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CHAT ET STREET ART À GRENADE

25 Juillet 2025, 06:35am

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Grenade, Espagne, avril 2011

 

 

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SINGLE MAN DE TOM FORD

24 Juillet 2025, 06:36am

 

Tom ford a single man 

 
 
USA, 2009, 1h 30 mn
 
 
 
Réalisation: Tom Ford, scénario: Tom Ford d'après le roman de Christopher Isherwood, image: Eduard Grau, montage: Joan Sobel, décor: Dan Bishop, costume: Arianne Phillips, musique:Abel Korzeniowski & Shigeru Umebayashi
 
 
 
avec: Colin Firth, Julianne Moore, Nicholas Hoult, Matthew Goode, Jon Kortajarena
 
 
 
Résumé:
 
 
Nous suivons, sur une journée, George Falconer ( Colin Firth ), un anglais d'une cinquantaine d'années, professeur à l'université de Los Angeles et homosexuel. L'homme est brisé par la mort accidentelle de son ami Jim ( Matthew Goode ), avec lequel il vivait depuis seize ans. George a décidé que cette journée sera la dernière et qu'à son terme, il se tirerait une balle dans la tête. Des retours en arrière, réminiscences du bonheur passé, nous font revivre la passion amoureuse entre Jim et George. Dans son ultime jour, il souhaite faire ses derniers adieux, que ce soit à sa femme de ménage, à sa secrétaire, à ses élèves… Il passe à la banque pour vider son coffre, il écrit des lettres d'adieu pour les uns et les autres, il choisit méticuleusement ce qui sera sa dernière tenue. Cet homme élégant veut partir avec élégance, sans gêner personne. Mais George, découvre la beauté du monde. Tout l'enjeu du film réside dans le suspense suivant: est-ce que cette redécouverte de plaisirs simples, le fait que Charley, sa meilleure amie ( Julianne Moore) lui dise qu'il lui est indispensable et surtout que son bel étudiant préféré, Kenny (Nicholas Hoult) soit amoureux de lui, suffiront pour que George revienne sur la décision de se tuer?
 
 
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L'avis critique
 
 
Il y a des acteurs qui font un sort à chaque réplique et plus rare des cinéastes qui en font un à chaque image. C'est le cas de Tom Ford qui a fait de « Single man » une suite de tableaux où tout est signifiant et a été minutieusement étudié. Les cadrages sont réglés au millimètre. Les couleurs sont minutieusement choisies pour toujours être en harmonie entre elles. Leurs tonalités indiquent l'humeur du héros-narrateur; quand il échappe à son mal de vivre, elles se réchauffent et de ternes deviennent étincelantes. Du moindre plan même d'une non action aussi triviale que son personnage sur les cuvette des W.C. Lisant un livre, le réalisateur le transforme en une image esthétique qui en plus nous informe sur la psychologie de George.
 
Comme vous le savez un de mes vices, est de découvrir dans les films d'époque, et en particulier ceux se déroulant dans le XXème siècle, que nous avons quitté il y a dix ans déjà, l'anachronisme ayant échappé tant au réalisateur, qu'au monteur et à la script, je n'en ai pas vu le moindre durant tout le film. Si je n'ai qu'un léger doute c'est sur le slip de Kenny que bien évidemment je ne quittait pas des yeux, espérant qu'il disparaisse, ce qu'il fit; c'est que j'en trouve l'étoffe bien légère pour un modèle de 1962. J'en appelle aux spécialistes pour me donner leur avis sur le sujet et puis en ce temps là les jeunes américains n'étaient ils pas plus porté sur le caleçon blanc?
 
 
A Single Man
 
 
On peut regretter que le film ne nous offre que de belles vues arrières de la nudité de Nicholas Hoult (voir les images en fin du billet), mais je suppose qu'une vue frontale aurait par les temps qui courent condamné le film à une quasi clandestinité...

 

 

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Tout dans le film n' est qu'une suite d'images superbes. Le moindre objet est une merveille y compris le pistolet avec lequel George doit se donner la mort. La caméra s'attarde sur ces ustensiles souvent lourds de sens, en les isolant dans des plans marquées par une faible profondeur de champ et un piqué sans reproche. « Single man » est un film raffiné qui sous la simplicité de son intrigue offre une lecture à plusieurs niveaux. Le spectateur connaissant un peu l'Amérique de ce début des années 60 n'en retirera que plus de plaisir. Il demande d'être attentif au décor, ce qui n'est guère difficile car trop parfait, il a tendance à monopoliser l'attention. Ainsi aperçoit, on dans le bureau de la somptueuse maison d'architecte que George habite, un petit dessin de DonBachardy. Il est là pour nous rappeler que « Single man » est adapté du roman éponyme de Christopher Isherwood. Don Bachardy et l'écrivain ont vécu ensemble de longues années dans une maison dans les canon de Los Angeles. Single man est en parti autobiographique. C'est en1953, que Don Bachardy, il avait dix-huit ans, a rencontré Christopher Isherwood qui était alors âgé de quarante-huit ans. Ils ont vécu ensemble jusqu'à la mort d'Isherwood en 1986. Un certain nombre de romans d'Isherwood présente en couverture un des portraits au crayon que Bachardy a réalisé de l'auteur. Un film sur leur relation Chris & Don: A Love Story est sorti en 2008. Bachardy figure au générique de « Single man » en tant que consultant...
 
