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LE SEL DE JEAN-BAPTISTE DEL AMO

17 Avril 2025, 06:51am

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Le sel de Jean-Baptiste Del Amo ne semble pas faire bruire le petit landerneau des lettres française en cette rentrée littéraire 2010. Sans doute que l'escouade des plumitifs qui traite habituellement le sujet et qui écrit généralement dans un français approximatif est gênée aux entournures pour émettre un avis sur un livre aussi bien écrit. Il l'est même parfois un peu trop, le romancier se laissant aller parfois à la belle page. Certains paragraphes m'ont rappelé les dictées signées Maurice Genevoix sur lesquelles j'ai peiné dans mon jeune âge. Peut être que les critiques littéraires sont ils également jaloux que le jeune homme, je suppose l'auteur jeune, bien que je ne sache rien de lui, ait écrit son roman en étant pensionnaire de la villa Médicis (je les comprend, je le suis aussi).
 
 
 
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Il est vrai aussi qu'au classicisme de sa langue le romancier y ajoute celui de son thème, la description d'une famille, entre famille je vous aime et famille je vous hais.
Le roman qui est le deuxième de son auteur après Une éducation libertine ( prix Goncourt du premier roman en 2009 ), paru également chez Gallimard il y a deux ans, est divisé en trois parties qui portent chacune le nom d'une des Parques, Nona, Decima, Norta, représentées dans l’Antiquité comme celles qui tiennent le fil de la vie. Nona tient le fuseau, Decima marque le sort qui échoit à l’individu, Norta coupe le fil. On naît, on vit, on meurt, et « les vivants défigurent la mémoire des morts », écrit Del Amo..
 
Le livre commence au matin de ce qui est un jour particulier pour cette tribu. Le soir de cette journée doit les voir tous rassemblés dans la petite maison familiale à  Sète que dorénavant la mère habite seule. Cette dernière va préparer toute la journée, qui est le laps de temps dans lequel s'inscrit tout le présent du livre, cette construction rappelle assez Mrs Dalloway de Virginia Woolf dont Del Amo a mis une phrase en  exergue du Sel, le diner qui doit réunir ses trois enfants et leur famille. Il y a Fanny, la seule fille et deux garçons Albin et Jonas. Mais le personnage principal du livre est un mort, le père, Armand, l'homme écorce, disparu il y a peu de temps, dont l'ombre habite tous les membres de cette famille.
 
 
 
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Si Jonas ne fut pas l'enfant le plus aimé du père, en revanche il est patent qu'il est le favori du romancier. Grace à plusieurs flashback on assiste à la découverte puis à l'acceptation de son homosexualité par Jonas. C'est avec une acuité rare que Del Amo décrit cette découverte alors que le garçon n'est pas encore pubère: << Jonas commença à apprendre la dissimulation, à redouter une vérité encore opaque à ses propres yeux.>>.
Le personnage de Jonas prend le pas sur les autres, sans doute au corps défendant du romancier. Il parait si fort un double de l'auteur et l'auto-fiction ayant également, à l'insu cette fois du lecteur, éclipsé récemment les autres formes d'écriture que l'on est tout surpris de lire en quatrième de couverture que Jean-Baptiste Del Amo est né à Toulouse et non à Sète.
Pourtant des phrases telles que celles-ci «  si les volets n'étaient pas rabattus et que le jour la trouvait allongée sur le flanc, le visage vers la fenêtre, l'une des premières images qu'elle percevait, sitôt qu'elle ouvrait les yeux, était le haut vol des oiseaux dans un carré de ciel sur le mur. Une traînée de nuages y hésitait parfois. Si les matins étaient gris, Louise y voyait comme un reflet de la mer, une écume qui pouvait être blanche ou même noire.  » aussi belles que justes me paraissent pouvoir avoir été écrites que par quelqu'un qui a longtemps habité face à la mer mais c'est sans doute le talent qui nourri cette illusion chez un lecteur comme moi en exil de mer...
 
 
 
 
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Jonas génère les passages les plus beaux et les plus sensuels du livre: << Il parvenait à se glisser discrètement à genoux au milieu de l'étendue d'eau et d'une colonie de ces oiseaux flamboyant. Jonas éprouvait la nécessité de se masturber sur cet ilot, un appel impérieux auquel il songeait des jour à l'avance... Souvent l'inquiétude d'être surpris, ou le poids de ce qui lui évoquait vaguement un péché - du moins l'idée d'un acte répréhensible - compressaient sa vessie et le forçaient à s'arrêter pour pisser dans un fossé ou sur la souche brune d'un arbre... S'il s'étendait sur le dos, le ciel lui offrait son bleu lavasse que balafraient le vol des mouettes et le sillage des avions. Jonas remontait son tricot de peau et se déculottait. Le plaisir qu'il éprouvait à la sensation du soleil sur son ventre, à l'empoignade de son sexe dans ce berceau de nature brute, à la fois indifférente et complice de son hédonisme, était indicible. Il n'était pas pubère et ne pouvait éjaculer, mais il restait ce qui lui semblait être des heures - et n'était en réalité que des instants bien plus brefs - à se branler au milieu de la digue et des flamants roses.>>.

