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Un mardi à Roland Garros sous la pluie

25 Avril 2025, 06:23am

Machac

Borges

Interruption de la rencontre par la pluie

Victoire de Machac en 3 sets

Paris, mai 2024

 

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Roland Garros aux couleurs de l'olympisme

24 Avril 2025, 15:29pm

Roland Garros aux couleurs de l'olympisme (1)

Bublik et Nedovyesov

Bublik

Le double brésilien

Belle victoire des brésiliens

Rencontre historique pour le tennis probablement la dernière confrontation, la soixantième entre Nadal et Djoko.

Djoko

un jeune spectateur fatigué

facile victoire de Djoko

Paul - Fritz contre

Raonic-Augier Alliassime

Fritz

Fritz face à Raonic

Augier Aliassime

Victoire de Paul et Fritz potentiels vainqueur du tournoi de double.

Paris, lundi 29 juillet 2024

 

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JEUNES BAIGNEURS NAPOLITAINS (4)

24 Avril 2025, 15:22pm

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Naples, Italie, aout 1985

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POUR UN SOLDAT PERDU DE ROELAND KERBOSCH

24 Avril 2025, 15:15pm



Hollande, 92 mn, 1992
Andrew Kelly, Elsje de Wijn, Freark Smink, Gees Linnebank, Jeroen Krabbé, Maarten Smit, Moniek Kramer, Rients Gratama et Valerie Valentine.
 
Réalisé par Roeland Kerbosch. Scénario : Roeland Kerbosch, d’après le scénario original de Don Bloch. Directeur de la photographie : Nils Post. Copisiteur : Joop Stokkermans. 
Disponible en VO et VOST.
 
Avec: Andrew Kelly, Elsje de Wijn, Freark Smink, Gees Linnebank, Jeroen Krabbé, Maarten Smit, Moniek Kramer, Rients Gratama, Valerie Valentine.
 
 
Résumé : 
 
La rencontre amoureuse de Jeroen, jeune hollandais de 12 ans, et d’un soldat canadien un peu perdu, en pleine guerre mondiale.
 
L’avis critique
 
A l’automne 1944, les troupes alliées délivrent la Belgique et le sud des Pays-Bas, mais le nord du pays reste encore aux mains des allemands. Les cheminots hollandais se mettent en grève, en représailles, les nazis coupent les vivres et le fuel dans la partie du pays qu’ils occupent encore. Cet hiver sera nommé ”hunger winter”: l’hiver de la faim. Les allemands restaient, eux, bien nourris et chauffés. Les rafles des juifs pour les camps de la mort se poursuivaient (50 000 pour la seule Amsterdam). Beaucoup d’amsterdamois moururent de faim et de froid, d’autant que ce dernier hiver de guerre fut exceptionnellement rigoureux. Les parents qui le purent envoyèrent leurs enfants à la campagne, où la nourriture manquait moins, dans les familles d’accueil. Voilà le substrat historique sur lequel se déroule cette histoire.
 
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Rudi van Dantzig fut l’un de ces enfants. Il vivra, jusqu’à peu après la fin de l’occupation, printemps 45, au nord de la province de la Frize, dans une famille de pêcheur. En 1986, il tire un récit autobiographique romancé de cette expérience, une émouvante nouvelle intitulée: ”Veer een verboren soldaat”. Elle traite pour une large part de l’amitié sensuelle qu’il développa avec un soldat de l’armée canadienne.
Van Dantzig fut longtemps célèbre à Amsterdam en tant que danseur étoile du ballet des Pays-Bas, puis encore plus reconnu comme chorégraphe. La nouvelle devint aussitôt un best-seller. Traduite en anglais et publiée à Londres par Bodley Head en 1990 sous le titre: ”For a lost soldier”. En 1992, Roeland Kerbosch tourne le film librement inspiré du livre, et portant le même titre. Le film reçut un accueil tiède tant de la part de la critique que du public hollandais. Au printemps 1993, le film tourne en Amérique du nord, d’abord dans les festivals, puis dans le circuit commercial.
Les critiques hollandais trouvèrent le film trop joli, trop gentil comparé à la noirceur de la nouvelle; mais le grief principal fut le traitement de l’histoire d’amour trop explicite selon la critique alors que la nouvelle laisse planer l’ambiguité sur les relations exactes entre le garçon et le soldat. Ces mauvaises critiques, et surtout le sujet sulfureux, expulsa rapidement le film des grandes salles vers un petit cinéma de l’ouest d’Amsterdam, fréquenté par un public mélangé: survivants de l’hiver de la faim et amateurs de garçons. Le bouche à oreille fut bon, et le film connu un relatif succès durant l’été 1992.
 
