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peintre

RALPH NICHOLAS CHUBB

19 Juillet 2025, 07:01am

 

 

Ralph Nicholas Chubb (1892-1960) était poète, imprimeur et artiste.

Il est né à Harpenden, dans le Hertfordshire en Angleterre, et a grandi dans la ville de St Albans. La famille de Ralf Chubb y a déménagé avant son premier anniversaire. Chubb a étudié à l'école Abbey Gatehouse et plus tard au Selwyn College de Cambridge, il est devenu officier lors de la première guerre mondiale dans laquelle Il se conduit honorablement, mais il a développé un fort trouble de stress post-traumatique et en 1918, il fut déclaré invalide. De 1919 à 1922, Chubb a étudié à la Slade School of Art de Londres, où il rencontra Leon Underwood et d'autres d'artistes influents d'alors. Il a contribué à cette époque à plusieurs magazines.

 

Ralph Chubb

 

Bien que ses œuvres soient montrées dans des endroits importants tels que la Galerie Goupil ou à l' Académie royale, ses peintures ne sont s'y pas vendues. Il s'installe avec sa famille dans le village de Curridge, près de la ville de Newbury dans le BerkshireIl commence à consacrer à l'impression, qui restera toute sa vie, sa principale activité.

 


 

Figures in a field, 1922

 

 

Il a écrit des livres de de poèmes sur le thème des jeunes adolescents qu'il illustrait de ses propres et nombreuses lithographies. Sans aide commerciale, il a imprimé ses livres tout seul à compte d'auteur et les a édités dans des petits tirages. Ses poèmes sont fortement influencés par Walt Whitman et William Blake.

 


 

A fable of Love and War, 1925





A fable of Love and War, 1925



A fable of Love and War, 1925


… a goodly youth,

Naked, triumphant, spurning with his foot

A heap of lumber, shattered instruments,

Books, broken statues, tumbled palaces;

And women, babes and elder men

Bowing before him and all crying out,

“Worthiest full life who fullest life enjoys!”

And he made answer on high, “Is any here

“Of fuller being than I? I’ll bow to him!”

—then is gone.




A fable of Love and War, 1925
 

 

Dans son "livre de la folie de Dieu" (1928), il déclare son amour des garçons dans un long poème, tandis que dans les "chérubins de l'eau" (1937) on y trouve un poème en couplets rimés sur les baignades des garçons.

Le travail d'impression de Chubb a été interrompue par la guerre, mais en 1948 , il commence la troisième période de son travail et fait paraitre deux volumes importants : "Les enfants de l'aube" et les "Flammes du lever du soleil"Chaque page de ces deux volumes sont remplies d'obscures digressions sur la mythologie illustrées par les dessins de l'auteur aux significations symboliques. En résumé, on peut y voir une prophétie de la rédemption de l' Angleterre, et la venue d'un Dieu-garçon.

 

 

Woodcuts, 1928
 

 

 

L'autre thème qui traverse son œuvre entière est un amour plus prosaique des garçons. Il a été persécuté par le souvenir d'un jeune choristes à St Albans qu'il a aimé passionnément et qui aurait disparu brusquement de sa vie. De la même façon il semble avoir eu une courte relation sexuelle avec un autre garçon lorsque Chubb avait 19 ans. Cette relation l'a beaucoup marquée. Il a pris cette avanture amoureuse comme modèle pour ses futures visions d'un paradis auquel il aspire. Les Livres de Chubb ont été progressivement de plus en plus marqués par la paranoïa du poète. Pour tenter de justifier son désir homosexuel, il a créé une mythologie personnelle où il a tout expliqué en des termes que lui seul pouvait comprendre. Chacun des divers anges, chevaliers, clairvoyants et autres jeunes dieux qui peuplent son monde de rêve, chacun représente un aspect de son introspection. Chubb a toute sa vie essayé de concilier son intérêt sexuel avec son désir d'accomplissement spirituel.

 

 

The Shipboy's Tale

 

Chubb a eu du mal, comme beaucoup d'autres artistes de sa génération, avec la science et le monde moderne. Il fut méprisant, pour les scientifiques, les théologiens orthodoxes et les politiciens qu' il accuse de vouloir supprimer sa liberté.

 



 

Study of an angel


Manhood: A Poem

Breasting the swell of ocean with broad breast,
Heaving your huge shoulders out of the water
And crushing it with your thick thighs;


The monsters, I say, eye you
And writhe with their sinuous limbs together and wait, and eye you;


Then, when I see you thus, shall I not be proud to be a man? …




 

Comme sa santé s'affaiblissait, et qu' il était confronté à des difficultés juridiques et financières permanentes, Ralph Chubb a renoncé à ses œuvres controversées au milieu des années 1950. Période où il a commencé à recueillir ses premiers poèmes et ses souvenirs d'enfance et les a réimprimé. "Treasure Trove" et "La ville dorée" (publié à titre posthume). Dans les dernières années de sa vie, il a fait don des volumes qui lui restait à la bibliothèques nationale britannique. Chubb est mort paisiblement  dans son chalet en chêne de Fair Oak dans le Hampshire le 14 janvier 1960. Il a été enterré à côté de ses parents à l'église de Woodland Kingsclere.

 

 

The Sun Spirit

 

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Songs Pastoral and Paradisal, 1935
 

 

 

Une des particularités que je trouve amusante est que ses garçons peu habillés qui batifolent dans des scènes semi-mystiques  s'ébattent dans des paysages qui pourraient avoir été peint dans les années 20 pour les affiches de promotion pour le rail britannique. 

 


 

Les baigneurs, galerie d'art de ville de Southampton 

 



Voila ce que dit de Ralph Chubb son grand admirateur Dennis Cooper: << Chubb qui fut un beau jeune homme avec ses cheveux sombre, sa belle chemise à col ouvert et son visage diaphane est une des figures la plus adorable et la plus honteusement négligées de "l'Histoire gay". Ralph Nicholas Chubb (1892-1960) était une anomalie à son époque: un garçon sensible qui devrait avoir été tué dans les tranchées, mais qui comme beaucoup d'une certaine façon y est mort; un mystique sans ambages à l'ère du mécanisme ; un artiste puissant et un poète douteux, qui a sacrifié son art pour la production de livres rares quelque peu illisibles. Ces livres étaient destinés à changer le monde, mais ils ont été imprimés par sa propre main dans des tirages si petits que peu de ses disciples parviendront jamais à les lire. Il détestait mercantilisme, puritanisme et débauche cynique. Il aimait la liberté.>> 

 

 


 

Nicholas Chubb, musée de Leamington 

 

 


 

 
Paysage avec un bâtiment de ferme et une porte de champ, dans galerie d'art de station thermale deLeamington 



 

 
 
Ganymede
 
 



Contemplation, galerie d'art de la station thermale de Leamington 
 
 




Joie sans entrave, musée de Hereford
 


 

 
Vallée enchantée, galerie d'art de Ferens 
 
a été à vendre sur e-bay
 

 


 


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One of the incredibly rare, hand-painted books by Ralph Chubb. England, 1934.

 

 

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Keith Vaughan (2)

16 Juillet 2025, 07:06am

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Keith Vaughan, Theseus and the Minotaure (Interior at Minos)
 
En 1952, il déménage dans un appartement  à Hampstead où il vécut jusqu'à sa mort. Cette même année, il découvre les  travaux de Nicolas de Staël à la Matthiesen Gallery de Londres. Ce qui l’aide à réconcilier la  figuration et l'abstraction, éloquence et sensualité  dans sa peinture. Cette même année  il commence une série de peintures de grands groupes. Ils sont fondés sur sa conviction que la figure humaine, le nu, est encore valable pour transcrire les aspirations de l’homme, ses rapports avec la vie de son temps pour l'expression de l'homme les aspirations et les réactions à la vie de son temps. Ces figures héroïques,  de travailleurs agricoles ou d’ouvriers, donnent le sentiment d'être isolés les uns des autres. Ils ont souvent des postures christiques. Est-ce la réminiscence des fresques religieuses de la chapelle de son école? Les couleurs en sont sourdes et puissantes. Le paysage épuré semble être comme une toile de fond d’un décor de théâtre, qui pèserait  sur eux.
 
 
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Souvent il semble plus libre, avoir plus de virtuosité dans ses œuvres peinte à la gouache que dans celles à l’huile. Cette particularité assez rare en fait à mon sens un des plus grands maîtres de la peinture à la gouache du vingtième siècle.
 
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Tout en se concentrant sur  le sujet de la figure masculine, ses travaux sont devenus de plus en plus plus abstraits avec le temps. En 1954 il est professeur à l'école  des beaux-arts de Slade, où il a David Hockney comme élève...
A partir de 1966 il partage son temps entre son travail de peintre, et l'enseignement à temps partiel à la Slade. Ayant acquis un chalet dans l’Essex, il y passe les fins de semaine et des périodes de plus en plus longues ainsi les paysages de l’ Essex deveniennent de plus en plus présent dans ses peintures à partir de 1968.
 
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Toute sa vie il a beaucoup voyagé, en France, en Irlande, en Méditerranée, en Afrique du Nord, au Mexique et aux États-Unis. Il fut aussi artiste résident à l'université de l'Etat de l'Iowa pendant l’année 1959. En 1962 une rétrospective de son œuvre est organisée à la galerie d'art de Whitechapel. Vaughan est également connu pour son journal intime. Des d’extraits de celui-ci sont publiés en 1966 et connaissent un certain retentissement. Mais c’est en 1989, après la mort de l’artiste, avec l’édition de plus larges extraits de ce journal que l’on mesure l’importance de Vaughan en tant que diariste. Dans ces écrits on découvre entre autres, un homme tourmenté par sa sexualité.
 
 
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Vaughan a été un peintre tout à fait reconnu dans son pays.  Il est devenu un membre honoraire du Royal College of Art en 1964 et en 1965 il a reçu un CBE (Citoyen d’honneur de l'Empire britannique). Il a aussi collaboré au magazine The london magazine (les deux reproductions ci-dessous).
Berwick Street Market
Hyde Park un dimanche matin 
 
 
Vaughan a également conçu des motifs pour des tissus. En 1958, il a été nommé le Designer de l'année pour son travail pour l’ entreprise de textile, Weavers d’Edinbourg.
Vaughan a reçu un certain nombre de commandes publiques. The Arts Council demande à l’artiste de créer une fresque murale intitulée “Au début du temps” pour le Dome of Discovery au Festival de Grande-Bretagne en 1951. Il a aussi conçu en 1954 une fresque murale en céramique pour Corby New Town dans le Northamptonshire.  En 1963 London County Council lui commande de peindre une fresque pour le Aboyne Estate Clubroom de Wandsworth.
 
 
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Aujourd’hui hormi à la Tate Britain Gallery de Londres et dans des musées de la province anglaise, il est assez difficile de voir les oeuvres de Vaughan car nombreux de ses tableaux sont dans des collections particulières. Le critique d’art Anthony Hepworth a récemment annoncé qu’il préparait le catalogue raisonné de l’artiste.
Malgré un succès considérable, Vaughan est de plus en plus auto-critique, mélancolique et solitaire. Après qu'on lui ait diagnostiqué un cancer du côlon en 1975, et souffrant d'une maladie grave des reins et de dépression (aggravée par la mort de sa mère en 1976), il se suicide le 4 Novembre 1977 en prenant une surdose de médicaments.
 
