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Hockney à la Fondation Vuitton (2)

27 Juillet 2025, 07:59am

Paris, juillet 2025, photo B.A

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TROCA 86 (2)

27 Juillet 2025, 07:36am

 

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Norbert Bisky

27 Juillet 2025, 07:35am

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L’allemagne ne possèdent pas que de vieux maîtres en peinture, Penck, Kiefer, Gerhard Richter, Sigmar Polke Bazelitz... Ses dernières années ont vu apparaître un artiste, Norbert Bisky dont l’importance et les thématiques me rappellent l’éclosion de David Hockney dans les années soixante dix...

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Norbert Bisky  est né à Leipzig, alors en Allemagne de l’est, en 1970. Son père était un haut fonctionnaire du régime (peut être est-ce pour cela que son fils peint dans certains de ses tableaux, une jeunesse idéalisée, une sorte de pays perdu...). Il est aujourd’hui président du PDS, le parti post-communiste allemand. Norbert Bisky est un de ses nombreux artistes allemands venant d’Allemagne de l’est; toutefois sa formation artistique a eu lieu après la chute du mur.

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En 1990 il commence des études d'histoire de l'art allemand à l'Université Humboldt à Berlin. Trois ans plus tard, il visite l'école d'art Libre de Berlin ce qui le décide à faire des études de peinture. Il a été pendant plusieurs années de 1994 à 1999 à l’Universität der Künste Berlin l'élève de Georg Baselitz. Durant l’été 1995 il suit l’ enseignement de Jim Dine en Autriche à la Salzburg Summer Academy. Puis, avec le programme Erasmus, il passe un an en Espagne à la Faculdad de Bellas Artes; Universidad Complutense Madrid. Il retourne terminer son cursus à Berlin où il vit et travaille aujourd’hui.
Lors de la première exposition de groupe des étudiants de Baselitz à la galerie Michael Schultz en 1998 le travail de Norbert Biski attire l’attention du public.

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Il fait sa première exposition personnelle en 2001,“Wir werden siegen”,  à la Galerie Michael Schultz à Berlin. Elle sera suivi de nombreuses autres en Allemagne, en Italie, aux Etats Unis, en Corée...
Valeur montante de la peinture allemande, les toiles de Norbert Bisky sont de plus en plus prisées outre-Rhin. L'allemagne est pris d’une soif de peinture. Ses grands anciens connaissent une notoriété internationale et tirent toute une génération de jeunes artistes. Contrairement aux «Young British Artists» comme Damien Hirst , Sarah Lucas ou Tracey Emin qui misent sur le choc et la sensation, les artistes allemands, qui grimpent actuellement au sommet des ventes, s’intéressent au renouveau de la peinture. Une peinture parfois ludique, d’une grande maîtrise technique, et inspirée souvent par les paysages des romantiques. Alors que Damien Hirst fait sensation avec un requin baignant dans du formol, Bisky revisite la peinture réussissant à être encore plus dérangeant que Hirst, parce qu’immédiatement lisible, ce qui gène une partie de la critique.

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Ses œuvres ont déjà été acquises par de nombreuses collections publiques, notamment, le Musée Ludwig à Cologne, Museum of Modern Art de New York, Museum der bildenden Kunst à Leipzig... Il expose dans le monde entier mais pas en France! Ce qui est incompréhensible (à moins que nous soyons le pays le plus pudibond d’occident) d’ autant que son maître George Baselitz y jouit d’une très grande notoriété. Je ne m’explique pas, par exemple que la galerie Thaddeaus Ropac, galerie de Baselitz, n’organise pas une grande exposition Bisky d’autant qu’elle ne répugne pas à exposer un artiste gay comme Paul P.; car l’oeuvre de Bisky est tout sauf consensuelle. L’artiste y affiche clairement ses goûts pour les adolescents, presque toujours mis en scène dans un contexte de grande violence. Si Baselitz met le nazisme au centre de sa création Bisky lui le remplace par le sexe. Ses expositions sont presque toujours entourées d’un parfum de scandale.

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Ses influences sont multiples, par la vigueur et l’amplitude de son coup de brosse, dans certaine toiles on décèle immédiatement l’influence de Baselitz. Il utilise principalement des couleurs pures fraîches et lumineuses. Toutefois son style est plus réaliste que celui de son mentor. Parfois il est proche du réalisme socialiste. Irradié durant ses dix neuf premières années par la propagande communiste  à l'instar de son contemporain et collègue allemand Neo Rauch, Bisky s'appuie sur les conventions visuelles de l'ère communiste . Mais contrairement à Rauch, qui met en évidence la robotisation de la population, Bisky idéalise cette période pour mieux la subvertir. Son univers fait penser aux ambiances d’un monde à la David Lynch qui aurait les couleurs des clichés de David LaChapelle ou des images de Murakami .

