AVEC FLOC'H LES DONATEURS SONT DANS L'ESCALIER
Le Musée des Arts Décoratif a eu la géniale idée de demander à Floc'h de portraiturer ses mécènes pour égayer l'escalier qui conduit d'une exposition à une autre...
Paris, février 2012
un regard sur les arts et les lettres
Le Musée des Arts Décoratif a eu la géniale idée de demander à Floc'h de portraiturer ses mécènes pour égayer l'escalier qui conduit d'une exposition à une autre...
Paris, février 2012
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Phuket, Thailande, avril 2025, photo B.A

Tout lecteur de « La montagne de feu » doit avoir une date en mémoire celle du 6 aout 1945 qui vit les américains lancer leurs bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. Dans le roman d'Alfred Coppel (1921-2004), le 16 juillet 1945 un violent orage détruit la bombe atomique américaine lors de son ultime essai avant son utilisation. C'est cette date du 16 juillet 1945 qui est la date de divergence avec l'histoire que nous connaissons.
La dédicace de l'ouvrage: << Aux milliers d'habitants d'hiroshima et de Nagasaki qui ont perdu la vie à la place des millions d'hommes et de femmes qui auraient trouvé la mort au court de l'opération Coronet.>> doit alerter le lecteur sur ce qu'il va lire car elle justifie ce qu'a toujours mis en avant le pouvoir américain que l'utilisation de l'arme nucléaire en faisant abréger la guerre aurait économisé de nombreuses vies. Le roman est paru aux Etats-Unis en 1982 et en France, aux éditions Mazarine en 1984.
Tout l'art du romancier uchronique est de donner chair à son alternative historique. Pour cela le choix de héros imaginaires et souvent des sans grade de l'Histoire, aide grandement à la crédibilité de l'entreprise. Car il est extrêmement difficile de faire parler dans un roman des figures célèbres de l'Histoire mais par exemple Philip Kerr y parvient très bien. C'est donc le choix de prendre pour héros des personnages sortis de son imagination, même si l'on voit passer Truman, McArthur et quelques autres figures historiques qu'a embrassé Alfred Coppel. On suit tour à tour des combattants américains et japonais. L'auteur nous immerge alternativement dans les deux camps antagonistes où nous découvrons des caractères très différents.
La bonne idée de Coppel a été de choisir parmi ses personnages principaux américains deux militaires ayant de fortes attaches avec le Japon.
On partage le quotidien de cette guerre aussi bien avec des soldats du rang qu'avec des officiers, on est tantôt dans les airs avec des kamikazes, tantôt sur la mer dans les navires américains à moins que ce soit dans une casemate où des soldats nippons sont abandonnés face à l'armada américaine.
L'auteur alterne « des plans larges » dans lesquels il explique clairement les stratégies militaires de part et d'autre et « les gros plans » qui nous font partager l'intimité de différents soldats.
Coppel parvient a bien exposer la fracture qui existait dans la classe dirigeante japonaise entre ceux qui désiraient arrêter la guerre et ceux qui voulais que chaque japonais se batte jusqu'à la mort.
Si ce livre est ouvert par un lecteur ignorant tout du dénouement de la seconde guerre mondiale dans le Pacifique, il aura le sentiment de lire un excellent roman de guerre tenant à la fois de « Mer cruelle », de « La 13 ème vallée » et du « Grand cirque », ce qui n'est pas rien. A propos de ce dernier livre, les rapports avec « La montagne de feu » ne sont pas entièrement fortuits, puisque Alfred Coppel, de son nom complet Alfredo Jose de Arana-Marini Coppel,a été pilote de combat (tout comme Pierre Closterman) dans l'US Air Force durant la seconde guerre mondiale, ce qui explique l'impression de vécu de nombreuses pages du roman.
Après sa démobilisation, Coppel a entamé une carrière d'écrivain, devenant un auteur prolifique pour les pulps (sa première histoire de science fiction était « L'âge de la déraison » paraît en 1947 dansAmazing Stories) dans les années 50 et 60. Il a écrit sous les pseudonymes de Robert Cham Gilman et de A.C. Marin. Romancier prolifique Il a écrit des récits policiers, d'action et de science-fiction (romans et nouvelles). A ma connaissance « La montagne de feu » semble être son seul roman traduit en français; ce qui est bien dommage si ses autres ouvrages sont de la qualité de celui-ci.
Tout comme dans l'autre formidable uchronie sur la guerre du Pacifique, le manga Zipang de Kawaguchi, on en apprend beaucoup sur ce conflit dans « La montagne de feu ».
Coppel qui semble aussi bien connaître la civilisation japonaise que l'américaine a tout de même tendance à caricaturer la psychologie nationale des deux pays. En revanche il montre très bien les ravages fait dans les esprits par la propagande de part et d'autre. Il nous fait entrer dans l'esprit de ces japonais pour qui se sacrifier pour l'empereur était leur devoir (deux mangas remarquable traitent de ces soldats suicides: Tsubasa et L'ile des téméraires). On voit également l'absurdité de ce sacrifice sur le plan militaire. Il nous décrit aussi des soldat japonais assez loin de cette totale abnégation, un peu comme nous le montre Mizuki dans son manga autobiographique « Opération mort »/ Le pacifisme de l'auteur le conduit à ce que nombre de ses personnages connaissent des morts particulièrement absurdes.
L'écriture très vive et précise fait que l'on s'attache à tous les personnages, qui pourtant pour certains apparaissant que d'une façon éphémère, alors que nous en retrouvons d'autres plusieurs fois.
Le roman repose sur une connaissance historique sans faille. Coppel s'appuie sur les archives nationales américaines car si l'opération Coronet n'a jamais été mis en oeuvre, rendue inutile par la reddition des japonais, elle existe néanmoins sous la forme d'études d'état major, de même que la défense Ketsu-go des japonais face à une invasion virtuelle se trouve dans les archives de guerre du gouvernement japonais.
Le livre a été soigneusement édité. Il bénéficie d'une bonne traduction de Françoise et Guy Casaril, d'un glossaire de termes japonais et d'une bibliographie. Il manque juste une carte de la région où a (aurait) eu lieu le débarquement américain au Japon.
La prochaine fois que je me rendrais au sanctuaire Yasukuni où se rassemble selon la tradition, les esprits des guerriers morts honorablement au service du Japon, je serai encore un peu plus ému que la dernière fois.
Ceux qui ont vu le magnifique film de Clint Eastwood, « Lettre d'Iwo Jima » retrouveront avec le roman de Coppel une approche semblable face à la guerre et à la mentalité japonaise.
En parvenant magistralement à humaniser son uchronie Alfred Coppel, il ose même une émouvante romance à la madame Butterfly, a réussi un des chefs d'oeuvre du genre à mettre aux cotés de « Pavane » et des « Iles du soleil »