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En 2OO7 à la Victoria Art Gallery de Bath une rétrospective du peintre a connu un vif succès, preuve que si le peintre est je crois très méconnu en dehors de son pays (bien que des collectionneurs français possèdent de ses oeuvres, il s’en trouvait parmi les prèteurs de cette manifestation), il jouit d’une notoriété certaine dans celui-ci.
 
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Vaughan a été avant tout fasciné par le corps humain de sexe masculin, qui, comme Bernard Denvir l’observe dans le catalogue de l’ exposition des œuvres de l’artiste au Birmingham City Museum & Art Gallery, en 1981: << pris dans son travail une importance que le sujet n'avait jamais connu auparavant dans l'histoire de la peinture britannique. >>.
 
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Vaughan représente “l'homme”, souvent nu. Les traits de son visage sont généralement trop indistincts pour que l’on puisse identifier le modèle. Il situe ses figures dans un environnement, un paysage stylisé, qui semble hostile. Paradoxalement chaque élément présent dans ses toiles est une réminiscence de son vécu. Ses paysages sont peints d’après les endroits où il s'est rendu, qu’ il a parcouru; ses silhouettes correspondent à  des personnes qu'il a connues.   Ses tableaux sont aussi ceux de quelqu'un qui se sentait à l'extérieur, en quête de relations mais dans lesquelles il ne peut pas être acteur...
 
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Keith Vaughan accompli quelque chose assez rare dans la peinture britannique, mais qui est au coeur de la tradition picturale européenne: la  communion de l’homme avec la nature. On peut dire que le thème remonte et vient de la Grèce antique. Mais il n’est devenu une préoccupation consciente de l'art qu’ avec Cézanne.
 
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En 1950, Vaughan expliquait ainsi la relation entre la nature et la pratique de son art: << La nature constitue la matière vivante qui est le point de départ de l'art. Mon travail comme artiste est d'utiliser ce matériel en vue de transcrire avec clarté ces sensations que chaque personne porte en lui depuis la naissance et qui chez moi ne peut être exprimé par d'autres moyens. Mon but est de produire une peinture qui, par ses associations de formes et de couleurs, offre une expérience visuelle comme abstraite,  comme le ferait un morceau de musique. Je ne fais pas une peinture purement abstraites parce que j'estime que celle-ci n'a pas la même validité en peinture que dans le monde de la musique. Au contraire, je préfère faire découvrir des formes qui conservent l'essentiel de leurs origines dans la nature et peuvent en même temps être combinées en une seule unité. Car sans cette unité les différentes formes ne peuvent pas éclairer les unes les autres et créer cette nouvelle réalité qui est l'œuvre d'art.>>.
 
 
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C’est probablement par le biais des toiles cubistes de Matisse que Vaughan construit ses tableaux avec leur opposition entre des lignes anguleuses, dures, et d’autres plus douces, géométriques et organiques. Il installe dans cette nature recréée, ses personnages. Ce sont des figures masculines, ils sont presque toujours vus frontalement. Ils sont nus. ils leurs manquent presque tous les détails qui donneraient quelque peu une idée de leur personnalité ou même de leur vie sexuelle. Leurs visages en particulier sont sans caractère. Ils sont bien campés, mais leurs poses n'ont pas de rôle narratif. S’ils ne sont pas tout à fait idéalisés, Vaughan veut peindre l’homme dans son universalité. Vaughan parle d'eux comme des êtres spirituels. Il a déclaré: " Ce n’est de savoir ce qui rend les hommes différents qui m'intéresse, mais ce qui unit les hommes ".
Sur une base classique Vaughan a réussi à s’ exprimé  avec une rare concision. Vaughan s'est lentement éloigné de son style néo-romantique du début pour aller vers une peinture plus abstraite, mais il ne put et voulut jamais se libérer de la figure de l'homme. Profondément atmosphérique, il a peint des figures généralement solitaires, que l'on peut voir comme vulnérables, qu'il est difficile de ne pas voir comme des autoportraits. 


 
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Tout au long de sa carrière, Vaughan a maintenu une différence entre les oeuvres qu'il faisait en vue d’une exposition et celles qui avaient un caractère purement privé.  Ce deuxième groupe, créé tout au long de sa carrière, est constitué de plusieurs centaines de dessins au crayon ou à la plume et à l’ encre, représentant tous des jeunes hommes.
 
 
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Bien que le style de ces dessins se soit modifié au fil des ans, il vont du presque abstrait à l'érotique, ils sont libres des inhibitions qui apparaissent parfois dans ses tableaux destinés aux expositions. Ils révèlent plus pleinement que ses autres œuvres son amour et son obsession pour les jeunes corps masculins. En 1991 les éditions Philip Graham ont édité un recueil de ces dessins sous le titre: “ Keith Vaughan 1912-1977: Drawings of the Young Male”.
 
 
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À l'instar de nombreux gays de sa génération et de sa classe, Vaughan a été troublé par l'insécurité au sujet de sa sexualité.  Une grande partie de ce que l'on sait sur ses pratiques sexuelles proviennent de son journal, qu’ il a commencé à écrire dès août 1939 et qu’il a continué jusqu'au matin de sa mort, trente-huit ans plus tard.
 
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Dans celui-ci, il écrit: << La vérité n'est pas nécessairement belle, mais elle peut être utile aux autres >>. Voilà la raison, résumée en peu de mots, pour laquelle Vaughan a  décidé de dire la vérité au sujet de son homosexualité. Après cette ligne, il décrit explicitement ses pratiques sexuelles avec d'autres hommes, ses masturbations et ses expériences sadomasochistes.
 
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Vaughan donne un aperçu des relations qu'il avait avec d'autres hommes, qui sont souvent issus de la classe ouvrière tel John McGuiness, Johnny Walsh, et surtout son compagnon Ramsey Dyke McClure. Tout comme Minton, il a été attiré par un idéal de beauté masculine de la classe ouvrière. Cette inclinaison s’est avérée frustrante pour lui car il aspirait à trouver un partenaire qui pourrait être aussi son égal intellectuel tout en l’ attirant physiquement.
 
Keith Vaughan Communication of Hate circa 1943
1943

 
Bien que Vaughan ait écrit librement sur sa sexualité dans ses journaux intimes ainsi que dans les courtes nouvelles érotiques, qu’ il a écrivait pour son propre plaisir, il a été un produit de son époque. Il a grandi en un temps où les gays étaient conduits à vivre leurs goûts d’une manière souterraine et de se sentir coupable au sujet de leurs préférences sexuelles.
Keith Vaughan a été pris entre la mort du mouvement néo-romantique et la naissance du Pop Art (il était l'ami de John Minton, et plus tard, David Hockney, entre autres); torturé par la solitude et par son homosexualité, Vaughan est un personnage tragique.
 
Small Assembly of Figures, 1951





Seaside Entertainers, 1947





Return of the Prodigal Son.





Orpheus, 1954





Ninth Assembly of Figures (Eldorado Banal), 1976





Neapolitan Bathers, 1951





Men and Boat, 1948





Leaping Figure, 1951
 

Nude Standing by a Chair





 

Bathers By A Grey Sea, 1947

 
 
 
 
 
 
 
 
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Bibliographie:
 
  • Keith Vaughan. Journaux et schémas, 1966, édité à Londres par Alan Ross, 219 pages.
  • Keith Vaughan : Journaux 1939-1977, Alan E-D Ross, 1989, édité à Londres par John Murray, 217 pages, ISBN 0-7195-4732-6.
  • Keith Vaughan, sa vie et travail, Malcolm Yorke, 1990, édité à Londres par Constable, 288 pages, ISBN 0-09-469780-9 (Livre cartonné)

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KEITH VAUGHAN (1912-1977) 1

16 Juillet 2025, 07:06am

Keith Vaughan par Felix H. Man (Hans Baumann) 1945

 

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vaughanphotomw18766Keith Vaughan est né le 23 août 1912 à Selsey dans le Sussex, en Angleterre, mais ses parents déménagent, peu de temps après sa naissance, à Londres, ville où il a vécu pendant le reste de sa vie. Il a un frère cadet qui sera tué à la guerre en 1940. Son père quitte le foyer lorsqu’il n’a que huit ans. Il a étudié à la Christ's Hospital école, une école publique à Horsham, où il était pensionnaire. Curieusement dans cet école, il a eu des cours l'art sur la Renaissance italienne, ce qui n’est sans doute par pour rien dans le déclenchement de sa vocation. Son professeur de dessin, un maître éclairé, H. A. Rigby  encourage le jeune Keith Vaughan à la pratique du dessin et favorise en particulier son intérêt pour Frank Brangwyn, dont les peintures murales ornent la chapelle de l'école.
 
Keith Vaughan, Untitled (Vertical Landscape)
 
 
De 1931 à 1938, il assume un travail, qu’il qualifie de routier dans une agence de publicité (Lintas). Il trouve une certaine compensation à ce labeur en étant en contact avec des artistes qui travaillent à l’agence tels que Felix Kelly et le peintre australien, John Passmore. Passmore a dit de Vaughan: «Je lui doit beaucoup, dans un monde de fous trouver un être de talent est quelque chose pour lequel il faut remercier Dieu.>>. Les heures de loisir de Vaughan était intensivement occupées, d’abord par la peinture, mais aussi par la musique et la fréquentation assidue des spectacles de ballet; Vaughan était un grand passionné de Diaghilev. On peut considérer que Vaughan en tant que peintre est en grande partie autodidacte . Il est resté en dehors du courant principal de la peinture britannique jusqu'à la seconde moitié des années 1940, quand il se lia d'amitié avec John Minton (j'ai consacré un billet à John Minton c'est ici ) et Graham Sutherland et a été influencé par eux
 
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Vers la fin des années 30, il a passe de nombreux week-ends à Pagham avec des amis, consacrés aux bains de soleil, à la natation et à jouer sur la plage. Durant cette période il prend de nombreuses photographies dans lesquelles ses amis semblent souvent figés en plein mouvement. Ces images l’aideront probablement à trouver les attitudes, les poses qui ensuite figureront dans ses peintures de la maturité. La plage de Pagahm dans l’oeuvre de Vaughan tient un rôle similaire à celles de Long Island dans celle de Paul Cadmus.
Lors d’une visite à Paris en 1937, Il fait sa première rencontre directe avec la peinture impressionniste et post-impressionniste.
 
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En 1939, après avoir quitté Lintas, il a passe une année à sillonner toute la Grande Bretagne pour réaliser des paysages à la gouache et à l’huile. C’est son premier face à face prolongé avec la peinture!
 
