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humeur cinematographique

LE CONFORMISTE DE BERNARDO BERTOLUCCI

1 Août 2025, 06:33am

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Italie, 1970, 110 mn

 

Réalisation: Bernardo Bertolucci, Scénario : Bernardo Bertolucci, adapté du roman d'Alberto Moravia, 

 

avec: Jean-Louis Trintignant, Stephania Sandrelli, Dominique Sanda, Pierre Clémenti, Gastone Moschin, Fosco Giachetti, Yvonne Samson, Jose Quaglio

 

Résumé

 

Nous découvrons Marcello Clerici (Jean-Louis Trintignant), au début du film, à la période la plus dramatique de sa vie, lors d’un voyage à Paris en 1937 avec sa femme, Giulia (Stephania Sandrelli). Sous couvert d'une visite touristique, ce voyage a en réalité pour but de faire assassiner par des nervis fascistes un leader antifasciste réfugié en France. Il s’agit de Quadri, l’ancien professeur de droit à l’université de Rome, de Marcello. Ce dernier prend contact avec son ancien maître. Il le met en confiance ce qui permet le guet-apen dans lequel le professeur tombe. Ann (Dominique Sanda), la femme de l’exilé, fait des avances à Clerici, car elle n’est pas insensible au charme de...Giulia. De son coté Clerici s’éprend d’Ann. Il veut renoncer à son noir dessein. Il ne prend finalement aucune décision et participe au traquenard. Les époux Quadri sont sauvagement assassinés sur une route de montagne. On apprend que si Marcello est devenu cette brute fasciste c’est parce qu’il a été violé à dix ans par le chauffeur de ses parents (Pierre Clementi, que Bertolucci avait déjà fait tourner en 1969 dans Partner) et qu’il croit avoir tué d’un coup de révolver. 

 

 

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Quelques années après les évènements, relatés précédemment,  Marcello assiste à Rome à l’effondrement du fascisme, par hasard il retrouve le chauffeur qu’il croyait avoir tué.  Il est devenu une espèce de clochard décavé à la beauté détruite mais au charme intact (Par une prescience inquiétante Bertolucci donne dans ce film un raccourci de la vie du vrai Clémenti dans ces scènes que l’on ne peut revoir sans éprouver un profond malaise). Marcello retournant sa veste aussitôt, il  s’empresse de dénoncer ses anciens compagnons. Clerici sera tué lors d’un bombardement aérien après la chute de Mussolini.

 

 

L'avis critique

 

Le film veut démontrer que le désir de conformisme social chez Marcello, son mariage avec une femme terne mais bourgeoise, son adhésion au fascisme, puis à l’antifascisme... n’est dicté que par la volonté de fuir le souvenir humiliant (pour lui) du viol et de combattre son homosexualité frustrée ou plutôt latente, assez voisine à celle du personnage du "Fanfaron" que jouait également jean-Louis Trintignant.

Alors que le roman éponyme de Moravia, dont le film de Bertolucci est l’adaptation, raconte la vie de Marcello Clerici de l’enfance à la mort d’une manière linéaire et chronologique, le cinéaste brise cette continuité pour la recomposer par de multiple aller et retour temporels privilégiant l'enfance et l’épisode tragique qui sera le noeud de sa vie.

 

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La morale, la vulgate marxiste était à son apogée dans ces années 70, si l’on peut dire de tout cela, est assez répugnante. Elle subodore que lorsque l’on a été violé à dix ans (On se demande de quoi se plaint ce sale gosse, en 1970 être sodomisé par Pierre Clémenti était un fantasme très largement répandu quelque soit le sexe et l’âge) on devient automatiquement un tortionnaire fasciste à trente! On pense bien sûr beaucoup a la célèbre nouvelle de Jean-Paul Sartre, contenu dans le recueil Le mur,L’enfance d’un chef. Pourtant contrairement à l’oeuvre de Sartre, Bertolucci, qui a quelque peu dénaturé l’oeuvre de Moravia, ne dépeint pas un archétype mais cisèle seulement le portrait d’un opportuniste particulièrement veule.

Un grand soin est porté au décor, ce qui apparente Bertolucci à Visconti. Bertolucci s’acharne à retrouver le charme des anciens magazines; il traite la couleur comme dans les cartes postales 1900 et s’attarde à combiner de séduisants effets en s’inspirant du cinéma d’avant-guerre. Il ne manque pas un meuble d’acajou, pas un bibelot modern-style pour ponctuer l’espace daté d’un bureau, d’un appartement, et le gigantisme architecturale officiel capté en plongée ou en contre-plongée suffit à dénoncer la mégalomanie gouvernementale.

La couleur est également très étudié, le film à la forme éclatée, joue avec virtuosité des perspectives, des couleurs (tout un travail sur le jaune orangé) d’effets de montage qui cassent la narration et d’une construction en flash-back et en flash-forward. Ce formalisme extrême peut irriter mais aussi fasciner. Il vise à la représentation pure et dissèque de façon troublante les motivations d’un homme intelligent et ironique qui choisit la bêtise et le fascisme pour des raisons qui s’opacifient au fur et à mesure qu’elles sont dévoilées.

Le film, si le titre n’avait pas déjà été pris, aurait du s’appeler l’amoraliste. Jean-Louis Trintignant réussit le tour de force de rendre attachant ce parfait dégueulasse. Mais c’est l’image de Pierre Clémenti qui restera toujours gravée dans les mémoires lorsque, chauffeur-garde du corps du héros, il retire sa casquette de chauffeur de maitre et que ses longs cheveux cascadent sur ses épaules, transformant le policé et froid larbin en une gouape des faubourgs à la beauté subjuguante et vénéneuse à la fois.

Dans le Combat dans l’ile Jean-Louis Trintignant joue un jeune fasciste, membre d’un groupe terroriste, le film est de 1961, on pense à l’OAS, très proche psychologiquement du personnage du Conformiste. Trintignant se plait à pervertir son image sage et rangée, sa normalité, en interprétant des personnages tortueux, voire carrément psychopates, à faire éclater la perversité latente des bourgeois les plus conformes, c’est la dualité génialement perçue par Bertolucci dans Le conformiste, dont on retrouve une forme mineure, humoristique, dans un film comme Eaux profondes de Michel Deville. Sa douceur et sa passivité font ressortir de façon étonnante la violence froide de ces héros criminels aux visage d’ange. Cet art du chaud-froid, est très rare dans le cinéma français. Il est plutôt l' apanage des acteurs anglo-saxons.

 

 

 

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L'élève un film d'Olivier Schatzky

30 Juillet 2025, 06:26am

 

 

 

Fiche technique :
Avec Vincent Cassel, Caroline Cellier, Jean-Pierre Marielle, Caspar Salmon, Sabine Destailleur, Sandrine Le Berre, Alain Gandy, Luciana Castellucci, Angelo Aybar et Maggy Dussauchoy.

 

Réalisation : Olivier Schatzky. Scénario : Éve Deboise et Olivier Schatzky, d’après la nouvelle d’Henry James. Directeur de la photographie : Carlo Varini. Ingénieur du son : Dominique Levert. Musique : Romano Musumarra. Décorateur: Jacques Bufnoir. Monteur : Jean-François Naudon.
France, 1996, Durée : 92 mn. Disponible en VF.

 

 

Résumé :
À la fin du XIXe siècle, un jeune instituteur de 25 ans, Julien (Vincent Cassel) est engagé par un couple d’aristocrates (Caroline Cellier et Jean-Pierre Marielle), vivant dans une grande propriété du midi de la France, pour veiller à l’éducation de leur fils, Morgan (Caspar Salmon). Le garçon est à la fois surdoué, tourmenté et farouche. Il dort la nuit les yeux ouverts. Parfois il chante d’une belle voix claire, la nuit, sur le toit de la grande maison. Morgan déclare n’avoir pas d’amis car les enfants de son âge ne l’aiment pas. Julien découvre, au fil des jours, la réalité totalement factice du train de vie de ses employeurs. Ils sont complètement ruinés et ils ne peuvent lui payer ses gages. Ils ne lui versent que de minables acomptes. Morgan n’est pas dupe de cette situation que Julien essaye pourtant de lui cacher pour ne pas lui avouer (?) le sentiment qu’il éprouve pour lui. Le garçon sent que si Julien ne cherche pas une autre place, c’est qu’il est déjà lié à lui par une indéfectible amitié et qu’il est prêt à le suivre au gré du nomadisme de ses parents, qui bientôt ne peuvent plus cacher leur dèche, due au gaspillage effréné du père, j’m’en-foutiste hédoniste. Julien en vient tout de même à dire son fait au père et à la mère, les qualifiant d’aventuriers fabulateurs et de snobs abjects. En rien déstabilisés, ses interlocuteurs lui dénient tout droit à leur réclamer son dû car il devrait s’estimer payé par le simple privilège de côtoyer chaque jour un tel enfant ! Le père a machiavéliquement compris qu’il tient Julien par le sentiment qu’il éprouve pour Morgan. C’est même eux qui, peu après, viennent solliciter Julien pour qu’il leur prête de l’argent. Leur intention réelle est de transférer sur Julien toute responsabilité envers Morgan que l’on amène chez le médecin alors qu’il est présenté comme menacé par une maladie fatale.
Quelque temps après Noël alors qu’ils sont à Cracovie, dans la résidence prêtée par une amie du couple, la comtesse Jesenska, Julien reçoit par télégramme la proposition d’un emploi à Lyon. Il accepte et part. Un jour, il reçoit un courrier de la mère, lui reprochant d’avoir abandonné Morgan qui est au plus mal. Julien se rend aussitôt à Paris où il retrouve la famille échouée dans un misérable galetas. Il emporte dans ses bras le garçon inconscient...

 

 

 

L’avis critique

 
L’Élève est, après Fortune express, en 1991, le deuxième film d’Olivier Schatzky. Il a été auparavant scénariste pour le réalisateur Pierre Jolivet : Le Complexe du kangourouForce majeure et pour Diane Kurys, Un Homme amoureux.
L’Élève est une adaptation assez fidèle d’une longue nouvelle d’Henry James, The Pupil. Ce film donne l’étrange impression d’être incomplet, des séquences entières semblent avoir été oubliées au montage. Sa structure lacunaire en fait un parfait véhicule à fantasmes car les scènes tournées sont convaincantes, du moins les intimistes car les reconstitutions historiques deviennent une France et une Pologne hors du temps que l’on peut situer certes à la fin du XIXe siècle, bien qu’elles ne contiennent aucune connotation politique ou sociale.
Les parties en extérieur, malgré la nombreuse figuration et le cinémascope, font néanmoins un peu fauchées et rappellent fâcheusement le plus mauvais style « Buttes-Chaumont ». Cette fresque intimiste est tournée principalement en plans-séquences.

