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Dans les rues de Guatemala City

19 Août 2025, 06:56am

 

 

 

 

En attendant une éventuelle embauche

 

 

 

 

Le bidonville d Guatemala City longe une voie de chemin de fer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Guatemala City, aout 1989, photo B.A

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Narcisse

19 Août 2025, 06:55am

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Kenya, Amboselli, 1989.

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REBELS OF THE NEON GOD (LES REBELLES DU DIEU NÉON) un film de Tsai Ming-Liang

19 Août 2025, 06:54am

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Fiche technique :


Avec Lee-Kang-Sheng, Chen Chao-Jun, Miao Tien, Hsiao Kang, Wang Yu-Wen, Lu Hsiao-Ling et Lu Yi-Ching.

Réalisation : Tsai Ming-Liang. Scénario : Tsai Ming-Liang. Photos : Liao Pen-Yung. Musique : Huang Hsu-Chung. Montage : Wang Chi-Yang. Production : Hsu Li-Kong. Décors : Lee Pao-Ling.
Taiwan, 1992, durée : 90 mn. Disponible en VO et VO sous-titrée anglais.

Avec: Lee-Kang-Sheng, Chen Chao-Jun, Miao Tien, Hsiao Kang, Wang Yu-Wen, Lu Hsiao-Ling et Lu Yi-Ching.


Résumé :
 

Deux jeunes gens, Ah-Tze (Chen Chao-Jun) et Ah-Kuei, sur leur moto slaloment entre les voitures. Ils dépassent un taxi conduit par un homme d’âge mûr (Miao Tien), avec à ses côtés son fils Kang-Sheng (Lee Kang-Sheng) auquel il a proposé de l’emmener au cinéma. L’adolescent semble fasciné par le couple à moto, image de liberté et de sensualité. Quand le feu passe au rouge, les deux-roues se faufilent au premier rang, bloquant le taxi. Le chauffeur s’impatiente et klaxonne. Ah Tze se laisse dépasser, puis le re-dépasse et brise le rétroviseur latéral du taxi. Le taxi fait une embardée et va heurter une autre voiture... On entre bientôt dans la famille de Kang-Sheng. Le garçon est flanqué d’une mère mystique (Lu Hsiao-Ling) et d’un père démissionnaire. Kang-sheng retrouve le vandale quelques temps plus tard et le suit. Lassé du travail scolaire – il a abandonné ses études au grand dam de son père – il piste le jeune loubard dans des rues où la pluie ne semble jamais cesser. Il est secrètement amoureux du motard, sans que rien ne soit explicite. Le jeune homme abandonne sa moto pour rentrer dans un hôtel. Kang-sheng en profite pour détruire l'engin. Il laisse une signature sur le sol : « Le prince Ne Cha est passé »...

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L’avis critique :


Les Rebelles du Dieu Néon est le premier long-métrage de cinéma de Tsai Ming-Liang. Il est aussi le premier volet d’une trilogie, suivront Adieu l’amour puis La Rivière , son chef d’œuvre (ces deux films sont réunis dans un DVD aux éditions Films sans frontières). L’essentiel des obsessions du metteur en scène s’y trouve déjà. L’eau est omniprésente. Les garçons souffrent en silence et portent leur croix de solitude et de frustration. Et pourtant, la première scène du film est une scène joyeuse, de jouissance passagère : un garçon et une fille sur une moto, un couple uni par le hasard. Le jeune homme, Ah Tze, a rencontré... dans les toilettes de son appartement une fille, Ah Kuei, qui vient de faire l’amour avec son frère. Ce dernier l’a laissée là comme une chose périmée, dans une scène mémorable de machisme : la fille est allongée nue sur le lit, l’homme est déjà habillé, il lui glisse sa carte de visite dans la main et lâche une réplique incongrue : « Si tu comptes acheter une voiture, appelle-moi. » Ah Tze lui propose de la raccompagner. Mais ils ont un accident. C’est une séquence typique du cinéma de Tsai Ming-Liang dans lequel on part d’une image joyeuse pour arriver à un échec, toute action, tout désir se délite La famille est un tombeau. Sans oublier une obsession qu’il partage avec un bon nombre de cinéastes asiatiques, mais aussi curieusement britanniques : les salles de bains et toilettes en tous genres.
Autre caractéristique de son cinéma : l’aphasie généralisée des personnages qui les font déambuler la nuit, en silence dans des paysages urbains sinistrés.

