Sacrevoir
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un regard sur les arts et les lettres
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L'histoire de Notre Dame de France à Londres, proche de Soho n'est pas banale pas plus que le bâtiment puisque l'interieur est circulaire.
1861. Le Cardinal Wiseman, Archevêque de Westminster, choisit les Maristes pour fonder un centre religieux pour les Français de Londres. Le père Charles Faure se charge du projet.
25 mars 1865. Le père Charles Faure achète un bâtiment circulaire sur Leicester Square, le “Panorama” de Burford, ancêtre du cinéma, attraction touristique depuis la fin du XVIIIème siècle.
1865. L’architecte français, Louis Auguste Boileau, pionnier des constructions en fer, transforme la rotonde en église toute en fer- d’où la forme circulaire de l’église actuelle.
11 juin 1868. Inauguration de la nouvelle église, première à être construite en fer à Londres. Les dépendances de l’église servent à un hôpital, un orphelinat, et à deux écoles tenus par les Soeurs de Saint Vincent de Paul. Succès et essor immédiat.
2ème période: bombardement et reconstruction (1940-1955)
6 novembre 1940. Deux bombes tombent sur l’église pendant “la bataille d’Angleterre”. Uniquement dégâts matériels.
23 novembre 1941. Église réouverte au culte après de très importantes réparations, dirigées par le supérieur, le père Laurent.
Septembre 1948. Reconstruction de l’église autorisée. Initiative du nouveau supérieur, le père Deguerry. Soutien de l’ambassadeur de France Jean Chauvel, de l’attaché culturel René Varin et du premier ministre britannique, Anthony Eden.
31 mai 1953. Maurice Schumann, secrétaire d’État aux Affaires Étrangères, scelle la première Pierre de construction de l’église. Elle provient de la cathédrale de Chartres. Hector Corfiato, architecte anglais diplômé des Beaux Arts de Paris, est en charge du projet.
6 octobre 1955. Inauguration officielle présidée par l’Archevêque de Paris, le Cardinal Feltin. La nouvelle église doit être décorée.
3ème période: décoration de l’église (1953-1960)
René Varin veut faire un lieu de culte “qui honorerait la France”. Il fait appel à des artistes éminents principalement à Jean Cocteau.

Alain de Métropotamie
La postérité est souvent bien ingrate, mais en matière d'art, j'ai remarqué que cette ingratitude est souvent heureusement momentanée. Espérons qu'il en sera ainsi pour Métropotamie qui fut une des aventures artistiques les plus singulières et les plus intéressantes de la scène picturale française de la deuxième moitié .

Saint Sébastien, La fabricaton des osties
Ce nom étrange recouvrait un collectif de deux peintres qui s'affublèrent de nom tout aussi bizarre. Il y avait Alain I er de Métropotamie et Saint Sébastien de Metropotamie.

Saint Sébastien de Métropotamie, le retour du troupeau
Si on ne sait pas dans quelles conditions exactes ils se sont rencontrés, on peut supputer que le coup de foudre mutuel fut immédiat. La rencontre a lieu en 1979. Alain qui a alors à peine la trentaine a commencé depuis quelques temps une carrière de peintre. Il cherche un modèle pour un saint-Sébastien, il voit dans le garçon de dix sept ans qu'il vient de rencontrer un modèle idéal. Lorsque le futur saint-Sébastien rate son bac, la même année que leur rencontre, l'épreuve de français s'étant transformée en réquisitoire contre la société et ses professeurs, le lycée de Saint Germain le renvoie. L'adolescent décide de s'enfuir de chez sa mère (son père est décédé alors qu'il était encore enfant), infirmière à l'hôpital de Saint-Germain-en-Laye et surtout véritable marâtre. Il ne la reverra plus.

Sain Sébastien de Métropotamie, troupeau de rombières sauvages
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Grande exposition de peinture
Le garçon trouve refuge chez son ami peintre. Un soir, après avoir travaillé un mois comme coursier au Louvre des antiquaires, avec son premier salaire, il achète le tableau sur lequel Alain l'a peint.

