Le quartier d'Asakusa est surtout grâce au temple Senso-ji et à sa porte Kaminarimon littéralement, la porte du tonnerre. Ce temple, qui serait le plus ancien de Tokyo, en ce qui concerne l'ancienneté au Japon il faut toujours utiliser le conditionnel, tant les temples ont été détruits et reconstruits, possède une gigantesque porte au centre de laquelle pend une non moins gigantesque lanterne. Sous cette dernière gaijins et nippons se font photographier à la queue leu leu. La lanterne est gardée de part et d'autre par deux cerbères, le dieu du vent et celui de la foudre.
Le temple est dédié à la déesse Kanon. Près de ce haut lieu touristique de jolis tireurs de pousse-pousse font l'article pour appâter le client. Ils sont chaussés de la traditionnelle et populaire jikatabi, des chaussures où le pouce est séparé des autres doigts de pieds et qui donnent un peu l'impression que l'on est pieds nus lorsqu'on les porte. Les jikatabi sont avant tout des chaussures pour les ouvriers.
Une fois passer la porte Kaminarimon, pour arriver au temple Senso-ji, on chemine dans une rue piétonne bordée des deux cotés par une multitude d'échoppes qui proposent nourriture et souvenirs de toutes sortes, masques, tissus (les fameux furoshiki ces pièces d'étoffes qui servent à envelopper tout et n'importe quoi, cadeaux, déjeuners, bouteilles...), jouets, vaisselle, estampes...
Du temple, on voit la Sky tree, la plus haute tour de Tokyo qui n'est pas encore tout à fait terminée à l'automne 2011.
Typiquement japonais les petites pancartes nous informant d'une manière humoristique d'un éventuel désagrement.
Voilà des oeuvres de David Hockney que vous ne verrez pas dans la belle exposition que la Fondation Vuitton consacre à David Hockney dont les joiners sont absents.
Au début des années 1980, David Hockney commence à réaliser des photomontages - « joiners » - constitués de multiples Polaroïds formant des mosaïques.The Grand Canyon, constitué de 60 tableaux, sera conçu en 1986 à partir d’un photomontage de 1982.
La photographie c’est très bien si cela ne vous ennuie pas de regarder le monde du point de vue d’un cyclope paralysé – pendant une fraction de seconde…
David Hockney admet ses frustrations profondes vis à vis de la photographie: une photo ne peux retenir son attention pendant plus de trente secondes, quel que soit le sujet. C’est seulement lorsqu’il commence à travailler avec les Polaroïds qu’il pressent que l’image fixe peux montrer une notion de temps qui passe.
J’ai immédiatement réalisé que j’avais résolu mon problème lié au temps dans la photographie... Les « joiners » avaient plus de présence que des photographies ordinaires. Avec cinq photos, par exemple, vous étiez forcé de regarder cinq fois. Extrait des conversations de David Hockney avec Lawrence Weschler.
J'avais trouvé le billet, qui occupe la plus grande partie de cet envoi, sur un site signé "Soleil" qui aujourd'hui semble avoir disparu. Le texte issu de ce blog defunt commence à : << Vincent est un des plus proches intimes d'Hervé Guibert.>>. Le Vincent en question est peu ou prou celui de "Voyage avec deux enfants" et de "fou de Vincent", ce dernier livre commençant ainsi:
« Dans la nuit du 25 au 26 novembre, Vincent tombait d'un troisième étage en jouant au parachute avec un peignoir de bain. Il a bu un litre de téquila, fumé une herbe congolaise, sniffé de la cocaïne. Le retrouvant inanimé, ses camarades appellent les pompiers. Vincent se redressa brusquement, marcha jusqu'à sa voiture, démarra. Les pompiers le coursent, s'engouffrent dans son immeuble, montent avec lui dans l'ascenseur, pénètrent dans sa chambre, Vincent les injurie. Il dit “ Laissez-moi me reposer ”, eux : “ Andouille, tu risques de ne jamais te réveiller. ” Dans la chambre d'à côté, ses parents continuent de dormir. Vincent a foutu les pompiers dehors. Il s'est endormi comme un charme. À neuf heures moins le quart, sa mère le secoue pour l'envoyer au travail, il ne peut plus bouger d'un pouce, elle le transporte à l'hôpital. Le 27 novembre, prévenu par Pierre, je rendis visite à Vincent à Notre-Dame-du-Perpétuel-secours. Deux jours plus tard il mourait des suites d'un éclatement de la rate. »
Fou de Vincent, comme son nom l'indique, est l'histoire d'une folie. D'une folie pour un garçon aimé, disparu accidentellement en novembre 1988. S'appuyant sur les notes de son journal et sur ces souvenirs, Guibert tente de faire le récit de cette relation singulière. Remontant la chronologie, il appelle à lui tous ses souvenirs, du décès de Vincent à l'automne 88, jusqu'à leur première rencontre en 82. Six années parcourues à rebours, à contre-courant ; le récit commence par la mort, pour s'achever sur la rencontre.
