Hockney à la Fondation Vuitton (5 et fin)
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Hockney s'est aussi intéressé à la vidéo
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L'exposition offre à ses visiteur dans une salle une projection mise en musique des décors d'opéra réalisés par l'artiste.
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Paris, juillet 2025, photo B.A
un regard sur les arts et les lettres
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Hockney s'est aussi intéressé à la vidéo
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L'exposition offre à ses visiteur dans une salle une projection mise en musique des décors d'opéra réalisés par l'artiste.
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Paris, juillet 2025, photo B.A
Comme vous l'avez sans doute remarqué si vous êtes un ou une fidèle de ce blog, j'ai une préférence pour les artistes gays, gais d'où ma gourmandise envers les oeuvres de Pierre et Gille. Télémaque est seulement gai, du moins sa peinture et c'est très bien comme cela. Je réitère une fois de plus que l'on est pas obligé en peinture comme ailleurs, sous le prétexte que l'on aborde des sujets graves de faire sinistre ou moche. On sortira donc de la rétrospective Télémaque avec le sourire.
L'artiste natif d'Haiti s'est surtout formé à New-York ce qui explique certaines réminiscences de Rauschenberg dans une partie de son oeuvre mais il a assez rapidement quitté la grosse pomme pour s'établir en France où il a rallié la mouvance de la figuration narrative. On peut ainsi déceler dans certains de ses tableaux des ressemblances avec ceux de Fromanger ou d'Erro. Le fond de son oeuvre est autobiographique comme cet autre haïtien qu'était Basquiat.
Il m'arrive souvent de trouver les rétrospectives trop longue et redondantes, ce n'est pas le cas cette fois. Dans cette présentation strictement chronologique, bel accrochage, bien aéré, il y a quelques trous, même si l'essentiel y est. On aurait aimé que le menu soit un tout petit peu plus copieux.