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Ces paysages hiératiques sont illuminés par la grâce de Lee Kan Shen, le double juvénile du réalisateur, non un double à la façon du Doisnel de Truffaut, mais un double dont il aurait un impérieux désir sexuel. La scène où le garçon saute sur son lit, puis s’y abandonne vêtu que d’un provoquant slip blanc immaculé est un des sommets érotiques du cinéma gay, et pourtant dénué de tout acte sexuel. La grande force de Tsai Ming-Liang est de respecter son spectateur et de le vouloir aussi intelligent que lui-même. Le choix de la sexualité de son héros est clair pour ceux qui savent voir. La scène où il détruit la moto du loubard (pour le punir de son hétérosexualité et combler momentanément sa frustration ?) pendant que celui-ci fait l’amour à sa petite amie est la scène-clé du film.

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La moto et le scooter sont des échappatoires pour les jeunes gens. La ville pullule de contre-lieux à l’espace familial clos, (arcades de jeux vidéo, boutiques de mode, patinoire, discothèques) où la liberté peut s’exercer sans frein. Les Rebelles du Dieu Néon s’articule autour d’une opposition, qui atteindra sa splendide apogée dans La Rivière entre l’espace stérile, coincé, exigu, de la vie domestique et le champ ouvert de la ville, dont Tsai Ming-Liang capture l’infinie mouvance, les jeux des rencontres fortuites, les séductions dangereuses, la solitude aussi...
Hsiao Kang, personnage récurrent de toute une œuvre, est dans sa posture favorite, celle du voyeur, lorsque Ah Tze découvre sa moto vandalisée. Hsiao Kang, seul dans sa chambre d’hôtel observe sa victime, filmé en contre- plongée, vêtu de ses seuls sous-vêtements blancs immaculés, le garçon danse, saute sur le lit, se cogne la tête contre le plafond et s’écroule sur la couche dans une sorte d’orgasme ! On ne sait pas si Hsiao Kang veut être Ah Tze ou être aimé de lui, sans doute les deux. Tout le film joue de cette ambivalence. Mais ne serait-ce pas la relation qu’entretient Tsai Ming-Liang avec Lee Kang-Sheng ? Discret sur celle-ci, voilà comment il raconte la découverte de sa “muse”: «  J’ai découvert Kang-Sheng dans une de ces arcades où les ados vont jouer sur des écrans vidéo. J’étais à la recherche d’un ”mauvais garçon”. Kang-Sheng n’a pas l’air d’un mauvais garçon, mais il donne l’impression d’avoir juste fait quelque chose de mal... Quand je l’ai rencontré, il essayait de passer l’examen d’entrée à la fac, qu’il avait déjà raté quatre fois de suite. Et ça le tracassait beaucoup car dans son système de valeurs, aller en fac représentait quelque chose de sérieux. Alors il faisait des petits boulots pour gagner de quoi payer les frais d’inscription dans une boîte à bac, tout comme le personnage qu’il joue dans Rebelles ... J’ai écrit le scénario de Rebelles pour lui. J’ai créé un personnage qui lui ressemble beaucoup, de façon qu’il puisse être vraiment lui-même en le jouant.  »

