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peintre

Magnus Enckell

13 Juin 2025, 06:32am

 

 


Figure du symbolisme finlandais, Magnus Enckell (1870-1925) fut, durant son séjour à Paris jusqu’en 1894, marqué au plus haut point par le mysticisme exalté du Sâr Péladan, dont il intègre dans ses toiles l'idéal de beauté, la figure de l'androgyne. Ses toiles exaltent une sensualité méditative, confrontée aux forces contradictoires du souvenir, de la réalité et du rêve. Le personnage de L'Eveil (1893) semble quitter à regret l'état de sommeil. Pas tout à fait réveillé encore, il affronte un moment de vérité, de tension aussi, le poing pathétiquement serré. Personnage entre deux rives, celle des songes et celle de la réalité de l'existence, celle de l'enfance et celle de l'âge d'homme. Un éveil, presque douloureux, à la vie. Enckell situe ces personnages hors du temps et les inscrit dans un cadre indéfini. Le style, d’une archaïque simplicité, contribue à ce cadre atemporel.



Son Narcisse (1897), allongé sur un rocher, contemple son reflet. Dans Deux garçons (1892), un enfant pose un regard dubitatif sur un homme jeune, montré de dos et assis à même le sol, que l'on devine plongé dans une intense réflexion. Comme s'il voulait pénétrer les pensées de cet homme, ou peut-être pour s’interroger lui aussi sur son propre devenir, matérialisé par ce "double" plus âgé, qui est peut être son frère ou son père : serai-je un jour comme lui ? Le Garçon au crâne (1893) fixe attentivement ce "memento mori" (souviens-toi que tu vas mourir) , symbole du caractère transitoire de l'existence. Ces trois toiles se rattachent directement aux anciennes Vanités. L’homme y est irrémédiablement confronté au problème de l’éternité et de la fugacité de la vie, à son destin irréversible et, dans le cas de Magnus Enckell, à son identité péniblement assumée.




Ces différents visages tourmentés et tendus sont le reflet de ses propres conflits intérieurs : garçons que la vie se charge d'arracher à un paradis perdu, celui de l'enfance, plongés dans des abîmes de gravité, foudroyés par le doute, menacés de tous les maux de l'existence. Corps sveltes et athlétiques, aux courbes parfaites, dont la beauté tout apollinienne est vouée inéluctablement au tombeau. Le vêtement qu'arbore le personnage du Culte de Vénus (1895) lui donne déjà l'air d'être enveloppé dans un linceul.



Mais dans La Résurrection (1907), deux hommes marchent en se tenant ostensiblement par la main. Ce détail, situé exactement au centre de la toile est tout sauf anodin, il semble témoigner d'une sérénité intérieure plus grande. D'une assurance nouvelle. Et cette marque de tendresse se retrouvera ailleurs.




Après 1908, la période symboliste austère et hermétique d’Enckell laisse place à la couleur. Ses Adonis ont des traits moins fermés, certains sourient. D'autres toiles adoptent un style relevant du vitalisme, mouvement autant philosophique qu’esthétique, diffusé par les écrits de Friedrich Nietzsche, exaltant avec moins d’obscurité non seulement l’affirmation la plus totale de la vie et de soi, mais également l’acceptation la plus joyeuse de « l’éternel retour ».



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Avinoff

12 Juin 2025, 06:43am

Andrey Avinoff (parfois dénommé Andrej Nikolajewitsch Avinoffou Andrei Avinoff) est un de ces artistes que l'on a plus de chance de rencontrer sur la toile que dans les musées, à l'exception notable de celui de l'institut Kinsey dans l'Indiana. Il faut dire qu'Avinoff était ami de ce dernier. L'art d'Andrey Avinoff parvient à être à part égale mystique et homoérotique. Avinoff ne fut pas seulement un peintre mais aussi un entomologiste. Il a travaillé comme directeur du musée Carnegie de Pittsburg avec cet autre fervent célèbre des papillons, Vladimir Nabokov. Comme ce dernier Avinoff a été un grand chasseur et collectionneur de papillons. Il était également un ami d'Alfred Kinsey dont il réalisa un portrait. Il faut préciser que Kinsey a rassemblé inévitablement plus les oeuvres a connotations plus sexuel que le travail mystique de l'artiste ou ses images de papillon. Si Avinoff a semble-t-il été assez discret sur sa vie privée, il n'est guère douteux qu'il ait été homosexuel. Avinoff était également un grand admirateur de Nijinsky et il a représenté plusieurs fois le danseur.
 
ci dessous une caricature représentant Avinoff
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Andrey Avinoff est né en Ukraine en 1883 dans une riche famille russe. Il était le frère de la célèbre portraitiste Elizabeth Shoumatoff qui peignit la plus fameuse peinture représentant Frankin Delano Roosevelt. Son grand-père avait servi comme officier de l'amiral Nelson à la bataille de Trafalgar.Avinoff a passé une grande partie de son enfance dans le domaine ancestral de sa mère. La grande maison était remplie de toiles de maîtres, de tapis persans, de précieuses icônes, et d'une bibliothèque considérable. Les Avinoffs avaient leur propre prêtre orthodoxe russe. Cet hommes aux talents multiples a commencé sa vie professionnelle en tant que diplomate. Il a accepté un poste dans le gouvernement de Nicolas II, et en 1911 il fut nommé chevalier d'honneur de l'empereur. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Avinoff a été incapable de servir comme soldat en raison de mauvaise vue. Au lieu de cela, il fut envoyé aux États-Unis pour acheter des fournitures pour l'armée russe. Lorsqu'on lui demande d'accomplir cette tâche en 1917, Avinoff se rend compte que c'est sa chance d'échapper aux périls de la guerre et la révolution.
 