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Souvent critiqué pour ses scènes sexuelles ou violentes, Norbert Bisky joue beaucoup sur le registre de l'ironie. Les situations qu'il représentent font scandale alors qu'il nous les communiquent le plus souvent par le biais de l'humour. Par exemple en intitulant “déluge” une immense toile de trois mètres de long sur laquelle un adolescent soigne une égratignure de son camarade. Le déluge en question est dans la tête de l’un d’eux (des deux?) submergé de désir.

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Les giclures sur ses toiles évoquent les éjaculations dans les films pornographiques mais elles sont mises à distance grâce à des couleurs acidulées. Norbert Bisky représentent les scènes les plus osées  avec les canons Pop-Art, ce qui leurs donnent une forme d'innocence qui entretient volontairement la confusion. Par sa volonté de dynamiter la réalité et la bien séance Bisky est proche des débuts de la Figuration narrative  que l’on peut voir actuellement à Paris au Grand Palais.

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Ses personnages, presque toujours de beaux adolescents, (des “Joubert pierrejoubert.site.free.fr” qui aurait un peu mûris) sont stéréotypés, interchangeables d’une toile à l’autre. Cette utilisation du clone adolescent le rapproche d’Antony Goicolea (avec lequel il a déjà exposé) comme le constant hiatus sur ses toile entre candeur et violence l’apparente à AES+F .

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Il travaille les stéréotypes esthétiques néoréalistes instituées par les différents totalitarismes du XXe siècle. Prenant acte de l’ambivalence naturelle des images, l’artiste s’approprie les options stylistiques essentielles propres aux esthétiques de ses régimes: le fondement photographique, le réalisme naturaliste, et l’effacement de toute singularité individuelle, au profit de clones imaginés à l’aune de leur mythologie historique.

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Toutefois, Bisky subvertit tous ces partis pris stylistiques contre eux-mêmes. Il élabore une énergie du retournement. L’empreinte lumineuse de la photographie se fait incandescente. Elle brûle la figure "à froid".  Son réalisme échappe à l’objectivité historique pour investir le territoire imprécis de la réminiscence intime et trouble de l’adolescence. L’ engouement que provoque l’artiste s’explique par le fait qu’il représente parfois des scènes idéalisées de l’adolescence que tous secrètement auraient aimé vivre.

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Si l’on n’y prenait pas garde on pourrait croire que les jeunes éphèbes musculeux et insouciants, de Norbert Bisky s’ébrouent et batifolent dans un idyllique décor maritime, offrant le spectacle d’un déluge de corps dénudés, durant d’idéals séjours dans une colonies de vacances fantasmée de l’époque soviétique (il a dans son adolescence participé à de nombreux camps d’été de pionniers) ou, pour le regardeur français sortis d’”Un signe de piste” . Mais on découvre presque toujours, dans ses dernières production, dans un recoin de l’image, que cette apparente innocence n’est que le masque recouvrant de noires turpitudes. Comme dans cet immense tableau de trois mètres de haut intitulé “sans grâce” (qui devrait s’appeler vaudou aryen) où l’on ne s’aperçoit pas immédiatement que le petit blondinet aux yeux vide martyrise une figurine humaine.

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On peut constater une évolution thématique dans son œuvre. Si à ses débuts il représentait une jeunesse idéale, dans des images homo érotiques, aujourd’hui les sujets se font plus âpres et plus crus. Au paradis a succédé des scènes d’apocalypse et à la suggestion homo érotique des représentations de relations homosexuelles explicites. Ce durcissement va de paire avec le remplacement des couleurs pastels par des teintes plus denses et plus vives.

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Bisky fait preuve d’un grand sens du mouvement dans ses compositions. Un des meilleurs exemples se trouve dans la toile “Match parfait” qui montre le dynamisme et l'esthétique d'un instant d’ un match de football qui devient sous son pinceau un ballet sensuel.

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L’artiste s’exprime sur de grands formats, il n’est pas rare que la plus petite dimension de la toile soit d’un mètre, la plus grande peut en atteindre cinq. Il est très pointilleux pour ses accrochages qu’il considère comme des installations, les toiles se répondant, racontant une histoire...

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Son travail sur papier est assez différent de celui sur toile. Dans de grand format, sur le papier nu, se dispersent de petits homoncules, comme si la feuille blanche était une plage presque déserte...

