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BEAU TRAVAIL un film de Claire Denis

11 Août 2025, 10:46am

 

France, 90mn, 1999

 

Réalisation: Claire Denis, scénario: Claire Denis et Jean-Pol Fargeau, image: Agnes Godard, montage: Nelly Quettier, son: Jean-Paul Mugel, musique: Eran Tzur

 

avec: Grégoire Colin, Michel Subor, Denis Lavant, Nicolas Duvauchelle, Dan Herzberg, Gianfranco Poddighe...

 

 

Résumé

 

Djibouti, an 2000, l’adjudant-chef Galoup mène ses légionnaires avec enthousiasme sous l’oeil bienveillant du capitaine Forrestier. Débarque une nouvelle recrue, le jeune et mystérieux Sentain... Cette aventure, au sens premier du terme, s’inscrit dans le récit au passé par l’intermédiaire du journal intime de Galoup, exilé à Marseille, exclu de la légion à cause d’une faute de commandement, une désobéissance qui a consisté à mettre en danger le soldat Gilles Sentain. Le film raconte cette histoire.

L’eden perdu prend le visage de la légion, mais c’est aussi celui de la jeunesse, et de la beauté forcément égoïste, aveugle et tentatrice. La beauté comme la jeunesse sont des utopies, des lieux qui n’existent que dans un autre temps, une autre configuration. Elles ne prennent corps que parce qu’elle sont à jamais inatteignable et que leur perte est une souffrance inextinguible. Elles manquent et sont recomposées sans fin par le travail masochiste de la mémoire. Ces carnets sont lus en voix off par le sous officier qui se projette ainsi en quelque sorte le film de sa déchéance. Cette voix est presque la seule que l’on entend, tant rares sont les dialogues.

 

 

L’avis critique

 

Beau travail demande au spectateur un petit effort pour s’immerger dans ce film presque muet aux somptueuses et hypnotiques images, mais il sera récompensé de sa peine. Le scénario est la transposition très libre par Claire Denis et Jean Pol Fargeau du Billy Bud (Gallimard) de Melville, de nos jours, dans le milieu de la Légion Etrangère à Djibouti. C’est un retour aux sources pour claire Denis avec ce film, situé sur le sol africain, territoire de son premier long métrage: Chocolat en 1988. La référence au roman est renforcée par l’utilisation, comme musique du film, d’extraits de Billy Bud, l’opéra de Britten (livret de E.. M Foster). On reconnaît sans peine les homologues des personnage du roman de Melville. Le capitaine Vere devient Bruno Forestier (Michel Subor), paternel mais inflexible. Claggart se transforme en Galoup (Denis Lavant), persuadé que dans chacun est tapi le mal, jaloux et amoureux(?) de Billy Bud, ici le soldat Gilles Sentain. Claire Denis n’est pas avare de références. Comme le clin d’oeil cinématographique qui ressuscite le personnage disparu du  Petit soldat en donnant à Michel Subor le même patronyme qu’il avait dans le film de Godard. Ainsi le rôle est lesté de toute la mémoire de la guerre d’Algérie. Le petit soldat godardien a pris du galon, il est devenu commandant. Le sous texte se fait parfois un peu pesant: le nom du soldat: Sentain... Dans ce miroir sans tain (Lacan à nous!!), à moins que ce soit une allusion à François Sentein, le "découvreur" de Jean Genet.

 

 

Galoup projette ses fantasmes et frustrations jusqu’à la folie.  L’interprétation de Grégoire Colin est parfaite, comme toujours. Mais contrairement à la description du personnage qu’en fait Melville, il a plus de sensualité que d’Angélisme; ce qui modifie le regard que l’on porte sur les personnages par rapport à ceux du roman. On peut penser que Galoup a été jadis, un peu comme sentain l’est aujourd’hui, le favori de Forrestier et que sa haine pour le garçon vient qu’il ne veut pas partager “son” capitaine avec lui; mais aussi que le garçon est le révélateur de son vieillissement, qui aura comme corollaire inexorable son exclusion de sa seule famille: la légion.

Toute la distribution est remarquable et l’on a la joie de revoir deux grands acteurs: Denis Lavant et surtout Michel Subor bien trop rare sur les écrans (il est le méchant homo dans Le Rebelle de Gérard Blain). Mais je voudrais revenir plus particulièrement sur Grégoire Colin.