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Medical inspections, 1941





Medical inspections, 1941
 

Lorsque  la guerre éclate,  en tant qu'objecteur de conscience il  rejoint le service des ambulances. En 1941 il s’ enrôle dans le Pioneer Corps  dans lequel, parlant couramment l’allemand, Il sert d’ interprète pour les prisonniers de guerre allemands à l'Eden Camp près de Malton, (un camp de prisonniers de guerre construits avec par les détenus et considérer comme un "camp  modèle".). Il y avait accès à de nombreux conscrits et prisonniers de guerre dont il fait ses premiers modèles. Il  passe ses soirées à dessiner un certain nombre de portraits de jeunes officiers de prisonniers.
Douze des dessins et  peintures que Vaughan a peints au cours de cette période ont été achetés par la Ward Artists' Comitee et exposés à la National Gallery de Londres, à côté des oeuvres d'artistes tels que Graham Sutherland, Henry Moore et John Piper, qui admirait beaucoup Vaughan.
 
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Vaughan était autodidacte en ce qui concerne la pratique du dessin et de la peinture. Ses premières expositions ont eu lieu pendant la guerre.
 
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En 1942, il était en poste à Ashton Gifford près de Codford dans le Wiltshire. C’est à cette époque qu’il  Peint «The Wall à Ashton Gifford", que l’on peut voir aujourd’hui à la Manchester Art Gallery.  En 1943 l’éditeur John Lehmann lui a commande des illustrations et des jaquettes pour ses livres.
 
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La jaquette de l'édition anglaise d'une saison en enfer de Rimbaud, illustrée par Keith Vaughan

vaughanautoportraitmw08271Toujours pendant la guerre, il se lie d’ amitiés avec les peintres Graham Sutherland, John Craxton et John Minton, avec qui, après sa démobilisation en 1946, il a partagé un atelier. Minton lui fait rencontrer Duncan Macdonald à la Galerie Reid & Lefevre, où Vaughan fait sa première exposition personnelle. Il continuera d’exposer dans cette galerie  jusqu'en 1952. Mais c’est principalement Graham Sutherland, déjà célèbre, qui influença grandement son travail. Par ces contacts il a fait partie du cercle des Néo-Romantiques dans l’immédiate après guerre. Cependant, Vaughan a rapidement développé un style idiosyncratique qui l'a éloigné du groupe. << J'ai passé ma vie à la recherche de moi-même. >>.  Voilà comment l'artiste résumait sa carrière Ce qui n’empêche pas de déceler assez clairement des influences dans sa peinture, en premier lieu, celle, répétons le, de Graham Sutherland mais aussi d’autres des plus diverses allant de Giacometti à Poliakof en passant par Nicolas de Stael et l'expressionnisme abstrait.
 
 
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Untitled (Male Figure) circa 1970
 
 

Personnage se séchant, 1955



Reclining Nude
 


 

Two Figures with Snake, 1973





Three Figures on a Red Ground, 1963
 
 
De 1946 à 1948 il a enseigné à l'école des arts et métiers de Camberwell . C’est Pendant cette période qu’il rencontre un étudiant en art sans ressources, Ramsey McClure. Ils vivront ensemble pendant 30 ans. Keith Vaughan a rencontré beaucoup d'autres célébrités gays des arts et de la littérature, notamment Christopher Isherwood et EM Forster, voir les journaux intimes de ce dernier pour les années 1947 et 1948 (malheureusement toujours pas traduits en français, messieurs les éditeurs un effort!), et E. M. Forster. Keith Vaughan a enseigné à l'école centrale des arts et des métiers de 1948 à 1957.
 
 
The Ice Cream, 1948




 
Supper at Worpswede, 1951




 
Standing Figure, 1954





Standing Figure (minotaur), 1950
 
Keith Vaughan, Group of figures
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SUPERM, Slava Mogutin, Brian Kenny 

11 Juillet 2025, 06:38am

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SUPERM est un collectif d’artistes multimédias créé en 2004 composé de... deux personnes: Slava Mogutin et Brian Kenny aux parcours bien différents l
Slava Mogutin est né en URSS, en 1974, à Kemerovo, en Sibérie. Il a déménagé à Moscou, à l'âge de 14 ans et a commencé à travailler rapidement comme journaliste pour les premiers journaux Russes et les stations de radio indépendants. À l'âge de 21 ans, il est expulsé de  Russie pour ses écrits queers. Il a obtenu l'asile politique aux États-Unis avec le soutien d'Amnesty International et du PEN American Center. Il revendique le titre de dernier dissident politique de l'ex-Union soviétique!

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Kenny  lui est né en 1982 sur la base militaire américaine d’ Heidelberg, en Allemagne où son père était militaire. Il a grandi dans différentes villes des Etats-Unis suivant les affectations de son père. Il est issu d’une famille catholique pratiquante. Adolescent, il a été un gymnaste de haut niveau. Après l'école secondaire, il est entré au Oberlin Conservatory pour poursuivre des études de musique et de chant. Mais finalement il quitte l'école pour produire sa propre musique, qui combine des éléments de hip hop et des bruits ambiants. En 2004, Kenny s'installe à New York où il commence à collaborer avec Slava Mogutin. Kenny s’exprime à travers dessins, graffitis, textes, sons et vidéos.




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A eux deux ils couvrent tous le spectre de l'expression artistique et sont de véritables décathloniens de l’art contemporain.  
Ils ont déjà montré leur travail dans de nombreuses galeries et  musées à travers le monde en particulier à  New York, Los Angeles, Londres, Berlin, Stockholm, Oslo, Bergen, Moscou et León... Leurs vidéos ont été présenté dans plusieurs festivals gays et lesbiens à Turin, Berlin, Paris et dans des festivals de courts métrages.

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Mais leur travail provoque beaucoup de remous, par exemple lors de leur première exposition à Londres en 2007, Magutin a été interdit de territoire britannique et n’a pu assister au vernissage!
Les installations de SUPERM  combinent photographies, vidéos, sons, textes, dessins, peintures, sculptures, collages, pochoirs, peintures murales et performances. Kenny et Magutin utilisent tous les moyens disponibles et des matières d'origine les plus diverses, allant de meubles récupérés à des ustensiles de fétichisme et de bondage, en passant par des cheveux et des fluides corporels...

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En utilisant eux-mêmes et leurs amis comme modèles, acteurs et collaborateurs, SUPERM a crée une sorte de “factory”, on ne peut que penser à Warhol. Multidisciplinaires SUPERM réussit à diffuser leurs images bien au-delà du milieu habituel de l’ art.

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La liste toujours plus grande de leurs collaborateurs comprend: Gio Peter Black, Bruce LaBruce, Christophe Chemin, Marcelo Krasilcic, Dominic Johnson, Desi Santiago, Tom Dura, Billy Miller, Jason Farrer, Christophe Hamaide-Pierson, Dmitryi Rozin, Joakim Andreasson, Josh Lee, et Marko Brozic.

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Il faut préciser que parfois SUPREM signe leurs œuvres d’un autre nom lorsqu’ils collaborent avec d’autres artistes par exemple Spoutnik 3  quand c’est avec le musicien guatémaltèque Peter Black Gio.

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Kenny, Magutin et leurs amis se revendiquent comme transgressifs, politiques et uniques. Ils veulent que le travail de SUPERM soit une réponse à un monde cynique où règnent la guerre, la propagande, le lavage de cerveau par les médias, la censure par les géants de l’industrie. Ils dénoncent, non sans paranoïa, la diminution des libertés individuelles, un monde où les natifs des pays extérieurs à l'Union européenne et des États-Unis sont traités comme des citoyens de deuxième classe, et considèrent que les artistes non-conformistes sont assimilés comme des criminels...

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Avant SUPERM, Magutin a déjà eu une longue vie artistique. Il nous parle de sa pratique de la photographie: << Je n’ai pas un studio de photographie. Je ne sais rien au sujet du matériel professionnel ou de l'éclairage. Je préfère travailler dans le milieu naturel, en utilisant le point-and-shoot ou un appareil jetable et toujours avec la lumière ambiante. Après avoir travaillé avec des artistes comme Terry Richardson et Bruce LaBruce, je me suis rendu compte que vous n'avez pas besoin d'un coûteux appareil photo ou d’un studio professionnel pour  prendre une belle photo originale. J'ai l'habitude de ne pas créer les scènes que je photographie.Tous mes travaux sont totalement personnels et spontanés.

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J'aime “archiver” ma propre vie et celle d'autres personnes qui sont mes amis ou mes amants. J’aime les laisser jouer et fixer tout ce qui les transforme. Mon appareil photo est juste un élément du jeu, mais ce n'est pas la partie principale. J'aime aussi photographier les gens dans les pays vulnérables, dans des situations intimes, comme celle d’ un homme reniflant l'aisselle d’un autre gars... >>. Son travail relève du reportage que viendrait polluer et enrichir l’auto-fiction. On ressent sur le plan émotionnel une frustration de ces jeunes hommes, pris dans des périodes  transitoires de leur vie. Son travail, bien que complètement original le rapproche de photographes contemporains, qui sont souvent ses amis, tels que Wolfgang Tillmans, Pablo Leon de la Barra, Marcelo Krasilcic, Ryan McGinley, Michael Meads… Et bien sûr, nous ne pouvons que mentionner Nan Goldin, Jack Pierson et Mark Morrisroe, et Larry Clark.

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Vient de paraître “Lost Boys” (ISBN 1-57687-330-7, 39.95 $ ), la première monographie consacrée au travail photographique de Magutin. Elle se compose d’une collection de ses portraits et de ses paysages pris au cours des dix dernières années, depuis qu'il a été expulsé de Russie pour "hooliganisme”. 
Ses oeuvres transcendent les conventions de la photographie de nu masculin. Elles affrontent le spectateur / voyeur, avec un style brut et une nouvelle sensibilité. C’est un croisement entre la pornographie et la photo de mode. Ces images se réclament de la culture pop et font penser aux premières photo de Larry Clark de sa clan de marginaux. "Lost Boys" est un voyage poétique, cosmopolite et parfois sexy dans les différentes obsessions et fétiches  de la “culture” de la jeunesse urbaine. L'album se présente comme une nomenclature des différentes tribus d’adolescents qu’a engendré la sous culture urbaine. On y retrouve plusieurs archétypes, tel que les punks, skinheads, skateurs, hooligans, jeunes prostitués des rues, rasta, Rasta, garçons de Crimée, lutteurs russes, cadets et militaires…

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Ces portraits intimes et incandescents sont surtout une réflexion sur leur véritable identité. Cette question est au cœur de cette série. formidable auscultation sensuelle de ces garçons qui endossent un rôle avec souvent le sentiment de ne pas savoir qui ils sont vraiment. << Je crois que Lost Boys est un bon titre pour cette série, car j’ai photographié tous ces enfants de par le monde, qui sont effectivement perdus, d'une façon ou d'une autre, prisonniers dans lepetit univers de leurs sous-cultures... je ne veux pas être limité par les stéréotypes gays. Mais on ne peut pas être  un homme complet sans explorer les différentes parties de sa nature, et en particulier sa sexualité. Surtout si on est un artiste…  Il y a de plus en plus chez les jeunes, un sentiment d'aliénation qui est évident dans nos sociétés post-apocalyptiques dans son ensemble, et dans la sous-culture gay urbaine en particulier... >> affirme Mogutin.