Saint Sébastien de Métropotamie peint par Alain Ier de Métropotamie
Un jour que le jeune modèle agaçait le peintre en le regardant travailler, Alain lui flanqua pinceaux et peintures dans les mains.

l'embarquement pour la Tendresse " (1982), Alain 1er de Métropotamie
Alain, qui était autodidacte, apprit au garçon ce qu'il savait; ainsi le modèle qui avait servi à la création du tableau d'un martyr de Saint Sébastien sortit de ce tableau en quelque sorte pour devenir à son tour peintre. Il choisit de s'appeler Saint Sébastien de Métropotamie. Ainsi commença une aventure picturale qui devait durer treize ans et n'être interrompu que le 31 juillet 1992 à la mort de Saint Sébastien de Métropotamie. Ils partagèrent tout ce temps un même atelier de 12 m2. Ils s'influencèrent mutuellement, s'encourageant à s'inspirer l'un de l'autre. Pourtant, même s'il y a une indéniable parenté entre les tableaux d'Alain et ceux de Sébastien, il est facile de repérer qui des deux est l'auteur de tel ou tel tableau. La facture des toiles de Sébastien, qui utilise le plus souvent l'acrylique, est plus léchée, plus précise que celle d'Alain. On peut y reconnaitre les influences directes de Courme, de Clovis Trouille et aussi celle d'Erro, avec de fréquentes incursions dans ses toiles de personnages historiques ou de figures et d'évènements contemporains à l'élaboration du tableau. S'y invitent également de nombreuses références autobiographiques. N'écrivait-il pas: << Nos images crient nos angoisses, nos désirs, nos fantasmes, la dérision de cette vie que l'on ne peut supporté que dans la liberté.>>. On y reconnaît sa mère, sa soeur, ses perroquets, ses chiens et son ami Joaquim Ferreira qui lui a fait connaître les lumières du portugal qui devint son pays d'adoption. La peinture d'Alain est plus originale, plus surréaliste, moins habile que celle de Sébastien. Elle a parfois la maladresse des tableaux de Magritte. Alain de Métropotamie a produit plus que Sébastien qui n'eut le temps que de peindre une soixantaine de toiles. Alain, quant à lui, doit être l'auteur du double; quelques rares oeuvres furent exécutées à quatre mains. Les images d'Alain sont hantées à la fois par l'antiquité romaine et par le paysage du métro parisien.

En 1983 aux éditions Loris Talmart, ils font paraitre un manifeste illustré ayant pour titre leurs deux noms. Ils y attaquent à la fois la peinture figurative classique et l'art abstrait. On peut y lire des saillies que ne désapprouverait pas aujourd'hui un Jean Clair, telles que: << Les deux grands courants de peintures chiantes de notre temps: le premier est une mosaique de peinture ringarde à base de pots de fleurs, de marines, de portraits d'idiotes, de biche égarée dans un sous bois, de nature crevées, ect. Ce style figuratif n'évoque rien de précis. Il résulte d'un enseignement dispensé par des fonctionaires de l'art dans des conservatoires bidons; la personalité y est mal vue et l'imagination interdite. Ces tableaux sont un panachage de fauvisme, d'impressionisme. Ils peuvent pourtant être jiliment conçus et faire très chic accrochés au-dessus du buffet (...) Une classe sociale peureuse et dénuée d'imagination se reconnaît dans ces images: c'est une rengaine picturale qui rassure et berce les digestions du repas familial. Le deuxième, tourné vers un avant-gardisme dont les agents culturels nous inondent, n'évolue plus depuis belle lurette: Ses exécutants sont devenus des avant gardistes conservateurs. Ce sont des individus creux, paresseux, sans volonté, qui, un jour, lors d'une exposition, ou au travers de reproductions entrevirent là, le moyen d'exister avec le moindre effort.>> et plus loin: << Parce que les amateurs et les collectionneurs la considèrent trop souvent comme un simple investissement, la peinture d'aujourd'hui se trouve liée à l'idée de préciosité, et perd son sens primitif, celui d'être vue par tout le monde.>>

souriez avec Wharol, acrylique 116x89
(ce tableau a été volé en juin 1993 à Paris. Il fut aperçu quelques jours plus tard exposé à la vitrine d'un antiquaire du quartier Montparnasse. Un client non averti, a acheté cette peinture avant qu'il soit possible de la récupérer. A ce jour le tableau n'est toujours pas retrouvé. Une enquête judiciaire est ouverte. Pour toute information vous pouvez contacter le blog)
Saint Sébastien s'il était autodidacte en peinture était un fin lettré et connaisseur de l'histoire de la peinture tout comme Alain. Il y a de nombreuses allusions à des peintres célèbres dans leurs oeuvres, Chirico, Dali pour alain, Warhol Picasso chez Sébastien, chez qui en outre Mona Lisa était un personnage récurrent de ses tableaux.