Tsai Ming-Liang est né en Malaisie dans l’état de Sarawak en 1957. Il est élevé par ses grands-parents, qui étaient vendeurs de nouilles, c’est sans doute ce qui explique dans son cinéma les fréquentes présences de petits marchands. La principale distraction de l’enfant est le cinéma. Il se gave de films américains, hongkongais, indiens... Au lycée, il découvre Chaplin avec Les Lumières de la ville , à propos duquel il écrit sa première critique de cinéma. Il s’installe à vingt ans à Taiwan où il obtient, quatre ans plus tard, son diplôme d’art dramatique. Il écrit alors plusieurs pièces de théâtre (dont Instant bean sauce noodle en 1981, et A sealed door in the dark en 1982). Il crée un one-man-show expérimental ( Wardrobe in the room en 1983) traitant de la solitude dans les grandes métropoles. Il écrit des scénarios pour la télévision jusqu’en 1989 et aussi pour le cinéma notamment pour Wang Tung. En 1989, il commence à réaliser des téléfilms. (The happy weather ,For away, All corners of the sea ,Li hsiang’ love line ,My name is Mary, Ah-Hsiang’s first love ,Give me a home, dans lequel joue Miao-Tien qui est le père de Lee Kang-Sheng, dans Rebelles et La Rivière ,The Kid 1991). C’est dans The Kid , en 1989, que Tsai Ming-Liang fait tourner pour la première fois Lee Kang-Sheng. Il y joue un délinquant qui vole l’argent du repas d’un écolier. Tsai Ming-Liang filme ce racket comme une drague. Lee repère le gamin dans une salle de jeux vidéo, le regarde longuement et intensément et le suit dans le labyrinthe des ruelles de la vieille ville. Il entre en contact avec lui en allant pisser à côté de lui contre un mur. C’est ce qui devient le prétexte du racket : « Petit, on ne pisse pas ici pour rien » (on pense beaucoup au Kid return de Kitano qui possède un homo-érotisme proche de celui de Tsai Ming-Liang.).

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Typiquement asiatique dans son rythme, la référence la plus immédiate du film est pourtant américaine. Lee Kang-Sheng, affublé d’un tee-shirt de James Dean, tombe en arrêt devant une affiche de celui-ci. C’est donc très ouvertement de La Fureur de vivre dont il est question dans Les Rebelles du Dieu Néon . Et de ce qu’il y a moyen de faire avec la jeunesse quand elle vous dévore les entrailles, quand elle brouille la vue et détraque les sens... Mais ici le centre n’est pas l’avatar de James Dean (Ah Tze) ou celui de Nathalie Wood (Ah-Kuei), mais de son amoureux transi Plato incarné par Sal Mineo, Plato dont Lee Kang-Sheng est le successeur.
La mise en scène épouse la fièvre de ces adolescents qui n’arrivent pas à rester en place. La caméra se focalise sur les entrées ou sorties de champ. Elle est mobile tout en étant tenue d’une main ferme. Elle joue avec l’espace. Elle passe d’un acteur à l’autre tel un imprévisible insecte, parfois rejetant un personnage dans le hors champ, parfois le suivant avant de l’abandonner au profit d’un autre sans que ce mouvement soit dicté par le dialogue ou l’action. Elle capture au passage l’intensité d’un regard qui demeure invisible à celui qui en est l’objet. Elle suggère, au moyen d’un panoramique brillant ou d’un contrechamp hardi, des équivalences, des parallèles...

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Alors que maint cinéastes de par le monde s’évertuent encore à plagier les codes, vieux de près de cinquante ans, de la Nouvelle Vague, Tsai Ming-Liang, dans ce premier opus, a su en capter l’esprit, en particulier celui des Quatre cents coups. On y retrouve la même alacrité à capter les images de la rue ou d’une vie socialement simple et pourtant émotionnellement riche. On y retrouve aussi ce même balancement entre l’action et la contemplation, ici celle d’un beau garçon viril et inaccessible. Malheureusement, il semble que les mânes de la Nouvelle Vague, à Taiwan comme en France, atteignent rapidement leur date de péremption. La grâce chez le cinéaste taïwanais n’aura duré que le temps de sa trilogie, à laquelle on peut ajouter The Kid, film pour la télévision qui marque l’apparition de Lee Kan Chen ; si ses films suivants, The Hole ,Goodbye, Dragon inn, La Saveur de la pastèque, Et là-bas quelle heure est-il ? où la référence à Truffaut est trop appuyée, ne sont pas négligeables, ils n’ont plus cette liberté qui enchantait Les Rebelles du Dieu Néon. Petit à petit un certain systématisme a quelque peu étouffé la création et la sensualité du metteur en scène.
Si Tsai Ming-Liang est un cinéaste ouvertement systématique c’est surtout le plus sensuel, le plus délicat, peut-être le plus érotique des cinéastes actuels. Parce qu’il prend le corps pour une machine mystérieuse et malléable, étrange et triviale. Il a fait un film d’une douceur extrême, élégant et délié, poétique et envoûtant.
 

