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peintre

Sacrevoir

7 Août 2025, 06:39am

 

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une fresque de Jean Cocteau à Londres

6 Août 2025, 06:33am

une fresque de Jean Cocteau à Londres

L'histoire de Notre Dame de France à Londres, proche de Soho n'est pas banale pas plus que le bâtiment puisque l'interieur est circulaire.

1861. Le Cardinal Wiseman, Archevêque de Westminster, choisit les Maristes pour fonder un centre religieux pour les Français de Londres. Le père Charles Faure se charge du projet.

25 mars 1865. Le père Charles Faure achète un bâtiment circulaire sur Leicester Square, le “Panorama” de Burford, ancêtre du cinéma, attraction touristique depuis la fin du XVIIIème siècle.

1865. L’architecte français, Louis Auguste Boileau, pionnier des constructions en fer, transforme la rotonde en église toute en fer- d’où la forme circulaire de l’église actuelle.

11 juin 1868. Inauguration de la nouvelle église, première à être construite en fer à Londres. Les dépendances de l’église servent à un hôpital, un orphelinat, et à deux écoles tenus par les Soeurs de Saint Vincent de Paul. Succès et essor immédiat.


2ème période: bombardement et reconstruction (1940-1955)

6 novembre 1940. Deux bombes tombent sur l’église pendant “la bataille d’Angleterre”. Uniquement dégâts matériels.

23 novembre 1941. Église réouverte au culte après de très importantes réparations, dirigées par le supérieur, le père Laurent.

Septembre 1948. Reconstruction de l’église autorisée. Initiative du nouveau supérieur, le père Deguerry. Soutien de l’ambassadeur de France Jean Chauvel, de l’attaché culturel René Varin et du premier ministre britannique, Anthony Eden.

31 mai 1953. Maurice Schumann, secrétaire d’État aux Affaires Étrangères, scelle la première Pierre de construction de l’église. Elle provient de la cathédrale de Chartres. Hector Corfiato, architecte anglais diplômé des Beaux Arts de Paris, est en charge du projet.

6 octobre 1955. Inauguration officielle présidée par l’Archevêque de Paris, le Cardinal Feltin. La nouvelle église doit être décorée.

 

3ème période: décoration de l’église (1953-1960)

René Varin veut faire un lieu de culte “qui honorerait la France”. Il fait appel à des artistes éminents principalement à Jean Cocteau.

 

une fresque de Jean Cocteau à Londres
une fresque de Jean Cocteau à Londres
une fresque de Jean Cocteau à Londres
une fresque de Jean Cocteau à Londres
une fresque de Jean Cocteau à Londres
une fresque de Jean Cocteau à Londres
immédiatement ci-dessus l'autel et la tapisserie l'ornant, novembre 2014, Londres
immédiatement ci-dessus l'autel et la tapisserie l'ornant, novembre 2014, Londres

immédiatement ci-dessus l'autel et la tapisserie l'ornant, novembre 2014, Londres

 

 

 

 

 

Londres, décembre 2014, photo B.A

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POUR SE SOUVENIR DE MÉTROPOTAMIE

4 Août 2025, 06:35am

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Alain de Métropotamie

 

La postérité est souvent bien ingrate, mais en matière d'art, j'ai remarqué que cette ingratitude est souvent heureusement momentanée. Espérons qu'il en sera ainsi pour Métropotamie qui fut une des aventures artistiques les plus singulières et les plus intéressantes de la scène picturale française de la deuxième moitié .

 

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Saint Sébastien, La fabricaton des osties

 

Ce nom étrange recouvrait un collectif de deux peintres qui s'affublèrent de nom tout aussi bizarre. Il y avait Alain I er de Métropotamie et Saint Sébastien de Metropotamie.

 

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Saint Sébastien de Métropotamie, le retour du troupeau

 

Si on ne sait pas dans quelles conditions exactes ils se sont rencontrés, on peut supputer que le coup de foudre mutuel fut immédiat. La rencontre a lieu en 1979. Alain qui a alors à peine la trentaine a commencé depuis quelques temps une carrière de peintre. Il cherche un modèle pour un saint-Sébastien, il voit dans le garçon de dix sept ans qu'il vient de rencontrer un modèle idéal. Lorsque le futur saint-Sébastien rate son bac, la même année que leur rencontre, l'épreuve de français s'étant transformée en réquisitoire contre la société et ses professeurs, le lycée de Saint Germain le renvoie. L'adolescent décide de s'enfuir de chez sa mère (son père est décédé alors qu'il était encore enfant), infirmière à l'hôpital de Saint-Germain-en-Laye et surtout véritable marâtre. Il ne la reverra plus.

 

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Sain Sébastien de Métropotamie, troupeau de rombières sauvages

 

Grande exposition de peinture

 

Le garçon trouve refuge chez son ami peintre. Un soir, après avoir travaillé un mois comme coursier au Louvre des antiquaires, avec son premier salaire, il achète le tableau sur lequel Alain l'a peint.

 

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Saint Sébastien de Métropotamie peint par Alain Ier de Métropotamie

 

Un jour que le jeune modèle agaçait le peintre en le regardant travailler, Alain lui flanqua pinceaux et peintures dans les mains.





 l'embarquement pour la Tendresse " (1982), Alain 1er de Métropotamie

 

Alain, qui était autodidacte, apprit au garçon ce qu'il savait; ainsi le modèle qui avait servi à la création du tableau d'un martyr de Saint Sébastien sortit de ce tableau en quelque sorte pour devenir à son tour peintre. Il choisit de s'appeler Saint Sébastien de Métropotamie. Ainsi commença une aventure picturale qui devait durer treize ans et n'être interrompu que le 31 juillet 1992 à la mort de Saint Sébastien de Métropotamie. Ils partagèrent tout ce temps un même atelier de 12 m2. Ils s'influencèrent mutuellement, s'encourageant à s'inspirer l'un de l'autre. Pourtant, même s'il y a une indéniable parenté entre les tableaux d'Alain et ceux de Sébastien, il est facile de repérer qui des deux est l'auteur de tel ou tel tableau. La facture des toiles de Sébastien, qui utilise le plus souvent l'acrylique, est plus léchée, plus précise que celle d'Alain. On peut y reconnaitre les influences directes de Courme, de Clovis Trouille et aussi celle d'Erro, avec de fréquentes incursions dans ses toiles de personnages historiques ou de figures et d'évènements contemporains à l'élaboration du tableau. S'y invitent également de nombreuses références autobiographiques. N'écrivait-il pas: << Nos images crient nos angoisses, nos désirs, nos fantasmes, la dérision de cette vie que l'on ne peut supporté que dans la liberté.>>. On y reconnaît sa mère, sa soeur, ses perroquets, ses chiens et son ami Joaquim Ferreira qui lui a fait connaître les lumières du portugal qui devint son pays d'adoption. La peinture d'Alain est plus originale, plus surréaliste, moins habile que celle de Sébastien. Elle a parfois la maladresse des tableaux de Magritte. Alain de Métropotamie a produit plus que Sébastien qui n'eut le temps que de peindre une soixantaine de toiles. Alain, quant à lui, doit être l'auteur du double; quelques rares oeuvres furent exécutées à quatre mains. Les images d'Alain sont hantées à la fois par l'antiquité romaine et par le paysage du métro parisien.

 

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En 1983 aux éditions Loris Talmart, ils font paraitre un manifeste illustré ayant pour titre leurs deux noms. Ils y attaquent à la fois la peinture figurative classique et l'art abstrait. On peut y lire des saillies que ne désapprouverait pas aujourd'hui un Jean Clair, telles que: << Les deux grands courants de peintures chiantes de notre temps: le premier est une mosaique de peinture ringarde à base de pots de fleurs, de marines, de portraits d'idiotes, de biche égarée dans un sous bois, de nature crevées, ect. Ce style figuratif n'évoque rien de précis. Il résulte d'un enseignement dispensé par des fonctionaires de l'art dans des conservatoires bidons; la personalité y est mal vue et l'imagination interdite. Ces tableaux sont un panachage de fauvisme, d'impressionisme. Ils peuvent pourtant être jiliment conçus et faire très chic accrochés au-dessus du buffet (...) Une classe sociale peureuse et dénuée d'imagination se reconnaît dans ces images: c'est une rengaine picturale qui rassure et berce les digestions du repas familial. Le deuxième, tourné vers un avant-gardisme dont les agents culturels nous inondent, n'évolue plus depuis belle lurette: Ses exécutants sont devenus des avant gardistes conservateurs. Ce sont des individus creux, paresseux, sans volonté, qui, un jour, lors d'une exposition, ou au travers de reproductions entrevirent là, le moyen d'exister avec le moindre effort.>> et plus loin: << Parce que les amateurs et les collectionneurs la considèrent trop souvent comme un simple investissement, la peinture d'aujourd'hui se trouve liée à l'idée de préciosité, et perd son sens primitif, celui d'être vue par tout le monde.>> 

 

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souriez avec Wharol, acrylique 116x89

 

(ce tableau a été volé en juin 1993 à Paris. Il fut aperçu quelques jours plus tard exposé à la vitrine d'un antiquaire du quartier Montparnasse. Un client non averti, a acheté cette peinture avant qu'il soit possible de la récupérer. A ce jour le tableau n'est toujours pas retrouvé. Une enquête judiciaire est ouverte. Pour toute information vous pouvez contacter le blog)

 

Saint Sébastien s'il était autodidacte en peinture était un fin lettré et connaisseur de l'histoire de la peinture tout comme Alain. Il y a de nombreuses allusions à des peintres célèbres dans leurs oeuvres, Chirico, Dali pour alain, Warhol Picasso chez Sébastien, chez qui en outre Mona Lisa était un personnage récurrent de ses tableaux.