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Sans être trop évident le photographe fait des allusions directes en forme d’hommage dans ses images comme dans ses écrits à un certain nombre de héros culturels du passé qui appartiennent à la tradition des “renégat” tel que Sade, Rimbaud, Genet, ou Bataille... il y a aussi beaucoup de fascination pour les clandestins et de nombreux clins d'oeil à d'autres traditions et mouvements artistiques des générations précédentes.

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Si Margutin est avant tout un photographe, mais il ne faudrait tout de même pas oublier sa peinture à la pâte épaisse et aux sujets encore plus provoquants que ceux de ses photographies, le moyen d’expression de prédilection de Brian Kenny est le dessin. Il est bon de rappeler qu’il est encore très jeune et qu’il ne s’est peut être pas encore complètement libéré de l’influence de Basquiat. Son travail s’apparente aussi à celui de  Jonathan Meese et aussi aux dessins de Bjarne Melgaard. Dans sa démarche il n’est pas loin de celles d’hier d’un Fromanger ou d’un Keith Haring. Extrêmement prolifique il expérimente de nombreuses voies même s’il me semble que ce sont ses œuvres sur papier les plus spontanées qui sont les plus remarquables.

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L’émergence de SUPERM est symptomatique du retour en force de la politique dans l’art, voir des artistes ou des courant dont je vous ai déjà parlé comme Sot art, certains artistes chinois de la collection Sigg, Bansky... conjointement on voit aussi un regain d’intérèt pour des artistes engagés ultérieurement comme ceux de la figuration narrative. Il faut rappeler qu’un autre collectif de deux zigues fortement engagés, je veux parler de Gilbert et George qui n’ont pas quitter l’avant scène de la création artistique depuis au moins trente ans.

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Sean par Slava Mogutin

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EDWARD J. DETMOLD (1883-1957)

1 Juillet 2025, 06:30am

future nature morte

Singeries

automne 2011

 

Edward Julius Detmold est né à Londres en 1883, il partage une égale facilité pour l'illustration et la gravure avec son frère jumeau, Charles-Maurice, jusqu'au suicide tragique de ce dernier par poison à l'âge de vingt-cinq ans. Les deux garçons ont été formés par un oncle dont la connaissance de l'histoire naturelle a favorisé leur tendance innée et leur aptitude pour l'observation des animaux. À treize ans, ils étaient déjà exposés à la Royal Academy. Edward Burne-Jones fait l'éloge de leur travail, mais leur conseille de se méfier de la routine des écoles d'art. Ils ont bientôt commencé à expérimenter la gravure. Ils ont économisé leur argent dès leur plus jeune âge de leurs premières ventes pour acheter une presse à imprimer, à partir de laquelle ils ont fait leurs propres épreuves de leur domicile. Tous deux étaient des admirateurs de Durer mais ils étaient considérablement influencée par la vogue des estampes japonaise qui faisaient fureur à l'époque. Ils ont souvent collaboré sur la même plaque en commun ils ont illustré Le Livre de la Jungle (1903) de Kipling. Après la mort de son frère Edward Julius a continué pricipalement en prenant pour thème les animaux mais aussi les plantes en général. Il l'aquarellait ses gravure tantôt effectuées sur bois et tantôt sur cuivre. Ses sujets, biologiquement précis dans le moindre détail, ont souvent été placés dans un cadre surréaliste ou leurs juxtapositions incongrues, créaientt un phénomène onirique.

 

Edward Julius Detmold - The Jungle Book

 

Edward Detmold - The Anthrax Fly

 

 

From 'The Fables of Aesop' 1909

 

From 'The Fables of Aesop' 1909

 

From 'The Fables of Aesop' 1909

 

From 'The Fables of Aesop' 1909

 

From 'The Fables of Aesop' 1909
 

 

From 'The Jungle Book' 1913

 

From 'The Jungle Book' 1913

 

From 'The Jungle Book' 1913

 

From 'The Life of the Bee' 1901

 

From 'The Life of the Bee' 1901

 

From 'The Life of the Bee' 1901

 

 

 

Jasmines from 'News of spring and other nature studies' 1917

 

Off to the Fishing Grounds etching

 

Squirrel

 

The Fruits of the Earth

 

The Happy Family etching

 

The Hare and the Tortoise

 

The Pomegranate, The Apple Tree and The Bramble from “The Fables of Aesop”

 

The Seventh Voyage of Sinbad

 

Venus atrapamoscas  from 'News of spring and other nature studies' 1917
 

 

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JOE COLEMAN

30 Juin 2025, 07:17am

 

 

 

Joe Coleman est un artiste atypique que l'on peut classer dans la catégorie de l'art brut. Joe Coleman est né le 22 novembre 1955 à Norwalk, dans le Connecticut, à proximité d’un cimetière, seul panorama visible depuis sa chambre d'enfant. Son père est un ex-Marine, alcoolique et brutal, et peintre du dimanche. Une vocation qu’il a encouragée chez Joe, qui lui doit son goût antagoniste de la violence et de l’art. De son grand-père maternel, boxeur, il a hérité l’énergie et l’instinct de survie. Il a été placé chez les attardés alors qu'il avait 6 ans. À dix ans, il faisait de l'art avec des ordures. À douze ans, il a mis le feu à son école et à vingt il a été renvoyé de l'école d'art parce qu'il refusait de peindre de l'abstrait. Il dit avoir tué plusieurs personnes dans sa jeunesse mais ils il n'y a pas de preuves.

 

 

 

Maintenant c'est un artiste reconnu, il peint des maladies, des portraits de serial killers, de criminels de guerre, etc. Influencé autant par la peinture de la Renaissance, les enluminures du moyen-âge que par les «crime comics» des années 50, l’artiste remplace des images de saints par celles de personnages contemporains à la "sainte folie" trash. Son travail se situe dans la tradition de peintres comme Bosch, Bruegel, Otto Dix, Grünewald, ou Goya, qui s’inspiraient aussi de la folie, du traumatisme ou de la souffrance. À cette sensibilité pour la perte et la peur humaine, Coleman ajoute une dimension d’humour ainsi qu’une intensité picturale qui tend vers l’hallucination. Les magazines populaires de BD, “Mad” (l’humour de Harvey Kurtzman), “E.C. Comics” (histoires d’horreur, de fantastique et de SF) et l’art forain (affiches de train-fantôme, cirques...) sont ses autres influences majeures. La haute et la basse culture ont irrigué définitivement l’inconscient artistique de Joe Coleman. En 1976, il se fait remarquer à la “School Of Visual Art” par Will Eisner (le créateur de la BD du “Spirit”). Ses premières BD sont publiées dans “Bizarre Sex”, “Dope Comics” (“Pleure, crétin, pleure”).

 

 

BD de Joe Coleman

“The mystery of Wolverine Woo-Bait”, Coleman

Joe Coleman est aussi un performer. Il a commencé très tôt à perturber le

 

 quotidien de ses contemporains. Quand, adolescent mal dans sa peau il ne pouvait communiquer ni sa colère, ni ses frustrations, il se baladait en voiture, choisissait un endroit, une fête où exposer ses sentiments refoulés. Il provoquait les gens, verbalement, ou en se mutilant, puis en écrivant en lettres de sang sur son front “Donnez le Christ aux Martiens”.

L’effet était imparable. Au moment où la menace de représailles était trop forte, Joe faisait exploser des énormes pétard dissimulés sous sa chemise. La surprise était totale. Les réactions oscillaient entre l’hébétude, la confusion et la terreur. Rassurons les esprits: Coleman n’a jamais blessé personne, ni eu de gros pépins. Plus tard, les clubs musicaux ont accueilli ses angoissantes performances et Coleman se calme peu à peu. Dans les années 90, il ne fait plus que trois shows par an environ, plus quelques interventions spontanées dans la rue. A présent, il se concentre sur ses peintures et ses BD maniaques, surchargées de détails, prêtes à imploser et à sortir du cadre.

 

Toile de Coleman

 

 

 

Mais si le fond de l'oeuvre et la personnalité de l'artiste ne vous paraissent pas très ragoutant, on peut s'intéresser davantage à la forme, et c'est de cela que j'ai plutôt envie de vous entretenir ici. 

joe-coleman-2-the-big-bang-theory-1999.1171745615.JPGLe travail de Joe Coleman est fortement "encadré". Il peut y avoir un cadre externe fait de pièces de métal assemblées (Indian Larry's wild ride, 2006, en haut) qui repoussent, défendent et délimitent comme des fortifications avancées (ou emprisonne le sujet, pour peut-être empécher un serial killer de sortir de son cadre?). Ensuite le cadre même de la toile est non seulement peint, comme ci-dessous, mais souvent orné de figurines, autant de guerriers en armes gardant les marches (The Big Bang Theory, 1999, ci-contre).

joe-coleman-2-tenebrae-for-carlo-gesualdo-2004.1171745595.JPGEt à l'intérieur même de la toile, chaque image est à son tour encadrée, enfermée, compressée à l'intérieur d'un cadre fait d'un trait épais, de texte ou d'autres images. Les mots sont omniprésents, envahissant l'espace dans une écriture minuscule, minutieuse de maîtresse d'école. Il faut remplir le vide, aucun espace de la toile ne doit rester vierge, le peintre doit tout occuper, marquer tout son territoire. Tout doit être obsessionnellement compartimenté, fragmenté, maîtrisé (Tenebrae for Carlo Gesualdo, 2004).

C'est cette obsession à occuper la moindre surface de la toile à sa disposition qui pour moi le fait apparenter à l'art brut et révèle, plus que ses thèmes un certain déséquilibre psychique chez l'artiste.

 

En 2007 une exposition lui a été consacrée au Palais de Tokyo à Paris et j'ai pu voir quelques unes de ses oeuvres dans les différentes FIAC que j'ai arpentées.

 

 

 

 

Charles Manson

 

 

Albert Fish
 

Joe Coleman est aussi devenu une icône de la jet set. A son dernier mariage il y a 4 ans à Baltimore, tous les damnés d’Hollywood étaient présents, comme Denis Hopper ou John Waters. Leonardo Di Caprio et Johnny Depp collectionnent ses tableaux.

Joe fait un détour par le cinéma et incarne dans un film underground un serial killer, son personnage favori.

 

  

 
Louis-Ferdinand Celine
 

 

                                                     Jane Mansfeld
 

 

 

Son appartement à New York est un vrai musée de l’épouvante, entre chambre des tortures du Moyen-âge et cabinet du Dr Frankenstein. En 1972, sous le sobriquet de Professeur Mombooze-o, Joe conçoit ses premières performances appelées "Party explosions".

Quand on lui demande pourquoi il peint ses scènes apocalypse quoeil aime accrocher sur ses murs, il répond qu'uil lui semble plus facile de « vivre avec ses démons, d'en faire ses amis » quand on les a sous les yeux, « ça permet de les apprivoiser »

 

 

Ed Gein

 

Freud
 

 

Houdini
 

 

 

 

 

Jack Tilton Gallery

“Behold Eck” (2006).

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RICCO WASSMER

29 Juin 2025, 07:14am

 


 
autoportrait, 1942.