La première exposition de la Maison de l'histoire de France (qui risque, au train où vont les choses, d'être la seule) est une belle réussite. Elle présente seize plans-reliefs de villes. Ils proviennent des réserves du musée des Invalides. Ils font partie des 260 plans en relief, dont il demeure une centaine. Ils ont été réalisés entre 1668 et 1873. En 1668, Louvois, ministre de la guerre de Louis XIV passe commande du plan relief de Dunkerque. Cette commande fera école jusqu'à l'époque de Napoléon III. Les villes ainsi transformées en maquette au 1/600 ou au 1/400, sont essentiellement des cités fortifiées qui sont situées aux frontières de la France, parfois ce sont des conquêtes récentes. Certaines ne sont plus aujourd'hui dans le territoire nationale. Ces maquettes permettaient de voir les points faibles des défenses des villes et ainsi de les renforcer. Elles nous racontent deux siècles d'architecture militaire.
On est éberlué par la qualité d'exécution de ces objets qui en fait des oeuvres d'art. L'équipe qui s'attelait à leur élaboration ne semblait pas avoir de limites dans la reproduction des détails, par exemple y sont figurées les cabanes de jardin dans une propriété! Pour une fois la maniaquerie militaire a eu du bon car si elle n'a pas beaucoup fait avancer, par sa soif absurde de détails, l'efficacité des fortifications, elle a légué à la postérité ces merveilles.
Avant de fabriquer la maquette on envoyait des ingénieurs militaires et des topographes faire des relevés précis mais aussi des dessins des façades des bâtiments bordant les rues, ainsi il ne manque pas une fenêtre aux maisons. En témoignent quelques reproductions, trop rares à mon goût, de ces travaux préparatoires. On voit même des aquarelles faites avec beaucoup de talent destinées à renseigner les artisans qui vont fabriquer les plan-relief sur la couleur par exemple des montagnes. On leur fournissait également des échantillons de terre! Sont figurées avec beaucoup de minutie les cultures, il ne manque pas un cep de vigne, car celles-ci pouvaient aider l'ennemi à tenir le siège.
On peut voir les plans-reliefs des villes suivantes: Fort-Barraux, Montmélian, Exilles, Fenestrelle, Embrun, Grenoble, Briançon, Mont-Dauphin, Besançon, Neuf-Brisach, Strasbourg, Luxembourg, Berg-op-Zoom, Saint-Omer, Cherbourg et Brest.
Les plans sont composés de tables en bois de chêne qui s'ajustent comme un puzzle. Des lames de bois, de différentes épaisseurs, restituent les accidents du relief, qui est ensuite affiné à l'aide de papier mâché. L'eau est figurée par des aplats de peinture à l'huile. La surface des sols est obtenue par pulvérisation de sable fin sur un lit de colle. Pour la végétation a été utilisée de la soie, finement hachée pour les prairies ou en fines chenilles enroulées autour de fils de fer pour les arbres et autres bouchures. Les maisons sont taillées dans du bois de tilleul. A l'entrée de l'exposition on voit dans une vitrine, burins et emporte-pièces nécessaires pour ces opérations de sculpture. Chaque maison est ensuite peinte ou recouverte de papier gravé. Afin que les raccords entre les tables ne soient pas trop visibles, les contours des différentes tables épousent les lignes des éléments paysagers, routes, rivières...
Certains plans comme celui de Strasbourg a été actualisé jusqu'en 1870. On y voit la gare... Certaines "miniatures" sont immense, celle de Cherbourg fait 160 m2.
On est particulièrement ému devant les représentationss de villes presque complètement détruites lors de la seconde guerre mondiale comme Cherbourg et Brest. Au niveau de ces villes l'exposition est sonorisée par des bruits de bombardement. Sur un écran sont projetées des images d'avions pilonant la ville.
Un système de miroirs et de passerelles, des longues vues permettent une vision globale et en détail des plans. Les cartels qui racontent l'histoire des plans et par la même occasion celle des villes et des guerres qui ont amené à ces fortifications, sont clairs et concis. Lors du vernissage les photographies étaient autorisées, j'espère qu'il en sera de même ensuite. La boutique vend de beaux catalogues et de jolies cartes postales.
Montmélian

Fenestrelle

Fenestrelle




Embrun
Embrun
Mont-Dauphin
Mont-Dauphin
Grenoble
Grenoble
Grenoble
Neuf-Brisach

Strasbourg
Strasbourg

Luxembourg
Saint-Omer
Saint-Omer
Cherbourg

Brest
Paris, janvier 2012

Après la visite de l'exposition Marcel Storr dont je vous ai parlé récemment (Marcel Storr, bâtisseur visionnaire ) , il ne faudrait pas croire que tous les marginaux qui ont passé leur vie à remplir des feuilles de papier dessin ou a confectionner des choses étranges, difficiles à nommer entre sculpture et installation, ont du génie ou même du talent l'exposition de la revue Hey! à la Halle Saint Pierre en est une bonne démonstration. En revanche il est extrêmement rare que dans une telle manifestation, disons d'art brut ou d'art modeste (pour reprendre la dénomination du fort intéressant musée qui porte ce nom et qui est situé à Sète, on ne tombe pas sur un travail époustouflant dont on avait jamais entendu parler, l'exposition de la revue Hey ne fait pas exception à cette heureuse règle en plus elle permet pour je crois la troisième fois en France de voir des dessins de Darger (la première fois c'était il y a quelques années au forum des halles et la seconde à La Maison Rouge) et merveille des merveille donne l'ocasion de voir, ce qui n'arrive pas tous les jours même pour l'arpenteur invétéré de musées et de galeries quatre tableaux de Clovis Trouille. Il faut donc se précipiter Halle Saint Pierre avant le 4 mars.
Prévenons tout de même que de nombreuses pièces relèvent d'un art morbide et de la fascination pour la tripaille sanglante largement étalée, ne goutant pas particulièrement ces deux spécialités, elles ne sont pas présentes dans cet article. Mais les amateurs de cabinets de curiosités baroques devraient être comblés. Certaines de choses qui m'ont mis mal à l'aise ne sont pas pour autant dénué de talent, comme les toiles de Chris Mars, un exemple de ses tableaux immédiatement ci-dessous.