 

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Histoire de pince tétine et tétine pincée, enfin déridée, huile 33x24, 1987, Saint Sébastien de Métropotamie

 

Il faut êtrez extrêmement attentif devant les toiles de Métropotamie pour en décrypter toutes les arcanes, car les citations, entre autres picturales, y sont nombreuses. J'ai cru par exemple, dans "l'embarquement pour la tendresse reconnaitre dans le garçon roux et fessu à l'avant de la barque un des choupinets peints jadis par Elisarion von Kupffer...

La peinture de Métropotamie se veut signifiante, narrative et non décorative. 

 

Saint Sébastien de Métropotamie, Mona au bistrot, 1990 

 

Pour faire connaître leur production, ils eurent la géniale idée d'éditer en grandes quantités des reproductions de leurs tableaux sous forme de cartes-postales. Ils en confiaient la vente à d'accortes jeunes gens qui, parcourant les rues, proposaient leurs images aux passants. Ainsi, rapidement, en quelques années leurs tableaux et leurs noms furent connus d'un vaste public, non seulement en France, mais aussi au Canada, au Portugal et en Amérique du sud. Cette démarche audacieuse n'était que l'application concrète du précepte qu'ils édictent dans leur manifeste: << La peinture ne vit que par la masse des regards.>>.

La notoriété de Métropotamie était-elle qu'en 1990 fut éditée une télécarte avec la reproduction de deux de leurs tableaux.

 

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Saint Sébastien de MétropotamiePaysage gainsbardique (1987) 

 

Métropotamie était suivi par quelques collectionneurs fidèles qui parfois n'attendaient pas que la peinture soit sèche pour acquérir une toile.

 

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Le temps, huile 65x54, 1987, Saint Sébastien de Métropotamie

 

Est-ce cette reconnaissance populaire d'hier, qui déjà n'était pas du goût du microcosme de l'art parisien, que par son silence, l'intelligentsia fait payer à ces artistes à l'intégrale originalité.

 

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Alain de Métropotamie (à gauche sur la photo) et Saint Sébastien de Métropotamie peignant dans leur atelier

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Saint Sébastien de Métropotamie

 

Il y a longtemps qu'Alain, qui ne peindrait plus n'a pas donné de ses nouvelles... Les cendres de Saint-Sébastien furent dispersée dans les rue de Lisbonne par Joaquim. 

 

Enlèvement de saint Sébastien dans de difficiles conditions (hule 100x81), Saint Sébastien de Métropotamie

 

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Le martyre de saint Sébastien (huile 33x24), Saint Sébastien de Métropotamie)    

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Alain Ier de Métropotamie

 

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 attaués par un essaim de lunettes, 1985,Saint-Sébastien de Métropotamie

 

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Les jeux du cirques (huile 146x114), 1985, Saint-Sébastien de Métropotamie

 

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Saint-Sébastien de Métropotamie

 

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Alain de Métropotamie

 

 

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Pompéi vu par Alain 1er de Métropotamie

 

Nota

1- Ce billet doit beaucoup à Joaquim Ferreira qui a eu l'obligeance de répondre à mes questions et me fournir de nombreux documents.

2- Je cherche toutes images des tableaux d'Alain de Métropotamie ainsi que des renseignements biographiques sur ce dernier.

 

 

 

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Le bout de la plage, acrylique 60x80, 1991, dernière toile peinte par Saint Sébastien de Métropotamie    

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François Augiéras, jeune magicien sortant par le trou de la cheminée et s'élevant dans le ciel à l'aide de son bâton magique

3 Août 2025, 07:05am

 

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Nils Asplund

2 Août 2025, 06:43am

 

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A PROPOS DE BERNARD BUFFET, LE SAMOURAÏ

29 Juillet 2025, 06:42am

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24bc931b4dSi le titre de la biographie de Bernard Buffet par Jean-Claude Lamy est beau, il est assez peu conforme à la réalité du personnage du peintre. J’aurais préféré une biographie un peu moins hagiographique et d’un style plus tenu. Le lyrisme du début frise le ridicule et les premiers chapitres sont riches en digressions certes intéressantes mais qui bousculent par trop la chronologie. Mais ce ne sont là que des vétilles devant le plaisir de lecture que procure cette biographie qui espérons le remettra au premier plan un artiste qui aura beaucoup fait pour ruiner sa réputation.
L’une des qualités du livre, à la documentation sans faille, est de faire revivre une époque, l’immédiate après guerre où Paris était encore la capitale de l’art mondial, pour bien peu de temps encore mais aucun des acteurs qui s’agitaient sur la scène de l’art parisien le pressentait.

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Dans cette après guerre où la bataille entre abstraction et figuration faisait rage, l’art était un enjeu politique majeur. Il faut imaginer le rustre Maurice Thorez, secrétaire générale du Parti Communiste, alors premier parti de France, arpentant les allées du salon d’Automne, suivi de l’oppotuniste Aragon qui n’avait pas encore troqué son costume d’ apparatchik contre celui de la vieille folle noctambule, pour soutenir Fougeron champion français du réalisme socialiste.
La notoriété dans la Quatrième République des artistes est inconcevable aujourd’hui, comme l’est la fulgurante ascension de Bernard Buffet qui connaît ses premiers succès à 18 ans! Il faut dire que ses tableaux d’ ascète sont en phase et aux couleurs de l’époque. Il est bon de se les remettre dans l’oeil pour se souvenir de leur force...

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Lamy me confirme le rôle de découvreur du peintre par Henri Héraut (1894-1982), (Comme le livre que je traite est largement disgressif, je m’autoriserai   ce plaisir coupable, dont je suis un fervent pratiquant, assez souvent dans ce texte...). Ce que m’avait confié, dans les années 70 ce curieux personnage qu’était ce peintre et critique. Je n’oublierais jamais ma visite dans son “atelier” en fait un petit appartement dans un immeuble récent qui dominait la gare Montparnasse. Héraut m’expliqua qu’il n’avait pas l’électricité puisque la gare éclairait son logis ! Ainsi muni d’une lampe électrique et juché sur un escabeau je pus admirer des dessins de Delacroix et des Buffet des années quarante... Voici comment Lamy raconte la découverte du jeune peintre par Heraut: << Maison rue des Batignolles; à chaque étage, au palier, une vaste glace reflète son image. “Le feutre vert sur l’oreille, je m’imagine beau. Au deuxième, je pousse la porte, j’entre chez Bernard Buffet. D’immenses toiles d’hommes nus, tristes, pourris de solitude... je me vois vrai”.>>.

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Les anges d'Héraut...

Henri Héraut avait fondé en 1935 un Groupe de peintres figuratifs français qui s’intitule Les peintres des Forces Nouvelles parmi eux: Henri Héraut, Robert Humblot,Henry Jannot , Jean Lasne, Alfred Pellan, Georges Rohner , Tal Coat... Dans leur manifeste on peut lire: << ... qui ont compris que le temps des escamotages de dessin ou surcharge de pâte était révolu" et qui prônent le "retour au métier consciencieux de la tradition dans un contact fervent avec la Nature >>. Ils sont Convaincus que cette attitude, dans le contexte de l'avant-guerre, représentait la plus osée des audaces, que la modernité n'est pas formelle, les peintres de Forces Nouvelles se prononcent contre l'impressionnisme, "ennemi public numéro 1", le surréalisme ou le cubisme. A l'école de Georges de la Tour, des frères Le Nain ou des artistes classicisant des années vingt, cette peinture se veut un retour au dessin et au modelé, au métier. Le groupe se disperse en 1939, mais certaines manifestations en prolongent l'esprit pendant les années d'occupation.

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tableau de Jannot

On comprend son adhésion immédiate à l’oeuvre de Buffet. Lorsque j’ai rencontré Héraut, il était d’une saleté repoussante, qui contrastait avec le soin qu’il prenait de sa petite moustache blanche, parfaitement taillée. Il portait un immuable costume trois pièces bleu; le devant du gilet était ciré de crasse et l’arrière de sa veste était en lambeaux comme si elle avait été déchirés par un fauve. Il se vantait d’avoir autant d’ attirance pour les garçons que les filles tout en étant toujours resté vierge. Il ne peignait plus que des anges. Il avait toujours le même petit feutre vert sur l’oreille que trente ans au par avant lors de sa première visite chez Buffet.