Commentaires lors de la première parution du billet

Petite correction

Pendant que j'y suis (je viens de répondre à votre réponse sur Gods & Monsters) : je crois bien que le titre du film dont vous parlez ici est "Vive l'Amour" et non "Adieu l'Amour". C'est le premier du réalisateur diffusé en France, non ?

Posté par François, 28 février 2008 à 11:13

réponse à François

Je vous confirme que vous avez raison qu'il faut lire Vive l'amour et que c'est bien le premier film du réalisateur diffusé en France. Il est disponible en dvd sur le même disque il y a la rivière qui est pour moi le chef d'oeuvre du cinéaste.

Posté par BA, 29 février 2008 à 16:43

L'amour ou la rivière ?

Je n'ai pas vu les films suivants Et là-bas, quelle heure est-il?, mais effectivement, mon coeur balance entre Vive l'Amour et La Rivière. La séquence finale de Vive L'Amour est un sacré moment de cinéma, mais celle de la rencontre incestueuse entre le père et le fils au sauna dans La Rivière également. Tout ça me donne envie de revoir ces films que je n'ai vus que lors de leur sortie.

Posté par François, 29 février 2008 à 20:40


 

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JEUNES FOOTBALLEURS

18 Août 2025, 06:35am

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Vincennes, mai 1986

 
 

 

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LES CERISIERS EN FLEUR DU CHEMIN DE LA PHILOSOPHIE À KYOTO

18 Août 2025, 06:34am

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Les pétales des cerisiers vont bientôt neiger sur le chemin de la philosophie qui est mon endroit préféré de Kyoto. Le nom de ce chemin vient des moines qui y ont déambuler durant des siècles. La promenade suit un petit canal que les saules et les cerisiers ombragent. Si le printemps est le meilleur moment pour cheminer sur cette promenade, c'est aussi la saison où elle est le plus fréquentée. Je conseille pour bien profiter de ce lieu magique d'y aller en avril mais tôt le matin. A l'automne la promenade de la philosophie en fin de journée est rendue aux chats... 

 

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Kyoto, Japon, avril 2010

 

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Etude pour le cycliste par Maillol

18 Août 2025, 06:33am

Paris, aout 2025, photo B.A

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La nouvelle bibliothèque d'Alexandrie

18 Août 2025, 06:32am

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Egypte, Alexandrie, décembre 2007, photo B.A.

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A propos de No country for old men 

