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Une visite à l'Assemblée Nationale (2)

19 Avril 2025, 14:39pm

Toujours dans la bibliothèque et son plafond peint par Delacroix

Dans l'hémicycle

Paris, avril 2025

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Il jouait de la contrebasse

19 Avril 2025, 14:37pm

Il jouait de la contrebasse

En photographiant ce garçon dans le métro, je pensais à une chanson, "Il jouait de la contrebasse, que chantait Georges Ulmer...

 

C'était un monsieur à la mine aigrie
Qu'était musicien dans une brasserie
Tous ses camarades étaient applaudis
Il était le seul qui restait dans l'oubli

Il jouait d' la contrebasse
Chaque jour à la même place
Tout en battant la mesure
Avec le bout d' sa chaussure

Les autres, dans chaque morceau
Jouaient des p'tits solos à part
Mais lui, c'est pas rigolo
On le laissait au rancart

Car il jouait d' la contrebasse
Chaque jour à la même place

Il aurait voulu être violoncelliste
Jouer du Chopin, du Bach ou du Litsz
Mais il n' pouvait pas changer d'instrument
Car pour se nourrir depuis bien trente-cinq ans

Il jouait d' la contrebasse
Chaque jour à la même place
Tout en battant la mesure
Avec le bout d' sa chaussure

Il se voyait Salle Gaveau
Jouant le Cygne de Saint-Saens
Toute la salle hurlait "Bravo !"
(Bravo !)
Mais juste à cet instant...

Il jouait d' la contrebasse
Et il comprenait, hélas
Qu'il finirait sa triste vie
Dans cette même brasserie

Il jouait de la contrebasse
Paris, aout 2015

Paris, aout 2015

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Le silence de Delphes de Claude Michel Cluny

19 Avril 2025, 14:32pm

Le silence de Delphes de Claude Michel Cluny

 

 

« Le silence de Delphes » est-il de « L'invention du temps », le journal littéraire de Claude Michel Cluny, le prolégomènes, l'esquisse, le long incipit ou encore le galop d'essai? Un peu tout cela, mais je dirais plutôt qu'il est d'abord le précipité d'éléments divers, maximes, portraits, réflexions sur l'Histoire ou l'actualité, récits de voyages, regard sur l'atelier du romancier et du poète...

La première note date de 1948: << On nous apprend à vivre quand la vie est passée, constate Montaigne. Parfois, je recopie ainsi des phrases ou des vers, sur des papiers qui marquent les pages dans mes livres, et puis je les perds. >> Claude Michel Cluny a 18 ans lorsqu'il écrit ces lignes. Lorsque nous refermerons le volume, 331 page plus loin, sur <<... Le suicide peut être noble. Une fois de plus, c'est la religion qui abîme tout. Une fois de plus, le vrais c'est le faux: chacun doit rester libre de son destin.>> 14 ans auront passé...

Je n'ai pas commencé la lecture de « L'invention du temps » par ce premier tome, ce que je crois était une bonne chose. Je l'ai découvert, sur les conseils d'un fin connaisseur des livres C.M.C., par une entrée plus aimable, « L'or des Dioscures » qui me semble en effet une bonne entrée pour l'oeuvre de l'écrivain.

Dans ce « Silence de Delphes », la voix de Cluny se laisse entendre moins facilement que dans la suite de son journal littéraire. Ceci d'abord en raison de l'espace de temps qui existe entre deux entrées et de la fragmentation du texte. S'il est moins captivant c'est paradoxalement en raison de sa plus grande densité. Aucun gras dans cet assemblage hétéroclite, qui pourtant trouve sa cohérence, de morceaux choisis; l'auteur ne cesse de mentionner qu'il épure ses paperolles. Contrairement à ce qui est écrit sur la couverture nous n'avons pas véritablement à faire à un journal tenu jour après jour, sur des cahiers dument numérotés mais plutôt à une suite de notes et papiers épars qui ont été ensuite été classées de manière approximativement chronologique. Le long espace de temps qui parfois sépare deux passages fait que le lecteur perd souvent le fil du quotidien du diariste, entrant de ce fait plus difficilement dans son intimité. C'est néanmoins ce que désire C.M.C. en ce début de journal qui s'avère plus pudique, mais jamais pudibond, que sa suite.