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Souvent Norbert Bisky s'inspire de tableaux existants, de l'univers d'autres artistes et se réfère constamment à l'histoire de l'art. Il intègre ainsi dans son œuvre des éléments du futurisme, de la calligraphie japonaise, des mangas et de l'expressionnisme allemand...

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L’homme de trop de Dominique Fernandez

27 Juillet 2025, 07:34am

 

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« L’homme de trop » est ce que l’on peut appeler un roman à idées ou à thèse. Cette dernière étant que les homosexuels en acquérant différents droits et en particulier celui de se marier et aussi une plus grande visibilité dans la société auraient de ce fait perdu leur regard critique et leur esprit de révolte vis à vis du monde qui les entoure. Le titre vient de ce que Jadis "homme de trop" parce qu'il faisait partie de la minorité exclue, il reste "homme de trop" par son refus d'abolir ce qui faisait sa différence, de se banaliser, de se fondre dans le conformisme ambiant. Pour transmettre à ses lecteurs cette hypothèse à mon avis un peu grossière mais pas complètement fausse, Dominique Fernandez àa choisi le mode du dialogue, lointainement inspiré du dialogue platonicien, entre deux hommes, Lucas, le héros du livre, l’homosexuel ancienne manière, il est né en 1949, qui est plus ou moins le porte parole de l’auteur, et Gael jeune trentenaire personnifiant le gay d’aujourd’hui; le présent du roman se situant en 2015. Ce dialogue ne commence véritablement qu’à la moitié du livre. Auparavant Dominique Fernandez nous narre la vie de Lucas. Vie qui est à peu près plausible et qui n’est pas extraordinaire, sinon sa brève et tragique histoire d’amour avec le jeune Sacha, même si l’on sent que l’auteur a rapetassé différents pans de vie de plusieurs personnes pour en faire une. Est-ce pour cela que l’on ne parvient pas a entrer en communion avec Lucas et puis il y a quelques incohérences de détail dans le parcours et la biographie du personnage. Tout d’abord Fernandez en a fait un reporter photographe d’agence mais visiblement notre auteur ignore tout de la photo et du fonctionnement d’une agence photo. Le statut de Lucas tel qu’il nous le montre aurait été crédible jusqu’au milieu des années 60, mais certainement pas au delà, ce qui est paradoxale puisque Fernandez a partagé durant quinze ans la vie d'un photographe, et puis les réactions de Lucas et son itinéraire paraissent légèrement anachronique pour un homme de son âge et corresponde plus à celui d’une personne ayant l’âge de Dominique Fernandez, quatre vingt douze ans aux prunes comme l’aurait écrit ce bon docteur Destouches.

On retrouve chez Lucas les deux tropismes géographiques de l’auteur: l’Italie et la Russie. Le politiquement ultra correct de Fernandez tourne parfois au ridicule comme d’insister sur le fait que Lucas ne se permet pas de toucher à Sacha parce qu’il n’a que dix sept ans et pas dix huit! Comme on voit la révolte de notre homosexuel contre la société a bien des limites… Les parents indignes qui jettent leur fils à la rue parce qu’il est homosexuel sont bien sur des bourgeois ou des intégristes chrétiens, alors que l’on sait qu’aujourd’hui l’homophobie émane principalement des milieux populaire et des musulmans installé en France (certes pas que). Encore plus ridicule, les clients des gigolos regardent l’entrejambe des statues de garçon et s’habillent d’un grand imperméable et d’un large chapeau mou un peu comme le héros du regretté Pétillon!

Le personnage de Gael n’existe pas et n’est qu’un ramassis de clichés sur les gay d’aujourd’hui, ce qui déséquilibre le livre; mais comme à la fin du volume on découvre « Fin du premier volume », peut être que l’infatigable Fernandez rétablira l’équilibre dans un second volume car ce roman est le premier volume du diptyque « L'homme de trop », sous-titré L'arc-en ciel interdit. La construction du roman est bancale avec en outre la curiosité totalement incongrue dans le récit de deux chapitres très documenté sur le cochon dans la littérature sous le mince prétexte que Sacha s’identifie à cet animal. Cette partie du livre doit beaucoup à Pastoureau qui est d’ailleurs honnêtement cité

Ces nombreux défauts n’excluent pas que certains morceaux du roman sont bien venus comme la relation de Lucas avec Sacha puis avec ses deux autres jeunes amants. Il reste que cette quasi suite de « L’étoile rose » (même s’il ne s’agit pas des mêmes personnages) ne me parait pas indispensable dans la bibliothèque.