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Si le film n’est pas un parfait chef-d’oeuvre, c’est à cause de la séquence initiale où l’on voit Rudi van Dantzig adulte, joué par l’américano-hollandais Jeroen Krabbe (l’acteur fétiche des débuts de Paul Verhoeven), chorégraphe faisant répéter par de jeunes danseurs, absolument splendides dans leur collant brillant, un ballet commémoratif de la libération. Cette entrée en matière n’est pas complètement convaincante et surtout ne s’intègre pas avec le reste du film. Mais aussitôt que “Pour un soldat perdu” revient quarante ans en arrière, il devient beaucoup plus vivant. Nous découvrons le garçon de douze ans fourré dans un camion, à l’aube, avec d’autres enfants, inquiets d’être séparés de leurs parents. Puis nous le voyons s’adapter lentement à sa nouvelle famille, à la fois simple et profondément religieuse, comprendre et apprendre peu à peu la langue frisonne. Les canadiens libèrent la Frise. Le garçon attire l’attention d’un soldat de cette armée; flirter avec lui, en tomber amoureux, devenir son amant, et avec angoisse, le perdre quand partent les troupes. Le jeune interprète, Maarten Smit est parfait. Son visage est non seulement beau, mais surtout remarquablement expressif, le rôle demande une grande variété d’humeurs. Lors d’une interview télévisée en 1992, il a alors quatorze ans, il déclara que pleurer ne lui posa aucun problème, il n’avait qu’à imaginer sa mère en train de mourir, rire lui fut plus difficile, il pensait que son rire était faux et que cela le faisait trembler à chaque fois. Autocritique injustifiée, le garçon est toujours très naturel dans la peau de son personnage.
 
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Andrea Kelby est convaincant dans le rôle charismatique et quelque peu énigmatique du soldat canadien, caché derrière ses lunettes noires, qui au milieu des incertitudes de la guerre, est capable de s’abandonner émotionellement au garçon, comme Jeroen s’abandonne au soldat. Andrea Kelby forme un excellent contraste avec la fraîcheur du jeune Smit à la présence magnétique.
La grande qualité du film est son authenticité. Il fut tourné dans le même village frison où van Dantzig a passé ces mois de guerre. Le réalisateur, Roeland Kerbosh a lui aussi été envoyé dans un village de la Frise durant l’hiver de la faim. Le travail de la caméra est sobre, sans mouvement inutile. Mais c’est grâce au tact et à l’honnêtetè de la mise en scène de la relation sentimentale et physique entre l’homme et le garçon qui fait que ce film n’a aucun égal dans le cinéma pour la franchise et le charme. Par exemple la scène dans laquelle le garçon et le soldat font connaissance... Le soldat conduit une jeep. Le garçon marche sur la route, rentrant à la maison. La voiture le dépasse. Le soldat lui demande de monter. Le garçon tourne les talons et repart en sens inverse. La jeep fait demi-tour, repasse devant Jeroen, tête haute, un léger sourire taquin aux lèvres. Quand la voiture fait à nouveau demi-tour, le garçon arborant maintenant un large sourire se retourne et se met au milieu de la route, barrant le passage au véhicule. Smit et Kelby interprètent parfaitement cette petite scène qui sera à jamais gravée dans la mémoire du spectateur.
Les deux ”amoureux” s’adonnent à des jeux brutaux et fougueux. Cette étrange intimité entre ces deux corps est filmée sans gêne ni complexe. Nous voyons l’homme et Jeroen s’embrasser, se mettre nus, chahuter sous les couvertures, tout cela filmé avec un grand naturel. Le rapport physique est condensé par un long gros plan sur le visage du garçon lors de l’acte sexuel. Nous les découvrons plus tard étendus sur le lit en une étreinte relâchée. Toutes ces scènes qui pourraient être graveleuses sont tournées avec beaucoup de tact et de pudeur qui, paradoxalement en renforce l’audace. Le dialogue minimum, Jeroen parle peu d’anglais et le soldat pas du tout de néerlandais, ajoute à l’intensité de leur relation. Le film est dialogué en trois langues: le frison, le néerlandais et l’anglais, langues quelque fois incomprises par l’un ou l’autre des personnages.
 