18 Août 2025, 06:31am

no_country_for_old_men_imagesfilmJe n’aurais pas l’outrecuidance d’encombrer le web d’une énième analyse et d’une nouvelle salve de louanges qu’incontestablement “No country for old men” mérite (ridicule snobisme de ne pas traduire le titre américain quand celui-ci est évident et sans un sous texte que la langue d’origine parfois apporte). Vous trouverez tout cela dans le toujours excellent Positif qui consacre un dossier aux frères Cohen dans son numéro de janvier 2008.
Je me contenterais donc d’une réflexion que je n’ai pas trouvée ailleurs. ( ATTENTION SPOILER) N’ayant trouvé nulle part ce que je subodore...
En préambule, je dois confesser que je n’ai pas lu le livre de Cormac McCarthy dont le film est tiré. Est-ce parce que je suis gay que je remarque que le placide tueur certes un peu fou, mais qui a de bonnes connaissances médicales et est fort méticuleux dans son labeur de désoudeur professionnel, est distrait lors de son retour du travail, au volant de sa conduite intérieure par deux jeunes et jolis garçons musardant à bicyclette. Notre intègre tueur les matte dans son rétroviseur, distraction qui peut être fatale dans les villes américaines dont les rues se coupent à angle droit. Ce qui est le cas. Après avoir embouti un autre véhicule, il parvient à s’ extirper de son tas de ferraille qu'est devenu son automobile. Il   se repose un peu assis sur une pelouse près du crash, son radius perforant sa peau. Les deux adolescent le rejoignent et s’enquièrent de sa santé. Notre exterminateur, pas au mieux, avec néanmoins une lueur dans son œil vitreux, demande alors à l'un des garçons, le plus joli, de retirer sa chemise. Secrètement on admire alors la santé de l’individu qui pense à se rincer l'oeil, peut être une ultime fois, dans un moment pareil. En même temps on est inquiet pour le jouvenceau, car notre bougre même manchot pourrait bien lui faire subir les derniers outrages. Très serviable, contre tout de même un billet ensanglanté, l’adolescent s’exécute. Et là: éblouissement, l’un des plus beaux torses juvéniles que l’on ai jamais vus au cinéma apparaît. La chemise du jeune cycliste dissimulait une tendre et musclée poitrine de nageur! Retour au trivial utilitaire l’estourbisseur patenté réduit la pimpante liquette en lambeaux, la transformant ainsi une écharpe pour tenir son bras brisé à l’os saillant. Il se relève du gazon et s’éloigne sans se retourner sur ce trottoir de banlieue résidentielle comme Charlot à la fin de ses films vers l’horizon...

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Cette scène qui semble avoir échappée à la pourtant vigilante communauté gay américaine, peut être à cause de son relent presque pédophile, ne peut elle pas être interprétée comme homophobe? La fratrie ayant doté son serial killer consciencieux, mais peu ragoûtant pour la majorité des spectateurs, d’une attirance pour les très jeunes personnes de son propre sexe? A l’inverse on peut aussi la lire comme homophile, le personnage gay (ou que je suppose tel) est un des rares à se sortir vivant de l’aventure... Ou bien encore (je songe au délicat casting) les frères Cohen auraient-il un intérêt pour les jeunes torses mâles? Mais peut être que j'ai mauvais esprit, assez en tout cas a pour trouver ce film délectable et plein d'humour très noir...
P.S. Autre message subliminale que délivre le film, les frère Cohen préfère les chats aux chiens...

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une visite à la Basilique de Saint-Denis, nécropole royale

17 Août 2025, 07:04am

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Denis, aout 2025, photo B.A

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Christopher Richard Wynne Nevinson

17 Août 2025, 07:03am

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Il faut se souvenir que durant presque deux siècles, la peinture de guerre, de batailles, de la fin du XVII ème siècle jusqu’aux trois quarts du XIX ème, a été le grand genre. Il tomba en désuétude et fut petit à petit supplanté par la photographie dès qu’il fut possible de photographier le théâtre des opérations militaires. Les premières guerres photographiées furent celle de Crimée et de Sécession. Les pouvoir virent immédiatement le parti pris qu’ils pouvaient tirer de la croyance naïve des populations d’alors, et qui perdure largement encore, que la photographie peut que restituer la vérité. Cette naiveté aujourd’hui est beaucoup moins de mise; depuis par exemple qu’il a un doute sur la spontanéité de la photo de Capa sur son fameux combattant républicain de la guerre d’espagne ou que le magistale film de Clint Eastwood, “La gloire de nos pères” a rendu célèbre la fabrication d’une des photos les plus emblématique de la seconde guerre mondiale.

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Aujourd’hui je voudrais vous présenter un artiste que je considère comme le plus grand peintre de la guerre de 14.

Nevinson (1889-1946, Il est souvent appelé par ses initiales CRW Nevinson.) a abordé une grande variété de sujets durant sa carrière. Il fut aussi bien un peintre de paysages, qu’un grand illustrateur de la révolution industrielle mais c’est par ses scènes de guerre qu’à la fois ce peintre me touche et qu’à mon sens il s’imposera de plus en plus dans l’histoire de la peinture. Il a été aussi un remarquable graveur et lithographe qui a travaillé dans une large gamede styles.