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La rencontre en 1948 de Buffet avec Pierre Descargues, l’un des critiques les plus respectés et les plus influents de l’époque, est déterminante pour l’avenir du jeune peintre. Voici ce que Descargue écrivit sur Bernard Buffet dans le livre qu’il lui a consacré: << Il témoigne puissamment du désarroi de notre époque. L'inaction de ses personnages, leur vie absurde, Bernard BUFFET  les exprime comme un mal dont on est soi-même victime, avec violence en se donnant soi-même tout entier à cette œuvre de vengeance, c'est à dire en y mêlant intimement l'amour et la haine. >>.

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Pour un vieux et fidèle auditeur, comme moi de France-Culture, on ne peut lire un texte de Descargue sans entendre sa voix qui à su passionnée tant de gens pour l’art moderne, et cela sans exclusive durant tant d’années. C’est une curieuse expérience pour un vieil habitué de ses confidences radiophoniques de le découvrir dans ces pages tout jeune et déjà passionné. Pierre Decargue, dans ses récents livres de souvenir, il me semble (je ne les ai pas par de vers moi), est bien oublieux de son ancienne admiration pour Buffet...

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Un des grand mérite du volume est de rappeler l’incroyable précocité de Bernard Buffet qui entre à I'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en décembre 1943, dans l'atelier du peintre Eugène Narbonne, où il est déjà considéré comme très doué. Il s'y lie notamment d'amitié avec les peintres Maurice Boitel et Louis Vuillermoz.

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un tableau de Maurice Boitel.

“Bernard Buffet le samouraï” me procurera tout au long de ses pages de constants bonheurs de découvrir jeunes des gens que j’ai croisés, et parfois admirés, chenus, principalement sous la voûte du Grand Palais lors des Salons d’Automne des années 80. La vénérable institution brillait alors de ses derniers feux sous la férule de Mac Avoy... Il en est ainsi de Jean-Pierre Capron, Boitel et de bien d’autres...
Est-ce un soupçon de vanité mais il est toujours curieux et parfois émouvant, de découvrir dans les pages d’un livre des gens que l’on a côtoyés, connus ou même seulement croisés. Ainsi il m’est étrange de découvrir que Jean-Pierre Capron a été l’un des amis les plus proches et les plus fidèles de Bernard Buffet, je le croisais dans les allées du Grand Palais lors de chaque Salon d’Automne, toujours d’une urbanité parfaite, toujours accompagné de son compagnon d’un si petit format qu’ avec Jean-Claude Farjas nous l’avions surnommé le jockey.  Ce garçon paraissait être le petit fils de son ami... C’est lui qui apportait rituellement la contribution de Capron au Salon, bien peu était impatient de découvrir la toile de l’artiste qui pourtant vivait très bien de sa production ce qui resta mystère pour moi... Les peintres contemporains qui semblaient avoir l’aval de Bernard Buffet me semblaient bien médiocres. Mais peut-être comme pour Boitel il voulait surtout rester fidèle à ceux qui ne l’avaient pas méprisé à ses tout débuts?


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tableau de Jean-Pierre Capron

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Portrait de Capron par Buffet.
 

Le hasard du calendrier a voulu que pendant que je lisais cette biographie, je reçoive un e-mail m’invitant à la pose d’une plaque commémorative, peinte par Jean-Pierre Alaux pour le souvenir de Maurice Boitel...
La première exposition de Bernard Buffet, se déroule dans la librairie-galerie de Guy Weelen et Michel Brient. Le soir du vernissage : personne. C’est un jour de grève, et en plus, il neige. Mais, insensiblement, comme l’a dit Bernard Buffet lui-même : « c’est parti tout seul », et toutes les œuvres ont été vendues. Raymond Cogniat achète pour le Musée National d'Art Moderne de Paris une peinture : " Nature morte au poulet ". Comme toutes les toiles du peintre achetées par les pouvoirs publics, elle est remisée aujourd’hui dans les réserves du musée! Pierre Descargue  est le premier à noter ce qui distingue d’emblée le nouveau venu : « Il témoigne puissamment du désarroi de notre époque. L’inaction de ses personnages, leur vie absurde, Bernard Buffet  les exprime comme un mal dont on est soi-même victime, avec violence, en se donnant soi-même, tout entier, à cette œuvre de vengeance, c’est-à-dire en mêlant intimement l’amour et la haine. ». Presque en même temps meurt à 38 ansFrancis Gruber  dont on a vu un moment, à mon sens à tort, le grand inspirateur de Buffet. Aujourd’hui le rapprochement de Gruber avec Julian Freud me parait pus pertinent...

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tableau de Gruber
Jean Claude Lamy n’élude les penchants homosexuels du peintre. Bien au contraire il met au centre de son livre l’amour entre Bernard Buffet et  Pierre Berger: << Un soir d’avril 1950, Buffet se trouve à la galerie Visconti Richard Anacréon passe une tête, accompagné de son jeune assistant (Pierre Bergé). Maurice Garnier remarquent immédiatement  leur attirance réciproque.>>. Pierre Bergé dans “Les jours s’en vont je demeure” Gallimard Folio n° 4087) narre ainsi leur rencontre: << Il avait vingt ans, j’en avais dix huit et, comme tous les coups de foudre, le nôtre frappa à la vitesse de l’éclair... Nous nous retrouvâmes le dimanche suivant... Le soir nous avons cherché un hôtel et finîmes dans un endroit douteux, rue des canettes, où une femme digne et silencieuse nous conduisit à une chambre non sans nous avoir donné une serviette ravaudée. C’était Céleste Albaret, l’ancienne gouvernante de Proust...>>.

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L’auteur sait à propos de cette extraordinaire histoire d’amour, même souvent trouver les mots justes qui font sourdre l’émotion: << A Manosque comme à Reillanne, les séjours de Bernard et de son compagnon n’ont laissé aucune trace visible. Pas de rue portant le nom du peintre ni de plaque commémorative. Après la disparition des derniers survivants qui fréquentèrent les deux jeunes gens que l’on croyait lié à la vie et à la mort, il ne reste qu’un sentiment de vide comme celui qui suit un amour brisé. Le triptyque “Horreur de la guerre”, ce chef d’oeuvre que Bernard à peint à Nanse en 1954, méritait un lieu d’exposition dans la région. Car c’est en Haute Provence que son art essentiellement concret, domina toute la peinture de sa génération.>>. Dans tout le livre c’est la seule fois où transparaît l’avis de Lamy la peinture de Bernard Buffet et ceci à la lumière de l’amour qui unissait Buffet et Bergé. En ce qui me concerne je ne partage pas cet avis de considérer La série des horreurs de la guerre (thème largement partagé à l’époque) comme le sommet de l’oeuvre qui reste pour moi les toiles dites “misérabiliste” de la période 1945-1950.

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Le récit de la vie du peintre a dans l’ouvrage toujours en contre point la réception critique de son travail, Lamy quant à lui s’interdit (à une exception prés) de porter un jugement sur la peinture de son sujet. La plupart des extraits de critiques sont à la fois défavorables à Buffet et bien Choisis, comme cette dernière, datant de 1960, de Pierre Cabanne: << Après avoir été le symbole d’une époque angoissée et dure, Buffet semble n‘être plus aujourd’hui, aux yeux de beaucoup, que le produit de la publicité et de la spéculation, la victime de la complaisance mondaine ou le forçat de sa surabondance et de sa facilité.>>.

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On un pu parler d’un véritable phénomène Buffet. Les prises de positions sur son art dépassait de loin le cercle restreint (néanmoins beaucoup moins qu’aujourd’hui) des critiques d’art. Ainsi Viallatte s’ enflamme dans sa chronique de “Spectacle du monde”: << La signature de Bernard Buffet ressemble à un fagot d’épines. Quand il peint un bouquet c’est un bouquet de chardons: un animal c’est le homard ou le grondin, une bête tout en pinces, en arrêtes et en griffes; en piquants et en barbelé. Ses personnages n’ont que des os; ses poires aussi, il a inventé la poire en bois, longue, noire et mince comme un fil, pour les jours de deuil et de famine. Tout ce qu’il peint naît en carême... Ces toiles pourtant ne sont pas sans âme. Elles ont même une âme véhémente; pauvre, agressive, hargneuse et douloureuse; une âme maigre, longue acide, d’orphelin qui revient du cimetière dans une chambre où il n’y a pas de feu; une âme menaçante et menacée qui se venge de l’homme, qui gâche la joie, qui fait avorter les récoltes, qui jette un sort sur les navets... Avec ça des dons éclatants: la composition est solide, le dessin sûr, la couleur rare; une manière qui étonne par sa délicatesse. Il est ferme, brutal, subtil. Il a créé un monde à lui. Il impose sa règle du jeu; c’est la marque des grands.>>. (Alexandre Vialatte.