 


La sensibilité de la direction d'acteurs joue surtout, dans une merveilleuse harmonie, avec la rencontre des regards. L'incomparable intensité de celui de Caspar Salmon, aux yeux bleus transparents, habite l’écran. Il est bouleversant quand naît un sourire fugitif entre ses lèvres serrées. Découvert dans Le Voleur d’enfants de Christian de Chalonge, il était déjà prodigieux dans Le Roi des aulnes où il était presque la seule raison de voir le film. Malheureusement depuis L’Élève, il ne nous a pas donné de nouvelles cinématographiques. Jean-Pierre Marielle est truculent dans le rôle du père, cet égoïste suicidaire. Vincent Cassel joue une partition tout en subtilité à laquelle il nous a peu habitué.
Malgré ses défauts, il n’en reste pas moins que le film demeure gravé dans la mémoire du spectateur, surtout grâce à la poignante dernière séquence, lorsque Julien serre et emporte dans ses bras Morgan dont on ne saura pas si, il est mort ou vivant. Il est stupéfiant qu’aucun critique, à la sortie de L’Élève, ne se soit aperçu que cette histoire est avant tout une histoire d’amour-passion entre un homme et un garçon de treize ans.

 

 

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J’AI PAS SOMMEIL, UN FILM DE CLAIRE DENIS

29 Juillet 2025, 06:37am

 

 

France, de Claire Denis, 115 mn, 1993

 

Réalisation: Claire Denis

 

avec: Line Renaud, Béatrice Dalle, Katerina Golubeva, Richard Coucet, Vincent Dupont, Alex Descas, Sophie Simon, Irina Grejbina, Vincent Dupont, Patrick Grandperret, Tolsty, Laurent Grevill, Ira Mandella-Paul

 

 

Résumé

 

Un mystérieux tueur de vieilles dames sévit dans le 18 éme arrondissement de Paris et terrorise le quartier. Une jeune femme, Daiga (Katerina Golubeva) arrive de Vilnius au volant de sa vieille voiture. Elle retrouve une lointaine parente, Mina qui l’installe dans le modeste hôtel dans le 18 éme arrondissement de son amie Ninon (Line Renaud) qui anime un club de self-défense pour dame du troisième age. Daiga veut joindre Abel, un metteur en scène qu’elle a connu à Vilnius et qui avait alors promis de l’aider. Par ailleurs, un antillais, Théo (Alex Descas), vivant seul avec son enfant, travaille comme menuisier, faute de pouvoir vivre de sa musique. Il rêve de rentrer dans son pays, mais Mona (Béatrice Dalle) sa femme, refuse de le suivre et veut reprendre son fils. Théo a un frère, Camille (Richard Coucet) dont il ignore la vie privée. Camille est homosexuel et vit avec son amant, Raphael, dans l'hôtel de Ninon. Il fait un numéro de travesti dans une boite gay et se prostitue à l’occasion. Mais surtout le tueur c’est Camille! Parfois il va chercher du réconfort auprès de son frère, comme le jour où il apprend qu’il est atteint du sida. Ninon se prend de sympathie pour la jeune lithuanienne et l’emploie dans l'hôtel. Daiga, qui ne parle pas français, regarde et comprend que Camille est le tueur en série. Tandis que Daiga l’observe, la police resserre son étau autour de lui. Quand il se laisse arrêter en douceur, Daiga se rend dans sa chambre et prend tout ce qu’elle trouve. Elle repart aussitôt en Lituanie, emportant l’argent volé lors des meurtres.

 

 

 

L'avis critique

 

 

Claire Denis a transposé un fait divers réel: l’affaire Paulin; un homo antillais, travesti de cabaret, prostitué occasionnel qui assassina pour les dépouiller une vingtaine de vieilles dames entre 1984 et 1987. Il fut arrêté et inculpé avec son complice qui était aussi son amant. Il mourut en prison du sida, avant d’être jugé.

 

 

Claire Denis a composé son film comme une suite de patchwork avec comme fil rouge, qui semble bien artificiel, les déambulations de la jeune lithuanienne. De nombreuses scènes pour réussies soient-elles, semblent extérieures au film, comme celle où Ninon, Line Renaud remarquable de pétulance, professe un cours de self-défense. Il semble que la réalisatrice constamment fuit, par peur de l’affronter, quoi qu’elle en dise, le vrai sujet de son film: le portrait de ce tueur (Richard Coucet, un acteur non professionnel qui crève l’écran) à la fois beau, charmeur et complètement amoral. La réalisatrice déclare pourtant: << La prise de corps c’est vraiment la seule chose qui m’intéresse. C’est assez intimidant, surtout quand c’est le corps de l’homme. Je ne peux pas dire que j’avais peur du sujet de J’ai pas sommeil mais du début à la fin, je me suis posée des questions sur le regard qu’on pouvait porter sur un projet comme celui-là. Le corps du délit, le corps de Camille, a été évidemment un objet d’observation, un mystère>>.

On sent que le film veut réinventer le film noir très urbain, L’histoire d’un sérial killer croisant d’autres personnages au hasard des tracés du destin et des rues parisiennes. Tissé de faits divers, d’ambiances contrastées, et de moments de vie, quotidienne ou criminelle, le film réinvente le paysage de la fiction dans le cinéma français. J’ai pas sommeil marque l’affirmation d’un regard intense et personnel...Le climat est absolument anti dramatique et la mise en scène ne propose jamais au spectateur la moindre possibilité, ni d’identification, ni de rejet violent, encore moins de libération par une quelconque catharsis.

J’ai pas sommeil propose une vision troublante d'un état du monde actuel, un monde assoupi, anesthésié, cacochyme, composé de victimes et de petits bastions mesquins repliés sur eux mêmes, leur argent ou leur culture, leurs mensonges et leurs clichés. Seule une représentante du passé (très réjouissante Line Renaud) incarne la mémoire d’un rapport au monde plus actif, plus en prise sur les choses: elle pourrait remplir la fonction de mentor, si seulement il y avait quelqu’un à qui transmettre cette mémoire. Les personnages du film, car il y en a, viennent de l’extérieur (des pays de l’Est et des anciennes colonies françaises). Ce sont des guerriers, ils ont avec eux la vie et la mort, la danse et la faim, l’art et le travail, la famille et la beauté, et d’infinies figures d’ambiguité. J’ai pas sommeil montre clairement ces personnages (une sauvageonne balte, un ouvrier et un assassin noir) comme des entités rebelles, déstabilisatrices, entrées dans la ville épuisée à l’ombre du clocher qui célébra l’écrasement de la Commune, le Sacré-Coeur, pour y semer le désordre et se repaître d’un trop vieux monde. Totalement dépourvu d’effet de manche, d’une implacable violence sous les apparences d’une grande douceur, un film aussi dérangeant ne pouvait que susciter un rejet massif. Ce qui n’a pas manqué.>>

Alors que tout est filmé d’une manière froide,le film n’existe vraiment que dans une sublime séquence érotique dans laquelle Camille, le tueur, fait son numéro dans une boite gay, le corps luisant, à demi-nu, séquence qui n’est pas sans rappeler celle où Isaac de Bankolé dans le premier film de Claire Denis: Chocolat soulève brutalement sa patronne blanche. On peut s’interroger sur le fait que le cinéma français n’ai pas su ensuite réutiliser une nature de la force et de la singularité de Richard Coucet. Est ce seulement un manque de clairvoyance et d’intelligence? Même s’il faut bien admettre que J’ai pas sommeil n’est pas complétement réussi, il possède une telle audace dans le choix du sujet et une telle ambition dans son traitement, qu’il est évident qu’il est un des films important du cinéma français des années 90.

Claire Denis excelle dans ce film comme dans Beau travail, mais dans ce dernier ce sont des corps blancs, a faire ressentir toute la violence animale contenue dans un corps mâle et l’on ne peut que penser à une autre femme cinéaste pour avoir aussi bien sublimé le corps masculin, c’est Leni Riefenstahl.

Sébastien Lifshitz en 1995, juste avant le tournage de Nenette et Boni(avec l'excellent et sensuel Grégoire Colin), a réalisé un très bon documentaire sur Claire Denis: Claire Denis, la vagabonde .

 

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TOUT CONTRE LÉO, UN FILM DE CHRISTOPHE HONORÉ

28 Juillet 2025, 07:48am

France, 2002, 88min 

 

Réalisation: Christophe Honoré, scénario: Christophe Honoré & Diastème, musique: Alex Beaupain


avec: Yaniss Lespert, Pierre Mignard, Marie Bunel, Rodolphe Pauly, Jérémie Lippmann, Dominic Gould, Louis Gonzales, Joana Preiss, Alex Beaupain, Assaad Bouab, Sylvie Contant, Louis Gonzalez, Julien Honoré, Laurent Honoré, Anna Kerivel, Gwen Le Gac, Jean-Yves Le Maout, Jean-Pierre Limosin, Harmony Lucas, Abdellah Moundy, Julien Peny, Dominique Perrier, Fabrice Petit-Huguenin, Maud Pluquet, Gaetano Weysen-Volli

 

Résumé

 

Dans une famille, les quatre garçons font le bonheur de leurs parents. Pourtant, mais depuis l'annonce par Léo, 21 ans, de sa séropositivité, la vie n'est plus la même.

 

Léo s'applique à préserver son petit frère de douze ans, Marcel. Mais Marcel (Yaniss Lespert, qui est le frère de Jalil Lespert)  

est loin d'être bête et a bien compris qu'un événement grave menace la quiétude de sa famille.  

 

Enchaînant les bêtises, Marcel souffre. Léo, qui vient d'apprendre que son sida est déclaré, propose à Marcel de partir quelques jours avec lui à Paris...

