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Boudin au Musée Marmottan-Monet (4)

17 Juillet 2025, 06:39am

Paris, juillet 2025, photo B.A

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MOSKO ET ASSOCIÉS OU LE STREET ART FRANÇAIS SUR LES MURS DE LA HAVANE

17 Juillet 2025, 06:38am

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Cuba, La Havane, décembre 2009.

 

 

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LE GARÇON AU BÂTON, TROCA 85

17 Juillet 2025, 06:37am

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Trocadéro, Paris, mai 1985

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Dans la vieille ville de Phuket

16 Juillet 2025, 07:10am

Phuket, Thailande, mars 2025, photo B.A

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UNE APRÈS MIDI AU TROCA

16 Juillet 2025, 07:09am

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Paris, mai 1985

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sur la plage de Paros

16 Juillet 2025, 07:08am

Paros, juillet 2020

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LE FOND DES FORÊTS DE DAVID MITCHELL

16 Juillet 2025, 07:07am

 

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David Mitchell a eu bien raison d'écrire son livre de souvenirs sur son enfance, surtout et d'abord parce que c'est un beau livre mais aussi du fait qu'il a rendu son double, Jason Taylor, très sympathique, il met tout lecteur qui a lu « Le fond des forêts » en bonne disposition pour aborder les autres volumes de son oeuvre.

Le fond des forêts (Black Swan Green en version originale) est l'histoire du jeune Jason Taylor, treize ans, qui vit à Black Swan Grenn, dans le quartier le plus bourgeois de ce bourg qui se situe dans le Worcestershire (au centre de l'Angleterre entre Birmingham et Oxford pour vous situer). Il a un bégaiement qu’il a surnommé « le pendu » (c’est dire s’il l’étouffe); il parvient au prix d'immenses efforts, à le dissimuler à presque tous, il est embarassé par son âme de poète qu’il faut à tout prix dissimuler sous peine d’être traité de « tarlouze », il n'est pas le garçon le plus populaire de son l'école, il brise la vénérable montre ancienne de son grand-père, relique familiale que lui a donnée son père, et il y a quelque chose de bizarre et de désagréable entre ses parents qu'il ne veut pas comprendre.

Il n'est pas difficile, malgré le contexte extrêmement anglais (les nombreuses références à la civilisation britannique peuvent déconcerter au début mais ensuite, grâce aux utiles notes en bas de page de l'excellent traducteur qu'est Manuel Berri, elles procurent un exotisme confortable) , de se reconnaître dans Jason, mis à par que vous comme moi, vous n'étiez pas aussi sensible et intelligent que ce garçon, car nos parents avaient aussi des problèmes de couple et s'en prenaient parfois à nous sans raison. Nous nous sommes également chamaillés avec nos frères et nos sœurs. Nous avons été irritable avec nos amis. Nous avons tentés de faire des choses pas très belles pour se rendre populaire auprès des copains... C'est la sincérité des réactions de Jason face à ces situations qui rend l'histoire tellement convaincante. Ce qui fait de Jason un garçon aussi attachant c'est qu'il réagit toujours à la hauteur de ses treize ans tout en étant toujours surprenant pour le lecteur et parfois pour lui même.

David Mitchell a précisément daté son livre. Nous sommes en 1982. Les anglais ont gagné la guerre des Malouines, très présente dans un des chapitres. Margaret Thatcher est au sommet de sa popularité. Cette peinture de l'Angleterre blanche et provinciale de 1982 m'a fait rêver. On y trouvait encore de beaux garçons de quinze ans qui lisaient et admiraient Owen, Brooke et Orwell... Je doute que cela existe encore trente ans plus tard...