Histoire de pince tétine et tétine pincée, enfin déridée, huile 33x24, 1987, Saint Sébastien de Métropotamie
Il faut êtrez extrêmement attentif devant les toiles de Métropotamie pour en décrypter toutes les arcanes, car les citations, entre autres picturales, y sont nombreuses. J'ai cru par exemple, dans "l'embarquement pour la tendresse reconnaitre dans le garçon roux et fessu à l'avant de la barque un des choupinets peints jadis par Elisarion von Kupffer...
La peinture de Métropotamie se veut signifiante, narrative et non décorative.
Saint Sébastien de Métropotamie, Mona au bistrot, 1990
Pour faire connaître leur production, ils eurent la géniale idée d'éditer en grandes quantités des reproductions de leurs tableaux sous forme de cartes-postales. Ils en confiaient la vente à d'accortes jeunes gens qui, parcourant les rues, proposaient leurs images aux passants. Ainsi, rapidement, en quelques années leurs tableaux et leurs noms furent connus d'un vaste public, non seulement en France, mais aussi au Canada, au Portugal et en Amérique du sud. Cette démarche audacieuse n'était que l'application concrète du précepte qu'ils édictent dans leur manifeste: << La peinture ne vit que par la masse des regards.>>.
La notoriété de Métropotamie était-elle qu'en 1990 fut éditée une télécarte avec la reproduction de deux de leurs tableaux.

Saint Sébastien de Métropotamie, Paysage gainsbardique (1987)
Métropotamie était suivi par quelques collectionneurs fidèles qui parfois n'attendaient pas que la peinture soit sèche pour acquérir une toile.

Le temps, huile 65x54, 1987, Saint Sébastien de Métropotamie
Est-ce cette reconnaissance populaire d'hier, qui déjà n'était pas du goût du microcosme de l'art parisien, que par son silence, l'intelligentsia fait payer à ces artistes à l'intégrale originalité.

Alain de Métropotamie (à gauche sur la photo) et Saint Sébastien de Métropotamie peignant dans leur atelier


Saint Sébastien de Métropotamie
Il y a longtemps qu'Alain, qui ne peindrait plus n'a pas donné de ses nouvelles... Les cendres de Saint-Sébastien furent dispersée dans les rue de Lisbonne par Joaquim.
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Enlèvement de saint Sébastien dans de difficiles conditions (hule 100x81), Saint Sébastien de Métropotamie

Le martyre de saint Sébastien (huile 33x24), Saint Sébastien de Métropotamie)

Alain Ier de Métropotamie

attaués par un essaim de lunettes, 1985,Saint-Sébastien de Métropotamie

Les jeux du cirques (huile 146x114), 1985, Saint-Sébastien de Métropotamie

Saint-Sébastien de Métropotamie

Alain de Métropotamie

Pompéi vu par Alain 1er de Métropotamie
Nota
1- Ce billet doit beaucoup à Joaquim Ferreira qui a eu l'obligeance de répondre à mes questions et me fournir de nombreux documents.
2- Je cherche toutes images des tableaux d'Alain de Métropotamie ainsi que des renseignements biographiques sur ce dernier.

Le bout de la plage, acrylique 60x80, 1991, dernière toile peinte par Saint Sébastien de Métropotamie
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Si le titre de la biographie de Bernard Buffet par Jean-Claude Lamy est beau, il est assez peu conforme à la réalité du personnage du peintre. J’aurais préféré une biographie un peu moins hagiographique et d’un style plus tenu. Le lyrisme du début frise le ridicule et les premiers chapitres sont riches en digressions certes intéressantes mais qui bousculent par trop la chronologie. Mais ce ne sont là que des vétilles devant le plaisir de lecture que procure cette biographie qui espérons le remettra au premier plan un artiste qui aura beaucoup fait pour ruiner sa réputation.


