 

L'avis critique

 

Lorsque Christophe Honoré débute le tournage de Tout contre

Léo, il ne se prend pas encore pour un auteur. Il est seulement un écrivain pour la jeunesse d'ailleurs le film est l'adaptation d'un de ses romans destinés aux adolescents. Il n'a pas encore ses tics auteuristes qui nuiront ensuite à tous ses film ni dans ses bagages le parfois encombrant Garrel. C'est paradoxalement avec légèreté qu'il filme un sujet grâve, l'impuissance face à la mort qu'il filmera ensuite moins frontalement mais qui hante tous ses films. Il faut faire l'effort de replacer le film dans le contexte historique de la maladie, avant la trithérapie, lorsque l'annonce d'un sida déclaré voulait dire une mort prochaine à brêve échéance. Le scénario traite également du silence qui entourait et en partie entoure toujours cette maladie et des  dommages collatéraux qu'entraine ce silence. Tout contre Léo explore aussi un thème assez rare dans le cinéma, les relation entre frères On y voit une fratrie, de garçons qui ne sont pas encore devenus des hommes, des garçons emmêlés dans la pudeur de leurs sentiments, incapables de se dire tout, incapable de se séparer les uns des autres et sachant pourtant que l’un d’entre eux est menacé de mort.

 

Il faut également se souvenir que ce film était au départ prévu pour la télévision d'où une profusion de plans moyens. Ce qui n'empêche pas le réalisateur de déjà montrer qu'il est un grand paysagiste (qualité que l'on retrouve dans tous ses films et qui sauve partiellement les moins convaincant) aussi bien lorsqu'il filme sa chère Bretagne, "Tout contre Léo" est certainement son film le plus autobiographique, que Paris. Lors d'une interview une confidence de Christophe Honoré atteste ce coté autobiographique: << « J’avais cette histoire, je voulais dire à quelqu’un qui était en train de mourir de cette maladie-là que je n’arrivais pas à l’aider, et cette personne-là je voulais lui dire ça, que j’étais là. » Une vision, un peu trop idéale et lisse de la société est certainement due au cahier des charges "téléfilm" (une famille idéale, dans une campagne idéale, sans problème d'argents, ce qui devrait permette au spectateur moyen de s'identifier).

  

Le film connut bien des problèmes de diffusion. Lors du débat après la projection au Festival du Film Gay et Lesbien de Paris, le réalisateur expliquait qu'M6 a censuré ce film uniquement pour une scène de sexe masculine assez explicite, bien que seules soient vues deux belles paires de fesses. Alors que la chaîne avait accepté le scénario, à l'intérieur duquel la scène était clairement décrite, c'est à la vision du film monté qu'on a demandé au réalisateur de couper cette scène. Impossible a-t-il rétorqué, elle est essentielle au film. Le film devait passer au printemps 2002 sur la chaîne qui ne l'a en fait jamais diffusé... On le verra finalement sur Pink TV en septembre 2006. Au sujet de cette censure Christophe Honoré déclarait: « C’est très énervant de voir que l’homosexualité à la télévision passe s’il n’y a pas d’homosexualité. Dès qu’on veut parler du désir, du corps, et de cette sensualité un peu différente, les gens se crispent et pensent – comme M6 – que c’est susceptible de choquer les gens. »

Tout contre Léo est une tragédie familiale pleine de tact et de pudeur.

 

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Stonewall

25 Juillet 2025, 06:39am

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Fiche technique :

Réalisation : Nigel Finch. Scénario : Rikki Beadle-Blair & Nigel Finch. Images : Chris Seager. Montage : John Richard. Musique originale : Michael Kamen. Décor : Charles Ford.
        Durée : 98 mn. Disponible en VO et VOST.

Avec: Guillermo Diaz, Frederick Weller, Brendan Corbalis, Duane Boutte, Bruce Mac Vittie, Dwight Ewell, Luis Guzman et Gabriel Mann.       

Résumé :
      1969 : le jeune Matty Dean (Frederick Weller) venant de son Middle-west natal débarque à New York où il espère pouvoir vivre son homosexualité de manière plus épanouissante que dans sa province. Dès son arrivée il rencontre, dans les jours qui précèdent les événements de Stonewall, deux hommes que tout oppose : La Miranda (Guillermo Diaz), une drag queen portoricaine flamboyante, et Ethan un activiste gay quelque peu coincé. Ces deux personnes vont devenir ses amants et changer sa vie.

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L’avis critique
      Pour commencer, un peu d’histoire communautaire : à New York, dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, dans le cadre d’une vaste opération contre les bars liés à la mafia, la police fait une descente au Stonewall, 53 Christopher Street, dans le quartier de Greenwich village, un bar où les gays se rassemblent car ils ne sont pas acceptés dans les autres établissements. Pourtant, en 1966, les tribunaux new-yorkais ont reconnu aux homosexuels le droit de se rassembler dans des débits de boisson.
Le Stonewall comme bon nombre de bars est géré par la pègre locale, lointain héritage du temps de la prohibition. Son patron, Tony Lauria « Fat Tony », paie sa dîme aux « œuvres » de la police locale et reverse les recettes du soir au parrain de New York, Matty The Horse. Le Stonewall cible volontairement la clientèle gay, car elle est d’un bon rapport. Le bar accueille plusieurs centaines de personnes le week-end mais il ne possède pas de licence. Le patron est obligé de graisser la patte des officiers de police du 6e district pour ne pas voir son établissement fermer. Outre des gays et des travestis, sa clientèle comprend de nombreux émigrés clandestins, autant de raisons pour que les autorités s’y intéressent.

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Dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, vers deux heures du matin, huit officiers du New York Police Department pénètrent dans le Stonewall. Ils effectuent un contrôle d’identité musclé de la clientèle, majoritairement afro-américaine et portoricaine, qui résiste. Ce raid était différent des interventions précédentes. Habituellement, les propriétaires étaient prévenus à l’avance par un informateur au sein même de la police qu’une descente aurait lieu. Ces « visites » avaient souvent lieu assez tôt dans la soirée pour permettre une réouverture rapide du bar.
Mais cette nuit-là, les policiers ferment l’établissement et jettent les clients un par un à la rue après avoir procédé au contrôle des identités. Deux cents jeunes gens sont expédiés sur le pavé. Au lieu de se disperser dans la nuit comme d’habitude, ils se massent sur les trottoirs aux alentours. Un barman, le portier, et trois travestis sont arrêtés et traînés vers un fourgon de police. Un petit groupe de travestis se lance à leur rescousse. La tension monte. Des bouteilles de bière et des briques volent en direction des policiers. L'histoire veut qu'un travesti, Sylvia Rivera, ait jeté la première bouteille sur les policiers. Les travestis, blacks, latinos, prostitués, étudiants, gays et lesbiennes du quartier sont rameutés. Ils contre-attaquent et disputent le terrain à une police en difficulté. Surpris, les policiers battent en retraite et, comble de l’ironie, se réfugient dans l’établissement. La foule, qui dépasse les 400 personnes, hurle des injures et tente d’enfoncer la porte du bar. Un manifestant essaie de mettre le feu à l’établissement, sans succès. Un parcmètre est arraché et vient coincer la porte du bar, bloquant plusieurs officiers à l’intérieur. La foule continue à grossir. Un feu de rue éclate. Treize personnes sont arrêtées et seront déférées devant la justice. Les renforts demandés sont accueillis par des jets de bouteilles. Des homosexuels prévenus qu’il se passe quelque chose au Stonewall arrivent de toute part. Au petit matin, la foule atteint 2 000 personnes. Elle lance des bouteilles et des pierres aux 400 policiers arrivés sur place. La police finit par envoyer la Tactical Patrol Force, une unité de police anti-émeute, alors habituée à lutter contre les opposants à la guerre du Vietnam. Ces hommes parviennent à disperser les manifestants.

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Craig Rodwell, qui avait créé en 1967 dans la Christopher Street la première librairie d'auteurs gays au monde, la Oscar Wilde Memorial Bookshop, a ameuté la presse. Les journalistes assisteront à plusieurs jours de combats, qui se poursuivront dans la rue. En effet, si le 28 juin, l’émeute se calma, la foule revint les jours suivants. Le soir du 29, un groupe de 500 personnes descend Christopher Street en chantant des slogans pro-pédés. La police anti-émeute charge à la matraque avec une extrême violence et fait de nombreux blessés. Le 9 juillet a lieu le premier « Gay Power Meeting ». Au total, les échauffourées durèrent cinq jours, toutes les brimades dont les homosexuels avaient été victimes précédemment refaisant surface. Mais comme le dit un des personnages du film : « À chacun sa légende de Stonewall... »

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Retour au calme : la dernière fois que je suis passé dans le Village, en septembre 2007, la lumière du printemps irisait les trottoirs proprets de Christopher Street que bordaient de coquets commerces arborant presque tous sur leur vitrine le « rainbow flag ». L’Oscar Wilde bookshop qui a déménagé au n°15 de la rue offre, dans sa tortueuse caverne, toujours autant de trésors que naguère. Ce jour-là, les gardiennes du temple étaient deux charmantes et compétentes lesbiennes qui étaient en âge d’avoir connu les horions de la police dans cette même rue. Le quartier, tout en étant resté gay-friendly, n’a plus grand-chose à voir avec celui du temps des émeutes. Il s’est embourgeoisé et policé comme le reste de New York, aujourd’hui une des villes les plus sûres du monde depuis les actions de son maire Guiliani à la fin des années 90. Guiliani, encore un Républicain atypique (du Great Old Party), dirige la ville depuis 1994, alors qu’aux élections présidentielles de 2004 le candidat démocrate, John Kerry, a obtenu 74 % des voix.