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Son talent de dessinateur lui permet dés son arrivée aux Etats-Unis de gagner sa vie. S'il résida tout le restant de sa vie aux Etat-Unis, il est mort à New-York en 1949 , il fut aussi un grand voyageur en Europe, en Asie et surtout en Jamaïque son pays de prédilection. Sa passion pour les papillons l'a emmené dans des endroits insolites autour du globe à la recherche de spécimens rares pour les ajouter à sa collection
Avinoff étaient un dessinateur accompli avec une imagination très saisissante dans certains de ces tableaux qui rappelle celle de Dali ou celle deTchelitchev , comme dans ce tableau où l'on voit un homme émergeant d'un tronc d'arbre et avec des éruptions phalliques semblables à certaines des croissances de mutants. On peut dire qu'il a été un des précurseur de l'imagerie de la science-fiction notamment avec ses dessins ayant pour thème l'Atlantide pour illustrer le poème de George Golokhvastoff,The Fall of Atlantis. On peut définir une certaine partie de l'art d'Avinoff comme surréaliste et symboliste. Alors que toute une autre partie de son travail est celui d'un minutieux connaisseur de la nature, végétale et animale. Il a été aussi un portraitiste scrupuleux. Mais ce qui unit tous les dessins et tableaux c'est la poésie qu'il s'en dégage.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Andrey Avinoff, Yellow roses with butterflies and rainbow
 
Andrey Avinoff, Red roses and a butterfly
 
Andrey Avinoff, Day joy orchid
 







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Ludovic Thiriez

6 Juin 2025, 08:50am

Ludovic Thiriez 

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Ludovic Thiriez est un artiste français qui vit et travaille à Budapest en Hongrie. 
Il est principalement peintre mais, souvent, il associe installations et objets à des peintures. Ses principales recherches ces dernières années se développent autour du thème de l'enfance : il explore cette période de la vie, ses contrastes, ses émotions, ses transitions et ses passions qui reflètent notre condition d'être humain. 
Sa peinture est comme une accumulation d'expériences, d'images et d'idées ; un mélange que l'artiste organise de manière simple et chaotique. Décrivant son travail, il aime parler de collages, d'éléments superposés qui racontent des histoires qui oscillent entre réalité, conte de fées et surréalisme. Sur la toile, la composition est construite sur le contraste des coups de pinceaux abstraits avec l'élément figuratif.  
La vie apparaît comme un oxymore, une contradiction romantique qui crée un équilibre fragile.  
La nature et les plantes sont des présences constantes mais c'est après son voyage au Brésil que l'utilisation de l'élément naturel est davantage soulignée dans ses peintures. Dans une sorte de magie, les arbres et les plantes trouvent leur chemin vers un parfait équilibre visuel. 
 

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STEPHEN TENNANT

5 Juin 2025, 16:52pm


 
Cet aristocrate britannique, né en 1906 est connu pour son style de vie frivole et décadent. Il est devenu l'archétype de l'homme devenu célèbre sans oeuvre et pourrait on ajouter sans qualité. Il est représentatif de ces homosexuels anglais fortunés et désoeuvrés qui donnèrent une aura d'élégance au goût des garçons.
 

 
Lorsque son père lui demanda, alors qu'il était adolescent, ce qu'il voulait être dans la vie, le garçon lui répondit: << a great beauty sir. >>. Ce qui est fascinant avec Tennant c'est qu'il est à la croisée de la vie intellectuelle et mondaine de toute l'histoire de l'Angleterre de l'entre deux guerres par ses multiples amitiés et par sa famille même. Il est par exemple le cousin du cinéaste Anthony Asquith (1902-1968), lui même fils d'un ancien ministre, et également homosexuel. Bien que ses films soient presque exclusivement sur des sujets hétérosexuels, certains critiques, notamment Stephen Bourne, font valoir néanmoins qu'ils sont imprégnés d'une sensibilité gay.
 
 
Les extravagances vestimentaires de Tennant firent beaucoup pour sa notoriété. Il pouvait descendre de son coupé sport vêtu d'un maillot de football assorti à ses nouvelles boucles d'oreille ou poser pour un photographe avec pour tout vêtement qu'une délicieuse robe d'été...
 
Stephen Tennant
 
 
Ses tenues n'étaient pas dictées que par la seule frivolité mais contenaient une bonne dose de rébellion et de provocation, mais à la manière de Tennant. En effet, lorsqu'il se fait photographier pour son 21e anniversaire par Cecil Beaton (voir immédiatement ci-dessus), Stephen portait un manteau de cuir copié de la tenue que son frère portait à la guerre avec toutefois l'ajout d'un col de fourrure de chinchilla, une référence ironique à la fois à la mémoire de son frère mort au combat et à son amant, "poète de la guerre", Siegfried Sassoon qu'il vient de rencontrer.  Les coteries gays de cette époque sont amplement décrites, en particulier l'histoire d'amour entre Stephen Tennant et Siegfried Sassoon dans Bright Young People: The Lost Generation of London’s Jazz Age de D. J. Taylor aux éditions Farrar, Straus and Giroux.
 
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L'écrivain Philip Hoare, auteur d'une biographie de Tennant, qui a été un bestseller,  voit en son modèle un précurseur des punks. Hoare écrit: << Il se considérait comme une œuvre d'art vivante, à la façon de Warhol ou des nouveaux romantiques... C'était un personnage des plus extraordinaire avec à un moment de sa vie, de longs cheveux rouges passés au henné, une grande bague représentant un scarabée à son doigt... J'ai écrit sur Stephen Tennant, parce qu'il était pour moi l'incarnation d'un monde fantastique que j'avais côtoyé tout au long de mon adolescence. Un monde qui, pour moi, s'étendait des Ballets Russes, d'une part à David Bowie et Jean Genet d'autre part. >>. 
 
Tennant est né en Angleterre. Il est le plus jeune fils d'un pair écossaisLord Glenconner , et de Pamela Wyndham, cousine de Lord Alfred Douglas (1870-1945), l'amant d' Oscar Wilde.
 
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Stephen à 10 ans
 
Elle est décrite par Jacob Epstein comme la plus belle créature qu'il avait jamais vu! Après la mort de son père, sa mère se remaria avec lord Grey. Tennant avait un frère ainé Edward, «Bim» qui fut tué durant la Première Guerre mondiale Stephen était inadapté à une éducation scolaire formelle. Il a donc été éduqué à la maison. Sa mère a encouragé ses penchants artistiques. En 1922, il est allé à Slade School of Fine Art, où il a rencontré Rex Whistler et Cecil Beaton.
 