Tuke est né en 1858 à York dans une famille de quakers. De 1860-1874, jusqu'à ce qu'il ait 16 ans, la famille réside dans Woodlane à Falmouth, où son père a exerce la profession de médecin. C'est alors que Tuke voit ses premiers navires qui entrent et sortent de la baie de Falmouth, qu'il représentera fréquemment. Son père Daniel Hack Tuke était un important militant pour donner un traitement humain aux maladies mentales. C'était un pionniers en matière de santé mentale et a écrit plusieurs livres importants sur le sujet qui sont encore utilisés aujourd'hui par les étudiants en médecine. Son arrière-arrière-grand-père, William Tuke, avait fondé un des premiers hôpitaux psychiatriques modernes à York en 1792. Son arrière-grand-père Henry Tucke, son grand-père Samuel Tuke et son oncle James Hack Tuke étaient aussi des militants humanistes reconnus.
Tuke enfant
En 1874, la famille déménage à Londres et Henry Scott Tuke fait ses études à la Slade School of Art de Londres à partir de 1875. Il a pour professeur Alphonse Legros et Sir Edward Poynter. En 1877, il obtient une bourse de la Slade et de 1880 à 1881 il voyage en Italie. Il poursuivi ses études à Florence, où il a fait ses premiers dessins de nu. De 1881 à 1883 il est à Paris (1883) où il étudie sous la férule de Paul Laurens. Dans l'atelier de ce dernier il fait la connaissance du peintre américain John Singer Sargent qui a aussi peint des nus masculins , bien que ce fait était peu connu de son vivant, et de Jules Bastien-Lepage, qui l'encourage à peindre en plein air.
Durant l'année 1880, Tuke avait aussi rencontré l'écrivain Oscar Wilde ainsi que d'autres poètes et figures homosexuelles de l'époque. Dans les années 80, il fait partie d'un cercle de poètes et d'écrivains qui ont écrit et ont discuté de la beauté des jeunes hommes. Lui-même écrivit un poème célébrant l'adolescence titré "Sonnet to the youth", qu'il publia anonymement dans The Artist. Il contribua aussi à l'écriture du sonnet The Studio.

Sonnet à la jeunesse
Jeunesse debout sucré, triomphant par la mer,
Tous fraîcheur de la journée
Et toute la lumière
De l'aube de tes membres blanche, ferme, nu et lumineux.

En 1883 de retour en Angleterre, il côtoie des artistes tels que T.C. Gotch et Stanhope Forbes. Il rejoint une petite communauté d'artistes de Newlyn dont faisait partie Walter Langley, Albert Chevallier Tayler et Thomas Cooper Gotch, ce dernier spécialisé dans la représentation des jeunes filles devint un grand ami de Tuke. Ce groupe est désigné par les historien de l'art sous le nom de Newlyn school.

En 1885 Tuke s'installe à Falmouth, un port de pêche situé en Cornouailles. L'endroit est alors encore rustique. Mais il représente le lieu idéal pour Tuke car il lui permet de combiner deux de ses passions, la peinture et la voile. Il y passera le restant de sa vie. Sa fascination pour les navire ne le quittera jamais.
Ses premières œuvres sont narratives ou anecdotiques du type de la toile "Toutes les mains sur les cordes!" (1888-1889), par exemple, où l'on voit sept marins à bord d'un voilier dans une tempête luttant contre les éléments. Dans d'autres tableaux de cette période, Tuke place ses hommes nus dans des contextes mythologiques tel Cupidon et les nymphes de la mer (1898-1899).
Cupidon et les nymphes de la mer (1898-1899)
En 1886, le peintre achète son premier bateau, il en aura
plusieurs. C'est un vieux brigantin français, la Julie de Nantes qui était en mauvais état et qui avait besoin d'une importante rénovation. Le bateau aurait couté à Tuke 41£, soit environ le prix qu'il a reçu à l'époque pour la vente d'un petit tableau. Avec l'aide de ses amis Arthur Tanner, John Downing et Jim Diamond, Tuke convertit le bateau en atelier flottant sur lequel il pourra développer sa passion pour la peinture des adolescents en toute discrétion. La plupart des modèles étaient des garçons du cru que les toiles montrent nageant, pêchant sur le bateau ou sur la plage.