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Bernard Buffet est certainement le premier peintre vivant dont je vis un tableau, expérience commune à bien des personnes de ma génération. Pendant longtemps une reproduction de son “Grand duc” décora ma chambre d’enfant...

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La meilleure part du livre est celle où Lamy avec beaucoup d’intensité et de chaleur ressuscite tout le petit monde intellectuel et mondain de la IV République. Un temps où Paris Match consacrait dix pages couleurs à un peintre de vingt huit ans... Un article qui déclencha un tollé causé aussi bien à cause des déclarations de l’artiste que par l’étalage du luxe dans lequel il vivait... Epoque où pouvait exister une prestigieuse revue culturelle de droite, La Parisienne, dans laquelle François Nourissier étrillait le peintre; des année où “Le Berry républicain” comparait les mérites de Carzou et de Buffet... Qui se souvient aujourd’hui de Carzou, de ses toiles au fons monocolore sur lequel une femme rencontrait un canon, tout pareillement hérissés de piquants tels d’incongrus porcs-épics. Peut-être qu’un jour, la postérité ne sera plus oublieuse, tant mieux, tant pis!? Qui peut le savoir? Mais soyons reconnaissant à Jean-Claude Lamy de faire revivre, l’espace d’une lecture, tout un monde, qui, l’instant d’une république s’est cru immortel.

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tableau de Carzou.

“Bernard Buffet, le samouraï” en filigrane pose de nombreuses questions comme celle de la place du marchand dans la carrière d’un peintre: << Emmanuel David a misé sur Buffet comme un joueur bien inspiré à la roulette. Cela lui rapportera gros. Mais le peintre lui, sort il gagnant de cette “affaire”? Pierre Descargues se pose la question en s’étonnant que l’artiste accepte de peindre des oeuvres en série au rythme d’un tableau par jour... Il regrette ensuite implicitement le choix qu’a fait Buffet de confier ses intérêts à Emmanuel David: << Que serait il advenu si au lieu de se confier à David, Buffet avait répondu à la proposition d’un autre marchand qui fut celui de Miro, des surréalistes et par la suite de Riopelle, de Paul Kallos, de Mathieu et de Veira da Silva. Le marchand se nommait Pierre Loeb. >>.

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portrait de Maurice Garnier par Bernard Buffet.
 

L’ouvrage par ailleurs s’interroge  à la fois sur le pouvoir de la critique d’art  sur celui de l’état sur le goût de l’ intelligentsia. Celui qui fut longtemps le bras droit d’Emmanuel David puis son successeur, Maurice Garnier explique ainsi le retournement de la critique envers son poulain: << Oui, absolument ! Il y a eu plusieurs raisons, en 1958, qui ont fait basculer Bernard Buffet dans l'incompréhension vis-à-vis des pouvoirs officiels, mais pas du grand public. Justement, c'est son succès auprès du plus grand nombre qui a déplu. André Malraux, en créant le Ministère des Affaires Culturelles, à voulu soutenir l'art abstrait, ce qui était tout à fait légitime. Mais pour cela, il fallait évincer, éliminer Bernard Buffet car l'artiste était "encombrant". Il marquait trop fortement la continuité de la peinture classique, figurative. Bernard Buffet a été trop tôt considéré comme un "phénomène". Il n'avait que trente ans !>>. Déclaration qui soulève le problème de l’art officiel et de l’influence de Malraux durant le pouvoir gaulliste. Cette main mise du ministre de la culture sur l’art, pour lui le grand peintre contemporain était Chagall, ne pourrait il pas expliquer en partie le déclin de Paris et son remplacement comme capitale de l’art par New-York?

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Lorsque l’on referme le livre de Lamy on a appris beaucoup de choses mais nous ne pouvons pas véritablement cerner qui était Bernard Buffet. On a le sentiment d’avoir rencontré un homme faible dont l’art a correspondu miraculeusement, durant quelques années à l’attente de son époque. Et dont des personnes au début inconsciemment en on fait un véhicule de leurs espoirs, de leurs ambitions, de leurs idées... Le pur Buffet meurt dès sa rencontre avec le galeriste Emmanuel David qui enclenche le processus de production à outrance en permettant l’écoulement de la production de la machine à peindre Buffet qui ne savait que peindre et qui finalement n’aimait que cela. Puis viendra le système de la grande exposition annuelle mis en place par Pierre Berger et son marchand Maurice Garnier. Mais il serait réducteur de n’y voir qu’un dessein mercantile de ses hommes. Ils étaient aussi animé par l’admiration pour l’oeuvre et par le souci de préserver le fragile équilibre du peintre qu’il n’atteignait que par un travail forcené. Buffet était une sorte de monstre prisonnier de sa frénésie de peinture...
L’inavoué personnage central du livre n’est pas Bernard Buffet mais Pierre Bergé . Je suggère que Jean-Claude Lamy lui consacre son prochain livre qui ne pourrait être que passionnant sur ce prodigieux entremetteur dont l’émergence de sa fortune reste pour moi un grand mystère. Mais l’écriture d’un tel livre ne doit pas être sans risque... La couverture est toute trouvé, écoutons Mag Bodard qui découvrait le nid du couple Bergé-Buffet: << La maison de Buffet est ravissante... Ses plus belles toiles y sont au mur dont un immense portrait de “la commode” tout nu, avantages au vent... >>, il faut savoir que “la commode” était le surnom de Bergé; on disait alors des deux inséparables amis, voilà Buffet et sa commode! Ce tableau ferait un parfait “visuel” pour cette biographie... Il sera intéressant de guetter si “Bernard Buffet, le samouraï” est chroniqué dans “Têtu” dont Pierre Bergé est le propriétaire...

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La thèse sous jaçante de Lamy est que privé de son amant mentor, l’art de Buffet n’a fait que s’étioler ne répondant plus à une nécessité intérieure mais ne devenant plus qu’une mécanique de survit, une occupation addictive vide de sens. On peut remarquer une importante différence entre le témoignage de Pierre Bergé dans son livre qui écrit qu’il était resté en contact avec son ancien amant et la biographie de Lamy qui laisse entendre que les deux hommes ne se serait plus revu après leur séparation.
Sans doute par manque d’audace ou par égard pour Annabel l’auteur ne fait que murmurer son opinion mais elle reste clairement audible. La pagination est  très révélatrice de la thèse de l’auteur. Il consacre 140 pages au début du peintre, puis 120 pages de ce que l’on peut appeler l’ère Bergé (1950-1958) et seulement 45  pour les quarante dernières années de la vie de Bernard Buffet!
Je ne suis pas certain que Lamy ait voulu que l’on perçoive la biographie de Bernard Buffet qu’il a écrite comme je l’ai ressenti, comme la faillite douloureuse d’un homme...

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Laissons le dernier mot à Pierre Bergé qui a fait dans “Les jours s’en vont je demeure” un portrait touchant de Bernard Buffet dans lequel il ne   pas de ses responsabilités et qui me parait lucide même s’il n’est sans doute pas dénué d’amertume: << Avec la célébrité, des gens de toute sorte entrèrent dans sa vie. Beaucoup de parasite. Il n’était pas dupe, me le disait, s’en amusait. En fait, un peu avant l’âge de trente ans il avait abdiqué. J’ai toujours su qu’il avait mesurer l’impasse dans laquelle il s’était fourvoyé, dont il ne pouvait plus sortir. Il a essayé de peindre différemment, d’aborder la couleur, de changer sa technique. C’était en juillet 1957. Il fit ainsi une dizaine de toiles, me les montra, les détruisit. Nous n’en reparlâmes jamais. Il reprit ses pinceaux et continua à cerner de noir des bouquets de chardons, des poissons plats, des têtes de clown. Il était devenu amer, se consolait avec l’alcool, le sexe. Il peignait toujours, avec une espèce de rage, comme pour se venger de cette célébrité qui l’encombrait et qu’il savait, d’une certaine manière, usurpée. Il aurait voulu tout recommencer, revenir à la peinture telle qu’il l’avait aimée dans son enfance lorsqu’il traversait Paris pour suivre, place des Vosges, les cours de M Darbefeuille. C’était trop tard. J’avais été complice, probablement coupable. J’avais tant cru en son génie. Tout cela tourna mal. Une guerre de marchands s’engagea. Le plus malin l’emporta. La vérité est qu’il n’eut jamais de marchand à l’égal d’un Kahnweiler, Rosenberg, Pierre Loeb, Vollard. Capable de le comprendre - surtout de comprendre la peinture - de lui parler, de le mettre en garde, de le guider. Il partait à la dérive devant des témoins béats d’admiration, incapable de voir qu’il allait se fracasser, se perdre. Ils se contentait de le rassurer, de subvenir à ses besoins, de jouer le rôle de banquier, de secrétaire, d’intendant. Il ne savait rien, on lui cachait tout. Il n’avait plus aucun rapport avec la vie ni avec l’art de son temps. Il ne lui restait que des japonais qui l’admirait on ne sait trop pourquoi. Il était trop intelligent pour s’en satisfaire, il n’était pas dupe...>>

