Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Un conte de Noël un film d'Arnaud Desplechin

11 Juillet 2025, 06:38am

p49

L’argument du film est à la fois simple et alambiqué, mais rien ne peut être simple chez Despléchin. La mama (Catherine Deneuve) est atteinte d’un cancer rare du sang. Seule une greffe de moelle, ne pouvant venir qu’un proche membre de sa famille, peut éventuellement la sauver. Tous les membres de la smala qui se retrouvent dans la grande maison familiale de Roubaix pour fêter Noël, ont fait un test pour savoir s’ils peuvent être donneur. Seul le fils maudit et le jeune fou de la famille sont compatibles. Le fils noir va se dévouer.

Image_5

On comprend bien, malgré une documentation médicale sans faille, cette histoire de cancer n’est qu’un habile prétexte pour faire l’autopsie d’une famille (qui à de nombreux points communs avec celle mise en scène dans “Rois et reine”, le précédent film du réalisateur) et insuffler du romanesque dans ce huis-clos bourgeois dans l’inévitable grande maison, c’est tout de même curieux cette propension à la vastitude des demeures dans le cinéma français, située à Roubaix, ce qui est à la fois original et tendance suite au succès des “Chtis”.

Image_6

Cinématographiquement le film se place sous le parrainage revendiqué de Bergman dont on aperçoit un extrait d’un de ses films et plus discrètement sous celui de Woody Allen pour l’humour et le cynisme tranquille des dialogues. Leur brillant m’a fait autant penser à l’américain qu’à Sacha Guitry et les situations à Tchékov. Tout cela pour vous dire que Depleschin me semble se tromper de médium et que sa place est plus au théâtre qu’au cinéma. Les points forts du film étant outre des dialogues éblouissants, une direction d’acteur exceptionnel. C’est à ce propos la première fois que je vois Emmanuelle Devos, elle qui plombait le pourtant excellent “Rois et reine”. Roussillon est aussi extraordinaire qu’à l’habitude apportant sa truculence ahurie aux échanges verbaux. Amalric nous ressort son numéro de bobo borderline de “Rois et reine”, mais qui s’en plaindraient et Catherine Deneuve son registre de salope gourmée ,mis au point chez Valérie Lemercier, drôle et glaçant. Une grande découverte pour moi, Laurent Capelluto, comédien que je ne connaissais pas et que je trouve formidable de densité dans le rôle de Simon. La révélation est Emile Berling qui dans un rôle ingrat ne démérite pas du talent de son père. Il faut signaler la très bonne utilisation de la voix off, et celle de la figure, toute théâtrale, on y revient, de l’aparté. Mais cela se gâte sérieusement quand le réalisateur, sans la béquille du verbe, n’utilise que la grammaire cinématographique. Si bien que l’on pense parfois que nous assistons à l’adaptation au cinéma d’une pièce de théâtre. Certains subterfuges sont même un peu misérable comme celui de faire défiler les enseignes de café de la ville en sur impression d’un plan de la ville de Roubaix.

Image_7

Autre défaut inhérent au cinéma branché français, son incapacité à filmer le travail, sauf ici les actes médicaux, sans doute parce que nos cinéastes ont bien peu l’expérience d’un autre labeur... Les métiers des protagonistes semblent ainsi être choisis au hasard. On s’etonne par exemple qu’un aussi fin lettré et musicien que le personnage magistralement interprété par Roussillon soit teinturier et paraisse jouir d’une telle aisance financière peu en accord avec son humble état d’artisan. On voit tout aussi mal sa névrosée de fille en auteur à succès et ce n’est pas une vêture de dandy qui transforme Hippolyte Girardot, de plus en plus précocement décati, en grand architecte, rôle d’une inconsistance totale.

Image_8

Il n’en reste pas moins que c’est un véritable plaisir de passer près de 2h 30 non avec de simples actants, comme on le disait au beau temps du structuralisme triomphant, mais avec de vrais caractères à l’épaisseur romanesque que nous sommes ravis de côtoyer pendant ce moment d’intelligence qu’est la projection de ce conte de Noël. 