Pourtant se dessine dans ce premier tome tout ce que l'on trouvera dans les suivants; mais les choses vues sont ici, plus libérées des contingences du quotidien (et personnellement je le regrette) que dans les autres volumes. Ainsi les aphorismes dont il n'est pas avare, paraissent parfois « hors sol ». Il y a du Héraclite mâtiné de Cioran chez Cluny. Voici quelques exemples de ce pan du journal: << Nous connaissons des autres rarement moins que leurs ennuis et guère plus que leur visage.>>; << Du savoir obligé viennent les thèses; de l'étroite érudition naissent les catalogues; de la connaissance le doute.>>; << Les vices ne sont souvent que des passions ou des goûts que la majorité n'éprouve pas, donc n'approuve pas.>>;

Dans « Le silence de Delphes », C.M.C. fait plus de place que dans les autres fractions de son « Invention du temps » à deux de ses intérêts: la musique et... l'aviation. Sur ce dernier sujet, en septembre 1957, il consacre quelques lignes à l'appareil géant de Caproni, avion que l'on voit dans « Le vent se lève », le derniers film de Miyazaki.

Nous entrons également plus qu'à l'accoutumé dans l'atelier de l'écrivain. Il nous fait part de ses réflexions sur le travail du romancier. Parallèlement à la rédaction de ce journal, l'auteur écrit et fait paraître son premier roman « La balle au bond » et met en chantier le suivant « Un jeune homme de Venise ».

La plus grande surprise que j'ai eu à la lecture de ces 330 pages, c'est le peu d'évolution dans les goûts et les postures de Cluny. Il est presque le même à 18 ans que des les derniers tomes parus de son journal. On a un peu le sentiment que l'auteur était à la sortie de l'adolescence tout équipé et qu'il n'a que peu varié au cours des ans. C'est probablement l'image qu'à voulu donner de lui C.M.C dans ces écrits de jeunesse, peut être d'ailleurs inconsciemment. Il est toutefois plus sombre dans ce premier opus que dans les suivants. Cluny doute encore et a une un peu moins haute idée de lui même que celle qu'il aura dans sa maturité. Il n'a pas encore poli son hédonisme et ne sait pas encore inventer le temps; cette vertu ne vient qu'avec les années quand on prend conscience de la fin du chemin...

On aurait aimé que ce grand lecteur nous parle plus de ses lectures d'adolescence. Mais le peu qu'il en confesse est assez surprenant. Déjà toute la singularité de cet homme est là. Il cite André Fraigneau pour « Le livre de raison d'un roi fou », un auteur bien peu en vogue (malheureusement) au début des années 50. Encore plus étonnant, il dévore les romans de Gustave Aymard et tout à fait extravagant « Le péril jaune » du colonel Danrit (A ce propos si ce volume s'empoussière dans votre bibliothèque et que vous voulez me le vendre à vil prix ou mieux encore en faire un don à ce blog nécessiteux, ne vous gênez pas.). Plus conforme à ce que sera sa future oeuvre, il découvre Max Jacob qu'il trouve « épatant ». Le 26 décembre 1956, C.M.C. écrit: << Je n'avais jamais entendu parler de Virginia Woolf, pas d'avantage de cette dame au nom bizarre qui avait traduit « Les vagues », Marguerite Yourcenar. Je me mis à lire par cette après midi de liberté. Et je reçus le même éblouissement que lorsque j'avais, des années plus tôt découvert les pages « choisies » de Proust... >>, voilà qui en dit long sur les notoriétés littéraires en France au milieu des années 50... On le voit également lire le journal de Gide et celui de Julien Green avec lequel ce « Silence de Delphes » a quelques parentés. De même il lit un récit de voyage de Paul Morand, écrivain qui me semble être la grande influence souterraine de Claude Michel Cluny.

Ce premier volume, comme les autres, ne nous renseigne guère sur les détails biographiques de son auteur. On les apprend, toujours presque en contrebande et très souvent à contre temps; c'est aussi un des charmes de la lecture de « L'invention du temps ». Ainsi par exemple dans « Le passé nous attend » il décrit assez précisément (ce qui est rare pour ce genre d'épisode chez lui) une aventure érotique qu'il a eu avec un de ses camarades. Il a alors une vingtaine d'années, pourtant il n'en est pas question dans « Le silence de Delphes. Ces récits différés sont le coté proustien de Cluny...

On voit le jeune homme hésiter à devenir peintre ou écrivain (il s'adonne en particulier à l'aquarelle. J'aimerais beaucoup voir ces travaux. Mais il est à craindre que C.M.C les ait détruit, comme il dit détruire la plupart de ce qu'il écrit). Ses goûts artistiques en matière de peinture sont déjà bien affirmés: << Bernard Buffet, peintre au charbon de boid. Il aurait pu inventer le gazogène.>>.