Nota: Il y a d'autres romans sur ce même thème, mais je ne les ai pas lu et ne sont pas traduit en français, tel Storming Paradise, par Chuck Dixon (2009): la première bombe atomique au Trinity College a explosé prématurément, tuant d'éminents physiciens nucléaires tel que Robert Oppenheimer. Cela force le président Truman a lancer l'invasion sanglante alliée du Japon dans l'opération Downfall. On peut encore citer « Macarthur's War par Douglas Niles and Michael Dobson, Lighter than a Feather par David Westheimer (1971), The Bomb That Failed (British, The Last Year of the Old World) by Ronald W. Clark (1969) et 1945 by Robert Conroy (2007). A l'inverse quelques livres montrent le Japon vainqueur comme dans le célèbre « Maitre du haut château » de Dick ou « The Bush Soldiers » by John Hooker dans lequel les japonais ont investi l'Australie.
Il me parait indispensable pour apprécier une oeuvre auto proclamée autobiographique, comme celle de Louise Bourgeois, d’avoir quelque empathie avec l’artiste. Et bien je n’en pas la moindre avec cette incontestable créatrice de forme. Rien n’est plus loin de moi que cette macération dans de vieilles haines recuites pour son père, que cette alternance de famille je vous aime, famille je vous hait, que ce repli sur soi nombriliste dans l’humidité féminine qui a pour conséquence semble-t-il à la longue le rejet de tous ses proches, que cette attirance morbide pour la décomposition et les reste avec pour curieux corollaire cet acharnement à vivre quelque en soit la douleur. De toutes ces obsessions Louise Bourgeois s’en repaît depuis près de soixante dix ans. Elles nourrissent son oeuvre et sont ses meilleures viatiques pour la postérité. J’aurais vu jusque là peu d’expositions aussi dérangeantes. Celle-ci l’est éminemment par la crudité des œuvres montrées et la totale impudeur de leur créateur. On a l’inconfortable sentiment d’être en présence d’objets rituels d’une religion dont Louise bourgeois serait à jamais l’unique grande prêtresse. Du fouillage névrotique de son inconscient a accouché une oeuvre aux expressions multiples dont la plus achevée est la sculpture mais donc l’unique sujet est Louise Bourgeois.
L’exposition rassemble dans trois espaces du Centre Pompidou près de deux cent pièces, peintures, sculptures, dessins, gravures, installations qui s’échelonnent sur une période allant de 1938 à 2007. On est accueilli dans le hall du musée par la grande araignée de bronze qui gambadait avec plus d’aisance dans celui de la Tate modern il y a quelques années... Au troisième niveau on trouvera ses dessins les plus récents, sortes d’exorcisme de la décrépitude alors que le gros de la rétrospective est au sommet du centre.
Comme elle le dit sans ambages toute son oeuvre est née des souffrances de l’enfance. Elle n’aura de cesse que de recréer par des moyens divers, ces années, pourtant selon elle malheureuses, en posant sur elles un regard morbide. Voilà la version officielle qu’est donné de son enfance. << A l’âge de 11 ans Louise Bourgeois dessine les parties manquantes des tapisseries que restaurent ses parents dans leur atelier de Choisy-le-roi. Elle grandit dans un univers féminin de couturières, parmi les pelotes de fils et les aiguilles. Sa mère pragmatique et “féministe” dirige le travail, tandis que son père collectionne les antiquités et court le jupon. Il introduit dans la maison sa maîtresse, une jeune anglaise engagée comme gouvernante auprès des enfants. Cette double trahison, qui met en péril l’équilibre familial, perturbe profondément la jeune Louise qui se sent manipulée par les adulte. Une faille s’ouvre...>>. Cette enfance et sa posture vis à vis d'elle à quelque chose à voir avec celle de Céline...
Voilà des fautes qui me paraissent bien bénignes pour avoir enfanté une telle haine du père qui se matérialisera en 1973, soit trente cinq ans après avoir quitté ce père honni, par la sculpture “The destruction of the father”; une figure aliénesque qui ferait passer les monstres de Giger pour des reproductions d’aimables animaux de compagnies. Devant cette pièce d’une force aussi incontestable que dérangeante on ne peut que soupçonner que la lisse biographie de la jeunesse ne soit que calembredaines. On pense immédiatement plutôt à une relation incestueuse entre le père et la fille faite d’attirances et de répulsions. Il faut tout de même rappeler qu’elle rencontre son futur mari, Robert Golwater un historien d’art spécialisé dans le primitivisme qui l’ emmènera à New York dans << la petite galerie qu’elle ouvre avec son père, boulevard Saint Germain>>.
On peut voir toute cette exposition comme un gigantesque exorcisme. On remarquera plusieurs petites figurines percées de clous...
La rétrospective fait silence sur les années françaises et la formation de l'artiste. Il me semble qu’il n’est pas pourtant inutile de savoir que Louise Bourgeois a fait des études de mathématiques à la Sorbonne de 1932 à 1935. A partir de 1936, elle suit des cours de dessin et fréquente l’Ecole du Louvre et les Beaux Arts de Paris.
Les début sont marqué par l’autoportrait (mais son oeuvre n’est elle pas qu’un autoportrait proliférant?) d’abord sous forme de dessins, cela sera la seule période où l’extérieur sera présent. Elle se représente volant au dessus d’un gratte ciel (son atelier est alors situé sur la terrasse d’un immeuble) et dans un autre dessin en femme gratte ciel. C’est une première représentation de la “Femmes-Maison” qui prendra bien d’autres formes.
Elle fait sa première exposition personnelle en 1945 à New-York. En 1951 elle prend la nationalité américaine. Elle représentera e 1993 les Etats Unis à la Biennale de Venise.
Les années cinquante est la seule période qui semble lumineuse. Ce qui est pourtant en opposition avec ses déclarations: << J’ai adopté cet endroit en plein air (la terrasse déjà mentionnée ) et j’ai recréé tous les gens que j’avais laissés en France. ils étaient massés les uns contre les autres; ils représentent tous les gens dont je n’aurais pas admis qu’ils me manquaient. Je ne l’aurais pas admis, mais le fait est qu’ils me manquaient terriblement.>>. Elle sculpte des totems dans du bois, du balsa, le bois des réservoirs d’eau de New-York, qu’elle peint ensuite, ou elle assemble des morceaux de bois de récupération (du bois flotté?) pour en faire des “personnages longilignes”. Elle dispose ensuite ces “figures” en groupe. Le résultat est à la fois presque joyeux et rassurant. Ces ensembles totémiques présentent une parenté avec les totems de Chaissac .
Suivent des séries de très belles petites sculptures en marbre ou en bois aux formes pures très inspirées de Brancusi qui sont des variations presque abstraites sur le corps.
Malgré ses thèmes récurrents Louise Bourgeois a su constamment leur donner des formes différentes en particulier par l’emploi de matériaux inattendus comme le latex ou la tapisserie, réminiscence évidente de l’enfance. Ainsi dans les travaux des années 60 pendant lesquelles elle élabore des nids, des tanières, des refuges dans les matériaux les plus divers ou beaucoup plus recemment ses têtes inquiétantes en tapisserie ou bandes velpeau.
A ce stade de l’exposition on a vu un ensemble de pièces qui forme un parcours dans la sculpture moderne, du minimalisme au surréalisme. On y a reconnu les influences de Brancusi mais aussi celles de Picasso, de Bellmer et d’Etienne Martin , les nids de Louise Bourgeois cousinent avec les demeures de ce dernier.
Mais la découverte de la salle 4 provoque un choc. Nous sommes projeté dans l’antre d’un serial killer, écorcheur, adepte du bondage. Ce n’est pas sans répulsion que je me suis campé devant la vitrine dans laquelle pendouillaient des formes phallique. J’ai été saisi d’un profond malaise devant ces substituts de sexe, pour moi menaçant. Cet ensemble a pour postérité aujourd’hui dans l’esprit et dans la forme les sculptures dégoulinantes d’Elsa Sahal ...
Dans la même salle, plus aimables mais aussi complexes et à connotations tout autant sexuelle sont les “soft landscapes” composés de champignons, de rotondités, de bosses qui évoquent seins et sexes, tétons et glands. Ils sont réalisés en divers matériaux latex, albâtre, marbre... du plus mou au plus dur. Cette nature anthropomorphe est on ne peu plus érotique...
L’araignée est une des figures récurrentes de l’expositions et donne les pièces les plus spectaculaires. Elle évoque la figure maternelle comme le déclare Louise Bourgeois: << Pourquoi l’araignée, parce que ma meilleure amie était ma mère, et qu’elle était aussi intelligente, patiente, propre et utile, indispensable, qu’une araignée.>>.
Le sentiment de grande gène sera renforcé par les grandes poupées humaines recouvertes de tissus rose, certaines unijambistes ou dotés d’un appareillage orthopédique en souvenir d’une soeur estropiée. Deux séries à mettre sans conteste sous le parrainage de Bellmer.
Dans les années soixante dix Louise Bourgeois est sous l’emprise du féminisme. Ce qui nous vaut une étonnante sculpture d’un homme en bronze doré se convulsant par là l’artiste voulait signifier que l’ hystérie n’était pas l’ apanage des seules femmes! Quant à moi cette figure lisse, pourvu d’un bon paquet, m’a immédiatement fait penser à un super héros de comics vaincu, même suspension dans les airs, la salle d’exposition devient case, même posture outrée que chérissent les dessinateurs de bandes dessinées.
En 1973, son mari meurt, elle le vit comme une trahison de sa part qu’elle exprime par une installation que je trouve peu convaincante. Mais cette réaction est typique de son rapport avec le monde (ou avec les hommes?). Ce serait elle senti trahi quand son père aimait une autre femme que sa mère (ou elle?)? Elle a aussi cette impression de trahison lorsque elle constate que son fils communique peu avec elle, comme elle le déplore dans un de ces dessins. Au vu de son expression artistique on peut subodorer que cela ne devait pas aider le jeune homme à s’épancher dans son giron! Il est difficile de ne pas voir dans ces curieuses réactions un égocentrisme exacerbé.
On n’est pas au bout du malaise car avant de retrouver le ciel salvateur de Paris, Le musée à cet étage offre peut être la plus belle vue de Paris que l’on puisse voir, il faut traverser les installations, en 1950 elle a été une des premières artistes à en réaliser, les cellules comme les appelle Louise Bourgeois, sans doute pour mieux emprisonner ses propres démons. Elle y évoque son passé à l’aide d’objets hétéroclites qu’elle enferme tantôt par des jeux de vieux paravents, tantôt par des panneaux grillagés. On pense alors beaucoup aux dernières réalisations de Rauschenberg .
Sans doute pour ne pas nous laisser partir sur une vision aussi sombre la dernière installation est plus ludique et plus claire, il s’agit d’une représentation d’un être à tous les âges de la vie, sous forme de poupées de chiffon placées devant un miroir déformant.
Une exposition inconfortable mais inoubliable.
Paris, 2008, photo B.A
La Varenne, été 1983
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Italie, 1970, 110 mn
Réalisation: Bernardo Bertolucci, Scénario : Bernardo Bertolucci, adapté du roman d'Alberto Moravia,
avec: Jean-Louis Trintignant, Stephania Sandrelli, Dominique Sanda, Pierre Clémenti, Gastone Moschin, Fosco Giachetti, Yvonne Samson, Jose Quaglio
Résumé
Nous découvrons Marcello Clerici (Jean-Louis Trintignant), au début du film, à la période la plus dramatique de sa vie, lors d’un voyage à Paris en 1937 avec sa femme, Giulia (Stephania Sandrelli). Sous couvert d'une visite touristique, ce voyage a en réalité pour but de faire assassiner par des nervis fascistes un leader antifasciste réfugié en France. Il s’agit de Quadri, l’ancien professeur de droit à l’université de Rome, de Marcello. Ce dernier prend contact avec son ancien maître. Il le met en confiance ce qui permet le guet-apen dans lequel le professeur tombe. Ann (Dominique Sanda), la femme de l’exilé, fait des avances à Clerici, car elle n’est pas insensible au charme de...Giulia. De son coté Clerici s’éprend d’Ann. Il veut renoncer à son noir dessein. Il ne prend finalement aucune décision et participe au traquenard. Les époux Quadri sont sauvagement assassinés sur une route de montagne. On apprend que si Marcello est devenu cette brute fasciste c’est parce qu’il a été violé à dix ans par le chauffeur de ses parents (Pierre Clementi, que Bertolucci avait déjà fait tourner en 1969 dans Partner) et qu’il croit avoir tué d’un coup de révolver.