« Le fond des forêt » est une belle illustration des bienfaits de la contrainte. En effet si Jason n'avait pas eu ce bégaiement qui l'oblige à être plus spectateur qu'acteur, alors qu'il n'est en rien introverti, à réfléchir au mot qu'il va employer pour ne pas buter dessus et ainsi faire une constante recherche de vocabulaire, il aurait certainement rejoint les barbares poilues comme les appelle sa vieille amie madame de Crommelynck. Jason n'aurait pas écrit de poèmes et David Mitchell, victime du même embarra de langue que Jason ne serait pas l'écrivain qu'il est.

Le chapitre dans lequel madame de Crommelynck dialogue avec Jason et lui tient des propos, qui pour certains lui passent très au dessus de sa tête, même s'il se rend compte de l'importance de cet instant où pour la première fois un adulte s'adresse à lui comme s'il était son égal est un grand moment d'émotion et de littérature.

Madame de Crommelynck, personnage hautement romanesque, en regard de l'esquisse d'intrigue que Mitchell introduit à son propos dans le fond des forêts pourrait bien réapparaitre dans un prochain opus du romancier. Elle le mérite.

Il y a des castes à l'école, de la même façon qu'il y a des castes dans la société indienne. Il y a le brahmane, la plus haute caste, que tout le monde honore. Il y a les intouchables, la caste la plus basse, que tout le monde évite. Et puis, il y a certaines castes dans le milieu dont personne ne se préoccupe vraiment de sauf si vous êtes dans l'une d'elles. La plupart des gens appartiennent à ces obscures castes intermédiaires, habituellement personne ne s'en soucie beaucoup. Il faut remercier David Mitchell d'avoir choisi son héros parmi elle.

Cette peinture extrêmement fine du quotidien d'un collégien dans l'Angleterre profonde, mais déjà investi par les rurbains, avec les brimades sadiques qu'endure Jason de la part de certains de ses camarades m'a choqué. Me souvenant de mes lointains treize ans et de ma scolarité, je n'ai jamais été témoin d'une telle méchanceté gratuite. Est-ce à dire que les petits français sont plus civilisés que les petits anglais? Ou que les garçons du début des années 60 avaient plus d'humanité que ceux du début des années 80? Où encore est-ce le contexte économique et politique, très dure en Angleterre en 1982 qui favorise la cruauté chez les jeunes? Autant de questions dont je ne connais pas les réponses mais que le livre force son lecteur à se poser.

Une autre réflexion qu'amène la description du quotidien de Jason est que celui-ci est plus près de celui des garçons du « Grand Meaulnes », sous l'égide duquel son auteur a placé « Le fond des forêts », que celui d'un pré-adolescent d'aujourd'hui. Il n'y a pas encore d'ordinateur individuel, pas de consoles de jeux, elles n'en sont encore car leur balbutiement et il faut aller dans les salles d'arcade pour jouer et bien sûr pas de téléphones portable et autres intrusions messagières dans le fil des jours, une autre époque vous dis-je...

Si j'ai cité « Le grand Meaulnes » c'est que Mitchell revendique ce parrainage pour son ouvrage. Madame de Crommelynck donne le roman d'Alain Fournier à lire, en français, à Jason. Pourtant on pense plus à cet autre livre contemporain du « Grand Meaulnes » qu'est la guerre des boutons de Pergaud mais une guerre entre enfants beaucoup plus noire et violente que celle décrite par Pergaud, d'une cruauté digne de sa « Majesté des mouches » que Mitchell cite également. Mais il est vrai que tout comme Alain Fournier, Mitchell à l'art d'instiller du fantastique dans les replis des paysages. Il sait retranscrire les histoires que les jeunes garçons se racontent pour « épouvanter » la réalité (parmi les romanciers contemporains, je ne connais que Robert McCammon avec son « Mystère du lac » pour avoir fait aussi bien).