Dans les premières années de ce journal, il habite alors vraisemblablement Pontoise chez ses parents; ceux-ci seront encore vivants à la dernière page du volume. C'est dans cette banlieue parisienne que lycéen, il connait une grande histoire d'amour avec un autre garçon. Il n'oubliera jamais cette expérience, pas plus que son initiation sexuelle avec un jeune soldat allemand; épisode qu'il contera magnifiquement dans « Sous le signe de Mars » qui paraît la même année, 2002, que « Le silence de Delphes ». Si par la suite, il réside à Paris, il semble, entre deux voyages, revenir régulièrement dans la maison de son adolescence. On ne connaitra pas non plus clairement la source de ses revenus, sinon que son gagne pain qu'il dit être mal payé lui mange les deux tiers de son temps. On comprend qu'il oeuvre à la radio nationale et collabore à la Nouvelle Revue Française.

Ces deux activités lui font rencontrer des gens plus ou moins illustres. Ainsi on peut constater que même à ses débuts C.M.C. possède l'art du portrait incisif: << J'envoie à Robert Kanters une pincée de papiers, de petits textes acides, et dix jours plus tard je suis reçu dans un entresol du début de la rue de Grenelle, pratiquement sans meubles, par un gros homme, court et blafard, que je suspecte d'être nu sous une robe de chambre pas moins luisante que son visage (…) il porte ce qu'il veut lire de ses yeux noisette, globuleux et rougis. Entre alors, sortant d'une autre pièce, un garçon qui s'approche pour prendre congé, un livre à la main: « Je peux emporter celui-là -Bah, ce n'est pas un mauvais choix » dit Kanters. Il passe la main sous le pull noir du garçon: « Et tu es nu là-dessous! ». Exit l'éphèbe (…) Kanters parle d'une voix de gorge et se rengorge toujours en parlant mais, dès qu'il ne se surveille pas, dérape dans l'acidité.>> (étrange destiné pour Kanters, critique littéraire et dramatique, jadis redouté, qui aujourd'hui ne survit que par des portraits à charge d'un Claude Michel Cluny, d'un Paul Morand ou d'un Matthieu Galey quand il n'est pas devenu un pitoyable personnage de roman chez Angelo Rinaldi. Kanters, cet ectoplasme des lettres à son corps défendant aura été la proies des plus grands portraitistes littéraires de la seconde moitié du XX ème siècle. Ce qui à bien considérer est une chance inespérée pour sa postérité...). Le 18 janvier 1957, C.M.C. rencontre Montherlant: << Ce matin, Montherlant. Rougeaud (le froid?), virant à la violine d'évêque; masse brute, costume mal coupé, genre sous directeur de banque de province. Il doit s'en foutre, je pense. Une absence de grandeur dans l'allure, ou une absence d'allure dans la grandeur? Encore faut-il savoir qu'il est Henry de Montherlant. Direct, rugueux et carré, tassé. L'air prêt à foncer, tête baissée, sur des barrières dont il croit qu'elles sont encore debout, à la manière d'un rhinocéros irascible. Le peu qu'il voit du monde lui suffit pour le mépriser, le rejeter de son front terreux, large et buté.>>. Il croise Klossowski: << Klossowski. L'air d'un rat trottinant ensaché dans un cache-poussière. Oeil torve et bouche pincée sur des concupiscences de sacristain. Ce qu'il écrit est barbifiant au possible.>>.

Déjà Claude Michel Cluny nous emmène en voyage, l'Italie, l'Espagne, l'ex Yougoslavie et les pays scandinave autant de lieux qui lui permettent d'exercer son grand talent d'écrivain paysagiste. Un exemple qui me fait constater que je suis encore arrivé trop tard: << Dubrovnik? Une Saint-Malo vénitienne. Magnifique. La plus ancienne pharmacie d'Europe (…) un ou deux gigolos attendent, sur les marche de l'embarcadère, les touristes amateurs. L'un d'eux, très beau et nu dans un slip à mailles, s'allonge avec des poses lascives; on se dit qu'il offre les fruit de l'amour comme d'autres, à l'étal du marché, des mandarines dans un filet. >>. Ceci c'était en 1960. Quand j'ai découvert Dubrovnik en 1976, la pharmacie était toujours là mais pas de fruits de l'amour dans son filet, pas plus qu'à mon dernier passage en 2012...

L'Histoire et l'actualité lui inspirent des notes aussi justes que le plus souvent amères: << La révolution: décapiter les élites – ne jamais oublier ça. De toute façon, la bourgeoisie qui a ramassé la mise des mains du corse, qui l'avait ravie à de la canaille, ouvre ensuite la porte pour le triomphe de la philippardise.>>.

 

Délos, juin 2014

Délos, juin 2014

Parmi bien d'autres talents Claude Michel Cluny à celui du sens des titre, titre qui sont toujours un peu énigmatiques. Page 238, il explicite celui-ci: << A Délos, dans l'incendie de lumière immobile, c'est encore le silence de Delphes que j'entendais, la parole enfouie dans la bouche du temps, et nulle autre à attendre d'une humanité qui a renié l'unique état de grâce de l'occident. Et le verbe est déraciné.>>.

