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DENT D'OURS, HANNA DE YANN & HENRIET

15 Mai 2025, 06:40am

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Je vous ai déjà dit tout le bien qu'il fallait penser du premier tome de "Dent d'ours" (voir le billet: Dent d'ours, Max de Yann & Henriet) quelques chose comme un mélange de Buck Danny (dont Yann était un lecteur assidu) et de Pierre Joubert. Le deuxième tome n'est pas inférieur au premier. Il y en aura un troisième. Chaque album est centré plus sur un des trois héros de l'histoire. Dans celui-ci nous voyons surtout Hanna même si Max est encore très présent. En revanche Werner en est presque absent.

 

 

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Le premier album, sous-titré Max, racontait essentiellement l'amitié entre trois enfants au début des années 30 en Basse-Silésie. Ce deuxième volet est principalement axé sur la guerre, même si nous y découvrons l'épisode fondateur de toute cette histoire, datant de 1934, qui en donne son titre. La trame de ce deuxième volet est particulièrement dramatique. Max, Pilote d'exception engagé dans l'US Air Force pour combattre les nazis, Max dit « le Polak » a pour mission d'abattre Hanna Reitsch, pilote d'élite de la Luftwaffe. Une mission à hauts risques, qui implique pour Max d'infiltrer l'armée ennemie et d'affronter son propre passé. Car avant de devenir une cible, Hanna était son amie d'enfance... 

 

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L'album met en lumière deux chapitres assez peu connus de la seconde guerre mondiale, tout du moins en France. D'une part, l'existence d'une très active résistance polonaise, "L'Armia Krajowa" bien plus efficiente que la Résistance française. Par exemple un de ses grands faits d'arme fut de récupérer un V2 qui était tombé sans exploser peu loin de sa rampe de lancement, de le cacher dans les marais avant de la faire voyager jusqu'à Londres. Ainsi les alliés purent l'étudier. 

Et surtout d'autre part "Dent d'ours, Hanna" nous fait visualiser deux de ces armes secrètes, le V4 et  le Triebflügel, concoctées par les nazis pour renverser la situation militaire en 1944 et 45 qui alimentèrent la propagande de Goebbels et laissèrent croire à l'opinion étrangère et allemande, que l'Allemagne pouvait encore retourner le sort de la guerre.

 

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une image de Mario Merino qui a sans doute beaucoup inspiré Henriet

 

Ce qui est bluffant dans cette série c'est la qualité (et la rareté) de la documentation des auteurs. Même s'ils ont pris, volontairement ou non des libertés avec la réalité historique. La principale est de mettre en scène l'avion Triebflügel.

 

 

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Sur un projet du professeur Otto von Holst, l’ingénieur Otto von Pabst et le constructeur aéronautique von Halem conçurent un chasseur ADAV appelé Triebflügel. L’utilisation, en l’extrémité de pale, de statoréacteurs de type Lorin (c’est-à-dire dépourvus de pièces mobiles) de 840 kp de poussée chacun, aurait permis d’annuler le couple induit et donc de s’affranchir du deuxième rotor. L’aile-rotor tripale (Triebflügel) devait tourner sur des roulements autour d’un tube placé au niveau du centre de gravité du fuselage de l’appareil. Les moteurs Lorin ne fournissant une poussée qu’à partir d'une vitesse minimum de 300 km/h, des moteurs-fusées de type Walter montés en supplément devaient donner au rotor la vitesse de rotation initiale nécessaire. Le régime devait atteindre 220 tr/min et la vitesse maximale 1000 km/h. Yann les a dessinés prenant part à un dantesque combat aérien, alors que cet avion n'a existé qu'à l'état de maquette. Ce qui donne un léger parfum d'uchronie à l'album.