 
 
 
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La superbe maison dans laquelle a été tourné la majeure partie de "A single man" de Tom Ford a été à vendre 1,5 million $, peu après le tournage du film. C'est The Schaffer residence qui a été construite en 1949 par l'architecte John Lautner. Elle est située à Glendale soit à 15 mn de downtown L.A. Me souvenant de mes pérégrinations californiennes, j'ai été surpris qu'une telle maison dans les collines soit aussi près de la plage... J'avais raison, mais c'est la magie du cinéma, dans la réalité The Schaffer residence est assez loin de la mer...
 
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J'ai lu dans une interview du cinéaste, il avait rencontré tout jeune ce couple célèbre lorsqu'il fréquentait leur ami David Hockney. Il nous reste plus qu'à espérer que le surdoué Tom Ford écrive rapidement les souvenirs de ce temps là...
Parfois l'image est si belle que l'on ne peut s'empêcher de la trouver un peu trop parfaite comme celles de la belle scène entre George et Carlos, le jeune prostitué espagnol ( Jon Kortajarena ) qui échangent des propos désabusés et presque tendres devant une immense affiche de « Psychose » où le regard horrifié de Janet Leigh. Pendant leur conversation le ciel de Los Angeles tourne à l'orangé et toute la scène baigne dans une lumière qui se réchauffe progressivement. Ce sont sans doute le souvenir de son ancien métier qui fait que Tom Ford joue constamment sur les couleurs. Par exemple, le réalisateur évoque la monotonie du quotidien de George par le procédé, certes classique, de la désaturation des images qui fait tendre la couleur vers le noir et blanc. Au contraire les couleurs sont saturées dans les scènes où Kenny « ressuscite » son professeur transi. C'est aussi par un artifice de la couleur que Tom Ford parvient a nous faire sentir le déchirement de George, son impossible deuil. Hier il lisait en écoutant de la musique avec Jim, leurs chiens à leurs pieds dans la lumière mordoré de leur salon et le lendemain, il n'est plus là. La couleur a presque disparu. On éprouve la douleur physique de celui qui reste, échoué en un monde qui a perdu tout sens pour ce naufragé. Parfois aussi la colorimétrie varie au sein d'un même plan...
Toute cette magnificence, toute cette science et ce léché de l'image, à un moment de la projection j'ai pensé à Visconti, (et aussi à James Ivory et Wong Kar Wai) sans doute à cause de la morbidité qui sous tend le film comme elle sous tendait « Mort à Venise » et « Violence et passion », fait paradoxalement en partie obstacle à l'empathie que l'on devrait avoir avec Georges cet homme bien sous tout rapport, brisé par un absurde et cruel destin. 
L'artificialité assumée de l'image est en complète contradiction avec le jeu naturaliste, et parfait, des acteurs et avec le genre mélodramatique du récit. Cette collision peut surprendre, décontenancer et même agacer, mais après tout comme ce parti pris est tenu, et avec quelle maestria de bout en bout, il devient un style, une signature, ce qui n'est pas rien pour un premier film, il ne reste plus qu'a attendre la prochaine collection... Tom Ford avant de se mettre au cinéma était styliste; à moins de trente ans il a sauvé la maison Gucci et à moins de quarante on lui doit les derniers feux d'Yves Saint-Laurent. Et voilà que juste avant la cinquantaine, il réalise un film qui ne ressemble à aucun autre, sur un sujet bien peu consensuelle, l'impossibilité d'affronter la vie après la mort de l'être cher. D'autant que cet amour brisé est un amour homosexuel. Il y ajoute quelques thèmes annexes aussi que dérangeant que les relations amoureuses entre un élève et son professeur de même sexe, l'alcoolisme mondain, le fantasme de la peur dans la société américaine... J'ajouterais un regard non dénué de chaleur et de compréhension pour la prostitution masculine. C'est beaucoup, c'est courageux et c'est un véritable tour de force d'aborder tout cela, en invitant à la réflexion en 1heure trente tout juste. Le montage aurait pu être même encore plus sec en s'attardant un peu moins dans certaines scènes de liaison comme celles dans le joli coupé Mercédes 220 S et en écourtant celle avec la petite fille dans la banque.
A propos de cette dernière séquence, que l'on pourrait croire issue d'un film fantastique, il est remarquable que le réalisateur, dans un film aussi dense, mais toujours fluide, se permette des sortes d'apartés dont celle très réussie et à la limite du burlesque, de George cherchant la meilleure position pour s'occire. On croirait du Tati grinçant. Devant d'autre séquences ont peine à déceler si elles sont réelles ou oniriques...
A ceux qui pourrait reprocher le manque de réalisme de son film, Tom Ford a répondu par avance: A ses détracteurs, le cinéaste novice répond : « L’époque du film s’y prête : on est en plein dans l’American Dream, les gens aimaient le chic et l’élégance. Et puis je veux faire rêver les gens : si vous cherchez du réalisme, il y a la télé et les documentaires ! Je crois que même si je faisais un film sur les bidonvilles, il y aurait du glamour ! » .
On ne s'étonnera pas que Tom Ford est situé son premier film à l'homme des années 60. Il a depuis ses débuts de styliste puisé son inspiration dans les modèles de ces années là. La relecture des codes vestimentaires plus que simple recours à une nostalgie factice, est la pratique forgea son style. On peut constater qu’il en va de même pour son entrée en cinéma... Et Colin Firth devint le nouveau Cary Grant...
Tom Ford dans « Single man » ne renie pas son amour de la mode en témoigne la forte présence des lunettes, l'accessoire fétiche du créateur; à ce sujet, on retrouve Nicholas Hoult dans la campagne publicitaire de la collection de lunettes printemps-été 2010 de Tom Ford... On peut aussi considérer que l'impeccable vestiaire des personnages, est un clin d'œil de l'artiste à l'autre facette de sa vie.
Très intelligente est la façon qu'à le scénario, par petites touches, de situer l'histoire privée de George dans l'Histoire, la crise des missiles cubains en 1962... De même c'est avec beaucoup d'habileté qu'il traite la condition des gays américains à cette époque, condamné à la clandestinité même dans un milieu privilégié économiquement et intellectuellement. La discussion que George a avec Charley est très révélatrice à ce sujet. Cette ancienne beauté, griffée par l'abus de gin, ne peut concevoir la relation entre deux homme que comme une un pis aller, une substitution, un ersatz par rapport au seul amour véritable à ses yeux, celui d'un homme et d'une femme dont le but et le devoir est la procréation.
 