On remarquera que tout comme dans ses deux premiers romans (en fait le premier et le troisième car le deuxième number9dream n'est pas traduit en français, encore un petit effort messieurs dames des éditions de l'Olivier), Mitchell procède pour la construction de son ouvrage par une succession vignettes plus ou moins longues. Les treize chapitres de ce livre de 474 pages sont chacun des petits bijoux de nouvelle qui pourraient se lire indépendamment les unes des autres; visiblement l'auteur a du mal avec les transitions, ce qui nuit à la continuité de son récit; celle-ci, contrairement à ses autres livres, est néanmoins grandement aidée par le choix d'un narrateur unique s'exprimant à la première personne, souvent en des monologues introspectifs d'une grande intelligence, mais cependant, et c'est la grande réussite du livre, toujours crédible pour les treize ans de Jason. L'écrivain a réussit à corriger ce défaut de discontinuité dans son dernier roman, Les mille automnes de Jacob de Zoet . Ce véniel défaut du « fond des forêts » fait que l'on a l'impression que tout ce qui arrive à Jason, sauf les deux derniers chapitres, est simultané, alors que le récit se déroule sur un an.

Au propos de la nature de ses livres, recueils de nouvelles ou romans, David Michell répondait dans une excellente interview (en intégralité:http://seren.dipity.over-blog.fr/article-33254048.html): << Je crois que tous les romans sont faits de nouvelles dont les débuts et les fins se mélangent et se fondent. J'espère que Le Fond des Forêts peut également être lu comme un recueil de nouvelles, et d'ailleurs certains des chapitres ont été publiés en tant que nouvelles pendant que je l'écrivais. Les nouvelles relèvent d'un art plus élevé et plus exigeant que j'espère découvrir en vieillissant et en m'adoucissant.>>.

Avec beaucoup de malice, pour circonvenir l'exercice mémoriel et pour l'inscrire dans la continuité de son oeuvre, alors que "Le fond des forêts" est en rupture avec ses premiers romans, Mitchell introduit un des personnages de « La cartographie des nuages » que l'on retrouve soixante ans plus tard et qui m'a irrésistiblement fait penser à Marguerite Yourcenar, si celle-ci n'avait pas choisi comme thébaïde une ile du Maine mais un ancestral presbytère du Worcestershire... Je ne vous en dirais pas plus sur l'identité de ce revenant pour ne pas déflorer cette jubilatoire surprise.

Dans l'interview, déjà citée préalablement, Mitchell s'explique pour quelle raison, il a entrepris l'écriture de « Fond des forêts »: << J'ai effectué beaucoup de recherches pour Cartographie des Nuages (bien qu'on soit loin des recherches pour le nouveau), alors Le Fond des Forêts fut une sorte de vacance pour moi en termes de recherches. Je voulais également écrire un livre qui m'aide à me comprendre davantage, ce que je n'avais jamais fait avant. Avant Le Fond des Forêts, j'avais évité les personnages pris dans des tourmentes familiales - ils étaient libres, flottants et sans famille, comme les personnages chez Murakami - mais en devenant papa, je me suis intéressé davantage aux situations familiales complexes comme sources d'inspiration pour ma fiction.>>.

Il était de bon ton, avant la mode de l'envahissante auto fiction, de se moquer des auteurs qui écrivaient leurs souvenirs lorsqu'ils étaient encore jeunes, et bien je pense que c'est un tort car si David Mitchell avait attendu son « Fond des forêts aurait perdu en fraicheur.

En outre d'avoir écrit ce merveilleux livre qui m'a procuré tant de plaisir, je suis reconnaissant à David Mitchell d'avoir mis en scène un garçon qui n'aime pas ses parents d'une façon immodérée (il faut dire que ce fut mon cas); cela nous repose de tous ces livres, généralement assez mauvais dans lesquels l'auteur hisse laborieusement son géniteur (curieusement plus souvent que sa génitrice) sur un piédestal qu'il voudrait inexpugnable.