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Du coté de Christopher street en septembre 2007 (photos B.A)

Depuis, ces événements sont considérés comme l’acte fondateur de la libération des gays. Ils sont commémorés de par le monde, le dernier samedi de juin, le Christopher Street Day, par une gay pride.
Aujourd’hui, peu sont parmi ceux qui se trémoussent en suivant les chars de la gay pride parisienne savent que c’est l’anniversaire d’une révolte de gays quelque part dans le sud de Manhattan qu’ils honorent. Pourtant cette geste n’est pas complètement oubliée, même parmi ceux qui n’étaient pas encore nés alors, comme en témoigne cet extrait de l’excellent blog de Matoo : «  (…) Je sais que je suis un peu le seul à le penser (arf), il s’agit de la commémoration des événements de Stonewall de 1969. Et au-delà, j’y vois la célébration de l’activisme gay depuis 1968 en France. En se pavanant librement et fièrement sur le goudron, on rend finalement hommage à tous ces hommes et femmes qui ont lutté pour notre affranchissement. Et ce ne sont pas les « look hétéros » qui ont été les plus en verve, mais certainement les premiers à en bénéficier aujourd’hui. » ou encore ces phrases       signées Conrad sur un site en déshérence depuis 2002 : « Si vous êtes de ceux qui regrettent la présence des travelos aux marches, souvenez-vous qu'ils ont ouvert la voie. Si vous regrettez qu'on ne voit qu'eux à la télé, souvenez-vous que les médias montrent ce qu'ils veulent, ils n'ont pas besoin de nous pour mentir. Le travail de tolérance et de respect doit se faire tous les jours et par tous, travestis ou non. Je ne suis pas out, au boulot. Mais j'admire la force de ces gens qui ont le courage de s'exposer au jugement d'autres gens qui ne les comprennent finalement pas. Je ne suis ni travesti, ni drag-queen et je n'en ai jamais connu d'assez près ni assez bien pour en parler, je pourrais écrire des pages entières à les idéaliser, mais à quoi bon ? Pensez ce que vous voulez, habillez-vous comme vous voulez, moi, le 1er juin 2002, je marche. »

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En France, il faudra attendre le printemps 1971 pour que soit créé le FHAR (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire) et c’est seulement le 25 juin 1977 qu’eut lieu la première gay pride parisienne.
      Le film, qui d’ailleurs devrait plutôt s’appeler Avant Stonewall car seulement les dix dernières minutes relatent en une remarquable synthèse l’émeute, présente habilement mais trop brièvement le contexte historique de cette période : celui international, la guerre du Vietnam mais aussi interne au mouvement gay. Celui-ci était alors représenté par la Mattachine Society qui est montrée ironiquement au travers des réunions auxquelles assistent Matty, le héros du film. Ce groupe œuvrait discrètement pour donner plus de droits aux gays. Le mouvement voulait que les homosexuels se fondent dans la société, s’intègrent et ne soit en rien discernables des hétérosexuels, un peu l’équivalent de ce qu’était en France Acady.
Il faut savoir que si l’intervention de la police a provoqué de telles réactions, c’est certes que Judy Garland venait de mourir mais que surtout cette descente de police inopinée était comme un retour aux années précédentes. En effet, la tendance était à la tolérance envers les gays depuis l’élection en 1965 à la mairie de New York de John Lindsay, un Républicain qui présentait un programme de réformes, et celle de Dick Leitsch comme président de la Mattachine Society à New York. La police diminua sensiblement ses descentes à partir de 1965. Petite précision, le Parti Républicain était bien différent de ce qu’il est aujourd’hui sous la présidence de Bush, en particulier à New York où il était alors dominé par deux libéraux : John Lindsay et Nelson Rockefeller.
Au moins depuis Alexandre Dumas et Walter Scott on sait que la fiction est le meilleur moyen pour immortaliser des jours que l’on veut fameux. Mais pour que le roman ou le cinéma fasse de beaux enfants à l’Histoire, faut-il encore que la fiction soit puissamment incarnée par des héros auxquels le lecteur ou le spectateur puissent s’identifier. C’est ce qu’a imparfaitement réussi Nigel Finch.       

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        Le film démarre sur des témoignages, ce qui est une bonne idée qui malheureusement ensuite sera abandonnée, puis il nous entraîne très vite dans l’histoire de Matty qui débarque de sa lointaine province et qui tombe amoureux de la première personne qu’il rencontre, un joli travesti latino qui va lui servir de guide dans ce gay New York de 1969, où comme par hasard il va rencontrer immédiatement un échantillonnage de la communauté gay. La ficelle scénaristique est un peu grosse et par conséquent, on a bien du mal à s’identifier à Matty.
Le scénariste ne fait entrer véritablement le romanesque que dans la dernière demi-heure de son film, ce qui est beaucoup trop tard.
        Stonewall hésite constamment entre le film militant et sociologique, la comédie romantique et le musical. Cette absence de choix déconcerte le spectateur, le réalisateur ne parvenant jamais à mêler harmonieusement les trois veines de son inspiration. Le choix d’inclure des interviews de témoins des événement était judicieux. Ce procédé a fait flores depuis. Les frontières entre fictions et documentaires tendent à se brouiller. Il était très novateur en 1996 et on ne peut que regretter que Finch ait abandonné cette tentative et ne soit pas allé au bout de son idée. Pas plus qu’il soit allé au bout de sa volonté de transformer ce film historique en musical, ce qui aurait encore plus dynamisé Stonewall dans lequel les morceaux chantés s’intègrent mal. On voit bien que le modèle est Torch Song         Trilogy (1988) mais jamais Finch, comme le fait Fierstein, nous prend aux tripes avec son histoire d’amour entre le gay candide et le travesti romantique et blessé par la vie. Il ne parvient pas complètement non plus à mêler analyse sociologique et historique avec ses histoires d’amour. Les personnages sont trop archétypaux pour nous émouvoir. Ils sont cependant servis par des comédiens de grand talent.

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        On comprend bien que le réalisateur a voulu dépeindre les émeutes par le biais de la vie de ces quelques personnes mais cela manque terriblement de chair. En revanche, il est juste historiquement d’avoir donné le premier rôle à une drag-queen portoricaine car ce sont elles qui furent en première ligne face à la police. Comme de bien montrer l’implication de la mafia dans ce monde de la nuit ainsi que la corruption de la police.
Il est indéniable que le film est parcouru d’une énergie et d'une force de conviction qui ne se démentent jamais. Il ne tombe jamais non plus dans le glauque et le misérabilisme, bien que le film comporte quelques scènes dramatiques.
Il est paradoxal qu’un grand événement de l’histoire américaine, cette prise de la Bastille gay, comme le qualifie Edmund White, soit transposé au cinéma par un cinéaste britannique, tout comme l’un des épisodes du 11 septembre le fut par Paul Greengrass dans Vol 93.

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        Pour son premier film Nigel Finch s’est entouré de solides professionnels, ce qui n’empêche pas la flamboyance comme en témoigne la vie de son scénariste, Rikki Beadle-Blair (le créateur de l’incroyable série Metrosexuality), qui est un véritable roman. Il naît en 1962 à Bermondsey, au sud de Londres. Il est élevé par une mère célibataire, Monica Beadle, conseillère sociale et lesbienne. Originaire de Jamaïque, elle émigre à l’âge de 12 ans en Angleterre, où elle sera la première enfant noire dans son école à Peckham. À 16 ans, enceinte de Rikki, et alors que sa mère vient juste de mourir, elle est jetée à la rue par sa sœur. Rikki entre à l’école alternative de Bermondsey où les enfants étudient uniquement les matières qui les intéressent. Rikki se consacre exclusivement au cinéma et au théâtre. Il existe dans les actualités télévisées de la BBC un documentaire qui traite de Rikki enfant acteur à Bermondsey dans les années 70. À 17 ans, il donne des concerts a capella dans une librairie gay, The Word, dans le quartier de Londres de Bloomsbury. À la fois danseur, artiste de cabaret, musicien rock, acteur, chorégraphe, metteur en scène, scénariste, il parcourt le monde, danse et monte des shows dans des cabarets, présente une chorégraphie de strip-tease à... Bagdad. Il sera même assistant dans un spectacle de serpents. Il se fixe ensuite à Londres où il dirigera nombre de mises en scène en marge des circuits traditionnels. Il interprète Hamlet, mais son rôle préféré restera Blue, un punk junkie héroïnomane de Liverpool dans le film Sirens au début des années 90. Il obtient le prix du meilleur scénario         pour celui de Stonewall. Ensuite, il se consacre essentiellement à l’écriture de scénarios pour la BBC, Radio 4 et Channel 4, de courts métrages et pièces radiophoniques dont il interprétera lui-même certaines. Il participe aussi à des projets en collaboration avec le Théâtre national de la jeunesse. En 1998, Rikki travaille avec le cinéaste David Squire pour Captivated, film à un seul rôle qu’il écrit et interprète, puis A Dog’s Life, un court métrage qui remporte de nombreux prix. L’année suivante il crée         Metrosexuality (DVD édité par BQHL), une série en six épisodes pour Channel 4. Il est à la fois scénariste, metteur en scène, premier rôle et compose aussi la musique avec Mark Hawkes. En 2001, il adapte Take it Like a Man, une biographie de Boy George dirigée par Kfir Yefét pour la BBC.
Nigel Finch n’aura pas vu terminé son premier film pour le cinéma. Il meurt du sida avant qu’il soit complètement finalisé. Sa post-production est assurée par sa productrice, Christine Vachon. Cette dernière est une figure importante de la cinématographie gay. Elle a également produit entre autres : Poison, Swoon, Postcards From America, Go Fish, Safe,         Kids, I Shot Andy Warhol,  Kiss Me, Guido. Auparavant Finch a été monteur et         producteur de la série Arena pour la BBC 2. Arena lui valut cinq Oscars anglais de la télévision et de nombreuses citations internationales. Dans cette série, il réalisa des         films sur l'hôtel Chelsea, le photographe Robert Mappelthorpe et une biographie en cinq parties des Rolling Stones. The Vampyr : A Soap Opera fut récompensé par le Prix Italia en         1993. Stonewall est donc son premier et dernier film pour le cinéma.
        Chris Seager, le directeur de la photo est aussi, entre autres, celui de Beautiful Thing et d’Indian Summer (deux excellents films gays).

Le film a reçu le premier prix du Festival du film à Londres et le prix du public au Festival du film gay et lesbien de San Francisco.
        Stonewall, que l’on doit considérer comme inachevé, est un hymne à la tolérance et au courage de s’affirmer. Malgré ses imperfections, c’est un spectacle agréable et surtout indispensable pour la connaissance de l’histoire de la communauté gay.
                     