 

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CHEFS-D'OEUVRE DE LA COLLECTION RALPH LAUREN AU MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS

26 Juillet 2025, 10:09am

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Les vernissages hormis le fait qu'ils flattent les égos des bénéficiaires procurent peu d'avantages à ceux-ci. Néanmoins ils permettent presque toujours aux invités de faire des photos, alors qu'ensuite, cette benoite activité sera rigoureusement interdite. Ce fut le cas mercredi dernier pour la présentation de la collection de belles voitures sportives, qui semblent toutes neuves, du couturier Ralph Lauren, j'ai profité de cette autorisation et je suis heureux de vous en faire profiter.

 

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Paris, avril 2011

 
 

 

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UN GARÇON EN SLIP AU BORD DU BASSIN DU TROCADÉRO L'ÉTÉ 1992

26 Juillet 2025, 10:07am

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Paris, Trocadéro, été 1992

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LES DEUX SAINT JEAN-BAPTISTE DE LA CATHÉDRALE DE GRENADE

26 Juillet 2025, 10:06am

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Grenade, Espagne, avril 2011

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VOYAGE AUX ILES DE LA DÉSOLATION D'EMMANUEL LEPAGE

26 Juillet 2025, 06:58am

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J'ai embarqué toute une après midi, grâce à Emmanuel Lepage sur le Marion Dufresne pour les Iles de la désolation dont les plus connues sont celles de Kerguelen. Un voyage au fil des pages durant lequel le lecteur-regardeur en prend plein les yeux. Il y a du Brenet, du Marin-Marie, du Nicolas de Stael, du Pierre Joubert et même de l'Alechinsky dans les dessins de Lepage, le tout sous le patronage conjugué d'Hergé et de Stevenson. Mais dans « Voyage aux iles de la désolation », il y a surtout de l'Emmanuel Lepage et c'est très bien comme cela. Un peu par hasard Lepage embarque sur le Marion Dufresne, le bateau ravitailleur de ces iles perdus entre l'ile de la Réunion et le bas du monde où il fait très très froid. Ces terres australes sont le terrain de jeu de nombreux scientifiques français.

 

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Lepage décide de faire une bande dessinée et pas seulement un carnet de voyage de cette expérience. Et là est peut être le plus grand tour de force du « Voyage aux iles de la Désolation » qui n'est pas qu'une suite de superbes images mais une véritable narration fluide de cette extraordinaire aventure. La dextérité graphique extraordinaire de Lepage est au service de beaucoup d'humanité qui de temps en temps est pimenté d'humour. Parfois la réflexion se fait profonde et puis une anecdote vient alléger le propos. Pendant 160 pages Lepage nous raconte à la première personne son périple, mais sans jamais se pousser du col, bien au contraire, il n'a de cesse que de pousser au premier plan ses compagnons de voyage, d'une grande diversité, il y a des scientifiques de diverses obédiences, des marins bien sûr, des ouvriers, des cinéastes, un peintre, des dockers, des hauts fonctionnaires et même un sénateur, avec beaucoup de tendresse. Cette équipée n'est pas toujours rose. Si je ne suis pas certain que Lepage ait réussi à dessiner l'odeur des otaries, critère de qualité d'un dessinateur pour le météorologue de l'expédition en revanche il a réussi, sans se représenter à peindre en neuf cases son mal de mer.

 

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Quand il pose son sac à terre sur ces ilots inhospitaliers pour l'humain, Lepage se transforme en un grand peintre animalier. La double page sur laquelle il a représenté une colonie de manchots est somptueuse. Elle donne envie de voir les originaux quelle belle exposition cela ferait.

 

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Lepage utilise de multiples techniques pour transcrire ses émotions. C'est avec un égal bonheur qu'il se sert tantôt de l'aquarelle, tantôt de crayons de couleur ou encore de craie grasses ou de fusains.

 

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« Voyage aux iles de la désolation » est un livre d'art qui se transforme constamment en un documentaire sur les terres australes et leurs habitants tant animal qu'humain. C'est aussi entre autres un livre sur la recherche et ses vicissitudes, sur la difficulté du métier d'artiste et surtout une délicate exploration de la nature humaine. Au détour d'une page on découvre également des morceaux méconnus de l'Histoire des explorations. Il y a tout cela dans cet album qu'il ne faut pas hésiter à qualifier de chef d'oeuvre. Espérons que le prochain festival d'Angoulême ne l'oubliera pas.