L'intérêt et le défaut de cette exposition est d'être une auberge espagnole. Les oeuvres viennent des quatre coins du monde avec une représentation importante d'artistes français et américains mais il y a aussi des méxicains, taiwanais, coréens, suisses, hollandais... Les exposants sont issus de différents horizons artistiques, art brut, tatouage (Guy LE TATOOER), la photographie (Pierre MOLINIER), street art, bande-dessinée (David B.)... Chronologiquement on va du début du XX ème siècle jusqu'à hier. La variété des supports est incroyable : des outils de tatouage, des tasses, des figurines en porcelaine, des bras tatoués... Il y a aussi des supports plus traditionnels comme la toile et le papier qui accueille par exemple les beaux et énigmatiques dessins de Jean-Luc Navette.

Jean-Luc Navette
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Jeff Sotto
On ne voit pas très bien ce que fait là Erro (voir immédiatement ci-dessus) même si je suis toujours heureux de voir de ses oeuvres, pas plus que DiRosa ou Combas qui auront du mal à passer pour des artistes marginaux. Le second est représenté par une toile très forte (c'est en dessous à la droite on voit deux toiles d'Anne Van der Linden ) presque entièrement en noir et blanc.
L'exposition est clairement scindé en deux. Pour accéder à la partie sombre dans tous les sens du terme, c'est au rez de chaussée, il faut passer une petite porte protégée par un rideau et immédiatement le visiteur pénètre dans l'étrange. Le premier étage sous la belle verrière de cette halle de Baltard, présente des pièces plus lumineuse mais tout aussi bizarres.

La revue Hey! comme l'exposition est l'oeuvre d'Anne & Julien qui travaillent en binôme. HEY! est une revue objet créée par ces deux activistes des milieux culturels.

