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EGERMEIER LE VOYAGE EN ITALIE 4

23 Juillet 2025, 06:31am

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promenade à Santorin

23 Juillet 2025, 06:30am

 

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CHRISTOPHER ET HEINZ, UNE HISTOIRE D'AMOUR BERLINOISE (CHRISTOPHER AND HIS KIND) UN FILM DE GEOFFREY SAX

22 Juillet 2025, 06:39am

 


Grande Bretagne, 2010, 89 mn

 
Réalisation: Geoffrey Sax, scénario: Kevin Elyot, musique: Dominik Scherrer, Photographie : Kieran McGuiganMontage : Paul KnightDécors : Suzie Davies
 
Avec: Imogen Poots (Jean Ross), Matt Smith (Christopher Isherwood), Toby Jones (Gerald Hamilton), Lindsay Duncan (Kathleen Isherwood), Will Kemp (Bobby Gilbert), Douglas Booth (Heinz Neddermayer), Iddo Goldberg (Wilfred Landauer), Alexander Doetsch (Caspar), Tom Wlaschiha (Gerhardt Neddermayer), Pip Carter (Auden) 



 
Résumé
 
Christopher Isherwood (Matt Smith) arrive à Berlin en 1929. Il fréquente les nombreuses boîtes de nuit où dansent, chantent et se séduisent des hédonistes des deux sexes. Il est souvent accompagné de son ami (et parfois amant) le poète W. H. Auden qui bientôt rentre en Angleterre. L'écrivain après s'être amouraché d'un musculeux Caspar (Alexander Doetsch) qui ne tarde pas à disparaitre, tombe follement amoureux d'un très joli jeune cantonnier allemand, Heinz Neddermayer (Douglas Booth). Mais l'ombre des nazis commence à planer. Dans l'entourage d'Isherwood, certains s'inquiètent, comme son copain juif Wilfrid Landauer ou la chanteuse Jean Ross. Christopher et Heinz partent en Angleterre. Mais les autorités ne veulent pas de cet immigrant homosexuel..
 

 

 
 
L'avis critique
 
Avec Christopher et Heinz, voilà le deuxième film après,  Chris & Don, a love story mais qui se situe chronologiquement vingt ans avant, que je visionne en quelques mois d'après la vie de Christopher Isherwood. Je ne compte pas " single man de Tom Ford"  qui, s'il contient probablement des éléments autobiographiques, est lui tiré d' un roman de Christopher Isherwood. Dans Christopher et Heinz, il s'agit bien de la vie réelle de l'écrivain et non d'un de ses fantasmes.
 
 
Dans une des premières scènes très pédagogique, la BBC dont le film est une production n'oublie jamais le volet pédagogique de ses fictions, ce qui rend les scènes d'exposition un peu convenues, nous est présenté la situation d'Isherwood en 1931 qui part à Berlin pour échapper à l'atmosphère familiale étouffante et pour les garçons. Berlin était alors la Mecque de l'homosexualité comme le montre sans tergiverser "Christopher et Heinz. Le film est en écho ou plutôt en assonance avec Cabaret. Mais il donne une vision plus juste de l'expérience du groupe d'"oxbridge" qui se trouvait en Allemagne, Berlin pour Isherwood et Hambourg en ce qui concerne Spender, au début des années trente, essentiellement pour des raisons sexuelles.
 
 
 
Le film étant anglais les acteurs sont impeccables, bien qu'ayant vu le film en version française cela ait un peu gâché mon plaisir et les reconstitutions d'époque sont soignées, les gares sont enfumées à souhait, cela allait presque de soit sans le dire lorsque l'on a à faire à une oeuvre télévisuelle britannique.
 