L'auteur donne la parole à tour de rôle à chacun des membres de la famille. Durant la journée du diner, ils se remémorent, d'une manière assez artificielle, ce que fut leur vie. Il est dommage que Del Amo n'est pas maintenu son procédé narratif jusqu'à la fin. Dans la dernière partie du livre il donne la parole, à Armand, un mort, pour donner des informations sur ce père si pesant dans la tête de ses enfants même après sa mort, ce qui déséquilibre le récit et lui enlève du mystère donc de sa force.
Le stratagème débouche sur un récit un peu à la Rashomon, bien que d'une manière moins systématique que dans le conte japonais. On lit ainsi la narration d'un même évènement mais vu à chaque fois par une personne différente.
"Le sel", tout comme "La carte et le territoire" de Michel Houellebecq, dont je ne devrais pas tarder à vous entretenir, a pour pivot la relation d'une fratrie, chez Houellebecq elle est réduite à l'unité, avec son géniteur. Ce thème me parait de plus en plus récurrent dans le roman français. Il s'accorde avec la frénésie qu'a pris ce peuple pour les recherches généalogiques. Cette soif à la fois de savoir d'où l'on vient, en général on aboutit à un pauvre laboureur et la recherche d'une sorte de divinité tutélaire et protectrice dont toutefois on ne parviendrait pas à se libérer même après la disparition de celle-ci me parait le trait dominant de cette société en déshérence. Cette quête effrénée des origines génère des questions aussi oiseuses que celle des avantages de droit du sol sur le droit du sang, ou inversement... Les romans sont toujours les plus fidèles reflets des sociétés qui les nourrissent. Tout cela me semble aller à l'encontre de l'autonomie de l'individu qui semble vouloir se découvrir de mythiques origines que comme alibi à son incurie du jour.
Cette belle étude psychologique d'une famille, << Leur famille est ce fleuve aux courbes insaisissables dont il n'est possible de cerner la vérité qu'en l'endroit où la mémoire de tous afflue pour se jeter, unifiée dans la mer.>> aurait gagné à ce que le fleuve ait un cours moins paresseux. En outre le récit est entaché de joliesses superfétatoires. Il est peu probable par exemple que les rejetons d'un marin pêcheur sétois d'origine italienne et d'une fille de paysans ardéchois se prénomment Fanny, Jonas et Albin. Et était-ce bien nécessaire de faire autant de littérature, parfois à la limite de l'indécence, sur la mort d'un enfant...
 
 
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Depuis longtemps je suis poursuivi par la lubie tenace de vouloir lire les romans dans le cadre qu'ils décrivent. Curieusement je n'y étais presque jamais arrivé, avant ce livre. Je me souviens surtout de lectures totalement décalée comme la lecture par exemple de La ligne de beauté sous les palmiers envahis de corbeaux de la plage de Mombassa au Kenya, une atmosphère assez éloignée de celle du west end londonien. J'ai pu donc enfin comparer à chaud les description de "sel" avec la réalité sètoise que j'avais devant les yeux, d'où les photo qui illustrent ce billet. S'il incontestable que Del Amo connait bien Sète dans son roman, on a pourtant le sentiment qu'il s'agit plus d'une petite bourgade maritime de l'entre deux guerre  que de l'important port de pêche que j'avais devant les yeux en lisant les dernières pages de "sel". Le romancier en a presque évacué toute modernité.
Cette constatation m'amène à la réflexion que Del Amo est plus un écrivain géographe qu'un romancier historien. Certes on peut considérer cette classification arbitraire mais elle dessine une géographie, justement, littéraire pas moins pertinente qu'une autre. Je rangerais parmi les géographes, bien sûr Houellebecq mais aussi Modiano et bien évidemment Julien Gracq. Del Amo appartient à cette cohorte et certaines de ses meilleures pages ne sont pas loin de la belle prose de Gracq en particulier de certaines morceaux d'Un beau ténébreux. Chez les "historiens", on trouvera naturellement les auteur de romans historique comme Zoé Oldenburg mais aussi ceux qui font grand cas de la chronologie tel Marguerite Yourcenar.
 