Quelques années après les évènements, relatés précédemment, Marcello assiste à Rome à l’effondrement du fascisme, par hasard il retrouve le chauffeur qu’il croyait avoir tué. Il est devenu une espèce de clochard décavé à la beauté détruite mais au charme intact (Par une prescience inquiétante Bertolucci donne dans ce film un raccourci de la vie du vrai Clémenti dans ces scènes que l’on ne peut revoir sans éprouver un profond malaise). Marcello retournant sa veste aussitôt, il s’empresse de dénoncer ses anciens compagnons. Clerici sera tué lors d’un bombardement aérien après la chute de Mussolini.
L'avis critique
Le film veut démontrer que le désir de conformisme social chez Marcello, son mariage avec une femme terne mais bourgeoise, son adhésion au fascisme, puis à l’antifascisme... n’est dicté que par la volonté de fuir le souvenir humiliant (pour lui) du viol et de combattre son homosexualité frustrée ou plutôt latente, assez voisine à celle du personnage du "Fanfaron" que jouait également jean-Louis Trintignant.
Alors que le roman éponyme de Moravia, dont le film de Bertolucci est l’adaptation, raconte la vie de Marcello Clerici de l’enfance à la mort d’une manière linéaire et chronologique, le cinéaste brise cette continuité pour la recomposer par de multiple aller et retour temporels privilégiant l'enfance et l’épisode tragique qui sera le noeud de sa vie.

La morale, la vulgate marxiste était à son apogée dans ces années 70, si l’on peut dire de tout cela, est assez répugnante. Elle subodore que lorsque l’on a été violé à dix ans (On se demande de quoi se plaint ce sale gosse, en 1970 être sodomisé par Pierre Clémenti était un fantasme très largement répandu quelque soit le sexe et l’âge) on devient automatiquement un tortionnaire fasciste à trente! On pense bien sûr beaucoup a la célèbre nouvelle de Jean-Paul Sartre, contenu dans le recueil Le mur,L’enfance d’un chef. Pourtant contrairement à l’oeuvre de Sartre, Bertolucci, qui a quelque peu dénaturé l’oeuvre de Moravia, ne dépeint pas un archétype mais cisèle seulement le portrait d’un opportuniste particulièrement veule.
Un grand soin est porté au décor, ce qui apparente Bertolucci à Visconti. Bertolucci s’acharne à retrouver le charme des anciens magazines; il traite la couleur comme dans les cartes postales 1900 et s’attarde à combiner de séduisants effets en s’inspirant du cinéma d’avant-guerre. Il ne manque pas un meuble d’acajou, pas un bibelot modern-style pour ponctuer l’espace daté d’un bureau, d’un appartement, et le gigantisme architecturale officiel capté en plongée ou en contre-plongée suffit à dénoncer la mégalomanie gouvernementale.
La couleur est également très étudié, le film à la forme éclatée, joue avec virtuosité des perspectives, des couleurs (tout un travail sur le jaune orangé) d’effets de montage qui cassent la narration et d’une construction en flash-back et en flash-forward. Ce formalisme extrême peut irriter mais aussi fasciner. Il vise à la représentation pure et dissèque de façon troublante les motivations d’un homme intelligent et ironique qui choisit la bêtise et le fascisme pour des raisons qui s’opacifient au fur et à mesure qu’elles sont dévoilées.
Le film, si le titre n’avait pas déjà été pris, aurait du s’appeler l’amoraliste. Jean-Louis Trintignant réussit le tour de force de rendre attachant ce parfait dégueulasse. Mais c’est l’image de Pierre Clémenti qui restera toujours gravée dans les mémoires lorsque, chauffeur-garde du corps du héros, il retire sa casquette de chauffeur de maitre et que ses longs cheveux cascadent sur ses épaules, transformant le policé et froid larbin en une gouape des faubourgs à la beauté subjuguante et vénéneuse à la fois.
Dans le Combat dans l’ile Jean-Louis Trintignant joue un jeune fasciste, membre d’un groupe terroriste, le film est de 1961, on pense à l’OAS, très proche psychologiquement du personnage du Conformiste. Trintignant se plait à pervertir son image sage et rangée, sa normalité, en interprétant des personnages tortueux, voire carrément psychopates, à faire éclater la perversité latente des bourgeois les plus conformes, c’est la dualité génialement perçue par Bertolucci dans Le conformiste, dont on retrouve une forme mineure, humoristique, dans un film comme Eaux profondes de Michel Deville. Sa douceur et sa passivité font ressortir de façon étonnante la violence froide de ces héros criminels aux visage d’ange. Cet art du chaud-froid, est très rare dans le cinéma français. Il est plutôt l' apanage des acteurs anglo-saxons.
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Quelque soit les réticences qui vont suivre sur la biographie de Roger Peyrefitte par Antoine Delery, j'ai d'ailleurs plus de réserves sur l'objet étudié que sur l'étude elle même, on ne dira jamais assez combien ce livre est indispensable entre autres pour la mise en perspective de l'histoire de l'homosexualité en France depuis la dernière guerre et encore plus pour les « genders studies » (je ne trouve pas de termes français appropriés, ce qui en dit beaucoup).
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| J'ai Lu, 1970 | J'ai Lu, 1971 | |||
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| J'ai Lu, 1973 | J'ai lu, 1977 | Le livre de poche 1978 |
La parution en 1945 des « Amitiés particulières » peut être considérée comme la première brèche dans le mur du silence qui entourait les amours entre garçons. Je sais bien que le premier roman de Roger Peyrefitte, et à mon avis le seul qui passera à la postérité, peut être pour de mauvaises raisons, n'était pas le premier à illustrer le sujet. Il y avait eu déjà quelques livres mais aux audiences très limitées, parlant de ces amours alors interdites, la première édition de Corydon date de 1930 et il y avait eu auparavant le chef d'oeuvre de Marcel Proust mais le premier fut un essai à la diffusion relativement confidentielle à sa parution, et le second n'avait pas que l'homosexualité masculine pour sujet et n'avait pas encore atteint en 1945 un très grand public qu'il a conquis petit à petit, contrairement à ce qui va se passer très rapidement pour « Les amitiés particulières » de Peyrefitte. J'explique le succès des « Amitiés particulières » par le fait que l'intrigue , l'amour entre deux jeunes garçons pensionnaires dans un collège catholique dans la province française, rappelait beaucoup de choses à un grand nombre de lecteurs qui n'avaient en 1945, aucun mal à s'identifier aux personnages ou à reconnaître des situations dont ils avaient été les témoins. La désaffection aujourd'hui pour le roman et pour toute l'oeuvre de Peyrefitte à la même cause que son succès d'hier. Les amitiés particulières paraît au XXI ème siècle nous parler d'un monde appartenant irrémédiablement au passé, sans résonance avec ce que peuvent vivre aujourd'hui des garçons de l'âge des protagonistes du roman. Vous pourriez me répondre qu'il en est de même pour « La recherche du temps perdu » sans parler de l'écart de talent qui existe entre Proust et Peyrefitte, la grande différence entre « La recherche du temps perdu » et « Les amitiés particulières » est que le grand oeuvre de Proust est solidement ancré dans l'Histoire, l'importance notamment dans celui-ci de l'affaire Dreyfus et de la Grande Guerre alors que le roman de Peyrefitte est un monde clos dans lequel la rumeur de l'extérieur ne pénètre jamais.
Les amitiés particulières ont par ailleurs, vérifié pour beaucoup l'affirmation de Merleau-Ponty: << L'être est ce qui exige de nous, création pour que nous en ayons l'expérience>>. Ceci dans le sens que l'homme a besoin de créateurs pour qu'il découvre certaines expériences de la vie qu'il n'a pas encore vêcu mais qu'a la découverte d'une oeuvre d'art, il s'aperçoit qu'il aspire à vivre une semblable expérience. Il ne faudrait pas par anachronisme méconnaitre quel ouvreur de chemins Peyrefitte a été avec son premier livre.
Un des principaux enseignements de cette biographie est de nous montrer un homme totalement autiste envers tout ce qui n'est ses petites affaires et totalement ignorant du monde dans lequel il vit et donc n'y comprenant rien. Son attitude à la fin de la guerre où il se rend tous les matins à son bureau des affaires étrangères alors que tous ses collègues ont fui, illustre bien cette incompréhension envers son époque. Il sera stupéfait ensuite de sa révocation par la nouvelle administration issue de la Libération en raison de ses accointances supposées avec le régime de Vichy; en réalité Deléry montre bien que la cause de ce renvoi est beaucoup plus une vengeance personnelle due à madame Bidault ( Le déchu se vengera envers cette dame dans « La fin des Ambassades » comme le note en octobre 1953, Cocteau dans son journal << Peyrefitte triomphe. La sottise de madame Bidault a fait vendre quarante mille exemplaires du livre en une semaine et coûté la présidence de la République à son époux.>>.) que le vichysme de Peyrefitte qui a traversé la guerre et l'occupation comme si elles n'existaient pas. Sa grande préoccupation durant cette période est l'écriture de son roman et accessoirement, mais beaucoup moins que Montherlant, les adolescents, pour lui le reste n'existe quasiment pas.

illustration par Egermeier du Paysage des Olympique de Montherlant
A sa décharge, comme à celle de toutes les personnes qui ont vécu la débâcle de 40, dont on ne peut pas aujourd'hui mesurer quel traumatisme fut pour eux l'effondrement en une semaine de leur pays que la propagande disait doté de la meilleure armée du monde, le fameux « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts » de Paul Reynaud (encore un nabot en politique). Ce choc et un égocentrisme assez monstrueux expliquent probablement la cécité pour le restant de sa vie de Peyrefitte envers les événements historiques qu'il traversera.