Voir les commentaires

SUPERM, Slava Mogutin, Brian Kenny 

11 Juillet 2025, 06:38am

Congratulations_web

SUPERM est un collectif d’artistes multimédias créé en 2004 composé de... deux personnes: Slava Mogutin et Brian Kenny aux parcours bien différents l
Slava Mogutin est né en URSS, en 1974, à Kemerovo, en Sibérie. Il a déménagé à Moscou, à l'âge de 14 ans et a commencé à travailler rapidement comme journaliste pour les premiers journaux Russes et les stations de radio indépendants. À l'âge de 21 ans, il est expulsé de  Russie pour ses écrits queers. Il a obtenu l'asile politique aux États-Unis avec le soutien d'Amnesty International et du PEN American Center. Il revendique le titre de dernier dissident politique de l'ex-Union soviétique!

supremamericass_web

Image_41

Kenny  lui est né en 1982 sur la base militaire américaine d’ Heidelberg, en Allemagne où son père était militaire. Il a grandi dans différentes villes des Etats-Unis suivant les affectations de son père. Il est issu d’une famille catholique pratiquante. Adolescent, il a été un gymnaste de haut niveau. Après l'école secondaire, il est entré au Oberlin Conservatory pour poursuivre des études de musique et de chant. Mais finalement il quitte l'école pour produire sa propre musique, qui combine des éléments de hip hop et des bruits ambiants. En 2004, Kenny s'installe à New York où il commence à collaborer avec Slava Mogutin. Kenny s’exprime à travers dessins, graffitis, textes, sons et vidéos.




everybodys_25

A eux deux ils couvrent tous le spectre de l'expression artistique et sont de véritables décathloniens de l’art contemporain.  
Ils ont déjà montré leur travail dans de nombreuses galeries et  musées à travers le monde en particulier à  New York, Los Angeles, Londres, Berlin, Stockholm, Oslo, Bergen, Moscou et León... Leurs vidéos ont été présenté dans plusieurs festivals gays et lesbiens à Turin, Berlin, Paris et dans des festivals de courts métrages.

BlowWall2SM

Blow1sm

Mais leur travail provoque beaucoup de remous, par exemple lors de leur première exposition à Londres en 2007, Magutin a été interdit de territoire britannique et n’a pu assister au vernissage!
Les installations de SUPERM  combinent photographies, vidéos, sons, textes, dessins, peintures, sculptures, collages, pochoirs, peintures murales et performances. Kenny et Magutin utilisent tous les moyens disponibles et des matières d'origine les plus diverses, allant de meubles récupérés à des ustensiles de fétichisme et de bondage, en passant par des cheveux et des fluides corporels...

AmazingBeg_web BigAmericaKilledSM

En utilisant eux-mêmes et leurs amis comme modèles, acteurs et collaborateurs, SUPERM a crée une sorte de “factory”, on ne peut que penser à Warhol. Multidisciplinaires SUPERM réussit à diffuser leurs images bien au-delà du milieu habituel de l’ art.

kennyadysalviawebxb3

La liste toujours plus grande de leurs collaborateurs comprend: Gio Peter Black, Bruce LaBruce, Christophe Chemin, Marcelo Krasilcic, Dominic Johnson, Desi Santiago, Tom Dura, Billy Miller, Jason Farrer, Christophe Hamaide-Pierson, Dmitryi Rozin, Joakim Andreasson, Josh Lee, et Marko Brozic.

sputnik_toilet_wall_1_web

Il faut préciser que parfois SUPREM signe leurs œuvres d’un autre nom lorsqu’ils collaborent avec d’autres artistes par exemple Spoutnik 3  quand c’est avec le musicien guatémaltèque Peter Black Gio.

sputnik_toilet_wall_3web  

Kenny, Magutin et leurs amis se revendiquent comme transgressifs, politiques et uniques. Ils veulent que le travail de SUPERM soit une réponse à un monde cynique où règnent la guerre, la propagande, le lavage de cerveau par les médias, la censure par les géants de l’industrie. Ils dénoncent, non sans paranoïa, la diminution des libertés individuelles, un monde où les natifs des pays extérieurs à l'Union européenne et des États-Unis sont traités comme des citoyens de deuxième classe, et considèrent que les artistes non-conformistes sont assimilés comme des criminels...

kennyfight_for_your_legs

Avant SUPERM, Magutin a déjà eu une longue vie artistique. Il nous parle de sa pratique de la photographie: << Je n’ai pas un studio de photographie. Je ne sais rien au sujet du matériel professionnel ou de l'éclairage. Je préfère travailler dans le milieu naturel, en utilisant le point-and-shoot ou un appareil jetable et toujours avec la lumière ambiante. Après avoir travaillé avec des artistes comme Terry Richardson et Bruce LaBruce, je me suis rendu compte que vous n'avez pas besoin d'un coûteux appareil photo ou d’un studio professionnel pour  prendre une belle photo originale. J'ai l'habitude de ne pas créer les scènes que je photographie.Tous mes travaux sont totalement personnels et spontanés.