 
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Je suis une sorte d'obsédé de la chronologie dans les romans et les béances dans leur échelle du temps me révulsent lorsque je les découvre. J'aime toujours situer ce que je lis dans une perspective temporelle. Je me surprend ainsi à reconstituer, parfois un crayon à la main, les biographies des acteurs d'une fiction. Del Amo m'a incité à ce petit jeu en donnant des indications de date, sans pour autant en faire figurer le millésime. Ainsi il mentionne la disparition du navigateur Alain Colas: << Il n'avait, de sa vie, aucun souvenir avant l'année de ces cinq ans, où il revoyait Armand suivre la première édition de la route du rhum... Comme il devait l'apprendre des années plus tard, la première édition de la route du rhum fut marqué par la disparition d'Alain Colas... Il a disparu dans la nuit du 16 novembre...>> (page 64). Si la date est mentionnée l'année ne l'est pas. A près une courte recherche j'apprend qu'il s'agit de 1978. Jonas est donc né en 1973. Le soir du diner familiale, Fanny a quarante six ans, Albin quarante trois, ses fils jumeaux dix sept ans et Louise soixante neuf (page 60). Lors de "l'écart" de Louise, Jonas à trois ans (page 53). Nous savons ainsi que nous sommes en 1976. Cet "écart" a eu lieu trente deux ans plus tôt (page 86). De là nous pouvons en déduire que le diner a lieu en 2008 et que par conséquent Jonas, dans le présent du livre a Trente cinq ans et qu'Albin est né en 1965, ses enfants en 1991, Fanny en 1962 et a quatorze ans lors de "l'écart" de sa mère ou plus exactement va les avoir comme le confirme la page 128. Quant à Louise elle a vu le jour en 1939. Page 122 on apprend qu'il y a onze ans que Léa est morte soit en 1997 âgée de dix ans. Elle est donc né en 1987.  Alors que Mathieu, le frère de Léa et le fils de Fanny est né l'année de la majorité d'Albin, c'est ce que nous apprend la page 148, soit 1965 + 21 (lamajorité était alors à 21 ans) est donc né en 1986; il a 22 ans le soir de la réunion familiale. Sarah la fille d'Albin nait trois ans après la mort de Léa donc en 2000 et a 8 ans (ou 7 suivant le mois de sa naissance) dans le présent du livre. Selon les évènements historique Armand et son père ont quitté l'Italie entre 1943 et 1945. D'après la page 172, Jonas quitte la maison familiale l'année de la naissance des jumeaux soit en 1991, Jonas a donc juste 18 ans; cette même année il rencontre Fabrice qui a deux ans de plus que lui, 20 ans (page 175). La mention, page 256, de l'attentat du RER B à Saint-Michel qui s'est déroulé le 25 juillet 1995 date la mort probable de Fabrice qui a alors 24 ans tandis que son ami en a 22. Ils se connaissent depuis quatre années.
 
 
 
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C'est en 1981 que Badinter fait supprimer la législation discriminatoire envers les homosexuel. On peut lire page 95: << elle se souvint d'un été durant lequel Jonas n'avait pas plus de neuf ans... ils suivaient sans grand intérêt un journal télévisé où l'on annonçait la suppression des législations anti homosexuelles.>> Si Del Amo n'avait pas eu la prudence de laisser l'âge de Jonas dans un léger flou, on était près d'un hiatus chronologique. En revanche lorsque je lis page 211 << Cinq ans savait Albin c'était remonter à la naissance de Sarah...>>, le compte n'y est pas puisque par ailleurs ont a appris qu'elle est né trois ans après la mort de Léa qui est survenue il y a dix ans... 
 
 
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Je ne conteste pas que le petit exercice de reconstitution biographique peut paraitre vain pour un lecteur mais je pense qu'il montre aussi combien il est important pour la cohérence d'un texte et sa crédibilité que le romancier travaille la biographie de chacun des protagonistes de son récit d'abord séparément   puis ensuite les confronte entre-elles. C'est ce que préconisait Roger Martin du Gard, un maitre en la matière de roman et de cohérence chronologique dans les siens. 
Si Jean-Baptiste Del Amo maitrise parfaitement la carte et le territoire, il me parait avoir quelques difficultés les grands évènements du monde aux péripéties de ses personnages. En revanche mon petit jeu ci-dessus démontre qu'il maitrise (presque) parfaitement la biographie de chacun de ses personnages. J'attendrai avec impatience le prochain opus de cet auteur qui nous délivre une langue si belle et si rare en ces temps de jargonnage et de littérature à l'estomac, en espérant qu'il corrigera les défauts de "sel" notamment l'intrusion de personnages superfétatoires comme cette transsexuelle africaine qui n'est qu'un artifice pour introduire la confession de Jonas et qui arrive dans le roman comme un radis noir dans un pot de caviar et surtout en souhaitant qu'il se libère un peu plus en laissant parler plus son coeur, ce sera alors, n'en doutons pas un grand livre.