Jason fait parti de ces êtres de papiers dont j'aimerais beaucoup avoir des nouvelles, connaître la suite de son histoire. C'est malheureusement rare de retrouver un personnage dont pourtant vous vous êtes senti si proche le temps d'une lecture, mais avec David Mitchell je ne désespère pas tant il est enclin à faire revivre ses créatures de livre en livre. Je rêve que Jason Taylor devienne l'Antoine Doisnel de David Mitchell.

 

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Keith Vaughan (2)

16 Juillet 2025, 07:06am

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Keith Vaughan, Theseus and the Minotaure (Interior at Minos)
 
En 1952, il déménage dans un appartement  à Hampstead où il vécut jusqu'à sa mort. Cette même année, il découvre les  travaux de Nicolas de Staël à la Matthiesen Gallery de Londres. Ce qui l’aide à réconcilier la  figuration et l'abstraction, éloquence et sensualité  dans sa peinture. Cette même année  il commence une série de peintures de grands groupes. Ils sont fondés sur sa conviction que la figure humaine, le nu, est encore valable pour transcrire les aspirations de l’homme, ses rapports avec la vie de son temps pour l'expression de l'homme les aspirations et les réactions à la vie de son temps. Ces figures héroïques,  de travailleurs agricoles ou d’ouvriers, donnent le sentiment d'être isolés les uns des autres. Ils ont souvent des postures christiques. Est-ce la réminiscence des fresques religieuses de la chapelle de son école? Les couleurs en sont sourdes et puissantes. Le paysage épuré semble être comme une toile de fond d’un décor de théâtre, qui pèserait  sur eux.
 
 
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Souvent il semble plus libre, avoir plus de virtuosité dans ses œuvres peinte à la gouache que dans celles à l’huile. Cette particularité assez rare en fait à mon sens un des plus grands maîtres de la peinture à la gouache du vingtième siècle.
 
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Tout en se concentrant sur  le sujet de la figure masculine, ses travaux sont devenus de plus en plus plus abstraits avec le temps. En 1954 il est professeur à l'école  des beaux-arts de Slade, où il a David Hockney comme élève...
A partir de 1966 il partage son temps entre son travail de peintre, et l'enseignement à temps partiel à la Slade. Ayant acquis un chalet dans l’Essex, il y passe les fins de semaine et des périodes de plus en plus longues ainsi les paysages de l’ Essex deveniennent de plus en plus présent dans ses peintures à partir de 1968.
 
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Toute sa vie il a beaucoup voyagé, en France, en Irlande, en Méditerranée, en Afrique du Nord, au Mexique et aux États-Unis. Il fut aussi artiste résident à l'université de l'Etat de l'Iowa pendant l’année 1959. En 1962 une rétrospective de son œuvre est organisée à la galerie d'art de Whitechapel. Vaughan est également connu pour son journal intime. Des d’extraits de celui-ci sont publiés en 1966 et connaissent un certain retentissement. Mais c’est en 1989, après la mort de l’artiste, avec l’édition de plus larges extraits de ce journal que l’on mesure l’importance de Vaughan en tant que diariste. Dans ces écrits on découvre entre autres, un homme tourmenté par sa sexualité.
 
 
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Vaughan a été un peintre tout à fait reconnu dans son pays.  Il est devenu un membre honoraire du Royal College of Art en 1964 et en 1965 il a reçu un CBE (Citoyen d’honneur de l'Empire britannique). Il a aussi collaboré au magazine The london magazine (les deux reproductions ci-dessous).
Berwick Street Market
Hyde Park un dimanche matin 
 
 
Vaughan a également conçu des motifs pour des tissus. En 1958, il a été nommé le Designer de l'année pour son travail pour l’ entreprise de textile, Weavers d’Edinbourg.
Vaughan a reçu un certain nombre de commandes publiques. The Arts Council demande à l’artiste de créer une fresque murale intitulée “Au début du temps” pour le Dome of Discovery au Festival de Grande-Bretagne en 1951. Il a aussi conçu en 1954 une fresque murale en céramique pour Corby New Town dans le Northamptonshire.  En 1963 London County Council lui commande de peindre une fresque pour le Aboyne Estate Clubroom de Wandsworth.
 