Peyrefitte, dans une lettre à Montherlant ( je remercie Antoine Deléry de m'avoir fait connaître ce texte ) décrit en quelques lignes magistrales le triste épisode de l'exode et son attitude envers cet écroulement << Quant à moi j'ai dû un beau jour quitter Paris avec le dernier train rapide sur injonction expresse. Quarante-huit heures après être arrivés dans la retraite ronsardienne... nous recevions l'ordre d'en partir, les Allemands ayant été presque aussi vite que nous... Et je suis resté seul de tout le Ministère, quelques dix autres ex (ou futurs) diplomates ont également gardé leur poste... Vivant ici au milieu des délices - de celles qui aident à vivre, mais privé de toutes nouvelles, de mes amis, de mes enfants, de mon chat, de mes livres... Dans l'impossibilité de bouger d'ici autrement qu'à bicyclette (ni train, ni auto) je me surprends à demander parfois moins de " jeunesse " et plus de journaux, moins de vérité et plus de mensonges ! Mais en réalité quelle reconnaissance je dois et je devrais à mes passions ! Ce sont elles - et elles uniquement - qui m'ont soutenu à travers ce que je puis appeler... tant d'épreuves. Ce sont elles qui m'ont fait prendre patience, pendant trois jours, dans des gares encombrées de foules gémissantes, dans des trains peuplés de loques humaines (agrémentées de l'impérissable de l'éclat de vives couleurs), et, pendant plus d'une semaine, permis de voir sans en être abattu, le lamentable défilé des réfugiés sur la route, pauvres gens qui fuyaient la mitraille et la trouvaient toujours un peu plus loin ! Le petit dieu, à jamais vainqueur, qui fait le prix de ma vie, est le même qui m'a fait oublier la guerre pendant tant de fois à Paris, qui m'a rendu indifférent à l'avance ennemie et m'a fait braver le bombardement sur les bords de la Loire, et, si j'ose l'écrire, qui me console de la défaite, et peut-être de la ruine. N'ayons pas honte de ce qui nous sauve du malheur et de la faiblesse ; tant pis, si nous sommes forts et restons heureux !...>>. On voit dans cette missive que la fréquentation des auteurs anciens peut être bien utile dans le tourment des jours...
Comme tous les biographes, Antoine Deléry est entré en empathie avec son modèle, attitude qui me parait indispensable pour un écrivain qui par la force des chose va être contraint de vivre un temps certain avec le dit modèle; ce qui fait que toutes les biographies sont plus ou moins hagiographiques même si les auteurs en général s'en défendent. Le biographe est victime d'une sorte de syndrome de Stockholm tant il est pris en otage, à son corps défendant par son sujet. Ce qui amène Antoine Deléry à surévaluer l'oeuvre et surtout l'homme Peyrefitte. Ce dernier contrairement à ce qu'il écrit n'a pas du tout fréquenté la meilleure société de son temps, ni si l'on prend ce terme dans le sens de bonne société aristocratique ou grande bourgeoise, Peyrefitte n'a pas fait partie longtemps de la "café sociéty" car si le succès des « Amitiés particulières » et l'admiration de Florence Gould lui en avait entrouvert les portes, son besoin de produire des écrits scandaleux, d'abord pour remplir ses caisses mais aussi par une sorte de haine de toute hypocrisie l'on vite fait devenir personna non grata dans ce club de riches oisifs tolérants mais soucieux de maintenir un ordre social et intellectuel qui les faisait prospérer. D'autres irrévérencieux ont eux été adoubés définitivement par ce club, même si c'était à ses marges, tel un Philippe Jullian dont le journal apprend qu'il connaissait bien Peyrefitte, dont il disait qu'il était le fils d'une chaisière toulousaine et d'un mauvais prêtre (il le définissait ainsi d'après ses livres et non au vu de son livret de famille); il en fait cette subtile description: << Roger Peyrefitte, l'homme de lettres français par excellence, intarissable causeur, brillant et pirouettant, content de soi. Grand lecteur de Casanova, il a le coeur sec des libertins. Charmante compagnie d'ailleurs. Il est en Italie que pour faire l'amour. Le détail de ses aventures et ses attendrissements font rire. C'est une cure, comme à Vichy. Les malades commentent l'effet de chaque verre et les symptômes de la maladie. Il s'habille mal, porte des flanelles, craint les courant d'air. Comme Montherlant, il ne quitte pas un imperméable, si commode pour les cinémas.>>; ou plus encore comme un Paul Morand (le plus homophobe des écrivains français mais dont les meilleurs amis étaient homosexuel! Ses relations avec Peyrefitte étaient très cordiales jusqu'à leur brouille à la fin de la vie de Morand à cause d'une mise en cause par Peyrefitte dans un de ses écrits d'un des amis de Morand, voir à ce sujet le journal de ce dernier); si on prend le terme comme synonyme d'élite intellectuelle (au sens large du terme) c'est pire encore. Peyrefitte a été complètement étranger à son époque. Bien sûr Peyrefitte a rencontré quelques célébrités de son époque. Deléry m'écrit: << ll voyait régulièrement Roland Laudenbach, Jacques Laurent (Peyrefitte apparait dans plusieurs de ses livres, comme "la bourgeoise"!), Roger Nimier (qui lui a consacré plusieurs chroniques) et les gens de la Table Ronde, ainsi que de nombreux intellectuels comme Jean-Louis Bory (témoignages nombreux, sur ce point, de Gérald Nanty qui les a réconciliés après une longue brouille), Navarre (qu'il a fait entrer chez Flammarion), Curtis (qui fait un très beau portrait de lui dans un de ses livres), Jouhandeau (ils se tutoyaient), Sagan (rencontrée de nombreuses fois grâce à Nanty)...>>. J'y ajouterais Jean Cocteau; dans son journal, il y a une dizaine d'entrées à Peyrefitte. Il raconte notamment dans celui de 1953 cette anecdote savoureuse: << … je pense aux nombreuses visites que Montherlant et Peyrefitte me firent ensemble, rue de Montpensier, à la Libération. Montherlant était malade d'inquiétude pour sa gloire. Ils étaient alors amis intimes. Chaque fois qu'un collège passait sous les arcades, ils se précipitaient à la fenêtre où je ne voyais plus que leurs derrières.>>. Je n'arrive pas à m'imaginer Peyrefitte avec Laudenbach que j'ai bien connu, mais il est vrai que je manque d'imagination.
Il semble avoir ignoré à peu près les oeuvres de tous les écrivains de son temps et ne semblait s'intéresser ni à la musique ni aux arts plastiques, ni au cinéma et guère plus au théâtre. Il semble que le sport et les sciences ne firent pas non plus faire partie de son univers. A cette aune écrire qu'il était cultivé, au sens du XX ème siècle, me parait un contre sens total.

Roger Peyrefitte, portrait en gloire comme grand maitre de l'ordre d'Alexandre
Ce qui ne veut pas dire que Peyrefitte fut un ignare. il lisait les classiques et grecs et latins avec constance. Dans les romanciers de son siècle il n'y a guère qu'Anatole France et Marcel Proust qui ont retenu son attention. Il lisait ce dernier assidument dès le début des années 30, ce qui n'était pas alors si fréquent. On peut ajouter qu'il était aussi familier de l'oeuvre de Gide, qu'il a rencontré par ailleurs deux fois, de la poésie de Valéry, et même de quelques auteurs étrangers comme Thomas Mann, et de nombreux italiens, qu'il connaissait d'ailleurs personnellement parlant et lisant couramment l'italien.
Il n'était certes donc pas inculte, mais il y dans sa pose de l'érudit et du Pic de La Mirandole de la grammaire quelque chose qui sent un peu trop son parvenu à mon gout. A lire l'ouvrage de Deléry on voit bien que l'auteur de « La mort d'une mère » ne sait jamais guéri de la modestie de ses origines. C'est aussi l'histoire d'un homme qui a eu la malchance de commencer sa carrière littéraire par un chef d'oeuvre et dont aucun des livres suivant n'a atteint ni la même qualité, ni le même succès. Il ne faudrait pas pour autant faire de Peyrefitte l'homme d'un seul livre et si je ne partage pas pour son oeuvre l'engouement de son biographe, je trouve l'oubli dans lequel il est tombé bien injuste et bien dommageable pour les lettres françaises.
Les postures prise par Peyrefitte lui ont joué de bien mauvais tour, l'isolant de plus en plus du monde littéraire. Pour ceux qui se souviennent de lui, il passe en amour pour un cynique et consommateurs de corps de jeunes éphèbes alors que le récit de sa vie, et quelques un de ses livres, si l'on en est un lecteur attentif, le montre surtout comme un amoureux transi et malheureux.