 
Ce téléfilm est directement inspiré des mémoires de Christopher Isherwood, "Christopher and His Kind", publiés en 1976 en Angleterre, mais sauf erreur de ma part toujours pas traduite en français. L’écrivain britannique y raconte entre autre son séjour à Berlin de 1929 à 1939, date à laquelle il alla s'installer aux Etats-Unis où il est mort en 1986 à l'âge de 81 ans.
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Le réalisateur abuse un peu trop des ambiances nocturnes. Les profondeurs de champ sont toujours maximum, ce qui permet d'admirer les décors et parfois autre chose... Je m'en voudrais de ne pas insister sur la reconstitution de l'Allemagne de ces années là qui est impressionnante. Les anglais sont imbattable dans les reconstitutions historiques, non seulement ils restituent des décors mais ils savent en ressusciter l'âme.
Le film me fait m'interroger sur la curieuse attitude que je trouve assez lâche d'Isherwood. Si on nous le montre tardivement critique envers les nazis, il se proclame presque jusqu'à l'avènement d'Hitler, jusqu'au moment où il voit les nazi faire un bucher des livres interdits, politiquement neutre. Vivant en spectateur des troubles puis des drames que vit le pays où il habite depuis plusieurs années, sans semble-t-il prendre conscience que le glas a sonné pour les plaisir qu'il y est venu chercher. Je crois que Auden lorsqu'il dit à son ami que la seule cause qu'il lui importe c'est lui même, en quelques mots définit bien le Christopher Isherwood des années trente... Mais avec le temps le nomade Isherwood s'est fixé en Californie et y a perdu son égoïsme... 
 Si "Christopher et Heinz" dans notre époque où la plupart des hommes ne semblent pas avoir plus de mémoire qu'un poisson rouge en apprendra beaucoup sur les moeurs de l'Allemagne de Weimar à la plupart par son didactisme, je crains que celui-ci rebute les plus informés. Certains personnages sont là que pour fournir une information sur l'air du temps au spectateur mais ne sont pas utile à l'intrigue proprement dite. Ils sont là au même titre qu'un élément de décor, pas plus, pas moins.
 
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Si les rapports sexuels entre homme sont montrés d'une façon très explicite,  à mon avis inimaginable à la télévision française, pour cela j'aimerais bien voir, pour comparer une biopic d'André Gide, c'est tout de même assez pudique.
Comme toujours, lorsqu'un film met en scène des personnages ayant existés, dont l'apparence est connue, de moi tout du moins, je suis gêné lorsque l'acteur l'incarnant ne ressemble en rien à son modèle. Si Matt Smith qui campe aussi actuellement le célèbre Doctor Who dans une série du même nom, fait un jeune Isherwood tout à fait possible, il n'en est pas de même pour Pip Carter qui est beaucoup plus beau que le véritable Auden qui était fort laid. Heinz est incarné par Douglas Booth, qui a joué récemment Boy George dans un téléfilm toujours inédit en France.
 
 
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Christopher et Heinz est une plaisante illustration, bien qu'un peu appliquée, du volet berlinois de l'indispensable essais de Florence Tamagne, "L'histoire de l'homosexualité en Europe, Berlin, Londres, Paris 1919-1939 paru en 2000 aux éditions du Seuil. Il ne faut pas oublier que la suite de l'histoire, non pour Christopher Isherwood, mais pour la plupart des silhouettes aperçues dans ce film, ce fut " BENT "...
 
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Petite annexe à ce billet; Quatorze ans après  les 1.100 pages du premier tome du journal intime d' Isherwood qui recoupait entre autres les années que couvre "Christopher et Heinz, voici la suite qui va de 1960 à 1969. Isherwood a besoin de 800 pages pour raconter ces dix années d'inquiétude et d'introspection. La grande crainte d'Isherwood est alors de voir Don Bachardy le quitter pour un de ses nombreux amants. A ce propos ce journal donne un aperçu un peu moins idyllique de la relation entre les deux hommes que le film Chris et Don. On voit Isherwood souvent bouder. On a le sentiment que Bachardy fait planer constamment sur son amant et mentor la menace de leur séparation. Il y a aussi les voyages, entrepris seul ou avec Don. En particulier celui en Inde où Isherwood est invité à déjeuner par Nehru en compagnie d'un aréopage improbable comprenant Irving Stone, Marlon Brando et Danny Kaye! On trouve aussi dans ces pages des portraits assez caustiques de ses vieux amis comme Auden, Spender, E.M. Forster. Est-il envisageable d'espérer une traduction française de ce massif aussi intéressant par son analyse psychologique d'une relation amoureuse entre deux hommes sur une longue période que sur l'histoire littéraire du XX ème siècle. L'ouvrage, bien relié, à l'américaine est très facilement trouvable sur Amazone, environ trente euros ou si vous êtes à Londres dans toutes les librairies. Le livre ne passe pas inaperçu.

