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humeur cinematographique

Les amis un film de Gérard Blain

6 Mai 2026, 06:33am

 
 
 

  

Fiche technique :


Avec Philippe March, Yann Favre, Jean Claude Dauphin, Nathalie Fontaine et Liliane Valais.

  

Réalisation : Gérard Blain. Scénario : Gérard Blain et André de Baecque. Images : Jacques Robin. Musique originale : François de Roubaix. Son : Raymond Saint-Martin. Montage : Bob Wade.


France, 1971, Durée : 100 mn. Disponible en VF.


Résumé :


Paul (Yann Favre), un adolescent instable de quinze ans, issu d’une famille modeste et désunie est livré à lui-même. Il souffre de la médiocrité de son milieu. Il fait la connaissance de Philippe (Philippe March), la quarantaine, un riche industriel marié sans enfant qui possède des usines en province, mais ses affaires l’obligent à monter régulièrement à Paris. Une amitié réciproque s’instaure entre eux. Bientôt, ils deviennent amants. Philippe se passionne pour la fougue instinctive de Paul, pour cette intelligence vive qui ne demande qu’à s’exprimer. Il le guide, le conseille, l’aide à devenir un homme. Il devient la source d’épanouissement qui manquait au garçon. Tout d’abord Paul continue à vivre chez sa mère, tout en voyant Philippe, de plus en plus fréquemment. Ils font des projets, échangent des confidences parfois intimes. Paul voudrait faire du cinéma. Comme ils l’avaient décidé, Philippe et Paul se rendent à Deauville. Paul y fréquente la jeunesse dorée locale. Il joue un mauvais rôle d’adolescent vantard. Il s’amourache de Marie-Laure, une jeune fille qui appartient à ce groupe. Mais cet amour n’est pas réciproque. Paul revient vers Philippe. Il s’inscrit à un cours de comédie où il fait des progrès rapides. Mais bientôt c’est le drame. Philippe se tue dans un accident de voiture. Aussi la mort accidentelle de Philippe laisse Paul un moment désemparé mais il a suffisamment évolué pour pouvoir affronter la vie.

 

 

 

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L’avis critique


Il est toujours difficile de parler d’une œuvre réalisée par un ami que l’on a connu un quart de siècle, d’autant plus que ce film a été comme une sorte d’homologation de ce que je ressentais au plus profond de moi. Je pressentais que ma future vie emprunterait des chemins qui auraient quelque chose à voir avec ceux parcouru par Paul et Philippe.
Gérard Blain a du révéler à bon nombre que le schéma éraste/éromène n’était pas qu’une figure de l’antiquité grecque mais que nous pouvions la vivre ici et maintenant.
Bien des fois le cinéaste a répété qu’avec Les Amis, pour la première fois dans le cinéma français, il avait présenté l’homosexualité d’une façon positive. C’est l’histoire d’une éducation, sentimentale et sociale tout à la fois, d’un adolescent par un homme mûr.
Bien que tourné avant, ce film est en quelque sorte la suite d’Un Enfant dans la foule dont il reprend le personnage principal. Ces deux films sont largement autobiographiques.
Gérard Blain a dû batailler quatre ans pour monter le projet. Lorsqu’il le présenta à la commission de contrôle, on lui répondit ceci le 7 août 1970 : « Les expériences masculines du jeune héros qui sont le sujet du film, l’aspect tout à fait normal et même bénéfique de ces expériences, que le film souligne, constituent de toute évidence un sujet cinématographique scabreux et, selon l’acceptation courante, contraire aux bonnes mœurs, au sujet duquel je ne peux, au stade actuel de la procédure, qu’émettre un avis défavorable. » Voilà où on en était en 1970, en est-on beaucoup plus loin aujourd’hui ?
Curieusement, dans un premier temps, Gérard Blain voulait confier la réalisation de son scénario à François Leterrier, un proche de Bresson dont il avait été l’interprète dans le téléfilm La guêpeet qui ne fut que son conseiller technique sur le film.
Gérard Blain parlait si bien et si franchement de ses films qu’il ne faut que lui laisser la parole et presque tout est dit : « J’ai voulu raconter une histoire simple. Une sorte de plaidoyer en faveur de l’affection et de la tendresse. Paul a 15 ans. Il est issu d’un milieu social modeste. Philippe a 45 ans. Il est imprimeur en province. Pas milliardaire mais assez fortuné pour s’offrir quelques week-ends à Deauville. La différence de milieux est très importante pour moi. Tous deux sont en rupture d’affection. Rupture d’affection familiale chez l’un, conjugale chez l’autre. Ce n’est pas un film sur les amitiés particulières. Qu’est-ce que cela veut dire –particulières ? Sans doute mon film n’escamote pas la liaison de Paul et de Philippe. Mais le propos sexuel me parait secondaire par rapport au propos affectif.
Je ne suis pas un intellectuel. Je crois être un instinctif. Un moment j’ai pensé faire de Philippe un intellectuel qui prendrait en charge l’éducation psychologique de Paul. Mais cela aurait été une caricature banale de Pygmalion. Certainement Paul et Philippe ne s’aiment pas de la même façon. Mais ils ont besoin l’un de l’autre. Lorsque Philippe se tue en voiture, n’y voyez pas je ne sais quel relent de moralisme chrétien. C’est simplement le destin, rien de plus. Cela permet en tout cas à Paul de prendre conscience de sa solitude. "J’aurais préféré perdre mon père et ma mère" avoue-t-il. C’est l’aboutissement du transfert. Dans le film ; il n’est question que d’amour. Le scandaleux ne m’intéresse pas.
J’ai besoin de parler de problèmes qui m’obsèdent. C’est-à-dire le besoin d’affection d’une part, d’autre part le rôle de l’argent dans le monde moderne... Je ne sais si 
Les Amis est un film de moraliste. Mais c’est certainement un film moral. Pour moi, est moral ce qui ne contrecarre pas l’épanouissement de l’amour. Paul, dans mon film, ne cherche qu’à aimer et à être aimé. Est-ce de sa faute si sa mère, puis cette jeune fille de bonne famille lui refusent le leur ?
Le cinéma ne doit pas être une copie de la vie, il doit être plus vrai. Je filme les êtres de la manière la plus directe, la plus droite possible sans faire de vagues inutiles autour d’eux, pour mieux tenter d’approcher leur mystère. »

 

 

 

 

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Il ne faut donc pas chercher un quelconque naturalisme dans ce film qui refuse toute complaisance romanesque. Même si Gérard Blain était à la longue agacé que l’on s’y réfère à chaque fois que l’on parlait de son cinéma, on ne peut s’empêcher de penser en voyant Les Amis, au niveau de la forme, aux films de Robert Bresson. On y retrouve l’emploi d’interprètes amateurs, la prise de vue frontale, la rigueur du cadre presque toujours immobile et l’emploi autant que possible d’un seul objectif ne sont que les traces extérieures d’un cinéma placé sous le signe de l’évidence des êtres et des choses, ennemi de tout artifice pathétique. Cette manière de rester en retrait des sentiments fait la force des Amis.
Jamais Gérard Blain ne retrouvera un acteur comme Philippe March, un acteur aussi en phase avec sa mise en scène, pas même l’acteur Gérard Blain. Les Amis constitue l’un des deux seuls premiers rôles dans la carrière de Philippe March, avec celui du joueur, en 1963, dans La Baie des anges de Jacques Demy. Philippe March, grâce en partie à sa voix, à la fois blanche, monocorde, métallique, quelque peu nasillarde et gourmée, au service d’une diction qui parfois semble buter sur son texte puis s’accélère pour mieux traîner ensuite, donne à son personnage, très complexe, une présence inoubliable. Son aspect un peu trop élégant et sa distinction naturelle font de Philippe March l’image cliché que la société hétérosexuelle se faisait de l’homosexuel dans les années 60, forcément aisé, forcément dissimulé, forcément cultivé. Il promenait déjà semblable silhouette en 1966 dans Le Deuxième souffle de Jean-Pierre Melville, en mauvais garçon précieux que l’on devinait ou plutôt que l’on devine aujourd’hui homosexuel.
La sobriété du jeu des acteurs, ajouté à la rigueur du scénario, élagué de toutes anecdotes non signifiantes, et à une mise en scène épurée font des Amis un film à la charge émotionnelle puissante.

 

 

 

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Trop souvent Gérard Blain, cinéaste, a joué à l’artiste incompris, ce qui a grandement nuit à sa carrière, pour ne pas montrer que pourtant dès son premier film il avait été reconnu par ses pairs. Voici ce qu’écrivait François Truffaut à la sortie du film : « Le premier film de Gérard Blain est une œuvre intelligente, naturelle et d’une totale justesse de ton. Il a la franchise non d’une confession, mais d’un récit vécu. Gérard Blain a eu le courage de se priver de toutes précautions oratoires ; par exemple ce n’est pas à cause de la guerre d’Indochine que son jeune héros vit une aventure homosexuelle, mais simplement parce que son aîné lui apporte la sécurité, le confort, l’attention dont il a besoin. Avec Les Amis, Gérard Blain se révèle un cinéaste puissant, c’est-à-dire logique. La logique – logique du propos, du style, logique de l’exécution par rapport aux intentions – constitue, à mon avis, le seul point commun entre les bons cinéastes... Tout le film se déroule ainsi sous le signe de la simplicité et de la logique : pas d’enjolivures, rien de décoratif, pas un plan inutile et, à ce propos, j’attire votre attention sur l’accident de voiture, selon moi, le meilleur jamais filmé. »
Cette reconnaissance dépassait le monde du cinéma. Pour Les Amis, François Nourissier dansL’Express prit la posture du critique de cinéma : « Notre société offre peu de moyens, à des jeunes gens d’origine modeste, d’échapper à la médiocrité qu’à tort ou à raison ils redoutent. Le vedettariat (chanson), la prouesse sportive (cyclisme, boxe) sont de ces moyens. Et le brave travail quotidien, bien sûr mais qui croirait qu’il va bouleverser un destin ? Dans les faits, il existe une autre issue, difficile à prendre avec délicatesse : la prise en charge d’un adolescent par un adulte plus raffiné, plus riche, qui lui apprendra à se vêtir, à parler, à oser nommer ses dégoûts et ses désirs, en échange de quoi il l’introduira dans la complicité de sa singularité sexuelle. On peut s’en offusquer, cette sorte de relation existe. Elle est à l’origine de carrières accomplies et d’existences – assumées... Simples, discrets, par instant presque naïfs. Blain est parvenu à suggérer des tragédies très fragiles, que la moindre vulgarité réduirait à la chiennerie... On pourra considérer que Deauville, le luxe, les privilégiés sont filmés avec une candeur excessive. Mais n’est-ce pas ainsi que les voit, fasciné, le gosse à qui l’on offre soudain ce petit monde faisandé, parfumé ? Tout, dans Les Amis, est en demi-silences, en équivoques. C’est pourquoi la narration devait être d’une parfaite pudeur. Aidé par Philippe March et Yann Favre, Gérard Blain a réussi un difficile premier film. Un peu l’équivalent, sur le versant clandestin des sentiments, de ce que sont les Contes moraux de Rohmer sur leur versant orthodoxe. »
Les Amis ont reçu en 1971 le Léopard d’or au Festival de Locarno.
La très belle bande originale due à François de Roubaix connu un certain succès. Elle fut éditée sur un super 45 tours (4 airs) comme l’on disait alors.
Les Amis existe en vidéo chez René Château.