Il nait à Londres en 1889, son père est journaliste radical et sa mère une célèbre suffragette. Ses parents à cause de leurs opinions étaient  si impopulaires que Christopher se souvenait qu’ enfant il était conspué par des voisins lorsqu’il sortait dans la rue! Contrairement à beaucoup de ses pairs, Nevinson a été soutenu par sa famille dans son choix de carrière, et l’ importance des contacts de ses parents dans le monde intellectuel lui ont été précieux. Il étudie les beaux arts à la St John's Wood School of Art en 1907 puis à la Slade School de 1908 à 1912. Alors qu’il y est étudiant il réalise un magistral autoportrait en vu d’ attirer des clients!  L'influence de son maître à la Slade, qui avait déclaré que Nevinson n'avait pas le talent pour devenir un artiste, y est évidente dans l'attention au détail avec lequel il a peint son visage. Son profil se détachant sur le fond sombre, n'est pas sans rappeler les portraits de la Renaissance italienne et en particulier ceux de Sandro Botticelli.

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L’ Exposition des Futuristes en Mars 1912, à la Sackville Gallery de Londres, se révélera décisives pour le développement de son style. Il y rencontre Gino Severini.
Il revendique son affiliation avec le futurisme par une peinture appelé Rising Ville (1912, la toile serait perdue) qu’il expose en Janvier 1913. Son titre est un hommage à la peinture de Boccioni, “Ville Rises” (1910, New York, MOMA), qui avait été présentée au Salon futuriste.

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Comme presque tous les aspirants artistes de l’époque il fait le voyage à Paris où il fait la connaissance d’ Umberto Boccioni, d’ Ardengo Soffici et de Guillaume Apollinaire. Il fréquente l'Académie Julian. En 1913. Il  partage un atelier avec Modigliani et se lie d'amitié avec Severini.

Lors de son séjour à Paris, il est l'un des premiers artistes anglais à être profondément influencé par le cubisme et le futurisme alors qu’auparavant il se situait dans le postimpressionnistes. Il fait sa première exposition à la Galerie Dore en 1913. Il organise un banquet pour Marinetti, le chef de file des futuristes, lors de son passage à Londres la même année.



Il est un des membres fondateurs d’un Groupe d’artistes Londoniens très actif, le Rebel Art Centre. Il écrit avec Marinetti, le manifeste futuriste “Vital English Art”, publié en 1914 dans l'Observer, dans lequel on pouvait lire: << Je suis un poète futuriste italien qui aime passionnément l'Angleterre. Je veux guérir l'art anglais de la plus grave des maladies: le passéisme. J'ai donc tous les droits de parler haut et sans périphrases et de donner, avec mon ami Nevinson, peintre futuriste anglais, le signal du combat. >>.



Futurisme est désormais un des mots clés à Londres pour désigner quelque chose de nouveau et de scandaleux. Mais bientôt les artistes britanniques d’avant-garde sont ulcérés de cette influence étrangère. Wyndham Lewis et d'autres artistes rebelles ressentent la nécessité de rompre avec Marinetti, car ils sont particulièrement furieux quand il a publié avec Nevinson le manifeste futuriste Lewis et le groupe associé avec le Rebel Art Centre le dénoncent immédiatement et dans les semaines qui suivent annoncent  la naissance du Vorticisme auquel on assimile à tord Nevinson. Qui, quant à lui, continue à faire des peintures futuristes célébrant   machinisme comme dans cette grande toile de 1914, en honneur du métro londonien appelée Tum-Tiddly-Um-Tum-Pom-Pom.

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En 1914, se produit le tournant décisif dans la vie et dans l’oeuvre de Nevinson lorsque au début de la Première Guerre mondiale, en tant que pacifiste, il refuse de s'impliquer directement dans les combats. Il se porte volontaire pour travailler à la Croix-Rouge. Il est envoyé en France . Il travaille comme conducteur d’ambulance et brancardier près du front.  Plus tard, il rejoint le Royal Army Medical Corps et aide les infirmière à soigner les soldats gravement blessés au General Hospital de Londres.