2005   
 

COMMENTAIRES lors de la premiere edition du billet

exécuteur testamentaire et unique ayant droit moral sur l'ensemble de l'oeuvre plastique & littéraire de Bernard Buffet ( 1928 / 1999 ) , je viens de prendre connaissance de votre commentaire sur le pitoyable livre de Jean-Claude Lamy , que Bernard Buffet surnommait à juste titre , lorsqu'il le voyait : " ... tiens , voilà celui qui n'a surement pas inventé l'eau tiède !.... " ; on comprendra dés lors le peu de crédit que l'on doit accorder à ce " bafouillage " illisible , ... qui enfonce des portes ouvertes depuis les débuts du jeune garçon Bernard Buffet, et qui assurément est loin , bien loin de la vérité vraie ... c'est le résumé de la " vieille " histoire du non moins vieux Maurice Garnier , une supercherie !... quant au commentaire de Pierre Bergé , car c'est bien d'un commentaire dont il s'agit , ce n'est guère " glorieux " pour ce dernier ,dont la mémoire , si vive en temps ordinaire , semble dans ces propos-là défaillante ... enfin , pour rétablir certaines vérités , seul Bernard Buffet a décidé , seul avec lui -meme dans son atelier et ce dés le début des années 50 , d'établir une exposition annuelle en Février , en souvenir de ses souvenirs ... ni M. Garnier , ni Pierre Bergé n'ont eu leur mot à dire ..; les décisions de Bernard Buffet n'ont jamais été discutables par qui que ce soit ... avec ma considération la meilleure , hugues tartaut
COMMENTAIRE N°1 POSTÉ PAR HUGUES-ALEXANDRE TARTAUT AVANT-HIER À 04H43

Je vous remercie de votre commentaire qui, s'il est partial, mais ce n'est pas un défaut en un temps où coule surtout l'eau tiède, sur un livre tout aussi partial, il ne contrdit pas la teneur de mon billet. En effet c'est curieux que Pirre Bergé soit aussi peu dissert sur ses début et en particulier sur le rôle que Bernard Buffet y a joué 

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS AVANT-HIER À 07H32
merci , cher Monsieur , pour votre aimable réponse ; non , il n'y a aucune partialité dans mon commentaire , simplement une vérité !j'ai vécu dans l'intimité de Bernard Buffet les 10 dernières années de sa vie , un compagnon de voyage en quelque sorte ..., et il s'est beaucoup confié à moi ... jusqu'à son "grand départ " le 4 0ctobre 1999 ... quant à vos commentaires , j'admets bien volontiers qu'ils sont sensibles et intelligents ... mais ne vous fiez pas à tout ce qui a pu etre écrit et dit ... quant à Pierre Bergé , que je connais bien et qui est un ami depuis que j'ai 17 ans .... il est ce qu'il est devenu ... un homme d'importance et de pouvoir dont la mémoire s'adapte à l'image qu'il souhaite laisser à la postérité ... Bernard Buffet avait raison : " ... tout n'est que vanité !... ", avec ma considération la meilleure , hat
COMMENTAIRE N°2 POSTÉ PAR HUGUES-ALEXANDRE TARTAUT HIER À 16H25

J'ai eu l'occasion et l'honneur de rencontrer plusieurs fois Bernard Buffet dans le cadre du Salon d'automne dont j'étais l'un des administrateurs, j'étais président de la section photographique, lorsque Mac Avoy qui était un ami, présidait cette institution. J'ai le souvenir en ce qui concerne Bernard Buffet d'un homme affable et timide de premier abord qui se "dégelait" ensuite. Je suis totalement d'accord avec ce que vous dites sur Pierre Bergé mais la postérité n'est pas toujours aveugle. Bernard Buffet comme beaucoup de gens de ma génération a été le premier peintre français contemporain dont j'ai su le nom. Je me dis que mon amour actuel de la peinture, souvent bien différente de celle de Bernard Buffet, lui doit certainement quelque chose. 

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS HIER À 18H33

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HENRY SCOTT TUKE

28 Juillet 2025, 07:50am

 

Tuke est né en 1858 à York dans une famille de quakers. De 1860-1874, jusqu'à ce qu'il ait 16 ans, la famille réside dans Woodlane à Falmouth, où son père a exerce la profession de médecin. C'est alors que Tuke voit ses premiers navires qui entrent et sortent de la baie de Falmouth, qu'il représentera fréquemment.  Son père Daniel Hack Tuke était un important militant pour donner un traitement humain aux maladies mentales. C'était un pionniers en matière de santé mentale et a écrit plusieurs livres importants sur le sujet qui sont encore utilisés aujourd'hui par les étudiants en médecine. Son arrière-arrière-grand-père, William Tuke, avait fondé un des premiers hôpitaux psychiatriques modernes à York en 1792. Son arrière-grand-père Henry Tucke, son grand-père Samuel Tuke et son oncle James Hack Tuke étaient aussi des militants humanistes reconnus.

 

Tuke enfant

 

En 1874, la famille déménage à Londres et Henry Scott Tuke fait ses études à la Slade School of Art de Londres à partir de 1875. Il a pour professeur Alphonse Legros et Sir Edward Poynter. En 1877, il obtient une bourse de la Slade et de 1880 à 1881 il voyage en Italie. Il poursuivi ses études à Florence, où il a fait ses premiers dessins de nu. De 1881 à 1883 il est à Paris (1883) où il étudie sous la férule de Paul Laurens. Dans l'atelier de ce dernier il fait la connaissance du peintre américain John Singer Sargent qui a aussi peint des nus masculins , bien que ce fait était peu connu de son vivant, et de Jules Bastien-Lepage, qui l'encourage à peindre en plein air.

 Durant l'année 1880, Tuke avait aussi rencontré l'écrivain Oscar Wilde ainsi que d'autres poètes et figures homosexuelles de l'époque. Dans les années 80, il fait partie d'un cercle de poètes et d'écrivains qui ont écrit et ont discuté de la beauté des jeunes hommes. Lui-même écrivit un poème célébrant l'adolescence titré "Sonnet to the youth", qu'il publia anonymement dans The Artist. Il contribua aussi à l'écriture du sonnet The Studio.

 

 

Sonnet à la jeunesse 

Jeunesse debout sucré, triomphant par la mer, 
Tous fraîcheur de la journée 
Et toute la lumière 
De l'aube de tes membres blanche, ferme, nu et lumineux. 

 

Henry Scott Tuke 

 

 

En 1883 de retour en Angleterre, il côtoie des artistes tels que T.C. Gotch et Stanhope Forbes. Il rejoint une petite communauté d'artistes de Newlyn dont faisait partie Walter Langley, Albert Chevallier Tayler et Thomas Cooper Gotch, ce dernier spécialisé dans la représentation des jeunes filles devint un grand ami de Tuke. Ce groupe est désigné par les historien de l'art sous le nom de Newlyn school.

 

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En 1885 Tuke s'installe à Falmouth, un port de pêche situé en Cornouailles. L'endroit est alors encore rustique. Mais il représente le lieu idéal pour Tuke car il lui permet de combiner deux de ses passions, la peinture et la voile. Il y passera le restant de sa vie. Sa fascination pour les navire ne le quittera jamais.

 

 

Notre Jack, 1886


 
Toutes les mains sur les cordes!(1888-1889) Tate Gallry

 

Ses premières œuvres sont narratives ou anecdotiques du type de la toile "Toutes les mains sur les cordes!" (1888-1889), par exemple, où l'on voit sept marins à bord d'un voilier dans une tempête luttant contre les éléments. Dans d'autres tableaux de cette période, Tuke place ses hommes nus dans des contextes mythologiques tel Cupidon et les nymphes de la mer (1898-1899).

 

Cupidon et les nymphes de la mer (1898-1899) 

 

 

 

En 1886, le peintre achète son premier bateau, il en aura

Tuke, Newlyn - private collection

plusieurs. C'est un vieux brigantin français, la Julie de Nantes qui était en mauvais état et qui avait besoin d'une importante rénovation. Le bateau aurait couté à Tuke 41£, soit environ le prix qu'il a reçu à l'époque pour la vente d'un petit tableau. Avec l'aide de ses amis Arthur Tanner, John Downing et Jim Diamond, Tuke convertit le bateau en atelier flottant sur lequel il pourra développer sa passion pour la peinture des adolescents en toute discrétion. La plupart des modèles étaient des garçons du cru que les toiles montrent nageant, pêchant sur le bateau ou sur la plage.

 

Boys Bathing - Henry Scott Tuke - Hand-Painted Art Reproduction

 

 

Portrait of Johnny Jackett

 

Tuke produisit aussi des travaux plus conventionnels sur des thèmes historiques et mythologiques. Ils sont plus facilement vendables que ces tableaux d'adolescents contemporains. Et puis ses toiles aux thèmes mythologiques lui permettaient aussi de placer des nus, mais les critiques de l'époque trouvaient le résultat plat, inanimé et conventionnel.