Le sel de Jean-Baptiste Del Amo, éditions Gallimard, 2010
 
 
 
imagine-7399.JPG Sète, octobre 2010

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Hommage à Villeglé

17 Avril 2025, 06:45am

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TIM BURTON À LA CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE

17 Avril 2025, 06:40am

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A une exception près, j'ai vu tous les films de Tim Burton et je les ai aimés presque tous. Mais à la cinémathèque française ce n'est pas principalement le cinéaste qui est exposé mais le dessinateur. Le dessin était le premier mode d'expression de Tim Burton et je pense que ce sera une grande  découverte pour bien des visiteurs.

 

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Grâce à de valeureux complices, certaines créatures imaginées par Tim Burton prenent du volume...

 

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Pour un européen les dessins de Tim Burton font beaucoup penser à ceux de Ronald Searle, et ce n'est pas un mince compliment. A quand une grande rétrospective Ronald Seale en France où il a habité une partie de sa longue et talentueuse vie. Autre parenté en particulier pour les êtres inquiétants sortis du crayon de Tim Burton, celle avec Franquin et de ses "idées noires".

 

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Si beaucoup de dessins se suffisent à eux même. On en découvre d'autres tout aussi savoureux qui ont servi à la préparation des films que Tim Burton à mis en scène.

 

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On voit que Tim Burton est un véritable graphomane. Il dessine sur tous les supports comme le démontre ces serviettes de restanrant encadrés.

 

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Paris, juillet 2012

 
 

 

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DANSE, DANSE, DANSE D'HARUKI MURAKAMI

17 Avril 2025, 06:35am

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Danse, danse, danse est le sixième roman d' Haruki Murakami. Il a été publié au Japon en 1988. Il appartient à la série de roman du rat, qui comprend outre la course au mouton sauvage », « Écoute le Chant du Vent » (1979) et  « Le Flipper de 1973 » (1980), romans que l'on peut considérer comme une suite autobiographique rêvée dans lequel Haruki Murakami met en scène ses désillusions d’adolescent puis d’homme mûr.Avec cette suite de « La course au mouton sauvage » que le narrateur, que l'on retrouve quatre ans après, résume ainsi: « De l’automne précédent à cet hiver là, il s’était vraiment passé beaucoup de choses. J’avais divorcé. Un de mes amis était mort dans d’étranges circonstances. Ma femme était partie sans rien me dire, j’avais rencontré de drôles de gens, avait été impliqué dans des évènements bizarres. Et puis, quand tout cela avait pris fin, je m’étais retrouvé comme aspiré dans un calme et  une solitude dont je n’avais jamais fait l’expérience jusque là ».Il me paraît néanmoins indispensable delire « La course au mouton sauvage » avant d'aborder le présent volume, Haruki Murakami confirme qu'il n'est pas l'auteur des départs rapides. Comme pour le premier livre des aventures du narrateur, dont on ne saura toujours pas le nom, on s'ennuie un peu durant les cinquante premières pages. Mais cette fois c'est moins gênant car le lecteur se sera pris de sympathie pour le narrateur en lisant « La course au mouton sauvage ». Le livre ne débute vraiment que lorsque le narrateur, qui ne travaille plus en tant que publicitaire mais est devenu journaliste indépendant, capable d'écrire à la demande sur "les mérites d'une marque de montre ou le charme des femmes de quarante ans", il ne cesse de s'interroger sur le sens de la vie, les femmes qui le quittent et les gens qui traversent son existence, puis "repartent, encore plus usés de l'intérieur". Il revient à l'hôtel du Dauphin, situé àSapporo (Hokkaïdo), l'épicentre de « La course au mouton sauvage » où il a été appelé dans ses rêves par son béguin aux belles oreilles disparu mystérieusement à la fin de sa quête ovine. Ceci quatre ans après les péripéties racontées dans « La course au mouton sauvage ». Il a la surprise de découvrir à la place de l'établissement miteux de Sapporo, un palace ultra moderne. Malgré le désappointement de ne pas y retrouver ses vieilles connaissances, il prend une chambre dans le nouvel établissement. Il a aussitôt une relation avec une jeune employée de la réception qui lui révèle que l'aspect luxueux et clinquant de l'hôtel se cache une réalité inquiétante. Dans une réalité parallèle, l'Homme mouton, déjà messager de l'autre-monde dans « La course au mouton sauvage », rencontré dans les ténèbres paranormales du 15e étage de l'Hôtel du Dauphin, lui aura délivré son injonction: «Danse, continue à danser», ce qui donne le titre du livre :" Mais il n’y a rien d’autre à faire que danser, poursuivit l’homme-mouton. Et danser du mieux qu’on peut. Au point que tout le monde t’admire. Danser tant que la musique durera. Ne te demande pas pourquoi. Il ne faut pas penser à la signification des choses. Il n’y en a aucune au départ. Si on commence à y réfléchir, les jambes s’arrêtent. ".