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TROCA 84

22 Juillet 2025, 06:38am

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Trocadéro, Paris, printemps et été 1984

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ENFANT DE LA RADIO

22 Juillet 2025, 06:37am

 

Beaucoup plus que de la télévision, je suis un enfant de la radio, d'abord parce que dans ma petite enfance la télévision existait si peu, elle n'était guère visible que dans les vitrine des magasins qui vendaient ces gros postes avec leur petit écran bombé aux coins arrondis perdu dans leur imposante boiserie cirée et qu'ensuite lorsque par extraordinaire on m'emmenait dans une maison qui possédait ce gros oeil glauque, je le voyais toujours éteint car l'unique chaine, en noir et blanc, bien sûr n'émettait qu'à peine six heure par jour essentiellement en soirée. La radio m'était beaucoup plus familière. C'était un peu la voix du foyer. Le poste, lui aussi habillé de bois blond était le centre du salon et se taisait rarement. Pendant de nombreuses année il était invariablement réglé sur Radio-Luxembourg. Alors que sur un écran en son centre on pouvait lire un très grand nombre de noms de villes sur lesquels on devait amener une aiguille pour espérer entendre un son venant de très loin. Mais je n'avais pas le droit de tourner le gros bouton qui manoeuvrait cette magique aiguille. La radio à cette époque c'était donc pour moi uniquement Radio-Luxembourg avec ses émissions que je n'aurais jamais voulu manquer même pour un gros gâteau. Il y avait des émissions quotidiennes qui s'appelaient "sur le banc" avec Raymond Souplex et Jane Sourza qui jouaient deux clochards avec cette phrase rituelle << qu'est-ce qu'on mange?>> cela devait durer pas plus de cinq minutes.

 

Cet intermède comique qui fut je crois remplacé ensuite par le savoureux billet de Pierre-Jean Vaillard dont je parle plus loin, était suivi par "ça va bouillir" un feuilleton haletant, thriller radiophonique dans lequel zappy Max combattait un grand méchant asmathique, Kurt von Straffenberg  surnommé le tonneau... dont la voix profonde et voilée m'impressionnait beaucoup. Ce qui était  à la fois amusant et décalé c'est que la réclame de l'annonceur, en l'occurrence la marque de lessive Sunil (moi j'aimais mieux que ma mère achète du Pax parce qu'il y avait une petite voiture dans chaque paquet) était intégrée, si l'on peut dire à l'intrigue. Je me souvient que le héros était amoureux d'une certaine Edith que le tonneau n'avait de cesse d'enlever. Edith était aussi convoité par un certain Patrice. Je dois dire que je ne me souviens guère des péripéties bondissantes de ces histoires.     

 

Blog de souvenirssouvenirs :50-60 L'ALBUM DE MA JEUNESSE, Quitte ou double

 

Il y avait aussi des jeux qui me semblaient moins bêtes que la plupart de ceux qui passe à la télévision aujourd'hui. Quitte ou double présenté par Zappy Max, le principe de l'émission était simple. L'animateur posait les questions, il y en avait dix je crois à chaque émission, l'une après l'autre au candidat. Si ce dernier donnait une mauvaise réponse, il était éliminé. S'il avait bien répondu, il pouvait soit quitter le jeu et repartir avec ses gains, il répondait alors quitte à Zappy Max qui lui posait la fameuse question "quitte ou double", s'il répondait double, son pécule doublait à condition qu'il réponde juste à la question suivante, et ainsi de suite...

Il y avait aussi "le crochet" un concours de chant réservé aux amateurs dont certains sont devenu des vedettes comme par exemple Adamo...

Le soir vers 19h 30 heure il y avait la famille Duraton (comment réentendre une de ses émissions?) avec entre autre Jean Carmet et le bien oublié Ded Rysel. On écoutait chaque ce feuilleton religieusement en famille. Je crois me souvenir que cela durait une quinzaine de minutes. La famille Duraton restera toujours lièe au goût de la soupe de mon enfance qu'elle sonorisait.  

Sur cette époque prestigieuse de Radio Luxembourg d'avant 1966, année qui a vu la création d'RTL , il faut écouter l'émission (pour cela il suffit de cliquer sur le nom de  Roger Kreicher   Mythologie de poche de la radio dans laquelle  Roger Kreicher  homme clé de Radio Luxembourg a été convié à s'exprimer.

