En se promenant à Paros
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Paros, juillet 2020
un regard sur les arts et les lettres
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Paros, juillet 2020
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Paris, juillet 2025
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juillet 2020, photo B.A
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Paris, été 1982
Fiche technique :
Avec Paul Bartel, Sean P. Hayes, Brad Rowe, Richard Ganoung, Meredith Scott Lynn, Sean Hayes, Matthew Ashford, Armando Valdes-Kennedy, Carmine Giovinazzo, Holly Woodlawn, Mark Allen Andreson et Bonnie Biehl. Réalisation : Tommy O’Haver. Scénario : Tommy O’Haver. Directeur de la photographie : Mark Mervis. Compositeur : Alan Ari Lazar.
Durée : 92 mn. Disponible en VO et VOST.
Résumé :
Billy, photographe provincial, débute à Hollywood. Son projet est de réaliser une série de photographies mettant en scène les baisers de cinéma les plus célèbres de l'histoire d'Hollywood. Mais cette fois, la distribution serait exclusivement masculine. Apres avoir fait le tour des drag-queens, Billy trouve enfin celui qu'il cherchait : Gabriel, un jeune et beau musicien fraîchement arrivé de Los Angeles. Cependant une question le taraude. Gabriel est-il gay ou hétéro ?
L’avis critique
Billy’s Hollywood... est la preuve que le cinéma gay a désormais tous les droits aux USA (du moins lorsqu'il demeure consensuel). Le film de Tommy O’Haver a été tourné en scope et suinte le fric dans ses moindres recoins.
Billy (Sean P. Hayes) vit à Los Angeles et traverse une phase difficile : il ne trouve pas de travail et cherche sans succès le grand amour. Heureusement, un ami lui commande une série de photographies liées au glamour hollywoodien mais transposées sur le mode "camp", c’est-à-dire avec des modèles strictement masculins (ou travestis).
Billy voit alors en Gabriel (Brad Rowe, clone transparent de Brad Pitt), un beau serveur, l’interprète idéal de ses clichés... et de ses fantasmes. Mais Gabriel a toutes les apparences d’un hétéro : que va devenir notre pauvre héros ?
Billy’s Hollywood... joue à fond la carte de l’esthétique homosexuelle basique, cet univers réducteur auquel tout artiste gay, selon le grand public, se doit d’être affilié et que Tommy O’Haver a naïvement pris à son compte. De ce point de vue là, le spectateur n’est pas déçu : le film déballe son quota réglementaire de drag-queens impeccables, de couleurs flashy, de musique tendance ABBA, de corps musclés et imberbes, de plages ensoleillées, d'artistes toujours bien sapés sans l'ombre d'un souci financier.
Tout cela verni par une volonté de renouer avec la grande comédie romantique de l'âge d'or hollywoodien. Mais même dans ce cadre, le film ne remplit que moyennement son contrat : rythme bancal, personnages et situations prévisibles, entractes oniriques assez répétitifs (tout comme l'idée de narration par les polaroïds, séduisante au départ, mais trop systématique).
On se met alors à rêver d'un souffle subversif, d'un regard critique à la Araki (le L.A. de Nowhere était autrement plus passionnant). En vain : tout, dans Billy's Hollywood..., est polissé et flatte le spectateur dans le sens du poil. La vacuité n'est pas toujours désagréable (cf. Le Mariage de mon meilleur ami), mais elle requiert un minimum de talent.
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Les arbres de fer
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une galerie commerçante
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La cascade de l'aéroport
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Singapour, mars 2025, photo B.A
A la fin des années 1840, Thomas, 13 ans rencontre John, environ 14 ans, dans un bosquet au milieu des marais dans le Missouri. Les deux garçons s’y sont abrités d’un violent orage. Entre eux, c’est le coup de foudre. Sous les gouttes nait un amour pour la vie. « Des jours sans fin » est d’abord l’histoire d’un amour entre deux hommes au far-west: "John Cole était mon amour, tout mon amour était pour lui...". C’est Thomas qui raconte, une quarantaine d’années après leur rencontre, leur extraordinaire histoire. On peut imaginer qu’il nous parle attablé dans un saloon, une pinte de bière devant lui. La narration est néanmoins faite à la troisième personne, souvent en langage parlé. Le ton employé est parfois détaché, candide ou encore innocent, souvent en décalage avec les horreurs qui nous sont racontées. Thomas ne semble , du moins dans les premiers deux tiers du récit, jamais s'émouvoir de rien sinon de la vie et de la santé de son beau partenaire. Chacun prenant soin de l'autre et n'existant que pour lui. Ces deux-là traversent le pire de l'Amérique en construction, avec une certaine placidité. On peut se douter que le travail de traduction pour Laetitia Devaux n’a pas été simple.