 

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Indépendamment de son immense qualité, j'ai lu ce livre avec une émotion particulière, car, lorsque j'avais un peu plus de vingt ans, j'ai failli partir pour les iles Kerguelen dans le cadre du C.N.R.S., et plus particulièrement pour le Groupe de Recherche Ionosphérique. A l'époque où le séjour était encore plus rude qu'aujourd'hui, pour être envoyé la-bas, il fallait passer de nombreux examens de santé et surtout de très nombreux tests et entretiens psychologiques où l'on étudiait si le prétendant pouvait supporter les lourdes contraintes d'un séjour coupé du reste monde durant de long mois, dans une communauté réduite, dans une iles au climat inhospitalier. Lepage évoque d'ailleurs sans ambages les tensions qu'il découvre au sein des différents groupes qu'il rencontre. Après tous ces contrôles, j'ai été jugé « bon pour le service ». Au moment de signer mon engagement, je me suis dégonflé, adieu donc le C.N.R.S, car le séjour aux Kerguelen était le passeport pour y être engagé.

 

 

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Voyage aux îles de la Désolation, Emmanuel Lepage, éditions Futuropolis, 2011

 

 

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Skate au Palais de Tokyo

25 Juillet 2025, 06:40am

Paris, février 2020 photo B.A

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Stonewall

25 Juillet 2025, 06:39am

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Fiche technique :

Réalisation : Nigel Finch. Scénario : Rikki Beadle-Blair & Nigel Finch. Images : Chris Seager. Montage : John Richard. Musique originale : Michael Kamen. Décor : Charles Ford.
        Durée : 98 mn. Disponible en VO et VOST.

Avec: Guillermo Diaz, Frederick Weller, Brendan Corbalis, Duane Boutte, Bruce Mac Vittie, Dwight Ewell, Luis Guzman et Gabriel Mann.       

Résumé :
      1969 : le jeune Matty Dean (Frederick Weller) venant de son Middle-west natal débarque à New York où il espère pouvoir vivre son homosexualité de manière plus épanouissante que dans sa province. Dès son arrivée il rencontre, dans les jours qui précèdent les événements de Stonewall, deux hommes que tout oppose : La Miranda (Guillermo Diaz), une drag queen portoricaine flamboyante, et Ethan un activiste gay quelque peu coincé. Ces deux personnes vont devenir ses amants et changer sa vie.

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L’avis critique
      Pour commencer, un peu d’histoire communautaire : à New York, dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, dans le cadre d’une vaste opération contre les bars liés à la mafia, la police fait une descente au Stonewall, 53 Christopher Street, dans le quartier de Greenwich village, un bar où les gays se rassemblent car ils ne sont pas acceptés dans les autres établissements. Pourtant, en 1966, les tribunaux new-yorkais ont reconnu aux homosexuels le droit de se rassembler dans des débits de boisson.
Le Stonewall comme bon nombre de bars est géré par la pègre locale, lointain héritage du temps de la prohibition. Son patron, Tony Lauria « Fat Tony », paie sa dîme aux « œuvres » de la police locale et reverse les recettes du soir au parrain de New York, Matty The Horse. Le Stonewall cible volontairement la clientèle gay, car elle est d’un bon rapport. Le bar accueille plusieurs centaines de personnes le week-end mais il ne possède pas de licence. Le patron est obligé de graisser la patte des officiers de police du 6e district pour ne pas voir son établissement fermer. Outre des gays et des travestis, sa clientèle comprend de nombreux émigrés clandestins, autant de raisons pour que les autorités s’y intéressent.

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Dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, vers deux heures du matin, huit officiers du New York Police Department pénètrent dans le Stonewall. Ils effectuent un contrôle d’identité musclé de la clientèle, majoritairement afro-américaine et portoricaine, qui résiste. Ce raid était différent des interventions précédentes. Habituellement, les propriétaires étaient prévenus à l’avance par un informateur au sein même de la police qu’une descente aurait lieu. Ces « visites » avaient souvent lieu assez tôt dans la soirée pour permettre une réouverture rapide du bar.
Mais cette nuit-là, les policiers ferment l’établissement et jettent les clients un par un à la rue après avoir procédé au contrôle des identités. Deux cents jeunes gens sont expédiés sur le pavé. Au lieu de se disperser dans la nuit comme d’habitude, ils se massent sur les trottoirs aux alentours. Un barman, le portier, et trois travestis sont arrêtés et traînés vers un fourgon de police. Un petit groupe de travestis se lance à leur rescousse. La tension monte. Des bouteilles de bière et des briques volent en direction des policiers. L'histoire veut qu'un travesti, Sylvia Rivera, ait jeté la première bouteille sur les policiers. Les travestis, blacks, latinos, prostitués, étudiants, gays et lesbiennes du quartier sont rameutés. Ils contre-attaquent et disputent le terrain à une police en difficulté. Surpris, les policiers battent en retraite et, comble de l’ironie, se réfugient dans l’établissement. La foule, qui dépasse les 400 personnes, hurle des injures et tente d’enfoncer la porte du bar. Un manifestant essaie de mettre le feu à l’établissement, sans succès. Un parcmètre est arraché et vient coincer la porte du bar, bloquant plusieurs officiers à l’intérieur. La foule continue à grossir. Un feu de rue éclate. Treize personnes sont arrêtées et seront déférées devant la justice. Les renforts demandés sont accueillis par des jets de bouteilles. Des homosexuels prévenus qu’il se passe quelque chose au Stonewall arrivent de toute part. Au petit matin, la foule atteint 2 000 personnes. Elle lance des bouteilles et des pierres aux 400 policiers arrivés sur place. La police finit par envoyer la Tactical Patrol Force, une unité de police anti-émeute, alors habituée à lutter contre les opposants à la guerre du Vietnam. Ces hommes parviennent à disperser les manifestants.