Il me semble que par le biais de la radio, j'étais comme envouté par certaines voix qu'enfant je ne reliais à aucun visage, ni à aucun nom. Plus tard, surtout grâce à la télévision, la plupart, mais pas tous, des comédiens qui sévissaient à la radio, était aussi des habitués du petit écran. Ainsi dès le début des années soixante je pus mettre des visages et quelques années plus tards associer des noms à ces voix. Peut être qu'à partir de ce moment là, elles ont un peu perdu de leur magie.

Ces voix c'étaient celles de Topart, bien sûr, Brainville dont le timbre grâve m'impressionnait beaucoup, entendu pour la première fois dans "Ca va bouillir", je crois et que j'ai "reconnu" plus tard que les autres, je l'ai enfin découvert avec bonheur lorsque j'ai assisté à la représentation de "La ville dont le prince est un enfant au théâtre Michel durant la saison 68-69. Lors de cette soirée Brainville qui interprètait le supérieur a eu un gros trou de mémoire et Paul Guers, inoubliable abbé de Pradts, lui a sauvé la mise. A propos en consultant mon volume du théâtre de Montherlant, je m'aperçois que ce n'est pas Brainville qui est crédité comme le créateur du rôle mais c'est Jean Deschamps. Je crois que je ne l'avais pas remarqué lorsque j'ai édité en dvd la version de la pièce filmée par Malavoy; un comble!

Je peux encore entendre facilement, dans ma tête, quand je le veux, les voix de Jacques Monod, Jean Negroni, François Maistre, Roger Carel, j'ai eu la chance d'interviewer ces deux derniers. Si je voyais les acteurs précédemment cités régulièrement à la télévision, il n'en était pas de même pour le propriétaire d'une autre superbe voix, Georges Aminel dont je découvris le physique avantageux seulement à la fin des année 60 sur la scène de la Comédie Française lorsqu'il endossa le rôle de Malatesta. Il était très bien, mais tout de même un peu en dessous de l'interprétation qu'en avait donné Bernard Noel, autre grande admiration de mon adolescence, à la télévision (je cherche un enregistrement vidéo, ou même audio, de cette pièce). C'est Topart, extraordinaire en Porcellio qui lui donnait la réplique... 

J'aimais beaucoup aussi une chronique, elle aussi quotidienne du chansonnier Pierre-Jean Vaillard qui avait beaucoup d'esprit et dont l'humour était fort éloigné de ceux de nos humoristes actuels qui ne me font pas rire...

 

Pierre Jean Vaillard

 

Je ne résiste pas à exhumer ce beau texte, auquel j'adhère complètement, de ce talentueux qu'il ne faudrait pas oublier... Il est décédé en 1988. Ce sètois parlait très bien de sa ville, je me souviens encore après cinquante ans passé d'un de ses billet intitulé "Le bras de Vénus" dans lequel à travers ce gâteau dominical aux nom évocateur, il faisait revivre toute une époque de la province française...

 

L’Algérie de papa,

Eh bien oui! C’en est fait des formules anciennes,
Et l’Algérie devient Algérie Algérienne.
Assez de colonies, et nous ne voulons pas
Voir se perpétuer « l’Algérie de PAPA ».
La roue tourne morbleu ! La vie est la plus forte.
Puisque Papa est mort, son Algérie est morte.
Le progrès est en marche; emboîtons lui le pas!

Si on disait, quand même, un peu « merci » à Papa !

On dit qu’il n’a pas fait tout ce qu’il eût dû faire.
C’est possible; après tout, nul n’est parfait sur terre.
Et pourtant, si Papa n’était jamais venu;
Où serait l’Algérie; chers messieurs de l’O.N.U.

Car avant que Papa n’invente l’Algérie,
La contrée s’appelait vaguement « BARBARIE »…
Souviens-toi, Mohammed! On y crevait de faim!…
Il me semble, à présent, qu’on s’y porte assez bien.

« Merci Papa « …Les gosses mouraient comme des mouches.
Or, Fatma, de nos jours, sait comment on accouche.
« Merci Papa »…Sans lui, cette population
N’aurait pas augmenté, je pense, par millions.