Thomas a été chassé d’Irlande par la famine, John a pris la route pour fuir la misère de la Nouvelle-Angleterre. La faim sera présente durant presque tout le livre. Les deux adolescents trouvent un engagement auprès d’un tenancier de saloon dans un village de mineurs. Voyant les deux garçons il a l’idée de les habiller en filles pour que le soir ils fassent danser les ouvriers. Il n’y a pas de femmes à des kilomètres à la ronde. C’est un succès. Danser et pas plus, pour éviter les débordements le patron du saloon a son fusil bien en évidence sur le comptoir: << Vous imaginez pas à quel point la loi est clémente en Amérique pour un propriétaire de saloon qui tue des mineurs. Le temps passe mais bientôt Thomas et surtout John en grandissant malgré les fards ne peuvent plus faire illusion. Le patron du saloon est obligé de mettre fin à leur emploi. Quel autre solution a pour survire les deux garçons que de s’engager dans l’armée?
Ceux qui ont l’image des tuniques bleues de Rusty et Rintintin, je sais, je parle d’un temps que les moins de soixante dix ans ne peuvent connaitre, ou même des films de John Ford, ou même encore des Tuniques bleues de Cauvin et Lambil même si eux sont arrivés à suggérer toute l’horreur de la guerre derrière l’humour et les couleurs acidulées, vont prendre une sacré claque. Dans les 200 pages qui suivent on passe des guerres indiennes à la guerre de sécession et l’amour entre Thomas et John est toujours aussi fort au milieu des massacres.
"La Bible a pas été écrite pour nous, ni aucun livre. On est peut-être même pas des humains, puisqu'on rompt pas le pain céleste. Pourtant, si Dieu essayait de nous trouver une excuse, il pourrait invoquer cet étrange amour parmi nous. C'est comme quand on cherche dans l'obscurité, qu'on allume une lampe et que la lumière vient à notre rescousse. On découvre des objets ainsi que le visage d'un homme qui est pour vous comme un trésor déterré. John Cole. Une sorte de nourriture."
On commence par l’extermination des indiens car c’est bien d’un génocide qu’il s’agit. L’armée à la demande des colons doit débarrasser les terres des indiens; pour cela les soldats les tuent femmes et enfants compris. Le plus souvent ils les embrochent à la baïonnette. Sans surprise les indiens ne se laissent pas faire quand ils ont le dessus ils coupent les soldats et les colons, femmes et enfants itou, en deux, à la hache; chacun sa méthode. Mais plus que les indiens l’ennemi de la tunique bleue c’est la faim. Il y a bien sur les bisons, belle description d’une chasse de ces grosses bêtes mais les tuer n’est pas sans risque la moindre inadvertance et le chasseur est transformé en carpette. Sans oublier les périls naturels, la chaleur torride, le froid glacial, le feu, les inondations, il y a le récit hallucinant d’un fort ravagé par les flots parce que construit stupidement dans une cuvette. La vague déferlant des collines engloutit le tiers des tuniques bleues soit cent soldats! Thomas, le narrateur, décrit tout à la fois les combats sanguinaires, la rage et la haine qui peuvent habiter certains soldats, l'absurdité de la guerre mais aussi la bonté et la générosité de certains hommes, la splendeur des paysages…
Après avoir massacré les indiens, les blancs vont se massacrer entre eux. John et Thomas, qui appelle John son galant, sont du coté de l’Union de monsieur Lincoln. La guerre de sécession commence en 1861 et va durer quatre ans. Je rappelle ces dates car dans le roman rien n’est daté, peut être parce que Thomas et John ne connaissent pas vraiment leur date de naissance! Des jours sans fin est un roman du temps flou. Environ un an avant la fin des hostilités les deux hommes sont fait prisonnier après la débâcle de leur armée dans le Tennessee. Avec leurs camarades ils sont conduits, à marche forcée, dans le sud jusqu’à un camp de prisonniers qui ressemble au camps de concentration de la dernière guerre. Les hommes y meurt de faim par dizaines. Le couple en réchappe. La guerre finie John et Thomas vont être entrainés dans un drame que je n’hésiterais pas à cataloguer de shakespearien. Le western alors se mue en drame intimiste. Mais je vous en ai déjà trop dit. Il sera difficile dans la dernière partie du roman de n’être pas submergé par l’émotion.
L’homosexualité dans « Des jours sans fin » n’est jamais un problème pour les deux protagonistes de cette épopée, c’est même la solution, une évidence. Ils parviennent même à se marier. Il suffit de trouver un pasteur bigleux: «Alors j'enfile ma plus belle robe, et John Cole et moi, on se rend là-bas pour échanger nos vœux. Le révérend Hindle déclame les belles paroles, John Cole embrasse la mariée, et qui y trouvera à redire.» Si le récit est centré sur John et Thomas il fourmille aussi d’autres personnages inoubliables très bien campés.
Même si l’écriture est retenu, cette grandiose épopée n’est pas pour les âmes trop sensibles. Je crois que je n’ai rien lu d’aussi âpre depuis ma lecture d’A l’ouest rien de nouveau » il y a presque soixante ans. Mais par l'écriture et par les réflexions de Thomas, c'est à Céline que l'on pense. Cette dureté est renforcée par le ton souvent détaché du narrateur qui en recherche de son identité sexuelle, il se sent apaisé lorsqu’il porte une robe, n’est pourtant non dénué d'états d'âme.
Sebastian Barry s'est inspiré du destin d'un arrière-grand-oncle, dont la magnifique photo orne la couverture (dans l’édition en grand format mais pas pour l’édition en poche), pour nous raconter l'histoire de Thomas McNulty et de John Cole.