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grande exposition

MONUMENTA 2010, BOLTANSKI

22 Avril 2025, 06:50am

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Tout d'abord, on ne voit qu'un mur composé par plusieurs centaines de petits casiers rouillés et numérotés, au format d'une boite à chaussures, empilés les uns sur les autres.

 

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Après avoir contourné le mur obstacle, le regard du visiteur peut embrasser toute la nef. Il découvre que le sol, divisé en sections égales, est transformé en un vaste champ d'épandage de vieilles hardes.

 

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Il fait un froid intense dans la nef emplie du son d'un coeur géant. Le battement régulier et oppressant est mixé avec les bruits d'engins de chantier.

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Aussitôt j'imagine que ces hardes répandues là sont les reliques de vies anonymes brisées. Puis le regard se fixe sur une grande pyramide conique constituée par un entassement de vêtements. A intervalles réguliers, une grue qui ressemble, en beaucoup plus grand, à celles des foires à pinces téléguidées qui permettent de prélever le nounours convoité parmi ses semblables, emporte une pincée de frusques vers la verrière pour les lâcher ensuite. Elles retombent sans grâce sur le tas en une volute vaguement obscène.

 

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L'installation de Boltanski m'a immédiatement rappelé les images des monceaux de corps suppliciés des camps d'extermination que j'ai découvert, alors âgé d'une dizaine d'années, dans un album qui avait pour titre "La guerre de 1939-1945 en mille photographies et qui se sont imprimées pour toujours dans ma mémoire.

En sortant du Grand Palais, la vision de ces vêtements-cadavres se superposait sur le paysage des beaux quartiers qui entourent le lieu d'exposition.

 

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Mais, il n'est pas obligatoire de mettre en branle une telle machinerie pour que naisse l'émotion, pour que le souvenir se perpétue. Un crayon et un méchant bout de papier peuvent suffire, avec son poème Abraham Rosenzweig en dit tout autant que Boltanski et son installation.

 

Tout habillé, un sac sur l’épaule, une valise à la main,
Me voici dans une ruelle, dans quelque ville de France
Ma mère, à mes côtés, le visage sombre, courbée,
Ses yeux comme des étincelles de feu, pleure en secret
La chambre s’écroule, et nous assis, en solitaire
La ville, devant mes yeux, s’étend désolée, comme un désert
Les 
Juifs indifférents, avec mépris et sarcasme nous fixent
Se nomment eux-mêmes fils de France, Israélites !
En nous aussi s’est insinué le poison
Nous sommes pris au piège, terrible est notre situation
Ils nous oppriment, sans pitié
Assez de la vie ! De la souffrance, nous en avons assez
Je t’ai trouvé, mon bienfaiteur, comme une rose splendide
Plantée dans un cours d’eau, dans ce pays aride
Où nous reverrons-nous, mon ami ?
À Tel Aviv ou à Jérusalem ?
Ou peut-être même à Antwerpen ?
Peu importe, notre but est Eretz Israël !

Abraham Rosenzweig

 

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GILBERT & GEORGE, LONDRES PICTURES À LA GALERIE THADDAEUS ROPAC

21 Avril 2025, 16:00pm

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Si quelque chose a été clair pour ceux qui ont suivi le chemin de Gilbert & George au cours des quatre dernières décennies, c'est qu'il est impossible de dissocier leur production artistique de la ville de Londres.
Depuis que les deux hommes se rencontrèrent en 1967, ils était tout deux élèves de l'école d'art Saint-Martin, dont on trouve parmi les anciens élèves des talents comme Alexander McQueen ou John Galliano, la capitale britannique et, en particulier, l'East End, qui pour eux s'arrête à Liverpool Street et est «le centre de l'univers",  a toujours été une grande source d'inspiration.
C'est dans ce contexte urbain, "où l'économie locale devient universelle", que se développent leurs dernières œuvres, exposées jusqu'à la fin mai à la galerie Thaddaeus Ropac à Paris. Ainsi, la série "Londres Pictures" présente une sélection de 292 planches tirées de près de 4.000 une des journaux populaires   londoniens, qui illustrent les thèmes qui traversent la vie quotidienne de la ville et comment ils ont un impact sur ceux qui y vivent.
 
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Paris, mai 2012

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RETOUR AU MONUMENTA DE BUREN

21 Avril 2025, 06:48am

Passant devant le Grand Palais par un soleil radieux et voyant que la file d'attente était courte pour entrer à Monumenta, je me suis offert un nouveau "tour de manège". Et là une double surprise m'attendait d'abord que l'on puisse monter sur le pronenoir pour voir l'intervention de Daniel Buren par dessus et ensuite de voir l'artiste en personne dédicacer le livret de son monumenta.