 
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Aujourd’hui hormi à la Tate Britain Gallery de Londres et dans des musées de la province anglaise, il est assez difficile de voir les oeuvres de Vaughan car nombreux de ses tableaux sont dans des collections particulières. Le critique d’art Anthony Hepworth a récemment annoncé qu’il préparait le catalogue raisonné de l’artiste.
Malgré un succès considérable, Vaughan est de plus en plus auto-critique, mélancolique et solitaire. Après qu'on lui ait diagnostiqué un cancer du côlon en 1975, et souffrant d'une maladie grave des reins et de dépression (aggravée par la mort de sa mère en 1976), il se suicide le 4 Novembre 1977 en prenant une surdose de médicaments.
 
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En 2OO7 à la Victoria Art Gallery de Bath une rétrospective du peintre a connu un vif succès, preuve que si le peintre est je crois très méconnu en dehors de son pays (bien que des collectionneurs français possèdent de ses oeuvres, il s’en trouvait parmi les prèteurs de cette manifestation), il jouit d’une notoriété certaine dans celui-ci.
 
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Vaughan a été avant tout fasciné par le corps humain de sexe masculin, qui, comme Bernard Denvir l’observe dans le catalogue de l’ exposition des œuvres de l’artiste au Birmingham City Museum & Art Gallery, en 1981: << pris dans son travail une importance que le sujet n'avait jamais connu auparavant dans l'histoire de la peinture britannique. >>.
 
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Vaughan représente “l'homme”, souvent nu. Les traits de son visage sont généralement trop indistincts pour que l’on puisse identifier le modèle. Il situe ses figures dans un environnement, un paysage stylisé, qui semble hostile. Paradoxalement chaque élément présent dans ses toiles est une réminiscence de son vécu. Ses paysages sont peints d’après les endroits où il s'est rendu, qu’ il a parcouru; ses silhouettes correspondent à  des personnes qu'il a connues.   Ses tableaux sont aussi ceux de quelqu'un qui se sentait à l'extérieur, en quête de relations mais dans lesquelles il ne peut pas être acteur...
 
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Keith Vaughan accompli quelque chose assez rare dans la peinture britannique, mais qui est au coeur de la tradition picturale européenne: la  communion de l’homme avec la nature. On peut dire que le thème remonte et vient de la Grèce antique. Mais il n’est devenu une préoccupation consciente de l'art qu’ avec Cézanne.
 
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En 1950, Vaughan expliquait ainsi la relation entre la nature et la pratique de son art: << La nature constitue la matière vivante qui est le point de départ de l'art. Mon travail comme artiste est d'utiliser ce matériel en vue de transcrire avec clarté ces sensations que chaque personne porte en lui depuis la naissance et qui chez moi ne peut être exprimé par d'autres moyens. Mon but est de produire une peinture qui, par ses associations de formes et de couleurs, offre une expérience visuelle comme abstraite,  comme le ferait un morceau de musique. Je ne fais pas une peinture purement abstraites parce que j'estime que celle-ci n'a pas la même validité en peinture que dans le monde de la musique. Au contraire, je préfère faire découvrir des formes qui conservent l'essentiel de leurs origines dans la nature et peuvent en même temps être combinées en une seule unité. Car sans cette unité les différentes formes ne peuvent pas éclairer les unes les autres et créer cette nouvelle réalité qui est l'œuvre d'art.>>.
 