Erich "Ricco" Wassmer est né dans une riche famille suisse. Il est le fils d'un propriétaire d'usines de ciment qui est en outre un mécène, Max Wassmer (1887-1970). Depuis l'âge de trois ans, il a grandi à Berne, entouré d'art et lde culture. Max et Tilli-Wassmer Zurlinden reçoivent des poètes, des peintres et des compositeurs tels que Hermann Hesse ,Louis Moilliet , Cuno Amiet , Paul Basilius Barth , et Othmar Schoeck . Hermann Hesse décrit l'atmosphère poétique de ces soirées dans son roman Journey to the East . Les festivals d'été sont des événements légendaires de la formation du jeune Erich. Sa famille encourage les talents artistiques et l'intérêt pour l'art, la littérature et la musique du garçon. Après que la succession de l'usine de ciment parentale soit attribuée à ses deux frères, Erich se sent libéré, il restera néanmoins jusqu'à son dernier jour actionaire de l'affaire . La fin de l'enfance est marquée par la prise d'un nouveau nom. A partir de 1937, il signe ses peintures "Ricco"; un nom qui est comme un mot magique, et remplace le nom du père, industriel prospère et philanthrope connu. Après ses études secondaire, en 1935 Ricco suit un semestre d'études d'histoire de l'art à l' Université de Munich et étudie le dessin auprès du professeur Julius Huether . De 1936 à 1939 il étudie à l'Académie libre "Ranson" à Paris. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il retourne en Suisse. Il suit également l'enseignement de Max von Mühlenen. Et durant l'été 1942 il visite l'atelier de Cuno Amiet. Il semble que l'influence de ces différents enseignements soit resté faible. Durant 1946/47 il a vécu sur le lac Léman, où il possédait un voilier. Le lac a exercé une grande fascination pour Ricco, ainsi que le désir de paradis perdus et les pays inexplorés. Il s'est fait tatouer,une ancre et l'a ajouté à sa signature. En 1948/49 Ricco a passe neuf mois à Tahiti. En 1950, il s'installe et loue un château près de Vichy . En 1963, il est inquiété par la police française qui perquisitionne son atelier et y découvre des photos nues de garçons, qui ont servi comme base pour ses peintures. Un tribunal français le condamne, sans accusations formelles, pour violence sexuelle "exploitation" dejeunes garçons et violation de la moralité à d'une peine de prison de huit mois. De ce séjour en prison Ricco ne se remettra jamais complètement. Après sa libération, Ricco revient en Suisse. Il s'installe dans un manoir à Ropraz. Il décéde en 1972 à l'âge de 56 ans.

 

© Ricco Wassmer

 

 

Ricco (eigtl. Erich Wassmer) Der Gieu u d'Iffle, 1966 Öl auf Leinwand 162.0 x 130.0 cm Kunstmuseum Bern, Dauerleihgabe Ruedi Wassmer, Zürich -

 

 

Dans les années trente Ricco a peint des paysages et des intérieurs dans le style de la Nouvelle Objectivité . Son imagerie de cette période montre encore principalement des thèmes magiques et romantiques et la vie de château. Dans les années quarante, il élargit ses thèmes à la nature morte, aux paysages de ses voyages dans des contrées lointaines ainsi que des motifs marins. En particulier, de stimuler les jeunes hommes maigres des années cinquante scènes surréalistes. Les sujets se référent à l'enfance et la jeunesse appartiennent à la maturité de l'artiste. Dans les années soixante, Ricco a créé une vaste oeuvrel photographique. 

L'oeuvre de Ricco est très singulière, même s'il est difficile de ne pas penser à l'oeuvre de Balthus. Elle alterne entre photo-réalisme et la peinture naïve et exige beaucoup de histoire de l'art des connaissances sur les formes et les symboles qui Ricco empruntés à des positions plus ou moins connus de l'histoire pour comprendre.

article paru dans la presse suisse:
 
Dandy discret et aristocrate sulfureux, Erich Wassmer, dit Ricco, né en 1915 au château de Bremgarten près de Berne, arrive en 1963 à Ropraz, village de 300 âmes à l’orée des bois du Jorat. Il vient de passer huit mois en prison, en France, pour possession de photos de jeunes hommes nus. Dix ans plus tard, le 27 mars 1972, son cortège funéraire monte doucement la pente qui sépare le château de Ropraz du cimetière. Derrière le vieux corbillard tiré par des chevaux, suit une Rolls-Royce blanche, conduite par son majordome Mario, et la famille, à pied.
Sur la pierre tombale, à l’entrée du cimetière de Ropraz, est scellé un éphèbe de bronze signé Karl Geiser qu’il avait choisi comme gardien de son dernier sommeil. Nu, pensif et vigoureux, il se dresse toujours entre le lierre et les fougères. Il y a un an et demi, le Kunstmuseum de Berne vient photographier deux tableaux de Ricco à Ropraz: l’un trône dans le bureau du syndic, l’autre dans la famille d’Alain Gilliéron, patron de l’espace culturel l’Estrée –il représente Stéphane Gilliéron, frère d’Alain.
En pleine élaboration du catalogue raisonné des œuvres du peintre, sur mandat de Ruedi Wassmer, neveu et filleul de Ricco, le musée estime que plusieurs œuvres ont été vendues en Suisse romande, et espère retrouver leur trace. C’est l’occasion ou jamais: Alain Gilliéron décide d’accueillir Ricco à l’Estrée, à deux cents mètres de sa tombe. Jusqu’au 30 octobre, l’espace culturel expose une dizaine des dessins et autant des tableaux, et fait tourner le beau documentaire réalisé en 2002 par l’Américano-Tessinois Mike Wildbolz.
 

 

 
Des dix années de Ricco à Ropraz, le village se souvient. A commencer par Alain Gilliéron lui-même. Si sur certains tableaux c’est son frère qui figure, sur d’autres, c’est lui. Fils du buraliste postal, Alain et Stéphane sont réquisitionnés par leur père pour tondre la pelouse du châtelain, qui les fait ensuite poser pour des photographies dont ses tableaux s’inspirent.
«Pour nous gamins, c’était extraordinaire. C’était un extraterrestre, excentrique et soigné, d’une douceur extrême, venant parfois au café ou à l’épicerie. En pénétrant dans le château, qui nous était a priori défendu, nous entrions dans une caverne d’Ali Baba: des collections de timbres, de papillons, de bateaux, d’armes, de tableaux. Il nous faisait poser avec une maquette de bateau, une roue de vélo, un cheval de bois ou une épée. C’était amusant. Nous devenions des marins, des chevaliers. Quelqu’un s’intéressait à nous…»
En 1966, les parents Gilliéron reçoivent pour Noël un grand tableau sobrement intitulé Stephan de la part du maître, toujours dans la famille. «Je ne sais pas ce que pensaient mes parents de Ricco. Pour nous, la nudité était naturelle. Il ne nous a jamais touchés. D’ailleurs, tous ses modèles ont le même type sur ses tableaux. Il nous faisait correspondre à son idéal. Sur certains tableaux, je ne sais pas si c’est mon frère ou moi qui ai posé. Il cherchait quelque chose à travers nous qui n’était pas nous.»
Fiancées pour beurre. C’est toute l’histoire de Ricco, né Erich Wassmer d’un père grand industriel et mécène, dont les amis de la famille étaient Herman Hesse ou le compositeur Othmar Schoeck. Après une enfance de rêve à Bremgarten, il étudie la peinture à Munich, à Paris, puis chez Cuno Amiet. Silencieux, aimable, beau, il a des amitiés amoureuses, emmène une fiancée à Venise, mais ne l’épouse jamais. Toute sa vie, il correspondra avec plusieurs femmes, mais finit toujours par rompre.
Au soir de sa vie, à Ropraz, malade, il demandera encore en mariage l’une d’elles. Pour rire, ou pas. Fasciné par la mer, il se fait tatouer une ancre. Dans les années 40, il achète un yacht, amarré à Morges, le revend, puis s’embarque pour Tahiti. Après quelques mois, il s’engage comme matelot sur les mers du Sud, Bombay, Hawaï, le Japon. De retour en Europe, dans les années 50, il s’installe au château de Bompré, près de Vichy. Homosexuel discret, il est arrêté et mis en prison pour conduite contraire aux bonnes mœurs.
Tinguely chez lui. Sa famille achète alors le château de Ropraz pour l’y loger. La rumeur veut que son père Max ait éloigné du fief de Berne ce fils vaguement indigne. Ropraz l’adopte. Il ne ferme pas son château à clé, aime les voitures. En 1964, lorsque Jean Tinguely construit sa machine pour l’Exposition nationale à Lausanne, il loge chez Ricco. Qui le peint.
L’écrivain Jacques Chessex, habitant de longue date de Ropraz, se souvient de ses «habits de toiles flottants, de sa démarche lente et chaloupante. On sentait quelqu’un qui avait largué les amarres. Je voyais les enfants Gilliéron qui allaient se faire photographier par le peintre. Je trouvais cela extraordinaire, que le peintre aristo prenne ses modèles parmi les enfants du pays, comme au XVIIIe siècle. C’était sa liberté.» Il a un majordome, Mario, ancien chauffeur de JeanXXIII, toujours en uniforme blanc. «C’était exotique, par ici.» Le village jase peu sur les mœurs de Ricco. «Ce n’était pas l’époque de l’obsession pédophile…»

Chessex devient familier du château après la mort de Ricco, lorsque son frère Hans, le colonel Wassmer, y installe sa résidence. Beaucoup des objets personnels de Ricco sont restés, objets polynésiens ou photos de jeunes marins. «Les Wassmer avaient le génie de l’hospitalité élégante. Il y avait des paons sur les pelouses et, l’hiver, nous buvions du champagne en regardant tomber la neige sur les tulipiers où les paons s’installaient.» Sa peinture? «Je la mets à côté de Balthus et Max Ernst. Je connais peu de peintures contemporaines qui soient en même temps aussi denses, nourries du point de vue de la peinture, et aussi douces au regard, comme moirées par l’œil tellement l’art en est consommé. Ce qui me fascine, c’est l’alliance, rare dans la peinture d’aujourd’hui, de la matière et du rêve. Et peu ont peint le désir des jeunes corps masculins, de l’ordre d’un désir très matériel et très sublimé à la fois.»
Collectionneurs avertis. Ricco laisse quelques cinq cent œuvres, tableaux, dessins et photos. La plupart sont dans des collections privées de la famille ou d’amis. La ville de Berne, le Kunstmuseum de Berne ainsi que le Musée des beaux-arts d’Aarau en possèdent. En 1988, une première exposition à Aarau, justement, sort Ricco du relatif oubli dans lequel il est tombé. En 2002, le Kunstmuseum de Berne organise une rétrospective. Et s’est fixé pour objectif, d’ici à 2010, de terminer le catalogue raisonné de ses œuvres. «Il y a beaucoup à découvrir encore, explique Marc-Joachim Wassmer, responsable du catalogue Wassmer au Kunstmuseum de Berne. Nous découvrons régulièrement de nouveaux documents, œuvres ou carnets de notes. C’est un travail de longue haleine et de confiance avec la famille.»
 