 

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Paris, mai 2012

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Daniel Buren en dédicace

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Le Corbusier peintre

20 Avril 2025, 15:13pm

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Paris, aout 2015

Paris, aout 2015, photo B.A

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Edi Dubien au Musée de la chasse et de la nature (1)

20 Avril 2025, 08:42am

Paris, janvier 2025, photo B.A

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KABUKI, COSTUMES DU THÉÂTRE JAPONAIS À LA FONDATION PIERRE BERGÉ YVES SAINT LAURENT

20 Avril 2025, 07:39am

 

Disons le d'emblée mes photos, prises malgré l'interdiction, sont loin de rendre justice à la magnifique exposition Kabuki, costumes du théâtre japonais que l'on peut voir jusqu'au 15 juillet à la fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent. Le titre est un peu réducteur car c'est tout l'art du Kabuki que nous transmet la très belle scénographie de la manifestation. Deux films sont projetés au fil du parcours, l'un est une captation d'une pièce de Kabuki, l'autre est un documentaire sur cette pratique exigente. Si les somptueux et parfois très lourds costumes de scène constituent la plupart des pièces, on peut voir également quelques estampes anciennes représentant des acteurs. Des accessoires, boites pour perruque, nécessaire de fumeur, éventails, lanternes, paires de chaussures (geta) rendent le tout très vivant. Les cartouches explicatifs sont clairs et précis. Une fois de retour chez soi, le catalogue, joli et bien fait redouble le plaisir de l'exposition, offrant entre autres, un petit et précieux historique du kabuki.      

 

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Paris, mai 2012

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KIMONOS D'ENFANTS À LA BIBLIOTHÈQUE FORNEY

19 Avril 2025, 07:21am

http://www.amitiestissees.com/

 

 

A la bibliothèque Forney, dans le très bel hôtel de Sens, madame Nakano nous invite à admirer sa collection de kimonos d'enfant datant de 1870 à 1930.

 

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Madame Nakano, qui est né en 1935 dans le quartier d'Ayukai dans la ville de Shirataka a consacré sa vie à la couture traditionnelle japonaise. Elle a commencé sa collection de Kimonos d'enfant il y a une vingtaine d'années. Elle se compose aussi bien de luxueux kimonos pour lesquels de riches familles avaient payé une fortune, que de kimonos de fête pour des enfants moins favorisé ainsi que des habits du quotidien. Tous les ages sont représentés depuis les vêtements du nouveau-né, jusqu'aux kimono pour la fête des treize ans (A partir de 13 ans, une fille quittait le monde de l’enfance et devait porter, avec un kimono à longues manches flottantes) . Ces habits sont confectionnés de différentes matières, coton, soie...

 

Exposition Kimonos d'enfants

Kimonos "aux cent vertus" pour bébé - H. 50 cm (à gauche) - Kimono pour bébé garçon - Teinture au pochoir à la réserve sur coton indigo - H. 57 cm (à droite) Époque Taishô

Exposition Kimonos d'enfants

Kimonos pour bébés - Teinture Shibori sur coton indigo - H. 55 et 57 cm - Époque Taishô

 Les kimonos anciens d'enfant sont rares car les enfants du Japon d'hier n'étaient pas différents de ceux d'aujourd'hui. Ils mettaient souvent à mal leur vêture à la rude épreuve de leurs jeux. Comme le montre les beaux bois gravés de Miyagawa Shuntei (1873-1914) montrant des jeux d'enfant dont une partie de chat perché et deux bandes de garçons face à face, tableau qui m'a évoqué une guerre des boutons nippone...

 

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Ces kimonos dont certains sont de véritable oeuvre d'art, sont ornés de motif porte-bonheur ou de sujets qui indiquent les espoirs que les familles mettent dans leur rejeton, comme l'association de pins, de bambous et de fleurs de prunier qui serait gage d'une vie heureuse, On trouve aussi fréquemment des représentations de grues (qui ressemblent beaucoup à nos cigognes) qui sont symboles de longévité tout comme les carpes (en écrivant ce billet je porte un yukata sur lequel s'ébattent des carpes, vous devriez donc me supporter encore quelques temps si ces motifs, comme l'espéraient les anciens japonais ont une incidence sur la durée de la vie de celui qui arbore un tel vêtement.). Tous ces motifs avaient pour but de combattre le sort qui faisait qu'avant l'ère Meji beaucoup d'enfants mourraient avant d'être devenu adulte (il suffit de lire le formidable manga Jin pour en être informé).

 

Si les décors de l’époque Meiji (1868-1912) sont encore très raffinés, l’époque Taishô (1912-1926) aima en général les kimonos aux grands motifs dans des couleurs bigarrées présentant de forts contrastes avec le fond du vêtement.

 

 

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Les kimonos pour les filles différaient de ceux destinés aux garçons. Aux filles les motifs fleuraux souvent accompagnés de papillons, leur grâce et leur légèreté sont des symboles appropriés pour caractériser les femmes, aux garçons les scènes de chasse au faucon, les casques (lorsque la famille espérait que leur fils ferait une belle carrière militaire), les chevaux. A la fin des années trente et jusqu'en 1945 des motifs de propagande , comme des soldats en armes ou des avions permettaient d'affirmer le patriotisme des familles (il n'y en a pas dans l'exposition).