  


 

 

 

 

 

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VRATA RAJA ou GATES TO PARADISE (LA CROISADE MAUDITE), un film d'Andrzej Wajda

3 Mai 2026, 06:56am

VRATA RAJA ou GATES TO PARADISE (LA CROISADE MAUDITE)
 
 
 
VRATA RAJA ou GATES TO PARADISE (LA CROISADE MAUDITE)
 
 
 
VRATA RAJA ou GATES TO PARADISE (LA CROISADE MAUDITE)


Fiche technique :

 
Avec John Fordyce, Ferdy Mayne, Matthieu Carrière, Lionel Stander, Pauline Challoner, Denis Gilmore, Jenny Agutter et les enfants de l’école primaire Savo Pejanovic de Titograd.

 

Réalisateur : Andrzej Wajda. Scenario : Jerzy Andrezewski & Donald Kravanth. Images : Meczyslaw Jahod. Son : Pierre Pamier & Kevin Connor. Directeur artistique : Miomir Denic. Musique : Waro Swingle.


Pologne- Grande Bretagne, 1967, Durée 78 mn. 

 
Résumé :

 
En 1212, un jeune berger, Jacques de Cloys (John Fordyce, d’une beauté et d’une blondeur à damner un saint. Né en 1950, il n’aurait tourné que ce film) au charisme indéniable, prêche une nouvelle croisade sur la foi d’une vision qu’il prétend avoir eue. Il décide que, là où les croisades précédentes ont échoué, une autre menée avec l’innocence et la pureté des enfants réussirait. Des milliers d’enfants et d’adolescents quittent leurs villages en entendant l’appel de Jacques et partent pour libérer le tombeau du Christ du joug des infidèles. Un moine franciscain, ancien chevalier croisé (Lionel Stander), est chargé de la direction spirituelle des enfants qu’il entend en confession le long de la route. Le monologue du moine alterne avec les confessions des enfants qui lui apprennent que la vraie nature de leur enthousiasme est homosexuelle. Très vite, il lui sera aussi révélé que l’inspiration de Jacques vient d’un homme dont il a été amoureux, le comte Ludovic (Ferdy Mayne, 1916-1998, un pilier de la Hammer qui a tourné une multitude de films tant pour le cinéma que pour la télévision), un seigneur homosexuel qui a abusé de la naïveté de Jacques. En fait, si les enfants suivent Jacques, c’est plus pour des raisons amoureuses que religieuses. Ils prennent au pied de la lettre la fameuse phrase : « Aimez-vous les uns les autres ». Bientôt le comte Ludovic est très épris d’Alexis (Matthieu Carrière), l’un des adolescents de la croisade, qu’il a recueilli et dont il a fait son fils et son amant... Le moine tente désespérément d’arrêter la marche des enfants. En vain, c’est la mort et l’esclavage qui les attendent.

 

 


L’avis critique

 
Le film est l’adaptation assez fidèle du roman de Jerzy Andrezewski, Les Portes du paradis,paru en France en 1961 aux éditions Gallimard. Jerzy Andrezewski qui a participé à l’adaptation de son livre, est un écrivain catholique homosexuel qui s’est rallié au régime communiste, puis est passé à la dissidence après l’intervention des troupes du Pacte de Varsovie à Prague, en août 1968. Il devient un ardent défenseur des droits de l’homme. Le roman est inspiré de faits historiques, c’est d’ailleurs plus un poème d’une centaine de pages qu’un roman.
À l’image du roman, le film est d’un seul mouvement, la marche des jeunes croisés vers Jérusalem. De longs et incessants travellings décrivent et accompagnent la marche des enfants. L’utilisation systématique de ces travellings en plan large, où le blanc domine dans un Technicolor souvent surexposé, procure une sorte d’hypnose dont le spectateur est périodiquement sorti par des gros plans sur de sublimes visages. Le montage fait alterner la foule, un peu chiche tout de même pour figurer cette levée en masse de la jeunesse d’occident, en plan très large et quelques groupes en plan moyen qui ainsi, s’en distinguent. Quatre adolescents s’en détachent. Chacun racontera son histoire par le truchement de la confession au moine qui accompagne la croisade, pas toujours joué dans la finesse par Lionel Stander, vieux routier des plateaux américains. Ces confessions rendent le film très bavard et paradoxalement assez théâtral alors qu’il est tourné presque exclusivement en extérieur. Quatre récits traités en plan-séquence, coupés et illustrés à l’aide de retours en arrière qui ne parviennent néanmoins pas à rompre complètement la monotonie du film ; il faut d’ailleurs attendre la trentième minute pour que ceux-ci arrivent. Si le décor est superbe, une vaste plaine rocailleuse bordée de montagnes violines, le réalisateur n’en change pratiquement pas, d’où l’impression que nos croisés font du surplace un peu à la manière des deux zigotos (Jean Rochefort et Bernard Fresson) du film très recommandable de Fabio Carpi, Les Chiens de Jérusalem, qui avaient décidé qu’il était tout aussi profitable pour leur âme de faire le tour de leur château pendant un an plutôt que d’entreprendre le voyage fort périlleux vers la terre sainte. Pourtant, habilement, Wajda varie les optiques avec une prédilection pour les longues focales qui isolent les protagonistes lors de leurs dialogues, réduisant les figurants à des silhouettes floues. Des recoupements d’images permettent aux récits successifs de s’emboîter sans pour autant se recouvrir. Et finalement, sur le plan de l’espace comme sur celui du temps, de s’assembler, de se souder comme les élément d’un puzzle.
Wajda a cherché des équivalences au texte poétique, d’une part en entrelaçant le présent de la croisade avec les souvenirs des jeunes garçons, ces séquences sont plus poétiques que narratives ; d’autre part en balayant la pérégrination des adolescents par ces longs et lents travellings, images très picturales proches de celles que faisaient à la même époque Miklos Jancso dans Rouges et blancs (DVD édité par Clavis) par exemple. Beauté des adolescents, beauté aussi de leurs vêtements conçus sans le moindre souci historique, des hardes qui ne sont pas vraiment des loques, mais plutôt des costumes assez simplifiés comme des costumes de théâtre avec le souci qu’ils soient signifiants, dans des tons clairs et lumineux pour les jeunes, sombres pour les adultes.

 

(c)  Renata Pajchel
 

La mine des deux garçons tenant les rôles principaux convoque immanquablement l’iconographie adolescente tant ils sont proches des modèles de prédilection de deux des plus grands dessinateurs friands du sujet. Avec son cou flexueux et son corps à la fois gracile et noueux, Matthieu est un pur Mac Avoy. Tandis que John Fordyce avec son visage à l’ovale parfait et sa frange blonde semble tout droit sorti d’un Signe de piste illustré par Pierre Joubert qui a d'ailleurs illustré un roman pour la jeunesse, "La neuvième croisade" sur ce thème.
 
 
 
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La lente progression des garçons se fait dans un paysage de rocailles à la blancheur crayeuse. À l’opposé du dépouillement de ce décor Wajda, soudain, nous propose un monument de « kitcherie » homo avec le château du comte et sa piscine aux paons dans laquelle s’ébattent les adolescents !
Le film, loin de tout naturalisme, s’apparente au conte… un conte noir qui rappelle celui dans lequel les enfants de la cité de Hamelin sont entraînés dans la mort par le pipeau du chasseur de rat.