 

 

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Deux photos de V4

 

En revanche le V4 a bel et bien existé À partir du printemps 1944, une version pilotée du V1 appelé V-4 est projetée et des exemplaires modifiés conçus et testés, notamment par Hanna Reitsch qui est un des trois personnages principals de la série. Répondant au nom de code Reichenberg, aucun de ces prototypes ne fut utilisé pour le combat. Dans cette version, le pilote doit amener le V1 sur l'objectif et sauter en parachute à environ 1000 m de l'impact. En raison du peu de temps pour effectuer l'éjection, qui est entièrement manuelle à l'époque, ce type de mission s'apparente à un suicide. C'est à partir des V4 que les Allemands ont fournis aux Japonais des données leur permettant commencer à développer un projet d'avion suicide, le Kawanishi Baika. Une version biplace du V4 a même été prévue pour l'entraînement des pilotes. L'atterrissage était prévu avec un ski placé sous le fuselage. C'est ce que nous voyons à la fin de l'album. Anna parvient à poser non sans mal un de ces prototypes.

 
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un Kawanishi Baika photographié par mes soins au très intéressant et émouvant musée du sanctuaire Yasukuni

 

L'un des personnage pricipaux de "Dent d'ours", Hanna Reitsch a existé et a été une célébrité en son temps. Mais la Hanna des albums n'est pas complètement la Hanna de l'Histoire, comme le Dartagnan de Dumas s'éloigne du véritable personnage historique. Il est a noter qu'il n'est pas banal de prendre pour héroine d'une série de bande dessinée une icône du nazisme!

 

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Adolf Galland et Hanna

 

Mais comme le déclare Yann, il ne raconte pas la véritable vie d'Hanna Reitsch: << Inutile d'ouvrir une encyclopédie pour connaitre la fin de l'histoire! Ce qui m'intéressait le plus c'est la jeunesse d'Anna. Une jeunesse dont on sait très peu de chose. Et où je peux donc lui faire vivre avec Max et Werner toutes les aventures qui me plaisent.>>.

 

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Outre Hanna Reitsch, apparait dans "Dent d'ours Hanna" Adolf Galland, le plus célèbre pilote de chasse allemand. Le général galland fut limogé de tous ses commandements en janvier 1945 par Goring. Je vous conseille son livre "Jusqu'au bout sur nos Messerschmitt (tout un programme). C'est un peu le pendant allemand au "Grand cirque" de Clostermann. Le livre est paru aux éditions "J'ai lu", dans la célèbre série "Leur aventure", ( n° A3) avec leur belle couverture sur fond bleu roi. Dans ce livre on apprend que les nazis avait envisagé de confier une version réduite du Messerschmitt 262 à << des gamins de dix sept ans, qui sans aucune instruction digne de ce nom, allaient se lancer à l'assaut des phalanges ennemies. Grâce à dieu, on nous épargna ce massacre.>> (page 374). C'est à peu près ce qui est dessiné par Henriet. henriet réussit à faire passer les sentiments de Galland qui n'était pas contrairement à la véritable Hanna Reitsch un jusqu'auboutiste. Yann dessine un Galland très ressemblant aux photographies d'époque qu'on connait de lui. Galland comme il est fortement suggéré dans l'album aurait eu des vues fort peu militaire sur Hanna Reitsch qui n'aurait pas cédé!  

 

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LA VIE D'ADÈLE UN FILM D'ABDELLATIF KECHICHE

15 Mai 2025, 06:36am

 

 

On parle couramment de tranches de vie à propos d'un film ou d'un roman, il faudrait plutôt parler ici de pain de vie, tant le cinéaste nous fait sentir, sans aucun artifice de maquillage, à peine un changement de coiffure, le temps qui passe et qui corrode l'amour. Cette histoire d'amour entre Adèle et Emma se déroule sur une période de cinq à six ans; alors que le tournage aurait duré cinq mois. Lorsque Adèle rencontre Emma, elle n'est encore qu'une lycéenne de 17 ans (Emma doit avoir quatre à cinq ans de plus) et à la dernière image on vois Adèle devenue une femme cramée d'avoir connu le grand amour. On sait en la voyant s'éloigner seule, dans une rue de Lille, que quoi qu'il arrive désormais dans sa vie, elle ne connaitra plus un amour d'une telle intensité. Celui qu'elle a connu avec Emma elle l'écrira toujours avec un A majuscule.