       

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SINGLE MAN DE TOM FORD

24 Juillet 2025, 06:36am

 

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USA, 2009, 1h 30 mn
 
 
 
Réalisation: Tom Ford, scénario: Tom Ford d'après le roman de Christopher Isherwood, image: Eduard Grau, montage: Joan Sobel, décor: Dan Bishop, costume: Arianne Phillips, musique:Abel Korzeniowski & Shigeru Umebayashi
 
 
 
avec: Colin Firth, Julianne Moore, Nicholas Hoult, Matthew Goode, Jon Kortajarena
 
 
 
Résumé:
 
 
Nous suivons, sur une journée, George Falconer ( Colin Firth ), un anglais d'une cinquantaine d'années, professeur à l'université de Los Angeles et homosexuel. L'homme est brisé par la mort accidentelle de son ami Jim ( Matthew Goode ), avec lequel il vivait depuis seize ans. George a décidé que cette journée sera la dernière et qu'à son terme, il se tirerait une balle dans la tête. Des retours en arrière, réminiscences du bonheur passé, nous font revivre la passion amoureuse entre Jim et George. Dans son ultime jour, il souhaite faire ses derniers adieux, que ce soit à sa femme de ménage, à sa secrétaire, à ses élèves… Il passe à la banque pour vider son coffre, il écrit des lettres d'adieu pour les uns et les autres, il choisit méticuleusement ce qui sera sa dernière tenue. Cet homme élégant veut partir avec élégance, sans gêner personne. Mais George, découvre la beauté du monde. Tout l'enjeu du film réside dans le suspense suivant: est-ce que cette redécouverte de plaisirs simples, le fait que Charley, sa meilleure amie ( Julianne Moore) lui dise qu'il lui est indispensable et surtout que son bel étudiant préféré, Kenny (Nicholas Hoult) soit amoureux de lui, suffiront pour que George revienne sur la décision de se tuer?
 
 
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L'avis critique
 
 
Il y a des acteurs qui font un sort à chaque réplique et plus rare des cinéastes qui en font un à chaque image. C'est le cas de Tom Ford qui a fait de « Single man » une suite de tableaux où tout est signifiant et a été minutieusement étudié. Les cadrages sont réglés au millimètre. Les couleurs sont minutieusement choisies pour toujours être en harmonie entre elles. Leurs tonalités indiquent l'humeur du héros-narrateur; quand il échappe à son mal de vivre, elles se réchauffent et de ternes deviennent étincelantes. Du moindre plan même d'une non action aussi triviale que son personnage sur les cuvette des W.C. Lisant un livre, le réalisateur le transforme en une image esthétique qui en plus nous informe sur la psychologie de George.
 
Comme vous le savez un de mes vices, est de découvrir dans les films d'époque, et en particulier ceux se déroulant dans le XXème siècle, que nous avons quitté il y a dix ans déjà, l'anachronisme ayant échappé tant au réalisateur, qu'au monteur et à la script, je n'en ai pas vu le moindre durant tout le film. Si je n'ai qu'un léger doute c'est sur le slip de Kenny que bien évidemment je ne quittait pas des yeux, espérant qu'il disparaisse, ce qu'il fit; c'est que j'en trouve l'étoffe bien légère pour un modèle de 1962. J'en appelle aux spécialistes pour me donner leur avis sur le sujet et puis en ce temps là les jeunes américains n'étaient ils pas plus porté sur le caleçon blanc?
 
 
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On peut regretter que le film ne nous offre que de belles vues arrières de la nudité de Nicholas Hoult (voir les images en fin du billet), mais je suppose qu'une vue frontale aurait par les temps qui courent condamné le film à une quasi clandestinité...

 

 

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Tout dans le film n' est qu'une suite d'images superbes. Le moindre objet est une merveille y compris le pistolet avec lequel George doit se donner la mort. La caméra s'attarde sur ces ustensiles souvent lourds de sens, en les isolant dans des plans marquées par une faible profondeur de champ et un piqué sans reproche. « Single man » est un film raffiné qui sous la simplicité de son intrigue offre une lecture à plusieurs niveaux. Le spectateur connaissant un peu l'Amérique de ce début des années 60 n'en retirera que plus de plaisir. Il demande d'être attentif au décor, ce qui n'est guère difficile car trop parfait, il a tendance à monopoliser l'attention. Ainsi aperçoit, on dans le bureau de la somptueuse maison d'architecte que George habite, un petit dessin de DonBachardy. Il est là pour nous rappeler que « Single man » est adapté du roman éponyme de Christopher Isherwood. Don Bachardy et l'écrivain ont vécu ensemble de longues années dans une maison dans les canon de Los Angeles. Single man est en parti autobiographique. C'est en1953, que Don Bachardy, il avait dix-huit ans, a rencontré Christopher Isherwood qui était alors âgé de quarante-huit ans. Ils ont vécu ensemble jusqu'à la mort d'Isherwood en 1986. Un certain nombre de romans d'Isherwood présente en couverture un des portraits au crayon que Bachardy a réalisé de l'auteur. Un film sur leur relation Chris & Don: A Love Story est sorti en 2008. Bachardy figure au générique de « Single man » en tant que consultant...
 
 
 
 
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La superbe maison dans laquelle a été tourné la majeure partie de "A single man" de Tom Ford a été à vendre 1,5 million $, peu après le tournage du film. C'est The Schaffer residence qui a été construite en 1949 par l'architecte John Lautner. Elle est située à Glendale soit à 15 mn de downtown L.A. Me souvenant de mes pérégrinations californiennes, j'ai été surpris qu'une telle maison dans les collines soit aussi près de la plage... J'avais raison, mais c'est la magie du cinéma, dans la réalité The Schaffer residence est assez loin de la mer...
 
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J'ai lu dans une interview du cinéaste, il avait rencontré tout jeune ce couple célèbre lorsqu'il fréquentait leur ami David Hockney. Il nous reste plus qu'à espérer que le surdoué Tom Ford écrive rapidement les souvenirs de ce temps là...
Parfois l'image est si belle que l'on ne peut s'empêcher de la trouver un peu trop parfaite comme celles de la belle scène entre George et Carlos, le jeune prostitué espagnol ( Jon Kortajarena ) qui échangent des propos désabusés et presque tendres devant une immense affiche de « Psychose » où le regard horrifié de Janet Leigh. Pendant leur conversation le ciel de Los Angeles tourne à l'orangé et toute la scène baigne dans une lumière qui se réchauffe progressivement. Ce sont sans doute le souvenir de son ancien métier qui fait que Tom Ford joue constamment sur les couleurs. Par exemple, le réalisateur évoque la monotonie du quotidien de George par le procédé, certes classique, de la désaturation des images qui fait tendre la couleur vers le noir et blanc. Au contraire les couleurs sont saturées dans les scènes où Kenny « ressuscite » son professeur transi. C'est aussi par un artifice de la couleur que Tom Ford parvient a nous faire sentir le déchirement de George, son impossible deuil. Hier il lisait en écoutant de la musique avec Jim, leurs chiens à leurs pieds dans la lumière mordoré de leur salon et le lendemain, il n'est plus là. La couleur a presque disparu. On éprouve la douleur physique de celui qui reste, échoué en un monde qui a perdu tout sens pour ce naufragé. Parfois aussi la colorimétrie varie au sein d'un même plan...
Toute cette magnificence, toute cette science et ce léché de l'image, à un moment de la projection j'ai pensé à Visconti, (et aussi à James Ivory et Wong Kar Wai) sans doute à cause de la morbidité qui sous tend le film comme elle sous tendait « Mort à Venise » et « Violence et passion », fait paradoxalement en partie obstacle à l'empathie que l'on devrait avoir avec Georges cet homme bien sous tout rapport, brisé par un absurde et cruel destin. 
L'artificialité assumée de l'image est en complète contradiction avec le jeu naturaliste, et parfait, des acteurs et avec le genre mélodramatique du récit. Cette collision peut surprendre, décontenancer et même agacer, mais après tout comme ce parti pris est tenu, et avec quelle maestria de bout en bout, il devient un style, une signature, ce qui n'est pas rien pour un premier film, il ne reste plus qu'a attendre la prochaine collection... Tom Ford avant de se mettre au cinéma était styliste; à moins de trente ans il a sauvé la maison Gucci et à moins de quarante on lui doit les derniers feux d'Yves Saint-Laurent. Et voilà que juste avant la cinquantaine, il réalise un film qui ne ressemble à aucun autre, sur un sujet bien peu consensuelle, l'impossibilité d'affronter la vie après la mort de l'être cher. D'autant que cet amour brisé est un amour homosexuel. Il y ajoute quelques thèmes annexes aussi que dérangeant que les relations amoureuses entre un élève et son professeur de même sexe, l'alcoolisme mondain, le fantasme de la peur dans la société américaine... J'ajouterais un regard non dénué de chaleur et de compréhension pour la prostitution masculine. C'est beaucoup, c'est courageux et c'est un véritable tour de force d'aborder tout cela, en invitant à la réflexion en 1heure trente tout juste. Le montage aurait pu être même encore plus sec en s'attardant un peu moins dans certaines scènes de liaison comme celles dans le joli coupé Mercédes 220 S et en écourtant celle avec la petite fille dans la banque.
A propos de cette dernière séquence, que l'on pourrait croire issue d'un film fantastique, il est remarquable que le réalisateur, dans un film aussi dense, mais toujours fluide, se permette des sortes d'apartés dont celle très réussie et à la limite du burlesque, de George cherchant la meilleure position pour s'occire. On croirait du Tati grinçant. Devant d'autre séquences ont peine à déceler si elles sont réelles ou oniriques...
A ceux qui pourrait reprocher le manque de réalisme de son film, Tom Ford a répondu par avance: A ses détracteurs, le cinéaste novice répond : « L’époque du film s’y prête : on est en plein dans l’American Dream, les gens aimaient le chic et l’élégance. Et puis je veux faire rêver les gens : si vous cherchez du réalisme, il y a la télé et les documentaires ! Je crois que même si je faisais un film sur les bidonvilles, il y aurait du glamour ! » .
On ne s'étonnera pas que Tom Ford est situé son premier film à l'homme des années 60. Il a depuis ses débuts de styliste puisé son inspiration dans les modèles de ces années là. La relecture des codes vestimentaires plus que simple recours à une nostalgie factice, est la pratique forgea son style. On peut constater qu’il en va de même pour son entrée en cinéma... Et Colin Firth devint le nouveau Cary Grant...
Tom Ford dans « Single man » ne renie pas son amour de la mode en témoigne la forte présence des lunettes, l'accessoire fétiche du créateur; à ce sujet, on retrouve Nicholas Hoult dans la campagne publicitaire de la collection de lunettes printemps-été 2010 de Tom Ford... On peut aussi considérer que l'impeccable vestiaire des personnages, est un clin d'œil de l'artiste à l'autre facette de sa vie.
Très intelligente est la façon qu'à le scénario, par petites touches, de situer l'histoire privée de George dans l'Histoire, la crise des missiles cubains en 1962... De même c'est avec beaucoup d'habileté qu'il traite la condition des gays américains à cette époque, condamné à la clandestinité même dans un milieu privilégié économiquement et intellectuellement. La discussion que George a avec Charley est très révélatrice à ce sujet. Cette ancienne beauté, griffée par l'abus de gin, ne peut concevoir la relation entre deux homme que comme une un pis aller, une substitution, un ersatz par rapport au seul amour véritable à ses yeux, celui d'un homme et d'une femme dont le but et le devoir est la procréation.
 