 

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La vraie question qui se pose à la vision de ce film est : quelle a été l’idée directrice qui a présidé à la réalisation de La Croisade maudite ? À cette question, qui devrait être celle que l’on se pose après avoir vu chaque film, on est bien en mal d’y répondre tant le film peut être interprété de façons contradictoires : l’innocence d’enfants et adolescents crédules et naïfs, trop aisément manipulés ; mais aussi leur cruauté naturelle, leur homosexualité comme perversion et péché ou comme une tendance profonde les portant à se dépasser ? L’absurdité de leur aventure mais aussi la force d’une passion et d’un amour qui bousculent le rationnel et les conduisent à la transcendance, au mysticisme ? On peut aussi lire le film comme une charge contre toutes croyances en quelque chose de supérieur à l’animal humain. N’oublions pas que Wajda œuvre dans la Pologne marxiste. Partant d’un fait historique qui confine à la légende, il peut nous montrer que l’homme est une créature infiniment complexe qui ne saurait sublimer totalement ses pulsions les plus instinctives et que la foi mystique qui peut dicter ses actions, en apparence les plus désincarnées et les plus pures, ne lui vient pas de la part de divin qu’il recèlerait mais au contraire de ce qu’il y a de plus fragile et de plus charnel dans sa nature. L’innocence que certains veulent voir dans l’enfance, appelée à vaincre les forces du mal, n’existe pas. Ce n’est pas l’appel de Dieu qui se fait entendre des enfants, c’est bien plus prosaïquement celui de leur dieu. Et ce dieu est un des leurs. Un garçon blond sorti d’un livre d’images dont le charme physique exerce sur eux un attrait irrépressible. Les motivations de leur guerre sainte ne sont pas plus divines que celles, colonisatrices, de leurs aînés. Tout un peuple de chérubins se met en marche à l’appel d’un dieu de chair qui ne sait pas mieux que lui résister aux tentations et qui s’est laissé soumettre par l’amour d’un homme.
Si il n’y a pas – semble-t-il – de morale claire à ce film, on peut tout de même discerner que le souci principal de Wajda a été de gratter les apparences pour découvrir l’essentiel.
La métaphore politique est elle aussi fort ambiguë : critique de toute foi aveugle, du stalinisme (?), de la soumission à la parole d’un maître, d’un chef ? Comme est ambiguë cette phrase dite au début puis à la fin du film : « Ce ne sont pas les mensonges mais la vérité qui tue l’espoir. »
L’attirance qu’exerce Jacques sur les êtres de tout sexe met au premier plan l’histoire d’amour entre Ludovic et Alexi. Wajda n’a pas tergiversé sur l’homo érotisme du film qui s’ouvre par une scène où l’on voit un homme dévêtu par d’autres hommes habillés de robes ! Le cinéaste réitérera l’exercice en faisant commencer Danton de la même façon.
Historiquement, les croisades des enfants se constituent de deux cortèges qui partent, dans l’euphorie des croisades, indépendamment l’un de l’autre, de l’Allemagne et de la France. Elles se situent entre la quatrième et la cinquième croisade, dans l’année 1212. Elles ne sont pas en réalité constituées que d’enfants mais d’« enfants de dieu », principalement des paysans pauvres. Elles ne sont pas couronnées de succès : l’une échoue dans les villes d’Italie et l’autre à Marseille. Ce site fait le point sur la question.
La Légende de la Croisade des enfants, est relatée dans le petit livre de Marcel Schwob, La Croisade des enfants (1896). Mais le plus beau roman sur les croisades, La Joie des pauvres (éditions Gallimard) est signé Zoé Oldenbourg.
Pour en revenir au cinéma, Serge Moati en 1988 a consacré un téléfilm beaucoup plus sage que La Croisade maudite à la croisade des enfants.
Si la lecture des génériques, qui ont tendance à devenir de plus en plus pléthoriques, est fastidieuse, elle révèle parfois de savoureuses surprises. Ainsi dans celui de La Croisade maudite, nous découvrons le nom de Pierre Kalfon en tant que coproducteur. Cette présence explique peut-être la scène particulièrement gratinée de fouettage sado-masochiste d’Alexis par le comte. Scène qui n’est pas sans en rappeler une d’un film réalisé par ce même Pierre Kalfon, La Cravache, dans laquelle on voit un père cravacher avec un plaisir non dissimulé le fessier très tentant de son grand fils.
 

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La Croisade maudite fit scandale en Pologne où il fut critiqué tant par le pouvoir marxiste que par l’Église et où il n’eut qu’une brève carrière. Il ne sortit qu’en catimini dans le reste du monde alors que c’est un film européen « type » : production britannique, réalisateur polonais, tournage des extérieurs en Yougoslavie (aux alentours de Titograd), acteurs anglais et allemands, figuration yougoslave. En 1972, le réalisateur battait déjà sa coulpe : « J’ai suivi le script trop aveuglément. Je pensais que l’amoralité de la liaison entre le jeune homme et le comte pouvait être l’écho retentissant du drame véritable. J’avais tort. En même temps, ce que j’avais cherché dans le sujet, la cruauté de l’image des enfants tentant d’accomplir la tâche des adultes en rétablissant l’ordre dans le monde, n’est pas apparu dans le film. Les enjeux moraux y sont à peine évoqués... J’ai eu de la chance de faire un film sur la contestation avant la lettre, sur des événements qui, peu après l’achèvement de La Croisade maudite allaient occuper le devant de la scène. » par un plan d’un jeune garçon nu faisant sa toilette dans un baquet, une scène qui ne semble pourtant pas indispensable à la progression dramatique du film.
Aujourd’hui Wajda, devenu beaucoup plus consensuel, récuse le film et ne le fait pas figurer dans les rétrospectives qui lui sont consacrées. Il est devenu très difficilement visible.
 

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Matthieu Carrière (Alexis Melissen) et Ferdy Mayne (Comte Ludovic de Vendôme)

 

 
 

 

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John Fordyce est Jacques de Cloyes, le berger à l'origine de cette "croisade des enfants".

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Le jardinier espagnol (THE SPANISH GARDENER), un film de Philip Leacock

27 Avril 2026, 06:43am

  

 

  

Grande Bretagne, 1956, 97 mn

  

Réalisation: Philip Leacock, Scénario : John Bryanet Lesley Storm, d'après le roman de A. J. Cronin, Photographie : Christopher Challis, Montage :Reginald Mills, Musique : John Veale

  

avec: Dirk Bogarde (José), Jon Whiteley (Nicholas Brande), Michael Hordern (Harrington Brande), Cyril Cusack (Garcia), Maureen Swanson (Maria), Lyndon Brook (Robert Burton), Josephine Griffin (Carol Burton), Bernard Lee (Leighton Bailey)

 

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Résumé

  

Harrington Brande (Michael Horden) est consul de Grande-Bretagne en Espagne, veuf, il élève seul son fils Nicholas. C'est un homme sévère, inconsolable de la mort de sa femme. Il ne comprend pas le jeune garçon (Jon Whiteley) qui a une douzaine d'année. Professionnellement il est amère. Lorsqu'il s'agit de promotion, on lui préfère toujours ses collègues qui pourtant il juge moins compétent que lui. A ce père froid et distant le garçon préfère la compagnie de José, le jeune jardinier (Dirk Bogarde)de la villa où il habite avec son père qui prend ombrage de la sympathie excessive de son fils pour cet employé. José, et à son contact, recommence peu à peu à sourire. Une grande amitié est née, ponctuée de joies simples et de parties de pêche en pleine montagne. Mais le père du jeune garçon, jaloux de cette relation va tout faire pour les séparer...

 

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Il y a une parenté du personnage de Nicholas avec les jeunes héros d'une part avec celui d'Agostino et d'autre part avec celui de l'Incompris de Comencini. Avec ce dernier personnage Nicholas partage également le milieu social. Ces films baignent dans une sensualité probablement inconsciente des cinéastes mais que reçoit le spectateur.

  

  

L'avis de la critique

  

Si le film, qui est une adaptation du roman de même titre de A.J. Cronin, romancier anglais qui connaissait dans les années 50-60 un immense succès, alors qu'il est bien oublié (injustement) aujourd'hui, est filmé correctement, il doit tout à son trio d'interprètes dans les rôle principaux. Tout d'abord à Dirk Bogarde excellent alors que son choix pourrait paraître délirant. Tout d'abord il est assez éloigné du personnage du roman, qui est beaucoup plus fruste. Ensuite alors qu'il est censé interpréter un prolétaire espagnol, il s'exprime dans un anglais des plus châtie et sans le moindre accent, ce qui est tout de même curieux pour un jardinier espagnol mais l'abattage de Dirk Bogarde fait vite oublier cette bizarrerie. Sa beauté accentue, par rapport au livre, le coté trouble de l'attirance du garçon pour le jardinier, même si bien sûr rien n'est consommé entre l'homme et le garçon mais pour ce dernier on peut néanmoins parler d'amour. Le garçon est joué par un des meilleurs acteurs enfants de l'Histoire du cinéma, Jon Whiteley qui est inoubliable dans « Moonfleet » de Fritz Lang. Il avait déjà joué avec Dirk Bogarde dans l'excellent « Hunted » (Rapt) de Crichton. Mais c'est peut être le rôle du père joué tout en intériorité, par Michael Horden qui finalement est le plus intéressant.

 