Le but d'un cinéaste est-il de faire que le spectateur oublie qu'il est au cinéma et que ce qu'il regarde n'est pas joué mais qu'il observe un morceau de vie. Si c'est le cas Kéchiche y a parfaitement réussi et devient avec « La vie d'Adèle » un maitre. Le maitre du cinéma naturaliste, façon Pialat. Il y parvient si bien que l'on entre complètement en empathie avec Adèle au détriment d'Emma à laquelle on ne peut qu'en vouloir d'avoir casser le charme (hypnotique pour le spectateur) de son amour pour Adèle.

Je sais gré à Kéchiche d'avoir si bien montrer la jouissance au cinéma. C'est beau l'orgasme. Et puis pour qui n'est pas lesbienne c'est instructif, surtout pour un pédé, est-ce ainsi que les femmes jouissent? Je met un point d'interrogation car à la sortie de la salle j'entendais deux lesbiennes (c'est moi qui le subodore à l'écoute involontaire de leur conversation) qui disaient que c'était là l'amour lesbien filmé par un hétéro. Ah entendant cela j'ai compris la limite de ma critique, du moins sur ce point précis, n'étant ni lesbienne, ni hétéro, nul n'est parfait... Mais néanmoins je ne crois pas qu'il faille être homo pour pouvoir filmer les homos. Et puis je me doute que les lesbiennes ne jouissent pas toutes de la même manière, pas plus que les pédés aient les mêmes pratiques sexuelles ou que les hétéros fassent l'amour tous de la même façon...

 

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Une chose me paraît certaine, il y a désormais pour la représentation à l'écran de l'amour physique un avant et un après « La vie d'Adèle », où plus exactement il m'a semblé que pour la première fois on voyait le plaisir sexuel au cinéma, mais également le plaisir de manger, le plaisir de voir (belle scène au musée de Tourcoing) et le plaisir d'apprendre et de transmettre. Les scènes de classe sont remarquables. En un mot La vie d'Adèle est d'abord un film hédoniste.

Jamais auparavant devant une scène de sexe à l'écran je n'avais fait l'amour dans ma tête, comme je l'ai fait aujourd'hui, non avec un des acteurs (ou les deux) du film, mais avec un de mes anciens amants. C'est une expérience troublante, une sorte de dédoublement du temps et de la personnalité que j'ai subi durant ces longues scènes de sexe du film.

 

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J'ai été très impressionné par la beauté de ces corps de femmes emmêlés que le plaisir transfigure.

Ce qu'il y a de plus magique dans « La vie d'Adèle » c'est de nous faire le témoin de la transformation d'Adèle qui dans les premières séquence est une lycéenne quelconque et après sa rencontre avec Emma, épanouie par l'amour et comblé par le plaisir physique s'est métamorphosée en une belle jeune fille désirable et donc désirée.

Mais peut être encore plus impressionnant que le filmage du plaisir sexuel est celui du temps qui passe sur l'amour. La vie d'Adèle m'a enfin fait comprendre pourquoi on vieillit rarement avec son grand amour. Même si c'est une question encore beaucoup plus tabou que le représentation de la communion sexuelle dans une relation homosexuelle (et hétérosexuelle)...

 

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Je pense qu'il ne faut évacuer la notion d'homosexualité dans cet amour. Je ne crois pas que le film aurait été semblable si Adèle s'était éprise d'un jeune homme. L'image de l'hétérosexualité et surtout du couple hétérosexuel que donne « La vie d'Adèle » est très négatif. C'est celui d'un terne enfermement convenu que vivent les parents respectifs des deux filles.

Si on ne peut que louer l'abnégation des deux actrices principales, Léa Seydoux (que j'ai découverte dans La belle personne, le film de Christophe Honoré ) et surtout Adèle Exarchopoulos qui est dans chaque scène et presque dans tous les plans, quelle trouvaille de la part de Kéchiche, il ne faudrait pas oublier celle de leurs faire-valoir. Car tous les autres personnages, joués tous à la perfection, ne sont que des clichés de médiocres qui mettent d'autant en lumière la qualité des deux jeunes femmes. C'est à mon sens un des seuls défauts du film d'avoir fait des personnes qui gravitent autour du couple des caricatures, surtout dans la deuxième partie; si bien que l'on ne comprend pas comment Emma et Adèle peuvent accorder la moindre estime à de tels ringards. C'est un tour de force des comédiens que de rendre crédible ces navrants personnages. Je pense en particulier à Aurélien Recoing qui en une scène campe d'une manière magistrale le père bas de plafond, comme un ciel de Lille, d'Adèle et à Salim Kéchiouche parfait en dragueur maladroit qui en deux scènes fait exister la personnalité indigente de son personnage. Certes chaque personnage sonne juste, mais leur juxtaposition en fait une caricature de la société française de 2013.