Comme souvent chez Murakami, la musique s'invite au détour d'une page. La musique que nous, lecteurs, “entendons”, c’est le fond de jazz, de funk et de rock des années 60, 70 qui s’échappe du lecteur cassette de la vieille Subaru ou des enceintes des cafés enfumés. Il est amusant de constater que le narrateur s'amuse et s'agace à la fois des noms farfelus des groupes d'alors. Ces digressions permettent à Murakami de nous faire partager ses gouts musicaux et dans « Danse, danse, danse ». Par le biais de Gotanda, un ami acteur, ancien condisciple de collège du héros, le romancier nous fait part de ses critiques acerbes sur le cinéma populaire japonais. Pan du cinéma nippon quasiment inconnu de l'occident très loin du cinéma d'un Ozu hier ou de celui d'un Miike aujourd'hui. Ce personnage qui a un nom, ce qui n'est pas toujours le cas dans les romans de Murakami, permet d'introduire une réflexion sur l'identité. Par ailleurs l'un des leitmotivs du roman est une scène d'un film de série B, « Amour sans espoir », dans lequel tourne Gotanda.

Tout comme dans « La course au mouton sauvage », le fantastique surgit dans la réalité la plus prosaïque qui soit en l'occurrence en sortant d'un ascenseur d'un grand hôtel moderne. Murakami est un maitre de la bifurcation narrative, alors que le lecteur commençait à s'installer dans le bizarre et l'étrange, surgit à la page 240, le roman en compte 574, une nouvelle rupture qui nous entraine vers une intrigue policière si classique avec flic teigneux et prostituée de luxe étranglée avec son bas que l'on frise la parodie. Mais l'auteur, comme à son habitude ne tarde pas à nous emmener ailleurs.

Un des procédés de la construction romanesque de Murakami est, mis à part le narrateur, de traiter tous les autres sur le même plan sans que l'on sache distinguer à la moitié du livre ceux qui ne seront qu'anecdotiques de ceux qui se révèleront importants pour l'intrigue. On a le choix ici entre deux inspecteurs tordus, Yuki (neige en japonais) une Lolita de treize ans faussement naïve et un peu médium qui a des sortes de presciences..., un acteur bellâtre ennuyé de son succès, une prostituée mystérieuse, une réceptionniste de grand hôtel stressée, un poète manchot et quelques autres...

Le cadre spatio-temporel de l’histoire est très accessible parce que presque contemporain, nous sommes précisément en 1984, dans le Japon des années 1980 est en plein boom économique. Epoque dont on peut se souvenir avec nostalgie avec ses objets emblématiques comme les cassettes audios et encore, plus pour longtemps, les disques vinyle... On fume énormément dans ce roman et on y boit beaucoup, plus des pina-colada que du saké... D'autre part les références de l'auteur sont exclusivement occidentales. Il convoque Faulkner, Kafka, David Bowie, Mickael Jackson, Les Beach Boys, et multiplie les références à l’occident.

Je sais grès à Murakami de dater avec soin son roman. Je suis certain que cela lui donne une densité qu'il n'aurait pas sans cela: << Le disneyland de Tokyo avait été inauguré. Bjorn Borg avait arrêté le tennis. Michael Jackson se maintenait à la première place au hit-parade de la radio.>>.