 

Délos, juin 2014

Délos, juin 2014

Après avoir lu « L'or des Dioscures » et si possible aussi « Sous le signe de Mars » emparez vous de ce « Silence de Delphes » car ce n'est pas tous les jours que l'on assiste à la naissance d'une pensée libre. 

P.S. Comme à chaque fois après la lecture d'un journal intime, et particulièrement celui de Claude Michel Cluny, j'aimerai en savoir plus. Que sont devenu les Dioscures par exemple et les nombreuses personnes, pas touours célèbres, qui passent dans cette invention du temps. J'ai aussi envie de mettre une image sur les noms et parfois des nom sur des amis de C.M.C dont il n'a pas voulu révéler l'identité... Il y a très peu d'images disponible de Claude Michel Cluny qui semblait en délicatesse avec la photographie... Alors vous qui passez sur ce blog, je serais heureux si vous apportiez votre témoignage en mots ou en images...

 

 

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sur le marché de Chichicastenango, Guatémala

19 Avril 2025, 09:39am

sur le marché de Chichicastenango, Guatémala
sur le marché de Chichicastenango, Guatémala
sur le marché de Chichicastenango, Guatémala
sur le marché de Chichicastenango, Guatémala
sur le marché de Chichicastenango, Guatémala
sur le marché de Chichicastenango, Guatémala
sur le marché de Chichicastenango, Guatémala
sur le marché de Chichicastenango, Guatémala
sur le marché de Chichicastenango, Guatémala
sur le marché de Chichicastenango, Guatémala
sur le marché de Chichicastenango, Guatémala
sur le marché de Chichicastenango, Guatémala
sur le marché de Chichicastenango, Guatémala
Chichicastenango, Guatémala, juillet 1979

Chichicastenango, Guatémala, juillet 1979, photo B.A

 

 

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Une visite à l'Assemblée Nationale (1)

19 Avril 2025, 09:24am

Dans la bibliothèque

Paris, avril 2025, photo B.A

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LE COUP DE PRAGUE DE MILES HYMAN ET JEAN-LUC FROMENTAL

19 Avril 2025, 07:31am

 
Le coup de Prague de Miles Hyman et Jean-Luc Fromental

Jusqu'à récemment je doutais qu'un écrivain britannique puisse être un bon héros d'une oeuvre de fiction. J'avais été navré de la médiocrité des livres qui mettaient en scène Oscar Wilde avec cette idée totalement incongrue d'en faire un double de Sherlock Holmes et je n'avais pas tout à fait été convaincu, contrairement à l'habitude, par "Le mariage de Kipling" dans lequel François Rivière transforme l'auteur du "Livre de la jungle" en personnage de fiction; et puis, coup sur coup sont parus deux très bons ouvrages. D'abord "Les pièges de l'exil" de Philip Kerr, dont je vous parlerai sans trop tarder, et dont un des personnages principaux est Somerset Maugham et ce "Coup de Prague" qui est le sujet de ce billet et a pour héros Graham Greene (1904-1991) écrivain dont j'ai lu un grand nombre de romans, principalement lorsque j'étais adolescent. Il faut dire que Graham Greene est  un bon client pour un auteur en quête de romanesque. Sa personnalité était pour le moins atypique même dans les lettres anglaises où l'extravagance est de mise;  Catholique, il déclarait: << Vous n’avez pas idée de ce que je serais si je n’avais pas la religion. Sans l’assistance divine, je mériterais à peine le nom d’humain >>. Il fut incapable de quitter sa femme qu’il trompait avec une belle régularité. Mais il réussit à se faire excommunier ! Graham Greene fut aussi agent secret, grand voyageur, notoirement alcoolique, coureur de femmes, probablement homosexuel à temps perdu et surtout, un fabuleux auteur de thrillers sans oublier sa proximité avec les espions de Cambridge. Cité pendant des années comme probable prix Nobel de littérature, il ne l'a jamais obtenu (c'était un peu le Murakami des années 70-80). Peut-être que la diversité de ses "talents" ne l'a pas aidé auprès du puritain jury suédois... 

Dans un café viennois, Graham Greene questionne Elizabeth Montagu sur le réseau d’espions américains. 
DR

Dans un café viennois, Graham Greene questionne Elizabeth Montagu sur le réseau d’espions américains. 