 
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C’est probablement par le biais des toiles cubistes de Matisse que Vaughan construit ses tableaux avec leur opposition entre des lignes anguleuses, dures, et d’autres plus douces, géométriques et organiques. Il installe dans cette nature recréée, ses personnages. Ce sont des figures masculines, ils sont presque toujours vus frontalement. Ils sont nus. ils leurs manquent presque tous les détails qui donneraient quelque peu une idée de leur personnalité ou même de leur vie sexuelle. Leurs visages en particulier sont sans caractère. Ils sont bien campés, mais leurs poses n'ont pas de rôle narratif. S’ils ne sont pas tout à fait idéalisés, Vaughan veut peindre l’homme dans son universalité. Vaughan parle d'eux comme des êtres spirituels. Il a déclaré: " Ce n’est de savoir ce qui rend les hommes différents qui m'intéresse, mais ce qui unit les hommes ".
Sur une base classique Vaughan a réussi à s’ exprimé  avec une rare concision. Vaughan s'est lentement éloigné de son style néo-romantique du début pour aller vers une peinture plus abstraite, mais il ne put et voulut jamais se libérer de la figure de l'homme. Profondément atmosphérique, il a peint des figures généralement solitaires, que l'on peut voir comme vulnérables, qu'il est difficile de ne pas voir comme des autoportraits. 


 
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Tout au long de sa carrière, Vaughan a maintenu une différence entre les oeuvres qu'il faisait en vue d’une exposition et celles qui avaient un caractère purement privé.  Ce deuxième groupe, créé tout au long de sa carrière, est constitué de plusieurs centaines de dessins au crayon ou à la plume et à l’ encre, représentant tous des jeunes hommes.
 
 
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Bien que le style de ces dessins se soit modifié au fil des ans, il vont du presque abstrait à l'érotique, ils sont libres des inhibitions qui apparaissent parfois dans ses tableaux destinés aux expositions. Ils révèlent plus pleinement que ses autres œuvres son amour et son obsession pour les jeunes corps masculins. En 1991 les éditions Philip Graham ont édité un recueil de ces dessins sous le titre: “ Keith Vaughan 1912-1977: Drawings of the Young Male”.
 
 
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À l'instar de nombreux gays de sa génération et de sa classe, Vaughan a été troublé par l'insécurité au sujet de sa sexualité.  Une grande partie de ce que l'on sait sur ses pratiques sexuelles proviennent de son journal, qu’ il a commencé à écrire dès août 1939 et qu’il a continué jusqu'au matin de sa mort, trente-huit ans plus tard.
 
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Dans celui-ci, il écrit: << La vérité n'est pas nécessairement belle, mais elle peut être utile aux autres >>. Voilà la raison, résumée en peu de mots, pour laquelle Vaughan a  décidé de dire la vérité au sujet de son homosexualité. Après cette ligne, il décrit explicitement ses pratiques sexuelles avec d'autres hommes, ses masturbations et ses expériences sadomasochistes.
 
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Vaughan donne un aperçu des relations qu'il avait avec d'autres hommes, qui sont souvent issus de la classe ouvrière tel John McGuiness, Johnny Walsh, et surtout son compagnon Ramsey Dyke McClure. Tout comme Minton, il a été attiré par un idéal de beauté masculine de la classe ouvrière. Cette inclinaison s’est avérée frustrante pour lui car il aspirait à trouver un partenaire qui pourrait être aussi son égal intellectuel tout en l’ attirant physiquement.
 
Keith Vaughan Communication of Hate circa 1943
1943

 
Bien que Vaughan ait écrit librement sur sa sexualité dans ses journaux intimes ainsi que dans les courtes nouvelles érotiques, qu’ il a écrivait pour son propre plaisir, il a été un produit de son époque. Il a grandi en un temps où les gays étaient conduits à vivre leurs goûts d’une manière souterraine et de se sentir coupable au sujet de leurs préférences sexuelles.
Keith Vaughan a été pris entre la mort du mouvement néo-romantique et la naissance du Pop Art (il était l'ami de John Minton, et plus tard, David Hockney, entre autres); torturé par la solitude et par son homosexualité, Vaughan est un personnage tragique.
 