Ce qui m'a fait sortir de ma tanière c'est il faut dire la possibilité de voir des oeuvres d'Henry Darger. Aurons nous la chance un jour de voir à Paris un plus grand nombre de ses dessins. Sans aucun complexe voilà ci dessous l'article de Wikipédia sur Henry Darger (un peu augmenté tout de même), je n'aurais pa pu écrire mieux que j'ai illustré de reproductions captées sur la toile:
Du témoignage même de Darger, il fut bien traité par son père avec lequel il vécut jusqu'en 1900. Dans les temps précédents sa mort, ce dernier était trop faible pour s'occuper de son fils qui est pris en charge par l'établissement catholique qu'il fréquentait alors. Son comportement perturbe ses camarades qui ne tardent pas à le traiter de fou. Il parle seul, de manière irrépressible et inopinée. Il est probablement affecté par le syndrome Gilles de la Tourette. Persuadé d'avoir un don lui permettant de savoir quand les adultes lui mentent, il se montre très rétif à toute forme d'autorité. Sa pratique ponctuelle mais récurrente de l'onanisme en public (self-abuse comme le diagnostiquent pudiquement les docteurs qui l'examinent) finira par le faire interner en 1905. Il séjournera plus de 7 ans à l'Institut Lincoln (Illinois), réputé pour la sévérité des traitements que les internés y reçoivent. Il tenta de s’en évader à plusieurs reprises. C'est lors d'une de ces fugues, en 1908, qu'il est témoin d'une puissante tornade qui ravage alors le Comté de Brown dans l'Illinois. Ce cataclysme laisse des traces prégnantes dans l’imaginaire de Darger comme en témoigne le motif récurrent de la tempête à l’intérieur de ses tableaux.
À 16 ans, lors de sa troisième tentative d'évasion, il parvient à regagner Chicago. Il y trouve l'aide et le réconfort de sa marraine. Elle lui trouve un emploi de portier dans un hôpital catholique où il travaillera jusqu'à sa retraite, en 1963. Il commence alors à régler sa vie selon un emploi du temps immuable. Catholique dévot, il assiste à la messe jusqu'à cinq fois par jour. Il collectionne pour les amasser des détritus de toutes sortes (jouets, figurines religieuses, images de saints, chaussures, pelotes de ficelles, magazines et bandes-dessinées). Il consignait quotidiennement, dans un journal, l'état de l'atmosphère et les erreurs commises par les météorologues dans leurs prévisions. Cette vie de réclusion et de solitude est à peine infléchie par la seule amitié qu'on lui ait jamais connue et qui le lie à William Scholder. Tout deux s'investissent dans des œuvres de charité dédiées aux enfants abandonnés ou maltraités. Scholder décède en 1959.
De 1930 à 1973, Darger occupe la même chambre à Chicago, au 851 W Webster Avenue, non loin du Lincoln Center Park, dans le quartier de North Side. C'est là qu'il se consacre secrètement à l'écriture et à la peinture. Personne ne sait combien de temps lui ont demandé la composition de son œuvre. Outre les royaumes de l'irréel, il a rédigé son autobiographie (L'Histoire de ma vie, 5084 pages). Ce n’est qu’après sa mort que l’œuvre à laquelle il avait travaillé toute sa vie fut découverte. En 1973, Nathan et le Kiyoko Lerner, les propriétaires de l’appartement loué par Darger, mettent au jour les réalisations de l’artiste. Lerner est un photographe accompli et reconnu, ayant notamment travaillé pour le New York Times. Il perçoit immédiatement l'intérêt du travail de son locataire et se charge de créer une fondation destinée à mettre ce fonds en valeur. Il aidera beaucoup à la réalisation du documentaire de Jessica Yu sur la vie et l'œuvre de Darger.
Henry Darger est inhumé au cimetière All Saints de Des Plaines (Illinois), dans le carré réservé aux personnes âgées des petites sœurs des pauvres. Sur sa pierre tombale, il est décrit qu'il fut un artiste et un « protecteur des enfants ».
Son œuvre raconte les aventures des filles de Robert Viviam, les sept princesses du royaume Abbieannia. Celles-ci sont en proie aux attaques répétées et violentes du diabolique John Manley. À la tête du domaine de Glandelia, il menace de réduire en esclavage tous les enfants d'Abbienne. Les sept sœurs sont à la tête d'une rébellion acharnée, aidées par leurs légions de fillettes prêtes à en découdre. Parmi ces vaillantes nymphettes, le lecteur retrouve de géantes créatures aux ailes de papillons, les blengins. Leur corps couverts d'écailles se terminent en queues pointues. Le reste du bataillon se compose de jeunes filles prépubères, souvent nues et pourvues d'organes génitaux masculins. Nombre d'entre elles sont sacrifiées à la barbarie des hommes en uniformes de Manley. Elles sont souvent éviscérées, étranglées ou pendues. Toutes ces aventures se déroulent sur une vaste planète autour de laquelle gravite la terre, à la façon d'une lune. Elle est peuplée de chrétiens, la plupart catholiques.