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Il a été rapporté à l'époque, il y a 64 ans en 1956, qu'avant le début du tournage, les parents de Jon Whiteley (Jon n'avait que onze ans à l'époque) étaient très inquiets de la relation sexuelle implicite entre Jose et Nicholas dans le roman d'AJ Cronin et ont été assurés par le producteur, John Bryan, et le réalisateur, Philip Leacock, que cette relation implicite serait supprimée et le film réalisé pour un public familial. La controverse était centrée sur le chapitre 15 du roman, où le père de Nicholas, convaincu qu'il se passe quelque chose de nature sexuelle entre son fils et le jardinier, demande à son ami médecin d'avoir un homme à homme pour en parler avec Nicholas et essayer de faire en sorte que le garçon l'admette. Mais Nicholas ne l'admettra pas. Que Jon Whiteley ait eu la capacité d'acteur de jouer une telle scène si elle était laissée dans le film est discutable, mais il avait le bon réalisateur en Philip Leacock pour lui permettre de le faire. C'est Leacock qui l'avait dirigé trois ans plus tôt dans "The Kidnappers", pour lequel Jon avait remporté un Oscar pour sa performance. Malgré tout le montage de l'histoire pour faire du film un certificat « U », le film se révèle toujours aussi ambigu et aujourd'hui, on dirait que le père veut juste son fils pour lui tout seul et est follement jaloux quand son fils et le jardinier deviennent très proche et fait tout ce qui est en son pouvoir pour détruire la relation entre son fils et le jardinier, afin qu'il puisse à nouveau avoir son fils pour lui tout seul. Un excellent film, avec de belles performances tout au long… une sorte d'histoire de l'Éternel Triangle où les trois personnages principaux sont des hommes. C'est Leacock qui l'avait dirigé trois ans plus tôt dans "The Kidnappers", pour lequel Jon avait remporté un Oscar pour sa performance. Malgré tout le montage de l'histoire pour faire du film un certificat « U », le film se révèle toujours aussi ambigu et aujourd'hui, on dirait que le père veut juste son fils pour lui tout seul et est follement jaloux quand son fils et le jardinier deviennent très proche et fait tout ce qui est en son pouvoir pour détruire la relation entre son fils et le jardinier, afin qu'il puisse à nouveau avoir son fils pour lui tout seul. Un excellent film, avec de belles performances tout au long… une sorte d'histoire de l'Éternel Triangle où les trois personnages principaux sont des hommes. C'est Leacock qui l'avait dirigé trois ans plus tôt dans "The Kidnappers", pour lequel Jon avait remporté un Oscar pour sa performance. Malgré tout le montage de l'histoire pour faire du film un certificat « U », le film se révèle toujours aussi ambigu et aujourd'hui, on dirait que le père veut juste son fils pour lui tout seul et est follement jaloux quand son fils et le jardinier deviennent très proche et fait tout ce qui est en son pouvoir pour détruire la relation entre son fils et le jardinier, afin qu'il puisse à nouveau avoir son fils pour lui tout seul. Un excellent film, avec de belles performances tout au long… une sorte d'histoire de l'Éternel Triangle où les trois personnages principaux sont des hommes. le film se révèle toujours aussi ambigu et on dirait aujourd'hui que le père veut juste son fils pour lui tout seul et est follement jaloux quand son fils et le jardinier deviennent très proches et fait tout ce qui est en son pouvoir pour détruire la relation entre son fils et le jardinier, pour qu'il puisse à nouveau avoir son fils pour lui tout seul. Un excellent film, avec de belles performances tout au long… une sorte d'histoire de l'Éternel Triangle où les trois personnages principaux sont des hommes. le film se révèle toujours aussi ambigu et aujourd'hui, on dirait que le père veut juste son fils pour lui tout seul et est follement jaloux quand son fils et le jardinier deviennent très proches et fait tout ce qui est en son pouvoir pour détruire la relation entre son fils et le jardinier, pour qu'il puisse à nouveau avoir son fils pour lui tout seul. Un excellent film, avec de belles performances tout au long… une sorte d'histoire de l'Éternel Triangle où les trois personnages principaux sont des hommes.

 

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Gérontophilia un film de Bruce Labruce

22 Avril 2026, 06:31am

Canada, 2013, 82 mn 
 
Réalisateur: Bruce La Bruce, Scénario : Bruce LaBruce et Daniel Allen Cox, d'après une histoire de Bruce LaBruce, Photographie : Nicolas Canniccioni, Montage : Glenn Berman, Musique : Ramachandra Borcar
avec: Pier-Gabriel Lajoie : Lake, Walter Borden : M. Peabody, Katie Boland : Desiree, Marie-Hélène Thibault : Marie, Brian D. Wright : M. Guerrero

 

 

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Tout d'abord un peu de vocabulaire: Rappelons nous que le mot Gerontophilia se compose de  géronto (vieux) +philia (amour): soit l' amour pour les personnes âgées.
 

 

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Le film parle d'un jeune homme à peine sorti de l'adolescence qui est intéressé à avoir des relations avec des hommes âgés et même très âgés. Lake a  dix-huit ans. Il sort avec une fille de son âge, mais se découvre une préférence sexuelle pour les hommes âgés : il tombe sous le charme d'un vieil homme de quatre-vingt-deux ans, M Peabody, un résidant dans la maison de retraite où Lake a été embauché comme aide soignant pour l'été.
 

 

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Pourtant si Lake a pris cet emploi c'est parce qu'il pense que la fixation sur des hommes âgés peut être quelque chose de malsain et contre nature, qu'il a donc décidé d'accepter un poste d'aide soignant dans une maison de retraite pour se le prouver. Lake s'aperçoit que le personnel bourre les pensionnaires de médicaments pour les rendre plus dociles. Révolté par cette méthode, il incite monsieur Peabody, un vieil homme de 82 ans, à refuser son traitement. Mais la complicité qui les unit va bientôt se transformer en un sentiment qui les dépasse.
 

 

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Pourtant très vite Lake commence à ressentir une attirance très forte pour les hommes âgés de l'asile, ce qu'il cachent à sa petite amie , Desiree.
 

 

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En particulier, Lake tombe amoureuse d'un vieil homme nommé Peabody, un homme de plus de 80 ans. Ils vont dormir dans le même lit. Lake prodigue à Peabody les soins avec toute la délicatesse dont il est capable. Il va même offrir son beau corps au vieil homme...
 

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Dire que je n'attendais rien de Bruce Labruce est encore en dessous de la vérité. Il était jusqu'à ce film, le type même du cinéaste encensé par une petite coterie d'ignares agissants. Le genre de personnage qui se persuade et persuade les autres qu'il fait de l"Art", alors qu'il n'est qu'un amateur libidineux et puis voilà le miracle, comme quoi il ne faut jamais désespérer de l'humanité: Gérontophilia, certe un film comme à l'habitude du réalisateur qui traite d'un thème scabreux mais réalisé avec une délicatesse et une justesse extrêmement rare au cinéma. C'est bien cadré, bien éclairé et très bien joué par des acteur à peu près inconnu. 
 

 

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Le film Gerontophilia montre que l' amour et la passion ne disparaît pas avec l' âge et que les personnes âgées peuvent encore profiter des beaux garçons!
 

 

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Jeepers Creeper II de Victor Salva

15 Avril 2026, 06:26am

 

Si vous n'avez qu'un film d'horreur à voir dans votre vie, choisissez Jeepers Creeper II de Victor Salva (2003) avec l'agréable Al Santos  (ci-dessous !) et d'autres jolis jeunes gens.






 

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Agostino un film de Bolognini

14 Avril 2026, 06:31am

Agostino, un film de Bolognini (réédition augmentée)
 
 
 
Agostino, un film de Bolognini (réédition augmentée)
 
 
 
Agostino, un film de Bolognini (réédition augmentée)
 
 
 
Agostino, un film de Bolognini (réédition augmentée)
 
 
 
 
 
Agostino, un film de Bolognini (réédition augmentée)
 
 
 
Agostino, un film de Bolognini (réédition augmentée)
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Italie, 1962,
Réalisation: Mauro Bolognini (1922-2001), scénario: Goffredo Parise & Mauro Bolognini d'après Alberto Moravia, image: Aldo Tonti, montage: Nino Baragli, musique: Carlo Rustichelli
Avec: Paolo Colombo, Ingrid Thulin, John Saxon, Mario Bartoletti, Aldo Bussaglia, Roberto Mancia, Franco Schiorlin, Gennaro Mesfun, Renato Terra 
 
 
Ingrid Thulin
 
 
 
Résumé
 
Le film s'ouvre par une course échevelée de gondoles sur le grand canal de Venise. Une belle femme (Ingrid Thulin) et son jeune fils, Agostino (Paolo Colombo) âgé d'une douzaine d'années, regardent la compétition par la fenêtre dela chambre d'un luxueux hôtel. Ils sont en vacances. Très vite, il devient évident que le fils et la mère sont très proches. Plus tard dans le film cette proximité nous aide à comprendre pourquoi Agostino, qui reçoit toute l'attention de sa mère, se sent trahi quand elle décide de sortir avec l'un des gigolos locaux qui tournent autour d'elle. Elle est veuve riche et belle, ce qui explique pourquoi les hommes de la ville sont très épris d'elle. Malgré le fait qu'elle passe presque tout son temps avec son fils ce dernier se sent délaissé. Il part à l'aventure dans une Venise tout autre que celle des grands hôtels. Errant sur les plages désertes du Lido, Agostino rencontre un groupe de vagabonds, des garçons à peine pubères, gouvernés par un homme étrange pour lequel les adolescents ont un attachement mystérieux.
 
 
Agostino, un film de Bolognini (réédition augmentée)
 
 
 
L'avis critique
 
Agostino est certainement un des meilleurs films sur la fin de l'enfance que je connaisse. Curieusement il semble que les films les plus intéressants sur ce sujet aient été tournés dans les années 60's et 70. Agostino, réalisé par Mauro Bolognini, ne fait pas exception. Le film est basé sur le roman éponyme écrit par Alberto Moravia en 1945. Mais par rapport au roman Bolognini y a instillé un homo-érotisme qui ne me semble pas aussi présent dans le livre. 
Le film contient une variété de nuances et d'allusions subtiles, par rapport à une symbolique évidente. Il entraine le spectateur à la suite d'Agostino qui passe d'une vision floue et enfantine du monde, à une vision lucide des réalités les plus dures de l'âge adulte. 
Bolognini nous fait témoin au fil des expériences que vit Agostino de son désenchantement du monde, de son détachement progressif de l'atmosphère fabuleuse de l'enfance et de sa confrontation avec lla prosaïque réalité.
Cet adieu à l'enfance, ce deuil de l'innocence, donne au film une atmosphère vaguement morbide qui n'est pas sans rappeler celle d'un autre grand film se déroulant à Venise le "Mort à Venise de Visconti. Comme dans ce dernier On a aussi le sentiment que l'on a pas affaire à n'importe quel garçon. Mais, que c'est l'histoire d'un garçon qui a clairement une prédisposition à préférer les messieurs aux dames...
Il est dommage que l'on ne voit pas complètement à l'écran, tout le potentiel que possède le roman.Bolognini a été trop fidèle au roman dont on sent qu'il est cinématographiquement prisonnier (sauf dans la scène d'ouverture). Il a tendance à plus faire avancer son histoire par le texte que par l'image car il accompains souvent les scènes les plus importantes émotionnellement par la voix off d'un narrateur exterieur qui lit quelques passage du livre de la Moravie. On a l'impression que  Bolognini ne faisait pas confiance complètement à son travail en tant que réalisateur.
La performances de Paolo Colombo est exceptionnelle. Ses expressions parfaitement saisies et cadrées par le cinéaste font transparaître tout ce que ressent Agostino. Les autres acteurs ne déméritent en rien.
Le film vaut aussi par les images somptueuses de Venise. La scène d'ouverture de la course des gondoles est inoubliable. Le noir et blanc, tantôt fortement contrasté, tantôt tout en nuances de gris fait de l'écran une suite de clichés mémorables sans pour cela que l'action en soit figée.
 