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Craig Rodwell, qui avait créé en 1967 dans la Christopher Street la première librairie d'auteurs gays au monde, la Oscar Wilde Memorial Bookshop, a ameuté la presse. Les journalistes assisteront à plusieurs jours de combats, qui se poursuivront dans la rue. En effet, si le 28 juin, l’émeute se calma, la foule revint les jours suivants. Le soir du 29, un groupe de 500 personnes descend Christopher Street en chantant des slogans pro-pédés. La police anti-émeute charge à la matraque avec une extrême violence et fait de nombreux blessés. Le 9 juillet a lieu le premier « Gay Power Meeting ». Au total, les échauffourées durèrent cinq jours, toutes les brimades dont les homosexuels avaient été victimes précédemment refaisant surface. Mais comme le dit un des personnages du film : « À chacun sa légende de Stonewall... »

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Retour au calme : la dernière fois que je suis passé dans le Village, en septembre 2007, la lumière du printemps irisait les trottoirs proprets de Christopher Street que bordaient de coquets commerces arborant presque tous sur leur vitrine le « rainbow flag ». L’Oscar Wilde bookshop qui a déménagé au n°15 de la rue offre, dans sa tortueuse caverne, toujours autant de trésors que naguère. Ce jour-là, les gardiennes du temple étaient deux charmantes et compétentes lesbiennes qui étaient en âge d’avoir connu les horions de la police dans cette même rue. Le quartier, tout en étant resté gay-friendly, n’a plus grand-chose à voir avec celui du temps des émeutes. Il s’est embourgeoisé et policé comme le reste de New York, aujourd’hui une des villes les plus sûres du monde depuis les actions de son maire Guiliani à la fin des années 90. Guiliani, encore un Républicain atypique (du Great Old Party), dirige la ville depuis 1994, alors qu’aux élections présidentielles de 2004 le candidat démocrate, John Kerry, a obtenu 74 % des voix.

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Du coté de Christopher street en septembre 2007 (photos B.A)

Depuis, ces événements sont considérés comme l’acte fondateur de la libération des gays. Ils sont commémorés de par le monde, le dernier samedi de juin, le Christopher Street Day, par une gay pride.
Aujourd’hui, peu sont parmi ceux qui se trémoussent en suivant les chars de la gay pride parisienne savent que c’est l’anniversaire d’une révolte de gays quelque part dans le sud de Manhattan qu’ils honorent. Pourtant cette geste n’est pas complètement oubliée, même parmi ceux qui n’étaient pas encore nés alors, comme en témoigne cet extrait de l’excellent blog de Matoo : «  (…) Je sais que je suis un peu le seul à le penser (arf), il s’agit de la commémoration des événements de Stonewall de 1969. Et au-delà, j’y vois la célébration de l’activisme gay depuis 1968 en France. En se pavanant librement et fièrement sur le goudron, on rend finalement hommage à tous ces hommes et femmes qui ont lutté pour notre affranchissement. Et ce ne sont pas les « look hétéros » qui ont été les plus en verve, mais certainement les premiers à en bénéficier aujourd’hui. » ou encore ces phrases       signées Conrad sur un site en déshérence depuis 2002 : « Si vous êtes de ceux qui regrettent la présence des travelos aux marches, souvenez-vous qu'ils ont ouvert la voie. Si vous regrettez qu'on ne voit qu'eux à la télé, souvenez-vous que les médias montrent ce qu'ils veulent, ils n'ont pas besoin de nous pour mentir. Le travail de tolérance et de respect doit se faire tous les jours et par tous, travestis ou non. Je ne suis pas out, au boulot. Mais j'admire la force de ces gens qui ont le courage de s'exposer au jugement d'autres gens qui ne les comprennent finalement pas. Je ne suis ni travesti, ni drag-queen et je n'en ai jamais connu d'assez près ni assez bien pour en parler, je pourrais écrire des pages entières à les idéaliser, mais à quoi bon ? Pensez ce que vous voulez, habillez-vous comme vous voulez, moi, le 1er juin 2002, je marche. »