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“Pour un soldat perdu” magnifiquement joué et réalisé célèbre la découverte de l’amour. Avec optimisme, ce film ne dit rien d’autre que la découverte de l’amour physique, même à treize ans, peut-être une belle chose. Le fait que les deux protagonistes soient du même sexe et d’age différent ne semble pas être le plus important, mais que l’essentiel est dans la simplicité d’âme du soldat et du garçon. ”Pour un soldat perdu” est un film lumineux.
En France,contrairement aux magasins Virgin, la FNAC à refusé de vendre la VHS du film.
Puisque j’avais été l’éditeur de ce film en VHS en 1995, je pensais qu’il serait possible de le sortir en dvd; mais mon distributeur me dit alors (en 2003) qu’il refusait de le distribuer...
 
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Les propos du réalisateur
 
 
Ils essayent chacun de définir leur sexualité. Ce sont des personnages seuls et solitaires. L’environnement où ils sont ne leur convient pas, et c’est une raison pour pour laquelle ils sont attirés l’un par l’autre. Ils ne parlent pas la même langue. Quand Jeroen arrive d’Amsterdam il ne comprend pas le dialecte frison, quand au soldat il ne parle que l’anglais. Ce sont des circonstances qui les rapprochent. Ils sont environ une semaine ensemble, pas plus. Cela ne pouvait pas être plus qu’une aventure. Le soldat devait suivre son régiment et quelques semaines plus tard la mère du garçon allait le ramener à Amsterdam. J’ai voulu montrer que ces relations doivent être considérées individuellement. Notre culture n’encourage pas la reconnaissance de la sexualité des enfants. Je suis surpris du nombre d’hommes, et pas seulement des gays qui ont eu ce genre d’expérience dans leur jeunesse. Beaucoup de gens sont venu me voir, me dire qu’ils ont eu une aventure similaire et que le film les les avait d’autant plus ému. Je ne m’étais pas rendu compte que cela arrivait si souvent et bien sur, pas seulement pour les garçons mais aussi pour les filles.
Le soldat dit: ”Dès que je t’ai vu j’ai su que tu étais mon genre de mec”. Ce n’est pas une approche sexuelle. Parles moi de toi, est le sens de la scène. Au départ la scène était beaucoup plus longue. Le soldat racontait sa vie au Canada, Jeroen, marchant à ses cotés, écoutant d’une oreille distraite. Nous avons coupé au montage pour ne pas ralentir le film. De la peut-être quand Walt demande quel genre de mec es-tu? cela parait plus intéressé, mais ce n’est pas une invitation.
 