 

Exposition Kimonos d'enfants

Kimonos pour garçon (à gauche) - Double ikat sur ramie - H. 86 cm - Époque Meiji - Kimono pour fille (à droite) - Teinture au pochoir à réserve sur coton teint à l'indigo - H.126 cm - Fin époque Edo

 

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Kimono pour garçon - Teinture Yuzen sur soie noire - H. 95 cm - Époque Taishô

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Kimono pour garçon - Teinture Yuzen sur soie noire - H. 113 cm - Époque Taishô

Sur certains kimonos on peut voir des scènes tirées de légendes ou de contes comme l’histoire d’Urashima Tarô, le pêcheur qui vivait au fond de la mer ….

 

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kimono pour garçon appartenant à une famille de samurai (les trois "pastilles" que l'on voit en haut du dos du kimono sont "les armoiries" de la famille), le décor de bambous dont la croissance est drue et des pins toujours verts, comparable à une peinture à l’encre de Chine exprime des souhaits de santé et de croissance, motifs destinés plutôt aux garçons.   Teinture Yuzen sur gaze de soie bleue foncée - H. 97 cm - Époque Taishô

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Si les kimonos pour garçons privilégient les couleurs foncées, noir, bleu ou gris, ceux des filles sont souvent réalisés dans toutes les couleurs variant des teintes claires et nuancées aux plus vives

 

Exposition Kimonos d'enfants

Kimono pour fille - Teinture Yuzen sur crêpe de soie - H. 87 cm - Époque Meiji 

 

Parfois les dessins sur les kimonos d'enfant étaient semblables à ceux destinés aux adulte pour que les esprit malin ne puissent remarquer les enfant à l'âme plus facilement ravissable que celle des ainés.

 

 

Exposition Kimonos d'enfants

Kimono "aux cent vertus" - 197 pièces de cotons différents pour le kimono et sa doublure - H. 73 cm - Époque Meiji

Exposition Kimonos d'enfants

Kimono et Haori - Cotons teints à l'indigo - H. 65 et 57 cm - Époque Shôwa

 

Les plus curieux, et les plus émouvants sont les kimonos dit aux cents vertus confectionnés en cousant en patchwork des morceaux de tissus que recevaient des morceaux de tissus provenant de vêtements ayant habillés des personnes qui ont vécu longtemps. Si ces kimonos sont le fruit certes d'une symbolique  à laquelle s'ajoutaient aussi des contraintes économiques. La culture du coton commença à se répandre dans le sud du Japon à partir du XVIe siècle, mais dans le Tôhoku, région montagneuse aux hivers longs et rigoureux, dont est originaire madame Nakano, les précieux tissus de coton n’arrivaient que sous forme de kimonos d’occasion, aussi gardait-on précieusement chaque petit morceau auquel on s’attachait à donner une seconde vie.

On voit également dans l'exposition de nombreuses pièces de vêtement qui accompagnent les kimonos comme des bavoirs, des bonnets, des sandales, des chaussettes... des jouets comme des balles et des poupées.

 

Exposition Kimonos d'enfants

Petites bottes en paille de riz des pays de neige - Époque Shôwa

Une belle exposition à ne pas rater, bien présentée, très pédagogique tout en étant accessible grâce en particulier a des cartouches aussi clairs qu'informatif. La visite peut être aussi complétée par le parfait petit catalogue très élégant pour ses vingt euros. Lors de ma visite j'ai eu la chance de tomber sur une conférence itinérante dans l'exposition faite par une dame aussi instruite que sympathique et c'était gratuit...

 

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TIM BURTON À LA CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE

17 Avril 2025, 06:40am

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A une exception près, j'ai vu tous les films de Tim Burton et je les ai aimés presque tous. Mais à la cinémathèque française ce n'est pas principalement le cinéaste qui est exposé mais le dessinateur. Le dessin était le premier mode d'expression de Tim Burton et je pense que ce sera une grande  découverte pour bien des visiteurs.

 

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Grâce à de valeureux complices, certaines créatures imaginées par Tim Burton prenent du volume...

 

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Pour un européen les dessins de Tim Burton font beaucoup penser à ceux de Ronald Searle, et ce n'est pas un mince compliment. A quand une grande rétrospective Ronald Seale en France où il a habité une partie de sa longue et talentueuse vie. Autre parenté en particulier pour les êtres inquiétants sortis du crayon de Tim Burton, celle avec Franquin et de ses "idées noires".

 

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Si beaucoup de dessins se suffisent à eux même. On en découvre d'autres tout aussi savoureux qui ont servi à la préparation des films que Tim Burton à mis en scène.

 

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On voit que Tim Burton est un véritable graphomane. Il dessine sur tous les supports comme le démontre ces serviettes de restanrant encadrés.

 

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Paris, juillet 2012

 
 

 

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