Selon Arnaud Genon, qui lui a consacré une étude, et cocréateur du site herveguibert.net, Hervé Guibert «a toujours eu le projet de se dévoiler [...] même si les dispositifs purement autofictionnels n’apparaissent qu’à partir de « À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie ». » L’écrivain de confirmer, tout en précisant le travail de narration et d’écriture de son livre :
Pour moi tout est vrai dans ce livre, rien ne pouvait être faux dans ce livre là donc, mais en même temps, je trouve que c’est un roman, parce qu’il il y a une construction, il y a un suspense qui est mis en place dès la première page et qui est mené jusqu’au bout.
Mais il ne faut pas oublier que les oeuvres d'Hervé Guibert sont des autofictions; dans ce mot que le plus important est à mon sens fiction. D'ailleurs les lecteurs attentifs de Guibert savait que Vincent n'était pas mort des suites de sa chute puisqu'il réapparaissait dans "Le protocole compationnel". En effet le "vrai" Vincent que j'avais croisé à l'occasion de quelques vernissages chez Agathe Gaillard, est mort il y a quelques mois, époque, où en faisant des recherche sur ce garçon disparu de mon horizon depuis longtemps, je suis tombé sur ce texte signé Soleil; trouvant dommage qu'il ne soit plus accessible, je le réédite aujourd'hui, en espérant que sont auteur, s'il me lit ne s'en trouve pas offusqué ou peiné.
Vincent est l’un des plus proches intimes d’Hervé Guibert. Il a partagé quelques-uns de ses plus beaux moments, et donné corps à un personnage de son auto-fiction, dans Fou de Vincent, un des plus beaux textes de l’écrivain, un des plus douloureux aussi, paru chez Minuit en 1989.
Je retrouve Vincent le 2 décembre 2001, au Père Tranquille, dans le quartier des Halles. Il a relu Fou de Vincent, que je lui ai envoyé parce qu’il ne l’avait plus, et Christine vient de lui adresser un exemplaire à peine sorti des presses de Le Mausolée des amants, le journal de l’écrivain de 1976 à 1991. Le jeune homme arrive avec des fantômes dans les yeux. L’une de ses paupières est à moitié fermée. Un mauvais coup ? Il porte quelques traces de cicatrices au visage. Il annonce sans ambages qu’il a fumé un joint avant de venir, que c’est pour ça qu’il est en retard. Il est sorti la veille. Il n’est donc pas tout à fait dans son assiette.
Vincent commande un thé. Le serveur lui apporte une théière en inox. Le sachet est attaché au couvercle. Vincent verse l’eau chaude avant d’avoir fait infusé le thé. Il appelle le serveur : « Vous êtes sûr que c’est du thé ? » Le serveur lui explique qu’il faut d’abord plonger le sachet dans l’eau. « Vous ne voulez pas me le faire ? » demande le jeune homme.