Te souvient-il des oueds où buvaient quatre chèvres
Et de ces grands marais où l’on crevait de fièvres ?
Regarde le jardin nommé « Mitidja »!
« Merci Papa! Merci Papa! Merci Papa! »

C’est lui qui vint bâtir ces villages, ces villes,
Et de l’école, aussi, t’apprit l’usage.
Il n’y a pas d’école partout!
Peut-être, mais avant, il n’y en avait pas du tout.

Au temps d’Abd-el-Kader les universitaires
N’existaient pas sur cette terre,
Et si Papa, toujours, n’avait pas mis du sien
Monsieur Ferhat Abbas serait-il pharmacien ?
Monsieur Ferhat Abbas, s’il n’était pas mort de fièvre
Irait pieds nus, sans doute, et garderait les chèvres
Je suis ravi qu’il soit habillé, comme moi.
Mais un peu de pudeur ! Un peu de bonne foi !

Etre civilisé comprend la politesse.
Savoir dire « Merci » n’est pas une bassesse.
Et si Papa n’est point toujours parfait,
Est-ce une raison pour oublier ce qu’il a fait ?

L’Algérie de Papa recule dans l’Histoire.
Admettons; mais Papa ne s’en va pas sans gloire…
Et si toi, Mohammed, quand il est arrivé;
Tu ne te nourrissais que des fruits du palmier;
Les temps ayant changé, maintenant que tu manges
De la viande et du pain, sans compter les oranges.
Et puisqu’il est question de partager tout çà
Avec les héritiers de ce bon vieux Papa.
Crois-tu que ce serait bien délicat

DE NE LEUR LAISSER QUE… DES DATTES?

 

 

Ah! j'oubliais sur le poste il y avait un cadre antiparasite avec mon portrait avec de belles anglaises sur mes épaules agée de deux ans... Si dans les années 1950 les parasites étaient encore supportables dans le zones non industrialisées, le développement des industries et surtout des appareils ménagers allait rendre ces appareils inutilisables sans un système antiparasite.

J'ai fini par tourner le gros bouton et je suis tombé sur une radio qui à la fois me captivait et dont je ne comprenais bien peu le discours, une radio sans réclame et sans chanson, c'était Radio-Sorbonne qui m'a donné, je m'en rend compte maintenant, le goût de France-Culture qui ne m'a jamais quitté.

 

 

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Jean Lebrun

 

 

En écoutant une émission d'une série passionnante diffusée sur France-Culture, Mythologie de poche de la radio, dont l'invité est Jean Lebrun, un prince de la radio, je m'aperçois que j'ai les mêmes souvenir d'enfance que ce brillant producteur et animateur de radio que j'ai eu la chance de rencontrer lorsque j'ai acheté les droits d' une émission qu'il avait produite pour qu'elle figure en bonus d'un dvd que j'éditais, Lan yu de Stanley Kwan... A cette occasion j'ai découvert la tête d'une voix qui m'était si familière.

 

 

Les années passaient et à onze ans j'eus mon premier transistor. C'était les débuts d'Europe n° 1, mais c'est seulement quelques années plus tard que je fus un fidèle de cette station dont l'émission Campus accompagnait mes soirées studieuses d'étudiant. C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai réentendu pour la première fois depuis des années, la voix de Michel Lancelot dans l'émission que la série de France-Culture consacre à Campus. 

 

 

 

Michel Brillié, le réalisateur de Campus dit que Michel Lancelot n'était pas de gauche, alors qu'en regard des artistes avec lesquels il s'entretenait, Brassens, Léo Ferrè, Brel, on aurait pu penser le contraire, mais une telle liberté de ton ne pouvait venir de gauche trop caporalisé par le marxisme dans ses multiples variantes...

J'écoutais aussi sur France-inter mais la station ne devait pas s'appeler ainsi à l'époque "Les maîtres du mystère" une émission de Pierre Billard. Chaque semaine, on pouvait écouter une dramatique policière qui était soit l'adaptation d'un roman, soit une histoire originale qui pouvait être signée de Pierre Boileau, Thomas Narcejac, Jean Cosmos ou encore François Billetdoux.