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Chaque acteur est magnifié par la caméra d'Eduard Grau. Ce qui n'est pas un exploit lorsque l'on a sous l'objectif d'aussi beaux spécimens humains que Colin Firth qui tient tout le film et qui n'a pas volé son prix d'interprétation à Venise, Julianne Moore, Nicholas Hoult qui a su bien rebondir après « Skins » et Jon Kortajarena mannequin vedette et dont c'est le premier rôle au cinéma, ce qui ne l'empêche pas d'être exemplaire dans la seule scène qu'il a à défendre.
Le fait que cette histoire d'amour soit une histoire entre deux hommes n'est pas primordiale au fond. Tom Ford avec raison veut élargir le propos: << Le thème de l'homosexualité n'a pas été décisif: c'est une histoire universelle sur l'isolement et la perte d'un être cher. Le livre a beaucoup fait parler à sa sortie, en 1964, parce que c'était la première fois qu'un auteur traitait de l'homosexualité d'une façon très normale (...). Pour ma part, je suis très à l'aise avec ma sexualité et, si je devais lister dix choses qui me définissent, être gay n'en ferait pas partie (...) L’une des choses que j’ai toujours aimées de Christopher Isherwood, c’est la manière dont il traite de l’homosexualité, affirme Ford. Le personnage gai de l’histoire est tout simplement dépeint comme un être humain qui vit sa vie (…) Je ne voulais pas que le film soit l’histoire d’un gai ou une histoire vraie, mais qu’il soit une histoire humaine. Plus nous réaliserons que l’amour entre deux personnes, c’est l’amour en tre deux personnes, mieux nous nous porterons tous.»
A noter que dans la bande son on entend entre autres une belle chanson d'époque de Serge Gainsbourg.
J'aurais préféré que le film se termine par un happy end que les protagonistes me semblaient avoir mérité (pour cela partez cinq minutes avant la fin sur le plan de George refermant la chambre sur kenny dormant... L'ami avec qui j'ai vu le film me faisait remarquer qu'il y avait bien un happy end... pour la femme de ménage. Et puis il reste une question qui reste béante qu'est devenu le deuxième chien?
Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image ci-dessous.
 
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Il existe en France un très beau blue ray de ce film indispensable pour pleinement en profiter...

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Sur les plages de Naxos

24 Juillet 2025, 06:35am

Naxos, juillet 2020, photo B.A

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Hockney à la Fondation Vuitton (1)

24 Juillet 2025, 06:34am

Portrait de son père, Premier tableau vendu par David Hockney alors qu'il n'avait pas encore 20 ans.

Paris, juillet 2025, photo B.A.

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LES JARDINS DU GÉNÉRALIFE À GRENADE

24 Juillet 2025, 06:33am

Le plus grand plaisir que peut offrir l'Andalousie est à mon sens celui de se perdre dans ses jardins. Ci-dessous vous trouverez quelques images, j'espère évocatrices, de ceux du Généralife qui se trouvent dans l'ensemble de l'Alhambra ( la rouge en arabe) de Grenade.