Son écriture est directe. Les descriptions les plus crues peuvent aller jusqu'à laisser entendre au lecteur les rires forcées des fillettes se transformer en cris de souffrance. Son style comporte également de nombreux emprunts fleuris à la littérature victorienne.
Ses capacités de dessinateur étant limitées, Darger s'inspire des comics américains (Miss Muffet, Donald Duck ou little Annie Rooney) et les copie. Il les découpe, les fait agrandir et démultiplier au rayon photographie du bazar local. Une fois muni d'une infinité de formats, il les décalque pour former des compositions souvent très complexes, pourvues de nombreux plans. Il montre ensuite l'étendue de son talent de coloriste. Il manie les contrastes, sachant rehausser des palettes de tons fades, à certains endroits, par des couleurs éclatantes, des rouges sang ou des jaunes vifs.
Au début uniquement considérée par le prisme de l'Art brut, l'œuvre de Darger quitte progressivement son statut marginal. « Sa complexité thématique, sa sophistication technique et son amplitude narrative ont été mieux comprises. Elle occupe désormais une place singulière parmi les œuvres visionnaires les plus novatrices et les plus profondément personnelles du XXe siècle. ».
L’œuvre de Henry Darger est répartie entre différents musées, majoritairement nord-américains, notamment l'American Folk Art Museum et le MoMA de New York, l'Art Institute de Chicago, ainsi que le LaM de Villeneuve d'Ascq et la Collection de l'art brut de Lausanne. Elle a fait l'objet d’une exposition monographique à la fondation de Galbert, la Maison rouge, àParis durant l’été 2006. Un très beau livre a été consacré à l'oeuvre de l'artiste (reproduction de la couverture ci-dessous).
Ci-dessous, j'ai photographié (c'est bien sûr interdit) les dessins d'Henry Darger qui sont exposés à la Halle Saint-Pierre et qui donnent une bonne idée de son travail même si on est un peu frustré d'en voir si peu. Autre regret de voir qu'un des dessins des machines de guerre d'Alphonse-Eugène Courson dont à mon avis la vie ferait un film sensationnel.
Quelques installations assurent l'ambiance... En particulier celles qui se rapportent au tatouage qui tient une grande place dans l'exposition mais malheureusement les oeuvres qui s'y rapportent sont assez difficile à photographier. Dans une pièce à part sont exposées les belles images de tatoués de Titine K-Leu que l'on peut voir sur ma photographie suivante. L'une à l'honneur d'avoir été choisi pour être l'affiche de l'exposition, au début du billet.

Les curieuses sculptures de Kris Kuksi semblent des illustrations du kitsh Napoléon III, elles viennent pourtant d'Amérique.
Après le bonheur de voir le travail d'Henry Darger, j'ai connu une deuxième extase face à de superbes tableaux de Clovis Trouille.

J'ai quitté la caverne de l'exposition pour retrouver le soleil sous la verrière et en ce qui me concerne c'est à l'étage qu'on eut lieu les découvertes. En arrivant en haut de l'escalier le visiteur est cueilli par de grandes toiles très inquiétantes et linchiennes d'un certain Lin Shih-Yung un taiwanais sur lequel j'aimerais en savoir et en voir un peu plus...


Une autre surprise prend la forme d'un petit labyrinthe composé de planches elles mêmes faites de feuilles juxtaposées. Sur ces pages sont calligraphiées un sabir totalement incompréhensible, mélange d'anglais, de français et d'allemand qui serait une sorte de journal de l'artiste, Horst Haack, un allemand né en 1940 qui a entrepris ce travail depuis 1981. Il en serait à 6000 pages. Tout l'intérêt de cette oeuvre réside dans les magnifiques dessins qui ornent cette logorrhée de graphomane qui ne sont pas sans rappeler ceux de Roland Topor qui aurait eu toute sa place à la Halle Saint-Pierre de même que Gourmelin et Métropotamie. Vous pouvez à ce propos compléter votre visite par une visite à quelques billets du site: Pour se souvenir de Gourmelin au Centre Pompidou, pour se souvenir de Métropotamie (2)




S'il me parait difficile pour un visiteur d'aimer toutes les oeuvres qu'il rencontrera dans cette exposition qui a l'avantage de demander la même ouverture d'esprit qu'en ont les organisateurs.
Paris, janvier 2012
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Paris, juillet 2025, photo B.A