Image_15 

J'aime “archiver” ma propre vie et celle d'autres personnes qui sont mes amis ou mes amants. J’aime les laisser jouer et fixer tout ce qui les transforme. Mon appareil photo est juste un élément du jeu, mais ce n'est pas la partie principale. J'aime aussi photographier les gens dans les pays vulnérables, dans des situations intimes, comme celle d’ un homme reniflant l'aisselle d’un autre gars... >>. Son travail relève du reportage que viendrait polluer et enrichir l’auto-fiction. On ressent sur le plan émotionnel une frustration de ces jeunes hommes, pris dans des périodes  transitoires de leur vie. Son travail, bien que complètement original le rapproche de photographes contemporains, qui sont souvent ses amis, tels que Wolfgang Tillmans, Pablo Leon de la Barra, Marcelo Krasilcic, Ryan McGinley, Michael Meads… Et bien sûr, nous ne pouvons que mentionner Nan Goldin, Jack Pierson et Mark Morrisroe, et Larry Clark.

Image_12

Vient de paraître “Lost Boys” (ISBN 1-57687-330-7, 39.95 $ ), la première monographie consacrée au travail photographique de Magutin. Elle se compose d’une collection de ses portraits et de ses paysages pris au cours des dix dernières années, depuis qu'il a été expulsé de Russie pour "hooliganisme”. 
Ses oeuvres transcendent les conventions de la photographie de nu masculin. Elles affrontent le spectateur / voyeur, avec un style brut et une nouvelle sensibilité. C’est un croisement entre la pornographie et la photo de mode. Ces images se réclament de la culture pop et font penser aux premières photo de Larry Clark de sa clan de marginaux. "Lost Boys" est un voyage poétique, cosmopolite et parfois sexy dans les différentes obsessions et fétiches  de la “culture” de la jeunesse urbaine. L'album se présente comme une nomenclature des différentes tribus d’adolescents qu’a engendré la sous culture urbaine. On y retrouve plusieurs archétypes, tel que les punks, skinheads, skateurs, hooligans, jeunes prostitués des rues, rasta, Rasta, garçons de Crimée, lutteurs russes, cadets et militaires…

supremIlya_Bondage_lrg 

Ces portraits intimes et incandescents sont surtout une réflexion sur leur véritable identité. Cette question est au cœur de cette série. formidable auscultation sensuelle de ces garçons qui endossent un rôle avec souvent le sentiment de ne pas savoir qui ils sont vraiment. << Je crois que Lost Boys est un bon titre pour cette série, car j’ai photographié tous ces enfants de par le monde, qui sont effectivement perdus, d'une façon ou d'une autre, prisonniers dans lepetit univers de leurs sous-cultures... je ne veux pas être limité par les stéréotypes gays. Mais on ne peut pas être  un homme complet sans explorer les différentes parties de sa nature, et en particulier sa sexualité. Surtout si on est un artiste…  Il y a de plus en plus chez les jeunes, un sentiment d'aliénation qui est évident dans nos sociétés post-apocalyptiques dans son ensemble, et dans la sous-culture gay urbaine en particulier... >> affirme Mogutin.

Image_5

Sans être trop évident le photographe fait des allusions directes en forme d’hommage dans ses images comme dans ses écrits à un certain nombre de héros culturels du passé qui appartiennent à la tradition des “renégat” tel que Sade, Rimbaud, Genet, ou Bataille... il y a aussi beaucoup de fascination pour les clandestins et de nombreux clins d'oeil à d'autres traditions et mouvements artistiques des générations précédentes.