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En 1916, il est réformé en raison de graves rhumatismes articulaires. L'année suivante, il expose  des toiles traduisant son expérience de la guerre en France. L’exposition attire l'attention de Charles Masterman, chef du bureau gouvernemental de la propagande de guerre (WPB). Nevinson est envoyé au front  afin de transcrire par sa peinture les expériences des soldats. Au total, en deux ans il a peint plus de 60 tableaux. Il est devenu en quelque sorte, un artiste de guerre officiel, un peu sur le modèle de nos peintres de la marine. C’est ainsi que l’on peut voir une grande collection de ses travaux à l'Imperial War Museum de Londres. Mais certaines de ses peintures telles que des chemins de la gloire, ont été considérés comme inacceptables par le ministère de la guerre et n'ont pas été exposés après l'armistice.

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Comme tout futuriste, Nevinson a d’abord célébré la violence, la mécanisation et la vitesse des engins de l'ère moderne. Mais son expérience dans les d'ambulances change radicalement sa perception de la modernité. Ses premières peintures des tranchées comme “La mitrailleuse” (1915), qui n’est pas sans rappeler “la guerre” de Gromaire, sont encore grandement influencées par Severini; les soldats sont réduits à une série de plans anguleux à la coloration dominée par le gris. Ils apparaissent presque comme des machines eux-mêmes. Ils ont perdu leur individualité, leur humanité même; ils semblent fusionner avec la mitrailleuse qui donne à cette peinture son titre.

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Il va plus loin encore avec “Retour vers la tranchée”  exposé à Londres en 1915 (dont le dessin préparatoire est à la Tate britain) quand il déclare que: << Le futuriste est le seul moyen pour exprimer la brutalité des émotions vu et ressenti sur le champs de bataille. >>.

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Nevinson est un des très rares a avoir appliqué les nouvelles formes de représentation d’alors à la représentation de la guerre. Par exemple en France il n’y a guère que de Fernand Léger, dans son “Infirmerie à Villepinte” (1917), qui structure l'espace avec des formes géométriques réduites à l'essentiel, et duquel l'illusion de la profondeur et du relief sont bannis. Seul Léger utilisa vraiment le cubisme pour ses oeuvres de guerre. Affecté dans l'artillerie, non sans humour noir, il affirmait qu' << il n'y a pas plus cubiste que cette guerre-là qui te divise plus ou moins proprement un bonhomme en plusieurs morceaux et te l'envoie aux quatre points cardinaux. >>.

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Il revient a une figuration plus classique et très vite à travers ses oeuvres, on constate qu’il est d’une part bouleversé par les horreurs de la guerre et fasciné par les machines volantes comme à la même époque Delaunay. Les tableaux de Nevinson ayant pour thème la guerre dans le ciel sont les plus beaux tableaux que je connaisse sur ce sujet.



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L’horreur qu’éprouve le peintre pour les atrocités de la guerre éclate dans son tableau intitulé ironiquement “la Patrie” qui veut témoigner de l’abandon des blessés mourants qu’il a constaté dans sa fonction d’ambulancier près du front. Lorsque “la Patrie” a été montré à Londres en 1916, un critique a écrit: << La Patrie sera, l'étonnement et la honte de nos descendants, comme un exemple de ce que l'homme civilisé a fait dans le premier quart du 20e siècle. >>.

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La route de Bapaume à Arras

Dans ses tableaux sur la guerre de 14 Il montre aussi bien l'anonymat de l'individu dans une colonne qui monte au front que la puissance destructrice de la guerre dans la route de Bapaume à Arras, 1918, et l'horreur que lui inspirent les combats dans “Paths of Glory”, qui a été censuré et lui a valu une réprimande de la War Office. L’expérience de la Grande Guerre renforcera ses convictions pacifistes.