 

  Michel Lancelot

 

Dans l'émission sur Jean Chouquet, que vous pouvez écouter en cliquant sur son intitulé, José Artur évoque le temps où la radio nationale avait une véritable troupe de comédiens, il en était de même pour la télévision et c'était souvent les mêmes mais contrairement à ce que l'on pourrait penser aujourd'hui, les distributions à la radio étaient plus prestigieuse que celles de la télévision... Les voix de Jean Topart, Jean Négroni, Georges Aminel ... sont pour moi de véritable Madeleine. Dans cette émission on peut entendre une désopilante pochade jouée par Roger Carel, Jean Rochefort et Parédes.

 

Certaines émissions, lorsque je ne les écoute pas grâce au podcast, sont indissociables d'une journée, puisqu'elles sont généralement hebdomadaires, et surtout d'un moment et d'une activité qui s'y rapporte, car ce qu'il y a de merveilleux avec la radio c'est que l'on peut l'écouter tout en faisant autre chose; ainsi je me rase soit en écoutant Finkielkraut soit en écoutant "Concordance des temps" de Jean-Noel Jeanneney qui confronte avec un historien invité passé et présent.

 

Ce sont peut être les émissions de Bertrand Jérôme, l'inventeur des "Papous dans la tête, qui m'ont apporté le plus de joie et c'est grâce à celles-ci que j'ai découvert Pérec, Roussel... et retrouvé Pierre Gripari.

 

De toutes ces émissions passées, celle qui me manque le plus, qui a été le moins remplacée et qui pourrait réapparaitre demain sur France-Culture sans qu'elle paraisse avoir vieilli c'est le très regretté rendez vous du midi qu'était pour moi le panorama. Le 21 février 1998, Michel Bydlowski, producteur du Panorama de France Culture se donnait la mort en sautant depuis son bureau du 6ème étage de Radio France, peu de temps après avoir animé une dernière émission. Plus de dix ans plus tard, je me souviens comme j'avais été horrifié en apprenant cette nouvelle. Je n'ai pas  oublié ni son talent, ni la qualité de l'émission. Cette émission était suivi des Décraqué de Bertrand Jérôme l'ancêtre des papous. Je me souviens de certains intervenant que depuis j'ai un peu perdu de vue comme Roger Dadoune qui m'éblouissait de sa culture et me faisait souvent rire. Il y avait aussi Jacques DuchateauPascale Casanova, Nadine Vasseur, Antoine Spire qui lui m'agaçait beaucoup à cause de son sectarisme et qui est pourtant un de ceux qui me manque le plus paradoxalement car il avait dans ses émissions, je pense à "Staccato", des angles de vue que l'on a plus retrouvé à la radio.  

 

Pierre Descargues

 

Je me souviens du temps où Pierre Descargues organisait sur France Culture les échanges entre auditeurs des cassettes des émissions qu'ils avaient enregistrées. Et si Radio-France comme l'INA créait un site (mais beaucoup plus convivial que celui de l'INA, ce qui ne devrait pas être difficile...) où l'on pourrait écouter, si possible gratuitement ou pour quelques euros, des anciennes émissions, celles de Pierre Descargues par exemple, lui qui a visité les ateliers de presque tous les peintres qui ont compté dans la seconde moitié du XX ème siècle... 

 

Nota

1/ un site indispensable pour tous les amoureux de la radio: http://radiofanch.blogspot.com/. Il est bien sur dans mes liens à visiter.

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couché de soleil sur les ruines du temple d'Apollon à Naxos

22 Juillet 2025, 06:35am

Naxos, juillet 2020, photo B.A

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THIERRY PORTRAIT D'UN ABSENT