 

The Promise, Henry Tuke (1858 - 1929)
The Promise, Henry Tuke (1858 - 1929)

 

 
 

The Steering Lesson

The Steering Lesson

Netting Lobster

Netting Lobster

 

Lors de ses voyages il peint également des paysages, souvent des aquarelles comme lors de son voyage à Venise en mai 1899.C'était sa troisième visite à la Sérénissime. Il y était venu spécialement pour peindre le portrait d'Horatio Forbes Brown (1854-1926), l'écrivain et historien, qui avait déménagé à Venise en 1879 avec sa mère. Pour les fétichistes des lieux je signale qu'alors Tuke avait dormi avec son ami Brown à la Casa Torresella, sur les Zattere...

 

 

À partir des années 1890, Henry Scott Tuke abandonne les thèmes mythologiques et se consacre exclusivement à la peinture des garçons de la région, nageant et pêchant dans leur cadre habituel. En 1892, Tuke  voyage en Italie, à Corfou et en Albanie. A la suite de ce voyage sa palette s'éclaircit considérablement alors que certains de ses premiers portraits étaient caravagesques. Il utilise désormais des couleurs plus fraîches. Sa technique acquiert une nouvelle liberté. Son style se rapproche de l'impressionnisme. Il commence aussi à peindre de façon plus naturaliste, sa technique se libère. Une de ses toiles les plus connues pendant cette période est August Blue (1893-1894), une étude de quatre garçons nus se baignant à partir d'un bateau dans une eau cristalline sous un beau ciel bleu. Le tableau donne une image de la jouissance, de l'innocence, de la joie simples du soleil sur le corps, de la contemplation de la mer et du ciel bleu. Avec August blue, Tuke a créé un genre qui célèbre la beauté masculine et l'intemporalité de la jeunesse. Sa préférence pour des titres évocateurs plutôt que descriptifs vient de son admiration pour Whistler.

 

August Blue (1893) Tate Gallery 

 

En 1886, Tuke est un membre fondateur du club anglais d'art Nouveau. Il est élu membre de la Royal Academy (RA) le 8 mai 1914.

 

Tuke peignant

 

 

L'homoérotisme de ses tableaux cause un certain malaise à l'époque. C'est sans doute pour cela que dans plusieurs toiles des années 1890, Tuke tente de situer ses études de nus masculins dans des contextes mythologiques tel "l'Amour et la Nymphes de la mer (1898-99). Si les peintures de Tuke évoquent clairement son attirance pour les adolescents, aucune d'elles n'est explicitement sexuelle. Le sexe des modèles est rarement montré et les sujets ne sont jamais en contact les uns avec les autres.

 

 

 

 

Dans  Noonday Heat (1903), par exemple, il représente deux jeunes gens qui se détendent sur la plage. Ils sont complètement absorbés par leur propre monde. Ils se regardent l'uns l'autre, peut-être engagés dans une conversation. Aucun regard s'adresses à l'éventuel spectateur, leur relation semble intime, exclusive, et ambiguë... De même, l'aquarelle, deux garçons sur une plage (1909) semble représenter une relation étroite et intense. Dans ce travail, l'absence d'un horizon renforce le sentiment d'intimité.

 

Two boys on a beach (A study in bright sunlight), 1909

 

Tuke développa des relations amicales avec ses modèles, mais il n'a jamais été prouvé qu'il ait entretenu des relations plus approfondies avec eux, que ce soit amoureusement ou sexuellement. On connait presque tous les noms des garçons qui posent sur pour les tableaux de l'artiste. Par exemple Tuke était très proche de Charli Mitchell, alors âgée de 15 ans, lorsqu'il pose pour première fois pour le peintre. Le garçon sera ensuite souvent employé comme modèle et il fut aussi un assistant du peintre. L'année de ses seize ans, en 1908, par exemple, Mitchell accompagne Tuke lorsque le peintre va à Shillinglee Park dans le Sussex pourt peindre le portrait du Prince Ranjitsinhji (portrait non localisé aujourd'hui) venu des Indes. Mitchell a posé dans des vêtements du prince pour la partie  du corps du portrait.  Même s'il est possible, et sans doute quasi certain, qu'il ait eu des relations sexuelles avec certains de ces jeunes hommes, il est également probable qu'il ait, comme beaucoup d'homosexuels de son époque, éprouvé le besoin de sublimer sa sexualité par l'art et dans des relations romantiques et platoniques.

 

Le baron Corvo, l'auteur d' d'Hadrien VII (1904) admirait l 'Oeuvre de Tuke. Il écrit de Venise en termes vifs et puissants toute son admiration: « Un peintre comme Tuke aurait le champ libre ici: car il n'y a pas un seul peintre pour peindre les jeunes vénitiens en équilibre sur les poupes très hautes, des gondoles sur la grande lagune, à l'aube blanche, quand les lueurs illumine leur chair blanche éclatante.  Tuke est le seul homme vivant qui pourrait faire des tableaux d' eux , et il ne les a pas vus ... ». Tuke a rencontré Frederick William Rolfe, alias le baron Corvo au domicile de Gleeson White, le rédacteur en chef du studio Il ne faudrait pas croire que Tuke, malgré la réticence qu'occasionnait le fait que les adolescents soient son sujet privilégié et qu'il habitât souvent loin de Londres ait été un artiste isolé et dénué de soutiens; il bénéficia en particulier de celui indéfectible de Charles Kains-Jackson, ex-avocat, rédacteur en chef de "L'Artiste" en 1888, et leader d'une coterie homosexuels, qui comprenait nottamment E. Bonney-Steyne et Joseph Gleeson White... 

 

 

Noonday Heat, 1911

 

Il serait réducteur de limiter l'oeuvre de Tuke à ses célébrations d'un naturisme apollinien. La grande connaissance de Tuke de la voile donne à ses peintures de pêcheurs de Cornouailles une vérité incomparable grâce à son attention portée aux détails et à sa connaissance de la vie de ceux qu'il représente. Les toiles de ce genre comme  "marins Yarning" (voir ci-dessus) ont la même sincérité que ses études d'adolescent. "Marins yarning" est emblématique de sa manière par le fait qu'elle intègre une foule de détails qui attire l'œil tel celui de la tasse en émail qui attrape un éclaire de soleil, ou encore le faisceau qui brille sur le dessus de la cuillère...

 

 

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File:Tuke - Frank Hird - a comission for Lord Ronald Gower - colored chalks (29 x 24 cm.), 1894.jpg

 

 

À cause de ses sujets particuliers, Tuke n'arrivait pas à vendre beaucoup de ses œuvres, excepté dans les cercles restreints des collectionneurs d'art homosexuels. Il arrive néanmoins à vivre assez confortablement de son art car il était aussi reconnu comme portraitiste. Il a acquiert un atelier à Londres où il a passe les hivers. Il y travaille habituellement sur des commandes, surtout des portraits. Son travail dans ce domaine est très apprécié. Il a peint des personnalités aussi éminentes en Angleterre à l'époque que les joueurs de cricket WG Grace et Ranjitsinhji (Ranji) , deux des meilleurs joueurs de cricket de l'histoire du jeu, et surtout celui de Thomas Edward Lawrence (mieux connu sous le nom de Lawrence d'Arabie). Durant toute sa carrière Tuke alternera les portraits qui sont un peu son travail "alimentaire" et ses compositions célébrant la beauté adolescente. Son envoi en 1902 pour l'annuel et très officiel the Royal Academy's summer exhibition se compose de quatre tableaux, deux portraits et deux scènes maritimes avec des garçons, Ruby, Gold & Malachite et The Run Home. Un chroniqueur de l'époque mentionne que les toiles de Tuke sont bien accrochées et rencontre un grand succès.

 

 Ruby gold & malachite (1902) 

 

 

Home Run a été peint peint à bord du bateau  de Tuke. On y voit pour la première fois son nouveau modèle, Bert White, un jeune ouvrier de dix-sept ans qui travaillait à la fonderie locale. En tant que disciple de Jules Bastien-Lepage , Tuke souscrit à la philosophie de Millet qui voyait les paysans et les membre de la classe ouvrière pauvre comme les sujets privilégiés pour le grand art.

 

 

 

On peut dire aussi que Tuke est un portraitiste de... navires. Il s'est aussi intéressé au travail des marins.

 

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Le navire missionnaire (1894) 
 
Moored Clippers, 1914
Moored Clippers, 1914
 
Remorqueur  (1922) 
 
File:H. S. Tuke Four Masted Barque 1914.jpg
 

 

L'artiste est aussi un aquarelliste accompli, en 1911, il devint membre de la Royal Society Aquarelle. Il a également travaillé avec des pastels. Il a exécuté une unique sculpture, The Watcher, dont cinq bronzes ont été réalisés. Il a également exécuté des paysages marins.