Vincent saute d’un sujet à l’autre. Il évoque Guibert. Il a commencé de lire Le Mausolée, et il paraît touché : «J’ai lu les premières pages et ça ne me faisait pas grand-chose. Et puis, tout à coup, j’ai entendu sa voix dans mes oreilles, comme si c’était lui qui me disait son texte, et là, j’avais l’impression de le retrouver. Je comprenais mieux ce qu’il voulait dire, ce qu’il y avait derrière ses mots.» Du coup, Vincent revient en arrière sur son histoire. «Ce qu’il a aimé en moi, c’est que j’étais un mec bizarre. Je lui ai fait faire des trucs qu’il n’a pas fait avec d’autres. Mais à la lecture, je me rends compte que je suis un mec parmi plein d’autres. Je ne savais pas que c’était à ce point. En fait, je ne connais pas Hervé Guibert. Tu le connais sans doute mieux que moi. Je n’en ai vu qu’une petite partie. Ce qui est clair, c’est qu’il écrivait son journal en sachant qu’il serait lu. Pour moi, Hervé reste un grand gamin. Il cherchait toujours à m’étonner. »
Puis, sans raison apparente, un peu du coq à l’âne, Vincent se met à parler de lui. Pierre Reimer, qui connaît bien Agnès B., lui a trouvé un job chez la styliste. Il est chargé de mettre de l’ordre dans les stocks, et de dispatcher les objets publicitaires dans les différentes boutiques. « C’est un job intéressant. Enfin, on me donne des responsabilités. Bon, je ne gagne pas grand-chose, mais c’est un début. Je m’en sors à peu près… » Il parle de l’appartement de Courbevoie, que ses parents lui ont offert, « une avance sur l’héritage. Mais je n’ai droit qu’à 600 000 F, et il vaut plus, alors je vais devoir le revendre pour libérer un peu d’argent. » Avec le bénéfice de cette vente, il compte ouvrir une boutique de location vidéo dans le quartier République.
Vincent a faim. Il a envie de viande. Nous sortons dans l’air froid de cette fin d’automne. Il fait gris sur Paris. Nous trouvons refuge à L’Entrecôte, qui est à deux pas. La serveuse regarde le jeune homme d’un drôle d’air. Toujours cette tête qui déjà, à l’époque où Hervé Guibert vivait, était capable de rebuter un commandant de bord au point qu’il lui refuse l’accès à son avion.
Vincent appelle un serveur pour protester. Les enceintes grésillent. Le son est de mauvaise qualité. On ne s’entend pas. Le serveur n’a pas l’air très content, mais il obtempère. Vincent réclame un cendrier. La maison n’en a plus. Le serveur apporte un petit plat en argent. Vincent sourit. Il revient sur Hervé Guibert. « Parfois, il pouvait faire peur. Il avait de brusques envies. Il pouvait m’entraîner sous un porche, me serrer dans ses bras. J’étais un gamin. Physiquement il était plus puissant que moi. C’étaient des moments que je craignais. Je ne pouvais pas lui échapper. Il y avait une sorte de violence en lui, profondément enfouie.
« Je me souviens d’une anecdote qui s’est passée en 1983 à la Feria de Nîmes. Hervé était venu avec un ami allemand qui avait plus de 150 000 francs en poche. Hervé lui-même devait avoir cinq ou six mille francs. A un moment, je les laisse aller se promener dans le parc. Ils étaient habillés de manière très parisienne. Ce que devait arriver est arrivé : ils ont été braqués par une dizaine de jeunes. Tout leur argent y est passé.»