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Chaque acteur est magnifié par la caméra d'Eduard Grau. Ce qui n'est pas un exploit lorsque l'on a sous l'objectif d'aussi beaux spécimens humains que Colin Firth qui tient tout le film et qui n'a pas volé son prix d'interprétation à Venise, Julianne Moore, Nicholas Hoult qui a su bien rebondir après « Skins » et Jon Kortajarena mannequin vedette et dont c'est le premier rôle au cinéma, ce qui ne l'empêche pas d'être exemplaire dans la seule scène qu'il a à défendre.
Le fait que cette histoire d'amour soit une histoire entre deux hommes n'est pas primordiale au fond. Tom Ford avec raison veut élargir le propos: << Le thème de l'homosexualité n'a pas été décisif: c'est une histoire universelle sur l'isolement et la perte d'un être cher. Le livre a beaucoup fait parler à sa sortie, en 1964, parce que c'était la première fois qu'un auteur traitait de l'homosexualité d'une façon très normale (...). Pour ma part, je suis très à l'aise avec ma sexualité et, si je devais lister dix choses qui me définissent, être gay n'en ferait pas partie (...) L’une des choses que j’ai toujours aimées de Christopher Isherwood, c’est la manière dont il traite de l’homosexualité, affirme Ford. Le personnage gai de l’histoire est tout simplement dépeint comme un être humain qui vit sa vie (…) Je ne voulais pas que le film soit l’histoire d’un gai ou une histoire vraie, mais qu’il soit une histoire humaine. Plus nous réaliserons que l’amour entre deux personnes, c’est l’amour en tre deux personnes, mieux nous nous porterons tous.»
A noter que dans la bande son on entend entre autres une belle chanson d'époque de Serge Gainsbourg.
J'aurais préféré que le film se termine par un happy end que les protagonistes me semblaient avoir mérité (pour cela partez cinq minutes avant la fin sur le plan de George refermant la chambre sur kenny dormant... L'ami avec qui j'ai vu le film me faisait remarquer qu'il y avait bien un happy end... pour la femme de ménage. Et puis il reste une question qui reste béante qu'est devenu le deuxième chien?
Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image ci-dessous.
 
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Il existe en France un très beau blue ray de ce film indispensable pour pleinement en profiter...

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CHRIS & DON, A LOVE STORY

23 Juillet 2025, 06:33am

 
USA, 2007, 90mn, documentaire biographique 
Réalisation: Tina Mascara, Guido Santi
Résumé:
Chris and Don retrace l'histoire d'amour de plus de trente ans qui unit deux hommes exceptionnels, l'écrivain Christopher Isherwood et le peintre et dessinateur Don Bachardy de 1952 à la mort d'Isherwood en 1986.
 
L'avis critique
Le film commence par évoquer à grands traits la vie de Christopher Isherwood avant sa vie commune avec Don Bachardy. On brosse le portrait de l'écrivain, de sa naissance en 1904 dans une riche famille anglaise, puis ses étude à Cambridgeà ce qui fut une étape importante dans sa vie, son départ en 1929 pour Berlin pour se consacrer à l'écriture et ... aux garçons. En compagnie de son ami le poète W Auden, il tombe amoureux d'une ville où il peut vivre son homosexualité jusqu'à l'arrivée d'Hitler qui le contraint à fuir ces lieux devenus désormais inhospitaliers. Après une errance en Europe, il embarque pour les Etats-Unis, pacifiste convaincu essentiellement pour fuir la guerre, d'abord pour New-York où il ne se plait pas, puis il met le cap à l'ouest et se fixe à Los Angeles. Il y découvre les religions orientales et des jeunes gens à son gout. Sur les rives du Pacifique la carrière littéraire de Christopher Isherwood s'épanouit. En 1952, sur la plage de Santa-Monica, il rencontre un joli garçon de 18 ans, Don...
 

 

 
C'est le Don Bachardy d'aujourd'hui qui évoque d'abord son enfance et son adolescence fascinées par le cinéma et surtout par les stars d'Hollywood. Il nous raconte par le menu les débuts de son aventure avec Christopher Isherwood qui durera trente ans même si elle ne fut pas toujours au beau fixe. Il ne cache pas les réactions d'homophobie que leur relation provoqua. Il faut dire que le très appétissant Don d'alors faisait plus jeune que son âge et arborait parfois des tenues, que l'on voit sur les petits films d'époque, qui étaient de véritables appels au viol.
 
 
C'est avec beaucoup de simplicité et d'émotion que l'artiste renommée d'aujourd'hui se rappelle le garçon ignorant et naïf d'hier, angoissé et ébloui à la fois par les célébrités que son ami lui présentait. Le film est a ce titre un document exceptionnel car on y aperçoit dans leur quotidien, en compagnie du couple, les célébrités les plus diverses que côtoyait Isherwood, W. H. Auden, Forster, Anna Magnani, Burt Lancaster, Igor Stravinsky, Aldous Huxley, Raymond Chandler... Christopher Isherwood emmène son jeune ami en Europe et on les voit en amoureux à Venise et à Paris.
 

 

Comme en témoigne Leslie Caron, John Boorman, Liza Minnelli, et quelques autres Christopher Isherwood n'a jamais caché son ami. Il a toujours fait comme si c'était une évidence qu'ils étaient en couple. Ce qui n'allait pas de soit dans l'Amérique des années cinquante et soixante d'autant que le différence d'âge entre les deux hommes, plus de trente ans, ne passait pas inaperçu. C'est toujours avec la même évidence tranquille dont Don Bachardy ne se départira que lors de l'évocation de la mort de son ami, qu'il explique que c'est Christopher Isherwood qui le poussa à s'inscrire dans une école d'art, malgré l'hostilité de ses parents et que c'est lui qui paya ses études. Isherwood est donc un des très rares pygmalions qui ait réussi.
 

 

C'est avec franchise que Don Bachardy explique que lorsqu' Il a commencé à se rendre compte qu'il pouvait vivre d'une façon indépendante en raison du succès de ses oeuvres, il s'est poser la question de rester avec Isherwood. 
 
 
 
J'ai appris que  pendant les années 70, Chris et Don ont commencé à collaborer sur divers projets d'écriture, tels qu'un "Frankenstein" dans lequel le monstre nait beau et se dégrade au fur et à mesure pour devenir repoussant. Les quelques images que nous voyons de ce film donne très envie de le voir (si quelqu'un en connait le moyen, il est le bien venu.). Car un autre immense intérêt de Chris and Don, a love story, est de nous montrer de très nombreuses oeuvres de Don Bachardy. Celles-ci seront une découverte pour beaucoup de spectateur tant un artiste de son envergure n'a pas le droit de citer dans notre triste landerneau artistique pour les raisons que j'ai moult fois décrites.
 

photographié en juillet 2025 à l'exposition Hockney 25 à la Fondation Vuitton photo B.A

Après la mort de son compagnon, Bachardy a continué avec beaucoup de brio sa carrière d'artiste. On le voit, aujourd'hui, peindre un nu très puissant. J'ai été surpris de ne pas voir David Hockney dans ce film car outre qu'il pris Christophe Isherwood et Don Bachardy comme modèles pour le premier tableau de sa célèbre série des doubles portraits. Le couple fut ses premiers amis en Californie et leur relation était un modèle pour Hockney qui essaya de faire de même avec Peter Schlesinger, mais pas avec le même succès. Ceci explique peut être l'absence d'Hockney. Chris and Don, a love story est un documentaire passionnant, inventif dans sa forme et émouvant qui intéressera aussi bien les spectateurs qui s'intéressent à l'histoire, à la littérature, à l'art contemporain qu'aux belles histoires d'amour. En plus voila un film qui contrairement à de nombreux opus, en particulier ceux du cinéma gay qui nous force à rester 90 minutes avec des gens qui n'ont aucune espèce d'intérêt. Dans Chris and Don nous entrons dans l'intimité, sans voyeurisme, de deux grands artistes que nous sommes ravis et émus de rencontrer.

En 1981 a été diagnostiqué chez Christopher Isherwood un cancer de prostate. Bachardy l'a soigné au cours de sa maladie. Durant les six derniers mois de la vie de l'écrivain, Don Bachardy le prend comme unique modèle et le dessine tous les jours. Ultime preuve d'amour, tentative de repousser l'inéductable... Sur ses dessins extraordinaires de force, presque insoutenables de crudité l'artiste a figé la mort en marche.
Lorsqu'ils étaient éloigné l'un de l'autre, ils s'envoyaient de petites cartes sur lesquelles chacun se figurait en animal, Christopher Isherwood en cheval et Don Bachardy en chat. Ce dernier très spirituellement confesse qu'ils n'ont jamais eu d'animaux de compagnie car ils étaient chacun l' animal de compagnie de l'autre.
Des courts dessins animé ayant un cheval et un chat pour héros ponctuent le film. Ils mettent en scène et à distance les différentes phases de la relation des deux homme de manière à la fois drolatique et émouvante. Au détour de ces insères, on apprend que c'est lors d'une des phases difficiles des rapports entre Chris et Don, lorsque Christopher Isherwood donnait des cours de littérature à San-Francisco, tandis que Bachardy était resté à Los-Angeles, qu'est né "Single man"  merveilleusement adapté par Tom Ford, court roman dans lesquels Christopher Isherwood prend pour héros un homme qui a perdu son amant. Les réalisateurs sont moins heureux lorsqu'ils ont éprouvé le besoin de faire des séquences de reconstitution pour illustrer les propos de Don Bachardy, heureusement elles sont courtes et rares.