 

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Je crains que les scènes époustouflantes de sexe occulte bien des choses que dit le film, sur la société française (et sur le cinéaste). Première remarque Kechiche n'est pas tendre avec ses coreligionnaires, les deux figure « d'arabe » ne sont guère valorisante, il y a d'abord la copine d'Adèle, véritable harpie homophobe puis Samir, interprété par Salim Kéchiouche, dragueur macho pas méchant mais particulièrement bête, mais « les gaulois » ne sont pas gâtés non plus... Le regard acerbe de Kéchiche traverse toutes les classes de la société, le père prolo d'Adèle est tout aussi regrettable que le pérorant directeur de la galerie dans laquelle expose Emma.

 

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Ce que montre le film au delà de la médiocrité de l'entourage est un la fois une totale impudeur, lorsque les copines de classe d'Adèle lui font subir un véritable interrogatoire sur ses pratiques sexuelles et amoureuses et un formidable égoïsme et manque total de civilité lorsque les parents bourgeois d'Emma pour recevoir l'amie de leur fille concocte un repas composer de fruits de mer sans s'enquérir des goûts d'Adèle. Deux situations qui étaient impensables au temps lointain où j'avais l'âge des deux amoureuses. Cela en dit beaucoup sur la dérive sociétale de la France. Mais qui le verra.

 

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Seul semblent être sauvé au yeux du cinéaste les jeunes du moins certains, d'abord les camarades de classe d'Adèle et surtout dans la deuxième partie du film, les enfants dont s'occupe Adèle, devenue institutrice, sont regardés avec bienveillance par Kéchiche. Mais qu'ils sont laids ces moutards! Avec les séquences d'Adèle en classe lorsqu'elle est lycéenne puis la même, quelques années plus tard, toujours dans une classe, mais cette fois institutrice de cour préparatoire apprenant aux enfants à lire, peu de film m'aura fait voir que contrairement aux apparences je n'habite plus le pays dans lequel je suis né... J'ai remarqué que la classe du lycée est plus calme de celle du cour préparatoire où les enfants semblent incapable de se concentrer.

 

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Les deux séquences scolaires, chacune dans une partie du film sont filmées en miroir. Cette construction se retrouve plusieurs fois par exemple à la première discussion en été, entre les deux filles sous le magnifique magnifique platane du parc public, répond l'endormissement mélancolique sous le même arbre en une après midi automnale, à la fête chez Adèle et Emma, lorsqu'elles sont heureuses en couple fait écho celle du vernissage qui clôt le film. Mais est-ce vraiment la fin, le sous titre de « La vie d'Adèle », partie 1, partie 2 peut faire penser que le cinéaste envisage de tourner une partie 3, une partie 4...

 

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Certaines scènes sont d'une très grande maîtrise, notamment dans cette façon presque gênante de ne jamais lâcher le regard des personnages, de transiter de l'un à l'autre, de coller au plus près des visages pour déceler une vérité profonde. Ce qui fait queLe cinéma de Kechiche n'est pas agréable ou confortable dans son regard sur l'autre.