 

Boy (Charlie Mitchell) and His Dog at the Beach

 

Return From Fishing, 1907

Return From Fishing, 1907

Man In A Rowing Boat, 1907

 Man In A Rowing Boat, 1907

 

 

Bien qu'une partie du monde de l'art britannique considérait Tuke comme un peintre un peu sulfureux il avait néanmoins une réputation établie et suffisante  pour lui permettre de vivre correctement de son art et de voyager, une autre de ses passions, en France, en Italie, comme aux Indes. En 1900, un dîner fut donné en son honneur à la Royal Cornwall Polytechnic Society. Il serait donc erroné de se représenter Tuke comme un marginale. Lors de ses séjour hivernaux à Londres, il avait une importante vie sociale. Il se rendait régulièrement aux réunions qu'organisait Charles Jackson Kains. Jackson, écrivain et photographe amateur dont Whitman était le mentor, à son domicile sur le Lower Mall, près du pont de Hammersmith presque tous les jeudi soir. Ces réunions étaient fréquentées par un cercle restreint d'artistes, écrivains, poètes et photographes on y rencontrait John Addington Symonds, John Gabrial Nicholson, Charles Mason Fox, Laurance Housmann, George Cecil Ives et Tuke lui-même. Le procès d'Oscar Wilde essais encore  dans leur mémoire et pour cette raison leurs rencontres étaient discrète. Ces messieurs y échangeaient des photos et avaient des discussions philosophiques sur la beauté de l'idéal grec...

Tuke était également proche de William Frederick Yeams (1835 à 1916), une figure bien connue de l'Académie dont il fut le bibliothécaire de nombreuses années, et du peintre Américain William Mark Fisher (1842-1923) et de son voisin George Clausen (1852-1944).

 

Johnny Jackett

 

 Belize 1924         

 

En 1923, Tuke visite la Jamaïque et l'Amérique centrale. Il y produit quelques belles aquarelles. Il pénètre à l'intérieur du Belize où il est tombe malade et contraint de rentrer en Angleterre. Il ne se remit jamais bien que sa passion pour le voyage est restée intacte jusqu'à son dernier jour. Après une longue maladie, il décéde à Falmouth en 1929. Il est enterré au cimetière de Falmouth. 

La touche est clairement visible sur les toiles de Tuke. Son rendu est quasi impressionniste, à une époque où la technique lisse et le fini irréprochable du néo-classicisme sont préférés par les critiques et le public. Ce qui fait la particularité de Tuke c'est son grand sens de la couleur et son talent pour figurer la lumière naturelle dans les nuances douces et fragiles de celle de l'été anglais.   Si les sujets de ses peintures avaient été plus orthodoxes, Tuke aurait pu compter parmi les peintres britanniques majeurs. Mais ses choix en firent un peintre de niche, enfermé par son thème.

 

Si Tuke est connu pour peindre en plein air sur le motif, mais aussi en atelier avec des modèles, il n'est pas douteux que ce grand amateur de photographies en utilisait pour certaine de ses toiles. Comme le montre l'extraordinaire proximité entre un de ses tableaux et une célèbre photo de Sutcliffe.

 

 

 

Il ne faudrait pas considérer l'oeuvre de Tuke hors de son contexte historique, ce qu'incite le choix de ses sujets récurrents. En filigrane de ses représentations d'adolescents baignés de lumière on peut y lire:  l'esprit sain dans un corps sain. C'est une devise écrite en grosses lettres sur chacune des toiles à laquelle l'artiste a mis la main. Ce souci hygiéniste le rapproche de son contemporain, le peintre suédois Eugène Jansson (1862-1915), autre grand admirateur du corps masculin. A la même époque, en Angleterre d'autres artistes représentent des baigneurs nus sans alibi mythologique comme Edward Stott (1859-1918) et l'Américain William Mark Fisher (1841-1923).  Les images  de jeunes hommes en bonne santé exerçant sur les plages de Cornouailles peintes par Tuke s'insère dans les débats qui font rage au début du XX ème siècle sur la santé, la sélection naturelle et l'eugénisme. Ce sont des préoccupations très présentes de la classe moyenne urbaine et intellectuelle dans les premières années du XX ème siècle. Dans son empressement à devenir alors l'atelier du monde (on peut faire le parallèle avec la Chine d'aujourd'hui), la Grande-Bretagne a créé des conditions de vie misérable pour les ouvriers dans ses villes industrielles. Il y avait aussi une interrogation par la population anglaise créée par les pertes tragiques subit par l'armée britannique embourbée dans la guerre des Boers. Pour peut être la première fois, la virilité britannique était remise en question, certains voyaient là, une dégénérescence de la races britannique primitives. À l'ère de l'impérialisme triomphant, les Britanniques, avec les discours de Gladstone, avait grandi dans la croyance en leur supériorité raciale. Elle paraissait à l'aube du XX ème siècle menacée... 

 



Under the western sun, 1917


Nude on the rocks, ca. 1917


Youth on beach, 1920

File:Tuke, Henry Scott (1858–1929) - Charlie Mitchell.jpg

 

Il y avait donc, comme Joseph A. Kestner l'a souligné, un parallèle qui était souvent fait entre les jeunes Britanniques et les Grecs de l'Antiquité. Pour Kestner, Tuke était «le plus grand peintre de l'homme nu dans la peinture victorienne» (Joseph A. Kestner, masculinités dans Victorian Painting, 1995, p. 259). Un volet important de la peinture victorienne illustré, certes de manière différente, par Lawrence Alma Tadema, Edward Poynter et Frédéric Leighton,  tendait vers l'exemple de l'idéal grec. Tuke étaient grec dans le sens où un beau corps, pour le spectateur Edwardian, signifiait une belle âme.

 


The three companions, 1905


Two boys and a dog, ca. 1914

1922

 

Aquamarine (1928)

 

Le tableau immédiatement ci-dessus, "Aquamarine"" (1928-29) fut très probablement le dernier tableau auquel il travaillaAprès sa mort en 1929, la réputation de Tuke s'étiola. Il fut presque oublié jusque dans les années 1970, pour être redécouvert par la première génération d'artistes et de collectionneurs d'art ouvertement homosexuels. Il est depuis devenu une figure des cercles culturels gays, objet de plusieurs publications et on assiste à une certaine inflation des prix de ses tableaux lors des différentes ventes aux enchères.

 

The Fisherman Poster

 

 

Deux importantes expositions se sont tenues en juillet 2008, en Grande Bretagne la première à Truro (au Royal Corwall Museum). Elton John, qui a beaucoup d’admiration pour Henry Scott Tuke, a prêté onze tableaux de sa considérable collection personnelle pour l’exposition. La seconde s'est déroulé à Falmouth (à la Falmouth Art Gallery) en Cornouaille, la région où Henry Scott Tuke (1858-1929) exerça son art et aussi durant ses voyages. La Fine Art Society de Londres lui a consacré, quant à elle, une exposition du 21 juillet au 28 août 2008. Afin de célébrer le 150 ème anniversaire de la naissance du peintre. Son travail peut être vu dans les collections publiques en Grande-Bretagne, par exemple à Falmouth, Plymouth, Truro, Bristol, Leeds, Nottingham et Londres à la National Portrait Gallery et Tate Gallery et aussi à la National Gallery of Australia, de Canberra et l' Art Gallery of New South Wales, à Sydney. De nombreux originaux de Tuke sont désormais détenues par Elton John. Mais attention, la dernière fois que je suis allé à la Tate Gallery, l'an passé, je n'y ai vu aucun tableau de Tuke.



 

Baigneurs (1889)

 

Chaleur de midi (1903)

 

La Siesta (1906)

 

Matin d'été (1908)

 

Dim. Juillet (1913) Royal Academy of Arts (Londres)

 

Baigneurs (1914) National Gallery of Australia
 

The youth in white trousers





Portrait of T. E. Lawrence, 1922


The Sunbathers
 
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Le marché, le Belize (1924)
 
 
Tuke painting 'A woodland bath' - 1891 - private collection
le peintre sur le motif


 

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Per Krohg

28 Juillet 2025, 07:47am

 

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DON BACHARDY

25 Juillet 2025, 06:37am

 

 
Don Bachardy est né à Los Angeles le 18 mai 1934. Il a commencé à dessiner tout enfant. Durant ses premières années d’adolescence, il s’est spécialisé dans les portraits à l’encre et à l’acrylique.




Bachardy et Isherwood à l'époque de leur rencontre







Christopher Isherwood et Don Bachardy dans les années 70




 
Le jour de la Saint-Valentin 1953, il rencontre l’écrivain Christopher Isherwood, alors qu’il a dix-huit ans et Isherwood 48. Ils resteront en couple durant plus de trente ans jusqu’à la mort de l’écrivain en 1986.

L'écart de leurs âges a choqué beaucoup de leurs amis, mais dans ses mémoires « Mon gourou et son disciple » (1980), Isherwood observe que «Je ne me suis moi-même pas senti coupable, mais je me sentais impressionné par l'intensité émotionnelle de notre relation, dès ses débuts. Je savais que, cette fois, je m’engageais vraiment".