Last_Call_Medication_web 

Si Margutin est avant tout un photographe, mais il ne faudrait tout de même pas oublier sa peinture à la pâte épaisse et aux sujets encore plus provoquants que ceux de ses photographies, le moyen d’expression de prédilection de Brian Kenny est le dessin. Il est bon de rappeler qu’il est encore très jeune et qu’il ne s’est peut être pas encore complètement libéré de l’influence de Basquiat. Son travail s’apparente aussi à celui de  Jonathan Meese et aussi aux dessins de Bjarne Melgaard. Dans sa démarche il n’est pas loin de celles d’hier d’un Fromanger ou d’un Keith Haring. Extrêmement prolifique il expérimente de nombreuses voies même s’il me semble que ce sont ses œuvres sur papier les plus spontanées qui sont les plus remarquables.

supermbathroom3smwo7.gogoboysBrianKenny

kennythisposition4webxj9  


L’émergence de SUPERM est symptomatique du retour en force de la politique dans l’art, voir des artistes ou des courant dont je vous ai déjà parlé comme Sot art, certains artistes chinois de la collection Sigg, Bansky... conjointement on voit aussi un regain d’intérèt pour des artistes engagés ultérieurement comme ceux de la figuration narrative. Il faut rappeler qu’un autre collectif de deux zigues fortement engagés, je veux parler de Gilbert et George qui n’ont pas quitter l’avant scène de la création artistique depuis au moins trente ans.

together_web

 

Sean par Slava Mogutin

Voir les commentaires

une plongée dans les archives d'Egermeier

10 Juillet 2025, 06:39am

une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier
une plongée dans les archives d'Egermeier

Voir les commentaires

polythéisme et art

10 Juillet 2025, 06:39am

 

... précisément de cette inavouée concession au polythéisme qu'à pu naitre toute l'efflorescence de l'art - refusé au monothéisme absolu des arabes (et des juifs et des protestants) (...) ce n'est que dans la mesure où le catholicisme se paganise (si j'ose dire) où il consent et cède à la diversité humaine, qu'il favorise l'art - et la civilisation.

André Gide, journal

Voir les commentaires

Boudin au Musée Marmottan-Monet (2)

10 Juillet 2025, 06:23am

Paris, juillet 2025, photo B.A.

Voir les commentaires

SCOUTS À SAINT-SULPICE

9 Juillet 2025, 06:34am

PICT0003.JPG

 

PICT0004.JPG

 

PICT0005.JPG

 

PICT0007.JPG

 

PICT0010.JPG

 

PICT0132.JPG

Paris, octobre 1984

Voir les commentaires

POUR SE SOUVENIR DE L'ARCHE DE HUANG YONG PING À LA CHAPELLE DE L'ECOLE NATIONALE DES BEAUX-ARTS

9 Juillet 2025, 06:33am

IMG_6205.

La chapelle de l'École des beaux-arts, a été construite par la reine Margot. Les travaux commencèrent en 16o8. Elle devint, avec Alexandre Lenoir, le Musée des monuments français (1795-1816), avant d'accueillir, au sein de l'École des beaux-arts, des copies d’œuvres du moyen-âge et de la Renaissance italienne et française : « La porte du Paradis » dont l’originale, réalisée par Ghiberti, orne le baptistère de Florence ou encore « le Jugement dernier » de Michel-Ange par Xavier Sigalon. Tout cela donne au lieu un aspect bric à brac, sentiment que renforce souvent les installations qui y sont régulièrement présentées. Parfois on ne situe pas bien où s'arrête l'exposition permanente et où commence l'exposition temporaire... Ce n'est pas le cas avec l'installation de Huang Yong Ping, un des artistes de la galerie Kamel Mennour où l'on peut voir jusqu'au 19 décembre, une autre installation de Huang Yong Ping, "caverne" inspirée de la caverne de Platon. Pas de confusion possible, cette fois, car l'arche avec ses bestioles naturalisées tranche nettement avec les gisants poussièreux de l'endroit.

IMG_6186

IMG_6187
.
Huang Yong Ping est un habitué des installations spectaculaires, mais elles ne furent pas toutes aussi agréables à regarder que celle-ci. On peut être surpris de voir ce chinois, installé en France depuis la fin des années 80, nourrir son art des grands mythes occidentaux...
Laissons la parole à Jean de Loisy, qui dans le dossier de presse, décrypte les intentions et les sources de l'artiste: << L'installation magistrale méditée par l'artiste pour la chapelle de l'Ecole Nationale des Beaux-arts de Paris a été inspirée par l'incendie de la célèbre maison parisienne Deyrolle spécialisée dans la vente d'objets d'histoire naturelle. Saisi par l'effet de la calcination sur l'aspect des animaux, l'artiste y vit figuré par ce hasard néfaste le vrai travail de la mort. Ce désastre le conduit à concevoir cette immense sculpture qui commente l'histoire de l'arche de Noé décrite dans la genèse, c'est à dire la condition du mal, du châtiment divin et de la rédemption au coeur d'un drame cosmique, le déluge...