Vincent revient à lui. Il me parle de cet ami allemand, d’un âge déjà avancé, fin lettré, admirateur d’Hervé Guibert un peu fétichiste, qui l’invite régulièrement au restaurant et insiste pour lui donner 2000,00 F à chaque fois. « Au début, je ne voulais pas. Je trouvais que ce n’était pas correct. Mais Pierre m’a dit que je devais accepter, que sinon je risquais de le fâcher, et que sans doute cela lui fait plaisir de m’offrir cet argent. Il est vrai que cela m’arrange aussi. C’est lui qui m’a offert ces chaussures, ce blouson de cuir. Pour le remercier, j’ai volé pour lui, pendant que la vendeuse emballait le blouson, une ceinture et des boutons de manchette. Dans la rue, je lui ai dit que j’avais aussi un cadeau pour lui, et j’ai sorti ces objets de ma culotte. Il a ri. Cela l’amuse. Parfois, il voudrait faire comme moi, piquer des trucs dans des magasins. C’est pour m’impressionner. Mais je l’arrête. S’il vole quelque chose, tout le monde va le voir. Il manque de naturel. Cela s’apprend. »
L’ami allemand de Vincent voulait posséder un peu de l’écriture d’Hervé. Vincent lui a donné une des rares enveloppes qui lui restent. « Je n’ai pas gardé les courriers d’Hervé. A quoi bon ? » La jolie lampe bleue dont Guibert parle dans Fou de Vincent, le jeune homme l’a prêtée à son ami. « Il voulait l’avoir chez lui. Il m’a donné de l’argent pour pouvoir la garder. Je lui ai fait signer un papier pour qu’elle me revienne à sa mort. C’est un cadeau d’Hervé. »
Vincent connaît bien le milieu des pickpockets de Paris, les bandes qui opèrent dans le métro. Il admire ceux qui font un travail « propre », c’est-à-dire qui opèrent sans violence, sur des touristes apparemment fortunés. « J’en ai vu un l’autre jour qui subtilisait un appareil photo numérique à un japonais. Je suis sûr que le type ne s’en est rendu compte que le soir. Du grand art. » Mais il est capable de prendre fait et cause pour la veuve et l’orphelin. Il s’est battu pour défendre une vieille dame à qui des loubards venaient de faucher son sac. « Personne n’a bougé dans le métro. Ils m’ont laissé faire tout seul. Les voleurs étaient trois. J’étais tout seul. Je n’ai pas pu les retenir. Après, j’ai insulté un gros mec baraqué qui avait regardé la scène sans faire le moindre geste. Il devait faire un mètre de plus que moi, mais je m’en fichais. J’étais en colère. »
Dans Fou de Vincent, Hervé fait passer Vincent par la fenêtre dès la première page. Le jeune homme meurt des suites de l’accident. «En fait, l’histoire est à moitié vraie. On sortait du restaurant Le Petit Congo, un ami nous invite à prendre un verre et à fumer chez lui. Il habitait au premier étage, pas au troisième. Par la fenêtre, je vois passer deux filles que je connais : «Vincent, tu viens avec nous ?» Je saute en comptant me récupérer à la barrière de la fenêtre. Mais il pleut, mes mains glissent, et je me retrouve sur le trottoir avec le scafoïde cassé et trois côtes brisées. Hervé est venu me voir à Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours. Il a croisé mes parents. Ils se sont fait des salamalecs. Mes parents avaient pourtant lu Voyage. Ils savaient qui était Hervé.»
Quelques pages plus loin, Guibert raconte le départ manqué de Vincent, qui doit quitter Rome en avion -- à l’époque où l’écrivain vit à la Villa Médicis -- mais ce dernier est overbooké, et le pilote a refusé de le prendre dans la cabine «quand il a vu sa tête» : «J’ai une tête bizarre, un peu à la Klaus Kinski. C’est une impression que je donne toujours.» Hector Bianciotti, qui débarquer Vincent à la sortie d’un concert de Rameau à Saint-Louis-les-Français, où il était avec Hervé, demande à ce dernier : «Mais c’est qui ?» Guibert répond : «C’est Vincent.» Hector s’étonne : «C’est lui, Vincent ?» Mais Guibert traduit : «C’est ça, Vincent ?»[1]
Vincent veut sodomiser Hervé, ce dernier sort une capote rose qu’il veut lui enfiler. L’exercice apparaît quelque peu laborieux à la page douze de Fou de Vincent. «C’est très exagéré. On a fait des câlins. Mais de là à mettre une capote rose ! Ce n’était pas du Walt Disney, quand même ! Pour moi, Hervé était comme un grand frère.»