Le romancier parsème son histoire de considérations générales qui peuvent agacer par leur évidence, mais quelques fois il n'est pas inutile de rappeler les évidences comme: << Il y a toujours des guerres. Toujours. Il n'y a eu aucune époque sans guerre. On a beau croire qu'il y en aura jamais, un jour il y en a une. Les humains au fond aiment s'entre tuer. Ils s'entretuent jusqu'à ce qu'ils soient trop fatigués pour continuer. Quand ils sont fatigués pour continuer, ils font la trêve un petit moment. Et ensuite le massacre recommence. C'est réglé d'avance. On ne peut faire confiance à personne, et rien ne change. Il n'y a rien à faire. Si on aime pas ça, il ne reste qu'à s'enfuir dans un autre monde.>>. Souvent en guise de pose dans l'action, nous est délivré des sentence tout aussi désabusé sur le quotidien de l'individu. La teneur de ces remarques va du morose au désespéré et résonne pour moi comme certaines pages de Céline. En voici un exemple: <<Ma maison a deux portes, l'entrée et la sortie, et on ne peut pas les intervertir. On ne peut entrer par la sortie ni sortir par l'entrée. Il y a plusieurs façons d'entrer, et plusieurs façons de sortir. Mais tout le monde finit par ressortir. Certains sont sortis pour essayer de nouvelles possibilités, d'autres pour faire des économies de temps. D'autres encore sont morts. Mais pas un n'est resté.>>.

Pour le lecteur connaissant Tokyo et ses environs Danse, danse, danse procurera le petit plaisir supplémentaire qu'éprouve l'initié en présence d'un signe qu'il reconnaît et deviendra ainsi un élément de connivence avec l'auteur. Il s'apercevra, carte à l'appui qu'en matière d'itinéraire, le héros murakamien n'est guère un adepte de la ligne droite à l'instar du romancier qui nous inflige bien des circonvolutions pour parvenir au dénouement. On pourrait se passer agréablement de certaines en particulier des languides et répétitives conversations entre le narrateur et son ami Gotanda, surtout qu'il ne faut pas être d'une perspicacité extraordinaire pour subodorer qui est le personnage clé du mystère.

Une des propensions de Murakami que je n'apprécie que modérément est celle de détailler les moindres faits et gestes de son héros. Lorsqu'il mange, on n'ignore rien de son menu. Pas plus que lorsqu'il fait sa valise pour partir à Hawaï, on connait tout des atours qu'il emporte. Le romancier s'en voudrait sans doute de ne pas mentionner lorsque le narrateur se lave les dents ou pisse (on pisse presque autant dans les livres de Murakami que dans les film de Tsai Ming Liang.)

Encore une fois on ne sait pas pourquoi on est comme envouté par une pareille histoire peut être parce que cette fois, on s'attache, plus que dans son aventure précédente, au narrateurun antihéros qui, malgré sa médiocrité, essaye de faire de son mieux pour renouer les fils de sa vie. Sa médiocrité fait qu'on s'identifie facilement à lui. Et puis, il y a Yuki (les rapports qu'entretient Yuki avec sa mère m'ont fait songer à celui qu'avait Eva Ionesco avec sa mère la photographe, comme la mère de Yuki, Irina Ionesco.) qui est un personnage bien attachant dont aimerait connaître le devenir...

En 2001, Murakami a déclaré qu'écrire « Danse, Danse, Danse » avait été un acte de guérison après le succès inattendu de « La Ballade de l'impossible » et que, à cause de ça, il avait préféré l'écriture de « Danse, Danse, Danse » à celle de tout autre roman.

« Compliquée cette affaire, mon cher Watson, fis-je, m’adressant au cendrier posé sur la table.
Mais le cendrier ne répondit pas. Et pour cause, il était intelligent et savait qu’il valait mieux rester en dehors de toute cette histoire. » Contrairement à ce cendrier auquel s'adresse le narrateur de « Danse, danse, danse », il ne faut pas hésiter à entrer dans cette histoire.

 

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Troca 1987

17 Avril 2025, 06:33am

Troca 1987
Troca 1987
Troca 1987
Troca 1987
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Paris, 1988

 

Troca 1987
Troca 1987
Paris, aout 1987

Paris, aout 1987

 

 

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De l'Hotel Marina bay sands à Singapour

16 Avril 2025, 16:21pm

 

L'hôtel Marina bay sands est la construction emblématique de Singapour.

Il offre de sa piscine à débordement située à 200 mètres du sol une vue étonnante sur la cité-état et aussi sur la multitude des navires qui attendent de rentrer dans le port de Singapour.

 

 

D'une chambre au 30 ème étage, les tours de l'hôtel en ont 59, on a également une belle vue.

Singapour, mars 2025, photo B.A.