 

 


Individualiste, Ricco a choisi un chemin peu balisé. Après-guerre, l’art se tourne vers l’abstraction, Jasper Jones ou Pollock en tête. «Ricco a toujours été décalé. Il ne faisait pas partie de l’avant-garde, mais intégrait ses éléments. Son style est très personnel, et a évolué d’une peinture naïve vers un réalisme magique très intéressant, une sorte de vérisme à l’ancienne mâtiné de surréalisme, de symbolisme, et d’humour. On y voit l’influence de Dali ou d’Ernst, dans une combinaison de natures mortes et d’êtres humains fascinante.»
Dans sa mythologie personnelle, en plus des éphèbes –bruns et secs, le regard absent–, on retrouve dans ses tableaux des bateaux, des horloges, un écorché, des squelettes, une main, une poupée cassée, des cigarettes. «Ce sont ses leitmotiv, sa mythologie personnelle. Il s’inscrit avec force dans la culture européenne existentialiste. L’Estrée mérite une médaille pour son exposition!» Le prix de ses œuvres est étrangement monté lors des rares récentes ventes aux enchères. Estimées à 16000 francs, certaines sont parties à plus de 45000 francs. «C’est un marché bizarre, qui ne correspond pas à la valeur réelle de ses tableaux. Les collectionneurs de Ricco sont prêts à tout pour en avoir… La récurrence des jeunes garçons dans son œuvre a pu et peut toujours poser problème. Balthus peignait des jeunes femmes, c’est plus acceptable aux yeux de la société.»
 

Le Grand Meaulnes. Il disait de lui-même qu’il était un « bâtard, quelque part entre un écrivain et un peintre.» Il adorait les voitures, possédait une Thunderbird. Il ne couchait pas avec ses modèles, ses muses. Avec les autres, les marins, les gens des fermes, oui. Il appartenait aux privilégiés, mais n’a pas eu la vie facile. Il allait de château en château, prisonnier volontaire d’un monde enchanté. «Le héros de sa peinture est un homme dont l’enfance a été trop belle», explique Beat Wissmer, directeur du musée d’Aarau. Le Grand Meaulnes était son livre de chevet. Les hanches fines des garçons de ses tableaux sont tournées vers un ailleurs inaccessible, des temps enfuis ou un futur désenchanté, rempli de mers, de chevaliers et de squelettes hilares.
 

A la mort de Ricco, sa sœur et sa mère se précipitent au château de Ropraz. La sœur met de l’ordre dans les papiers, «efface l’aspect homosexuel», comme elle l’explique platement à Mike Wildbolz. La mère s’y installe, veut ouvrir un musée. Elle meurt trois mois après, se fait enterrer à côté de son fils. Hans, le frère colonel, meurt en 1984. En 1988, la famille vend le château.
Stéphane Gilliéron: «J’étais très gai, gamin. Mais je ne souris sur aucun des tableaux de Ricco. C’est bizarre.» En héritage, il a reçu un pistolet, Alain un cheval de bois de manège. De jolis jouets.
 

 

Le Palais des Merveilles, 1954


 

vive la marine, 1952
 




Pour faire voir, 1956

 




Les mains, 1962

 

 

le cheval de bois,1962

 

le cerf volant, 1957

 

Le beau cheval, 1966

 

Erich Wassmer - Herrscherpaar

 
 

     Nota: je cherche toutes information complémentaire sur la vie et l'oeuvre de Ricco Wassmer ainsi que des reproductions de ses autres dessins et tableaux, merci d'avance de me les envoyer.    

 

 

 

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Sascha Schneider

17 Juin 2025, 06:33am

 



5508106Pour continuer dans le relativement célèbre chez eux et tout à fait inconnu chez nous voilà le cas de Sascha Schneider dont de ce coté ci du Rhin seul quelques maniaques de la littérature populaire on peut être entendu parler de lui pour avoir été l’illustrateur de Karl May le célèbrissime et immortel créateur de Winnetou le farouche et preux guerrier indien. Karl May (1842-1912), a été l'un des écrivain les plus populaires en Allemagne. Le romanciers a vendu jusqu'à 100 millions d'exemplaires. Albert Einstein et d'Adolf Hitler ont été parmi les nombreux amateurs. Les premières éditions des aventures de Winnetou étaient agrémentée et O combien par les illustrations de Schneider. Les travaux de ce dernier dénotaient considérablement par rapport aux autres illustrateurs de l'époque. il y avait dans ses images  une curieuse qualité qui semble être davantage inspirée de la peinture symboliste que des canons de l'illustration de livres pour adolescents. Mais surtout ses planches étaient d’un homo érotisme patent, à une époque où l'homosexualité était considérée avec suspicion ou carrément avec hostilité (le fameux article 175). On peut ajouter que ces dessins n’avaient que peu de rapports avec les aventures qui se trouvaient en regard de ceux-ci. Ils en appelaient à tous les fantasmes orientalistes, épicés d’un soupçon de métaphysique. Des images plus prés de celles de Kubin que de Joubert qui ont du donner quelques cauchemars aux jolis têtes blondes teutonnes. L’éditeur peu satisfait des illustrations de Schneider les a remplacées dans les éditions suivantes. Un livres les regroupant a été publié récemment en Allemagne.

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Mais ce Sascha Schneider n’a pas été que l’illustrateur de westerns choucroutes dont la lecture à un âge tendre ne m’a pas laissé de grands souvenirs (il faudra néanmoins que je retourne voir du coté de Karl May qui est sans doute bien réducteur de limiter à Winnetou), cela ne vaut pas les westerns cassoulets de Boussenard . L’artiste allemand a été bien autres choses.


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Il est né à Saint Petersbourg où son père est imprimeur. La famille Schneider ne tarde pas à déménager à Zurich, puis à la mort du père à Dresde où le jeune Sascha fait ses études. En 1889 après le baccalauréat, il entre  à l'Académie des Beaux-Arts de Dresde dont il sortira diplômé quatre ans plus tard.

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Mais il sera déçu par l’Académie. Si elle offre un solide apprentissage  des techniques artistiques, Sascha Schneider lui doit son remarquable “métier”, elle est totalement dépassée quand à l’esprit. Les jeunes étudiants de ces années quatre-vingt-dix ne se réclament pas d’ une fin de siècle et de sa délectation morose de la décadence (ce qui est amusant c’est aujourd’hui Schneider est considéré comme l’artiste type fin de siècle en Allemagne, assez à tord à mon avis). Ils espèrent en un  nouveau départ avec le 20 ème Siècle. Ils veulent se libérer des contraintes artistiques découlant des conventions. et des milliers de vues libérer. En outre, ils sont à l’écoute des problèmes sociaux causés par les structures de la société.

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Toutefois Schneider ne prend pas le chemin d’une dénonciation directe de ces inégalités par une peinture naturaliste narrative. Il espère faire passer ses idées d’une manière plus intellectuelle dans ses tableaux. Néanmoins les titres de ceux-ci à cette époque ne laissent aucun doute sur son orientation politique d’alors, Son destin (1894), L'anarchiste (1894), sur la lutte (1903), Le despote (1903)...

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Il s’installe en 1993 dans son premier atelier à Dresde qu’il partage avec le peintre Richard Müller. Il a assez rapidement du succès, ses images sont largement diffusé et entame une brillante carrière de peintre dans la mouvance du cercle de Dresde qui ont formé autour de Max Klinger qui influence considérablement le jeune artiste. Il a parmi ses nombreux admirateur Hermann Hess , il n’est guère surprenant que l’auteur de Narcisse et Goldmund trouve son bonheur dans l’érotisme panthéiste de Schneider.

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Le grand succès arrive sous la forme de commandes pour de grandes peintures murales dans des bâtiments publics et privés à Florence, Leipzig, Jena, Weimar, Cologne, Dresde, Meissen...
En 1904 lorsqu’ il fait la connaissance de Karl May, l’écrivain, comme Schneiner homosexuel est alors âgé de 62 ans et est menacé par un scandale sexuel. May  demande à Schneider d’illustrer ses récits de voyages, "Le Kurdistan sauvage", "le Rio de la Plata"... Schneider pendant ce temps ne fait pas mystère de son homosexualité, ce qui aurait peut être été difficile au vu de ses dessins... Il collabore dés le début à "Der Eigene", la première revue gaie, fondée par Adolf Brand , en 1896. Il est à ce propos très surprenant que les gays studies ne se soient pas penché sur le cas de  Sascha Schneider. A ma connaissance il a été complètement négligé. Cher lecteur si vous en savez plus n’hésitez pas à compléter mon article qui malheureusement a bien des béances... On peut peut être avancer que cet évitement à en partie pour cause le fumet nietzschéen et élitiste, (sous l’influence d’Adolf Brand?) qui se dégage, dans la deuxième moitié de sa carrière, de certaines de ses compositions et des petits textes qui les accompagnent.

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En 1904 Schneider  rejoint en tant que professeur l'école d'art de Weimar. Dans cette ville Il se fait construire un grand atelier où il a dans les années suivantes, il réalise de nombreuses sculptures monumentales d'hommes et plusieurs grandes toiles.
La mort de May de 1912 signifie la fin d'une époque pour Schneider.

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En 1908 son homosexualité le contraint à fuir en Italie, où l'homosexualité à l'époque était vécu en toute impunité. A Florence il rencontre le futurisme radical,  Theodor Däubler dont il se sent proche par les idées. Mais il ne peut que constater que son style pictural est très éloigné de ceux avec qui il partage certaines idées. Il fait également la connaissance du peintre Robert Spies avec lequel il voyage dans le Caucase. En 1914 il revient à Dresde où il habitera  jusqu'à sa mort en 1927. Associé à un général et à un colonel il y fonde “la force de l'art”, un institut de formation pour le corps et l'éducation dans la droite ligne des précepte d’Adolf Brand.

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La fin de la guerre déclenche chez Schneider une forte impulsion créatrice. Il en résulte un grand nombre de nouvelles œuvres. Mais dorénavant il se tourne vers les maîtres anciens. Cette inclinaison surprend chez un artiste considéré jusque la comme moderniste et progressiste.  La scène artistique officielle de la République de Weimar ne fait guère de place à Schneider, dont l'art symboliste parait obsolète.   Entouré d'un cercle d'amis dévoués, il continue pourtant à travailler.

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Après la fin du conflit il fait de nombreux voyages. C’est d’ailleurs sur un navire qu’il décède à quelques encablures du port de Swinoujscie. A-t-il succombé à son diabète chronique, a-t-il été empoisonné accidentellement par de l’eau polluée ou s’est il suicidé pour échapper à la cécité, causé par le diabète, qui le menaçait? On l’ignore. Sa tombe est au cimetière Loschwitz à Dresde.

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La tombe de Sascha Schneider.