22 Juillet 2025, 06:35am

Peut-être que cher lecteur êtes vous dans mon cas et que demain il vous arrivera le même bonheur qui vient de me toucher. Hier encombré par une kyrielle de VHS que je ne regardais plus, celles-ci étant "ramassées" dans de grands cartons, suite à mon déjà ancien déménagement, elles s'empoussiéraient tout en s'humidifiant. Je me suis décidé, équipé d'un enregistreur sur disque dur de transformer ma copieuse vidéothèque en non moins copieuse dévédéthèque. C'est un travail de longue haleine qui commence par l'émondage de la vidéothèque en supprimant les titres en VHS dont on a déjà les dvd. Ce qui m'a rempli deux grandes poubelles. Ensuite on pioche dans le tas et la transmutation commence; mais la mise sur dvd n'améliore en rien la qualité VHS, (donc transmutation est un mot bien mal choisi) mais cette opération a pour effet de diviser l'encombrement de votre filmothèque par 8! si vous faites le transfert à vitesse normale, ce que je vous conseille. Or donc, ce matin je suis tombé sur une merveille que je n'avais pas oubliée mais  revue depuis des années, il s'agit d'un documentaire passé sur Arte en 1994. C'est d'ailleurs ce genre de programme qu'il faut préserver en priorité car lorsqu'on reçoit les chaînes du câble avec un peu de patience on peut récupérer presque tous les films et les enregistrer directement en dvd d'une qualité bien supérieure au repiquage d'après VHS. Le piège lorsque l'on fait cette opération c'est de se mettre devant le programme en cours de recopie c'est ainsi que j'ai redécouvert:
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Thierry portrait d'un absent de François Christophe, un formidable documentaire de 55 mn qui est la conjonction de trois hasard. En 1990 François Christophe étudie à la Femis. Alors qu'il filme les SDF du métro pour un court métrage d'école, il rencontre Thierry, un vagabond vindicatif aux lèvres aussi gercées que son passé. Ils s'entendent bien et l'édudiant décide de faire un film entier sur lui. Il lui fixe un rendez-vous pour l'année suivante. Entre temps le mélange d'alcool et d'héroine tue le clochard. Il est retrouvé mort à 34ans dans un petit hôtel d'Avignon. Le jeune réalisateur apprend en même temps la mort de son sujet et qu'il avait fait l'objet d'un reportage télévisé de Bernard Bouthier  lorsqu'il avait 15 ans. Lorsque François Christophe découvre ses images, il est bouleversé comme chaque spectateur le sera en découvrant son film où il tricote habilement les images de 1972 avec celles prises furtivement juste avant la disparition de Thierry et avec les interviews de ceux qui l'ont connu. Il y a de l'hommage au jeune rebelle brûlé par la société dans sa démarche. Il retrouve sa mère, son frère, un prêtre ami, des magistrats. Tous évoquent le défunt, mélange de révolte goguenarde et d'autodestruction. Comment ne pas avoir le coeur , nous qui connaissons son destin, devant ce garçon de 15 ans aux lèvres pleines, à la tignasse drue qui rêvait d'être juif <>, qui confondait Jeanne D'Arc et Marie Antoinette, pleurait sa chienne emporté par le cancer, refusait d'imaginer un monde meilleur parce que << si on imagine on devient con>>. On en  a tous rencontrè de ces garçons qui ne peuvent resté enfermés et que le sirop de la rue telle la sirène maléfique appelait  à se perdre.  Il ne faut pas se le cacher  "Thierry portrait d'un absent  réveillera  la mauvaise  conscience de presque tous ses spectateurs. 
François christophe ne juge jamais les protagonistes de cette histoire. Il nous donne à seulement à entrevoir l'implacable mécanisme qui a conduit à ce naufrage dont l'amour maternel reste le seul rescapé. On oubliera pas les doigts de cette vieille femme enserrant le médaillon contenant  une minuscule photo de son fils, <> dit elle inconsciente du double sens de ses paroles. Elle se remémore son ptit gars et déchiffre les cartes postale qu'il lui envoyait quand il faisait la route 'Espagne ou de Biarritz, toujours du sud et qui se terminait invariablement je t'embrasse partout, ce qui génait la pauvre femme... Jamais il y a chez le réalisateur  d'opportunisme  sentimentaliste  même si parfois on ne peut s'empécher de se sentir mal  à l'aise d'être rentrée dans l'intimité d'un homme qui ne voulait pas faire partager sa déchéance.  Son travail  est une caresse à rebrousse poil, un beau tombeau pour  ce funambule enterré dans le carré des indigents, un hommage respectueux  à celui qui vécu dans un éternel refus du monde. Après avoir vu ce film bouleversant on regarde différemment le SDF que l'on croise parceque "Thierry portrait d'un absent"  a su  restituer son histoire à l'un de ces anonymes échoués que le passant pressé, emmuré dans son confort, ne voit plus.
 