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TENTATIVE D'ÉPUISEMENT PHOTOGRAPHIQUE DU MUSÉE GUGGENHEIM DE BILBAO

16 Avril 2025, 15:51pm

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Le musée Guggenheim de Bilbaoest du à l'architecte Paul G ehry a été construit en 1997 sur un terrain de 32500 m2 sur le terrain des anciennes installations portuaires de la ville. Il est au niveau du ria du Nervion, c'est à dire à 16 mètre en contrebas de la ville. Il est traversé à l'une de ses extrémité par le pont colossal de la Salve. Le batiment qui évoque de profil la forme d'un navire, est recouvert de plaques de titane. Sa hauteur maximale est de 55 mètres.

 

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Bilbao, Espagne, septembre 2012

 
 

 

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LA BALLADE DE L'IMPOSSIBLE D'HARUKI MURAKAMI

16 Avril 2025, 15:05pm

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Dans un avion qui le fait revenir en Allemagne (on ne saura pas ce qu'il y fait) wanatabe en entendantla chanson des Beatles "Norvegian Woodse souvient de son entrée dans l'âge adulte il y a de cela une vingtaine d'années. Il se remémore des souvenirs qui l'ont profondément marqué. Le point de départ de cette suite d'évènements a été le suicide de Kizuki son seul ami, alors qu'ils avaient tous deux dix sept ans. S'en suit la relation qu'il a avec Naoko la petite amie de Kizuki après la mort de ce dernier. Watanabe nous raconte pendant deux ans son amour avec la fragile et cadenassée Naoko. Dans le même temps il poursuit une relation compliquée avec une autre jeune fille fantasque, Midori, tout le contraire de Naoko.

Wanatabe se présente comme un garçon sans qualité. Il ressemble en cela au narrateur de « La course au mouton sauvage » et de « Danse, danse, danse ». Comme le héros des deux derniers livres cités Wanatabé, bien que sans ambiguité sexuelle possède unesensibilité quasi féminine. Cette régurgitation des souvenirs, pour la plupart sombres, a pour toile de fond, la vie d'un étudiant modeste dans le Tokyo de la fin des années 60. C'est aussi une suite de portraits des personnes, moins ordinaires que lui, suivant son regard et ses critères, qu'il côtoie. Certaines de ces figures sont rattachées assez artificiellement (pour le plaisir du romancier? mais aussi souvent heureusement du lecteur) à la vie du héros qui ne semble attirer à lui que des « filles à problèmes ».

Tout le livre est fondé sur la réminiscence, c'est en cela qu'Haruki Murakami est un écrivain éminemment proustien, sinon par le style du moins par la démarche. N'a-t-il pas écrit: << Le monde est une lutte sans fin entre un souvenir et un autre souvenir qui lui est opposé.>>.

Wanatabe est passionné de lecture. Il reste étranger à l’agitation politique de l’université, alors en pleine agitation contestataire et s’efforce d’être original, en lisant les auteurs qui ne sont pas à la mode. Le Gatsby de Fiztgerald revient plus d’une fois dans le récit ( Murakami a traduit les oeuvres de Fitzgerald en japonais). Le jeune homme lit aussi Conrad, Faulkner, Hermann Hesse, Thomas Mann, John Updike, Raymond Chandler... Comme on peut le remarquer toutes les références sont occidentales. On peut d'autant s'en étonner que les parents d'Haruki Murakami étaient professeurs de littérature japonaise. Certes Oé et Mishima sont cités mais ne sont pas des lectures du héros que l'on peut considérer, au moins dans ce domaine, comme le porte parole de l'auteur. Dans le numéro d'aout 2012 du Magazine littéraire, Clémence Boulouque suggérait que la prédominance des influences étrangères venait du fait que le jeune Murakami avait été élevé à Kôbe la ville portuaire cosmopolite.

Comme on sait que Murakami a étudié le théâtre antique, tout comme Wanatabe et qu'à un an près il a le même age que son personnage, on ne peut que s'interroger sur la part autobiographique du roman.

On retrouve dans « La ballade de l'impossible », comme l'était la maison dans la forêt dans « Kafka sur le rivage » ou le chalet dans la montagne dans « La course au Mouton sauvage », un lieu hors du monde où les héros se ressourcent, ici une maison de repos dans les collines à proximité de Kyoto.

Comme à son habitude, Murakami aborde, par le biais des grands problèmes de société, dont l'un, s'il n'est pas spécifiquement japonais, est un souci récurrent dans l'archipel: le suicide des adolescents, sujet toujours d'actualité aujourd'hui (le livre a été écrit en 1987, c'est un des premiers romans de l'écrivain; il a paru en 2007 en français, traduit par Rose-Marie Makino-Fayolle) comme le prouve le récent et beau film « Color full ». A lire ce roman on a le sentimentque le suicide faisait (fait?) partie intégrante de la vie des jeunes au Japon.