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Lors du tournage le garçon qui joue Jeroen avait treize ans. C’est un garçon vif et intelligent cela n’a pas posé un problème intellectuel, la communication a été très facile. Je crois que durant le tournage il a beaucoup appris grâce à l’excellent contact qu’il a eu avec les autres acteurs. Je crois que ce film a été pour lui un très bon moyen de découvrir sa propre sexualité. Le jeune homme qui interprète le fils du fermier est dans la vie un proche ami de Marten Smit, et est gay. Il a renseigné le garçon sur l’homosexualité pour préparer le tournage.
La seule scène qui a gêné les acteurs est celle où le garçon mord le doigt du soldat. La scène de rapport sexuel a été assez difficile. C’était gênant car tout le monde savait ce que cela signifiait. Le garçon aussi, bien qu’il n’est jamais eu cette expérience. Le jour de tournage a été très dur. Nous étions tous très fatigués et l’acteur qui joue le soldat était tendu et de mauvaise humeur. Le même jour nous avions tourné la scène d’adieu du soldat, quand il rentre avec Jeroen et parle à son père adoptif. Ce soir la l’acteur qui jouait le soldat rentrait en voiture à Amsterdam, le jour suivant il m’a dit au téléphone qu’il avait pleuré en chemin car pour lui c’était un véritable adieu aux scènes les plus importantes du film. Il m’a dit j’ai pleuré car j’ai réellement dit adieu au garçon alors que nous avions une formidable relation. Il restait encore quelques jours de tournage, mais c’était des scènes beaucoup plus faciles moins intimes.
 
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Dans le livre les scènes de sexe sont beaucoup plus explicites, plus crues. Le déroulement de la relation est plus long. Dans un film il est interdit de montrer un pénis en érection. Bien que je trouve cela ridicule, c’est un fait. Si vous cherchez une audience il faut faire quelques concessions. Cependant je n’ai pas l’impression d’avoir fait des restrictions significatives. Mon intention était de rendre plus chaleureuse la relation entre le garçon et le soldat que dans le livre où elle est assez froide et plus sexuelle que romantique contrairement au film.
Il y a vingt ans on n’aurait  pas pu faire un tel film et le montrer aussi librement. Je savais que dans un premier temps le public touché serait d’abord le milieu gay; mais le bouche à oreille fonctionnant le public intéressé dépasse largement le strict milieu gay. Je pense que ce film peut toucher tout les publics.>>.
 

Commentaires lors de la première parution du billet

 
Salut Bernard
Ai reçu hier une copie sous titrée en anglais du film POUR UN SOLDAT PERDU achetée sur EBay.Je l'ai visionné hier soir.C'est un très beau film..plein de tendresse...Par contre j'ai noté une erreur factuelle...le drapeau du Canada montré dans les festivités de la Libération ne date que de la fin des années 1960 ou début de 1970???
Merci pour cette découverte
Yves
 
Posté par Yves, 05 février 2008 à 17:36
 
Le réalisateur veut nous faire croire qu'il est "interdit" de montrer une scène de sexe frontale, or ça n'est pa vrai du tout, d'ailleurs il ajoute que c'est lié à la recherche d'un certain public. Par conséquent, pas de public, pas de fonds, pas de film. Pourtant, le refus des concessions, c'est possible. Manifestement un film beaucoup plus lisse (par rapport au livre).
Posté par jef, 25 juin 2008 à 15:10
 
J'ai adoré ce film. Mais je n'ai pas trouvé le livre, sauf en version pdf.
 
Bien sur, il y a beaucoup de différences entre le livre et le film. Ce sont peut-être des différences sans importance. Mais alors, pourquoi modifier ainsi le livre?
 
Dans le fond, je préfère le film au livre. Car dans le livre, il me semble évident que le soldat abuse le garcon. Je dirais même qu'il le viole. Le garcon a mal. Mais il l'accepte, parce qu'il aime le sodlat.
 
Le plus émouvant, c'est sa prière impie: mon Dieu, faites que le soldat soit toujours mon ami, et faites que personne ne le sache...
 
Dans le livre, ce qui m'étonne, c'est l'habileté avec laquelle Rudi peut raconter son histoire, avec l'esprit d'un enfant. Le plus touchant, c'est que Jeroen avoue ne rien comprendre aux agissements du soldat. Il ne fait pas le lien entre les caresses et le plaisir sexuel, qu'il n'éprouve pas encore. Son affection pour le soldat est donc tout à fait sincère. Et la peine qu'il éprouve après son départ, est véritablement une peine d'amour.
 