Après un long purgatoire l’oeuvre de Sascha Schneider a commencée à être redécouverte à partir de 1982 à l’occasion d’une exposition à Dresde du trio d'amis qu’étaient Sascha Schneider, Oscar Zwintscher et Hans Unger. Il faut malheureusement ajouter que de nombreuses œuvre de Schneider ont été détruites lors de l’anéantissement de Dresde, on peut cependant voir deux de ses sculptures dans le jardin du château de Dresde qui a miraculeusement échappé à la destruction. D’autres œuvre furent mal conservées à l’époque de la RDA...

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Les dessins et la peinture de Schneider reste pour moi en partie mystérieuse. Comment interpréter ses juxtapositions étranges d’éphèbes plus ou moins musculeux et de monstres dont certain sont plus près des entités extraterrestres que l’on voyaient sur les couvertures d’Astouning que des créatures sataniques de Dante. D’autant que bien peu se réfèrent à des mythes bibliques ou grecques. Ses mélanges d’anges de démons et de muscles évoquent parfois l’art de William Blake. Je ne vois aujourd’hui que Fuchs pour endosser ce pan ésotérique de l’héritage de Schneider. Quant à ses illustrations de Winnetou, qui devraient dépeindre des Amérindiens, seraient plus aptes à orner le mur d'un salon de coiffure à Paris fin de siècle que les histoires de l'Ouest sauvage. Il n’en reste pas moins que son œuvre peinte possède une grand puissance et un charme maléfique et bizarre qui l’apparente aux vision d’un Fuseli ou d’un Bocklin.
L’artiste a effectué surtout de nombreux dessin d’un modelé généreux, à n’en pas douter Sascha Schneider était un grand connaisseur de l’anatomie... Cette partie de son oeuvre s'est trouvé récemment un continuateur en la personne de Sacrevoir,  et ce n'est pas un hasard si c'est à Berlin...

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Il y a aussi une énigme quand au style des dessins de Schneider certains pourraient presque être sortis de la main de Michel-Ange alors que d’autre sont plus proches de la ligne claire de la bande dessiné réaliste franco-belge ou de certains travaux, peint à la même époque en France, par Boutet de Monvel.
Sa sculpture s’inscrit dans la tradition néoclassique et a la sensualité de celle d’un Paul Dubois et parfois préfigure la statuaire héroïque d’Arno Brecker.
Vous trouverez ici  une extraordinaire galerie, presque exhaustive, des œuvres de Sascha Schneider mais les titres sont en russe.
Et   un large choix des illustrations que Schneider a réalisées pour Karl May.

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QUELQUES SOUVENIRS SUR MICHEL GOURLIER (RÉÉDITION COMPLÉTÉE)

14 Juin 2025, 06:29am

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J'ai beaucoup hésité avant d' écrire un billet sur Michel Gourlier. D'abord parce que je pense qu'il n'aimerait pas cela. Ensuite parce qu'il me semblait que je n'avais guère à en dire et que l'important, comme pour tout artiste était ses dessins. Si depuis trente ans, il est impossible de voir des originaux, sauf pour ceux qui ont la chance d'en posséder, il est en revanche très facile d'admirer les nombreuses reproductions de ses dessins qui illustrèrent tant de livres, presque tous destinés à l'adolescence, bien sûr ceux de la collection Signe de piste mais aussi chez d'autres éditeur come rouge et or, super 1000 et bien d'autres. Actuellement presque tous ces volumes sont trouvables sur la toile pour quelques euros. Cet homme si discret, aux oeuvres invisibles, est pourtant célèbre pour tous les amateurs de dessins et de beautés garçonnières. Si aujourd'hui je passe outre à mes réticences pour écrire sur Michel Gourlier c'est surtout que j'ai vu sur la toile qui, telle la langue d'Esope peut être la meilleure, comme la pire des choses, de telles inepties sur lui, au surcroit écrites d'une plume si malhabile qu'il m'a semblé de mon devoir de sortir de ma réserve pour évoquer quelques souvenirs à son sujet.
 
J'ai par exemple, lu ici ou là, que Michel Gourlier avait été exclu du Signe de piste. Il n'en fut rien. Il jouissait en son sein de nombreux admirateurs et bénéficiait de la bienveillance des deux fondateurs de la collection, je veux parler de Serge Dalens, de son vrai nom Yves de Verdilhac, et de Jean-Louis Foncine, nom de plume qui recouvrait celui de Pierre Lamoureux. A telle enseigne qu'ils le choisirent plusieurs fois comme illustrateur de leurs propres ouvrages.
 
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Il y eut bien des lettres pour se plaindre de l'érotisme de ses dessins, mais elles ne furent jamais prises véritablement en considération; même si l'artiste du quelques fois modifier certaines illustrations parce qu'elles déplaisaient pour la raison que j'ai citée ou pour une toute autre, au directeur de la collection qui n'était autre que Jean-Louis Foncine lui-même, du moins dans les derniers temps glorieux de la collection, au milieu des années 70, époque à laquelle j'ai connu cet équipage. En somme les relations entre l'illustrateur et la collection, les illustrations faisaient de plus en plus l'essentiel de la renommée de la collection, n'étaient pas différentes de  ce qui existait chez les autres éditeurs. A cela prêt qu'au Signe de Piste, Michel Gourlier souffrait de l'ombre que lui faisait Joubert, l'illustrateur historique de la collection qui était plus connu que lui et bénéficiait des retombées d'une très longue carrière commencée à un âge tendre. Il jalousait également le statut de salarié dont bénéficiait ou avait bénéficié Joubert au sein des éditions Alsatia, ce qui donnait à Joubert les avantages inhérents à ce statut. Là encore, j'ai lu sous des plumes ignorantes que Michel Gourlier était pingre. S'il faisait attention à ses sous, c'est d'abord qu'il en avait peu et n'avait aucune sécurité dans ses rentrées d'argent. Comment dans ces conditions faire des largesses? Lorsque le signe de piste a été abandonné par Alsatia, ce que Gourlier avait vu venir, la collection fut reprise par de pseudo-éditeurs. Elle n'a plus fait que vivoter et les nouveaux responsables ne pouvaient plus payer les dessins de Michel Gourlier, qui pourtant n'était pas exigeant quant à leur prix...
 
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Lorsque je l'ai connu en 1975, on en était aux derniers temps du véritable "Signe de piste" et déjà il réservait ses dessins qu'aux livres de la collection qu'il aimait et en particulier à ceux de Jean-François Pays un de ses meilleurs amis.
 
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En ce qui concerne les expositions de Michel Gourlier, sujet sur lequel j'ai également entendu et lu des sottises, je suis à l'origine de celles-ci, du moins celles qui se déroulèrent de 1977 à 1980 à Paris, mais elles me semblent être les seules à avoir eu lieu... En voici en quelques mots leur genèse: Je connaissais Pierre Moirignot, frère du sculpteur Edmond Moirignot, qui était antiquaire et avait une petite boutique au 90 boulevard Raspail. Il cherchait des peintres à exposer. Comme peu de temps au paravant, ce grand amateur de femmes, avait exposé Jean-Denis Maillard et fait apposer, pour annoncer cette exposition, sur les murs de Paris une affiche représentant un nu masculin, j'ai eu l'idée de lui demander si un accrochage des dessins de Michel Gourlier, que j'admirais, l'intéresserait. Il fut immédiatement emballé par cette idée et proposa de faire une double exposition, d'abord très vite, durant l'été qui venait, en faisant cohabiter les dessins de Gourlier avec des peintures de Sébastien dont l'exposition était déjà programmée et qui peinait à remplir avec ses toiles toutes les cimaises de la galerie, puis de faire une grande exposition uniquement vouée à Gourlier aux alentours de noel. Il me restait à convaincre l'artiste, qui à la fois désirait montrer son travail mais était timide et craignait la confrontation avec le public.
 
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Désirant acheter un dessin, j'avais rencontré le dessinateur par l'entremise de Jean-Louis Foncine. L'artiste m'avait donné rendez-vous chez lui, pour que je puisse choisir l'oeuvre qui ornerait mes murs. Il habitait, près de la mairie d'Asnière, dans la banlieue parisienne, une sorte de pavillon de gardien à un étage, d'une grande maison bourgeoise qui était habitée par sa mère, c'est du moins ce qu'il m'a dit alors. Je n'y suis retourné qu'une autre fois, mais je n'ai jamais pénétré dans la grande bâtisse qui semblait bien négligée. Je me souviens fort bien de la soirée d'hiver durant laquelle Gourlier me montra des dizaines de dessins, tous en noir et blanc, exécutés à la plume, certains rehaussés de lavis. A chaque fois l'éphèbe, parfois dans une attitude suggestive, et même pour deux ou trois dans une positions que l'on pourrait considérer comme lascive, mais jamais au delà, remplissait un petit format d'environ 35 cm sur 25 d'un carton très fort à la surface blanche et lisse. Il les sortait d'un long buffet bas qui occupait tout un mur du petit salon sobre et propre. Il les disposait tout autour de moi; j' étais assis sur un canapé bas. Je n'ai jamais été cerné d'autant de beaux garçons désireux de me séduire...
 
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J'ai eu un peu de mal à persuader Gourlier de se lancer dans l'aventure. Pourtant cette exposition ne lui coutait rien. Je prenais à mon compte le prix de l'impression et de la pose des affiches et des cartons d'invitation ainsi que l'envoi de ces derniers ainsi que les relations avec la presse. En retour, je percevais les gains de la vente des affiches. Pierre Moirignot prêtait sa galerie et en garantissait l'ouverture six jours sur sept et en compensation percevait 50% du prix des oeuvres vendues
 
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Ce premier vernissage à la galerie 90 eut lieu le 2 juin 1977 et l'exposition dura jusqu'au 8 juillet. La cohabitation, car malgré sa timidité, Gourlier était souvent présent dans la galerie, se passa sans encombre, tant avec Moirignot qu'avec le discret Sébastient qui venait souvent également. Il faut dire que Michel Gourlier lors des expositions était très facile à vivre. Il s'asseyait derrière une petite table, presque à l'entrée de la boutique et se plongeait dans un livre, surveillant tout de même du coin de l'oeil les visiteurs qui étaient assez nombreux. Il n'intervenait que si l'un d'eux semblait intéressé. Jamais il ne se faisait connaitre d'emblée. Si bien que nombreux ont été les chalands qui ont ignoré que le sage lecteur près de la porte, était aussi l'artiste. Il y eu 3 expositions à la galerie 90, la première donc du 2 juin au 8 juillet 1977, la deuxième du 16 novembre au 7 décembre 1977, celle durant laquelle fut vendu le porte folio, et la troisième du 9mai au 10 juin 1978. Une quatrième exposition eut lieu en 1980, non loin de la galerie 90 qui avait alors cessé ses activités, toujours dans le sixième arrondissement, au 23 rue de Fleurus, à la galerie Triskel.
 
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Chaque exposition connut le succès. Il alla même crescendo. Mais l'acmé fut l'exposition de l'automne 1977, celle du porte folio. Il contenait les reproductions de 40 oeuvres de l'artiste. Il y en avait deux versions, l'édition courante dont le porte-feuilles de fort carton était recouvert d'une toile beige, le tirage devait en être de 300 exemplaires, et une édition de luxe de cinquante exemplaires numérotés, cette fois sous une toile marron qui avait en plus par rapport à l'édition courante, un autoportrait de l'artiste âgé de quinze ans, signé à la main. Mon exemplaire porte le numéro 32 et m'a été dédicacé le 18 novembre 1977, soit il y a plus de trente deux ans, ce que j'ai un peu de peine à croire...