 

COMMENTAIRES Lors de la premiere edition du billet

Nous avons ce reportage en cours d'SES et 4 ans après nous nous en souvenons encore!
Bisous partout.
COMMENTAIRE N°1 POSTÉ PAR ELODIE LE 19/12/2011 À 15H02

C'est un film si émouvant et si juste qu'on ne peut pas l'oublier 

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS LE 19/12/2011 À 15H41
Oui, c'est un très beau film. J'ai connu Thierry et je me souviens de la réalisation du film, j'aimerais beaucoup me le procurer, comment est-ce possible ?
Quelqu'un saurait-il ce qu'est devenu François Christophe ?
COMMENTAIRE N°2 POSTÉ PAR SIMON AVANT-HIER À 13H49

Si vous voulez je peux vous envoyer une copie contactez moi par mail à bernar.a@wanadoo.fr 

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS AVANT-HIER À 15H06
 

 

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Boudin au Musée Marmottan-Monet (5 et fin)

21 Juillet 2025, 07:53am

Paris, juillet 2025, photo B.A.

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LES GARÇONS DU TROCA

21 Juillet 2025, 06:33am

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 Paris, mai et juin 1985

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Pour se souvenir de SOUVENIRS D'UN GRATTEUR DE TÊTES DE BERNARD PIVOT AU THÉÂTRE DU ROND-POINT

21 Juillet 2025, 06:31am

 

Hier soir (11 avril 2012), j'étais chez Pivot, comme disaient les écrivains, il y a presque vingt cinq ans, enfin seulement spectateur parmi les cent cinquante qui étaient au Théâtre du Rond-point. Le véritable maitre des lieux, espérons encore pour longtemps tant sa programmation est libre, Jean-Pierre Ribes en préambule a dit tout le plaisir et l'honneur qu'il avait accueillir dans ses murs celui qui durant vingt ans fut le grand prescripteur des lectures des français. Tout timide il s'est avancé sur la scène que meublait un décor imitant celui de la toujours regrettée émission « Apostrophe », costume gris, impeccablement coupé sur chemise blanche, plus mince qu'en mon souvenir, la chevelure neigeuse et une jambe légèrement trainante. Je le voyais en vrai, celui dont j'essayais de ne jamais manquer ses rendez-vous du vendredi soir (d'autant qu'au début c'était avant le magnétoscope!). Durant une heure et quart Bernard Pivot, d'une voix plus fluette qu'à la télévision, va nous enchanter en lisant un choix d'extraits de ses livres, il s'est excusé d'en avoir écrit si peu. Il lit tantôt devant un pupitre, tantôt assis dans un des fauteuils dans lequel il s'asseyait sur le plateau d' »Apostrophe ». On avait l'impression d'être au coin d'un feu et d'avoir demandé à un ami écrivain de nous lire les morceaux les plus succulents de ses livres (il fait une seule infidélité à ses écrits en lisant une page succulente d'Antoine Blondin). Et puis sans doute de crainte de lasser son auditoire, il alterne ses subtiles et néanmoins légères considérations sur les mots avec ses souvenirs de jeunesses dans lesquels Bernard Pivot nous parle avec une sensuelle pudeur de son amour des femmes et ses admirations pour les grands écrivains comme Marguerite Yourcenar, Nabokov, Soljenitsyne... que longtemps il a côtoyé professionnellement. J'ai découvert derrière le généreux passeur de nos lettres un écrivain entre Claude Hagège, pour la passion des mots et Alexandre Vialatte pour la malice et la justesse de la chose vue et vécue. Quand la lumière est revenue après les applaudissements sous le charme, les spectateurs, comme Bernard Pivot ne savaient pas comment partir.

 

COMMENTAIRES Lors de la première édition de ce billet

Bonjour-Pour ma part, j'ai toujours trouvé Pivot supérieur à Chancel, comme "passeur" ( ceci dit, personne n'a jamais surpassé Serge Daney ;-) )
Merci pour vos billets
COMMENTAIRE N°1 POSTÉ PAR BRUNO IL Y A 4 JOURS À 14H40

Pivot a une humilité que n'a jamais eu Chancel qui comme la plupart des gens de média n'écoute pas vraiment la réponse à leurs questions et d'autre part il y a un amour de la littérature chez Pivot que ne possède pas Chancel. Quant à Daney que j'apprécie beaucoup s'il fut en effet un grand passeur, il avait néanmoins une sécheresse intellectuelle qui souvent me gène, due sans doute à un mal vivre que semble ignorer Bernard Pivot. 

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS IL Y A 4 JOURS À 15H40

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