 

 

"Le coup de Prague" est basé sur l'un des nombreux épisodes aventureux de la vie de Graham Greene personnage très complexe comme le sont les autres protagoniste de cette histoire comme le dit très bien son scénariste: << C’est une histoire d’espionnage truquée jusqu’à son titre, puisque les deux tiers du livre se déroulent à Vienne et que le terme << "Coup de Prague" (…) désigne la révolution qui fit basculer la Tchécoslovaquie dans le giron soviétique en 1948. C’est le moment-clé où se déroule le récit: cette «semaine perdue» de Greene, qui, après quinze jours à Vienne pour le repérage de son film, se rend à Prague en toute discrétion sans qu’on sache vraiment ce qu’il va y faire.>>

Ce roman graphique est une sorte de making-off du fameux film que Carol Reed réalisa en 1949, "Le troisième homme" dont Graham Greene a écrit le scénario. Le livre, contrairement à ce que peut laisser penser le titre, se déroule presque exclusivement à Vienne au cœur du rude hiver de 1948. L'écrivain se rend dans la capitale de l'Autriche, qui comme Berlin est  alors divisée en quatre secteurs, tenus chacun par l'un des alliés, sous le prétexte d'étoffer son scénario. Nous allons ainsi suivre la genèse du « Troisième Homme » qui sera très périlleuse pour son scénariste. On devine dès les premières pages que la littérature et le cinéma ne sont pas les seuls raisons qu'a l'écrivain de venir à Vienne.

Le scénariste de ce roman graphique est Jean-Luc Fromental qui est aussi éditeur chez Denoël Graphic sera le coscénariste avec Jean-Louis Bocquet d’un prochain « Blake et Mortimer » qui sera dessiné par Antoine Aubin. Si l'on en juge par la qualité de cet album, on salive à l'avance pour ce qui devrait sortir de ce brillant attelage. Avec "Le coup de Prague", Le scénario de Jean-Luc Fromental nous emmène dans une Vienne qui en 1948 est un véritable nid d'espions au moment où la guerre froide, larvée depuis déjà plusieurs mois, va véritablement éclater avec la prise de pouvoir par les communistes à Prague. Nous sommes entre Eric Ambler et John Le carré. La bonne idée du scénariste est de nous faire raconter cette histoire par la belle jeune femme qui doit chaperonner l'écrivain dans une ville où chaque sortie peut être fatale. Il s'agit d'Elizabeth Montaigu, une ancienne actrice ayant travaillé pour les services secrets américains pendant la guerre, personnage réel que je ne connaissais pas. 

 

Graham Greene et Elizabeth Montagu dans Le Coup de Prague
Graham Greene et Elizabeth Montagu dans Le Coup de Prague © Jean-Luc Fromental et Miles Hyman/ Collection Aire Libre chez Dupuis
 

Depuis la fin de la guerre,la dame travaille pour la London Films, la compagnie du réalisateur et producteur Alexander Korda qui lui aussi émarge aux services secrets britanniques (ce que je ne savais pas; est-ce une invention?) mais apparemment pas tout à fait dans la même obédience que Graham Green. Comme celui-ci vient d’engager Graham Greene pour écrire le scénario d’un film se déroulant à Vienne, Elizabeth est chargée par son employeur de guider le romancier anglais dans la ville, afin de lui permettre de trouver l’inspiration pour son histoire.

Détail d'une planche du "Coup de Prague" avec la roue viennoise dans laquelle est jouée un fameuse scène du Troisième homme avec Orson Welles et James CottenDétail d'une planche du "Coup de Prague" avec la roue viennoise dans laquelle est jouée un fameuse scène du Troisième homme avec Orson Welles et James Cotten © Jean-Luc Fromental et Miles Hyman/ Collection Aire Libre chez Dupuis

Le scénario du coup de Prague est plus complexe que celui du "Troisième homme". Il demande au lecteur une grande attention pour comprendre les péripéties de cette aventure où s'affronte les soviétiques et les occidentaux qui sont loin de marcher tous la main dans la main; à quoi il faut ajouter trafiquants de toutes sortes et anciens nazis désireux d'être exfiltrés vers l'Amérique du sud. Les multiples rebondissements de cette histoire tient sur 96 pages riches et denses et c'est un tour de force d'autant que les décors ne sont jamais oubliés. 

Le coup de Prague de Miles Hyman et Jean-Luc Fromental

Le style de Miles Hyman est immédiatement reconnaissable. Chaque case est un tableau qui semble avoir été exécuté à la craie grasse. Leur esthétique font plus penser aux tableaux d'Edward Hooper qu'a celle d'autres bandes dessinées. Je ne connaissais de Miles Hyman avant cet album que son adaptation du" Dahlia noir " d'Elroy et son art-book "Drawings" sorti en 2015.