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En France, il faudra attendre le printemps 1971 pour que soit créé le FHAR (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire) et c’est seulement le 25 juin 1977 qu’eut lieu la première gay pride parisienne.
      Le film, qui d’ailleurs devrait plutôt s’appeler Avant Stonewall car seulement les dix dernières minutes relatent en une remarquable synthèse l’émeute, présente habilement mais trop brièvement le contexte historique de cette période : celui international, la guerre du Vietnam mais aussi interne au mouvement gay. Celui-ci était alors représenté par la Mattachine Society qui est montrée ironiquement au travers des réunions auxquelles assistent Matty, le héros du film. Ce groupe œuvrait discrètement pour donner plus de droits aux gays. Le mouvement voulait que les homosexuels se fondent dans la société, s’intègrent et ne soit en rien discernables des hétérosexuels, un peu l’équivalent de ce qu’était en France Acady.
Il faut savoir que si l’intervention de la police a provoqué de telles réactions, c’est certes que Judy Garland venait de mourir mais que surtout cette descente de police inopinée était comme un retour aux années précédentes. En effet, la tendance était à la tolérance envers les gays depuis l’élection en 1965 à la mairie de New York de John Lindsay, un Républicain qui présentait un programme de réformes, et celle de Dick Leitsch comme président de la Mattachine Society à New York. La police diminua sensiblement ses descentes à partir de 1965. Petite précision, le Parti Républicain était bien différent de ce qu’il est aujourd’hui sous la présidence de Bush, en particulier à New York où il était alors dominé par deux libéraux : John Lindsay et Nelson Rockefeller.
Au moins depuis Alexandre Dumas et Walter Scott on sait que la fiction est le meilleur moyen pour immortaliser des jours que l’on veut fameux. Mais pour que le roman ou le cinéma fasse de beaux enfants à l’Histoire, faut-il encore que la fiction soit puissamment incarnée par des héros auxquels le lecteur ou le spectateur puissent s’identifier. C’est ce qu’a imparfaitement réussi Nigel Finch.       

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        Le film démarre sur des témoignages, ce qui est une bonne idée qui malheureusement ensuite sera abandonnée, puis il nous entraîne très vite dans l’histoire de Matty qui débarque de sa lointaine province et qui tombe amoureux de la première personne qu’il rencontre, un joli travesti latino qui va lui servir de guide dans ce gay New York de 1969, où comme par hasard il va rencontrer immédiatement un échantillonnage de la communauté gay. La ficelle scénaristique est un peu grosse et par conséquent, on a bien du mal à s’identifier à Matty.
Le scénariste ne fait entrer véritablement le romanesque que dans la dernière demi-heure de son film, ce qui est beaucoup trop tard.
        Stonewall hésite constamment entre le film militant et sociologique, la comédie romantique et le musical. Cette absence de choix déconcerte le spectateur, le réalisateur ne parvenant jamais à mêler harmonieusement les trois veines de son inspiration. Le choix d’inclure des interviews de témoins des événement était judicieux. Ce procédé a fait flores depuis. Les frontières entre fictions et documentaires tendent à se brouiller. Il était très novateur en 1996 et on ne peut que regretter que Finch ait abandonné cette tentative et ne soit pas allé au bout de son idée. Pas plus qu’il soit allé au bout de sa volonté de transformer ce film historique en musical, ce qui aurait encore plus dynamisé Stonewall dans lequel les morceaux chantés s’intègrent mal. On voit bien que le modèle est Torch Song         Trilogy (1988) mais jamais Finch, comme le fait Fierstein, nous prend aux tripes avec son histoire d’amour entre le gay candide et le travesti romantique et blessé par la vie. Il ne parvient pas complètement non plus à mêler analyse sociologique et historique avec ses histoires d’amour. Les personnages sont trop archétypaux pour nous émouvoir. Ils sont cependant servis par des comédiens de grand talent.