Portrait of Johnny Jackett
Tuke produisit aussi des travaux plus conventionnels sur des thèmes historiques et mythologiques. Ils sont plus facilement vendables que ces tableaux d'adolescents contemporains. Et puis ses toiles aux thèmes mythologiques lui permettaient aussi de placer des nus, mais les critiques de l'époque trouvaient le résultat plat, inanimé et conventionnel.
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The Steering Lesson
Netting Lobster
Lors de ses voyages il peint également des paysages, souvent des aquarelles comme lors de son voyage à Venise en mai 1899.C'était sa troisième visite à la Sérénissime. Il y était venu spécialement pour peindre le portrait d'Horatio Forbes Brown (1854-1926), l'écrivain et historien, qui avait déménagé à Venise en 1879 avec sa mère. Pour les fétichistes des lieux je signale qu'alors Tuke avait dormi avec son ami Brown à la Casa Torresella, sur les Zattere...
À partir des années 1890, Henry Scott Tuke abandonne les thèmes mythologiques et se consacre exclusivement à la peinture des garçons de la région, nageant et pêchant dans leur cadre habituel. En 1892, Tuke voyage en Italie, à Corfou et en Albanie. A la suite de ce voyage sa palette s'éclaircit considérablement alors que certains de ses premiers portraits étaient caravagesques. Il utilise désormais des couleurs plus fraîches. Sa technique acquiert une nouvelle liberté. Son style se rapproche de l'impressionnisme. Il commence aussi à peindre de façon plus naturaliste, sa technique se libère. Une de ses toiles les plus connues pendant cette période est August Blue (1893-1894), une étude de quatre garçons nus se baignant à partir d'un bateau dans une eau cristalline sous un beau ciel bleu. Le tableau donne une image de la jouissance, de l'innocence, de la joie simples du soleil sur le corps, de la contemplation de la mer et du ciel bleu. Avec August blue, Tuke a créé un genre qui célèbre la beauté masculine et l'intemporalité de la jeunesse. Sa préférence pour des titres évocateurs plutôt que descriptifs vient de son admiration pour Whistler.
August Blue (1893) Tate Gallery
En 1886, Tuke est un membre fondateur du club anglais d'art Nouveau. Il est élu membre de la Royal Academy (RA) le 8 mai 1914.
Tuke peignant

L'homoérotisme de ses tableaux cause un certain malaise à l'époque. C'est sans doute pour cela que dans plusieurs toiles des années 1890, Tuke tente de situer ses études de nus masculins dans des contextes mythologiques tel "l'Amour et la Nymphes de la mer (1898-99). Si les peintures de Tuke évoquent clairement son attirance pour les adolescents, aucune d'elles n'est explicitement sexuelle. Le sexe des modèles est rarement montré et les sujets ne sont jamais en contact les uns avec les autres.

Dans Noonday Heat (1903), par exemple, il représente deux jeunes gens qui se détendent sur la plage. Ils sont complètement absorbés par leur propre monde. Ils se regardent l'uns l'autre, peut-être engagés dans une conversation. Aucun regard s'adresses à l'éventuel spectateur, leur relation semble intime, exclusive, et ambiguë... De même, l'aquarelle, deux garçons sur une plage (1909) semble représenter une relation étroite et intense. Dans ce travail, l'absence d'un horizon renforce le sentiment d'intimité.

Two boys on a beach (A study in bright sunlight), 1909
Tuke développa des relations amicales avec ses modèles, mais il n'a jamais été prouvé qu'il ait entretenu des relations plus approfondies avec eux, que ce soit amoureusement ou sexuellement. On connait presque tous les noms des garçons qui posent sur pour les tableaux de l'artiste. Par exemple Tuke était très proche de Charli Mitchell, alors âgée de 15 ans, lorsqu'il pose pour première fois pour le peintre. Le garçon sera ensuite souvent employé comme modèle et il fut aussi un assistant du peintre. L'année de ses seize ans, en 1908, par exemple, Mitchell accompagne Tuke lorsque le peintre va à Shillinglee Park dans le Sussex pourt peindre le portrait du Prince Ranjitsinhji (portrait non localisé aujourd'hui) venu des Indes. Mitchell a posé dans des vêtements du prince pour la partie du corps du portrait. Même s'il est possible, et sans doute quasi certain, qu'il ait eu des relations sexuelles avec certains de ces jeunes hommes, il est également probable qu'il ait, comme beaucoup d'homosexuels de son époque, éprouvé le besoin de sublimer sa sexualité par l'art et dans des relations romantiques et platoniques.
Le baron Corvo, l'auteur d' d'Hadrien VII (1904) admirait l 'Oeuvre de Tuke. Il écrit de Venise en termes vifs et puissants toute son admiration: « Un peintre comme Tuke aurait le champ libre ici: car il n'y a pas un seul peintre pour peindre les jeunes vénitiens en équilibre sur les poupes très hautes, des gondoles sur la grande lagune, à l'aube blanche, quand les lueurs illumine leur chair blanche éclatante. Tuke est le seul homme vivant qui pourrait faire des tableaux d' eux , et il ne les a pas vus ... ». Tuke a rencontré Frederick William Rolfe, alias le baron Corvo au domicile de Gleeson White, le rédacteur en chef du studio Il ne faudrait pas croire que Tuke, malgré la réticence qu'occasionnait le fait que les adolescents soient son sujet privilégié et qu'il habitât souvent loin de Londres ait été un artiste isolé et dénué de soutiens; il bénéficia en particulier de celui indéfectible de Charles Kains-Jackson, ex-avocat, rédacteur en chef de "L'Artiste" en 1888, et leader d'une coterie homosexuels, qui comprenait nottamment E. Bonney-Steyne et Joseph Gleeson White...
Noonday Heat, 1911
Il serait réducteur de limiter l'oeuvre de Tuke à ses célébrations d'un naturisme apollinien. La grande connaissance de Tuke de la voile donne à ses peintures de pêcheurs de Cornouailles une vérité incomparable grâce à son attention portée aux détails et à sa connaissance de la vie de ceux qu'il représente. Les toiles de ce genre comme "marins Yarning" (voir ci-dessus) ont la même sincérité que ses études d'adolescent. "Marins yarning" est emblématique de sa manière par le fait qu'elle intègre une foule de détails qui attire l'œil tel celui de la tasse en émail qui attrape un éclaire de soleil, ou encore le faisceau qui brille sur le dessus de la cuillère...


