furent incarcéré en même temps.

 

47a5f583e2ed8.jpg

 

L'avis critique

Dès la première image où un clap apparaît on sait que l’on ne va pas assister à un film classique ou naturaliste. Ennemi du maniérisme n’allez pas plus loin, Big Bang Love, Juvenile n’est basé que sur des artifices. On y trouvera dans un récit savamment déconstruit, récitations poétiques, danses expérimentales, saturation de la couleur, monologues, sont autant de procédés qui enfantent le nouveau langage abstrait dont Miike fait usage dans ce film gay, noir, de science-fiction de meurtre et de mystère... La deuxième séquence le confirme. Elle met en scène trois générations d'hommes: un garçon, un vieil homme, et un jeune père de famille dont beau corps est recouvert de tatouage motif ethnique et qui danse comme un possédé. Puis sans transition nous nous retrouvons dans une étrange prison dont l'atmosphère rappelle celle d'un temple bouddhiste... Cette fois, Takashi Miike ne se contente plus de montrer la violence la plus choquante et la plus sanglante, il cherche à développer une d'explication aux comportements extrêmes de ses personnages. Les premières images révèlent une atmosphère aussi étrange qu'oppressante ainsi qu'un grand soin accordé à l'esthétique. La caméra semble amoureuse des deux beaux héros. Miike a choisi une improbable prison comme endroit privilégié dans l’espace, d’où contempler l’histoire de la Terre depuis plusieurs points de vue, plusieurs maintenants, privilégiant tel ou tel faisceau de lumière et donc autant d’éclairages, pour conter et percevoir une histoire... Cette omniscience intemporelle que Takashi Miike fait expliciter à Kenichi Endo en ouverture de “Big Bang Love Juvenile A”, est celle d’un réalisateur fait Dieu, observateur privilégié des Hommes. Cette prison est résolument fantastique, presque virtuelle, seule la cellule de Jun et Shiro est matérialisée, les autres ne sont figurées que par des traces de craie au sol les délimitant. C’est peut-être parce que c’est dans cette cellule que se situe la matière de l’histoire, ou alors parce que l’emprisonnement autant que la liberté, ne sont rien d’autre que des vues de l’esprit. Par moments, le décor s’évapore. Il ne se résume plus alors que par de simples cubes... La prison se situe hors du temps et de l’espace, comme l’attestent aussi bien son environnement que l’exploitation judicieuse, puisque non-systématique, de décors suggérés. Ainsi la prison offre-t-elle une vue duale, à la fois tournée vers le passé et vers l’avenir. Le premier est incarné par une pyramide (où j’ai cru reconnaître celle du soleil de Téotihuacan, non loin de l’actuel Mexico) forme immuable, censée s’ouvrir sur le paradis, tandis que le second est suggéré par une fusée à l’objectif indéterminé, vecteur d’un voyage ou d’une exploration possible, ouverte. L’un reflète les actions passées des prisonniers, tout en figurant au travers de sa nature de porte du paradis supposée, le choix de l’expiation éternelle, de la vie avec le péché. L’autre montre la possibilité pour les criminels de devenir d'autres hommes, de refaire le choix de la vie avec toutes les inconnues que l’équation comporte. Big Bang Love Juvenile est une tragédie révolutionnaire, double, aussi pessimiste qu’optimiste. Enfin c’est une interprétation possible mais je dois dire que je n’ai rien à proposer quant à la signification du papillon qui volette plusieurs fois dans le cadre. Par l’Ambiguïté morale de l'acte de violence générateur de toute cette histoire, l’ assassinat par Jun de son agresseur, Miike tente de transmettre l’idée que le mal est nécessaire et peut être à l'origine (?) de tout. Miike montre la violence (avec une certaine jubilation) d’un monde où les hommes sont jugés en vertu d’une législation hypocrite, structurée dans le cadre d'une vision faussée de l'éthique religieuse. Il suggère que l’acte criminel est énigmatique pour quiconque en dehors de la personne qui le commet, seul celui là, sait.

 

big47a5f584bb547.jpg

 

Le coté naïf des effets spéciaux qui sont plus du coté du cinéma de Mélies que de celui de Spielberg renforce l’étrangeté du film tout comme les éléments de fantastique et de science fiction qu'il contient et qui sont totalement incongrus par rapport à la trame principale du récit.

 

big47a5f5815d77a.jpg

 

Le filmage est hétérogène, on passe d’une caméra étonnement fixe à une autre tremblotante et vacillante, de plans au presque grand angle d’une profondeur de champ infini, a un cadre dont les arrières plans sont rendus flous par l’utilisation de focales longues. Cette manière de filmer colle parfaitement avec la narration morcelée de l’histoire. Les éclairages très contrastés dramatisent le moindre geste alors que les couleurs saturées exacerbent la tension du récit. L’extrême sophistication de chaque plan, où le moindre détail a été étudié, fait du film une suite de tableaux presque tous admirable, mais cette beauté formelle indéniable va à l’encontre de l’efficacité du récit. A tel point que lorsque vient la révélation finale sur la mort de Shiro, cela laisse le spectateur assez indifférent. Miike crée un monde de fantasmes peuplé de jeunes criminels dans lequel les rites d'initiation, les combats pour la suprématie, les actes de violence sont autant de ballets à la fois élégants et sanglants. Certains des jeunes protagonistes semblent être nimbés par la lumière dorée d'un temps où même le mal serait esthétique. Pour une "histoire d'amour", il ya très peu de sexe dans cet opus du plus prolifique des réalisateurs japonais en activité, il y a de l'admiration, de la dévotion, presque, de l'affection, et surtout du romantismes. Il ya une attraction tacite entre les deux personnages, et de l'homosexualité refoulée.