Egermeier a photographié Roger Peyrefitte lors d'une séance de signatures lors de la parution de "Mort d'une mère, donc en 1950, si par le plus grand des hasards vous reconnaissez le joli tourneur de pages que l'on voit sur ces clichés derrière l'écrivain n'hésitez pas à me contacter, de même si vous reconnaissez les deux messieurs en conversation sur la dernière image.
Cette passionnante biographie met en lumière la difficulté de conduire une carrière. Je pense que la bibliographie de Peyrefitte aurait été toute différente si cela avait été Gallimard, et non les éditions Flammarion, qui ont poussé (il n'en fallait pas beaucoup) leur auteur sur la pente des écrits scandaleux, qui avait racheté le fond de Vigneau, son premier éditeur. Gaston Gallimard était intéressé par Roger Peyrefitte. Il fait figurer son nom sur une liste d'auteurs à « reprendre » (note de la fin des années 50 et reproduite page 330 du catalogue de l'exposition du centenaire des éditions Gallimard). L'équipe des éditions Gallimard aurait été bien meilleure conseillère pour notre turbulent écrivain que celle de Flammarion exclusivement soucieuse de gros tirages.
Je fais mien l'avis de Pierre de Boisdeffre, datant de 1969, dans sa précieuse « Littérature d'aujourd'hui » que je possède dans l'édition 10-18, lorsqu'il écrit: << A partir de 1950, Roger Peyrefitte changea de registre. Négligeant les investigations psychologiques, il entreprit une satire moins subtile et plus brutale des hommes et des institutions. (...) Depuis les ambassades Roger Peyrefitte a suivi la dangereuse pente du scandale. Les vrais amis de l'auteur étaient navrés de voir un écrivain de cette qualité ajouter le poids de son talent à cette somme d'attaques et d'infamies sous laquelle chancellent nos institutions (…) Depuis les Amitiés particulières, le romancier n'a pas trouvé de thèmes à la hauteur de son style (…) Sous le brio du style, sous l'éclat d'une carrière trop adroite, un homme existe qui peut encore se laisser émouvoir, et nous toucher. >>. Involontairement Antoine Delèry valide l'idée que la première partie de l'oeuvre de Peyrefitte, disons jusqu'à « L'exilé de Capri » est très supérieure à la seconde puisqu'il a consacré 200 page à la première pour 130 page à la seconde qui s'étale sur presque quarante ans et il escamote quelque peu les dernières années de l'écrivain, seulement 70 pages pour les trente dernières années.
Le jugement de Jacques Brenner dans son « Histoire de la littérature française de 1945 à nos jours (1978) est beaucoup plus sévère (et beaucoup moins lucide) que celui de Pierre de Boisdeffre voici ce qu'il écrit: << Ceux qui pensaient que Roger Peyrefitte resterait l'homme d'un seul roman ne se trompais pas. Tous les livres qu'il fit paraître ensuite sous l'appellation de romans relèvent d'un autre genre (…) en particulier de chroniques scandaleuses. La faiblesse de celles-ci vient de ce que l'auteur double le reportage ou l'enquête qui en font l'intérêt, d'une intrigue à laquelle on ne croit pas.>>. Je souscris totalement à cette dernière remarque; j'ajouterais que l'incrédulité du lecteur est nourri par la transparence des multiples doubles et masques dont Peyrefitte parsème certains de ses pseudo romans; le personnage de l'archéologue est l'archétype de ces êtres de papier auxquels on ne peut s'attacher.
Il me semble avant d'aller plus loin que le lecteur de ce billet, et surtout l'auteur du livre, qui m'a si obligeamment d'une part fait lire son manuscrit et d'autre part envoyé l'ouvrage dès sa parution avec une chaleureuse dédicace, doivent savoir « d'où je parle ». Je n'ai jamais rencontré Roger Peyrefitte alors qu'en lisant « Roger Peyrefitte, le sulfureux », je m'aperçois que je connaissais plusieurs de ses proches à commencer par Egermeier, de Ricaumont et Malagnac. Si les deux premiers cités étaient des hommes de coeur, j'ai toujours pensé que Malagnac était un triste gigolo. En revanche j'ai lu la plupart des livres que « le sulfureux » a écrit mais pour beaucoup il y a fort longtemps. Je n'ai pas lu ses quatre livres sur Voltaire, pas plus que « Le prince des neiges » (ce que j'aimerais bien) ni la soutane rouge pas plus que ces opuscules tirés sur grand papier. Pour le reste je crois avoir tout absorbé. J'ai commencé par « Les amitiés particulières », roman exploré lorsque j'avais quatorze ans, entre un Bob Morane et « Sur le fil du rasoir », ce livre plus qu'un révélateur fut pour moi la confirmation de mes gouts. Cette première lecture m'a donné l'envie de connaître les autres ouvrages de l'auteur. A partir de 1965, je lisais les nouveaux livres de Peyrefitte dès leur parution tout en essayant de me procurer ses titres plus anciens. Je n'avais souvent pas réouvert ces livres depuis, à l'exception de « L'exilé de Capri » et des « Amours singulières», romans que j'ai relus avec beaucoup de plaisir auxquels il faut ajouter « Du Vésuve à l'Etna » que j'ai repris, toujours avec bonheur à chaque fois avant de partir pour le sud de l'Italie. C'est le livre de Peyrefitte qui, en ce qui me concerne, demeure le plus vivant. « Roger Peyrefitte le sulfureux » m'a donné l'envie de découvrir « Retours en Sicile » dont je n'avais jamais entendu parler. Mes souvenirs de lectures sont contrastés si j'ai un souvenir ému de la découverte de Notre amour », livre tant aimé qu'aussitôt refermé je suis allé le porter chez le relieur pour le faire habiller de cuir, le volume a malheureusement disparu de ma bibliothèque, je me rappelle aussi le profond ennui à la lecture « Des fils de la lumière » et du « Chevalier de Malte ». Après avoir terminé le livre de Delèry et avant d'écrire ce billet, j'ai réouvert les ouvrages de Peyrefitte qui n'ont pas été mystérieusement boulottés par mes bibliothèques, sort subit apparemment par « Les français », « L'oracle » (ce que je regrette bien) ou Innominato. J'ai donc picoré dans « Les américain », « Les juifs », « Roy », « L'enfant de coeur », « Tableaux de chasse »... pour me rafraichir la mémoire.
« Roger Peyrefitte, le sulfureux » nous montre bien comment s'est construit l'homme et l'écrivain. Roger Peyrefitte dans ses jeunes années était un homme peu sur de lui. Inconsciemment il était à la recherche d'un maitre, c'est peu être ce trait de caractère qui a le plus séduit son biographe qui à son tour semble avoir pris Roger Peyrefitte comme ultime référence. La rencontre de l'encore jeune méridionale avec Montherlant sera décisive pour le jeune homme. Il s'est trouvé un nouveau père. Il se construira en imitation de celui-ci, il lui a appris son métier d'écrivain, mais aussi bientôt contre lui. Comme me l'écrit Antoine Deléry: << Peyrefitte est quelque part, le contraire d'un Montherlant (que j'aime néanmoins...) ou d'un Malraux (quelques belles pages, mais quel personnage agaçant), qu'il a poursuivi de ses sarcasmes, qui ont patiemment bâti leur légende, élevant une statue de plâtre dédié à un personnage rêvé qu'ils n'étaient pas...Faux héros de guerre (faux résistant!), faux aventuriers, faux voyageurs, faux hommes à femme, faux sportifs, véritables écrivains en pantoufles (vrai courtisan)...>>.
Il est indéniable par sa défense du droit à être homosexuel que Peyrefitte a fait preuve de courage. Mais je trouve que Delèry met trop en lumière le goût de la vérité de son modèle qu'il ne faut pas confondre avec une inclination pour l'espionnage et la délation. Peyrefitte fit preuve d'une indélicatesse flagrante lorsqu'il décida avec la complicité de Pierre Sipriot de publier sa correspondance avec Montherlant sans demander l'autorisation à l'ayant droit de l'académicien.
Le style de Deléry est à la fois précis (quoiqu'il faudra qu'il m'éclaire sur le terme de pédéraste mondain concept que je ne visualise pas bien) et limpide ce qui rend la lecture de cette biographie très agréable et il a bien du mérite car par essence en général il ne se passe pas grand chose dans la vie d'un écrivain si l'on excepte celle de Céline, Malraux ou Romain Gary. Il y a tout de même dans celle de Peyrefitte notamment les péripéties garçonnières en compagnie de Montherlant, narrées avec beaucoup de verve par le biographe, ce qui donnent les passages les plus drôle du livre, il faut dire que les deux compères ont tout des Pieds Nickelés chez les pédérastes...
L'auteur a délibérément choisi de nous épargner une biographie « à l'américaine » ces énormes pavés dans lesquels le lecteur n'échappe à aucune des maladies du sujet et qui sont généralement si ennuyeuse que l'on ne les lit pas dans leur continuité mais qu'on y pioche, grâce à l'indexe, les renseignements dont on a besoin. Il en est ainsi par exemple de la biographie de Jean Genet par Edmund White ou de celle de Cocteau par Claude Armand. Roger Peyrefitte, le sulfureux est néanmoins sérieuse et très bien documentée et ressemble plus aux biographies qu'écrivait jadis Maurois ou plus près de nous à celle que Daniel Garcia consacra à Bory. Néanmoins l'allégresse de l'écriture de Deléry et donc de la lecture, a son revers, il demeure quelques lacunes dans la vie de Peyrefitte et le curieux que je suis aurait aimé en savoir un peu plus sur certains personnages qui traversent la vie de notre grand écrivain comme sur ces deux frères, Doudou et Roger dont il partageait les faveurs avec Montherlant et qui auraient servi de modèles pour les jeune sportifs photographiés par Egermeier pour l'édition illustrée des Olympiques, ou encore sur Jacques de P. que Peyrefitte rencontre en 1939 alors qu'il n'a que quatorze ans et qui semble être son véritable premier amour d'adulte. Leur liaison durera plusieurs années. J'aurais aimé également en apprendre davantage sur des personnages moins affriolant que les garçons pré cités mais qui ont eu une grande importance dans la vie de l'écrivain comme ses secrétaires successifs et surtout sur Alexandre de Villiers son exécuteur testamentaire dont on ne connait ni l'âge ni les moyens d'existence hormis d'être le factotum de Peyrefitte.
Quelques notes en bas de page, trop rares et trop maigres, sont néanmoins les bienvenues pour éclairer le lecteur qui ne serait pas au fait de la vie littéraire du XX ème siècle. Mais qu'il faille une notule pour rappeler qui était Kléber Haedens me laisse songeur...
Le grand talent de Delèry biographe est d'avoir monté, au sens cinématographique du terme, avec fluidité les différents épisodes de la vie de son modèle
Je suis conscient que le critique parle à son aise, alors que je suppute que le collationnement de toutes ces informations sur le sulfureux n'a pas du être de la tarte... Quoiqu'il en soit si certains de ces personnages se reconnaissent ou qu'ils soient identifiés par des personnes les ayant connus que ceux là contactent le blog je leur serais grandement reconnaissant de même que j'en suis sûr Antoine Deléry qui pourrait ainsi enrichir son livre pour une future réédition.
L'actuelle édition a été faite un peu au minima. Il n'y a pas d'index mais le livre reste facilement consultable car il est découpé en nombreux chapitres courts au titre explicite. Les sources ne sont pas non plus mentionnées à chaque affirmation mais néanmoins les principales sont mentionnées en deux pages en fin du volume, précédant une bibliographie complète des volumes écrits par Peyrefitte. Plus inhabituel et gênant pour ce genre d'ouvrage on ne trouve pas non plus de cahier de photos, ce qui est toujours utile pour visualiser les personnage tels qu'ils sont au moment de tel ou tel épisode. J'aurais particulièrement apprécié de découvrir les appâts en collant du jeune Roger Montsoret, interprète de la pièce de Peyrefitte, « Le prince des neiges » (je mettrais ma main à couper que le garçon devait être alors l'amant en titre d'Hébertot...). J'aurais également été ravi de découvrir le tableau de Goor représentant Malagnac, grandeur nature, accompagné d'un lévrier (je n'ai pas repéré le dit Malagnac dans « Le banquet de Trimalcion » peint par ce même Goor; peut être est il le jeune homme qui serre de près le blond porteur d'amphore?).
Après la lecture de cette biographie, l'image que je me fais de Roger Peyrefitte est assez contrastée. Il s'y révèle un homme faible mais sensible, à la curiosité limitée assez borné pour tout dire mais pouvant se passionné pour des sujets, Alexandre et son époque, la Sicile, les monuments antiques en Grèce... qu'il explorera à fond, qui fera de lui, un des meilleurs spécialistes de son temps. Il paraît incapable de prendre de la hauteur tant dans sa vie que dans son oeuvre. Il s'intéresse toujours plus aux petites choses qu'aux grandes. C'est dans ses livres un miniaturiste, jamais un fresquiste. Cette manière de voir fait que certains de ses livres, comme « Les juifs », « Les français » ou « Les américains », déjà peu passionnants à leur parution, sont quasiment illisibles aujourd'hui car les minuscules péripéties et leurs acteurs ne disent plus rien à personne. Mais curieusement cette myopie littéraire peut faire tout l'intérêt d'autres ouvrages comme son Alexandre, objet littéraire totalement singulier et toujours passionnant actuellement sans doute en grande partie parce que sont parti pris narratif vient en complète opposition avec le sujet traité.