À cause de ses sujets particuliers, Tuke n'arrivait pas à vendre beaucoup de ses œuvres, excepté dans les cercles restreints des collectionneurs d'art homosexuels. Il arrive néanmoins à vivre assez confortablement de son art car il était aussi reconnu comme portraitiste. Il a acquiert un atelier à Londres où il a passe les hivers. Il y travaille habituellement sur des commandes, surtout des portraits. Son travail dans ce domaine est très apprécié. Il a peint des personnalités aussi éminentes en Angleterre à l'époque que les joueurs de cricket WG Grace et Ranjitsinhji (Ranji) , deux des meilleurs joueurs de cricket de l'histoire du jeu, et surtout celui de Thomas Edward Lawrence (mieux connu sous le nom de Lawrence d'Arabie). Durant toute sa carrière Tuke alternera les portraits qui sont un peu son travail "alimentaire" et ses compositions célébrant la beauté adolescente. Son envoi en 1902 pour l'annuel et très officiel the Royal Academy's summer exhibition se compose de quatre tableaux, deux portraits et deux scènes maritimes avec des garçons, Ruby, Gold & Malachite et The Run Home. Un chroniqueur de l'époque mentionne que les toiles de Tuke sont bien accrochées et rencontre un grand succès.
Home Run a été peint peint à bord du bateau de Tuke. On y voit pour la première fois son nouveau modèle, Bert White, un jeune ouvrier de dix-sept ans qui travaillait à la fonderie locale. En tant que disciple de Jules Bastien-Lepage , Tuke souscrit à la philosophie de Millet qui voyait les paysans et les membre de la classe ouvrière pauvre comme les sujets privilégiés pour le grand art.
On peut dire aussi que Tuke est un portraitiste de... navires. Il s'est aussi intéressé au travail des marins.

L'artiste est aussi un aquarelliste accompli, en 1911, il devint membre de la Royal Society Aquarelle. Il a également travaillé avec des pastels. Il a exécuté une unique sculpture, The Watcher, dont cinq bronzes ont été réalisés. Il a également exécuté des paysages marins.