 

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Ce que l'on voit à l'écran se sont des séquences dont certaines sont étirées jusqu'au malaise (encore Pialat), mais ce qui est aussi important c'est ce qui n'est pas sur l'écran. Kéchiche pratique aussi l'ellipse sauvage. Si on ne voit plus les parents d'Adèle dans la deuxième partie du film, on se doute que c'est parce qu'il y a eu rupture avec leur fille. Mais contrairement à la bande dessinée dont le film est vaguement inspiré (Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh), le cinéaste a choisi de ne pas montrer cette scène. Autre ellipse qui a provoqué mon interrogation, celle où l'on passe d'Adèle dévastée après sa rupture avec Emma à Adèle lors de la fête de fin d'année de l'école où elle est institutrice. Comment a-t-elle terminée sa nuit de cauchemard après avoir été jetée par Emma, comment s'est-elle réorganisée alors que visiblement elle a coupé les ponts avec ses parents? Autant de questions que le spectateur, qui colle depuis le début du film à Adèle, ne peut que ce poser. Petite frustration pour le gay que je suis de ne pas voir plus développer le personnage du meilleur ami d'Adèle, très bien joué par Sandor Funtek que l'on suppose gay. Certainement à cause de scènes coupées au montage, on n'est mis face à la proximité des deux adolescents sans préambule explicatif.

 

 

 

Le brillant chef opérateur, Sofian El Fani filme constamment caméra à l'épaule, mais avec relativement peu de mouvements des caméras, avec peu de plans larges mais en restant souvent très prés des acteurs d'où un grand nombre de plans moyens, pour les scènes de sexe et de gros plans pour toutes les scènes d'intimité. La plupart des scènes ont été tournées en deux caméras. Sofian El Fani a privilégié les couleurs chaudes. Le cadre est soigné. Petite critique pourquoi avoir laissé quelques reflets parasites à l'image alors qu'aujourd'hui il est facile de les éliminer numériquement.

Depuis longtemps on avait pas vu un film ayant une palme d'or cannoise aussi riche, profond et novateur. 

 

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JEUNE PÊCHEUR SUR LA PLAGE DE PALMI, ITALIE

11 Mai 2025, 09:26am

 

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Palmi, Italie, aout 1985

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13 kleine Esel und der Sonnenhof un film de Hans Deppe

11 Mai 2025, 09:19am

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Allemagne, 1958, 1h 37 mn 

Réalisation Hans Deppe

Avec:Hans Albers, Marianne Hoppe

 

Josef Krapp (Hans Albers) est un globe-trotter. Il a une fois quitté sa femme Martha (Marianne Hoppe) pour parcourir le monde à la recherche d'aventures. Pendant ce temps, Martha s'occupait des orphelins, qu'elle plaçait dans son "Sonnenhof". Elle s'occupe des enfants avec amour et d'une main ferme. Josef réapparaît soudain dans le petit village. Pour les orphelins, c'est un cow-boy qui a toutes sortes d'histoires à raconter. Ils le prennent immédiatement dans leur cœur. Cependant, Martha craint que son mari ait une mauvaise influence sur les enfants. Ainsi surgissent rapidement des conflits qui semblent insurmontables. Martha, qui aime toujours son mari, exige qu'il parte immédiatement. Les enfants en sont fâchés. Cependant, lorsque Krapp les aide à sauver treize vieux ânes de l'abattoir...

Le film était basé sur le roman Thirteen Old Donkeys d ' Ursula Bruns.

Film conseillé à ceux qui aiment les anes et les culottes courtes.

 






















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Eglise Saint Antoine à Lagos

11 Mai 2025, 09:16am

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Bâtit en 1707, l’église a été reconstruite en 1769. Sa décoration en bois sculpté et doré, baroque, est considérée l’une des plus belles du pays. Les murs sont revêtus de panneaux d’azulejos bleus et blancs du XVIIIe siècle.

L’église est couverte, sur toute sa longueur, d’une voûte en bois, imitant une voûte en berceau. Les couleurs vives de la peinture et la justesse du dessin sont une merveille. La perspective si rigoureuse nous donne une impression de réalité qui nous enchante.

Dans l’autel, sur le trône, se tient le patron Saint-Antoine portant l'Enfant Jésus dans ses bras, entouré de deux anges soutenant de grandes torches. On remarquera également une image rare de Saint Éloi, saint patron des orfèvres.

Lors de mes passages précédents, il était interdit de photographier cette merveille du baroque. C'est maintenant autorisé depuis que l'église a été intégrée au musée municipale.

 

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Lagos, juillet 2022, photo B.A

 

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Jasper Johns

11 Mai 2025, 09:06am

 

Le peintre, sculpteur et graveur américain Jasper Johns, considéré par le New York Times comme « le plus grand artiste américain vivant ».