Dans un autre livre de mémoire, Christopher et ses semblables (1976), Isherwood décrit Bachardy comme «le compagnon idéal à qui vous pouvez tout dire et pourtant être aimé pour ce que vous êtes et pas pour ce que vous prétendez être."

Sans se laisser décourager par les préjugés sociaux des années 1950 et 60, répandus, même parmi les amis d'Isherwood d'Hollywood, le couple eut une relation complexe et romantique où dévouement l'un pour l'autre devrait être enviable pour tous les couples homosexuels ou hétérosexuels.
 
 
 


Un film remarquable, mêlant documents d'archives et scènes jouées sur leur relation, intitulé Chris & Don: A Love Story , a été tourné en 2008.
 Dans Chris & Don on voit combien l'image que formait l'écrivain et le peintre a évoluée dans la communauté gay. Au début le couple est reprouvé puis au fil du temps devient comme l'icone idéale du couple gay. Si ceux qui ont fait fortuitement connaissance avec le couple, Isherwood et Bachardy témoignaient qu'ils semblaient vivre une existence idyllique et enviable dans leur maison colline Santa Monica, où ils recevaient des figures de proue du monde des arts et des lettres , et les stars de cinéma. Pourtant le documentaire montre que cette apparente perfection est le fruit d'une construction laborieuse et pas à pas par le couple.
 
 
Chrisanddon
 
 Récemment  A Single Man, le beau film de Tom Ford, basé sur le livre éponyme d' Isherwood, a été inspiré par Bachardy ou plus précisément, par son absence. Le livre a été écrit durant une période pendant le couple s'était séparé; ils ont fini par se remettre ensemble et le rester jusqu'à la mort Isherwood en 1986. Isherwood a été tellement touchée par leur séparation temporaire qu'il a écrit cette courte histoire d'un professeur d'anglais gay qui perd subitement son jeune amant dans un accident de voiture. A Single Man est devenu un de ses deux romans les plus célèbres de l'écrivain avec les histoires de Berlin.
Christopher et Heinz est un téléfilm datant de 2010 qui est a nouveau revenu sur la vie de Christopher Isherwood. Il est directement inspiré des mémoires de Christopher Isherwood, Christopher and His Kind, publiés en 1976. L’écrivain britannique y raconte entre autre son séjour à Berlin de 1929 à 1939, date à laquelle il retourna s'installer aux Etats-Unis. Au début, le jeune Christopher fut fasciné par la vie berlinoise et sa liberté. Un véritable paradis pour les gays. Mais il déchanta vite dès la montée du nazisme.
 

 

Don Bachardy, <em>Shahin</em>, 2005. Acrylic on paper, 22 x 29 in. Courtesy of the artist and Craig Krull Gallery, Santa Monica.

 




Bachardy et Isherwood Peints par David Hockney (1968).




 

Chris and Don a love story, 1980 (lithographie de David Hockney)


 

<em>Self-portrait</em>, 1976. Pencil and ink wash on paper. 24 x 19 in. Courtesy of the artist and Craig Krull Gallery, Santa Monica.

 

self portrait




Self Portrait, 1976


Je rappellerais Isherwood est entre autre l’auteur d’un court roman appelé Adieu à Berlin (1939) (souvent publiées dans un recueil intitulé Histoires de Berlin). Qui a inspiré la célèbre comédie musicale de Broadway Cabaret (1966) et le film (1972) du même nom.




Self Portrait, 2003







Self Portrait, 2003










 
Bachardy a étudié le dessin et la peinture à l' Art Institute Chouinard à Los Angeles et à la Slade School of Art à Londres. Sa première exposition personnelle a eu lieu en Octobre 1961 à la Redfern Gallery à Londres. Le romancier a été le premier modèle de Bachardy.




Andrew Ferrero, 1991

















Brent







Dan Castle, 1998







Nude 1







J. Smith, 2004




 
Bachardy est particulièrement connu pour ses nus. Ils ont la particularité d'être à la fois érotiques et naturalistes. Si Don Bachardy a portraituré de nombreux inconnus, il a aussi peint, grâce aux relations de Christopher Isherwood, de nombreuses célébrités des plus diverses, artistes, musiciens,  écrivains,  notables d'Hollywood... dont Tennessee Williams, Igor Stravinsky, Joan Didion, Anais Nin, Dorothy Parker, Lynda Benglis, David Hockney et Aldous Huxley entre autres.

Ses portraits sont volontairement réalisés en une seule séance, afin de ne pas perdre l'intensité du moment. La sensibilité avec lesquelles les œuvres de Bachardy, parviennent à capter l'essence de son modèle révèle une approche proche de celle de David Hockney dans ses portraits.




Michael Izzo







Dan Gerischer, 1983







Portrait of Craig Johnson, 1983







Ed Moses, 1978







Ed Ruscha, 1978







Peter Alexander, 1970




 
Les œuvres de Don Bachardy font partie des collections permanentes du Metropolitan Museum of Art à New York, du Young Memorial Museum of Art de San Francisco, de l'Université du Texas, de la Henry E. Huntington Library and Art Gallery,de l'Université de Californie de Los Angeles, du Musée d'Art Fogg de l'Université d' Harvard, de l'Université de Princeton, de l'Institut Smithsonian, et de la National Portrait Gallery de Londres.
 
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Official portrait of Jerry Brown as Governor of California, 2010

 
Six albums reproduisant son travail ont été publiés. Sa vie et ses œuvres ont fait l'objet du film  documentaire de Terry Sanders "Les yeux de Don Bachardy". A propos de cinéma Bachardy a collaboré avec Isherwood sur le scénario de "Frankenstein: The True Story" (1973). Son livre de souvenirs, Stars in My Eyes (2000), sur les gens célèbres qu'il avait peints, est devenu un best-seller à Los Angeles.




Montgomery Clift







Portrait of Thom Gunn, 1981







Richard Sassin, September 27, 2007







Richmond Ross Luce







Robert Graham, 1972







Sean Mc Guire




 
A la fin des années 1980, Bruce Voeller de la Mariposa Education and Research Foundation a commandé à Bachardy une série de portraits d'une douzaine de leaders des droits des homosexuels. La série comprend les portraits de Elaine Noble, Frank Kameny, Phyllis Lyon, Del Martin, Morris Kight, Charles Bryden, James Foster, Bruce Voeller, David B. Goodstein, Jean O'Leary, le révérend Troy Perry, et Barbara Gittings.




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Parmi les meilleures œuvres de Bachardy les plus connues et surtout les plus émouvantes sont ses dessins et ses peintures d' Isherwood qui s'étendent sur une trentaine d'années et captent une étonnante variété d'humeurs du romancier. Dans les dessins de Bachardy des derniers moments d’Isherwood, l'empathie entre l'artiste et son sujet est palpable et poignante.

Tandis que le cancer d’Isherwood progressait, Bachardy a fait des dessins presque tous les jours voulant témoigner de la fin de vie de son compagnon, peut être aussi avait-il la folle idée, ainsi de faire reculer l'inexorable; une tentative de faire même dans la mort un processus de création que les deux peuvent vivre ensemble, une ultime fois. Les portraits qui en résultent sont le témoin d'un esprit et d’un corps en transition. Alors que la mort approchait, les dessins se font plus croquis; Bachardy faisait parfois jusqu'à neuf ou dix images par jour.

Pour ces témoignage d'une fin Bachardy utilisait des papiers aquarelle de grand format de différentes tailles, la plupart mesurant environ 40 x 32 pouces, permettant des compositions en taille réelle tout en conservant une intimité tendre avec son sujet. Certaines images sont finement nuancées et détaillées, tandis que d'autres sont d'un rendu rapide de l'ombre et des formes du visage décharné d’Isherwood. Les derniers portraits de la série ont été faits après le dernier soupir d’Isherwood le 4 Janvier 1986.




Portrait d'Isherwood







Untitled I, July 16 1985(Isherwood)







Untitled II, october 19 1985(Isherwood)







Untitled II, september 2 1985 (Isherwood)







Untitled III, january 2 1986 (Isherwood sur son lit de mort)




 
Bachardy vit encore à Santa Monica dans la maison qu’il partagea avec Isherwood (son lieu de résidence depuis plus de 50 ans), où il peint toujour des portraits. En Janvier 2010, il a montré une rétrospective de ses autoportraits (1959-2009) à la Gallery Craig Krull à Santa Monica.
 

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Jean-Claude Farjas

20 Juillet 2025, 08:58am

Labourage d'automne, 1980

1969

Salomé 1974

Paysage d'Auvergne 1975

Ferme et renard dans la neige

double paysage du sud Maisons sur lac, 1962

"SORTILÈGE HIVERNAL", 1985

Paysage du Morvan avec une fouine

Le territoire du renard, 1963.

Rencontre avec un tapir

L'étang

 

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