Mais je dois dire que l'attitude du soldat me choque beaucoup. Dans le livre, il est dur, avec le garcon, et il ne s'inquiète pas de le blesser. De plus, il n'a jamais essayé de retrouver le jeune garcon, alors que, des années plus tard, Jeroen le cherche encore.
 
 
Pour un fois qu'on voit un soldat canadien dans un film européen, je regrette beaucoup qu'on lui donne le mauvais role. Si j'avais eu la chance de ce soldat, j'aurais abandonné la guerre et l'armée, et je me serais installé dans le Friesland avec Jeroen.
 
 
Moi aussi, j'ai adoré cette scène, où le soldat essai de faire monter le garcon dans sa jeep.
 
 
Malgré la difficulté que ca représente, je suggère aux amateurs d'essayer de se procurer le livre. Les réflexions du jeune garcon y sont fantastiques. Et si personne ne se décide à la faire, je pense bien traduire ce livre en français.
 
Enfin, je ne pense pas qu'on puisse présenter ce film aux États-Unis. Je n'en suis pas certain, mais il me semble qu'on y brule encore les sorcières... Aussi, oser raconter une histoire d'amour entre deux garcons, pire encore, entre un jeune homme et un enfant, je pense que ca choquerait l'ensemble du pays. Et bien sur, ces pauvres hypocrites seraient obligés de visionner le film em chachette.
 
Posté par Yvon Verrier, 22 juin 2010 à 08:09
 

 

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GRINGOS LOCOS DE SCHWARTZ & YANN

24 Avril 2025, 15:09pm

 
Le volume paru chez Dupuis , intitulé Los Gringos locos (2012), avec au scénario Yann et au dessins Olivier Schwartz, est l'album le plus réussi jusqu'à ce jour des tentatives de la B.D franco-belge à rendre hommage à ses maitres. Le scénario de Yann met en scène trois grands auteurs belges, Jijé , Morris et Franquin, raconte, de façon picaresque, les événements bien connus de leur voyage entrepris au Mexique et aux États-Unis. Jijé, un catholique fervent, décide avec sa famille et ses deux jeunes amis qui sont en quelque sorte ses élèves, Franquin et Morris de quitter l'Europe pour échapper à une Troisième Guerre mondiale et à la suprématie probable du communisme aux yeux de Jijé.
 
 
 
À cette époque, l’Amérique représentait pour les auteurs de la bande dessinée européen un Eldorado: la profusion des comics, Hollywood, le swing, la vie sur la route... 
On peut ainsi comprendre, si on a bien en tête le contexte de m'immédiate après guerre, le désir des trois compères d'aller à ce qui est pour beaucoup de leurs collègues d'alors la Mecque de la bande dessinée en ce temps là. Yann donne à voir une sorte de carnet de voyage truculent dans lequel ces auteurs bien-aimés sont représentés comme les protagonistes d'un road movie humoristique. Il y a aussi des apparition de Victor Hubinon et d'autres dessinateurs de l'équipe légendaire du Journal de Spirou de cette époque ("Gringos locos" est paru en pré publication dans le journal de Spirou).
 
Sans être jamais méchant le récit va en grande partie à l'encontre de l'idéalisation que nous, lecteurs-admirateurs, avons de ces auteurs, car il nous rappelle qu'ils étaient des êtres humains, avec tout le lot de leurs faiblesses. Il souligne également toute leur innocence et l'innocence d'une période au cours de laquelle les auteurs créaient des bandes dessinées, considérées aujourd'hui comme des chefs-d'œuvre, sans en avoir conscience et cela pour le plus grand plaisir des garçons.
 