Le coup de Prague de Miles Hyman et Jean-Luc Fromental

Les éditions Dupuis ont, en outre, eu l’intelligence de présenter à la fin de la bande dessinée, un dossier, signé Jean-Luc Fromental, consacré aux principaux protagonistes de l’histoire, ce qui aide à la compréhension de cette intrigue passionnante mais touffue et donne envie de revoir le film de Carol Reed, "le Troisième homme ". Ce précieux supplément permet d'envisager quelles sont les parts de faits réels, de suppositions ou de pures fictions dans le scénario. 

Le coup de Prague de Miles Hyman et Jean-Luc Fromental

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Troca 87

19 Avril 2025, 07:26am

Troca 87
Troca 87
Troca 87
Troca 87
Troca 87
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Troca 87
Troca 87
Troca 87
Troca 87
Troca 87
Troca 87
Troca 87
Troca 87
Paris, aout 1987

Paris, aout 1987

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KIMONOS D'ENFANTS À LA BIBLIOTHÈQUE FORNEY

19 Avril 2025, 07:21am

http://www.amitiestissees.com/

 

 

A la bibliothèque Forney, dans le très bel hôtel de Sens, madame Nakano nous invite à admirer sa collection de kimonos d'enfant datant de 1870 à 1930.

 

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Madame Nakano, qui est né en 1935 dans le quartier d'Ayukai dans la ville de Shirataka a consacré sa vie à la couture traditionnelle japonaise. Elle a commencé sa collection de Kimonos d'enfant il y a une vingtaine d'années. Elle se compose aussi bien de luxueux kimonos pour lesquels de riches familles avaient payé une fortune, que de kimonos de fête pour des enfants moins favorisé ainsi que des habits du quotidien. Tous les ages sont représentés depuis les vêtements du nouveau-né, jusqu'aux kimono pour la fête des treize ans (A partir de 13 ans, une fille quittait le monde de l’enfance et devait porter, avec un kimono à longues manches flottantes) . Ces habits sont confectionnés de différentes matières, coton, soie...

 

Exposition Kimonos d'enfants

Kimonos "aux cent vertus" pour bébé - H. 50 cm (à gauche) - Kimono pour bébé garçon - Teinture au pochoir à la réserve sur coton indigo - H. 57 cm (à droite) Époque Taishô

Exposition Kimonos d'enfants

Kimonos pour bébés - Teinture Shibori sur coton indigo - H. 55 et 57 cm - Époque Taishô

 Les kimonos anciens d'enfant sont rares car les enfants du Japon d'hier n'étaient pas différents de ceux d'aujourd'hui. Ils mettaient souvent à mal leur vêture à la rude épreuve de leurs jeux. Comme le montre les beaux bois gravés de Miyagawa Shuntei (1873-1914) montrant des jeux d'enfant dont une partie de chat perché et deux bandes de garçons face à face, tableau qui m'a évoqué une guerre des boutons nippone...

 

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Ces kimonos dont certains sont de véritable oeuvre d'art, sont ornés de motif porte-bonheur ou de sujets qui indiquent les espoirs que les familles mettent dans leur rejeton, comme l'association de pins, de bambous et de fleurs de prunier qui serait gage d'une vie heureuse, On trouve aussi fréquemment des représentations de grues (qui ressemblent beaucoup à nos cigognes) qui sont symboles de longévité tout comme les carpes (en écrivant ce billet je porte un yukata sur lequel s'ébattent des carpes, vous devriez donc me supporter encore quelques temps si ces motifs, comme l'espéraient les anciens japonais ont une incidence sur la durée de la vie de celui qui arbore un tel vêtement.). Tous ces motifs avaient pour but de combattre le sort qui faisait qu'avant l'ère Meji beaucoup d'enfants mourraient avant d'être devenu adulte (il suffit de lire le formidable manga Jin pour en être informé).

 

Si les décors de l’époque Meiji (1868-1912) sont encore très raffinés, l’époque Taishô (1912-1926) aima en général les kimonos aux grands motifs dans des couleurs bigarrées présentant de forts contrastes avec le fond du vêtement.

 

 

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Les kimonos pour les filles différaient de ceux destinés aux garçons. Aux filles les motifs fleuraux souvent accompagnés de papillons, leur grâce et leur légèreté sont des symboles appropriés pour caractériser les femmes, aux garçons les scènes de chasse au faucon, les casques (lorsque la famille espérait que leur fils ferait une belle carrière militaire), les chevaux. A la fin des années trente et jusqu'en 1945 des motifs de propagande , comme des soldats en armes ou des avions permettaient d'affirmer le patriotisme des familles (il n'y en a pas dans l'exposition).