Toujours un peu en contrebande l'auteur fait passer ses idées, comme son peu d'aménité pour les étudiants révolutionnaires en peau de lapin, presque toujours issus de la bourgeoisie, qui après avoir prôné la destruction des institutions, n'ont rien de plus urgent, une fois leurs études terminées, que de se caser dans une grande firme ou dans l'appareil d'état. On voit par là que le phénomène, que des casaniers auraient pu croire typiquement français, déborde largement nos frontières. Mais surtout il veut nous dire que la mort est en nous dès notre naissance et fait partie de la vie. Paradoxalement cette histoire quelque peu morbide, « Quelle que soit notre vérité, la tristesse d’avoir perdu quelqu’un qu’on aime est inconsolable. La vérité, la sincérité, la force, la douceur, rien ne peut calmer la douleur, et, en allant au bout de cette souffrance, on apprend quelque chose qui ne nous est d’aucune utilité pour la prochaine vague de tristesse qui nous surprendra. »veut également donner une leçon de vie: << S'apitoyer sur soi-même, c'est ce que font les imbéciles.>>.

Avec beaucoup d'acuité psychologique Murakami décrit des jeunes gens romantiquesen proie aux doutes, au spleen et aux rêves qui s'interrogent sur leur place dans la société et tentent de trouver une raison de continuer à vivre malgré des blessures profondes, des disparitions d’êtres chers, des amours impossibles. La ballade de l'impossible est le tableau saisissant des doutes de l'adolescence et parfois de sa vacuité. Encore une fois les personnages parlent et se racontent beaucoup; autre constance dans les romans de Murakami l'absence de jugement sur les faits et gestes des personnages que l'on retrouve ici.

Si ce roman est très agréable à lire, son écriture est particulièrement fluide, et émouvant, néanmoins lisant les passages dans lesquels Midori s'exprime, je me suis encore trouvé face à une interrogation qui me taraude de plus en plus, l'âge avançant, à propos des livres mais aussi des films, pourquoi passer autant de temps avec des êtres virtuels tels Midori, qui, s'ils étaient fait de chair et d'os je fuirais à toutes jambes? Car la dénommée Midori est une pouffe-conne-chaudasse de compétition ce qui rend assez incompréhensible la passivité bienveillante de wanatabe devant l'entreprise de vampirisation dont il est l'objet par la jeune donzelle d'autant qu'il se refuse à consommer la gourgandine qui pourtant ne demande que cela. On attend avec impatience le moment où Wanatabe, par une paire de giffle bien sentie se libérera, et libèrera le lecteur par la même occasion d'une telle emmerderesse; mais Wanatabe, sans conteste un des héros murakamiens les plus gentils, est trop bonne pâte pour cela.

Comme toujours chez Murakami la « bande son » du roman est importante. On y trouve Mile Davis, les Beatles, Les Doors, Bill Evans, Sarah Vaughan mais aussi Mozart et Bach...

Très différent d'autres romans du même auteur, c'est son premier gros succès de vente au Japon, ici le fantastique n'intervient presque pas (ce qui le rend plus facile à lire que d'autres opus de l'auteur), « La ballade de l'impossible » est un roman d'apprentissage et aussi une longue méditation nostalgique. C'est la minutieuse description du parcours initiatique qui entraîne Watanabe à la découverte de l'amour, de la mort et de la folie. Il est difficile en lisant ce livre, surtout si l'on est comme moi un presque exact contemporain de Wanatabe de ne pas penser à sa propre jeunesse. Par exemple lorsqu' il est question d'une date de l'année 1969, on essaye de se souvenir de ce que l'on faisait, où on était, avec qui... C'est d'autant plus facile de faire la comparaison avec ce que vit Wanatabe qu'il se présente comme un garçon sans qualité, ce qui nous aide à nous identifier à lui.

« La ballade impossible » délivre un message universel contenu dans cette extrait: << Je voudrais que tu te souviennes de moi. Je voudrais que tu n'oublies jamais que j'ai existé et que je me suis trouvée ainsi à tes côtés.>>. Voilà un beau et émouvant roman sur l'entrée dans l'age adulte, malgré une fin obscure qui ne finit rien.

 

Nota: La ballade de l'impossible (Norwegian Wood) a été adapté au cinéma par Trần Anh Hùng.

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STREET ART PARISIEN, SEPTEMBRE 2012

16 Avril 2025, 15:00pm

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Paris, septembre 2012, photo B.A

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RICHARD SERRA AU MUSÉE GUGGENHEIM DE BILBAO

16 Avril 2025, 13:49pm

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Bilbao, Espagne, septembre 2012

 

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