Dessin de Michel Gourlier faisant partie de la collection de Roger Peyrefitte
L'utilisation de sa vie pour son oeuvre en fait un précurseur de l'auto-fiction.
On découvre que le moteur du courage indéniable de Roger Peyrefitte se nourrit de sa haine obsessionnelle de l'hypocrisie. Le meilleur exemple de cela est la philippique contre Mauriac véritable chef d'oeuvre que m'a fait découvrir « Peyrefitte le sulfureux ». Cette dénonciation des tendances homosexuelles de Mauriac, aujourd'hui reconnues, couta très chère à Peyrefitte au sens propre comme au sens figuré. Dans une récente biographie de Mauriac signée Jean-Luc Barré, François Mauriac, biographie intime, 1885-1940, publiée chez Fayard en mars 2009, Barré, fait une large place à l'homosexualité de « l'illustre écrivain catholique » ; il révèle même le nom d'un jeune homme qui aurait été « l'amant » de Mauriac ; Mauriac aurait en effet été amoureux fou de Bernard Barbey, chef de l'état-major particulier du général Guisan pendant la guerre de 1939 à 1945, qui était aussi romancier, lauréat du Grand Prix de l'Académie française et diplomate...
Si Peyrefitte était snob, il n'était ni arriviste ni intéressé par l'argent. On voit qu'avant sa ruine il fut généreux et après sa déconfiture dans un juste retour des choses il bénéficia de la relative générosité des autres.
On s'aperçoit que deux rencontres dans la vie de Peyrefitte ont été décisives. D'abord celle de Montherlant, sans laquelle il n'aurait probablement pas écrit et celle de Malagnac qui fut son mauvais ange qui le ruina et précipita sa déchéance littéraire.

Roger Peyrefitte en compagnie de Salvador Dali, Malagnac et Amanda Lear
Je ne suis pas d'accord avec le biographe lorsqu'il écrit, c'est la dernière phrase de son livre que Roger Peyrefitte a été un homme heureux où alors il s'est beaucoup menti à lui même. En ce qui concerne le coeur, Il n'a connu que des amours en trompe l'oeil avec des médiocre, on ne constate pas autre chose en lisant « Le dernier des Sivry », « Notre amour » ou « L'enfant de coeur ». Pour l'esprit, il a connu la désaffection du public et l'oubli critique bien avant sa mort ce qui devait le faire douter de la pérennité de son oeuvre. Il reste les sens...
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Tableau de Pierre Peyrolle représentant les membres fondateurs de l'ordre utopique d'Alexandre. On y voit sous le plafond du Panthéon derrière une grande statue d'Alexandre le grand, on voit de droite àgauche le peintre Pierre Fuchs, Salvador Dali, Arno Brecker, Joe Bodenstein, Roger Peyrefitte et Alexandre de Villiers. Le tableau est visible en Allemagne au château de Norvenich
Antoine Delery résume parfaitement en quelques mots quelle fut l'essence de la vie de Roger Peyrefitte: << il s'est efforcé, sa vie durant, avec un certain succès d'être le personnage qu'il rêvait d'être...>>; j'ajouterais qu'au fil des ans le personnage a étouffé l'artiste chez Roger Peyrefitte... Et puis le livre d'Antoine Delèry donne envie de lire et de relire Peyrefitte, la plus grande qualité d'une biographie n'est elle pas de provoquer le désir de mieux connaître son objet.

Roger Peyrefitte à la fin de sa vie photographié par D. Deville
Nota:
On peut lire un chapitre des ambassade, non retenu pour l'édition en volume mais paru dans le Crapouillot sur les homosexuels en aout 1955 à l'adresse suivante: http://culture-et-debats.over-blog.com/article-23868321.html.

Tombe de Roger Peyrefitte à Alet les bains, Aude
Antoine deléry, en biographe habité et passionné, n'est pas de ceux qui arrête leurs recherches une fois leur livre publié. Il continue sa quête d'informations sur le sulfureux et a la gentillesse de nous faire partager le fruit de ses recherches:
Les fidèles lecteurs de Roger Peyrefitte se sont peut être étonnés du peu de place tenue par son premier amour, Jacques de P., dans ses « Propos secrets », alors même que le nom de ce garçon revenait très souvent dans la correspondance de l’écrivain avec Henry de Montherlant, en partie publiée en 1983.
La raison en est simple : le chapitre consacré à Jacques, qui devait être inséré dans le second tome des « Propos secrets » n’a finalement jamais été publié. Lors de mes recherches, j’ai pu lire ce texte resté inédit dans les archives de l’éditeur.
Une mention manuscrite, qui n’est pas de la main de Roger Peyrefitte, indiquait sur la première page « A publier dans Propos secrets 3 ». Albin Michel avait semble t’il trouvé le texte trop long ou choisi de conserver ce morceau de bravoure pour ménager l’intérêt du tome suivant. Il est également possible que l’éditeur ou l’auteur ait préféré retirer ce texte susceptible de gêner Jacques, alors quinquagénaire au faîte de sa carrière, et éviter un éventuel procès.
A son habitude, Roger Peyrefitte avait en effet donné dans ces pages des détails permettant aux lecteurs d’identifier Jacques.
Né en novembre 1925 à Paris, Jacques était le fils d’un authentique aristocrate et d’une couturière d’origine juive. Lorsque Montherlant le repère à la kermesse Berlitz et le désigne à Peyrefitte, fin juin 1939, il n’a pas encore 14 ans. Il vit très modestement avec sa mère et une tante rue de Lisbonne, dans un quartier encore populaire du 8ème arrondissement. Montherlant ne s’est pas trompé : il est bien le genre de son ami, qui en tombe amoureux. Leur liaison durera jusqu’au printemps 1943. Elle sera transposée par l’écrivain dans « Le dernier des Sivry », roman contemporain des « Amitiés particulières » finalement publié en décembre 1993. Jacques, devenu Gérard, est « un assez grand garçon avenant et distingué. Ses cheveux bruns retombaient sur son front et semblaient prolongés par les cernes de ses yeux ». Bel adolescent, Jacques pose pour le photographe Egermeier chargé d’illustrer « Paysages des olympiques » de Montherlant. Peyrefitte apprécie sa parfaite éducation, sa distinction naturelle et sa particule. Il le fait venir auprès de lui en Touraine, où se sont repliées les Affaires étrangères, puis à Toulouse, où il vit les premières années de l’occupation. Leur relation, d’abord idyllique, tourne à l’orage : intelligent mais paresseux, Jacques se révèle dissimulateur. Peyrefitte, dévoré par la jalousie, le renvoie à Paris quand il s’aperçoit que son ami le trompe avec un jeune ouvrier. Ils ne devaient jamais se revoir.
Peut-être influencé par le souvenir d’Egermeier ou de la passion de Peyrefitte pour la photographie, Jacques entre à la prestigieuse école de photographie de la rue de Vaugirard, dont il sort diplômé en 1945. Il devient reporter-photographe dans un grand hebdomadaire. Professionnel reconnu, il est blessé en couvrant le conflit indochinois et reçoit la croix de guerre. Il s’impose comme l’un des photographes de presse les plus en vue des années 50 et 60, réalisant des clichés de nombreuses célébrités. Marié, père d’un fils, il est décédé à Paris en avril 2006.
Antoine Delèry a fait, par le biais d'un mail, une réponse éclairante à mon billet. Après avoir demandé son autorisation, j'ajoute cette réponse à ma critique de son livre.
PS: je ne sais pas encore si le livre se vend bien; mais il se lit bien, si j'en crois les lettres et messages reçus, touchants et sympathiques, et c'est l'essentiel...
ce disfonctionnement est curieux car sur mon ordinateur, un mac cela fonctionne.
J'espère que vous reviendrez souvent sur mon blog.
J'ai modifié les liens. J'espère que cette fois ils fonctionnent.
merci pour votre réponse et pour cette bonne nouvelle
Je vous remercie de ce très intéressant commentaire mais je ne suis pas compétent pour vous répondre, je vais m'enquérir auprès de de Delry de cette question.
Le quartier d'Asakusa est surtout grâce au temple Senso-ji et à sa porte Kaminarimon littéralement, la porte du tonnerre. Ce temple, qui serait le plus ancien de Tokyo, en ce qui concerne l'ancienneté au Japon il faut toujours utiliser le conditionnel, tant les temples ont été détruits et reconstruits, possède une gigantesque porte au centre de laquelle pend une non moins gigantesque lanterne. Sous cette dernière gaijins et nippons se font photographier à la queue leu leu. La lanterne est gardée de part et d'autre par deux cerbères, le dieu du vent et celui de la foudre.

