JEUX D'EAU AU TROCA (2)
Paris, juin 1985
un regard sur les arts et les lettres
Paris, juin 1985

Otto Greiner est né à Leipzig le 16 décembre 1869; peintre et graveur allemand, Il a commencé un apprentissage de lithographe à Leipzig en 1884 où il prend également des leçons de dessin. Entre 1888 et 1891, il a étudié à l'Akademie der Bildenden à Munich. À l'automne de 1891, il fait son premier voyage en Italie. Il visite Florence et Rome, où il rencontre et se lie d'amitié avec Max Klinger. Cette rencontre et ce voyage seront décisif pour la suite de sa pratique artistique. De 1892 à 1898 il vit à Munich et à Leipzig. En 1898, il s'installe à Rome, où il utilise l'ancien atelier de Klinger. Il resta jusqu'en 1915, il est alors contraint de quitter l'Italie en raison de sa nationalité.
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Portait de Otto Greiner par Max Klinger |
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Le nu a toujours été au centre de son travail. Comme Klinger il considérait que l'incarnation de la beauté dans la nature devrait servir de base pour toute formation artistique. Il a aussi abordé le portrait, des sujets antiques et fantastique, qui sont représentés dans la majorité de ses 112 peintures. On le rattache, ce qui me parait un peu arbitraire, à l'école symboliste.
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Il serait injuste de désespérer de l’édition française, en témoigne cette inattendue découverte lors d’une de mes musarderies dans une librairie parisienne où j’ai eu la surprise de tomber sur un livre sur le peintre Patrick Procktor. Artiste de grand talent mais quasiment inconnu (sauf pour les visiteurs de ce blog) de ce coté ci de la Manche. Le livre se veut une biographie du peintre doublée d’un essais gonzo (entendez par là que l’essayiste, Fabrice Gaignault, se met en scène dans son ouvrage) tentant de démontrer que Procktor aurait grandement influencé les débuts de son ami David Hockney.
Patrick Procktor
1967, Nicholas and Keith
Le livre aurait du être illustré par des reproductions de tableaux des deux artistes pour corroborer cette intuition, pour démontrer la proximité du style et de l’inspiration des deux peintres. Mais un avant propos nous révèle qu’au dernier moment les ayants-droits de David Hockney et de Patrick Procktor ont retiré leurs autorisations de reproductions des oeuvres. Ce dont se plaint amèrement l’éditeur dans cette préface. Editeur assez benêt à cette occasion, car il aurait bien du se douter qu’une thèse rabaissant l’originalité de l’oeuvre de David Hockney ne pouvait pas plaire à son marchand pas plus qu’aux acquéreurs privés ou public de la dite oeuvre. Elle ne pouvait pas non plus être apprécier par la galerie de toujours de Procktor, qui gère toujours les oeuvres de l’artiste, quand le livre rend responsable la dite galerie de la relative obscurité dans laquelle se trouve aujourd’hui le travail de Procktor. Or donc nous avons entre les mains un ouvrage sur un peintre dans lequel on ne voit aucune de ses peintures. Les seules illustrations consistent en quelques photos de Procktor à différents stades de sa vie. Certes les oeuvres de Procktor sont facilement visibles sur la toile mais c’est tout de même dommage. Je pense qu’avec un peu d’habileté l’éditeur aurait pu s’éviter le camouflet des ayants-droit, ce qui ampute le livre qu’il édite.
Par ailleurs, Fabrice Gaignault a bien travaillé et à force de rencontre documente bien ce que fut le monde de la peinture anglaise dans la deuxième moitié du XX ème siècle. La thèse comme quoi Procktor aurait aidé Hockney à accoucher de son oeuvre est défendable même si elle n’est pas évidente. Il reste que ce livre est salutaire pour la mise en lumière de Procktor, artiste qui n’est pas actuellement à sa juste place dans l’histoire de l’art. Le livre est écrit d’une plume élégante même si je reproche le ton souvent trop péremptoire des propos et si je ne suivrais pas Gaignault dans son mépris pour Stephen Tennant.
1968
Procktor Ronnie Cohen (1967)
Hockney and Procktor Playing Chess (1967) photographiés par John Kasmin
David hockney et patrick procktor en 1969 à st tropez
Hockney and Amaya, Lucca (1967) Patrick Procktor