Pierre Reimer écrit à Vincent chez Hervé Guibert. Hervé avoue dans son livre qu’il n’a pas tenu. La curiosité était trop forte. Il a ouvert la lettre pour la lire. Il s’en excuse auprès de Vincent, qui lui répond : «Maintenant, je sais que tu es bizarre.»
«Cela s’est vraiment passé ainsi, souligne Vincent. Je lui disais tout le temps d’arrêter de se faire des films. Il se racontait des histoires, et il y croyait. C’était son moteur.» Vincent confirme un autre remarque du livre : «Détenir une petite quantité de drogue, écrit Guibert, quand je passe une soirée avec Vincent, même si je ne m’en sers pas, c’est me munir d’un balancier pour aller jusqu’au bout du fil lui ravir son corps.»
«Il m’est arrivé, avec Hervé, souligne Vincent, de jouer l’assistante sociale. Il m’offrait toujours des flacons de parfum. Tous ses lecteurs amoureux de lui en envoyaient. Il me racontait que son père lui massait les pieds avec du parfum, quand il était jeune, et que sa mère était couchée. Il voulait me masser le torse avec du parfum, et que je le fasse aussi. J’acceptais par pure complaisance...
«Quand je relis ce qu’il a pu écrire sur moi, je trouve souvent cela vexant. Si je l’avais en face, je lui dirais que ce n’est pas bien. Il m’agace, mais il me fait rire. Je connais toutes ses attitudes. Il essaye de jouer les grands adultes, mais ce n’est qu’un gros poupon !» Vincent ne réalise pas qu’il vient de parler d’Hervé au présent.
Il revient sur son travail chez Agnès B. « Si tu veux t’acheter des fringues dans une boutique, appelle-moi, je te donnerai mon numéro de carte. J’ai 50 %. C’est vachement intéressant. »
Je relève quelques anecdotes dans Le Mausolée des amants, par exemple ce passage où Guibert note : «Hier soir Vincent s’est cassé un verre contre le front, a injurié les serveurs de la Coupole, m’appelait ma biche, puis en larmes s’est agenouillé devant moi pour baiser mon gland.»[2]
«Ce doit être vrai,» murmure Vincent avec un sourire d’enfant qui a fait une bêtise.
Parfois, Hervé n’a changé qu’un détail de l’anecdote du réel. Quand, à la fin de Fou de Vincent, il explique que le tout jeune homme lui a chipé sa plaquette pornographique Les chiens, ce n’est pas tout à fait vrai, suggère Vincent : c’était un autre livre. En revanche, il est «bien possible» que le jeune Vincent ait déclaré un jour à Hervé Guibert : «J’avais décidé de ne plus aimer les hommes, mais toi tu m’as plu,» comme l’écrivain l’indique à la fin de son livre. «Mais ça n’a pas d’importance,» conclut Vincent.
Nota
Ce billet doit beaucoup au site suivant: http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-12710557.html;
Fiche technique : Avec Vincent Cassel, Caroline Cellier, Jean-Pierre Marielle, Caspar Salmon, Sabine Destailleur, Sandrine Le Berre, Alain Gandy, Luciana Castellucci, Angelo Aybar et Maggy Dussauchoy.
Réalisation : Olivier Schatzky. Scénario : Éve Deboise et Olivier Schatzky, d’après la nouvelle d’Henry James. Directeur de la photographie : Carlo Varini. Ingénieur du son : Dominique Levert. Musique : Romano Musumarra. Décorateur: Jacques Bufnoir. Monteur : Jean-François Naudon.
France, 1996, Durée : 92 mn. Disponible en VF.