 

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Grenade, Espagne, avril 2011

 
 

 

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CHRIS & DON, A LOVE STORY

23 Juillet 2025, 06:33am

 
USA, 2007, 90mn, documentaire biographique 
Réalisation: Tina Mascara, Guido Santi
Résumé:
Chris and Don retrace l'histoire d'amour de plus de trente ans qui unit deux hommes exceptionnels, l'écrivain Christopher Isherwood et le peintre et dessinateur Don Bachardy de 1952 à la mort d'Isherwood en 1986.
 
L'avis critique
Le film commence par évoquer à grands traits la vie de Christopher Isherwood avant sa vie commune avec Don Bachardy. On brosse le portrait de l'écrivain, de sa naissance en 1904 dans une riche famille anglaise, puis ses étude à Cambridgeà ce qui fut une étape importante dans sa vie, son départ en 1929 pour Berlin pour se consacrer à l'écriture et ... aux garçons. En compagnie de son ami le poète W Auden, il tombe amoureux d'une ville où il peut vivre son homosexualité jusqu'à l'arrivée d'Hitler qui le contraint à fuir ces lieux devenus désormais inhospitaliers. Après une errance en Europe, il embarque pour les Etats-Unis, pacifiste convaincu essentiellement pour fuir la guerre, d'abord pour New-York où il ne se plait pas, puis il met le cap à l'ouest et se fixe à Los Angeles. Il y découvre les religions orientales et des jeunes gens à son gout. Sur les rives du Pacifique la carrière littéraire de Christopher Isherwood s'épanouit. En 1952, sur la plage de Santa-Monica, il rencontre un joli garçon de 18 ans, Don...
 

 

 
C'est le Don Bachardy d'aujourd'hui qui évoque d'abord son enfance et son adolescence fascinées par le cinéma et surtout par les stars d'Hollywood. Il nous raconte par le menu les débuts de son aventure avec Christopher Isherwood qui durera trente ans même si elle ne fut pas toujours au beau fixe. Il ne cache pas les réactions d'homophobie que leur relation provoqua. Il faut dire que le très appétissant Don d'alors faisait plus jeune que son âge et arborait parfois des tenues, que l'on voit sur les petits films d'époque, qui étaient de véritables appels au viol.
 
 
C'est avec beaucoup de simplicité et d'émotion que l'artiste renommée d'aujourd'hui se rappelle le garçon ignorant et naïf d'hier, angoissé et ébloui à la fois par les célébrités que son ami lui présentait. Le film est a ce titre un document exceptionnel car on y aperçoit dans leur quotidien, en compagnie du couple, les célébrités les plus diverses que côtoyait Isherwood, W. H. Auden, Forster, Anna Magnani, Burt Lancaster, Igor Stravinsky, Aldous Huxley, Raymond Chandler... Christopher Isherwood emmène son jeune ami en Europe et on les voit en amoureux à Venise et à Paris.
 

 

Comme en témoigne Leslie Caron, John Boorman, Liza Minnelli, et quelques autres Christopher Isherwood n'a jamais caché son ami. Il a toujours fait comme si c'était une évidence qu'ils étaient en couple. Ce qui n'allait pas de soit dans l'Amérique des années cinquante et soixante d'autant que le différence d'âge entre les deux hommes, plus de trente ans, ne passait pas inaperçu. C'est toujours avec la même évidence tranquille dont Don Bachardy ne se départira que lors de l'évocation de la mort de son ami, qu'il explique que c'est Christopher Isherwood qui le poussa à s'inscrire dans une école d'art, malgré l'hostilité de ses parents et que c'est lui qui paya ses études. Isherwood est donc un des très rares pygmalions qui ait réussi.
 

 

C'est avec franchise que Don Bachardy explique que lorsqu' Il a commencé à se rendre compte qu'il pouvait vivre d'une façon indépendante en raison du succès de ses oeuvres, il s'est poser la question de rester avec Isherwood. 
 
 
 
J'ai appris que  pendant les années 70, Chris et Don ont commencé à collaborer sur divers projets d'écriture, tels qu'un "Frankenstein" dans lequel le monstre nait beau et se dégrade au fur et à mesure pour devenir repoussant. Les quelques images que nous voyons de ce film donne très envie de le voir (si quelqu'un en connait le moyen, il est le bien venu.). Car un autre immense intérêt de Chris and Don, a love story, est de nous montrer de très nombreuses oeuvres de Don Bachardy. Celles-ci seront une découverte pour beaucoup de spectateur tant un artiste de son envergure n'a pas le droit de citer dans notre triste landerneau artistique pour les raisons que j'ai moult fois décrites.
 

photographié en juillet 2025 à l'exposition Hockney 25 à la Fondation Vuitton photo B.A