 

 

En 1928 sa mère meurt. Il hérite de Wilsford Manor.
Pendant les années 20 et 30, Tennant était un des membres importants d'une coterie surnommée « Bright Young Things ».Autrement dit, les jeunes gens intelligents  surnom qui a été donné par la presse tabloïd  à un groupe de jeunes aristocrates mondains qui apparurent dans les années 20 à Londres. Ils passaient leur temps à élaborer des soirées déguisées, des chasses au trésor durant lesquelles ils traversaient la nuit Londres à la recherche d'objets improbables...Ils buvaient beaucoup et n'hésitaient pas expérimenter des substances qui n'étaient alors pas toutes illicites. Toutes choses qui étaient couvert avec enthousiasme par la presse à scandales. Ses amis s'appelaient: Rex Whistler, Cecil Beaton, Sitwell, Lady Diana Manners, qui deviendra Lady Duff Cooper, les sœurs Mitford, les sœurs Jungman, Tom Driberg (qui sera plus tard ministre du Travail, et homosexuels évident y compris lorsqu'il était au gouvernement).
 
 
Dans sa jeunesse Tennant était d'un narcissisme flamboyant d'où les nombreuses photographies qui existent de lui du moins lorsqu'il était dans sa fragile beauté, parfois dans des tenues particulièrement extravagantes comme dans cette photo prise par Cecil Beaton où il est costumé en prince charmant; alors que les représentations de lui dans ses dernières années sont très rares. Il avait l'habitude, mais il n'était pas le seul, de se maquiller.  Un jour où il allait prendre le thé avec sa tante, il a été réprimandé par cette dernière qui lui dit: << Stephen chéri, allez vous laver le visage avant de passer à table.". Par différentes source nous savons que la pratique chez les hommes de se maquiller n'était pas réservée à des prostitués, mais touchait diverses classes sociales. Cependant, cela était loin d'être bien accepté, même dans les cercles les plus "branché". Lors d'une soirée organisée par le comte de Pembroke, Cecil Beaton a été jeté dans l'eau de la piscine par certains des jeunes hommes les plus virils. Selon Tennant, qui était présent, l'attaque a été causé par l'abus de maquillage de Beaton.
Stephen Tennant et d'autres jeunes hommes  organisaient toutes sortes de soirées à thème. D'apparence efféminée Stephen Tennant a provoqué des réactions ambivalentes. Certains ont tout simplement été frappé: "Je ne sais pas si c'est un homme ou une femme, mais il est la créature la plus belle que j'ai jamais vu", déclara l'amiral Sir Lewis Clinton Baker. D'autres étaient moins indulgents. Lorsque Tennant un soir est apparu dans une robes du soir et outrageusement maquillé, les critiques ont atteint leur paroxisme. Rex Whistler, un de ses amis les plus proches, a regretté que Stephen soit allé trop loin et dit  «Les hommes ne doivent pas attirer l'attention sur eux-mêmes. Ce fut la seule accusation que je porterais sur l'attitude de Stephen, mais elle est juste et irréfutable.". Les parents de certains jeunes amis de Tennant se plaignaient que leurs enfants passaient du temps avec Stephen. Edith Olivier Folkestone-Hélène a été noté  à quel point les gens parlaient de Stephen, qu'il était détesté par des gens qui ne le comprennaient pas. 
 

 
Tennant a inspiré de nombreux écrivains qui en ont fait un personnage de leurs romans. Mais c'est sans doute le Cedric Hampton dans "L'amour dans un climat froid de Nancy Mitford qui est le plus proche de ce que fut le dandy. Il n'est pas douteux non plus Evelyn Waugh se soit souvenu de lui pour son Lord Sebastian Flyte dans "Brideshead Revisited" roman extraordinaire et chef d'oeuvre de son auteur dont il faut absolument que je vous parle ainsi que de sa brillante adaptation télévisée. Mais Tennant n'irrigue pas que le roman anglais, il y a du Stephen Tenant dans le personnage du poète dans le grand roman de Michel Déon "Les poneys sauvages".
Immédiatement ci-dessous on peut voir un superbe montage, dont malheureusement je ne connait pas l'auteur, qui en moins de deux minutes évoque la vie de l'esthète.
 
 

 

Les peintres et les sculpteurs n'ont pas été insensibles à la beauté éthérée du jeune Stephen...
 
 
Stephen Tennant par Hitomi Koro
 
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Wilsford manor et Stephen Tennant vus par Pierre Le Tan
 
 
A  dix-neuf, Tennant est devenu l'amant du poète Siegfried Sassoon (1886-1967). Sa relation avec Sassoon a été la plus importante et la plus longue de sa vie. Elle a duré environ quatre ans. Ensemble, ils ont voyagé et visité la Sicile et Garmisch en Allemagne. Avant cela, il avait proposé a, Elizabeth Lowndes, de se marier avec elle mais ses avances furent repoussées.
Beaucoup de ceux qui ont connu Stephen Tennant à l'apogée de sa singulière beauté pouvaient à peine croire que l'amour physique soit possible pour lui. Probablement la seule histoire d'amour réelle de sa vie d'adulte a été celle avec Siegfried Sassoon (1886-1967), le viril, poète pacifiste de renom. Sassoon a apporté à leur relation sa renommée, son talent, sa position, tandis que pour Tennant ses son activité quotidienne se limitait à s'habiller et à lire dans les journaux dans la rubrique des potins mondains ce que l'on écrivait sur lui. En regardant les photos des deux amants, Tennant posant langoureusement alors que Sassoon regarde fièrement l'objectif, aujourd'hui même les plus radicaux militant d' Act-Up militante pourrait murmurer en privé "Oh , mon frère! ". David Herbert, lors d'une traversé l'Atlantique sur le Berengaria a rencontré Tennant sur le bateau et a été gêné de le voir marcher dans le couloir "ondulant et maquillé embaumant après une pulvérisation de parfum d'orchidées de Cattleya.
 
 
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Sassoon et Tennant à Garmish
 

Une grande partie de sa vie, Tennant a essayé d'écrire un roman, "Lascar" dont le sous-titre devait être "a story of the maritime boulevard. Les dessins que fit Tennant lui-même en vu d'illustrer son livre, il n'était pas maladroit le bougre quel dommage qu'il fut aussi dilettante, suggèrent son goût pour les jolis marins.
 