La belle affiche de l'exposition Paul Klee à la cité de la musique ne tient pas toutes ses promesses. Car s'il y a de nombreuses oeuvres, plus de 150, ce sont surtout des dessins, ce qui est un peu fâcheux pour cet artiste que je tiens surtout pour un merveilleux coloriste. Le lieu de l'exposition oblige, le thème de Paul Klee polyphonie est le rapport que Klee et sa peinture entretint avec la musique. C'est présenté de façon claire et pédagogique. Klee a hésité longtemps entre la musique et la peinture; d'ailleurs dans sa jeunesse, il a gagné sa vie comme violoniste dans un orchestre. A l'entrée on prête gratuitement un audio guide qui permet de suivre la visite accompagné des musiques que Klee a aimées, dans les interprétations qu'il a connues.
Si cette manifestation met bien en lumière la parenté de l'art de Klee avec celui de son ami Kandinsky mais aussi avec ceux d' Arp et Delaunay, elle vérifie les limites de l'artiste. Il me semble que ce qui a manqué à Klee pour être un aussi grand peintre que Kandinsky, c'est sa relative faiblesse artisanale. Sa peinture manque souvent de fini, alors qu'elle demanderait une exécution parfaite. Il reste néanmoins que Klee ouvrit bien des voies, à la peinture d'un Oscar Gauthier par exemple, en étant une sorte de pont entre l'abstraction lyrique et l'abstraction géométrique.