Après la mort de son compagnon, Bachardy a continué avec beaucoup de brio sa carrière d'artiste. On le voit, aujourd'hui, peindre un nu très puissant. J'ai été surpris de ne pas voir David Hockney dans ce film car outre qu'il pris Christophe Isherwood et Don Bachardy comme modèles pour le premier tableau de sa célèbre série des doubles portraits. Le couple fut ses premiers amis en Californie et leur relation était un modèle pour Hockney qui essaya de faire de même avec Peter Schlesinger, mais pas avec le même succès. Ceci explique peut être l'absence d'Hockney. Chris and Don, a love story est un documentaire passionnant, inventif dans sa forme et émouvant qui intéressera aussi bien les spectateurs qui s'intéressent à l'histoire, à la littérature, à l'art contemporain qu'aux belles histoires d'amour. En plus voila un film qui contrairement à de nombreux opus, en particulier ceux du cinéma gay qui nous force à rester 90 minutes avec des gens qui n'ont aucune espèce d'intérêt. Dans Chris and Don nous entrons dans l'intimité, sans voyeurisme, de deux grands artistes que nous sommes ravis et émus de rencontrer.

En 1981 a été diagnostiqué chez Christopher Isherwood un cancer de prostate. Bachardy l'a soigné au cours de sa maladie. Durant les six derniers mois de la vie de l'écrivain, Don Bachardy le prend comme unique modèle et le dessine tous les jours. Ultime preuve d'amour, tentative de repousser l'inéductable... Sur ses dessins extraordinaires de force, presque insoutenables de crudité l'artiste a figé la mort en marche.
Lorsqu'ils étaient éloigné l'un de l'autre, ils s'envoyaient de petites cartes sur lesquelles chacun se figurait en animal, Christopher Isherwood en cheval et Don Bachardy en chat. Ce dernier très spirituellement confesse qu'ils n'ont jamais eu d'animaux de compagnie car ils étaient chacun l' animal de compagnie de l'autre.
Des courts dessins animé ayant un cheval et un chat pour héros ponctuent le film. Ils mettent en scène et à distance les différentes phases de la relation des deux homme de manière à la fois drolatique et émouvante. Au détour de ces insères, on apprend que c'est lors d'une des phases difficiles des rapports entre Chris et Don, lorsque Christopher Isherwood donnait des cours de littérature à San-Francisco, tandis que Bachardy était resté à Los-Angeles, qu'est né "Single man"  merveilleusement adapté par Tom Ford, court roman dans lesquels Christopher Isherwood prend pour héros un homme qui a perdu son amant. Les réalisateurs sont moins heureux lorsqu'ils ont éprouvé le besoin de faire des séquences de reconstitution pour illustrer les propos de Don Bachardy, heureusement elles sont courtes et rares.

 

 
Commentaires lors de la première édition de ce billet
 
le "frankenstein" qu'ils ont écris ensemble, avec James Masson en Polidori et Michael York en créature (ne me souviens plus du tout de qui fait le baron apr contre? David Mc Callum peut être, ou alors je melange deux version?) est passé il y a quelques année sur france 3 en fin de soirée. 
 
Je me rappelle avoir était fortement marqué pour le double sens qui semblait flotter sur 'l'ensemble du film, et je n'ai découvert qu'après qu'il avait été écris par l'auteur fétiche de ma prime adolescence.
...nostalgie!
 
Posté par valentine deluxe, 27 mai 2010 à 21:45
 
oups! après verif, ce n'est pas Michael York mais Michael Sarazin qui faisait la bestiole!
Posté par valentine deluxe, 27 mai 2010 à 21:46
 
Merci...
... de m'avoir fait découvrir ce documentaire, Bernard, après lecture de votre article. J'en sors abasourdi par tant d'intelligence, de beauté, de profondeur... Et je découvre avec une joie infinie l'œuvre de Don Bachardy, stupéfiant portraitiste... Je me demande quel sujet n'est pas abordé dans ce film : la vie, l'amour, la mort, l'art, les correspondances entre les quatre, l'homosexualité, la fascination des gays pour les stars... Je déplore avec vous l'usage (heureusement limité) des reconstitutions, qui s'intègrent moyennement bien à l'ensemble. En revanche, la scène animée finale avec le cheval sur la lune et le chat qui fait dodo est vraiment de trop, et ruine le finale en y apportant une touche de mièvrerie à la limite du risible, bien dispensable après tant de sincère émotion...
 
Un film superbe, ceci dit, qui risque de tourner souvent dans mon lecteur...
 
Posté par BBJane, 27 mai 2010 à 23:01
 
Nota bene...
Que de ressemblances également avec le "Gods and Monsters" de Condon !... Faut-il s'étonner que le spectre de Frankenstein flotte sur l'ensemble ?...
Posté par BBJane, 27 mai 2010 à 23:03
 
réponse à Valentine deluxe
Merci pour toutes ces précisions et informations
Posté par b a, 28 mai 2010 à 06:46
 
réponse à BB jane
Encore merci pour les liens vers le Frankestein.
 