 

Exposition Kimonos d'enfants

Kimonos pour garçon (à gauche) - Double ikat sur ramie - H. 86 cm - Époque Meiji - Kimono pour fille (à droite) - Teinture au pochoir à réserve sur coton teint à l'indigo - H.126 cm - Fin époque Edo

 

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Kimono pour garçon - Teinture Yuzen sur soie noire - H. 95 cm - Époque Taishô

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Kimono pour garçon - Teinture Yuzen sur soie noire - H. 113 cm - Époque Taishô

Sur certains kimonos on peut voir des scènes tirées de légendes ou de contes comme l’histoire d’Urashima Tarô, le pêcheur qui vivait au fond de la mer ….

 

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kimono pour garçon appartenant à une famille de samurai (les trois "pastilles" que l'on voit en haut du dos du kimono sont "les armoiries" de la famille), le décor de bambous dont la croissance est drue et des pins toujours verts, comparable à une peinture à l’encre de Chine exprime des souhaits de santé et de croissance, motifs destinés plutôt aux garçons.   Teinture Yuzen sur gaze de soie bleue foncée - H. 97 cm - Époque Taishô

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Si les kimonos pour garçons privilégient les couleurs foncées, noir, bleu ou gris, ceux des filles sont souvent réalisés dans toutes les couleurs variant des teintes claires et nuancées aux plus vives

 

Exposition Kimonos d'enfants

Kimono pour fille - Teinture Yuzen sur crêpe de soie - H. 87 cm - Époque Meiji 

 

Parfois les dessins sur les kimonos d'enfant étaient semblables à ceux destinés aux adulte pour que les esprit malin ne puissent remarquer les enfant à l'âme plus facilement ravissable que celle des ainés.

 

 

Exposition Kimonos d'enfants

Kimono "aux cent vertus" - 197 pièces de cotons différents pour le kimono et sa doublure - H. 73 cm - Époque Meiji

Exposition Kimonos d'enfants

Kimono et Haori - Cotons teints à l'indigo - H. 65 et 57 cm - Époque Shôwa

 

Les plus curieux, et les plus émouvants sont les kimonos dit aux cents vertus confectionnés en cousant en patchwork des morceaux de tissus que recevaient des morceaux de tissus provenant de vêtements ayant habillés des personnes qui ont vécu longtemps. Si ces kimonos sont le fruit certes d'une symbolique  à laquelle s'ajoutaient aussi des contraintes économiques. La culture du coton commença à se répandre dans le sud du Japon à partir du XVIe siècle, mais dans le Tôhoku, région montagneuse aux hivers longs et rigoureux, dont est originaire madame Nakano, les précieux tissus de coton n’arrivaient que sous forme de kimonos d’occasion, aussi gardait-on précieusement chaque petit morceau auquel on s’attachait à donner une seconde vie.

On voit également dans l'exposition de nombreuses pièces de vêtement qui accompagnent les kimonos comme des bavoirs, des bonnets, des sandales, des chaussettes... des jouets comme des balles et des poupées.

 

Exposition Kimonos d'enfants

Petites bottes en paille de riz des pays de neige - Époque Shôwa

Une belle exposition à ne pas rater, bien présentée, très pédagogique tout en étant accessible grâce en particulier a des cartouches aussi clairs qu'informatif. La visite peut être aussi complétée par le parfait petit catalogue très élégant pour ses vingt euros. Lors de ma visite j'ai eu la chance de tomber sur une conférence itinérante dans l'exposition faite par une dame aussi instruite que sympathique et c'était gratuit...

 

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AGORA, FILM D'AMENABAR

19 Avril 2025, 07:14am

 

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Alexandrie au quatrième siècle de notre ère, l'empire Romain se délite. Les fanatiques chrétiens sont en passe de faire régner l'intolérance et la terreur. Une femme philosophe et ses disciples s'interrogent sur le cosmos, dernières lumières de la raison avant les temps obscurs.

Voilà cinquante ans, que le grand amateur du péplum que je suis, se voyait présenté les chrétiens comme des agneaux et meilleur met des lions. Divine surprise! nous vient d'Espagne, enfin le réalisateur Amenabar est espagnol car la production est internationale, « Agora » qui nous les montre tels qu'ils étaient ( et qu'ils sont restés ) de sanguinaires obscurantistes. Ce n'est d'ailleurs pas que les païens ou les juifs soient meilleurs, plus éclairés ou plus doux, non, dans cette Alexandrie du quatrième siècle, ils se trouvent qu'ils ont la malchance de devenir minoritaires, passant ainsi, du jour au lendemain, de la situation de bourreaux à celles de victimes. Vieille histoire qui se répète probablement depuis des millénaires et qui semble avoir un bel avenir devant elle. D'ailleurs j'ai un délicieux petit tapis de prière, dans un de mes placards. Je le sortirais à bon escient lorsque les ignares mahométans seront majoritaires dans notre contrée, ce qui ne saurait tarder. Alors nombre de benêts pourrons dire, comme dans le film, cet adorateur d'Osiris se penchant sur la foule grouillante et hostile qui l'assiège: << Depuis quand sont-ils aussi nombreux?>>…

 

 

Le film fait un parallèle constant et pesant entre ces chrétiens d'hier et les islamistes d'aujourd'hui. Pour être sûr que le spectateur comprenne bien, chaque idée est assénée de nombreuse fois. Et pour appuyer encore un peu plus le propos de son scénaristeMateo Gil, le réalisateur a donné au chef des catéchumènes une gueule de repoussant ayatollah.