Boy (Charlie Mitchell) and His Dog at the Beach


Return From Fishing, 1907
Man In A Rowing Boat, 1907
Bien qu'une partie du monde de l'art britannique considérait Tuke comme un peintre un peu sulfureux il avait néanmoins une réputation établie et suffisante pour lui permettre de vivre correctement de son art et de voyager, une autre de ses passions, en France, en Italie, comme aux Indes. En 1900, un dîner fut donné en son honneur à la Royal Cornwall Polytechnic Society. Il serait donc erroné de se représenter Tuke comme un marginale. Lors de ses séjour hivernaux à Londres, il avait une importante vie sociale. Il se rendait régulièrement aux réunions qu'organisait Charles Jackson Kains. Jackson, écrivain et photographe amateur dont Whitman était le mentor, à son domicile sur le Lower Mall, près du pont de Hammersmith presque tous les jeudi soir. Ces réunions étaient fréquentées par un cercle restreint d'artistes, écrivains, poètes et photographes on y rencontrait John Addington Symonds, John Gabrial Nicholson, Charles Mason Fox, Laurance Housmann, George Cecil Ives et Tuke lui-même. Le procès d'Oscar Wilde essais encore dans leur mémoire et pour cette raison leurs rencontres étaient discrète. Ces messieurs y échangeaient des photos et avaient des discussions philosophiques sur la beauté de l'idéal grec...
Tuke était également proche de William Frederick Yeams (1835 à 1916), une figure bien connue de l'Académie dont il fut le bibliothécaire de nombreuses années, et du peintre Américain William Mark Fisher (1842-1923) et de son voisin George Clausen (1852-1944).
Belize 1924
En 1923, Tuke visite la Jamaïque et l'Amérique centrale. Il y produit quelques belles aquarelles. Il pénètre à l'intérieur du Belize où il est tombe malade et contraint de rentrer en Angleterre. Il ne se remit jamais bien que sa passion pour le voyage est restée intacte jusqu'à son dernier jour. Après une longue maladie, il décéde à Falmouth en 1929. Il est enterré au cimetière de Falmouth.
La touche est clairement visible sur les toiles de Tuke. Son rendu est quasi impressionniste, à une époque où la technique lisse et le fini irréprochable du néo-classicisme sont préférés par les critiques et le public. Ce qui fait la particularité de Tuke c'est son grand sens de la couleur et son talent pour figurer la lumière naturelle dans les nuances douces et fragiles de celle de l'été anglais. Si les sujets de ses peintures avaient été plus orthodoxes, Tuke aurait pu compter parmi les peintres britanniques majeurs. Mais ses choix en firent un peintre de niche, enfermé par son thème.
Si Tuke est connu pour peindre en plein air sur le motif, mais aussi en atelier avec des modèles, il n'est pas douteux que ce grand amateur de photographies en utilisait pour certaine de ses toiles. Comme le montre l'extraordinaire proximité entre un de ses tableaux et une célèbre photo de Sutcliffe.
Il ne faudrait pas considérer l'oeuvre de Tuke hors de son contexte historique, ce qu'incite le choix de ses sujets récurrents. En filigrane de ses représentations d'adolescents baignés de lumière on peut y lire: l'esprit sain dans un corps sain. C'est une devise écrite en grosses lettres sur chacune des toiles à laquelle l'artiste a mis la main. Ce souci hygiéniste le rapproche de son contemporain, le peintre suédois Eugène Jansson (1862-1915), autre grand admirateur du corps masculin. A la même époque, en Angleterre d'autres artistes représentent des baigneurs nus sans alibi mythologique comme Edward Stott (1859-1918) et l'Américain William Mark Fisher (1841-1923). Les images de jeunes hommes en bonne santé exerçant sur les plages de Cornouailles peintes par Tuke s'insère dans les débats qui font rage au début du XX ème siècle sur la santé, la sélection naturelle et l'eugénisme. Ce sont des préoccupations très présentes de la classe moyenne urbaine et intellectuelle dans les premières années du XX ème siècle. Dans son empressement à devenir alors l'atelier du monde (on peut faire le parallèle avec la Chine d'aujourd'hui), la Grande-Bretagne a créé des conditions de vie misérable pour les ouvriers dans ses villes industrielles. Il y avait aussi une interrogation par la population anglaise créée par les pertes tragiques subit par l'armée britannique embourbée dans la guerre des Boers. Pour peut être la première fois, la virilité britannique était remise en question, certains voyaient là, une dégénérescence de la races britannique primitives. À l'ère de l'impérialisme triomphant, les Britanniques, avec les discours de Gladstone, avait grandi dans la croyance en leur supériorité raciale. Elle paraissait à l'aube du XX ème siècle menacée...
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Under the western sun, 1917

Nude on the rocks, ca. 1917

Youth on beach, 1920
Il y avait donc, comme Joseph A. Kestner l'a souligné, un parallèle qui était souvent fait entre les jeunes Britanniques et les Grecs de l'Antiquité. Pour Kestner, Tuke était «le plus grand peintre de l'homme nu dans la peinture victorienne» (Joseph A. Kestner, masculinités dans Victorian Painting, 1995, p. 259). Un volet important de la peinture victorienne illustré, certes de manière différente, par Lawrence Alma Tadema, Edward Poynter et Frédéric Leighton, tendait vers l'exemple de l'idéal grec. Tuke étaient grec dans le sens où un beau corps, pour le spectateur Edwardian, signifiait une belle âme.