Paris, décembre 2011
Il me parait indispensable pour apprécier une oeuvre auto proclamée autobiographique, comme celle de Louise Bourgeois, d’avoir quelque empathie avec l’artiste. Et bien je n’en pas la moindre avec cette incontestable créatrice de forme. Rien n’est plus loin de moi que cette macération dans de vieilles haines recuites pour son père, que cette alternance de famille je vous aime, famille je vous hait, que ce repli sur soi nombriliste dans l’humidité féminine qui a pour conséquence semble-t-il à la longue le rejet de tous ses proches, que cette attirance morbide pour la décomposition et les reste avec pour curieux corollaire cet acharnement à vivre quelque en soit la douleur. De toutes ces obsessions Louise Bourgeois s’en repaît depuis près de soixante dix ans. Elles nourrissent son oeuvre et sont ses meilleures viatiques pour la postérité. J’aurais vu jusque là peu d’expositions aussi dérangeantes. Celle-ci l’est éminemment par la crudité des œuvres montrées et la totale impudeur de leur créateur. On a l’inconfortable sentiment d’être en présence d’objets rituels d’une religion dont Louise bourgeois serait à jamais l’unique grande prêtresse. Du fouillage névrotique de son inconscient a accouché une oeuvre aux expressions multiples dont la plus achevée est la sculpture mais donc l’unique sujet est Louise Bourgeois.
L’exposition rassemble dans trois espaces du Centre Pompidou près de deux cent pièces, peintures, sculptures, dessins, gravures, installations qui s’échelonnent sur une période allant de 1938 à 2007. On est accueilli dans le hall du musée par la grande araignée de bronze qui gambadait avec plus d’aisance dans celui de la Tate modern il y a quelques années... Au troisième niveau on trouvera ses dessins les plus récents, sortes d’exorcisme de la décrépitude alors que le gros de la rétrospective est au sommet du centre.
Comme elle le dit sans ambages toute son oeuvre est née des souffrances de l’enfance. Elle n’aura de cesse que de recréer par des moyens divers, ces années, pourtant selon elle malheureuses, en posant sur elles un regard morbide. Voilà la version officielle qu’est donné de son enfance. << A l’âge de 11 ans Louise Bourgeois dessine les parties manquantes des tapisseries que restaurent ses parents dans leur atelier de Choisy-le-roi. Elle grandit dans un univers féminin de couturières, parmi les pelotes de fils et les aiguilles. Sa mère pragmatique et “féministe” dirige le travail, tandis que son père collectionne les antiquités et court le jupon. Il introduit dans la maison sa maîtresse, une jeune anglaise engagée comme gouvernante auprès des enfants. Cette double trahison, qui met en péril l’équilibre familial, perturbe profondément la jeune Louise qui se sent manipulée par les adulte. Une faille s’ouvre...>>. Cette enfance et sa posture vis à vis d'elle à quelque chose à voir avec celle de Céline...
Voilà des fautes qui me paraissent bien bénignes pour avoir enfanté une telle haine du père qui se matérialisera en 1973, soit trente cinq ans après avoir quitté ce père honni, par la sculpture “The destruction of the father”; une figure aliénesque qui ferait passer les monstres de Giger pour des reproductions d’aimables animaux de compagnies. Devant cette pièce d’une force aussi incontestable que dérangeante on ne peut que soupçonner que la lisse biographie de la jeunesse ne soit que calembredaines. On pense immédiatement plutôt à une relation incestueuse entre le père et la fille faite d’attirances et de répulsions. Il faut tout de même rappeler qu’elle rencontre son futur mari, Robert Golwater un historien d’art spécialisé dans le primitivisme qui l’ emmènera à New York dans << la petite galerie qu’elle ouvre avec son père, boulevard Saint Germain>>.
On peut voir toute cette exposition comme un gigantesque exorcisme. On remarquera plusieurs petites figurines percées de clous...
La rétrospective fait silence sur les années françaises et la formation de l'artiste. Il me semble qu’il n’est pas pourtant inutile de savoir que Louise Bourgeois a fait des études de mathématiques à la Sorbonne de 1932 à 1935. A partir de 1936, elle suit des cours de dessin et fréquente l’Ecole du Louvre et les Beaux Arts de Paris.
Les début sont marqué par l’autoportrait (mais son oeuvre n’est elle pas qu’un autoportrait proliférant?) d’abord sous forme de dessins, cela sera la seule période où l’extérieur sera présent. Elle se représente volant au dessus d’un gratte ciel (son atelier est alors situé sur la terrasse d’un immeuble) et dans un autre dessin en femme gratte ciel. C’est une première représentation de la “Femmes-Maison” qui prendra bien d’autres formes.
Elle fait sa première exposition personnelle en 1945 à New-York. En 1951 elle prend la nationalité américaine. Elle représentera e 1993 les Etats Unis à la Biennale de Venise.