 

 
 
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immédiatement ci-dessus 4 pages du journal de Stephen tennant
 
Si vu de l'extérieur on peut considérer la vie de Tennant comme une existence privilégiée, il ne faudrait pas oublier que durant toute la première partie de sa vie il a été poursuivi par la maladie, la tuberculose et que la seconde partie a été assombrie par ce que l'on pourrait appeler pudiquement des désordres mentaux.
Au delà de son cas personnel, Stephen Tennant me parait emblématique de tous ces jeunes gens plein de promesses qui en définitive ne tiennent pas grand chose. En effet à  21 ans Tennant avait publié une plaquette de poésie qui avait été remarquée, exposé ses dessins  à Londres, vu Caruso chanter à New York, vu jouer  Sarah Bernhardt à Paris,approché pour faire un "beau"  mariage rencontré à peu près tous ceux qui feraient l'Angleterre dans les décennies qui allaient suivre, tant dans les arts, les lettres ou la politique et avoir deux brillants amis, Rex Whistler et Cecil Beaton qui allaient faire parler d'eux durablement. Et à partir de là, à peu près rien en ce qui concerne la création, à moins de considérer sa vie comme une oeuvre d'art à part entière. C'est comme si quelque chose s'était cassé en Stephen Tennant. Etait-ce le syndrome de Peter Pan, la peur de vieillir? La fée Clochette est elle partie, le dernier jour de sa 21 ème année, un peu comme  Brian Howard , Tennant n'a jamais réussi à faire fructifier le potentiel de ses débuts. Il a trop facilement succombé aux distractions, malgré l'exortation de son ami Beaton de l'importance de travailler dur pour atteindre le succès.
Il aurait passé les 17 dernières années de sa vie dans son lit dans la maison familiale ancestrale de Wilsford dans le Wiltshire. Mais  il semble en fait que durant cette période , il aurait fait plusieurs voyages aux États-Unis et en Italie, et ainsi se créa de nouvelles amitiés et même des relations amoureuses, malgré l'isolement volontaire qu'il affichait. Isolement relatif puisque Christopher Isherwood, Kenneth Anger, David Hockney, Truman Capote le visitèrent. Truman Capote se plaignit qu'il y avait des violettes confites dans sa soupe...
La fin de sa vie fut en particulier marquée par sa rencontre avec David Hockney.
Déjà célèbre, Hockney est devenu un grand ami de Beaton, et a été invité à Wilsford par le photographe afin de passer l'après-midi avec le célèbre reclus. Cecil Beaton a immortalisé cette rencontre ce sera la dernière fois qu'il photographiera  Tennant pendant que ce dernier régalait le peintre avec ses anecdotes du passé. Sur ces cliché on voit Hockney assis sur le bord du lit Stephen Tennant, transformé en une sorte de Bouddha. Il est entièrement entouré par des reliques choisi de son cher passé, son singe, sa boîte à bijoux, des lettres, des livres et des documents à profusion. Dans une des photos Stephen Tennant balaie l'air immobile de sa chambre de Wilsford avec un grand éventail japonais, dans une autre, il porte un toasts à ses amis avec un verre de champagne...
Tennant mourut en 1987. 
 
 
Wilsford Manor, berceau de la famille Tennant, focalisa toute l' attention de l'Angleterre lorsque son contenu fut mis aux enchères quelques mois à peine après la disparition de son seul occupant, mort à l'âge de quatre-vingts ans. Les journaux se sont remplis à nouveau de ragots sur l'excentricité de Tennant, dépeint comme un vieux prince charmant  à moitié endormi au milieu de ses bibelots, de ses bijoux et des peaux d'ours polaires. La vente a été réalisée sous l'égide de Sotheby's et, en compulsant son catalogue, maintenant extrêmement rare, on est éberlué par la variété des lots, dont certains sont des bibelots sans valeur mais plein d'étrangeté comme cette main articulée en bois tenant un coquillage.
 
Ci-dessous photographies de Wilsford Manor prises à la fin de la vie de tennant...








 
Alors que d'autres sont d'une valeur inestimable, premières éditions, boîtes de photographies de Cecil Beaton, une tonne de correspondance personnelle de noms souvent cellébrissime qui en dit beaucoup sur l'époque 1920-1930 et le climat dans lequel Tennant s'est fait connaître, meubles anciens, tableaux rares de Pavel Tchelichew à Paul Poiret, sans parler des montagnes de statues de jardin et des mètres de superbe tissus d'ameublement qui en rideaux isolaient  efficacement Tennant du monde extérieur...
Cet homme sans oeuvre a pourtant influencé par sa posture devant la vie un nombre incalculable de personnes d'ailleurs très diverses. On peut citer en vrac, Somerset Maugham, David Bowie, Dirk Bogarde, Boy George... C'est jusqu'au monde de la mode qui n'a pas oublié Stephen Tennant, comme le prouve cette photo immédiatement ci-dessous dans laquelle Callum Turner, à être Stephen Tennant.
 
 
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De gauche à droite: Cecil Beaton, Stephen Tennant (oh Stephen), Zita Jungman, Edith Olivier et Rex Whistler
 
 
Stephen Tennant et Siegfried Sassoon.
 
Du coté de Stephen sur le blog:  Sir Cecil Beaton (1904-1980)

 

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Patrick Procktor, le secret de David Hockney

5 Juin 2025, 06:42am

 

 

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Il serait injuste de désespérer de l’édition française, en témoigne cette inattendue découverte lors d’une de mes musarderies dans une librairie parisienne où j’ai eu la surprise de tomber sur un livre sur le peintre Patrick Procktor. Artiste de grand talent mais quasiment inconnu (sauf pour les visiteurs de ce blog) de ce coté ci de la Manche. Le livre se veut une biographie du peintre doublée d’un essais gonzo (entendez par là que l’essayiste, Fabrice Gaignault, se met en scène dans son ouvrage) tentant de démontrer que Procktor aurait grandement influencé les débuts de son ami David Hockney.

 

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Patrick Procktor

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 1967, Nicholas and Keith

 

Le livre aurait du être illustré par des reproductions de tableaux des deux artistes pour corroborer cette intuition, pour démontrer la proximité du style et de l’inspiration des deux peintres. Mais un avant propos nous révèle qu’au dernier moment les ayants-droits de David Hockney et de Patrick Procktor ont retiré leurs autorisations de reproductions des oeuvres. Ce dont se plaint amèrement l’éditeur dans cette préface. Editeur assez benêt à cette occasion, car il aurait bien du se douter qu’une thèse rabaissant l’originalité de l’oeuvre de David Hockney ne pouvait pas plaire à son marchand pas plus qu’aux acquéreurs privés ou public de la dite oeuvre. Elle ne pouvait pas non plus être apprécier par la galerie de toujours de Procktor, qui gère toujours les oeuvres de l’artiste, quand le livre rend responsable la dite galerie de la relative obscurité dans laquelle se trouve aujourd’hui le travail de Procktor. Or donc nous avons entre les mains un ouvrage sur un peintre dans lequel on ne voit aucune de ses peintures. Les seules illustrations consistent en quelques photos de Procktor à différents stades de sa vie. Certes les oeuvres de Procktor sont facilement visibles sur la toile mais c’est tout de même dommage. Je pense qu’avec un peu d’habileté l’éditeur aurait pu s’éviter le camouflet des ayants-droit, ce qui ampute le livre qu’il édite. 