 

bigbanglovejuvenilea_haut.jpg

 

Takashi Miike bénéficie d’ un casting de choix. On est heureux de revoir Masanobu Ando et Ryuhei Matsuda dans les rôles principaux, surtout sachant la nature des relations qu'entretiennent les deux personnages. Le réalisateur joue du passé cinématographique de ces deux comédiens principaux, ce qui donne plus de densité aux personnages qu’ils interprètent. Connu en Occident pour son rôle de boxeur introverti dans Kids Return de Takeshi Kitano et pour son personnage culte de psychopathe tuant pour le plaisir dans “Battle Royale”, Masanobu Ando bénéficie d'une image extrêmement glamour dans son pays. Ryuhei Matsuda s'est quant à lui fait remarquer à travers son rôle d'apprenti samouraï objet de toutes les convoitises dans Tabou de Nagisa Oshima, ainsi que pour sa très bonne prestation dans “Blue Spring”. Le jeune acteur a déjà travaillé aussi il y a deux ans pour la première fois sous la direction de Miike dans “Izo”. les deux jeunes et talentueux acteurs, Ryuhei Matsuda comme Masanobu Ando, sont exceptionnels, l’un d’ambiguïté délicate, l’autre de brutalité. Ils sont épaulés par une équipe d’habitués de Miike, on retrouve Ryo Ishibashi, vu récemment dans “Fast and Furious” et “Tokyo Drift”, tandis que Tadanobu Asano (“Ichi the Killer”, “Vagues Invisibles”) fait une petite apparition... Bien que né qu’en 1960, Takashi Miike, en près de 70 films, on en a un peu perdu le compte, a eu le temps de dynamiter presque tous les genres cinématographiques, ici, sous l’influence à la fois de Jean Genet ( Un chant d’Amour ) et d’Oshima (Tabou alias Gohatto) mais aussi de l’'expressionnisme allemand, il revisite le film de prison fortement teinté d’homosexualité, épicé d’un zeste de fantastique et de science fiction et d’une bonne dose de métaphysique. En outre rien n’amuse autant Miike que de mêler les genres qui paraissent à première vue inconciliables. Ce qui est fascinant chez Takashi Miike s’est sa fantastique aptitude à constamment se réinventer lui-même. “Big Bang Love: Juvenile A” pourrait être le second volet d’Izo (Ce récit endiablé de samouraï voyageant dans le Temps), bien que le degré de violence, et le contexte soient différent, néanmoins,”Izo” partage avec “Big Bang Love” un intéressant questionnement métaphysique expérimental.

 

bigbang1.gif

 

Car, une fois de plus, Miike fait table rase des conventions narratives du septième art. Il défriche un territoire vierge tout en posant de graves questions sur la nature humaine, toujours aussi destructrice, et sur l’hostilité sempiternelle de l’homme contre son prochain. A l'opposé de l'ultra-violent Izo ou de ICHI THE KILLER, ce film de Takashi Miike est beaucoup plus introverti, alternant un cinéma volontairement artificiel avec de longues scènes de dialogues dépouillées et purement théâtrales. Ici, on est nettement plus du côté des Fassbinder, Mishima ou Genet que de Tarantino et des Yakuzas découpés en rondelles à la scie rouillée (même si quelques brefs éclairs de violence nous rappellent régulièrement qui est aux commandes).  Soyons franc, je suis persuadé que l’on peut encore donner un très grand nombre d’interprétation à ce film et que la plupart seront contradictoires. J’ai laissé de nombreuses questions de coté, le jeune garçon qui apparaît au début ne serait-il pas l’image de Shiro enfant, donc pure, Jun serait le seul à voir (ou à vouloir voir) de la pureté dans Shiro?

 

bigbanglovejuva_4.jpg

 

La seule chose de certaine avec ce cinéaste est que si ce film est le premier film que vous voyez de lui, le deuxième ne ressemblera en rien (sauf peut la présence de la violence) au premier et que le troisième sera différent des deux précédents et ainsi de suite... Peut être que Big bang n'est pas autre chose qu’ une méditation sur Gohatto, dont il serait une sorte de version futuriste et spirituel. Il ya beaucoup de similitudes, entre ces deux œuvres en dépit d'un traitement du récit complètement différent. Les deux se déroulent dans des sociétés fermées exclusivement masculine, les deux assassins sont beaux, et sont hantés par l'amour obsessionnel, et le mystère. Et y figure dans toutes les deux Ryuhei Matsuda.