 
Agostino, un film de Bolognini (réédition augmentée)
 
 

Agostino est un film doublement érotique; si l'inceste n'est pas consommé comme dans "Le souffle au coeur de Louis Malle, la relation oedipienne entre la mère et le garçon est bien mise en évidence, mais c'est l'initiation homosexuelle qui est encore plus mise en lumière, même si elle aussi, n'est pas accomplie; elle est même rejetée. 

Cette histoire d'un garçon adoré d'une mère encore désirable lors d'un séjours dans un hôtel de luxe de Venise fait penser parfois au "Souffle au coeur" de Louis Malle. L'épisode dans laquelle Agostino s'attache à une bande de gamins qui traînent le Lido sous la tutelle semi-érotique d' un homme plus âgé, a des connotations d'inceste et de pédophilie qui sont aujourd'hui assez troublantes, mais qui n'étaient pas perçues ainsi en 1962...

Malgré les déclaration de Moravia qui rejetait la similitude, il est difficile de ne pas penser en voyant Agostino à l'oeuvre d'Umberto Saba, "Ernesto". Dans les deux livres les protagonistes sont des enfants ( j'écris livres plus que films car les adaptations cinématographiques des deux oeuvres renforcent leur différence, par le seul artifice du casting. En effet, alors que dans le roman de Moravia le garçon à 12 ans dans le film de Bolognini, il en a dix; tandis que l'acteur qui joue Enesto dans l'adaptation en film est visiblement plus agé que le personnage du roman).  Le grande différence entre les deux histoires est que dans Ernesto l' homosexualité est acceptée... 

 

 

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Mauro Bolognini est né à Pistoia, le 28 juin 1922, il étudie l'architecture puis suit les cours du Centro Sperimentale de Cinematografica de Rome. Il est ensuite l'assistant de Luigi Zampa et, en France, de Jean Delannoy et Yves Allégret, et débute comme scénariste.
Ses premiers films sont des comédies sentimentales. Sa rencontre avec Pier Paolo Pasolini, qui devient son scénariste, sera essentielle. Ils collaborent pour, Marisa, la coquetteLes garçonsÇa s'est passé à Rome, qui décrit la zone romaine.
Délaissé par Pasolini qui met en scène ses propres sujets, Bolognini tourne ensuite Agostino, qui demeure néanmoins tout emprunt de l'influence de Pasolini.
Mauro Bolognini a été l'un des cinéastes de premier plan du cinéma italien, mais aussi un metteur en scène d' opéra et de théâtre très prisé et ceci durant 35 ans. Plusieurs de ses films ont connu un succès Critique et commercial lors de leur sortie. Plusieurs d'entre eux ont pour acteurs principaux des vedettes et des stars internationales telles Marcello Mastroianni, Gina Lollobrigida, Jean-Paul Belmondo, Catherine Deneuve, Ingrid Thulin... Ils ont remporté plusieurs grands prix dans les festivals de Cannes, San Sebastian , Locarno. Dans les années 60 et 70, sa réputation s'étendit bien au-delà de l'Italie en Europe et en Amérique latine mais, curieusement, peu dans le monde anglophone. Assez curieusement, aujourd'hui, à peine dix ans après sa mort, Bolognini et ses films sont largement oubliés. Si bien qu'il est très difficile de voir Agostino de nos jours.
Mauro Bolognini est mort le 14 mai 2001 à Rome.

 
Agostino, un film de Bolognini (réédition augmentée)
 

 

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Sur le chemin des dunes, Noordzee, Texas (north sea Texas) un film de Bavo Defurne

9 Avril 2026, 06:29am

Voir le nord du Texas, le film

 

Réalisation: Bavo Defurne, scénario: Bavo Defurne et Yves Verbraken  (scénario tiré du roman This will never end d'André Solis).

 

avec: Eva van der Gucht, Jelle Florizoone, Luk Wyns, Thomas Coumans, Mathias Vergels, Katelijne Damen, Daniel Sikora, Nina Marie Kortekaas

Résumé
 
Nous sommes en 1960. Pim (Jelle Florizoone) habite avec sa mère (Eva van der Gucht), une ancienne reine de beauté devenu un tas mais qui se croit toujours séduisante. Ils vivent dans une ville oubliée de la côte belge. Pim, garçon introverti, se contente de vivre dans son univers imaginaire. La mère de Pim, Yvette, a des rêves de son coté. Elle est fatigué des amants de passage et d'ennui de la vie dans cette petite ville. Elle aspire à tout laisser derrière elle, y compris son encombrant de fils pour aller voir voir le monde. Les rêves de Pim et ceux d'Yvette entrent en collision lorsque le beau Zoltan (Thomas Coumans)  arrive en ville avec la fête foraine et devient leur nouveau locataire. Mais à l'aube de ses 16 ans, sa relation avec son ami Gino (Mathias Vergels) prend une autre direction, et alors que sa mère le quitte pour vivre avec son nouvel amant, Pim y voit une opportunité de vivre ses rêves. Pim saisit sa chance. Ses rêves deviennent une semi réalité. Pim va vivre chez sa voisine, Marcella qui est la mére de Gino et de Sabrina (Nina Marie Kortekaas) qui glisse des regards langoureux à Pim qu'il ne voit pas. Pim est heureux. Il dort dans le lit de Gino! Mais Gino fréquente et habite avec une jeune fille de l'autre coté de la frontière. Les rêves de Pim sont-ils des illusions ou le reflet de ce que pourrait être la réalité?
 
L'avis critique
 
Il y a tellement longtemps que nous attendions un long métrage de Bavo Defurme que l'on doutait fortement qu'il arrive un jour. On avait pensé que Defurme serait un de ces cinéastes dont les courts-métrages multi primés dans une quirielle de festivals qui n'accoucheraient jamais d'un long; on peut citer dans ce cas Jacques Duron avec son remarquable Voyage à Deauville ou Armand Lameloise  avec son non moins remarquable,"Juste un peu de réconfort". Il y avait gros à parier qu'une si longue attente ne pouvait déboucher que sur une déception; c'est un peu le cas même si le film est bien fait. Il faut dire que je suis peut être un peu de mauvaise fois devant cet énième opus mettant en scène des bas du front nordistes. Sur le chemin des dunes (un bien joli titre qu'a trouvé là le distributeur du film en France) est néanmoins un film positif, qui ne tombe pas dans le misérabilisme habituellement réservé aux films se passant dans le nord  de la France et en Belgique. Defurme montre une jeunesse qui n’est pas ratée (c'est plutôt du coté des adultes que cela se gâte)
Defurme est resté fidèle à la thématique de ses courts-métrages. Tous traitent de l’identité, de quelqu’un qui se découvre différent, dans un groupe de sportifs ou dans Feu de camp, chez les scouts. On ne comprend pas bien alors pourquoi il a cru bon d'adapter un livre où rien n'est vraiment original et tout est attendu d'autant qu'il reprend certaines séquences de ses courts-métrages précédents comme  par exemple la scène de la tente qui était déjà dans "Campfire" (2000) ou celle de la moto qui se réfère à Matroos (1998). Cette histoire de rejet d’un groupe permet au réalisateur de  se concentrer sur l’amour entre adolescents. Ce qui évite le gros écueil sociologisant où vont se briser la plupart des films de cet acabit. Pims a déjà découvert son identité sexuelle. Il est amoureux du garçon qui vit à côté de chez lui. C’est là que le film commence. Là où souvent les autres finissent. Les scènes sexuelles sont présentes dès le début. Peu de films ont abordé la question ainsi. Si la faiblesse de Noordzee Texas réside dans son scénario, sa force est dans son filmage d'autant plus remarquable que "Sur le chemin des dunes" aurait été réalisé avec un budget très modeste. L'image est toujours très belle, le cadre impeccable et les éclairages des intérieurs est précis et chaleureux, ce qui évite de tomber dans le glauque lors de certaines scènes. Le film tout en étant original dans sa facture, c'est un peu Demy chez Dumont, s'inscrit dans une famille de films, référence assumée comme pour Paris-Texas ou plus secrète comme pour la série néerlandaise des années 80 "Le phare" qui se passait aussi vers 1960, ou Bagdad café ou encore à DAS FLÜSTERN DES MONDES (WHISPERING MOON) . Si on exepte Katelijne Damen, dans le rôle de la mère de Gino qui parvient à être génante tant elle est mauvaise, les autres acteurs vont du bon à l'excellent en particulier Jelle Florizoone qui dans le rôle de Pim est étonnant sachant donner du poids à chacun de ses regards et de ses gestes peut être parce qu'il vient du monde de la danse ( lorsque Bavo l'a découvert, ce jeune garçon était danseur professionnel  à l’école Nationale de Ballet de Bruxelles) qu'il a abandonné depuis car l'expérience de "Noordzee Texas" lui a donné l'envie d'embrasser la carrière de comédien, souhaitons lui bonne chance, son jeune talent le mérite.
 