 

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Patrick Procktor, Still Life with Cat, 1989

 

Par ailleurs, Fabrice Gaignault a bien travaillé et à force de rencontre documente bien ce que fut le monde de la peinture anglaise dans la deuxième moitié du XX ème siècle. La thèse comme quoi Procktor aurait aidé Hockney à accoucher de son oeuvre est défendable même si elle n’est pas évidente. Il reste que ce livre est salutaire pour la mise en lumière de Procktor, artiste qui n’est pas actuellement à sa juste place dans l’histoire de l’art. Le livre est écrit d’une plume élégante même si je reproche le ton souvent trop péremptoire des propos et si je ne suivrais pas Gaignault dans son mépris pour Stephen Tennant.

 

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1968 

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Procktor Gervase VII

 

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Procktor Ronnie Cohen (1967)

 

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Hockney and Procktor Playing Chess (1967) photographiés par John Kasmin

 

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David hockney et patrick procktor en 1969 à st tropez

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Hockney and Amaya, Lucca (1967) Patrick Procktor

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Joseph Christian Leyendecker

3 Juin 2025, 06:36am

 


Image_8Il est amusant de penser que la référence de la virilité américaine élégante et un rien machiste, c’est en tout cas ainsi qu’aujourd’hui on peut l’interpréter, soit l’oeuvre d’un gay, le dessinateur Leyendecker qui prit pour cela comme modèle son ami.
Si vous demandez à la plupart des gens (y compris américains) qui ont quelque culture, c’est à dire bien peu, de citer l’ illustrateur américain le plus significatif de la première moitié du 20e siècle, qui était à la fois un artiste de formation classique et un maître artisan, qui a été en grande partie responsable de l'image que nous avons du père noel, qui a eu l’idée d'utiliser un bébé pour représenter la Nouvelle Année dans les illustrations, dont la production s'étend  sur plus de 50 ans,  la réponse sera toujours Norman Rockwell, une réponse qui est fausse. C’est Leyendecker qu’il aurait fallu nommer.
Joseph Christian (Joe) Leyendecker est né le 23 mars 1874 à Montabour en Allemagne . Sa famille émigre aux USA alors qu’il a 7 ans et s’installe à Chicago.

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Comme plusieurs de ses contemporains, il fait preuve d’un talent de dessinateur précoce qu’encouragent ses parents; mais ceux-ci, modeste ne peuvent financer les études artistiques de leur fils. En 1889, à 15 ans, Joe entre  en apprentissage chez J. Manz et Cie., une firme de gravure de Chicago. Le soir, il suit des cours de dessins à l'institut d'art de Chicago. Un de ses professeurs est John H. Vanderpoel, dont les livres sur l'anatomie sont recherchés encore aujourd'hui. Vanderpoel a étudié en France et en a rapporté les techniques classiques du dessin d'Academie qu’il enseigne à ses élèves. Ses efforts doivent avoir été efficaces, car Leyendecker a rapidement de l’ avancement chez son employeur, de garçon de courses il devient illustrateur. J. Manz et Cie. n’ était pas seulement une maison d'impression souvent ses clients lui demandait de fournir des illustrations. Ainsi bientôt Leyendecker conçoit des affiches et des publicités. À l'âge de 19, il est chargé de créer 60 illustrations pour une édition de la bible que Manz doit produire.
En 1896, il a gagne un concour de couverture de magazine (le 2ème   est Maxfield Parrish !). Cela apporte à son travail une reconnaissance nationale et l’amène à réaliser des illustrations et couvertures de magasines nationaux.

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Image_7Une certaine aisance lui permet de partir à Paris en compagnie de son jeune frère,  Francis Xavier lui aussi un artiste très doué. Ils parcourent la France à l’automne 1896. Puis, les frères étudient à la célèbre Académie  Julian sous la tutelle de Jean-Paul Laurens. William Bouguereau en est alors son directeur. Les Leyendeckers sont considérés comme les élèves les plus doués de leur classe. Joe a eu une exposition individuelle de son travail au Salon de Mars.
Ils rentrent Amérique à l’ automne de 1898 et ouvrent un studio à Chicago qui travaille rapidement pour des publications importantes comme Colliers.  En 1900 Leyendecker transfert son studio à New York. Il est situé à l’angle de Bryant Park et de la 41 ème rue, à Manhattan.

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La rapide renommée Leyendecker  est sans doute venu de sa capacité d’avoir un dessin spécifiques et dont la signature est facilement identifiable. Dés cette époque,  son travail, se caractérise par  un discret homoerotisme . La figure centrale de ses images est souvent un beau jeune homme, surtout des athlètes, des soldats, des marins et des ouvrier faisant un travail de force. Ces hommes sont des figures héroïques, rappelant les idéaux classiques de l'Académisme français. Son style alors, utilise aussi parfois les sinuosités de l'Art Nouveau.

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Parallèlement à sa fructueuse carière de publicitaire il fait preuve dès 1895, d’ une grande activité en tant d’illustrateur de livres.

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Joseph Leyendecker devient rapidemment l'un des créateurs publicitaires les plus célèbre du 20ème siècle. Sa capacité de travail incroyable et sa dextérité  dans le dessin et la peinture, illuminées par sa sexualité gay, ont introduit une nouvelle esthétique dans la publicité. Il travaille essentiellement pour des marques de grand luxe.
Avant même l’existence du cinéma, Leyendecker dans ses illustrations invente une mise en scène que l’on peut qualifier de cinématographique.

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En 1905, il est embauché par Cluett, Peabody & Co. pour promouvoir leur marque Arrow . C’est cette campagne  qui assoit définivement sa réputation. Son homme, habillé de la chemises Arrow devint pour longtemp l’archétype et l’épitomé du mâle américain urbain et prospère. Cette publicité a propulsé Arrow comme la plus grande marque de chemises en Amérique. Leyendecker a fourni la majeure partie de la publicité de la marque jusqu'en 1930.