 

 
Commentaires lors de la première édition de ce billet
 
le "frankenstein" qu'ils ont écris ensemble, avec James Masson en Polidori et Michael York en créature (ne me souviens plus du tout de qui fait le baron apr contre? David Mc Callum peut être, ou alors je melange deux version?) est passé il y a quelques année sur france 3 en fin de soirée. 
 
Je me rappelle avoir était fortement marqué pour le double sens qui semblait flotter sur 'l'ensemble du film, et je n'ai découvert qu'après qu'il avait été écris par l'auteur fétiche de ma prime adolescence.
...nostalgie!
 
Posté par valentine deluxe, 27 mai 2010 à 21:45
 
oups! après verif, ce n'est pas Michael York mais Michael Sarazin qui faisait la bestiole!
Posté par valentine deluxe, 27 mai 2010 à 21:46
 
Merci...
... de m'avoir fait découvrir ce documentaire, Bernard, après lecture de votre article. J'en sors abasourdi par tant d'intelligence, de beauté, de profondeur... Et je découvre avec une joie infinie l'œuvre de Don Bachardy, stupéfiant portraitiste... Je me demande quel sujet n'est pas abordé dans ce film : la vie, l'amour, la mort, l'art, les correspondances entre les quatre, l'homosexualité, la fascination des gays pour les stars... Je déplore avec vous l'usage (heureusement limité) des reconstitutions, qui s'intègrent moyennement bien à l'ensemble. En revanche, la scène animée finale avec le cheval sur la lune et le chat qui fait dodo est vraiment de trop, et ruine le finale en y apportant une touche de mièvrerie à la limite du risible, bien dispensable après tant de sincère émotion...
 
Un film superbe, ceci dit, qui risque de tourner souvent dans mon lecteur...
 
Posté par BBJane, 27 mai 2010 à 23:01
 
Nota bene...
Que de ressemblances également avec le "Gods and Monsters" de Condon !... Faut-il s'étonner que le spectre de Frankenstein flotte sur l'ensemble ?...
Posté par BBJane, 27 mai 2010 à 23:03
 
réponse à Valentine deluxe
Merci pour toutes ces précisions et informations
Posté par b a, 28 mai 2010 à 06:46
 
réponse à BB jane
Encore merci pour les liens vers le Frankestein.
 
Si je suis entièrement d'accord avec vous avec l'écho que ce film fait avec le Gods and monsters de Condon en revanche je trouve que la petite scène animée est particulièrement bien venu, mettant à distance, pudiquement le chagrin de Don Bachardy. Et faisant que le film se termine par une séquence plus légère que celle des larmes du peintre. Mais ce ne sont là que des détail pour ce film superbe aussi bien dans la forme que le fond
 
Posté par b a, 28 mai 2010 à 06:52

 

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CHRISTOPHER ET HEINZ, UNE HISTOIRE D'AMOUR BERLINOISE (CHRISTOPHER AND HIS KIND) UN FILM DE GEOFFREY SAX

22 Juillet 2025, 06:39am

 


Grande Bretagne, 2010, 89 mn

 
Réalisation: Geoffrey Sax, scénario: Kevin Elyot, musique: Dominik Scherrer, Photographie : Kieran McGuiganMontage : Paul KnightDécors : Suzie Davies
 
Avec: Imogen Poots (Jean Ross), Matt Smith (Christopher Isherwood), Toby Jones (Gerald Hamilton), Lindsay Duncan (Kathleen Isherwood), Will Kemp (Bobby Gilbert), Douglas Booth (Heinz Neddermayer), Iddo Goldberg (Wilfred Landauer), Alexander Doetsch (Caspar), Tom Wlaschiha (Gerhardt Neddermayer), Pip Carter (Auden) 



 
Résumé
 
Christopher Isherwood (Matt Smith) arrive à Berlin en 1929. Il fréquente les nombreuses boîtes de nuit où dansent, chantent et se séduisent des hédonistes des deux sexes. Il est souvent accompagné de son ami (et parfois amant) le poète W. H. Auden qui bientôt rentre en Angleterre. L'écrivain après s'être amouraché d'un musculeux Caspar (Alexander Doetsch) qui ne tarde pas à disparaitre, tombe follement amoureux d'un très joli jeune cantonnier allemand, Heinz Neddermayer (Douglas Booth). Mais l'ombre des nazis commence à planer. Dans l'entourage d'Isherwood, certains s'inquiètent, comme son copain juif Wilfrid Landauer ou la chanteuse Jean Ross. Christopher et Heinz partent en Angleterre. Mais les autorités ne veulent pas de cet immigrant homosexuel..
 

 

 
 
L'avis critique
 
Avec Christopher et Heinz, voilà le deuxième film après,  Chris & Don, a love story mais qui se situe chronologiquement vingt ans avant, que je visionne en quelques mois d'après la vie de Christopher Isherwood. Je ne compte pas " single man de Tom Ford"  qui, s'il contient probablement des éléments autobiographiques, est lui tiré d' un roman de Christopher Isherwood. Dans Christopher et Heinz, il s'agit bien de la vie réelle de l'écrivain et non d'un de ses fantasmes.
 
 
Dans une des premières scènes très pédagogique, la BBC dont le film est une production n'oublie jamais le volet pédagogique de ses fictions, ce qui rend les scènes d'exposition un peu convenues, nous est présenté la situation d'Isherwood en 1931 qui part à Berlin pour échapper à l'atmosphère familiale étouffante et pour les garçons. Berlin était alors la Mecque de l'homosexualité comme le montre sans tergiverser "Christopher et Heinz. Le film est en écho ou plutôt en assonance avec Cabaret. Mais il donne une vision plus juste de l'expérience du groupe d'"oxbridge" qui se trouvait en Allemagne, Berlin pour Isherwood et Hambourg en ce qui concerne Spender, au début des années trente, essentiellement pour des raisons sexuelles.
 
 
 
Le film étant anglais les acteurs sont impeccables, bien qu'ayant vu le film en version française cela ait un peu gâché mon plaisir et les reconstitutions d'époque sont soignées, les gares sont enfumées à souhait, cela allait presque de soit sans le dire lorsque l'on a à faire à une oeuvre télévisuelle britannique.
 
 
Ce téléfilm est directement inspiré des mémoires de Christopher Isherwood, "Christopher and His Kind", publiés en 1976 en Angleterre, mais sauf erreur de ma part toujours pas traduite en français. L’écrivain britannique y raconte entre autre son séjour à Berlin de 1929 à 1939, date à laquelle il alla s'installer aux Etats-Unis où il est mort en 1986 à l'âge de 81 ans.
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Le réalisateur abuse un peu trop des ambiances nocturnes. Les profondeurs de champ sont toujours maximum, ce qui permet d'admirer les décors et parfois autre chose... Je m'en voudrais de ne pas insister sur la reconstitution de l'Allemagne de ces années là qui est impressionnante. Les anglais sont imbattable dans les reconstitutions historiques, non seulement ils restituent des décors mais ils savent en ressusciter l'âme.
Le film me fait m'interroger sur la curieuse attitude que je trouve assez lâche d'Isherwood. Si on nous le montre tardivement critique envers les nazis, il se proclame presque jusqu'à l'avènement d'Hitler, jusqu'au moment où il voit les nazi faire un bucher des livres interdits, politiquement neutre. Vivant en spectateur des troubles puis des drames que vit le pays où il habite depuis plusieurs années, sans semble-t-il prendre conscience que le glas a sonné pour les plaisir qu'il y est venu chercher. Je crois que Auden lorsqu'il dit à son ami que la seule cause qu'il lui importe c'est lui même, en quelques mots définit bien le Christopher Isherwood des années trente... Mais avec le temps le nomade Isherwood s'est fixé en Californie et y a perdu son égoïsme... 
 Si "Christopher et Heinz" dans notre époque où la plupart des hommes ne semblent pas avoir plus de mémoire qu'un poisson rouge en apprendra beaucoup sur les moeurs de l'Allemagne de Weimar à la plupart par son didactisme, je crains que celui-ci rebute les plus informés. Certains personnages sont là que pour fournir une information sur l'air du temps au spectateur mais ne sont pas utile à l'intrigue proprement dite. Ils sont là au même titre qu'un élément de décor, pas plus, pas moins.
 
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Si les rapports sexuels entre homme sont montrés d'une façon très explicite,  à mon avis inimaginable à la télévision française, pour cela j'aimerais bien voir, pour comparer une biopic d'André Gide, c'est tout de même assez pudique.
Comme toujours, lorsqu'un film met en scène des personnages ayant existés, dont l'apparence est connue, de moi tout du moins, je suis gêné lorsque l'acteur l'incarnant ne ressemble en rien à son modèle. Si Matt Smith qui campe aussi actuellement le célèbre Doctor Who dans une série du même nom, fait un jeune Isherwood tout à fait possible, il n'en est pas de même pour Pip Carter qui est beaucoup plus beau que le véritable Auden qui était fort laid. Heinz est incarné par Douglas Booth, qui a joué récemment Boy George dans un téléfilm toujours inédit en France.
 
 
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Christopher et Heinz est une plaisante illustration, bien qu'un peu appliquée, du volet berlinois de l'indispensable essais de Florence Tamagne, "L'histoire de l'homosexualité en Europe, Berlin, Londres, Paris 1919-1939 paru en 2000 aux éditions du Seuil. Il ne faut pas oublier que la suite de l'histoire, non pour Christopher Isherwood, mais pour la plupart des silhouettes aperçues dans ce film, ce fut " BENT "...
 
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Petite annexe à ce billet; Quatorze ans après  les 1.100 pages du premier tome du journal intime d' Isherwood qui recoupait entre autres les années que couvre "Christopher et Heinz, voici la suite qui va de 1960 à 1969. Isherwood a besoin de 800 pages pour raconter ces dix années d'inquiétude et d'introspection. La grande crainte d'Isherwood est alors de voir Don Bachardy le quitter pour un de ses nombreux amants. A ce propos ce journal donne un aperçu un peu moins idyllique de la relation entre les deux hommes que le film Chris et Don. On voit Isherwood souvent bouder. On a le sentiment que Bachardy fait planer constamment sur son amant et mentor la menace de leur séparation. Il y a aussi les voyages, entrepris seul ou avec Don. En particulier celui en Inde où Isherwood est invité à déjeuner par Nehru en compagnie d'un aréopage improbable comprenant Irving Stone, Marlon Brando et Danny Kaye! On trouve aussi dans ces pages des portraits assez caustiques de ses vieux amis comme Auden, Spender, E.M. Forster. Est-il envisageable d'espérer une traduction française de ce massif aussi intéressant par son analyse psychologique d'une relation amoureuse entre deux hommes sur une longue période que sur l'histoire littéraire du XX ème siècle. L'ouvrage, bien relié, à l'américaine est très facilement trouvable sur Amazone, environ trente euros ou si vous êtes à Londres dans toutes les librairies. Le livre ne passe pas inaperçu.