 
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Si dans mon résumé j'ai daté l'action en 1960, c'est totalement subjectif, puisque aucune date apparait à l'écran et que pas un objet ou un vêtement peut nous renseigner sur l'année durant laquelle se déroule le film. Cette intemporalité assumée tire Noordzee Texas vers le conte...
Il faut espérer pour Eva van der Gucht, que son rôle d'Yvette, où elle est parfaite, est un rôle de composition. Elle campe le personnage anthipatique du film, mauvaise mère, on subodore que la naissance de Pim n'a pas été voulu, à propos il n'y a pas de père dans cette histoire, artiste ratée, une Yvette Horner (tient le même prénom) obèse. Elle ne voit dans son fils qu'un boulet qui l'empêche de fuir le trou où elle est encalminée.
J'ai vu ce film lors d'une ecapade brusselloise durant l'été 2011. Si je me souviens bien ce n'était pas une séance dans un circuit traditionnel. Je ne sais donc pas si ce film d'une qualité technique tout à fait hors du commun à eu une exploitation commerciale dans son pays. Quant à la France...
P.S. Depuis cette chronique le film est sorti en France.
 
Voir North Texas 1
 
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Peli Noordzee Texas
 
 
 

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Tu n'est pas seul (you are not alone, Alene du ikke er) de Nielsen Ernst & Lasse Johansen

3 Avril 2026, 06:35am

Tu n'est pas seul (you are not alone, Alene du ikke er) de Nielsen Ernst & Lasse Johansen (réédition complétée)
 
 
 
Tu n'est pas seul (you are not alone, Alene du ikke er) de Nielsen Ernst & Lasse Johansen (réédition complétée)
 
 

Danemark, 1978, 90 minutes 

Réalisation: Nielsen Ernst & Lasse Johansen, producteur: Steen Herdel, scénario: Lasse Petersen Nielsen & Bent, image: Henrik Herbert, son: Sebastian, costume: Jette Termann  
 
avec: agens Anders (Bo), Peter Bjerg (Kim), Ove Sprogoe (père de Kim, le directeur), Elin Reimer (Mère de Kim), Jan Jorgensen (LAER Jens Carstensen), Jørn Faurschou (Laerervikar Andersen), Merete Axelberg (Laere Mortensen), Hugo Herrestrup (Conrads), Beatrice Palne (Jensen Fru), Jacoby Aske (Aske), Ole Meyer (Ole) 
 


 
 
Résumé
 
Kim est un garçon de douze an qui fait face à son éveil sexuel. Il est le  fils du directeur d'un pensionnat. Sa famille vit dans une maison près mais séparée du reste des bâtiments dans lesquels vivent les autres collégiens. Kim se fait bientôt des amis parmi les pensionnaires, dont un garçon de quinze ans nommé Bo qui est immédiatement attiré par lui. Les deux commencent à expérimenter leur sexualité entre eux. 
Quand un élève est exclu de l'école pour avoir détenu et diffusé du matériel pornographique, ce qui provoque la grève la plupart des collégiens et resserre leur unité. Cette situation va créer un climat qui va inciter les deux amoureux à sortir de leur clandestinité.

L'avis critique

Il s'agit d'un film qui serait totalement impossible de tourner aujourd'hui, même au danemark. Il a néanmoins provoqué en son temps, incomparable en matière de liberté par rapport à notre époque obscurantiste, une vive et massive controverse au Danemark lors de sa sortie, non seulement pour avoir  traité du thème de l'homosexualité, ce qui était fort rare en 1978, c'est le paradoxe par rapport à ce que j'évoquais en amont, maissurtout parce qu'ils montrait une relation
 
 
  
 
Le film explore d'autres questions que l'homosexualité des deux adolescents. Essentiellement, le passage de l'enfance à l'adolescence, avec tous les doutes que cela entraîne mais il présente un regard, pas toujours amène sur le système éducatif danois, qui semble mêler des règles strictes à une grande liberté.Il pointe aussi les interrogations sur la violence et la drogue dans la prime adolescence. 
 

 
 

Je pense que ce film illustre un sujet, qui est sans doute très sensible pour beaucoup avec beaucoup de soin et de sensibilité, se faisant il n'y a pas une scène qui pourrait offenser le spectateur. mais si un tel thème a pu être abordé c'est que la libération sexuelle et en particulier la reconnaissance de la sexualité chez l'enfant, y compris pré pubère s'inscrivait dans tout le mouvement d'émancipation des années soixante dix. Et il utile de rappeler que tout cela n'est plus de saison. Il n'en reste pas moins que c'est le pan disons politique du film qui a le plus vieilli. On devrait se dire que c'est aussi ce libertarisme assez puéril qui est aussi responsable avec surtout le renouveau religieux et en particulier le poids démographique des mahométants obscurantistes, dans notre pays au moins, du retour du moralisme moisi.
Les jeunes acteurs sont remarquables. Il est difficile de n'être pas un peu surpris devant l'implication du le jeune Peter Bjerg. Il parvient à parfaitement traduire se mélange d'admiration, d'innocence, et de  confusion, que peut ressentir un garçon de douze ans pour un autre de trois ans son ainé. Pour le spectateur français, et pas seulement il est à la fois très intéressant et surtout surprenant de voir, à travers cette fiction, l'analyse du 
système éducatif danois dans un pensionnat 
 
 
 
à la fin des années soixante-dix. Quel contraste avec ce qui pouvait être un pensionnat dans notre pays dans ces années là.
La camaraderie entre les élèves dans cette école privée est bien rendue. Tous les événements entourant le matériel pornographique qui est la cause du renvoi de l'élève, et la réaction de ses camarades avant son expulsion imminente sont très crédibles et ajoutent une touche de libéralisme inhabituelle dans un film sur l'enfance même dans les années soixante dix. 
Mais il est tout de même difficile de croire que finalement tous les camarades de classe réagissent avec autant de largesse d'esprit face à la relation de  Bo et Kim, ou alors le Danemark est un "autre" pays.
Cinématographiquement parlant la réalisation est très propre et l'image bien lumineuse. Le film est bien éclairé, y compris dans les scènes d'intérieur.
Ce film a été édité en VHS en France avec des sous-titres en français à la fin des années 90 par une très éphémère maison d'édition. 


 
 
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Tu n'est pas seul (you are not alone, Alene du ikke er) de Nielsen Ernst & Lasse Johansen (réédition complétée)
 
 
 
Tu n'est pas seul (you are not alone, Alene du ikke er) de Nielsen Ernst & Lasse Johansen (réédition complétée)
 
 
 
Tu n'est pas seul (you are not alone, Alene du ikke er) de Nielsen Ernst & Lasse Johansen (réédition complétée)

Une entrevue avec Lasse Nielsen présenté par skykid le 4 Octobre 2009:

" 'You Are Not Alone» est un véritable avènement du film d'adolescent, devenu un classique et un must ". Un film poignant et merveilleux.

Beaucoup a été dit et écrit sur le film danois célèbre "Du er ikke alene" (You Are Not Alone). Pour les fans du film d'adolescent, "You Are Not Alone" est ce qu'est "Star Wars" est pour les fans de science-fiction. Lasse Nielsen, qui a dirigé le film en 1978, a accepté de donner une interview exclusive pour theskykid.com et ses lecteurs.

theskykid.com : "You Are Not Alone" est devenu un classique du genre d'âge. Avez -vous envisagez la popularité du film lorsque vous l'avez tournét? 

Lasse Nielsen : Non, je ne rêvais pas que "You Are Not Alone" deviendrait un classique ou un film culte. Peut-être parce que je fais des films avec mon coeur et non ma tête. Pour moi, faire des films estt une expression nécessaire et non une profession calculée.

theskykid.com : était il difficile de trouver deux jeunes acteurs qui étaient prêts à faire ce genre de film?

Lasse Nielsen : Nous trouvé Bo très rapidement, mais pour Kim ça été plus difficile. Nous avons fait des tests filmés à plus de 100 garçons, mais soit le look ne correspondait pas, soit leur jeu était pauvre. Juste quelques semaines avant le début du tournage, mon co-scénariste - le psychologue Bent Petersen - a recommandé le fils d'un de ses collègue psychologue qui était âgé de 12 ans. Lorsque ce garçon Peter est entré dans le studio, je savais tout de suite que c'était le garçon que nous cherchions. En fait, quand nous l'avons vu d'abord ses cheveux étaient si long que nous avons dû lui commander de se faire couper les cheveux pour que nous puissions voir son visage!

Tu n'est pas seul (you are not alone, Alene du ikke er) de Nielsen Ernst & Lasse Johansen (réédition complétée)

theskykid.com : Quelle a été la réaction du public face au film quand il est sorti? 

Lasse Nielsen : La réaction a été quelque peu mitigés, mais dans l'ensemble elle était positive. Les censeurs danois ont classé le film comme interdit aux enfants de moins de 12 ans disant que les jeunes enfants ne comprendraient pas le thème de homosexualit&. Mais quelques années plus tard, cette restriction a été officiellement retiré.

theskykid.com : Comment votre film a été reçu dans d' autres pays? 

Lasse Nielsen : Bien, à ma connaissance , le film n'a jamais été interdit. Il a été montré dans les grands festivals de cinéma en Italie, en Allemagne et en Hollande, mais jamais largement diffusées à l' extérieur de la Scandinavie. Aux Etats - Unis , il diffusé seulement en vidéo ( l' un best-sellers) et il continue de bien se vendre sur DVD.

theskykid.com : Les thèmes sexuels dans "You Are Not Alone" est très innocent et audacieux. Pensez - vous que nous avons progressé au fil des ans à une approche plus honnête de ce sujet dans le cinéma? 

Lasse Nielsen : Je voulais faire un film sur des garçons dans un pensionnat, et montrer honnêtement leurs sentiments. J'ai été moi-même dans un pensionnat moi, il était donc pour moi pas difficile d'écrire le scénario. A l'époque du tournage, j'étais pas réellement conscient que "You Are Not Alone" était le premier film danois à montrer une histoire d'amour entre deux garçons. Dans ces 31 années écoulées depuis la réalisation du film, j'ai reçu beaucoup de lettres - surtout de jeunes garçons et de filles - me disant combien le film signifiait pour eux - combien ils se sentaient mieux avec eux - mêmes après avoir vu le film. Depuis ce temps, il y a eu un certain nombre de films danois traitant de l' homosexualité, mais généralement la relation homosexuelle est en quelque sorte troublé et malheureuse. Souvent , l' un des partenaires meurt. Dans tous les cas, il y a quelques «happy endings!"