Yann a beaucoup travaillé avec André Franquin sur les scénarios du Marsupilami, puis avec Morris sur les scénarios deLucky Luke. De ces expériences, le scénariste garde notamment le souvenir des nombreuses anecdotes que les auteurs lui racontèrent concernant leur périple à travers les États-Unis et le Mexique, en compagnie de Jijé et de sa famille. Dès lors, Yann caressa l'idée de raconter un jour, en bande dessinée, cette incroyable épopée sur les débuts balbutiants de trois auteurs qui deviendront des personnages incontournables et de véritables stars de la BD franco-belge. La reconstruction de Yann est donc basée sur les souvenirs qu'il a personnellement reçus de Franquin et Morris: << J’ai travaillé avec Franquin et Morris, j’étais souvent branché sur cette époque car ils en parlaient souvent. J’ai tanné Franquin pour qu’il fasse la BD avec moi, ç’aurait été la classe ! Mais son style avait trop évolué, était devenu trop moderne et n’aurait pas collé avec l’histoire. Cela fait 30 ans que je traîne cette idée !>> Malheureusement sa vision n'a pas été du gout des héritiers de Jijé.
 
 
Alors que la fille de Franquin et la veuve de Morris n'avaient rien à redire à la vision de Yann qui est par ailleurs un scénariste confirmé et qui a de nombreuses réussites à son actif, l'image que projetait Yann de leur père  ne convenait pas aux enfants de Jijé qui auraient préféré une vision, comment dire?, "plus canonique". Ils n’auront sûrement pas apprécié la représentation caricaturale de leur père, sa façon de s’habiller, son hypothétique tyrannie et, peut-être, la nouvelle de la passion maladroite de Franquin pour la femme de Jijé qui se trouve être leur mère. Elle est peintes avec des courbes dignes de celle Betty Page! Selon leur jugement, le père de Jijé n'avait rien à voir avec ce personnage sympa de l'histoire.  Benoit Jijé dans une interview a déclaré: " Jijé n'a rien à voir avec Charlie-Hebdo !". L'album est paru avec quelques pages dues au enfants de Jijé en tiré à part censé rectifiées l'image de leur père.
 
Si Yann a mis l'accent sur ce voyage, c'est parce que la rencontre des trois auteurs avec l'humour juif new-yorkais a changé leur concept de BD en le transformant en un produit destiné aussi aux adultes, le célèbre neuvième art franco-belge est né en partie de ce voyage.
Le style graphique utilisé dans cet album par Schwartz est très similaire à celui d’Yves Chaland et un peu différent de son style habituel. Il reconnaît d'ailleurs avoir repris la figure de Jijé d’un hommage en huit planches de Chaland à Jijé, publié dans le n° 64 de Métal Hurlant en 1980.
Schwartz est un mon avis un grand méconnu (relativement) de la bande-dessinée d'aujourd'hui. Il est le plus intéressant repreneur de Spirou (le groom vert de gris) depuis Franquin. Il excelle à rendre l'atmosphère des années 50. Dernièrement toujours sur un scénario de Yann, il dessine une aventure policière, Atom agency sorte d'hommage réussi à la fois à Tillieux et à Léo Malet.
 
Cet album devait être suivi d'un deuxième, comme le montre la publicité immédiatement ci-dessous, intitulé Crazy Belgians , qui aurait mis en scène un autre géant de la BD, René Goscinny. Mais en regard des problèmes rencontrés par le premier, il est fort probable, hélas, qu'il ne verra jamais le jour.
 
 
 
 

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Une visite à Art Paris 2025 (3)

24 Avril 2025, 14:23pm

 

Ernest Pignon Ernest

Bioules

Enki Bilal

Paris, avril 2025, photo B.A

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Je me souviens de Roland Garros

24 Avril 2025, 14:16pm

 

Depuis plus de quarante ans, chaque année, avec de rares impasses forcées, je ressens une bouffée de plaisir en arrivant au sommet de l'escalier de la station de métro de la Porte d'Auteuil, premiers pas vers le stade Roland-Garros où je vais rituellement assister aux internationaux de France de tennis. Cette année, je n'ai pas fait exception à la règle. Une fois franchi le barrage des parasites cosmopolites aux trognes patibulaires qui, depuis près de vingt ans, escroquent le chaland (souvent étranger) en leur proposant dans un sabir interlope des places au marché noir, je me retrouve marchant au milieu d'une foule pressée composée d'habitants des beaux quartiers qui ressemblent à ces braves gens de La Varenne que chante Charles Trenet et qui furent mon seul horizon humain pendant mes toutes premières années.
Roland-Garros est un des rares lieux, avec ma chère plage de La Baule où je peux jouer (mais est-ce transmissible, éclairez moi sur la question) au jeu du génial Perec : JE ME SOUVIENS.