Le temple est dédié à la déesse Kanon. Près de ce haut lieu touristique de jolis tireurs de pousse-pousse font l'article pour appâter le client. Ils sont chaussés de la traditionnelle et populaire jikatabi, des chaussures où le pouce est séparé des autres doigts de pieds et qui donnent un peu l'impression que l'on est pieds nus lorsqu'on les porte. Les jikatabi sont avant tout des chaussures pour les ouvriers.

Une fois passer la porte Kaminarimon, pour arriver au temple Senso-ji, on chemine dans une rue piétonne bordée des deux cotés par une multitude d'échoppes qui proposent nourriture et souvenirs de toutes sortes, masques, tissus (les fameux furoshiki ces pièces d'étoffes qui servent à envelopper tout et n'importe quoi, cadeaux, déjeuners, bouteilles...), jouets, vaisselle, estampes...








Du temple, on voit la Sky tree, la plus haute tour de Tokyo qui n'est pas encore tout à fait terminée à l'automne 2011.

Typiquement japonais les petites pancartes nous informant d'une manière humoristique d'un éventuel désagrement.




Tokyo, Japon, octobre 2011
Monsieur,
Lu le long commentaire que vous faites de cette biographie consacrée à Roger Peyrefitte (19O7-2000). Etant d'une génération pour qui le nom de cet écrivain, très célèbre de son vivant (pour de bonnes et de mauvaises raisons), dit quelque chose, et surtout pour avoir lu nombre de ses livres, je vous remercie de m'apprendre l'existence de cette biographie, que je n'ai pas vue sur des présentoirs de librairies que je puis fréquenter, dans une grande ville de province. Je crains que "l'omerta" jeté sur le nom de Roger Peyrefitte ne nuise à la bonne distribution du livre de son biographe. Biographie que je lirai donc. Je souhaite surtout qu'elle s'intéresse aux oeuvres de Peyrefitte, plutôt qu'elle ne se contente de rapporter des anecdotes plus ou moins controuvées. Pour avoir eu l'honneur, il y a déjà plusieurs années, de m'entretenir avec M. de Villiers, lui-même alors avait le projet d'écrire une biographie "exhaustive" de Peyrefitte(ne sais si ce projet aboutira quelque jour) qui eût rétabli (selon lui) la vérité sur des épisodes ayant prêté à commentaires défavorables (et surtout contradictoires): je pense ainsi à sa première éviction du Quai d'Orsay, à sa réintégration grâce à l'intervention de Pierre Laval; enfin à son éviction définitive. Situation que Roger Peyrefitte jugea blessante, et surtout "injuste". Je pense personnellement que cette "injustice" (en tout cas vécue comme telle par lui) aura été, pour une bonne part, dans sa lutte contre les impostures (bien réelles) d'une certaine société contemporaine. Ce n'est pas le moindre des paradoxes que cet écrivain jugé "anecdotique", "superficiel", etc., dans sa chronique satirique de la société contemporaine, ait été pris très au sérieux par les puissances bien réelles auxquelles il s'est attaqué (le Quai d'Orsay, l'église catholique romaine en tant qu'institution, le monde de l'édition et des lettres, le marché de l'art, les Juifs (et pour ce dernier, quoi qu'on en ait dit, ce livre n'est pas antisémite; l'avis mériterait d'être nuancé), etc.), puisqu'il connaît aujourd'hui la situation éditoriale qui est la sienne :ne pas voir ses livres réédités, à l'exception des "Amitiés particulières". A croire que les éditeurs français actuels se soient donné la consigne!
Je suis pleinement d'accord avec la remarque de Jacques Brenner, que vous citez fort à propos, et qui renvoie à tous les livres que Peyrefitte a consacrés à la société de son temps et ses impostures (des chroniques plutôt que des "romans", bien que se présentant comme tels); il n'empêche que ces "chroniques-faux romans" visent le plus souvent juste, sont pleines de détails vérifiables, provoquent un sourire, voire un rire libérateur (Peyrefitte nous rappelle que "les rois sont toujours nus", qu'il suffit d'avoir l'oeil exercé!), voire peuvent susciter chez le lecteur des impressions contradictoires (ex.: un livre comme "Les Clés de saint Pierre" peut être perçu, à juste titre, comme une violente attaque de ce qu'il y avait alors de plus sclérosé au Vatican, mais fourmille aussi de précisions passionnantes sur le rituel catholique, pour quelqu'un de non croyant); les livres même satiriques de Peyrefitte ne produisent pas une impression univoque. De ce point de vue, c'est un "conservateur" autant qu'un "démolisseur". Il y aurait lieu d'insister sur ce point. En tout cas, dans une époque aussi timorée que la nôtre, celle du "penser correct" (c'est-à-dire du "ne penser rien du tout"), une figure d'écrivain bretteur comme Roger Peyrefitte peut donner de la nostalgie. Comme celle de Jean-Edern Hallier, dans un autre genre.
Je me rends compte que mon commentaire prend des proportions monstrueuses; cela veut surtout dire qu'un écrivain comme Roger Peyrefitte demande à être abordé avec un maximum de nuances (en tant qu'homme et en tant qu'écrivain). On a parlé de la "méchanceté" de Peyrefitte: ce point mériterait d'être commenté. Il est exact que lorsqu'il veut régler des comptes, il tend son arc au maximum et que la flèche traverse de part en part. La fameuse Lettre à François Mauriac en est un exemple. Pour admirer Mauriac comme romancier, mémorialiste et essayiste politique, je ne me retiens pas cependant de considérer que Roger Peyrefitte (si l'on pousse l'empathie le plus loin, si l'on se place de son point de vue)avait quelque légitimité dans son attaque. Mauriac avait une vie intérieure torturée au point que l'hypocrisie lui était sans doute nécessaire (c'est ce que je veux retenir de ma lecture de l'essai de M. Jean-Luc Barré), mais ayant à la fois attaqué Cocteau (au moment de la mort de celui-ci), et le film de Delannoy, tiré des "Amitiés particulières", Mauriac avait en quelque sorte lui-même allumé la bombe qui lui explosa alors au visage. Mauriac ne pouvait ignorer que Peyrefitte ne se contenterait pas à son endroit d'un "silence poli".
Mais c'est le même Peyrefitte (plutôt une "autre partie de lui-même") qui est capable d'écrire ce chef-d'oeuvre qu'est "La mort d'une mère", le livre le plus lucide qu'on ait écrit sur l'amour qu'on peut porter à une mère, en même temps que sur la nécessité d'affronter sa propre vie, quand vous en êtes séparé à jamais. La fin du livre que d'aucuns ont voulu juger scandaleuse, du moins en 1950, n'est pas plus, mais pas moins, que l'expression de la Vie contre la Mort.
Peyrefitte "concierge", se délectant des potins les plus nauséeux...C'est un point de vue, mais qui demanderait encore à être nuancé. Un ex.: dans "Propos secrets" (le premier volume, publié en 1977), les pages consacrées à Henry de Montherlant ont choqué certains lecteurs de l'auteur des "Jeunes Filles" et des "Garçons", mais étaient-ce de si bons lecteurs que cela? J'en doute: les pages que Roger Peyrefitte consacre à Montherlant redonnent à celui-ci toute une épaisseur humaine, nous font mesurer les dangers que sa sexualité particulière (sur laquelle je ne veux pas prononcer de jugement moral, bien qu'elle me soit étrangère) pouvait, ou avait pu lui faire courir, etc. Du coup, de cette dimension humaine restituée se renforçaient des romans aussi admirables que "Le Chaos et la Nuit" (Marguerite Yourcenar, dans ses entretiens avec Matthieu Galey, dit que c'est là un des chefs-d'oeuvre du roman français du XXe siècle) et "Un assassin est mon maître", dont on saisissait mieux le côté nihiliste et pessimiste, à la mesure de la solitude humaine de l'auteur (bien que ce nihilisme et ce pessimisme ne représentassent pas complètement Montherlant; il a été aussi un peintre du bonheur, du bonheur de la jouissance).
Qu'il y ait eu en Peyrefitte un mélange de sentimentalité et de méchanté, cela serait, à la limite, l'illustration d'un mélange assez banal chez un bon nombre d'écrivains. "Méchant", Peyrefitte ne l'est pas plus, peut-être moins même, que les Goncourt (dans leur fameux "Journal").
Pour la partie la plus directement autobiographique de l'oeuvre de Peyrefitte (pour la différencier de la partie satirique de son oeuvre, sous forme d'une chronique scandaleuse de la seconde partie du XXe siècle), vous faites observer fort justement qu'elle se place sous le signe de la lucidité et de l'insatisfaction (la lucidité ne peut rendre le plaisir charnel complètement satisfaisant); un livre comme "Notre amour", mais plus encore "Jeunes proies" (qui renvoie à la bisexualité de l'auteur), un livre plus révélateur encore. Seuls émergent les paysages et les objets (l'importance du paysage et des antiquités romaines et grecques dans "Notre amour"). Je veux espérer que le biographe aura fait un sort au grand collectionneur (et bibliophile) que fut Roger Peyrefitte; sa collection fut une oeuvre à part entière; si "Un musée de l'amour" (le titre est emprunté à l'un de ses poètes préférés: Baudelaire) n'est consacré qu'à ses érotiques, Peyrefitte eût pu écrire "La Maison de l'artiste" d'Edmond de Goncourt, tant ses différentes demeures ont appartenu à la tradition des écrivains-esthètes (espèce disparue?).