Résumé : À la fin du XIXe siècle, un jeune instituteur de 25 ans, Julien (Vincent Cassel) est engagé par un couple d’aristocrates (Caroline Cellier et Jean-Pierre Marielle), vivant dans une grande propriété du midi de la France, pour veiller à l’éducation de leur fils, Morgan (Caspar Salmon). Le garçon est à la fois surdoué, tourmenté et farouche. Il dort la nuit les yeux ouverts. Parfois il chante d’une belle voix claire, la nuit, sur le toit de la grande maison. Morgan déclare n’avoir pas d’amis car les enfants de son âge ne l’aiment pas. Julien découvre, au fil des jours, la réalité totalement factice du train de vie de ses employeurs. Ils sont complètement ruinés et ils ne peuvent lui payer ses gages. Ils ne lui versent que de minables acomptes. Morgan n’est pas dupe de cette situation que Julien essaye pourtant de lui cacher pour ne pas lui avouer (?) le sentiment qu’il éprouve pour lui. Le garçon sent que si Julien ne cherche pas une autre place, c’est qu’il est déjà lié à lui par une indéfectible amitié et qu’il est prêt à le suivre au gré du nomadisme de ses parents, qui bientôt ne peuvent plus cacher leur dèche, due au gaspillage effréné du père, j’m’en-foutiste hédoniste. Julien en vient tout de même à dire son fait au père et à la mère, les qualifiant d’aventuriers fabulateurs et de snobs abjects. En rien déstabilisés, ses interlocuteurs lui dénient tout droit à leur réclamer son dû car il devrait s’estimer payé par le simple privilège de côtoyer chaque jour un tel enfant ! Le père a machiavéliquement compris qu’il tient Julien par le sentiment qu’il éprouve pour Morgan. C’est même eux qui, peu après, viennent solliciter Julien pour qu’il leur prête de l’argent. Leur intention réelle est de transférer sur Julien toute responsabilité envers Morgan que l’on amène chez le médecin alors qu’il est présenté comme menacé par une maladie fatale.
Quelque temps après Noël alors qu’ils sont à Cracovie, dans la résidence prêtée par une amie du couple, la comtesse Jesenska, Julien reçoit par télégramme la proposition d’un emploi à Lyon. Il accepte et part. Un jour, il reçoit un courrier de la mère, lui reprochant d’avoir abandonné Morgan qui est au plus mal. Julien se rend aussitôt à Paris où il retrouve la famille échouée dans un misérable galetas. Il emporte dans ses bras le garçon inconscient...
L’avis critique
L’Élève est, après Fortune express, en 1991, le deuxième film d’Olivier Schatzky. Il a été auparavant scénariste pour le réalisateur Pierre Jolivet : Le Complexe du kangourou, Force majeure et pour Diane Kurys, Un Homme amoureux. L’Élève est une adaptation assez fidèle d’une longue nouvelle d’Henry James, The Pupil. Ce film donne l’étrange impression d’être incomplet, des séquences entières semblent avoir été oubliées au montage. Sa structure lacunaire en fait un parfait véhicule à fantasmes car les scènes tournées sont convaincantes, du moins les intimistes car les reconstitutions historiques deviennent une France et une Pologne hors du temps que l’on peut situer certes à la fin du XIXe siècle, bien qu’elles ne contiennent aucune connotation politique ou sociale.
Les parties en extérieur, malgré la nombreuse figuration et le cinémascope, font néanmoins un peu fauchées et rappellent fâcheusement le plus mauvais style « Buttes-Chaumont ». Cette fresque intimiste est tournée principalement en plans-séquences.
La sensibilité de la direction d'acteurs joue surtout, dans une merveilleuse harmonie, avec la rencontre des regards. L'incomparable intensité de celui de Caspar Salmon, aux yeux bleus transparents, habite l’écran. Il est bouleversant quand naît un sourire fugitif entre ses lèvres serrées. Découvert dans Le Voleur d’enfants de Christian de Chalonge, il était déjà prodigieux dans Le Roi des aulnes où il était presque la seule raison de voir le film. Malheureusement depuis L’Élève, il ne nous a pas donné de nouvelles cinématographiques. Jean-Pierre Marielle est truculent dans le rôle du père, cet égoïste suicidaire. Vincent Cassel joue une partition tout en subtilité à laquelle il nous a peu habitué.