Si je suis entièrement d'accord avec vous avec l'écho que ce film fait avec le Gods and monsters de Condon en revanche je trouve que la petite scène animée est particulièrement bien venu, mettant à distance, pudiquement le chagrin de Don Bachardy. Et faisant que le film se termine par une séquence plus légère que celle des larmes du peintre. Mais ce ne sont là que des détail pour ce film superbe aussi bien dans la forme que le fond
 
Posté par b a, 28 mai 2010 à 06:52

 

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Une saison à Hydra d’Elizabeth Jane Howard

23 Juillet 2025, 06:32am

 

 

Ce n’est pas dénigrer le beau roman d’Elizabeth Jane Howard, paru en Angleterre en 1959, que de constater qu’il a été écrit sous l’influence de Virginia Woolf et que par là même il constitue un idéal tremplin pour aborder l’oeuvre de cette dernière. Le roman se déroule du printemps à la fin de l’été. Nous sommes au milieu des années 50. Nous y visiterons plusieurs lieux successifs d’abord Londres, puis New-York, puis Athènes, puis Hydra, c’est dans cette ile grecques que se dénouera l’action et enfin retour à Athènes. Ces changements de décors  et les transitions, voyages en avion ou en bateau qui les accompagnent sont intrinsèquement liés à la narration.

Il y a quatre protagonistes dans cette histoire, deux hommes et deux femmes. Leur histoire est racontée tour à tour du point de vue de chacun. C’est le même procédé, mais avec plus de maitrise qu'Elizabeth Jane Howard utilisera quelques années plus tard pour sa saga des Cazalet. L’un des plaisirs de ce roman, et ils sont nombreux, est que l’ On en vient à attendre telle ou telle voix dans une nouvelle situation, dans tel ou tel contexte, on se demande ce que l'un ou l'autre a pu comprendre de ce qu'éprouvent les autres et quelle est sa réaction.

Il y a Emmanuel Joyce, un auteur dramatique à succès d’une petite soixantaine d’années. Son talent, le mot génie est employé par l’entourage et le public, en fait une célébrité. Il est d’une origine très modeste, mi juive mi irlandaise. Il est marié depuis une vingtaine d’années avec l’élégante Lillian issue de la meilleure société anglaise de vingt années sa cadette, mais de santé fragile. Ils ont eu une fille qui est morte à l’âge de deux ans d’une méningite. Emmanuel en garde une tristesse récurrente quant à Lillian elle n’a jamais accepté cette perte Elle entretient sa douleur. Emmanuel ne peut se passer de Jimmy, jeune homme de trente ans qui a connu une enfance difficile. Il est son homme à tout faire, à la fois factotum, manager, disciple et souvent metteur en scène de ses pièces. Jimmy vit avec les Joyce, même s’ils n’ont pas de foyer mais vivent dans des grands hôtels ou dans des appartement qu’ils louent pour des courtes périodes ou encore résident dans des maisons que leur prêtent des amis. Ce curieux trio vagabond fonctionne depuis des années et forme une famille, lorsque survient, Alberta, 19 ans, la nouvelle secrétaire d’Emmanuel, une ingénue campagnarde, fille de pasteur. Elle m’a paru, tout de même un peu trop oie blanche, même en 1955 pour être tout à fait crédible.

L’arrivée de la jeune fille va bouleverser la vie des trois autres qui vont eux même faire que la vie d’Alberta prendra un tour qu’elle n’aurait jamais cru possible.

A ce sujet le titre orignal The sea change, est beaucoup plus explicite que le titre français, un brin mensonger. Mais il est vrai que île est centrale dans le texte, c’est qu’il s’agit du lieu où tout va se jouer, comme sur une scène de théâtre. Là-bas, les masques vont tomber et les protagonistes, qui jouaient tous un rôle, vont petit à petit l’abandonner. « The sea change » repris à La Tempête de Shakespeare – Sybille Bedford nous explique tout dans une passionnante introduction – renvoie à de profondes transformations. La vie change, comme la mer, selon certains courants, intérieurs ou extérieurs. Ce roman explore la notion de changement de cap dans une vie, ces moments où soudain tout s’ouvre, le possible comme le pire.

Les portraits de chacun se dessinent progressivement, ni tout à fait blancs ni tout à fait noirs. Chacun a ses blessures secrètes, ses égoïsmes, ses routines, ses espérances aussi. Un besoin de l'autre, et aussi une incapacité à le voir autrement que pas ses yeux et par le besoin qu'il a de lui. Le point de vue alterné de chacun de ces personnages permet au lecteur d'accéder à leurs états d'âme. Par ailleurs, l'évocation de leur passé dont il est question régulièrement éclaire leur comportement présent et leurs choix quant à l'avenir.

On verra chaque personnage à force d’introspection évoluer et même effectuer des changement dans leur personnalité que l’on aurait pas envisagé au début du roman. C’est le cas en particulier d’Emmanuel qui n’est pas présenté au début sous un jour favorable. En même temps que les personnages le ton du roman au début dans la première scène, un suicide raté on est dans un humour noir cynique à la Mitford puis progressivement la gravité s’installe et le ton rappelle celui des grands romans de Graham Greene.