Tout à fait d'accord avec vous sur son peu de goût de la littérature moderne, mais le biographe aura, je le souhaite, insister sur sa passion pour la littérature du XVIIIe siècle (Voltaire en tête) et les littératures antiques (grecque et romaine). De ce point de vue, il est un des derniers écrivains célèbres auprès du grand public à avoir bénéficié de cette tradition. Ainsi que sa connaissance des conteurs italiens du XVIe siècle; L'Arétin, entre autres, avec qui il a quelques ressemblances.
Roger Peyrefitte mérite d'être traité avec un maximum de nuances (quel que soit l'avis général qu'on porte sur son oeuvre).
Pardon d'avoir été aussi long. Je vous donne ainsi quelques impressions en vrac.
Thierry FLEURANCE-AVERTY
Professeur. Docteur ès lettres.
P.-S.: Au risque de paraître très "pion". Votre article a laissé passer des fautes d'orthographe grossières, à commencer par la formule d'ouverture. Il est trop passionnant pour que subsistent de telles scories!
réponse à Thierry Fleurance-Averty
Merci pour votre long commentaire. Je pense à la lecture de celui-ci que la biographie d'Antoine Deléry vous intéressera. Si vous ne la connaissiez pas encore, ce qui m'étonnerait à la lecture de votre texte je vous conseille les deux tomes de la biographie de Montherlant par Pierre Sipriot (aux éditions Robert Laffont qui va beaucoup plus loin que "Les propos secrets.
Cordialement Florent
Les anciens numéros d'Arcadie ne doivent pas être facile à se procurer. Je serais curieux de connaitre, en quelques lignes, ce qui vous attire chez Roger Peyrefitte dont l'oeuvre ne me semble peu en communion avec notre époque.
Je suis partiellement d'accord avec vous, mais je crois qu'en littérature, comme en peinture, il faut aller au delà du sujet. Il ne faut pas à mon sens faire un amalgame entre des auteurs parce qu'ils ont des gouts ou des opinions communes (voir ce qui se passe avec les écrivains collaborateurs Céline et Brasillach par exemple stylistiquement ont aucun point commun) est une erreur. L'oubli de Montherlant est heureusement que relatif. Il faut bien dire que c'est un auteur d'une importance bien plus grande que Peyrefitte, son journal est à la hauteur de l'oeuvre de Cioran et puis il y a son théâtre pas assez joué mais toujours présent tout de même. L'oubi frappe de nombreux auteurs français contemporains aux deux homme je citerais par exemple Jean Louis Curtis ou Pierre Boulle . Dans la même sensibilité je vous conseille de lire François Rivière dont la production actuelle, mins frontale que celle de Peyrefitte et Montherlant est plus large que celle du premier et d'un style plus moderne que celle du second. Je vous conseille en ce qui concerne vos lectures (et autres) de ne pas vous enfermer dans une thématique et aussi de pas se limiter à la littérature française, les écrivains du monde offrent bien des découvertes et des plaisirs.
Le fait qu'un écrivain soit sympathique ou antipathique n'a que peu d'intérêt d'où l'intérèt relatif des biographies en particulier lorsque la vie de l'écrivain a peu de rapport avec son oeuvre, comme Conan Doyle ou Simenon ou encore un Vigny (quoique). Ce qui compte c'est ce qu'il a écrit. En ce qui concerne Peyrefitte que je trouve en effet comme vous antipathique, mais Aragon ou Breton par exemple ne le sont pas plus. Peyrefitte n'est pas un écrivain capital contrairement aux deux cités préalablement. Il reste néanmoins que "Les amitiés particulières" reste un livre qui a marqué l'Histoire de la littérature française du XX ème siècle. Et qu'il reste deux ou trois autres livres lisibles et même à lire mais je suis surpris par exemple quand un commentateur âgé de 25 ans m'écrit que Peyrefitte est pour lui l'auteur capital; je crois que beaucoup en ce qui concerne Peyrefitte sont aveuglés par leurs penchants sexuels.
Que les jours fourmillent de pacotilles littéraires (et autres) je ne vous contredirais pas sur ce sujet, mais pour lire de bons livres il faut savoir regarder vers le passé et surtout bien au delà de nos frontières et ne pas se limiter à un seul sujet. Je maintiens que les jeunes gens d'aujourd'hui, on en priorité d'autres ouvrages à découvrir que l'oeuvre de Peyrefitte, même si un livre de lui assez méconnu comme Notre amour reste un livre à relire, mais pas d'ailleurs pour les jeunes. Dans la thématique gay, lire l'oeuvre au Noir par exemple de Marguerite Yourcenar offre un plaisir plus consistant que Les amitiés particulières.
Ayant dans ma jeunesse suivi les dernieres leçon en auditeur libre grâce à un passe droit que je devais à Maurice Bardèche, du grand Cacopino, j'ai moi aussi une grande attirance pour la Rome antique (plutôt pour le césarisme que pour les "amours romaines moins formatrices que les grecques), ce n'est pas difficile à s'en apercevoir en parcourant le blog, je ne peux qu'être admiratif d'Hadrien, cependant je trouve l'oeuvre au noir supérieur par sa construction littéraire. Encore une fois le thème ne doit pas estomper l'esprit critique.
Il n'est pas dans mon esprit question de mode, il me semble puisque vous parlez de Gide que "Les faux monayeurs ou Les caves du Vatican" peuvent encore parler à un lecteur d'aujourd'hui, idem pour "La ville dont le prince est un enfant (dont je suis l'éditeur en dvd) beaucoup plus que les "Amitiés" qui croule sous une bondieuserie louche et décorative que la pièce de Montherlanr a su mette hors champ et c'est cette réduction à l'os, ne laissant que l'exacerbation des passions humaines ce qui fait de "La ville" un classique au même titre que Phèdre ou que le Becket d'Anouiih...
Le dvd en question est la version tournée par Christophe Malavoy. Il n'y a pas eu de captation de la version avec Paul Guers que j'ai vu à la création au théâtre Michel. En revanche sur ce dvd qui comporte un dvd de bonus il y a la version audio d'après un disque avec le très jeune alors Jacques Perrin.
Il y a beaucoup de choses dans le dvd bonus puisque je l'ai entièrement conçu dont une interview très agréable de Michel Aumont et beaucoup de texte et photos mais rien sur la mise en scène de la pièce par Jean Meyer car tout extrait très difficile d'ailleurs à récupérer m'était interdit sur le dvd par la productrice de l'adaptation de Malavoy que je trouve très bonne et qui n'est pas un filmage de la pièce mais un "mixage" de celle ci avec des morceaux du roman "Les garçons". Un responsable de l'I.N.A. m'avait fait miroiter qu'il y avait une version filmée de la pièce avec Haudepin, mais ce monsieur étant un escroc, il a été révoqué de l'INA pour avoir vendu à des éditeurs des programmes qui n'existaient pas, je suis très dubitatif, en revanche il doit bien exister une captation amateur d'autres versions, car la pièce a été plusieurs fois reprises et pas plus tard que l'année dernière en Belgique... J'espère que vous avez mon dvd car il est vraiment magnifique . C'est le plus beau de la trentaine que j'ai édité.
Je peux vous procurer ce dvd qui aujourd'hui doit être difficile à se procurer. Difficile de comparer les deux interprétations mais sur scène Malavoy mettait beaucoup d'intensité, dans le film les natures différente du théâtre et du cinéma changent le jeu des acteurs (heureusement). Didier Haudepin n'a jamais répondu à mes lettres ni à mes téléphonage à sa maison de production, pas plus quand je lui ai envoyé le dvd, idem pour Paul Guers qui est retiré depuis des années dans le midi et qui vivrait m'a t on dit comme un solitaire, il ne jouirait pas d'un équilibre mental parfait. Ces informations datent de l'élaboration (un travail de romain) du dvd soit neuf ans maintenant. Pour ma part je crois que n'a été filmé qu'un petit extrait de la pièce pour l'émission sur le théâtre que diffusait la seule chaine de télévision d'alors et dont l'un des deux producteurs était Max Favalelli...
Si l'on lit Saint-Simon (ou si l'on google) on apprend que le nom de Philippe est "de Marchin"
merci pour votre attentive lecture de Peyrefitte et Saint-Simon