Small Assembly of Figures, 1951





Seaside Entertainers, 1947





Return of the Prodigal Son.





Orpheus, 1954





Ninth Assembly of Figures (Eldorado Banal), 1976





Neapolitan Bathers, 1951





Men and Boat, 1948





Leaping Figure, 1951
 

Nude Standing by a Chair





 

Bathers By A Grey Sea, 1947

 
 
 
 
 
 
 
 
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Bibliographie:
 
  • Keith Vaughan. Journaux et schémas, 1966, édité à Londres par Alan Ross, 219 pages.
  • Keith Vaughan : Journaux 1939-1977, Alan E-D Ross, 1989, édité à Londres par John Murray, 217 pages, ISBN 0-7195-4732-6.
  • Keith Vaughan, sa vie et travail, Malcolm Yorke, 1990, édité à Londres par Constable, 288 pages, ISBN 0-09-469780-9 (Livre cartonné)

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KEITH VAUGHAN (1912-1977) 1

16 Juillet 2025, 07:06am

Keith Vaughan par Felix H. Man (Hans Baumann) 1945

 

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vaughanphotomw18766Keith Vaughan est né le 23 août 1912 à Selsey dans le Sussex, en Angleterre, mais ses parents déménagent, peu de temps après sa naissance, à Londres, ville où il a vécu pendant le reste de sa vie. Il a un frère cadet qui sera tué à la guerre en 1940. Son père quitte le foyer lorsqu’il n’a que huit ans. Il a étudié à la Christ's Hospital école, une école publique à Horsham, où il était pensionnaire. Curieusement dans cet école, il a eu des cours l'art sur la Renaissance italienne, ce qui n’est sans doute par pour rien dans le déclenchement de sa vocation. Son professeur de dessin, un maître éclairé, H. A. Rigby  encourage le jeune Keith Vaughan à la pratique du dessin et favorise en particulier son intérêt pour Frank Brangwyn, dont les peintures murales ornent la chapelle de l'école.
 
Keith Vaughan, Untitled (Vertical Landscape)
 
 
De 1931 à 1938, il assume un travail, qu’il qualifie de routier dans une agence de publicité (Lintas). Il trouve une certaine compensation à ce labeur en étant en contact avec des artistes qui travaillent à l’agence tels que Felix Kelly et le peintre australien, John Passmore. Passmore a dit de Vaughan: «Je lui doit beaucoup, dans un monde de fous trouver un être de talent est quelque chose pour lequel il faut remercier Dieu.>>. Les heures de loisir de Vaughan était intensivement occupées, d’abord par la peinture, mais aussi par la musique et la fréquentation assidue des spectacles de ballet; Vaughan était un grand passionné de Diaghilev. On peut considérer que Vaughan en tant que peintre est en grande partie autodidacte . Il est resté en dehors du courant principal de la peinture britannique jusqu'à la seconde moitié des années 1940, quand il se lia d'amitié avec John Minton (j'ai consacré un billet à John Minton c'est ici ) et Graham Sutherland et a été influencé par eux
 
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Vers la fin des années 30, il a passe de nombreux week-ends à Pagham avec des amis, consacrés aux bains de soleil, à la natation et à jouer sur la plage. Durant cette période il prend de nombreuses photographies dans lesquelles ses amis semblent souvent figés en plein mouvement. Ces images l’aideront probablement à trouver les attitudes, les poses qui ensuite figureront dans ses peintures de la maturité. La plage de Pagahm dans l’oeuvre de Vaughan tient un rôle similaire à celles de Long Island dans celle de Paul Cadmus.
Lors d’une visite à Paris en 1937, Il fait sa première rencontre directe avec la peinture impressionniste et post-impressionniste.
 
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En 1939, après avoir quitté Lintas, il a passe une année à sillonner toute la Grande Bretagne pour réaliser des paysages à la gouache et à l’huile. C’est son premier face à face prolongé avec la peinture!
 