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        On comprend bien que le réalisateur a voulu dépeindre les émeutes par le biais de la vie de ces quelques personnes mais cela manque terriblement de chair. En revanche, il est juste historiquement d’avoir donné le premier rôle à une drag-queen portoricaine car ce sont elles qui furent en première ligne face à la police. Comme de bien montrer l’implication de la mafia dans ce monde de la nuit ainsi que la corruption de la police.
Il est indéniable que le film est parcouru d’une énergie et d'une force de conviction qui ne se démentent jamais. Il ne tombe jamais non plus dans le glauque et le misérabilisme, bien que le film comporte quelques scènes dramatiques.
Il est paradoxal qu’un grand événement de l’histoire américaine, cette prise de la Bastille gay, comme le qualifie Edmund White, soit transposé au cinéma par un cinéaste britannique, tout comme l’un des épisodes du 11 septembre le fut par Paul Greengrass dans Vol 93.

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        Pour son premier film Nigel Finch s’est entouré de solides professionnels, ce qui n’empêche pas la flamboyance comme en témoigne la vie de son scénariste, Rikki Beadle-Blair (le créateur de l’incroyable série Metrosexuality), qui est un véritable roman. Il naît en 1962 à Bermondsey, au sud de Londres. Il est élevé par une mère célibataire, Monica Beadle, conseillère sociale et lesbienne. Originaire de Jamaïque, elle émigre à l’âge de 12 ans en Angleterre, où elle sera la première enfant noire dans son école à Peckham. À 16 ans, enceinte de Rikki, et alors que sa mère vient juste de mourir, elle est jetée à la rue par sa sœur. Rikki entre à l’école alternative de Bermondsey où les enfants étudient uniquement les matières qui les intéressent. Rikki se consacre exclusivement au cinéma et au théâtre. Il existe dans les actualités télévisées de la BBC un documentaire qui traite de Rikki enfant acteur à Bermondsey dans les années 70. À 17 ans, il donne des concerts a capella dans une librairie gay, The Word, dans le quartier de Londres de Bloomsbury. À la fois danseur, artiste de cabaret, musicien rock, acteur, chorégraphe, metteur en scène, scénariste, il parcourt le monde, danse et monte des shows dans des cabarets, présente une chorégraphie de strip-tease à... Bagdad. Il sera même assistant dans un spectacle de serpents. Il se fixe ensuite à Londres où il dirigera nombre de mises en scène en marge des circuits traditionnels. Il interprète Hamlet, mais son rôle préféré restera Blue, un punk junkie héroïnomane de Liverpool dans le film Sirens au début des années 90. Il obtient le prix du meilleur scénario         pour celui de Stonewall. Ensuite, il se consacre essentiellement à l’écriture de scénarios pour la BBC, Radio 4 et Channel 4, de courts métrages et pièces radiophoniques dont il interprétera lui-même certaines. Il participe aussi à des projets en collaboration avec le Théâtre national de la jeunesse. En 1998, Rikki travaille avec le cinéaste David Squire pour Captivated, film à un seul rôle qu’il écrit et interprète, puis A Dog’s Life, un court métrage qui remporte de nombreux prix. L’année suivante il crée         Metrosexuality (DVD édité par BQHL), une série en six épisodes pour Channel 4. Il est à la fois scénariste, metteur en scène, premier rôle et compose aussi la musique avec Mark Hawkes. En 2001, il adapte Take it Like a Man, une biographie de Boy George dirigée par Kfir Yefét pour la BBC.
Nigel Finch n’aura pas vu terminé son premier film pour le cinéma. Il meurt du sida avant qu’il soit complètement finalisé. Sa post-production est assurée par sa productrice, Christine Vachon. Cette dernière est une figure importante de la cinématographie gay. Elle a également produit entre autres : Poison, Swoon, Postcards From America, Go Fish, Safe,         Kids, I Shot Andy Warhol,  Kiss Me, Guido. Auparavant Finch a été monteur et         producteur de la série Arena pour la BBC 2. Arena lui valut cinq Oscars anglais de la télévision et de nombreuses citations internationales. Dans cette série, il réalisa des         films sur l'hôtel Chelsea, le photographe Robert Mappelthorpe et une biographie en cinq parties des Rolling Stones. The Vampyr : A Soap Opera fut récompensé par le Prix Italia en         1993. Stonewall est donc son premier et dernier film pour le cinéma.
        Chris Seager, le directeur de la photo est aussi, entre autres, celui de Beautiful Thing et d’Indian Summer (deux excellents films gays).

Le film a reçu le premier prix du Festival du film à Londres et le prix du public au Festival du film gay et lesbien de San Francisco.
        Stonewall, que l’on doit considérer comme inachevé, est un hymne à la tolérance et au courage de s’affirmer. Malgré ses imperfections, c’est un spectacle agréable et surtout indispensable pour la connaissance de l’histoire de la communauté gay.
                     

       

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