 

 

Grégoire Colin est doublement un cas rare dans le cinéma. En effet bien peu d’acteurs ayant commencés leur carrière pré-adolescent sont toujours devant les caméras dix ans après. Il est encore plus rare qu’un acteur soit érotisé dès son premier rôle important (il était déjà apparu dans Le silence d’ailleurs de Mouyal l’année précédente) et cela pré-adolescent en 1991 dans L’année de l’éveil. Dans lequel à 14 ans il aguichait son moniteur de sport et se faisait déniaiser par la femme de celui-ci. La même année, on le retrouvait avec plaisir dans Olivier, Olivier d’Agnieszka Holland, en ancien prostitué qui se faisait passer auprès d’une famille pour leur fils, disparu des années auparavant. Puis ce sera entre autres La reine Margot, Pas très catholique, Le fils de Gascogne dans lesquels son potentiel érotique était mis sous le boisseau. En 1995 Grégoire Colin affolait déjà un militaire dans Fiesta de Boutron (adapté du beau livre éponyme de José Luis de Villalonga, en la personne de Jean-Louis Trintignant qui chargeait beaucoup son rôle de vielle ganache franquiste et pédéraste. Il était toujours aussi sensuel en frère, presque incestueux, dans Nénette et Boni ou dans La vie rêvée des anges et bien sur dans le Sade de Benoît Jacquot. Depuis toujours sur les écrans il a joué dans des films moins exposés comme en 2002 l’intéressant La guerre à Paris de Yolande Zauberman.

Beau travail étant une sorte de ballet cinématographique, Claire Denis a mis à contribution le chorégraphe Bernard Montet qui a composé son “peloton” d’une hétérogénéité  comparable à celle de la légion. Il y a des acteurs, des danseurs, un chanteur d’opéra adepte des arts martiaux et des hommes qui n’avaient jamais eu de contact avec le cinéma ou le monde du spectacle auparavant. Leurs origines ethniques sont elles aussi des plus diverses. Il y a des arabes, des français, des africains, un grec, deux italiens, un russe, un asiatique... Cette quinzaine d’acteurs constitue en quelque sorte la troupe du film.

 

 

La réalisatrice a construit tout son film sur un matériau que la plupart des cinéastes jugeraient trop ténu: gestes fugitifs, petits moments arrachés au temps, échappant presque entièrement à l’intrigue.

La première grande idée du film est d’avoir trouvé un équivalent parfaitement melvillien à l’océan dans les paysages désertiques de sable, de roc et de sel de la Corne de l’Afrique, magnifiquement photographiés par Agnes Godard, déjà responsable de la photographie de J’ai pas sommeil, sans doute le plus grand chef opérateur du cinéma français d’aujourd’hui. Elle a reçu le César 2001 de la meilleure photo pour le film. La minéralité tranchante de ces paysages forme un contraste saisissant avec les corps a demi-nus des hommes offerts dans toute leur sensualité. Jamais au cinéma  depuis Leni Riefenstahl et Murnau le culte du corps masculin n’avait été porté aussi haut. L’homosexualité latente est omniprésente; en cela Beau travail est fidèle à l’esprit de l’oeuvre de Melville dont elle irrigue toute l’oeuvre.

 

 

 

La seconde est d’avoir fait du film un ballet en demandant à un chorégraphe, Bernardo Montet, d’en quelque sorte co-diriger le film. La caméra caresse les légionnaires lors de "danses", où l’expression corporelle remplace les dialogues. Le désir ne s’exprime que par demi-mots, que par des regards volés à une hiérarchie militaire implacable; ce qui donne une espèce de ciné-poème sorti d’un carton à dessins ou d’un carnet de croquis, où les mots, les rythmes et les corps concourent à une sorte d’harmonie érotique. Beau Travail est avant tout une promenade sensuelle sur les corps de ces hommes éperdus d’ennui dans une lumière omniprésente et changeantes. L'entraînement militaire se transforme en danse contemporaine, illustrant le désir homosexuel. On peut regretté que, contrairement à Tabou d’Oshima, avec lequel Beau travail partage bon nombre de thèmes et de partis pris esthétiques, le film reste  du côté de la contemplation, du désir, du non-dit, du non résolu. Contrairement  au film japonais qui aborde l'homosexualité frontalement en la considérant de manière à la fois franche, ironique et tragique. Beau Travail ne franchit jamais le seuil de l'explicite et de l'avoué. Le film est aussi consumé par l’espace dans une sorte d’extase sereine: chaque corps, animé ou non, chaque image de ciel, chaque centimètre carré de terre brûlée de soleil y prend une étonnante densité. Claire Denis sait ce qu'il y a montrer (ou pas). C’est finement ciselée, polie par la précision des cadrages, des mises en scène. Dans l’enchevêtrement des monologues si bref, on pense souvent à des aphorismes, à des haikus tragiques. Il y a même  des passages mystiques avec un zeste de kitshissime géographique...

Le film adopte le point de vue même de la légion, qui se vit comme une sorte de cocon. Hommes, veufs de la guerre, qui évoluent en marge du monde colonial qu’ils côtoient quotidiennement, mais qui ont perdu leur utilité et leur identité. Tout conduit au complet abandon physique qui conclut Beau travail.

Le film est a l’origine une commande d’Arte initiée par Pierre Chevalier, alors responsable des fictions de la chaîne. Claire Denis n’a reçu aucune aide de la Légion, bien au contraire. Notamment parce que dés l’arrivée de l’équipe à Djibouti une rumeur a couru que le film serait un  porno pédé! Dans la Légion la terreur paranoïaque de l’homosexualité est très présente et d’une grande violence. La plus grande injure du légionnaire est  schmoul, c’est-à-dire pédé!