 

Tu n'est pas seul (you are not alone, Alene du ikke er) de Nielsen Ernst & Lasse Johansen (réédition complétée)
 
 

theskykid.com : La scène du long baiser dans "You Are Not Alone" avait-elle été toujours prévu pour la fin du film? ou était - ce un changement de dernière minute? 

Lasse Nielsen : Non , nous avons tourné plusieurs scènes de fin et montré à la production. Il y en avait une dans laquelle Kim sort de la chambre après avoir été grondé par son père, une autre où Bo et Kim se rencontraient dans leur endroit secret dans les bois. Malheureusement, cette scène tournée était trop sombre et on n'a pas eu assez d' argent dans notre budget pour la refaire. Ainsi, la fin a été créé dans la salle de montage. Mais bien sûr , il a toujours été prévu de faire une fin heureuse!
 

theskykid.com : Pensez - vous que les attitudes envers les jeunes homosexuels  ont changé depuis que le film a été réalisé 

Lasse Nielsen : Oui, je pense que oui. À bien des égards, il y a plus de tolérance. Sur YouTube, par exemple, vous pouvez voir de nombreux jeunes garçons faire leur "coming out" en tant que gay. Et - au moins au Danemark - les parents sont de plus en plus enclin à accepter l'homosexualité de leurs enfants. Je ne suis pas sûr qu'il y ait eu beaucoup de progrès aux États - Unis, où de nombreux jeunes adolescents homosexuels sont encore possés au suicide à cause du harcèlement social général et spécifique.

theskykid.com : Vous n'êtes pas seul a une belle chanson thème. Qui a choisi la belle chanson du thème?  Sebastian a-il écrit la chanson en fonction du contenu du film.

Lasse Nielsen : Je travaillais avec le compositeur / chanteur danois Sebastian sur mon film précédent, "Peut-être que nous pouvons." Lorsque je lui ai envoyé le scénario de "You Are Not Alone" , il a été très impressionné, et il a commencé à écrire des chansons pour le film avant même le commencement du tournage. Je me souviens de la nuit ,où m'a appelé au téléphone et a joué la chanson du thème pour moi. Je me suis assis et j'ai pleuré, parce que la chanson était si parfait pour l'ambiance du film que j'avais à l' esprit. Sebastian est depuis devenu l' un des principaux compositeurs populaires du Danemark. Il a également écrit des chansons pour plusieurs comédies musicales qui sont représentées fréquemment dans toute la Scandinavie. Il est également célèbre pour avoir écrit de nouvelles musiques sur des paroles du dramaturge allemand Bertolt Brecht.

theskykid.com : Pensez - vous que le film pourrait être tourné aujourd'hui? 

Lasse Nielsen : Non, je ne crois pas que le film pourrait être fait aujourd'hui. Nous avons une situation malheureusement d' auto-censure ces dernières années .

theskykid.com : avez vous des films avec des garçons de l'âge de votre film que vous aimez particulièrement?

 Lasse Nielsen : Les films de François Truffaut sont exceptionnelle, et ont été très inspirant pour moi. Dans mon dernier film, "The Story of Net" J'utilise par exemple la musique de Vivaldi - un peu comme Truffaut a fait dans d' autres films.  j'aime "Les 400 coups", "L'homme sans visage" "L'Enfant sauvage. " ," Streetwise "," Jeune Aphrodites", " Nobody Knows "...

theskykid.com : Y a-t - il quelque chose que vous voulez ajouter? 

Lasse Nielsen : Mon nouveau film, "The Story of Net," a pris trois ans pour se terminer, et a probablement été le film le plus difficile pour moi à faire. C'est parce que je suis le seul responsable de l'écriture, de la réalisation, du montage... Ce fut une expérience merveilleuse, cependant, en collaboration avec un groupe d'amateurs enthousiastes en Thaïlande. Un certain nombre de gens thaïlandais qui ont vu le film me ont dit que le jeu est comparable à ce que tous les acteurs thaïlandais professionnels pourraient faire! L'histoire  se concentre sur les expériences d'un garçon Thai de douze ans. Mais je crois que les enfants, partout dans le monde, seront en mesure d'identifier avec ce garçon. Je crois fermement que les sentiments des enfants sont universels.

 

Tu n'est pas seul (you are not alone, Alene du ikke er) de Nielsen Ernst & Lasse Johansen (réédition complétée)


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Bully un film de Larry Clark

2 Avril 2026, 06:37am

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USA, 2001, 1h 54mn

 

Réalisation: Larry Clark, scénario: David McKenna, Roger Pullis d'après A True Story of High School Revenge de Jim Schutze,

 

avec: Brad Renfro, Rachel Miner, Nick Stahl, Bijou Phillips, Michael Pitt, Leo Fitzpatrick, Kelli Garner, Daniel Franzese, Deborah Smith Ford, Nathalie Paulding

 

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Résumé

 

Bobby Kent est mort le 14 juillet 1993. Jeune lycéen vivant dans les faubourgs de Hollywood, en Floride, Bobby est une petite frappe aux manières brutales. Son meilleur pote Marty et sa petite amie, lassés de subir son sadisme et son perpétuel mépris, de vivre dans la peur, décident, avec la complicité de cinq autres jeunes, de lui tendre un piège. L'attirant dans un marais, les sept ados le lynchent à mort à l'aide de couteaux et de battes de base-ball... Alors qu'il est allongé dans son sang, Bobby demande grâce à Marty. La réponse de ce dernier est instantanée et préméditée : il lui tranche la gorge. L'incident laisse les habitants sans voix, les parents des jeunes meurtriers dépressifs et inconsolables, et un groupe d'adolescents accusés d'un crime sanglant.

 

L'avis critique

 

« Je veux que tu me suces la bite et que tu me lèches les couilles... ». « Il a une queue sublime, il m’a broutée pendant plus d’une heure ! ». Voilà pour les tous premiers dialogues du film du très controversé Larry Clark. Ainsi parlent donc les adolescents dépravés mis en scène par le cinéaste de KIDS. Un film qui alimentait déjà les conversations nerveuses des cinéphiles en 1995. Par pudibonderie il me semble bien qu'il n'y a pas de dvd français de ce film alors qu'il se trouve en import, fort chère, en vente dans les FNAC. Ces ados-là, issus de la classe moyenne, sont tout droit sortis d’un fait-divers sordide commis en 1993. Maisreflèteraient (dans l’optique du réalisateur) à eux seuls des millions de jeunes Américains crétinisés par une sous-culture grandissante. Le cinéaste prend d’ailleurs un malin plaisir à dénoncer cette « génération Eminem » qui dit « Fuck » à chaque fin de phrase, se shoote aux acides, et baise à tout va sous des formes les plus perverses et inimaginables. L’irresponsabilité de leurs actes mécréants et dégénérescents dérange l’esprit d’un spectateur hébété par tant de violence, voire lui donne la nausée. C’est parce qu’il est cruel et pervers dans sa manière de dénoncer l’immense ignorance de ces jeunes en quête d’identité que Larry Clark choque. Il ne juge pas ni ne condamne, mais pose le constat à la fois lucide et désespérant d’un vide intérieur et d’une pauvreté existentielle évidente. Si Clark adore mettre en évidense la nudité, ses images dans Bully ne sont guère érotiques. Il montre la drogue et la frénésie sexuelle comme si cela était la norme. Le sexe et la nudité dans le film sont peu excitants, sauf dans la scène des gogos danseurs dans la boite gay et dans la scène où Bobby se lave frénétiquement les mains, nu devant la glace du lavabo, la caméra le cadre à partir de la naissance de la verge, laissant apparaître les poils pubiens ; ce sera le seul aperçu frontal d’un sexe de garçon alors que ceux des filles sont largement filmés. Comme dans ses photos Clark cadre les adolescents dans des plans toujours serrés sur eux. Il se pose en témoin toujours implacable, mais toujours fasciné par ses jeunes modèles, quelque soit leurs turpitudes. Il filme presque toujours à hauteur de sexe, pour lui le centre de tout. Il utilise peu la plongée et la contre plongée. Il y a dans les personnages de Larry Clark le même «non futur» que chez les personnages d’Araki.

 

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Tout le début du film est centré sur le rapport étrange que Bobby entretient avec la sexualité. On croit que cela va être le moteur de Bully. Il paraît évident que si Marty veut tuer Bobby c’est aussi parce qu’il sait que Bobby le désire sexuellement et qu’il ne peut surmonter cela autrement qu'en tuant celui qui le désire. La piste à suivre paraissait claire et le meurtre aurait été bien plus fort présenté sous cet angle. La vraie question reste comment cette problématique ébauchée pendant presque une quarante minutes peut complètement passer à la trappe ensuite! Car c’est bien deux films et deux histoires qui cohabitent difficilement dans Bully, la première étant abandonnée au profit de la seconde, déséquilibrant ainsi l’ensemble. C’est peut-être là tout le problème de Larry Clark dans Bully pour lequel il n'est pas pas scénariste (c'est néanmoins pour cela que Bully reste à ce jour le meilleur film du réalisateur), il est sans doute plus intéressé par la façon dont il va filmer les corps de ses jeunes acteurs que de gérer la cohérence d’un scénario, coincé entre la reconstitution d’un fait divers réel et le désir de raconter une toute autre histoire, celle de Marty et Bobby, des mœurs particulières d’une génération sacrifiée, pourrait-on dire, même si le terme est galvaudé.