Les années cinquante est la seule période qui semble lumineuse. Ce qui est pourtant en opposition avec ses déclarations: << J’ai adopté cet endroit en plein air (la terrasse déjà mentionnée ) et j’ai recréé tous les gens que j’avais laissés en France. ils étaient massés les uns contre les autres; ils représentent tous les gens dont je n’aurais pas admis qu’ils me manquaient. Je ne l’aurais pas admis, mais le fait est qu’ils me manquaient terriblement.>>. Elle sculpte des totems dans du bois, du balsa, le bois des réservoirs d’eau de New-York, qu’elle peint ensuite, ou elle assemble des morceaux de bois de récupération (du bois flotté?) pour en faire des “personnages longilignes”. Elle dispose ensuite ces “figures” en groupe. Le résultat est à la fois presque joyeux et rassurant. Ces ensembles totémiques présentent une parenté avec les totems de Chaissac .
Suivent des séries de très belles petites sculptures en marbre ou en bois aux formes pures très inspirées de Brancusi qui sont des variations presque abstraites sur le corps.
Malgré ses thèmes récurrents Louise Bourgeois a su constamment leur donner des formes différentes en particulier par l’emploi de matériaux inattendus comme le latex ou la tapisserie, réminiscence évidente de l’enfance. Ainsi dans les travaux des années 60 pendant lesquelles elle élabore des nids, des tanières, des refuges dans les matériaux les plus divers ou beaucoup plus recemment ses têtes inquiétantes en tapisserie ou bandes velpeau.
A ce stade de l’exposition on a vu un ensemble de pièces qui forme un parcours dans la sculpture moderne, du minimalisme au surréalisme. On y a reconnu les influences de Brancusi mais aussi celles de Picasso, de Bellmer et d’Etienne Martin , les nids de Louise Bourgeois cousinent avec les demeures de ce dernier.
Mais la découverte de la salle 4 provoque un choc. Nous sommes projeté dans l’antre d’un serial killer, écorcheur, adepte du bondage. Ce n’est pas sans répulsion que je me suis campé devant la vitrine dans laquelle pendouillaient des formes phallique. J’ai été saisi d’un profond malaise devant ces substituts de sexe, pour moi menaçant. Cet ensemble a pour postérité aujourd’hui dans l’esprit et dans la forme les sculptures dégoulinantes d’Elsa Sahal ...
Dans la même salle, plus aimables mais aussi complexes et à connotations tout autant sexuelle sont les “soft landscapes” composés de champignons, de rotondités, de bosses qui évoquent seins et sexes, tétons et glands. Ils sont réalisés en divers matériaux latex, albâtre, marbre... du plus mou au plus dur. Cette nature anthropomorphe est on ne peu plus érotique...
L’araignée est une des figures récurrentes de l’expositions et donne les pièces les plus spectaculaires. Elle évoque la figure maternelle comme le déclare Louise Bourgeois: << Pourquoi l’araignée, parce que ma meilleure amie était ma mère, et qu’elle était aussi intelligente, patiente, propre et utile, indispensable, qu’une araignée.>>.
Le sentiment de grande gène sera renforcé par les grandes poupées humaines recouvertes de tissus rose, certaines unijambistes ou dotés d’un appareillage orthopédique en souvenir d’une soeur estropiée. Deux séries à mettre sans conteste sous le parrainage de Bellmer.
Dans les années soixante dix Louise Bourgeois est sous l’emprise du féminisme. Ce qui nous vaut une étonnante sculpture d’un homme en bronze doré se convulsant par là l’artiste voulait signifier que l’ hystérie n’était pas l’ apanage des seules femmes! Quant à moi cette figure lisse, pourvu d’un bon paquet, m’a immédiatement fait penser à un super héros de comics vaincu, même suspension dans les airs, la salle d’exposition devient case, même posture outrée que chérissent les dessinateurs de bandes dessinées.
En 1973, son mari meurt, elle le vit comme une trahison de sa part qu’elle exprime par une installation que je trouve peu convaincante. Mais cette réaction est typique de son rapport avec le monde (ou avec les hommes?). Ce serait elle senti trahi quand son père aimait une autre femme que sa mère (ou elle?)? Elle a aussi cette impression de trahison lorsque elle constate que son fils communique peu avec elle, comme elle le déplore dans un de ces dessins. Au vu de son expression artistique on peut subodorer que cela ne devait pas aider le jeune homme à s’épancher dans son giron! Il est difficile de ne pas voir dans ces curieuses réactions un égocentrisme exacerbé.
On n’est pas au bout du malaise car avant de retrouver le ciel salvateur de Paris, Le musée à cet étage offre peut être la plus belle vue de Paris que l’on puisse voir, il faut traverser les installations, en 1950 elle a été une des premières artistes à en réaliser, les cellules comme les appelle Louise Bourgeois, sans doute pour mieux emprisonner ses propres démons. Elle y évoque son passé à l’aide d’objets hétéroclites qu’elle enferme tantôt par des jeux de vieux paravents, tantôt par des panneaux grillagés. On pense alors beaucoup aux dernières réalisations de Rauschenberg .
Sans doute pour ne pas nous laisser partir sur une vision aussi sombre la dernière installation est plus ludique et plus claire, il s’agit d’une représentation d’un être à tous les âges de la vie, sous forme de poupées de chiffon placées devant un miroir déformant.
Une exposition inconfortable mais inoubliable.
Paris, 2008, photo B.A