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Cette image de l'homme idéal reçut plus de demandes en mariage que son contemporain Valentino! Ses admiratrices ne surent jamais que le modèle en était Charles Beach l’amoureux du dessinateur! Charles Beach, est devenu l'équivalent masculin de la Gibson Girl, un idéal de beauté à suivre par tous les hommes américains.

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Leyendecker aurait rencontré Charles Beach en 1901. Lorsque jeune modèle venant de Cleveland il pose pour lui. L'artiste aurait été impressionné non seulement par le beau visage de Beach, mais aussi par sa capacité à tenir la pose pendant un long temps. Ils ont vécu ensemble cinquante ans! Si Beach était à l'origine un modèle, il est bientôt devenu pour Leyendecker en plus de son amant, son indispensable collaborateur. Leyendecker a tiré un voile efficace sur sa vie privée. Il est significatif qu’en 1974 quand Schau écrit son livre sur l’artiste (aujourd’hui épuisé et difficilement trouvable), il peut seulement remplir que 22 pages sur la vie de son modèle et presque la moitié de celles-ci sont consacrées à la vie de Leyendecker avant son installation à New York.

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Si l’on fait la nomenclature de ses très nombreuses illustrations on constate que beaucoup ont trait au sport, ce qui lui permet de rendre un bel hommage à la beauté masculine. Il peint de nombreuses affiches pour promouvoir la Ivy League de football, de baseball. Elles sont largement diffusées dans le monde étudiant.

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Leyendecker, en compagnie d’autres artistes importants comme Gibson, Christie, Flagg et Wyeth, réalise des affiches de propagande pendant la Première Guerre mondiale, pour encourager les gens à acheter des obligations de guerre.

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Au début des années 20 Il a eu une brouille avec son frère. Ce dernier lui même un excellent artiste a du constamment lutter contre l’étiquette de “frère” de Joe Leyendecker; il meurt d’une overdose en 1924 à l’age de 47 ans, alors que Joe Leyendecker atteint l'apogée de sa gloire et de sa productivité.
Si la mode masculine est probablement l'aspect le plus significatif des publicités signées Leyendecker, son travail ne se limite pas à ce seul domaine. Il a été aussi utilisé pour promouvoir une foule d'autres produits, notamment du savon, des automobiles, des cigarettes...

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Il semble bien que l’ambition secrète de Leyendecker était de s’imposer dans le monde de l’art, ce qu’il ne parvint jamais à faire; sans doute trop marqué par ses succès dans la publicité. Il reste néanmoins que son influence a été considérable, en particulier sur Norman Rockwell qui deviendra un ami et qui prononcera l’oraison funèbre à ses obséques. Leyendecker est inhumé au Woodlawn Cemetery du Bronx à New York. C’est d’ailleurs grâce au livre de souvenirs de Norman Rockwell que l’on connait quelques rares anecdotes sur la vie privée de Leyendecker.

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Aujourd’hui on trouve des réminiscences du trait de Leyendecker dans des domaines où à première vue on ne le soupçonnerait pas comme dans les jeux vidéo par exemple par l’intermédiaire de Terese Nielsen. Jusqu’en France où l’on retrouve sa marque comme dans le dessin d’un Le Gac ou chez un jeune créateur de Bandes dessinée comme Mathieu Lauffray...
Si sa vie privée reste un mystère ses motivations artistiques ne sont guère plus claires. On sait qu’il voulut, sans doute par intermitance réussir dans la peinture de chevalet, mais dans le même temps il a refusé des commandes prestigieuses de fresques murales, très en vogue dans l’ Amérique de l’entre deux guerres,  sans qu’on en comprenne complètement la raison. Est-ce sa formation à l’académie Julian qui pronait un art “populaire” qui l’expliquerait? Se voyait il  comme un artiste créant style d’art pour les masses à travers les magazines et les affiches tout en étant bien payés pour son travail?
Sa réussite financière est telle que dés 1914 il se fait construire un manoir à New Rochelle une élégante banlieue de New York fréquentée par les artistes. Le batiment a trois étages et est de style anglo-Normand (il existe toujours). Il y avait deux grands ateliers pour chacun des frères, deux salles de réception, sept chambres, cinq salles de bains, et quatre cheminées...  Leyendecker y habitera jusqu’à sa mort en 1951 avec son ami qui fut aussi son modèle, son cuisinier et son directeur commercial...  Cette maison était richement meublée dans un style vaguement Renaissance française, à la mode peu de temps après 1900. Des photographies rendrent bien l’ opulence évidente du décor. Elle semble avoir été conçu pour recevoir.  Frank  quittera la maison en 1923 de même que sa sœur Augusta suite à une querelle  familiale dont on ne sait rien.

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illustration de Frank.

Beach déclara dans une interview juste après la mort de Joe, qu'ils recevaient souvent dans les premières années quand Joe était au sommet de son succès. C’est ensuite qu’ils vivront en quasi reclus. Beach explique que Joe refusait de laisser les engagements de la vie sociale dévorer son temps voué à sa peinture.
Il semble néanmoins qu’ils participaient,  au moins en partie, à la vie sociale locale dans un petit cercle d’ artistes voisins.
Il faut noter que de 1919 à 1930 les illustrateurs récurrents des grandes revues étaient des personnages très “people”, un peu comme le furent les grands photographes dans les années 80. Dans ce contexte, le curieux manque de photographies de Leyendeckers et de Beach est extrêmement étrange, pour un artiste aussi connu qui se devait d’être aussi une personnalité publique...

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Pendant plus de quarante ans, Leyendecker a une relation privilégiée avec le populaire hebdomadaire Saturday Evening Post dont il réalise la plupart des couvertures et toutes celles des numéros spéciaux. Au total, il a produit plus de 300 illustrations pour la revue. Aucun autre artiste, jusqu'à l'arrivée de Norman Rockwell , deux décennies plus tard, sera autant  identifié à une publication.

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Pour ses illustrations il aurait travaillé en plusieurs étapes. Il peint d’abord à petite échelle des études préparatoires à l’huile et sur toile; Ensuite il les transfère, toujours à l’huile et sur toile, en plus grand utilisant pour cela la classique technique du carreau. Il a presque toujours pris soin de signer les différentes étapes de son labeur; malheureusement à sa mort la plupart de ses études ont été découpé façon puzzle  par Charles Beach...