 

Lorsqu’il présente son tableau “Les chemins de la gloire” à ceux qui l’on envoyé en France et en Belgique sa peinture les scandalisent et ils censurent.

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La toile est dominée par le brun et le vert. Elle montre deux soldats britanniques morts, étendus sur un talus sali par des débris épars. Le titre du tableau suggère ironiquement que les deux cadavres sont au bord du chemin qui les mène non à la gloire mais à la mort. L’effet de morbidité est renforcé par la lumière mystérieuse et artificielle qui nimbe les deux tommys morts entourés de débris dérisoires. On peut aussi interpréter l’exéguité de la surface attribuée au ciel, comme illusoire l’espoir d’une survie céleste de l’ame après l’anéantissement du corps. Cette peinture devait faire partie de la grande exposition des peintures de Nevinson organisé par le gouvernement anglais qui avait pour but de servir de propagande pour l’effort de guerre. “Les chemins de la gloire” fut jugé impropre à figurer dans l’exposition en raison que l’image de soldats britanniques morts minerait le moral du public. D’autre part le titre de la toile était aussi une allusion ironique au poème patriotique de Thomas Gray, “Elegy written in a country church yard”, très connu alors où figurait ce terme. La toile a été laissé à Nevinson qui la fait figurer dans son exposition personnel à la Leicester galerie de Londres en mars 1918. En travers du tableau le peintre y  mis une banderole sur laquelle était écrit censuré! Il est aujourd’hui accroché à l’Imperial war museum de Londres...

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Nevinson peint immédiatement après la guerre une toile très intéressante dont le titre est “Il a gagné une fortune, mais il a donné un Fils”, que l’on peut mettre en parallèle avec les caricatures réalisé au même moment dans l’Allemagne de Weimar par Georg Grosz. On y voit un ploutocrate à la fois repu et triste. Cet homme est un archétype, une figure majeure contemporaine de la haine, celle du profiteur de guerre, qui a fait fortune dans la fabrication d'armement ou quelque chose comme ça. Mais dans la même guerre qui l’a enrichi, son fils a été tué. Cette ironie dramatique est lisible dans ce visage - et notre sentiment sur cet homme en sont partagé. Quelle belle démonstration de la force de la peinture et de l’absurdité de la guerre.

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Un autre pan très intéressant de son oeuvre, à l’instar d’un Paul Nash, est celui qui prend pour sujet les travailleurs en usine et l’architecture industrielle. Dans ses gravures autour de la guerre l’artiste a aussi mis en exergue le travail des femmes en usine durant la première guerre mondiale. Les peintre anglais mais c’est aussi vrais des américains n’ont jamais rechigné, contrairement à leurs homologues français, à peindre les réalités triviales de leur époque. Ce souci de la représentation par les artistes du monde ouvrier perdure en Angleterre aujourd’hui à travers le cinéma.

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Ses estampes, avec leurs forts contrastes, leurs traits gras et leurs formes anguleuses marquent une rupture totale avec la tradition de Whistler. En 1919 et 1920, il se rend à New York. La ville lui inspire toiles et dessin où il traduit le sentiment qu’il a d’une sans âme.

1966

A partir de la fin des années vingt il est élu dans plusieurs instances officielles. Il se consacre de plus en plus à la représentation de fleurs et de paysages. Dès 1924 un tableau comme “Sunday evening, punts on the Thames at Henley” montre le retour de Nevinson au postimpressionnisme. Sa peinture se fait plus  douce et moins radicale dans sa conception. Elle ne retrouvera jamais la force qu’elle avait avant 1925.
En 1937, il  publie son autobiographie, “De la peinture et des préjugés”. Pendant la seconde guerre il est à nouveau “un artiste de guerre”  jusqu'à ce qu'il soit terrassé par un grave accident cérébral vasculaire en 1942. Il meurt quatre ans plus tard.

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A ceux qui pourraient en douter, les toiles de Nevinson sur la première guerre mondiale démontrent quelle peut être la force émotionnelle de la peinture.

 

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