France Télévision a édité le dvd avec en bonus le commentaire de Claire Denis, Denis Lavant et Bernard Montet.

                   

 

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Les petits marins de Faro

11 Août 2025, 08:02am

Faro, juillet 2019, photo B.A

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une promenade à Florence

11 Août 2025, 08:01am

une promenade à Florence
une promenade à Florence
une promenade à Florence
une promenade à Florence
une promenade à Florence
une promenade à Florence
une promenade à Florence
Florence, juillet 2010

Florence, juillet 2010

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Le musée de Delphes

11 Août 2025, 07:59am

Le musée de Delphes
Le musée de Delphes
Le musée de Delphes
Le musée de Delphes
Le musée de Delphes
Le musée de Delphes
Delphes, Grèce, aout 1986

Delphes, Grèce, aout 1986, photo B.A

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Street art au Printemps

11 Août 2025, 07:58am

Street art  au Printemps
Dans les illuminations de Noël des grands magasin, soudain un ange blond apparu, l'enfant à l'étoile

Dans les illuminations de Noël des grands magasin, soudain un ange blond apparu, l'enfant à l'étoile 

Paris, décembre 2014

Paris, décembre 2014, photo B.A.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaire

 

 

 

 

 

 

 

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Eugen Kron

10 Août 2025, 07:28am

 

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MON FLORILÈGE DU MUSÉE D'ART MODERNE DE TOKYO, JAPON

10 Août 2025, 07:27am

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Koga Harue, sea

 

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Hashimoto Meiji, red chair

 

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Tanaka Saishiro, Lamen Garrison's desparate defense

 

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Miwa Chosei, attack on the cavite Naval Base

Tokyo, octobre 2010

 

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Les hippopotames du zoo de Vincennes en avril 1990 (1)

10 Août 2025, 07:26am

Vincennes, avril 1990, photo B.A

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ROBERT BLISS

10 Août 2025, 07:25am

 

 

Robert Bliss est né le 30 Octobre 1925 à Newton dans le Massachusetts. Il a fréquenté le Bowdoin College dans le Maine.

 

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Il est devenu, très jeune, un protégé d'Andrew Wyeth qui l'a désigné comme l'un des jeunes artistes les plus prometteurs dans un article du Time sur les artistes de demain.

 

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Il a effectué son service militaire pendant la Seconde Guerre mondiale. A cette époque, il a commencé à réaliser ses premières peintures figuratives, qui ont été des auto-portraits. 

 

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Après sa libération des obligations militaires, Robert Bliss a étudié la peinture à l'École du Musée des Beaux-Arts de Boston puis avec Carolyn Wyeth à Chadds Ford en Pennsylvanie. 

 

 

 
 

 

En 1951, il devient  professeur d'art et directeur de galerie à la Deerfield Academy, Deerfield dans le Massachusetts, une école très chic rassemblant l'élite de la jeunesse locale. Bliss a laissé entendre qu'il aurait été "invité" à démissioner de son poste en 1963. 

 

 
 
 
 
 


Après son départ de Deerfeld, il s'installe à Hull, dans le Massachusetts, où il se lia d'amitié et a étudié avec l'artiste Samuel Rose (1941-2008). C'est dans les premières années à Hull qu'il a peint la plupart de son œuvre. Il vendait ses tableaux par l'intermédiaire de petites galeries locales et dans des boutiques de cadeaux.

Mais assez rapidement il tombe dans la dépendance de l'alcool, puis du LSD ce qui délabre sa santé. Il décéde d'une rupture d'anévrisme le 11 Janvier 1981.  

Après une relative notoriété, il est tombé peu à peu dans l'oubli après sa mort. Ses oeuvre n'étaient que rarement montrées dans les institutions, comme la Fondation Forbes par exemple, qui en possèdaient.

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Robert Bliss est redécouvert au début des années 2000. La cote de ses peintures,  au cours de la dernière décennie a atteint les cinq chiffres en vente ublique chez Christie ou Sotheby... Le peintre aurait laissé entre 400 et 500 oeuvres principalement représentant des garçons et des paysages balnéaires et parfois mélant les deux thèmes.

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UNE JOURNÉE AU BNP PARIBAS MASTER 2011 AU POPB

10 Août 2025, 07:23am

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avant chaque entrée des joueurs des jeux de lumière

 

 

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Tomas Berdych

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Tomas Berdych

 

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Andy Murray

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Roger Federer

 

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Monaco

 

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John Isner

 

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David Ferrer

 

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Les coursives de Bercy sont habituellement sinistres. Cette année un effort a été fait pour les décorer on y retrouve ainsi le célèbre bonhomme blanc de Mesnager.

 

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Paris, novembre 2011

 
 

 

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