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Son travail d’illustrateur a beaucoup influencé les campagnes publicitaires photographiques qui peu à peu remplacèrent les beaux dessins de Leyendecker.

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A partir des années 40 la photo concurence gravement les illustrateurs. Malgrè sa célébrité, Leyendecker en est lui aussi victime. S’il continue à avoir des commandes, comme cette série de portraits de grands militaires, il doit réduire son train de vie. Il garde son manoir mais doit se séparer de ses nombreux domestiques...

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En dépit de sa renommée la vie de Leyendecker est mal connue. Il a vécu discrètement mais sa sexualité et sa vie privée le contraignait à cela; un coming out aurait à l’époque signifié pour lui la ruine. En outre il aurait été très timide et aurait parlé avec un léger bégaiement. Il a vécu dans quasi-solitude, enfermé la plupart du temps, dans dans la tour d'ivoir qui était son atelier. A sa mort son ami a détruit beaucoup dessins, de correspondances ainsi que ses journaux intimes. On ne sait pas s’il agissait de son propre chef ou s’il suivait le désir de l’artiste. Il faut aussi avoir présent à la mémoire la période, l’apogée du Macarthisme, alors être convaincu d’homosexualité pouvait conduire en prison. Il est pourtant évident que l’on ne pouvait pas ignorer l’homosexualité de Leyendecker mais se dernier ne l’ayant jamais revendiqué il ne risquait pas grand chose. Dans cette société américaine hypocrite, le crime est dans le dire plus que dans le faire! Beach suivit son ami dans la mort  de quelques mois.

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En 2000 la poste américaine a émis un timbre à l’ effigie d’ “Un couple de danseurs” de JC Leyendecker dans sa série the American Illustrators commemorative. L’original de cette image a été vendu aux enchère la même année pour 50 000 $

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Bien qu’aujourd’hui, il n’y ait seulement que quelques personnes, même aux Etats unis, qui connaissent le nom Leyendecker, mais cela est en train de changer car recemment plusieurs musées (Fullerton, Stockton...) ont organisé des expositions Leyendecker, son travail a été parmi les plus populaires de son époque, en raison de sa capacité à transmettre l'essence à la fois la vie quotidienne en Amérique et des événements internationaux par le biais de peintures qui reflètent son sens unique de l'art dramatique mélant romantisme et humour . Son travail a aidé à définir l’image de l’Amérique autant que le cinéma.
À bien des égards, les images de JC Leyendecker furent la personnification de l'Amérique, elles en sont venus à symboliser la culture, et la civilisation américaine.

 


 

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PANINI, CAPRICES ROMAINS

1 Juin 2025, 07:09am

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Capriccio avec la colonne de Trajan, le Colisée, Gaulois mourant, l'Arc de Constantin, la pyramide de Caius Cestion et le temple de Castor et Pollux, 1734 
 
 
Caprice architectural avec le Panthéon, le Colisée, le Forum de Trajan et, de 1736 à 1740 
 
 
Ruines d'architecture avec l'arc de Janus, le temple de Vesta et la statue équestre de Marc Aurèle, 1743 
 
Att. Panini, un caprice architectural de ruines romaines

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Dino Valls

29 Mai 2025, 07:18am

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Dino Valls est un artiste malfaisant à l'instar d'un Rustin cette fois non du coté de la France et de l’expressionnisme comme Rustin, mais de l’Espagne et de sa peinture mystique du XVII ème siècle.
Dino Valls est un peintre espagnol né en 1959 à Saragosse. Actuellement il vit et travaille à Madrid. il est aujourd'hui l'un des représentants espagnols de l'avant-garde de l'art figuratif.
Dino Valls est un artiste autodidacte, avant de se lancer dans une carrière artistique, il a préalablement obtenu son diplôme de médecin et de chirurgien.
Il a commencé à peindre en 1975 au cours de ses études de médecine à l'Université de Saragosse à l’époque  il participe à de nombreuses exposition de groupe  en Espagne et en France, où il reçoit plusieurs prix.


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Sa première exposition personnelle a lieu à Saragosse en 1981.  L'année suivante, il a reçu le San Jorge récompense pour la première place dans la peinture espagnole. Après avoir reçu son diplôme en médecine et de chirurgie en 1982, il décide de se consacrer exclusivement à la peinture. lIl déclare que sa peinture s’inscrira dans une perspective humaniste influencée par son l'étude de l'homme. Cette d'attitude n'est pas sans rappeler celle de nombreux peintres de la Renaissance.

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Il semble avoir garder de ses études médicale un penchant pour la dissection et une fascination pour les cire anatomiques. Ses toiles sont peuplées de personnages des deux sexes d’age divers, mais tous semblent sous l’emprise d’une taraudante souffrance intérieure qui rappelle celle que l’on peut lire dans les portraits des grands mystique  dans la peinture espagnole de la renaissance.

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Sa peinture s'élaborer et se développer selon les méthodes et techniques des maîtres du passé.
L’art de Valls est centré sur la psyché humaine. Sa technique figurative est au service d’un concept qui prend en charge les plus obscurs des pulsations qui habitent l’esprit humain par le biais de processus symboliques et intellectuelle.


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Sa passion pour la peinture ancienne lui fait faire de nombreux voyages pour aller étudier sérieusement les techniques des maîtres anciens dans les grands musées européens.
Entre-temps, il a continué à participer à de nombreuses expositions de groupe.
En 1991, Valls étudie l'art de la tempera à l'œufs et la technique des maîtres italien et flamands des 16e et 17e siècles; cette technique reste sa favorite  aujourd’hui. 
En 1993, Valls a commence à participer à diverses foires d'art aux États-Unis à Miami, New York et aussi en Amérique du Sud en Australie et en Europe. 

 

 

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Jasper Johns

11 Mai 2025, 09:06am

 

Le peintre, sculpteur et graveur américain Jasper Johns, considéré par le New York Times comme « le plus grand artiste américain vivant ».

 

 

Jasper Johns est né le 15 mai 1930 à Augusta, en Géorgie, peintre, dessinateur, sculpteur et graveur son oeuvre est associée au pop art, à l’expressionnisme abstrait et au néo-dadaïsme.