 

Dans ce film Larry Clark apparaît pour la première fois à l’écran dans le petit rôle du père d’une fratrie dont l’ainé est le pseudo tueur maffieux qui apporte sa caution à l’organisation du crime. L’emploi est tenu par Léo Fitzpatrick qui avait le rôle principal dans Kid, ce qui renforce encore l'impression d’unité que l’on a devant l’oeuve du Larry Clark de ses premières photographies à son dernier film.

 

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Le plaisir principal qu'un spectateur peut retirer de la vision de Bully, est la beauté graphique de la danse des corps, de ces jeunes, à la fois innocents et vulgaires, victimes et bourreaux, attirants et écœurants.

 

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Bobby (Nick Stahl) et son "meilleur ami" Marty.
 
Marty (Brad Renfro, mort si jeune !) en famille.
 
Michael Pitt

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DREAM BOY, un film de James Bolton

31 Mars 2026, 06:27am

Fiche technique :

Avec Stephan Bender, Maximillian Roeg, Rickie Lee Jones, Randy Wayne, Owen Beckman, Diana Scarwid et Rooney Mara. 

 

Réalisation : James Bolton. Scénario : James Bolton, adapté du livre éponyme de Jim Grimsley. Musique : Richard Buckner.

USA 2008, Durée : 86 mn. Disponible en VO et VOSTfr.

 

 Maximilian Roeg est Roy

Résumé :

Nathan (Stephan Bender), 15 ans, fraîchement débarqué avec sa famille dans une petite ville du sud profond des États-Unis, est un adolescent intelligent mais timide qui veut s'échapper de l’emprise de son père abusif et violent. Il fantasme sur une relation avec Roy (Maximillian Roeg), un garçon un peu plus âgé que lui qui vit juste à côté de son domicile.

 

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Roy fréquente la même école secondaire que Nathan ; il conduit d’ailleurs l’autobus scolaire. Progressivement, les deux garçons commencent à se parler. Petit à petit leur relation s'approfondit. Rapidement, l'un et l'autre s’aperçoivent de leur commune attirance,mais Roy peine à assumer pleinement leur passion. Un soir, le père de Nathan tente de violer son fils. Ce n'est clairement pas la première fois que cela se passe et l’on comprend alors le désir de Nathan d’échapper à sa famille, d’autant que la mère sait mais ferme les yeux. Nathan doit à la fois cacher les abus dont il est victime et son amour secret pour Roy. Nathan est accepté dans le cercle social de Roy. Il est bientôt invité à aller camper avec Roy et ses amis, Randy et Burke. Pendant cette escapade, ils découvrent une maison abandonnée (et peut-être hantée) dans une ancienne plantation. Une nuit, dans cette maison abandonnée, Roy et Nathan sont découverts en pleins ébats par Randy et Burke, les amis de Roy...

 

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L’avis critique

On appréhende totalement différemment le film si on connaît le roman de Jim Grimsley, au titre éponyme, dont il est issu et si on s’y réfère ou si on l’ignore. En effet, le film que je considère assez réussi est une trahison à un peu près totale du roman, à tel point qu’il me semble qu’il est un véritable abus que le film porte le même titre que le livre. Bolton aurait du en changer et faire figurer dans le générique une expression semblable à « Très librement inspiré du livre » suivie du titre et de son auteur. Ce qui l’aurait libéré des contraintes du roman dont il ne parvient pas à traduire le côté fantastique.

 

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Une fois débarrassés de cette importante réserve, regardons l’objet libéré de ses références.

La première qualité de Bolton est de croire au langage spécifiquement cinématographique et en particulier à la force de l’image. On peut même avancer qu’il lui fait même un peu trop confiance. Ne pas laisser les dialogues, ici malheureusement particulièrement plats, faire avancer l’histoire que l’on raconte est souvent (pas toujours) une bonne chose et une preuve de la qualité d’un cinéaste. Dream Boy est un film peu bavard. Mais il aurait tout de même été utile, par quelques répliques supplémentaires d’éclairer le spectateur sur différents points précis, par exemple comment se fait-il que Roy collégien (dans le sens américain du terme) se retrouve à conduire le bus de ramassage scolaire…

 

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Le cinéaste avait été particulièrement bien inspiré pour son premier film, Eban et Charley, de choisir pour le rôle principal Giovanni Andrade ; disons-le tout de suite, il a eu la main beaucoup moins heureuse pour Dream Boy. Non que Stephan Bender et Maximillian Roeg soient mauvais acteurs, même si Bender a une panoplie d’expressions un peu limitée, mais ils ne correspondent pas aux rôles qu’ils interprètent. Ils paraissent et sont tous les deux trop âgés (je ne parle pas des personnages du roman qui sont beaucoup plus jeunes) pour les situations qu’ils jouent, ce qui nuit à la crédibilité de l’ensemble.

Problème subsidiaire, Stephan Bender (Nathan) est plus grand que Maximillian Roeg (Roy) alors que le personnage doit avoir deux ans de moins que Roy. C’est une erreur tellement grossière que l’on ne comprend pas comment personne ne l’a expliquée à Bolton avant le tournage. Néanmoins ils arrivent à nous faire sentir la délicate incertitude qui caractérise la situation de Nathan et de Roy, qui est mise en valeur par l’interprétation empreinte d’érotisme des deux jeunes acteurs.

 

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Le cinéaste semble d’ailleurs très heureux de ses interprètes comme en témoigne cette réponse faite à un interviewer qui lui demandait comment les deux garçons avaient abordé les scènes intimes : « Ces jeunes gens sont des professionnels. Ils ont pris leur rôle très au sérieux. Ils ont beaucoup puisé dans les personnages du roman. Ils ont aussi passé du temps avec les jeunes de Louisiane. Ils ont également parlé longuement de leur rôle avec moi et des personnages avec Jim Grimsley. Ils n'étaient pas du tout craintifs pour les scènes intimes du film. Il faut dire que Max est le fils du réalisateur Nicolas Roeg et a grandi dans le milieu du cinéma; il a par exemple, parmi tant d’autres côtoyé David Bowie à la table familiale ce qui a fait que c’est un garçon très ouvert d'esprit et professionnel. Quant à Stephan, sa première expérience derrière une caméra, il l’a fait dans Superman Returns. Il ne se demandait pas si son rôle pourrait lui procurer une plus grande célébrité, mais comment puis-je faire pour que mon personnage soit celui que l'auteur et le réalisateur ont envisagé ? Comme ils sont très professionnels, je pense que tous les deux vont continuer à jouer dans beaucoup de films. »

 

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Bolton a choisi de ne pas exactement dater son film. On peut penser qu’il se déroule dans la Louisiane dans le milieu du 20ème siècle.

Le cinéaste est assez inspiré dans la première scène de sexe entre les deux garçons. S’il ne montre pas grand chose, il réussit bien cependant à suggérer leur émoi, leur maladresse, leur fougue et leur plaisir.

La réalisation posée donne au film intensité et puissance. Le souci constant du détail lui apporte une touche très authentique. Le réalisateur a échangé le style urbain de son précédent film, The Graffiti Artist, à la dominante froide pour des images plus romantiques que baigne une lumière dorée.

 

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Peu de cinéastes ont autant de courage que Bolton qui n’hésite pas à s’attaquer à des sujets tabous comme à un amour entre un garçon de 15 ans et un homme qui a le double de son âge dans Eban et Charley et comme ici à l’inceste entre un père et son fils. En filmant les conséquences de l’acte et non celui-ci, le cinéaste n’évite pas l’obstacle, mais réussit mieux à peindre l’atmosphère irrespirable qui règne dans la maison de la famille de Nathan.

 

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Alors que James Bolton était l’auteur des scénarii de ses deux premiers films, dans un journal de Chicago il explique la raison du choix d’adapter un roman aussi difficile queDream Boy d’autant que son auteur Jim Grimsley est aussi un auteur dramatique : « J'ai pensé que c'était une belle histoire qui me touchait de multiples façons. Y compris, les lieux. Je suis né et j’ai grandi dans le Sud, à St. Augustine, en Floride. Je ne crois pas que beaucoup de choses aient changé en Amérique si vous habitez en dehors des grandes villes, c'est encore très difficile d'être jeune et gay. Les enfants sont toujours harcelés dans les petites villes où ils doivent cacher et réprimer leur sexualité. Le fondamentalisme religieux est galopant et à tant d'égards l'estime de soi de ces jeunes est détruit. Je voulais faire un film qui traite de toutes ces choses pour aider à promouvoir un dialogue sur ces sujets. »

 

 

Dans la même interview, il revient sur les difficultés de tournage dans le sud : « Mes deux premiers longs-métrages Eban & Charley et The Graffiti Artist ont tous deux été filmés dans le Nord-Ouest du pays sur la côte du Pacifique. Le tournage dans le Sud a été beaucoup plus difficile que je le pensais. Nous y sommes allés principalement pour retrouver l’atmosphère du roman. C'est une histoire très sudiste et je voulais faire quelque chose d'un peu différent de mes films précédents. Nous avons rencontré beaucoup d'homophobie lors du tournage. Ce qui n'a fait que renforcer les raisons pour lesquelles je voulais faire le film. Il y avait aussi des gens merveilleux... »

Mais Bolton a un peu présumé de ses forces en voulant traiter en un seul film, trop court, des sujets aussi complexes que l’inceste, l’amitié adolescente, la bigoterie du vieux sud et les légendes fantastiques qui le travaillent. C’est tout ce versant onirique du livre de Grimsley que le cinéaste peine a agréger dans un film par ailleurs convaincant par son âpre naturalisme.

 

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Le dvd :

Comme presque toujours chez Optimale, aucun bonus. Pour un tel film, quelques explications du réalisateur sur son choix et les problèmes qu’il a rencontré pour adapter un roman aussi culte n’aurait pourtant pas été inutiles. L’encodage du film est correct.Le film est en v.o sous-titrée,  le film est correctement reporté sur le support, en 16/9, son 5.1 qui restitue fort bien les ambiances et met en valeur une bande originale judicieusement choisie.

 

 

 
 
 

 


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