Une saison à Hydra n’est pas un roman à clés même si en tant qu’épouse de Kingsley Amis, Elizabeth Jane Howard a fréquenté les milieux intellectuels aussi bien en Angleterre qu’aux Etats-Unis. L’aura d’Emmanuel de son vivant fait penser à celui qu’en France à eu en France Sacha Guitry, au Etats-Unis Tennessee William et en Grande Bretagne Noel Coward et un peu plus tard Harold Pinter. Mais un des manques du roman est que l’on a pas véritablement idée de la teneur des pièces qu’écrit Emmanuel Joyce. Il est d’ailleurs peu question du travail de l'écriture, de la mise en scène ou de ce qui fait l'intérêt d'un comédien. Mais avec les entrée ssuccessives de chacun des personnages et les dialogues brillants, on a parfois l’impression d’être dans une pièce de théâtre. On peut regretter aussi que les personnages secondaires ne soient pas assez développés. J’aurais aimé en savoir un peu plus sur le couple émouvant des Friedman et surtout sur Julius, l’enfant sur-doué d’Hydra.

Elizabeth Jane Howard est une extraordinaire paysagiste. Chose peu fréquente pour un lecteur j’ai pu de visu le vérifier puisque j’ai lu ce roman dans une ile grecque avec devant les yeux des paysages assez semblables à ceux d’Hydra

La force de la romancière c’est de faire parler et réfléchir d’une manière convaincante des personnes d’âges et de conditions différentes.

Tout cela est mené de main de maitre, chaque détail, chaque scène, chaque description est utile au développement de l’intrigue et l’on éprouve beaucoup d’émotion en quittant le quatuor.

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EGERMEIER LE VOYAGE EN ITALIE 4

23 Juillet 2025, 06:31am

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promenade à Santorin

23 Juillet 2025, 06:30am

 

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CHRISTOPHER ET HEINZ, UNE HISTOIRE D'AMOUR BERLINOISE (CHRISTOPHER AND HIS KIND) UN FILM DE GEOFFREY SAX

22 Juillet 2025, 06:39am

 


Grande Bretagne, 2010, 89 mn

 
Réalisation: Geoffrey Sax, scénario: Kevin Elyot, musique: Dominik Scherrer, Photographie : Kieran McGuiganMontage : Paul KnightDécors : Suzie Davies
 
Avec: Imogen Poots (Jean Ross), Matt Smith (Christopher Isherwood), Toby Jones (Gerald Hamilton), Lindsay Duncan (Kathleen Isherwood), Will Kemp (Bobby Gilbert), Douglas Booth (Heinz Neddermayer), Iddo Goldberg (Wilfred Landauer), Alexander Doetsch (Caspar), Tom Wlaschiha (Gerhardt Neddermayer), Pip Carter (Auden) 



 
Résumé
 
Christopher Isherwood (Matt Smith) arrive à Berlin en 1929. Il fréquente les nombreuses boîtes de nuit où dansent, chantent et se séduisent des hédonistes des deux sexes. Il est souvent accompagné de son ami (et parfois amant) le poète W. H. Auden qui bientôt rentre en Angleterre. L'écrivain après s'être amouraché d'un musculeux Caspar (Alexander Doetsch) qui ne tarde pas à disparaitre, tombe follement amoureux d'un très joli jeune cantonnier allemand, Heinz Neddermayer (Douglas Booth). Mais l'ombre des nazis commence à planer. Dans l'entourage d'Isherwood, certains s'inquiètent, comme son copain juif Wilfrid Landauer ou la chanteuse Jean Ross. Christopher et Heinz partent en Angleterre. Mais les autorités ne veulent pas de cet immigrant homosexuel..
 

 

 
 
L'avis critique
 
Avec Christopher et Heinz, voilà le deuxième film après,  Chris & Don, a love story mais qui se situe chronologiquement vingt ans avant, que je visionne en quelques mois d'après la vie de Christopher Isherwood. Je ne compte pas " single man de Tom Ford"  qui, s'il contient probablement des éléments autobiographiques, est lui tiré d' un roman de Christopher Isherwood. Dans Christopher et Heinz, il s'agit bien de la vie réelle de l'écrivain et non d'un de ses fantasmes.
 
 
Dans une des premières scènes très pédagogique, la BBC dont le film est une production n'oublie jamais le volet pédagogique de ses fictions, ce qui rend les scènes d'exposition un peu convenues, nous est présenté la situation d'Isherwood en 1931 qui part à Berlin pour échapper à l'atmosphère familiale étouffante et pour les garçons. Berlin était alors la Mecque de l'homosexualité comme le montre sans tergiverser "Christopher et Heinz. Le film est en écho ou plutôt en assonance avec Cabaret. Mais il donne une vision plus juste de l'expérience du groupe d'"oxbridge" qui se trouvait en Allemagne, Berlin pour Isherwood et Hambourg en ce qui concerne Spender, au début des années trente, essentiellement pour des raisons sexuelles.
 
 
 
Le film étant anglais les acteurs sont impeccables, bien qu'ayant vu le film en version française cela ait un peu gâché mon plaisir et les reconstitutions d'époque sont soignées, les gares sont enfumées à souhait, cela allait presque de soit sans le dire lorsque l'on a à faire à une oeuvre télévisuelle britannique.
 