 
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Ce porte folio a été financé par monsieur Ticky (je ne suis pas certain de l'orthographe de son nom) et je ne connais pas l'arrangement financier qu'il y avait entre Michel Gourlier et cette personne.
 
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Le porte-folio ne comporte pas, à ma connaissance, de reprises de dessins destinés, dans un premier temps, à illustrer des livres; ils ont tous été fait en marge de son travail d'illustrateur. Libéré des contraintes éditoriales, c'est dans ces dessins surtout qu'il faisait preuve d'érotisme. Cet ensemble est très représentatif du style de Michel Gourlier dans les années 70. Au fil du temps sa manière a évolué. Dans ces premières illustrations, au milieu des années 50, ses garçons ont des faciès à la fois gracile et inquiétant, avec quelque chose d'animal, de faunesque. Puis ses adolescents se sont mis à ressembler à ceux de Joubert à tel point que pour certains dessins, il est difficile de savoir qui, des deux hommes, les a réalisé. Puis les garçons de Gourlier se sont étirés, se sont alanguis. Ils se sont fait lianes ou roseaux. Ce dernier terme me vient instinctivement car il dessinait aussi des paysages de marais évanescent que striaient des roseaux.
 
 
Comme le prouve le tableau, immédiatement ci-dessus, qui lui fut commandé par Roger Peyrefitte, Gourlier devait travailler parfois pour des commandes de particuliers mais cela devait être rare.
 
 
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Michel Gourlier ne travaillait pas d'après modèle mais ses garçons étaient ceux qui peuplaient ses rêves. Mais toutes règles a ses exceptions puisque l'affiche de la troisième exposition à la galerie 90 (voir immédiatement ci-dessous sa version "muette") était le portrait d'un jeune franco-américain du nom de Cameron-Defoe descendant du célèbre auteur de Robinson Crusoe...
 
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Je ne donnerais que peu d'éléments biographiques. Parce que Michel Gourlier n'aimait pas parler de lui même et que à la fois timide et dans la période durant laquelle je l'ai fréquenté tout empli de moi même, je n'ai pas demandé de détails sur sa vie. Je pense qu'il est né à la toute fin des années 20, du coté de Grenoble. Je subodore qu'il venait d'un milieu bourgeois, sa bonne éducation en témoignait. Il avait une soeur qui était venu voir l'exposition...
 
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Voilà bien longtemps que je ne ai pas revu Michel Gourlier... Les années 80 ont du mal lui aller avec leur exhibitionnisme, leur débraillé sympatoche, leur égalitarisme policier, leur frénésie sexuelle. Gourlier était un sensuel sentimental dont le modèle des relations entre un ainé et un adolescent était celui de la Grèce antique... Il a du être bien malheureux durant la mitterrandie flicarde et il ne doit sans doute pas plus apprécié l'ére du président à Rolex...
 
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Selon mes dernières informations, indirectes, datant de trois mois, Michel Gourlier est toujours vivant et résiderait dans le sud ouest de la France. Je n'ai pas souvenir d'un homme vraiment secret, simplement de quelqu'un d'assez timide et tourmenté, surtout d'un bel artiste, qui n'avait pas envie de raconter sa vie au premier quidam venu. Il avait bien raison...
 
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Nota:
1- Si des lecteurs possèdent des originaux de Michel Gourlier, je serais heureux qu'ils m'en envoient des photographies pour que je les affiche sur le blog. Ce qui ferait mieux connaitre l'oeuvre de cet artiste qui le mérite amplement. De même qu'ils n'hésitent pas à m'écrire pour compléter mon information, encore une fois bien lacunaire.
2- Merci à Bruno pour l'envoi de la photo de la vitrine de la galerie 90, lors de la première exposition Gourlier. Merci également à monsieur Henrik Schacht de m'avoir envoyé la photographie de l'original immédiatement ci-dessus.
 
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COMMENTAIRES lors de la première edition de ce billet

Qu'il s'agisse de Joubert ou Gourlier, difficile de ne pas être ému par leurs dessins d'adolescents. Ils ont des traits assez similaires. Je leur reproche juste un peu leur côté stéréotypés. Graciles et sensuels. J'aime en particulier la couverture de "Arizona story" et celle de "Le sorcier aux yeux bleus". Je me permets de vous signaler les couvertures de la collection "Entre chiens et loups" dont certaines étaient signées "Senecal" (apparemment Jacquemard-Senecal si je ne me trompe pas). En particulier "La Pierramor" et "La conséquence" que je vous soumets pour que vous puissiez juger : http://idata.over-blog.com/0/05/17/99/voir6/CONSEQUENCE-ALEXANDER-ZIEGLER.jpg - http://ecx.images-amazon.com/images/I/312wavf0sfL._SL500_AA300_.jpg . Je trouve un petit air de famille à ces dessins.
COMMENTAIRE N°1 POSTÉ PAR WHYNOT21 IL Y A 4 JOURS À 11H53

Je vous remercie de cette remarque que pourtant je ne suivrais pas, Sénécal me parait beaucoup moins doué que Gourlier, mais j'aimerais voir plus de dessin de Sénécal pour me faire une opinion.  

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS IL Y A 4 JOURS À 12H20
Malgré mes recherches, je n'ai rien trouvé sur Sénécal. Il ne semble pas avoir laissé beaucoup de traces. Du moins sur la toile. Loin de moi l'idée de le comparer à Joubert ou Gourlier. On voit du premier coup d'oeil que Sénécal est bien inférieur, en tout cas dans ces deux illustrations. J'ai simplement dit qu'il y avait un petit air de famille dans la gracilité des sujets et la manière de les croquer.
COMMENTAIRE N°2 POSTÉ PAR WHYNOT21 IL Y A 4 JOURS À 18H29
Perso, Michel gourlier a fait les plus beaux dessins... Ses Esquisses étaient encadrées dans mon cabinet médical, ce qui m'a valu de la part d'une patient que j'étais homosexuel. VRAI, mais cela mis à part, je trouve ces dessins tellement magnifiques et purs, avec cependant un soupçon d'érotisme...
david526969@yahoo.fr
COMMENTAIRE N°3 POSTÉ PAR OPENBRIEF IL Y A 4 JOURS À 19H04
Un soupçon d'érotisme... ! Ce n'est pas comme cela que je le ressens en tout cas, et humblement, dans mon esprit et dans ma chair... depuis l'âge d'environ treize ans !

Et la "pureté", n'en parlons pas ! puisque, me confessant encore à cette époque, j'étais bien obligé d'avouer ces péchés, dits, au contraire "d'impureté"... Qui tous n'étaient pas dûs - mais souvent aussi, à coup sûr ! - aux si jolis garçons en culottes courtes torrides (et pagnes, et tuniques grecques, et slips de bain !) du merveilleux, du terrible Gourlier.
Je ne trouve pas non plus que les dessins (plus "rigolos", plus "sains", plus réalistes et fantaisistes à la fois du très grand Joubert ressemblent aux dessins de Gourlier. Ils sont plus "scouts" (bien sûr...) et plus carrés ; mais toutefois aussi sensuels, aussi érotisants. Les treize ou quatorze ans des "chaleurs que l'on tait" (mais pas en confesssion...) ont duré plus longtemps que cet âge dans ma vie. J'étais timide etc, et il m'a fallu quelque temps pour rencontrer de "vrais" Gourlier...
COMMENTAIRE N°4 POSTÉ PAR XRISTOPHE HIER À 01H55

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LE MONDE HELLÉNIQUE DE YANNIS TSAROUCHIS.

14 Juin 2025, 06:25am

 

 

Yannis Tsarouchis

 




Yannis Tsarouchis (1910-1989) était un peintre grec, à la culture française, un amoureux de la peinture d'Henri Matisse et de l'art de la Renaissance byzantine. Son oeuvre a clairement un contenu homoérotique. Il a peint de nombreux nus masculins. La sensualité de son oeuvre et son approche colorée en fait qu'il est le meilleur représentant grec de l'art moderne. Ses sujets évoquent souvent la poésie de Cavafy.
 
Le gardien oublié, 1956



Il a étudié à l’École des Beaux-Arts d’Athènes de 1929 à 1935 dans l’atelier de Fotis Kontoglou (1931-1934). Avec celui-ci, il s’initia à la peinture byzantine. Il étudia aussi l'architecture et les costumes populaires. Il devint ainsi un des artisans du retour artistique à la Grécité de la génération des artistes des années 1930.En 1935-1936, il voyagea à Constantinople, à Paris et en Italie. Il s’initia alors à l’art de la Renaissance et à l’Impressionnisme. Il a exposé à Londres et à Paris, il a participé à plusieurs Biennale de Venise. 

Il a activement participé à la guerre gréco-italienne durant la seconde Guerre mondiale.
 



 
Au gilet rouge Cycliste
Paris, 1936
En 1949, avec d'autres artistes tels que Yiannis Moralis, Hadjikyriakos-Ghikas, Nikos Nikolaou, Nikos Engonopoulos et Panayiotis Tetsis il crée le groupe "Armos". En 1951, il expose à Paris et à Londres. Un an plus tard, le British Council à Athènes lui consacre sa première rétrospective. En 1958, il a représenté la Grèce à la Biennale de Venise.
 
Eugene DANS Spatharis le rôle de l'ange, Dans l'Apothéose d'Diakos Athanassios 1948.Yannis Tsarouchis Fondation.
 


L'art de Tsarouchis nous montre la joie et les plaisirs de la vie. Ses oeuvres combinent les techniques et la vision qu'il avait apprises de l'impressionnisme et sa passion pour les sculptures antique classiques grecque et pour l'art byzantin (qui représente la partie orientale de l'esthétique grecque). Il a été aussi marqué par les arts populaires comme le théâtre d'ombres et les icônes religieuses.
 
 
 


Il montre les tavernes de Plaka et du Pirée avec des soldats ou des marins, la danse, la lecture de lettres, les hommes sont souvent à moitié nue, comme sortis d'un poème de Cavafy.  Egalement paysagiste ses tableaux reflètent alors la lumière des îles et des ports de la mer Egée.

 


Tsarouchis a aussi travaillé pour le théâtre. Pour lequel Il a créé de nombreux costumes particulièrement pour les pièces de Shakespeare. 
 
S'habiller pour Roméo et Juliette
Shakespeare 1937

Bien qu'il ait vécu une grande partie de sa vie à Paris où il s'installa définitivement en 1967, il est est décédé à Athènes en 1989, près de sa ville natale auPirée, la fondation qui porte son nom recèle et montre beaucoup de son travail : http://www.tsaruochis.gr

 

 







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Avril 
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 Mai 


























 










































































 
En Grèce l'oeuvre de Tsarouchis a toujours une grande influence comme le montre les photos de son compatriote Vangelis Kyris (voir immédiatement ci-dessous).
 
 
 
 
 
 

 

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