Les amoureux des reconstitutions antiques, dessinées par Jacques Martin, Chaillet et autres Dufaux et Delaby trouveront leur compte avec celles d'Agora somptueuses grâce à l'indiscernable aide numérique.

La distribution, très internationale, dans laquelle il n'y a pas de célébrité, excepté Michael Lonsdale que j'avais quitté dans "Banc public" acheteur de paillasson et que je retrouve avec plaisir, toujours aussi patelin, en toge, se tire très bien de l'exercice toujours difficile qu'est l'incarnation de personnages antiques. A noter que le jeune et bel esclave, Davus qui est amoureux d'Hypatia est interprété par le fils de feu Anthony Minghella, Max Minghella. 

Le film est, à travers sa seule figure positive, d'Hypatia, une belle et fière philosophe, qui m'a évoqué en féminin celle du Zénon de Margueritte Yourcenar, une ode à l'athéisme et à la raison. Annoncerait il le grand retour d'Auguste Comte (première manière car sur sa fin le chantre du positivisme s'est fourvoyé dans un ersatz scientiste de religion). Plus que par la dénonciation des intolérances et de la bêtise des religions, ce qui n'est tout de même pas inutile de rappeler en ce moment, je m'étonne que cela nous vienne d'Espagne où la religion catholique est encore prégnante , mais c'est peut être la raison de la vindicte d'Amenabar, c'est par la peinture du petit groupe de lettrés qu'il nous propose qu'Agora m'a intéressé. A une époque ou l'anti intellectualisme se porte bien on ne peut que saluer un film qui met en son centre le savoir.

 

 






 

 

Le mythe féminin d'Hypatie a eu de multiples interprétations comme nous le rappelle le philosophe américain John Thorp:
 
 
 

« Hypatie est l'héroïne idéale. Elle était charismatique ; elle mourut horriblement ; elle fut au centre d'un jeu compliqué de tensions politiques et religieuses ; et – la qualification la plus importante pour le statut de héros – en fin de compte nous savons très peu sur elle de façon claire et certaine. Une étoile qui brille, certes, mais vue à travers les brumes du temps et de l'oubli. Nos incertitudes invitent la construction d'une héroïne. L'un des principaux thèmes des études récentes sur Hypatie est précisément la diversité des interprétations de son histoire. Un livre italien, d'Elena Gajeri, portant le titre Ipazia, un mito letterario – « Hypatie, un mythe littéraire » suggère qu'Hypatie, telle que nous la connaissons, est une construction de l'imaginaire plutôt qu'une réalité de l'histoire. »

« Déjà dans l'antiquité tardive elle était une héroïne païenne pour avoir été massacrée par les chrétiens, ou encore une héroïne des ariens pour avoir été massacrée par les orthodoxes, ou encore une héroïne des chrétiens de Constantinople pour avoir été massacrée par les chrétiens intempérants d'Alexandrie. Plus récemment elle s'est vue traiter d’héroïne anticléricale, victime de la hiérarchie ; héroïne protestante, victime de l'église catholique ; héroïne du romantisme hellénisant, victime de l'abandon par l'Occident de sa culture hellénique ; héroïne du positivisme, victime de la conquête de la science par la religion ; et, tout dernièrement, héroïne du féminisme, victime de la misogynie chrétienne. Femme polyvalente ! »


« Vous avez donc, chez Hypatie, tous les éléments idéaux pour une histoire captivante : il y a le fait exotique, dans l'antiquité, d'une femme mathématicienne et philosophe ; il y a son charisme indéniable ; il y a l'élément érotique fourni par sa beauté et par sa virginité ; il y a le jeu imprévisible des forces politiques et religieuses dans une ville qui a toujours connu la violence ; il y a la cruauté extraordinaire de son assassinat ; et, en arrière-plan, le sentiment profond d'un changement inexorable d'ère historique. De plus il y a notre manque d'informations claires et précises sur elle, ce qui permet aux fabricants de légendes de remplir les lacunes comme ils veulent »



 

 

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JEUNES BAIGNEURS NAPOLITAINS

19 Avril 2025, 07:11am

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Napoli, Italie, aout 1985

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