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Medical inspections, 1941





Medical inspections, 1941
 

Lorsque  la guerre éclate,  en tant qu'objecteur de conscience il  rejoint le service des ambulances. En 1941 il s’ enrôle dans le Pioneer Corps  dans lequel, parlant couramment l’allemand, Il sert d’ interprète pour les prisonniers de guerre allemands à l'Eden Camp près de Malton, (un camp de prisonniers de guerre construits avec par les détenus et considérer comme un "camp  modèle".). Il y avait accès à de nombreux conscrits et prisonniers de guerre dont il fait ses premiers modèles. Il  passe ses soirées à dessiner un certain nombre de portraits de jeunes officiers de prisonniers.
Douze des dessins et  peintures que Vaughan a peints au cours de cette période ont été achetés par la Ward Artists' Comitee et exposés à la National Gallery de Londres, à côté des oeuvres d'artistes tels que Graham Sutherland, Henry Moore et John Piper, qui admirait beaucoup Vaughan.
 
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Vaughan était autodidacte en ce qui concerne la pratique du dessin et de la peinture. Ses premières expositions ont eu lieu pendant la guerre.
 
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En 1942, il était en poste à Ashton Gifford près de Codford dans le Wiltshire. C’est à cette époque qu’il  Peint «The Wall à Ashton Gifford", que l’on peut voir aujourd’hui à la Manchester Art Gallery.  En 1943 l’éditeur John Lehmann lui a commande des illustrations et des jaquettes pour ses livres.
 
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La jaquette de l'édition anglaise d'une saison en enfer de Rimbaud, illustrée par Keith Vaughan

vaughanautoportraitmw08271Toujours pendant la guerre, il se lie d’ amitiés avec les peintres Graham Sutherland, John Craxton et John Minton, avec qui, après sa démobilisation en 1946, il a partagé un atelier. Minton lui fait rencontrer Duncan Macdonald à la Galerie Reid & Lefevre, où Vaughan fait sa première exposition personnelle. Il continuera d’exposer dans cette galerie  jusqu'en 1952. Mais c’est principalement Graham Sutherland, déjà célèbre, qui influença grandement son travail. Par ces contacts il a fait partie du cercle des Néo-Romantiques dans l’immédiate après guerre. Cependant, Vaughan a rapidement développé un style idiosyncratique qui l'a éloigné du groupe. << J'ai passé ma vie à la recherche de moi-même. >>.  Voilà comment l'artiste résumait sa carrière Ce qui n’empêche pas de déceler assez clairement des influences dans sa peinture, en premier lieu, celle, répétons le, de Graham Sutherland mais aussi d’autres des plus diverses allant de Giacometti à Poliakof en passant par Nicolas de Stael et l'expressionnisme abstrait.
 
 
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Untitled (Male Figure) circa 1970
 
 

Personnage se séchant, 1955



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Two Figures with Snake, 1973





Three Figures on a Red Ground, 1963
 
 
De 1946 à 1948 il a enseigné à l'école des arts et métiers de Camberwell . C’est Pendant cette période qu’il rencontre un étudiant en art sans ressources, Ramsey McClure. Ils vivront ensemble pendant 30 ans. Keith Vaughan a rencontré beaucoup d'autres célébrités gays des arts et de la littérature, notamment Christopher Isherwood et EM Forster, voir les journaux intimes de ce dernier pour les années 1947 et 1948 (malheureusement toujours pas traduits en français, messieurs les éditeurs un effort!), et E. M. Forster. Keith Vaughan a enseigné à l'école centrale des arts et des métiers de 1948 à 1957.
 
 
The Ice Cream, 1948




 
Supper at Worpswede, 1951




 
Standing Figure, 1954





Standing Figure (minotaur), 1950
 
Keith Vaughan, Group of figures
figures 1961

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TROCA 86

15 Juillet 2025, 06:27am

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Trocadéro, Paris, mai 1986

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