 

 

Jasper Johns est né le 15 mai 1930 à Augusta, en Géorgie, peintre, dessinateur, sculpteur et graveur son oeuvre est associée au pop art, à l’expressionnisme abstrait et au néo-dadaïsme.

Il est célèbre pour ses séries de peintures représentant des drapeaux américains et d’autres sujet en rapport avec les états-Unis. Il a aussi pris pour sujet des objets de la vie quotidienne, ustensiles, couverts ou boîtes de conserve, traités comme des pièces détachées qu’il intègre à ses travaux.

 

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Ses oeuvres se vendent régulièrement aux enchères pour des millions de dollars; en 2017, sa toile intitulée « False Start », vendue 80 millions de dollars et devint alors l’oeuvre d’art d’un artiste vivant la plus chèrement payée de toute l’histoire.

 

 

Au cours de sa longue carrière, Jasper Johns a été honoré maintes fois pour son talent, notamment aux états-Unis, par la Médaille Nationale des Arts en 1990 et la Presidential Medal of Freedom en 2011.

En 2007, il a été élu membre de la prestigieuse American Philosophical Society.

En 2018, le New York Times estimait qu’il était le « plus grand artiste vivant » des états-Unis.

<< A Augusta, en Géorgie où je vivais étant enfant, il n’y avait pas d’artiste et il n’y avait pas d’art, aussi n’avais-je aucune idée de ce dont il s’agissait ».

Ado, Jasper Johns étudie à l’Université de Caroline du Sud de 1947 à 1948, où décelant son immense talent, ses professeurs l’incitent à partir pour New York, ville internationale où il pourra déployer ses ailes. Il s’y rend et étudie brièvement à la Parsons New School for Design en 1949.

 

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Ensuite le jeune homme accomplit son devoir militaire pendant la Guerre de Corée, servant deux ans (1951-1952), stationné en Caroline du Sud puis à Sendai au Japon. Lorsque Jasper rentre à New York en 1953, il a 23 ans. 

C’est à New York qu’il rencontre en 1954 Robert Rauschenberg, Merce Cunningham et John Cage, avec qui il va travailler et explorer la scène de l’art contemporain dans les années et décennies suivantes. Mais les quatre hommes commencent à développer leurs propres idées sur l’art dès les années 1950.

En moins d’une décennie, Jasper Johns peint les oeuvres légendaires « Flag » puis « White Flag » et quatre de ses toiles entrent dans la collection permanente du MOMA.

 

 

En 1954 Jasper Johns a 24 ans tombe amoureux de son confrère artiste Robert Rauschenberg, son aîné de 5 ans, qui commence déjà à se faire connaître pour ses toiles monochromes. Rauschenberg devient l’amant de Jasper et une inspiration pour son oeuvre.

Les deux hommes se stimulent l’un l’autre en matière de création; sous l’influence de Rauschenberg, Jasper Johns crée des toiles où figurent des objets familiers, des signes tels que des chiffres, des lettres, des cartes géographiques et des drapeaux, oeuvres qui fascinent le monde de l’art, alors que New York est au centre du monde artistique.

 

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Johns et Rauschenberg furent amants de 1955 à 1961, une époque où ils produisirent leurs oeuvres les meilleures et les plus significatives. Les deux hommes étaient propriétaires dans le même immeuble de 2 lofts où ils vivaient et qui leur servaient aussi d’ateliers, et allaient librement d’un loft à l’autre. Bien que les deux artistes travaillaient et vivaient ensemble, c’était Jasper Johns qui était alors le plus connu.

 

 

Johns et Rauschenberg se séparèrent car ils étaient mal à l’aise que leur relation homosexuelle soit connue en dehors de leur entourage proche. A ce sujet Rauschenberg a déclaré : « Notre histoire était tendre et délicate, et elle s’est transformée en sujet de commérage. » Jasper Johns se souvient qu’alors qu’il lisait « L’autobiographie d’Alice B.Toklas » par Gertrude Stein, Rauschenberg lui fit la prédiction : « Un jour ils parleront de nous comme ils parlent d’elles… » et Jasper fut vexé que son amant fasse ce parallèle entre leur couple et le fameux couple de lesbiennes.