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THIERRY PORTRAIT D'UN ABSENT

22 Juillet 2025, 06:35am

Peut-être que cher lecteur êtes vous dans mon cas et que demain il vous arrivera le même bonheur qui vient de me toucher. Hier encombré par une kyrielle de VHS que je ne regardais plus, celles-ci étant "ramassées" dans de grands cartons, suite à mon déjà ancien déménagement, elles s'empoussiéraient tout en s'humidifiant. Je me suis décidé, équipé d'un enregistreur sur disque dur de transformer ma copieuse vidéothèque en non moins copieuse dévédéthèque. C'est un travail de longue haleine qui commence par l'émondage de la vidéothèque en supprimant les titres en VHS dont on a déjà les dvd. Ce qui m'a rempli deux grandes poubelles. Ensuite on pioche dans le tas et la transmutation commence; mais la mise sur dvd n'améliore en rien la qualité VHS, (donc transmutation est un mot bien mal choisi) mais cette opération a pour effet de diviser l'encombrement de votre filmothèque par 8! si vous faites le transfert à vitesse normale, ce que je vous conseille. Or donc, ce matin je suis tombé sur une merveille que je n'avais pas oubliée mais  revue depuis des années, il s'agit d'un documentaire passé sur Arte en 1994. C'est d'ailleurs ce genre de programme qu'il faut préserver en priorité car lorsqu'on reçoit les chaînes du câble avec un peu de patience on peut récupérer presque tous les films et les enregistrer directement en dvd d'une qualité bien supérieure au repiquage d'après VHS. Le piège lorsque l'on fait cette opération c'est de se mettre devant le programme en cours de recopie c'est ainsi que j'ai redécouvert:
thierry
Thierry portrait d'un absent de François Christophe, un formidable documentaire de 55 mn qui est la conjonction de trois hasard. En 1990 François Christophe étudie à la Femis. Alors qu'il filme les SDF du métro pour un court métrage d'école, il rencontre Thierry, un vagabond vindicatif aux lèvres aussi gercées que son passé. Ils s'entendent bien et l'édudiant décide de faire un film entier sur lui. Il lui fixe un rendez-vous pour l'année suivante. Entre temps le mélange d'alcool et d'héroine tue le clochard. Il est retrouvé mort à 34ans dans un petit hôtel d'Avignon. Le jeune réalisateur apprend en même temps la mort de son sujet et qu'il avait fait l'objet d'un reportage télévisé de Bernard Bouthier  lorsqu'il avait 15 ans. Lorsque François Christophe découvre ses images, il est bouleversé comme chaque spectateur le sera en découvrant son film où il tricote habilement les images de 1972 avec celles prises furtivement juste avant la disparition de Thierry et avec les interviews de ceux qui l'ont connu. Il y a de l'hommage au jeune rebelle brûlé par la société dans sa démarche. Il retrouve sa mère, son frère, un prêtre ami, des magistrats. Tous évoquent le défunt, mélange de révolte goguenarde et d'autodestruction. Comment ne pas avoir le coeur , nous qui connaissons son destin, devant ce garçon de 15 ans aux lèvres pleines, à la tignasse drue qui rêvait d'être juif <>, qui confondait Jeanne D'Arc et Marie Antoinette, pleurait sa chienne emporté par le cancer, refusait d'imaginer un monde meilleur parce que << si on imagine on devient con>>. On en  a tous rencontrè de ces garçons qui ne peuvent resté enfermés et que le sirop de la rue telle la sirène maléfique appelait  à se perdre.  Il ne faut pas se le cacher  "Thierry portrait d'un absent  réveillera  la mauvaise  conscience de presque tous ses spectateurs. 
François christophe ne juge jamais les protagonistes de cette histoire. Il nous donne à seulement à entrevoir l'implacable mécanisme qui a conduit à ce naufrage dont l'amour maternel reste le seul rescapé. On oubliera pas les doigts de cette vieille femme enserrant le médaillon contenant  une minuscule photo de son fils, <> dit elle inconsciente du double sens de ses paroles. Elle se remémore son ptit gars et déchiffre les cartes postale qu'il lui envoyait quand il faisait la route 'Espagne ou de Biarritz, toujours du sud et qui se terminait invariablement je t'embrasse partout, ce qui génait la pauvre femme... Jamais il y a chez le réalisateur  d'opportunisme  sentimentaliste  même si parfois on ne peut s'empécher de se sentir mal  à l'aise d'être rentrée dans l'intimité d'un homme qui ne voulait pas faire partager sa déchéance.  Son travail  est une caresse à rebrousse poil, un beau tombeau pour  ce funambule enterré dans le carré des indigents, un hommage respectueux  à celui qui vécu dans un éternel refus du monde. Après avoir vu ce film bouleversant on regarde différemment le SDF que l'on croise parceque "Thierry portrait d'un absent"  a su  restituer son histoire à l'un de ces anonymes échoués que le passant pressé, emmuré dans son confort, ne voit plus.
 

 

COMMENTAIRES Lors de la premiere edition du billet

Nous avons ce reportage en cours d'SES et 4 ans après nous nous en souvenons encore!
Bisous partout.
COMMENTAIRE N°1 POSTÉ PAR ELODIE LE 19/12/2011 À 15H02

C'est un film si émouvant et si juste qu'on ne peut pas l'oublier 

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS LE 19/12/2011 À 15H41
Oui, c'est un très beau film. J'ai connu Thierry et je me souviens de la réalisation du film, j'aimerais beaucoup me le procurer, comment est-ce possible ?
Quelqu'un saurait-il ce qu'est devenu François Christophe ?
COMMENTAIRE N°2 POSTÉ PAR SIMON AVANT-HIER À 13H49

Si vous voulez je peux vous envoyer une copie contactez moi par mail à bernar.a@wanadoo.fr 

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS AVANT-HIER À 15H06
 

 

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LA RONDE DE NUIT, UN FILM DE PETER GREENAWAY

20 Juillet 2025, 08:52am

Gaff1298989984On retrouve avec plaisir le cinéma de Peter Greenaway après une trop longue absence avec les même défauts et les mêmes qualités que lors de notre dernière rencontre. Il y a toujours cet intellectualisme un peu cuistre que transfigure un regard d'esthète qui peut devenir de temps à autre  légèrement salace, cet amour des intrigues de pouvoir compliquées dans un microcosme.
Le sujet du film, une spéculation sur le sens caché du plus célèbre tableau de Rembrandt, La ronde de nuit. Le tableau serait, crypté, et dénoncerait un crime et désignerait le coupable; la révélation d'un crime, rappelle beaucoup celui de "Meurtre dans un jardin anglais"; mais les personnages de "La ronde de nuit sont beaucoup moins policés que ceux du premier opus de Greenaway.
On apprend que c'est sur l’insistance de Saskia, son épouse enceinte, que Rembrandt, alors au sommet de son art et de sa gloire, accepte, avec réticence, une commande, un portrait de groupe de la milice civile d’Amsterdam ce qui donnera l'immortel "Ronde de nuit". Saskia lui donne un fils Titus qui mourra en 1668, un an avant son père. Saskia ne se remet pas de ses couches mais vivra assez longtemps pour voir le tableau. Le peintre découvre par hasard un horrible assassinat. Déterminé à faire éclater la vérité, il bâtit méthodiquement son accusation à travers la peinture qui lui a été commandée. Il compte ainsi révéler le visage aussi sordide qu’hypocrite de la société hollandaise...
Le réalisateur suggère que c'est la vengeance des notables d'Amsterdam qui aurait conduit Rembrandt à la ruine et non comme c'est communément admis les dépenses somptuaire de sa maîtresse et le changement de mode.
Les scènes de sexe des plus crues ne manquent pas dans le film et Martin Freeman, un parfait Rembrandt véritable sosie du peintre de nous cache rien de ses avantages qui, n'étant pas du calibre de son talent de comédien, il eut peut être été préférable de ne pas sur exposer.
Plus intéressant que le mac gufin que constitue le mystère, quasi policier, du tableau où la peinture un peu trop à charge de la bourgeoisie amsterdamoise, est le portrait de Rembrandt que nous propose Greenaway, tantôt candide, tantôt calculateur, tantôt faible, tantôt courageux, souvent paillard, parfois fleur bleue et surtout dominé par son amour des femmes.
Le film qui se regarde sans ennui malgrè sa longueur, vaut néanmoins surtout pour le magnifique travail du directeur de la photo, un maître du clair obscur qui fait défiler devant le spectateur une suite ininterrompue de "Rembrandt" et cela sans jamais tomber dans le statisme où sont tombé de nombreux films ayant pour sujet un peintre. Je conseille au futur spectateur du film de réviser son rembrandt avant pour se mettre les toiles du peintre "dans l'oeil".
Greenaway nous fait voir la "Ronde de nuit" un peu différemment lorsqu'il met en évidence l'ombre « très démonstrative », selon le cinéaste, de la main d'un personnage qui s'étale sur le ventre d'un autre. Est-ce une provocation d'ordre sexuel ?, s'interroge Greenaway.

 

 

Le cinéaste dynamise son film par des artifices un peu clinquant comme l'adresse du comédien à la caméra ou bien encore le galop d'un cheval dont on a l'impression  qu'il va finir  contre notre fauteuil.  Pourtant ces subterfuges qui pourraient être grossiers donnent un peu d'air au film grâce à l'excellence des décors et la grande qualité des comédiens. Les quelques extérieurs sont judicieusement distribués tout au long du film et réussissent à nous faire oublier ce que la scénographie de Greenaway à de trop théâtrale avec ce lit qui tient du char à banc et du radeau sur lequel se déroule une grande partie du film. Le réalisateur a l'intelligence de ne jamais montrer Rembrandt peindre...
La ronde de nuit est une extravagance historique qui n'est pas sans rappeler celles de Ken Russell, cinéaste qu'il serait temps de réévaluer.

 






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