 
Ce téléfilm est directement inspiré des mémoires de Christopher Isherwood, "Christopher and His Kind", publiés en 1976 en Angleterre, mais sauf erreur de ma part toujours pas traduite en français. L’écrivain britannique y raconte entre autre son séjour à Berlin de 1929 à 1939, date à laquelle il alla s'installer aux Etats-Unis où il est mort en 1986 à l'âge de 81 ans.
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Le réalisateur abuse un peu trop des ambiances nocturnes. Les profondeurs de champ sont toujours maximum, ce qui permet d'admirer les décors et parfois autre chose... Je m'en voudrais de ne pas insister sur la reconstitution de l'Allemagne de ces années là qui est impressionnante. Les anglais sont imbattable dans les reconstitutions historiques, non seulement ils restituent des décors mais ils savent en ressusciter l'âme.
Le film me fait m'interroger sur la curieuse attitude que je trouve assez lâche d'Isherwood. Si on nous le montre tardivement critique envers les nazis, il se proclame presque jusqu'à l'avènement d'Hitler, jusqu'au moment où il voit les nazi faire un bucher des livres interdits, politiquement neutre. Vivant en spectateur des troubles puis des drames que vit le pays où il habite depuis plusieurs années, sans semble-t-il prendre conscience que le glas a sonné pour les plaisir qu'il y est venu chercher. Je crois que Auden lorsqu'il dit à son ami que la seule cause qu'il lui importe c'est lui même, en quelques mots définit bien le Christopher Isherwood des années trente... Mais avec le temps le nomade Isherwood s'est fixé en Californie et y a perdu son égoïsme... 
 Si "Christopher et Heinz" dans notre époque où la plupart des hommes ne semblent pas avoir plus de mémoire qu'un poisson rouge en apprendra beaucoup sur les moeurs de l'Allemagne de Weimar à la plupart par son didactisme, je crains que celui-ci rebute les plus informés. Certains personnages sont là que pour fournir une information sur l'air du temps au spectateur mais ne sont pas utile à l'intrigue proprement dite. Ils sont là au même titre qu'un élément de décor, pas plus, pas moins.
 
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Si les rapports sexuels entre homme sont montrés d'une façon très explicite,  à mon avis inimaginable à la télévision française, pour cela j'aimerais bien voir, pour comparer une biopic d'André Gide, c'est tout de même assez pudique.
Comme toujours, lorsqu'un film met en scène des personnages ayant existés, dont l'apparence est connue, de moi tout du moins, je suis gêné lorsque l'acteur l'incarnant ne ressemble en rien à son modèle. Si Matt Smith qui campe aussi actuellement le célèbre Doctor Who dans une série du même nom, fait un jeune Isherwood tout à fait possible, il n'en est pas de même pour Pip Carter qui est beaucoup plus beau que le véritable Auden qui était fort laid. Heinz est incarné par Douglas Booth, qui a joué récemment Boy George dans un téléfilm toujours inédit en France.
 
 
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Christopher et Heinz est une plaisante illustration, bien qu'un peu appliquée, du volet berlinois de l'indispensable essais de Florence Tamagne, "L'histoire de l'homosexualité en Europe, Berlin, Londres, Paris 1919-1939 paru en 2000 aux éditions du Seuil. Il ne faut pas oublier que la suite de l'histoire, non pour Christopher Isherwood, mais pour la plupart des silhouettes aperçues dans ce film, ce fut " BENT "...
 
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Petite annexe à ce billet; Quatorze ans après  les 1.100 pages du premier tome du journal intime d' Isherwood qui recoupait entre autres les années que couvre "Christopher et Heinz, voici la suite qui va de 1960 à 1969. Isherwood a besoin de 800 pages pour raconter ces dix années d'inquiétude et d'introspection. La grande crainte d'Isherwood est alors de voir Don Bachardy le quitter pour un de ses nombreux amants. A ce propos ce journal donne un aperçu un peu moins idyllique de la relation entre les deux hommes que le film Chris et Don. On voit Isherwood souvent bouder. On a le sentiment que Bachardy fait planer constamment sur son amant et mentor la menace de leur séparation. Il y a aussi les voyages, entrepris seul ou avec Don. En particulier celui en Inde où Isherwood est invité à déjeuner par Nehru en compagnie d'un aréopage improbable comprenant Irving Stone, Marlon Brando et Danny Kaye! On trouve aussi dans ces pages des portraits assez caustiques de ses vieux amis comme Auden, Spender, E.M. Forster. Est-il envisageable d'espérer une traduction française de ce massif aussi intéressant par son analyse psychologique d'une relation amoureuse entre deux hommes sur une longue période que sur l'histoire littéraire du XX ème siècle. L'ouvrage, bien relié, à l'américaine est très facilement trouvable sur Amazone, environ trente euros ou si vous êtes à Londres dans toutes les librairies. Le livre ne passe pas inaperçu.

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