 

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La séparation des deux hommes se passa si mal qu’ils quittèrent tous deux New York et ne se parlèrent pas pendant plus d’une décennie… En 1961, alors que leur couple était en train de se défaire, Jasper peignit une toile qu’il intitula « In Memory Of My Feelings, Frank O’Hara », cette toile étant son interprétation du poème de Frank O’Hara sur l’amour gay et le prix à payer pour l’éliminer, poème dont la première ligne est :

« Il y a un homme dans ma tranquillité. »

 

 

Jasper Johns : « Je ne veux pas étaler mes sentiments dans mon oeuvre. »

Johns peignait des sujet conventionnels qui laissaient les critiques perplexes sur son travail avec les mystérieux reliefs contenues dans son oeuvre… Un critique déclara: << Son oeuvre est pleine de tension, entre savoir et ne pas savoir, dit et non-dit, expliqué et non-expliqué. Ses toiles contiennent des secrets.>>.

 

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Par exemple, son oeuvre « Target With Plaster Casts » (« Cible et plâtres ») réalisée en 1955, contient 9 boîtes en bois avec portes à charnière, chaque boîte contenant une partie de corps humain. Dans l’une d’elles, se trouve un pénis plus vrai que nature. Lorsqu’un représentant du Musée d’Art Moderne de New York demanda à l’artiste s’il serait acceptable que cette boîte particulière reste fermée, Jasper répondit qu’il serait bien qu’elle reste fermée parfois mais pas tout le temps…

 

 

A New York, Jasper Johns travailla aussi avec le compositeur de musique John Cage et de son partenaire chorégraphe Merce Cunningham, contributeurs importants au monde de la danse contemporaine. Jasper Johns collabora aux spectacles de danse chorégraphiés par Cunningham et mis en musique par John Cage, pour lesquels il créa des décors et costumes, et il devint conseiller artistique de la Compagnie de Danse Merce Cunningham. Les trois hommes, bien que tous gay, ne faisaient apparaitre aucun contenu explicitement homosexuel dans leurs oeuvres.

 

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Jasper Johns avec les années, il est devenu de plus en plus reclus.

En 1999, il a en quelque sorte, refait surface, jouant dans un épisode du dessin animé Les Simpsons son propre rôle (un artiste nommé Jasper Johns).

Dans ses dernières années il a vécu seul dans un palais dans la campagne du Connecticut, accordant très rarement des interviews. Sa liaison avec Rauschenberg fut la plus profonde et la plus importante de toute la vie de chacun des deux hommes.

 

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Mathieu à la Monnaie de Paris (1)

10 Mai 2025, 18:13pm

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Paris, mai 2025, photo B.A

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sur la plage de Praia Da Rocha 

10 Mai 2025, 07:07am

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Praia Da Rocha, Algarve, Portugal, juillet 2022

 

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Ils vont tuer vos fils de Guillaume Perilhou

10 Mai 2025, 07:05am

Ils vont tuer vos fils de Guillaume Perilhou

Capture d’écran 2022-09-22 à 11

 

 