Malgré ses défauts, il n’en reste pas moins que le film demeure gravé dans la mémoire du spectateur, surtout grâce à la poignante dernière séquence, lorsque Julien serre et emporte dans ses bras Morgan dont on ne saura pas si, il est mort ou vivant. Il est stupéfiant qu’aucun critique, à la sortie de L’Élève, ne se soit aperçu que cette histoire est avant tout une histoire d’amour-passion entre un homme et un garçon de treize ans.
COMMENTAIRES Lors de la premiere parution du billet
Ici le nu perd toute sa vulgarité. Il incarne l'expression d'un souffle artistique où se mélange poésie et l'ivresse du charme.
COMMENTAIRE N°1 POSTÉ PAR FERRUA AVANT-HIER À 17H37
J'apprécie beaucoup ce genre de séries, simples, non vulgaires, avec comme modèle quelqu'un que l'on croiserait dans la vie de tous les jours, mais en revanche toujours ces années 80, encore et toujours, n'avez vous jamais refait ce genre de photos depuis ? Je n'ai rien contre les années 80, bien au contraire, mais on a l'impression ainsi que tout s'est arrêté à cette époque, et que plus rien n'a été possible depuis... Il y a donc un petit côté frustrant je trouve.
Vous photographiez aujourd'hui des coins de rue, des expositions automobiles, des constructions japonaises, mais je ne vois plus de nu artistique, sauf ceux provenant d'autres artistes... Pourquoi ? Les modèles sont-ils devenus trop rare ? ou avez-vous peut être tourné la page ? Si c'est le cas, c'est un véritable gâchis, car vous avez beaucoup de talent.
Merci pour vos compliments, petites explications puisque vous me le demandez, j'espère que si talent, il y a, il s'exprime aussi bien ailleurs que dans les nus. D'abord permettez moi de changer et de trouver mon bonheur dans d'autres sujets. Et puis j'ai vieilli, il me semble qu'à 60 ans il est moins facile de photographier des garçons nus qu'à 30. D'autre part comme vous l'avez peut être remarqué, en effet l'époque a changé et s'il n'était déjà pas facile de trouver des modèles (surtout des bons) dans les années 80, il est encore plus difficile d'en dénicher aujourd'hui. Autre chose, j'ai fait relativement peu de photos posées dans ma vie, préférant l'instantané, voler des images (ce que je continue à faire) donc assez peu de nus. Enfin il se trouve que je numérise en ce moment des photos des années 80 d'où les millésimes des images que vous pouvez voir sur mon blog. Néanmoins je ne dis pas que je ne referai jamais ce type d'images tout est affaire d'occasion...
Vous photographiez aujourd'hui des coins de rue, des expositions automobiles, des constructions japonaises, mais je ne vois plus de nu artistique, sauf ceux provenant d'autres artistes... Pourquoi ? Les modèles sont-ils devenus trop rare ? ou avez-vous peut être tourné la page ? Si c'est le cas, c'est un véritable gâchis, car vous avez beaucoup de talent.
Merci pour vos compliments, petites explications puisque vous me le demandez, j'espère que si talent, il y a, il s'exprime aussi bien ailleurs que dans les nus. D'abord permettez moi de changer et de trouver mon bonheur dans d'autres sujets. Et puis j'ai vieilli, il me semble qu'à 60 ans il est moins facile de photographier des garçons nus qu'à 30. D'autre part comme vous l'avez peut être remarqué, en effet l'époque a changé et s'il n'était déjà pas facile de trouver des modèles (surtout des bons) dans les années 80, il est encore plus difficile d'en dénicher aujourd'hui. Autre chose, j'ai fait relativement peu de photos posées dans ma vie, préférant l'instantané, voler des images (ce que je continue à faire) donc assez peu de nus. Enfin il se trouve que je numérise en ce moment des photos des années 80 d'où les millésimes des images que vous pouvez voir sur mon blog. Néanmoins je ne dis pas que je ne referai jamais ce type d'images tout est affaire d'occasion...