 

bigbanglovejuva_2.jpg

 

Il est conseillé, pour goûter ce film énigmatique qui ne transcende pas toujours son aspect conceptuel, dont la traduction du titre original donne approximativement « un amour de 4,6 milliards d'années », ce qui correspond à l'âge de la terre et qui n’éclaire en rien cet énième opus de Miike, de se laisser porter par ses images superbes et non d’essayer à toute fin de décrypter les messages métaphysiques qui se cachent dans les replis du film qui est à ce jour le préféré de son réalisateur.

 

bigbang4.gif

 

Un mineur, le film

 

Un mineur, 4

 

Un mineur, 2

 

 

Un mineur 5

 

 

Un mineur, 6

 

Un mineur, 3
 

 

A

Big Bang Love, Juvenile A 2006

Big Bang Love, Juvenile A 2006

Big Bang Love, Juvenile A

 

 

Voir les commentaires

une plongée dans les archives d'Egermeier

28 Octobre 2025, 07:48am

une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier

Je réitère mon appel. Si vous avez des informations sur Karel Egermeier soyez assez aimable de me les communiquer. Si vous avez une idée sur les lieux et la datation des photos ci-dessus n' hésitez pas à m'en faire part.

Commentaire lors de la première édition de ce billet:

 

Voir les commentaires

L'art de la guerre par Floc'h, Fromental et Bocquet

28 Octobre 2025, 07:46am

 

New York, 1953. Alors que le Capitaine Francis Blake et le Professeur Mortimer atterrissent à La Guardia, un individu s’introduit au Met' et se met à graver sur une stèle égyptienne les mots "Par Horus dem…". Surpris par un gardien, il s’enfuit mais est finalement arrêté dans Central Park, amnésique et catatonique. Alertés par le FBI, nos deux héros ne tardent pas à identifier leur ennemi de toujours : l'infâme Colonel Olrik. Quel coup machiavélique a-t-il fomenté contre le siège de l’ONU tout juste inauguré et où sont réunis tous les chefs d’État du monde libre ? L’enquête commence pour les deux Anglais dans un New York peuplé d’espions russes et d'agents du FBI… Blake et Mortimer vont tenter d’empêcher un attentat contre l’ONU. Le lecteur va alors assister à une course contre la montre dans les rues de la Grosse Pomme.

Tout en étant assez fidèle à l'esprit de Jacobs Floc'h fait du Floc'h tout en troquant Londres pour New-York. Il s'explique sur sa démarche: << J'ai plutôt essayé de me trouver à mi-chemin entre ce que je fais habituellement et Jacobs. Contrairement à mes prédécesseurs qui préfèrent la pâle copie au pas de côté, moi je choisis le pas de côté. On ne peut pas arriver à la cheville de Jacobs pour une raison toute simple : il sortait de la guerre, il avait en lui une gravité qu'on ne peut comprendre ni imiter. Moi je suis issu des années 1960, de la société de consommation et de la contre-culture. En même temps, Jacobs fait partie de cet âge de la bande dessinée où l'innocence prédominait dans l'approche de leur art. Nous, avec le pop art et tout le reste, l'ironie supplante cette innocence.>>

L'histoire se déroule peu après les événements de «La marque jaune» et exclusivement à New York et dans ses environs. L'album est une Sorte d’exercice de style pratiqué dans cette collection parallèle dite «Un autre regard». cet album scénarisé par Jean-Luc Fromental et José-Louis Bocquet qui sont déjà les scénaristes du récent «Huit heures à Berlin», épisode, lui, s’inscrivant dans la série traditionnelle.

Le suspense et les rebondissements tiennent le lecteur en haleine, mais c'est sans aucun doute l'album le plus "politique" de la série, avec des références évidentes aux crises modernes et un message de paix bienvenu.

Floc’h en prend beaucoup de liberté, par rapport au style de Jacobs. Il ose, par exemple, proposer des cases très grandes, peu nombreuses par pages et parfois muettes tout l'inverse de celles de Jacobs qui sont presque toutes très bavarde et une pagination plus importante 124. Mais paradoxalement l'album est très fidèle dans l'esprit à Jacobs et même à certains de ses repreneurs.

EGu2ZJJfqGm8tX9awyjpoN

Avec son trait épais, plus qu'habituellement chez Floc'h, (osons dire que son dessin est moins somptueux qu'à l'habitude) ses décors moins fouillés et une palette de couleur réduite, l’auteur de Blitz et de la très british série Albany & Sturgess, propose un album en plein dans cette ligne claire qui lui est chère.très hitchcockien, tout en simplicité et en efficacité.

 

 

3VaHN6IGK1nBNUKXyCA1a9

 

Voir les commentaires

Jean Claracq à la galerie Sultana

28 Octobre 2025, 07:45am

tumblr_af10571b22ca4276359567362ca558a3_283bd82c_1280

 

 

P1040860

 

 

P1040861

 

 

P1040862

 

 

Capture d’écran 2021-03-21 à 18

 

 

P1040863

 

 

P1040864

 

 

P1040865

 

 

P1040866

 

 

Capture d’écran 2021-03-21 à 18

 

 

IMG_1529

 

Paris, mars 2021

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>