Il est célèbre pour ses séries de peintures représentant des drapeaux américains et d’autres sujet en rapport avec les états-Unis. Il a aussi pris pour sujet des objets de la vie quotidienne, ustensiles, couverts ou boîtes de conserve, traités comme des pièces détachées qu’il intègre à ses travaux.

 

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Ses oeuvres se vendent régulièrement aux enchères pour des millions de dollars; en 2017, sa toile intitulée « False Start », vendue 80 millions de dollars et devint alors l’oeuvre d’art d’un artiste vivant la plus chèrement payée de toute l’histoire.

 

 

Au cours de sa longue carrière, Jasper Johns a été honoré maintes fois pour son talent, notamment aux états-Unis, par la Médaille Nationale des Arts en 1990 et la Presidential Medal of Freedom en 2011.

En 2007, il a été élu membre de la prestigieuse American Philosophical Society.

En 2018, le New York Times estimait qu’il était le « plus grand artiste vivant » des états-Unis.

<< A Augusta, en Géorgie où je vivais étant enfant, il n’y avait pas d’artiste et il n’y avait pas d’art, aussi n’avais-je aucune idée de ce dont il s’agissait ».

Ado, Jasper Johns étudie à l’Université de Caroline du Sud de 1947 à 1948, où décelant son immense talent, ses professeurs l’incitent à partir pour New York, ville internationale où il pourra déployer ses ailes. Il s’y rend et étudie brièvement à la Parsons New School for Design en 1949.

 

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Ensuite le jeune homme accomplit son devoir militaire pendant la Guerre de Corée, servant deux ans (1951-1952), stationné en Caroline du Sud puis à Sendai au Japon. Lorsque Jasper rentre à New York en 1953, il a 23 ans

C’est à New York qu’il rencontre en 1954 Robert Rauschenberg, Merce Cunningham et John Cage, avec qui il va travailler et explorer la scène de l’art contemporain dans les années et décennies suivantes. Mais les quatre hommes commencent à développer leurs propres idées sur l’art dès les années 1950.

En moins d’une décennie, Jasper Johns peint les oeuvres légendaires « Flag » puis « White Flag » et quatre de ses toiles entrent dans la collection permanente du MOMA.

 

 

En 1954 Jasper Johns a 24 ans tombe amoureux de son confrère artiste Robert Rauschenberg, son aîné de 5 ans, qui commence déjà à se faire connaître pour ses toiles monochromes. Rauschenberg devient l’amant de Jasper et une inspiration pour son oeuvre.

Les deux hommes se stimulent l’un l’autre en matière de création; sous l’influence de Rauschenberg, Jasper Johns crée des toiles où figurent des objets familiers, des signes tels que des chiffres, des lettres, des cartes géographiques et des drapeaux, oeuvres qui fascinent le monde de l’art, alors que New York est au centre du monde artistique.

 

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Johns et Rauschenberg furent amants de 1955 à 1961, une époque où ils produisirent leurs oeuvres les meilleures et les plus significatives. Les deux hommes étaient propriétaires dans le même immeuble de 2 lofts où ils vivaient et qui leur servaient aussi d’ateliers, et allaient librement d’un loft à l’autre. Bien que les deux artistes travaillaient et vivaient ensemble, c’était Jasper Johns qui était alors le plus connu.

 

 

Johns et Rauschenberg se séparèrent car ils étaient mal à l’aise que leur relation homosexuelle soit connue en dehors de leur entourage proche. A ce sujet Rauschenberg a déclaré : « Notre histoire était tendre et délicate, et elle s’est transformée en sujet de commérage. » Jasper Johns se souvient qu’alors qu’il lisait « L’autobiographie d’Alice B.Toklas » par Gertrude Stein, Rauschenberg lui fit la prédiction : « Un jour ils parleront de nous comme ils parlent d’elles… » et Jasper fut vexé que son amant fasse ce parallèle entre leur couple et le fameux couple de lesbiennes.

 

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La séparation des deux hommes se passa si mal qu’ils quittèrent tous deux New York et ne se parlèrent pas pendant plus d’une décennie… En 1961, alors que leur couple était en train de se défaire, Jasper peignit une toile qu’il intitula « In Memory Of My Feelings, Frank O’Hara », cette toile étant son interprétation du poème de Frank O’Hara sur l’amour gay et le prix à payer pour l’éliminer, poème dont la première ligne est :

« Il y a un homme dans ma tranquillité. »

 

 

Jasper Johns : « Je ne veux pas étaler mes sentiments dans mon oeuvre. »

Johns peignait des sujet conventionnels qui laissaient les critiques perplexes sur son travail avec les mystérieux reliefs contenues dans son oeuvre… Un critique déclara: << Son oeuvre est pleine de tension, entre savoir et ne pas savoir, dit et non-dit, expliqué et non-expliqué. Ses toiles contiennent des secrets.>>.

 

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Par exemple, son oeuvre « Target With Plaster Casts » (« Cible et plâtres ») réalisée en 1955, contient 9 boîtes en bois avec portes à charnière, chaque boîte contenant une partie de corps humain. Dans l’une d’elles, se trouve un pénis plus vrai que nature. Lorsqu’un représentant du Musée d’Art Moderne de New York demanda à l’artiste s’il serait acceptable que cette boîte particulière reste fermée, Jasper répondit qu’il serait bien qu’elle reste fermée parfois mais pas tout le temps…

 

 

A New York, Jasper Johns travailla aussi avec le compositeur de musique John Cage et de son partenaire chorégraphe Merce Cunningham, contributeurs importants au monde de la danse contemporaine. Jasper Johns collabora aux spectacles de danse chorégraphiés par Cunningham et mis en musique par John Cage, pour lesquels il créa des décors et costumes, et il devint conseiller artistique de la Compagnie de Danse Merce Cunningham. Les trois hommes, bien que tous gay, ne faisaient apparaitre aucun contenu explicitement homosexuel dans leurs oeuvres.

 

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Jasper Johns avec les années, il est devenu de plus en plus reclus.

En 1999, il a en quelque sorte, refait surface, jouant dans un épisode du dessin animé Les Simpsons son propre rôle (un artiste nommé Jasper Johns).

Dans ses dernières années il a vécu seul dans un palais dans la campagne du Connecticut, accordant très rarement des interviews. Sa liaison avec Rauschenberg fut la plus profonde et la plus importante de toute la vie de chacun des deux hommes.

 

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Exposition Gilles Sebhan

6 Mai 2025, 15:29pm

Paris, septembre 2024

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