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Nalbandian sur le court n°3.

Je me souviens ainsi d'un soir, dans une lumière crépusculaire, sur le central, qui ne s'appelait pas encore Philippe-Chatrier, de Ramirez, le sombre et moustachu mexicain qui n'en finissait pas de battre l'élégant chilien Gildemeister... Je me souviens, ces années-là, en ces heures tardives, du bruit des canettes en verre (pas encore interdites de crainte de jets intempestifs) qui, poussées par le pied maladroit d'un spectateur qui se résignait a quitter l'enceinte avant le dénouement final, dévalaient les gradins avant de se briser en un bruit cristallin qui serait aujourd'hui totalement incongru au royaume de l'ocre...

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Parfois il pleut sur Roland Garros

 

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Et il faut enlever l'eau.

Je me souviens d'avoir vu le jeune et très long Ivasinevic, lors de sa première prestation Porte d'Auteuil, sur un petit court à la campagne (entendez par là un terrain excentré par rapport au central) se faire étriller par le roux australien Woodforde qui était, avec son compatriote, le bien mignon Woodbridge, une paire fameuse dont j'essayais de ne pas manquer les apparitions et que j'ai par conséquent admiré bien souvent, même si elle ne parvint jamais à ravir dans mon coeur la place tenue par un autre duo fameux celui des sud-africains Mac Millan, toujours coiffé de sa casquette plate, et Hewitt... Je me souviens d'un Roland-Garros sans ahanement... Je me souviens du premier joueur qui osa une chemisette de couleur. Elle était d'un beau vert jardin, alors que tous ses camarades se présentaient dans des tenues, de la tête aux pieds, d'un blanc immaculé. Il s'appelait Van Dilen. Je me suis empressé de l'imiter et pour cette raison, je fus renvoyé chez moi par mon entraîneur pour me changer. On ne plaisantait pas en ce temps-là avec la tenue au country club de La Baule... Je me souviens d'un après-midi caniculaire, pendant lequel je suis resté debout, sur la passerelle en ciment qui surplombe le court trois, voir le hollandais Haarhuis battre au courage le triste et vindicatif argentin Mancini que l'on présentait, cette année-là, comme le grand favori car il venait de remporter le tournoi de Monte-Carlo... Je me souviens qu'en 1974, j'ai acheté mon billet pour la finale trente minutes avant le début de la rencontre ; pendant celle-ci, il resta plusieurs places vides sur les gradins et pour la première fois, Borg brandit le trophée...

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Avant les parties.

Je ne me souviens plus en quelle année, les jeunes et jolis manipulateurs des numéros qui affichaient le score sur les courts annexes furent remplacés par des tableaux lumineux... Je ne me souviens plus quand le court, bordé par une charmante et incongrue maison normande, sur lequel par une tiède après-midi j'ai soutenu Alexander, a été supprimé... Ne croyez pas que je ne me rends à Roland-Garros que par nostalgie. La veille de ma première visite de l'année au stade, je suis aussi fébrile que la lointaine première fois. Le souvenir n'est pas une déploration, c'est au contraire conforter les plaisirs à venir en les asseyant confortablement sur le socle de la mémoire.

Et puis il y a toujours les ramasseurs de balles

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Toutes les photos de cet article ont été prises durant Roland Garros 2008.

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Angkor Wat (3 et fin)

24 Avril 2025, 09:18am

Cambodge, février 2023, photo B.A

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Edi Dubien au Musée de la chasse et de la nature (3)

24 Avril 2025, 08:42am

Paris, janvier 2025, photo B.A

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Chang Kuda de Chong Fah Cheong

24 Avril 2025, 07:09am

Singapour, mars 2025, photo B.A

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