The three companions, 1905

Two boys and a dog, ca. 1914


Aquamarine (1928)
Le tableau immédiatement ci-dessus, "Aquamarine"" (1928-29) fut très probablement le dernier tableau auquel il travailla. Après sa mort en 1929, la réputation de Tuke s'étiola. Il fut presque oublié jusque dans les années 1970, pour être redécouvert par la première génération d'artistes et de collectionneurs d'art ouvertement homosexuels. Il est depuis devenu une figure des cercles culturels gays, objet de plusieurs publications et on assiste à une certaine inflation des prix de ses tableaux lors des différentes ventes aux enchères.
Deux importantes expositions se sont tenues en juillet 2008, en Grande Bretagne la première à Truro (au Royal Corwall Museum). Elton John, qui a beaucoup d’admiration pour Henry Scott Tuke, a prêté onze tableaux de sa considérable collection personnelle pour l’exposition. La seconde s'est déroulé à Falmouth (à la Falmouth Art Gallery) en Cornouaille, la région où Henry Scott Tuke (1858-1929) exerça son art et aussi durant ses voyages. La Fine Art Society de Londres lui a consacré, quant à elle, une exposition du 21 juillet au 28 août 2008. Afin de célébrer le 150 ème anniversaire de la naissance du peintre. Son travail peut être vu dans les collections publiques en Grande-Bretagne, par exemple à Falmouth, Plymouth, Truro, Bristol, Leeds, Nottingham et Londres à la National Portrait Gallery et Tate Gallery et aussi à la National Gallery of Australia, de Canberra et l' Art Gallery of New South Wales, à Sydney. De nombreux originaux de Tuke sont désormais détenues par Elton John. Mais attention, la dernière fois que je suis allé à la Tate Gallery, l'an passé, je n'y ai vu aucun tableau de Tuke.
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Bachardy et Isherwood à l'époque de leur rencontre
Christopher Isherwood et Don Bachardy dans les années 70


Bachardy et Isherwood Peints par David Hockney (1968).
Chris and Don a love story, 1980 (lithographie de David Hockney)

self portrait
Self Portrait, 1976
Self Portrait, 2003
Self Portrait, 2003

Andrew Ferrero, 1991


Brent
Dan Castle, 1998
Nude 1
J. Smith, 2004
Michael Izzo
Dan Gerischer, 1983
Portrait of Craig Johnson, 1983
Ed Moses, 1978
Ed Ruscha, 1978
Peter Alexander, 1970
Montgomery Clift
Portrait of Thom Gunn, 1981
Richard Sassin, September 27, 2007
Richmond Ross Luce
Robert Graham, 1972
Sean Mc Guire
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Portrait d'Isherwood
Untitled I, July 16 1985(Isherwood)
Untitled II, october 19 1985(Isherwood)
Untitled II, september 2 1985 (Isherwood)
Untitled III, january 2 1986 (Isherwood sur son lit de mort)
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Labourage d'automne, 1980
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1969
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Salomé 1974
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Paysage d'Auvergne 1975
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Ferme et renard dans la neige
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double paysage du sud Maisons sur lac, 1962
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"SORTILÈGE HIVERNAL", 1985
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Paysage du Morvan avec une fouine
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Le territoire du renard, 1963.
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Rencontre avec un tapir
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L'étang
Je vous remercie de votre commentaire qui, s'il est partial, mais ce n'est pas un défaut en un temps où coule surtout l'eau tiède, sur un livre tout aussi partial, il ne contrdit pas la teneur de mon billet. En effet c'est curieux que Pirre Bergé soit aussi peu dissert sur ses début et en particulier sur le rôle que Bernard Buffet y a joué
J'ai eu l'occasion et l'honneur de rencontrer plusieurs fois Bernard Buffet dans le cadre du Salon d'automne dont j'étais l'un des administrateurs, j'étais président de la section photographique, lorsque Mac Avoy qui était un ami, présidait cette institution. J'ai le souvenir en ce qui concerne Bernard Buffet d'un homme affable et timide de premier abord qui se "dégelait" ensuite. Je suis totalement d'accord avec ce que vous dites sur Pierre Bergé mais la postérité n'est pas toujours aveugle. Bernard Buffet comme beaucoup de gens de ma génération a été le premier peintre français contemporain dont j'ai su le nom. Je me dis que mon amour actuel de la peinture, souvent bien différente de celle de Bernard Buffet, lui doit certainement quelque chose.