Je crois que c’est la première fois qu’en lisant un auteur, en l’occurrence Guillaume Perilhou pour « Ils vont tuer vos fils » je vois en cet auteur un possible émule de Tony Duvert. Certes la langue est moins classique et l’âge des protagonistes est différent, 14-16 ans ici et non 9-12 comme chez Duvert; mais on y sent la même sensualité et la même haine du carcan familiale et de ses amours obligés. Le titre du roman est tiré de la chanson Kill your sons de Lou Reed qui fait écho aux expériences homosexuelles du chanteur. Le talent de Guillaume Perilhou est de nous faire pénétrer dans la tête d’un garçon de 14 à ses 17 ans, Guillaume (le même prénom que l’auteur) est le narrateur. Le roman est écrit à la première personne du singulier. Cet adolescent ne va pas bien ou plutôt que l’on fait ne pas aller bien. A l’âge de 14 ans Guillaume est retiré à sa mère qui l’élève seule, mais pas convenablement pour les autorités. Il est placé dans un foyer pour jeunes en difficulté. Puis, suite à quelques extravagances, homosexuel, il aime parfois s’habiller en femme et s’invente une autre identité qu’il appelle Raphaella, transféré dans un hôpital psychiatrique. Nous allons partager les pensées, les désirs et les déboires de cet adolescent et découvrir petit à petit l’engrenage qui l’a conduit dans cette prison qu’est l’H.P. Si Guillaume Perilhou s’en était tenu à l’inspection de l’âme de Guillaume son livre aurait été réussi, à condition qu’il remette sérieusement l’ouvrage sur le métier. Car on a l’impression de lire le premier jet d’un roman avant relecture. Pourtant l’auteur parvient à nous émouvoir et pourtant Guillaume n’est pas toujours aimable. Malheureusement plusieurs incohérences font vaciller l’émotion chez le lecteur. Beaucoup auraient pu être éviter grâce à une datation précise du parcours de l’adolescent; d’une part on aurait ainsi pu mieux mesurer les dégâts causés par l’institution médicale sur le psychisme de Guillaume et surtout cela aurait éviter quelques anachronismes dont l’auteur ainsi aurait pu s’apercevoir facilement et corriger.

Si la datation est floue la situation géographique de l’histoire est précise. Nous sommes à Quimper et ses environs.

A propos d’époque, je suis étonné que l’on puisse aujourd’hui, nous sommes aujourd’hui ou au moins dans les cinq dernières années puisque Macron est cité en tant que président, envoyer aussi facilement un adolescent dans un hôpital psychiatrique alors qu’il ne présente pas vraiment de troubles sinon son hésitation sur son  identité sexuelle et qu’il n’est ni un danger pour autrui ni pour lui-même. Autre étonnement est que l’on fasse subir au malheureux des électrochocs. Je pensais que cette pratique n’était plus d’actualité, mais je suis ignorant  de ce, ici terrifiant de l’H.P.

L’histoire d’amour que Guillaume vit avec Clément un patient de son âge lui aussi reclus dans le même H.P est le plus beau moment du roman: << ceux qui pensent que le coup de foudre n’est pas de l’amour parce qu’on ne connaît pas la personne dont on prétend tomber amoureux eh bien je vous dis Faux ô combien faux il n’y a pas de plus grand amour que l’amour ignorant ». Je pense qu’il aurait fallu mettre cette relation au centre de la narration ce qui aurait structuré l’ensemble.  

Si je salue l’exactitude de la description des tourments de cet adolescent qui m’a fait penser à plusieurs garçons que j’ai pu connaitre, j’ai pu ainsi juger de la pertinence du récit sur ce point, en revanche je déplore que l’auteur ne parvienne pas à rester toujours à hauteur d’adolescence. Perilhou commet la grave bévue  en dotant son héros de références qui sont les siennes mais que le garçon ne peut posséder d’autant que l’auteur lui fait dire  << qu’il s’emmerde en lisant les classiques.>>. Ainsi jamais on voit lire le garçon ce qui ne l’empêche pas par exemple de citer Camus et d’évoquer Matzneff (saluons le courage de Perilhou d’avoir cité ce pestiféré des lettres françaises même si l’on ne voit pas bien ce qu’il vient faire là.). Il me semble qu’il était également inutile d’émailler le livre de réflexions générales qui ne me paraissent pas cadrer avec les préoccupations de Guillaume comme celle-ci: << Quand on fait des gosses on se dit qu'ils seront une version améliorée de nous-mêmes, on ne prévoit pas qu'ils puissent être moins bien et pourtant ça arrive.>>.

Pour résumer je trouve que ce roman au fort potentiel a été mal édité un grand éditeur aurait sans doute demandé à l’auteur de modifier son ouvrage avant de l’éditer et il n’aurait pas probablement doté la couverture d’une photo aussi peu appropriée ni d’un bandeau en contradiction avec la teneur du livre.

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Je me souviens de Lionel Melet

10 Mai 2025, 07:01am

Le ballet de Barry Collins dans une parade de cirque, 1979 :



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Jacques Martin "Le piano de la plage", 1979 :



Jacques Martin "Pauvre artiste", 1979 :

 

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