IMG_6188

IMG_6189

... Le grand vaisseau est là, entouré des sommets de la mémoire occidentale. Fidèle à l'histoire biblique, il porte sur ses ponts la faune destinée à repeupler la terre. S'en approchant, le regardeur découvrira certains des animaux empaillés, défigurés, comme victimes d'une terrible tragédie. Le mât également, partiellement calciné, suggère que ce microcosme a été soumis à un drame...

IMG_6192

IMG_6193

... ici, il s'agit d'un bateau de papier. Comment dire plus littéralement que l'oeuvre se réfère à un livre mais aussi qu'appartenant au monde de l'enfance, elle est une fable. La géométrie du pliage selon laquel est construit le navire est l'expression de la raison, opposée aux pulsions animales qui nous constituent...

IMG_6190
maquette de l'installation

L'arche de HYP transporte la vie mais aussi la violence fondamentale de toute organisation sociale. Par ce message pessimiste l'artiste retourne l'idée même de l'histoire sur laquelle il se fonde. Il disjoint l'alliance entre Dieu et les hommes. Aucune punition céleste n'a frappé l'arche, seule la violence inhérente à la vie collective est à l'origine de la barbarie mise en scène par l'artiste...

IMG_6195

IMG_6196

... Comme le signifie le titre: "Arche 2009", la rumeur tragique de notre présent accompagne ce monument dédié à nos faiblesses. On peut percevoir l'écho, par exemple de la destruction écologique majeure d'aujourd'hui, qu'autrefois le déluge symbolisa, ou la douleur des boat people, ou encore les conflits interminables qui manifestent notre incapacité à vivre ensemble...

IMG_6197

... Ici donc l'artiste inverse le point de vue des mythes en observant ce que ceux-ci disent de nous mêmes, plutôt que ce qu'ils suggèrent de nos dieux. Il substitue ainsi aux aspects théologiques de ces récits fondateurs, une anthropologie, une réflexion sur l'homme.>> Jean de Loisy, juin 2009

IMG_6199

Si j'ai mis la quasi intégralité de la note d'intention du dossier de presse c'est tout d'abord que pour une fois, elle est compréhensible et qu'en outre je suis à peu près d'accord avec ce qu'elle raconte. Il est bien certain que je n'ai pas vu tout cela en regardant, en tournant autour, en photographiant cette installation. En particulier la partie calciné de la chose, bien peu perceptible... Pourtant en voyant ces animaux naturalisés j'ai immédiatement pensé à Deyrolles, qui se trouve non loin de la chapelle des Beaux-art, rue du Bac. Je me réjouit d'ailleurs de la renaissance de cette maison dans laquelle j'avais fait de nombreuses photos il y a une quinzaine d'années; il faudra que je montre cela un jour... Au dela des interprétation cette installation est plaisante et on ne peut qu'espérer qu'elle aidera à sensibiliser le public sur les animaux en voie de disparition.

IMG_6202



IMG_6204

Paris, novembre 2009

Voir les commentaires

TROCA 87

9 Juillet 2025, 06:33am

PICT0437.JPG

 

PICT0438.JPG

 

PICT0439.JPG

 

PICT0483.JPG

 

PICT0484.JPG

Paris, Le Trocadéro, été 1987

Voir les commentaires

En 1924, le 'Corydon' de Gide contre le baron Charlus de Proust

9 Juillet 2025, 06:32am

De gauche à droite Maurice Sachs, Jean-Loup Simian, Louis Emié 
et Max Jacob. 

 

 

« J’ai dîné, un soir de 1924, chez les H***, protestants alliés à toutes les bonnes familles du Havre.

Dans ce milieu gai des Havrais de Paris, où l’on attache quand même plus de prix aux sports d’hiver qu’aux ballets russes et à un canapé neuf qu’à un livre, la parution de Corydon a causé une sensation profonde, plus profonde encore qu’ils ne le savent. Et premier symptôme, on a parlé à table de l’homosexualité, calmement, froidement, comme d’un cas clinique assez répandu. Cela semblera peut-être tout naturel dans dix ans. C’est incroyable aujourd’hui et d’autant plus que les enfants étaient à table (des enfants majeurs, mais la chose en est à peine moins curieuse).

C’est un sujet qu’on n’aurait peut-être jamais abordé dans une salle à manger bourgeoise et protestante si André Gide n’avait été lui-même un bourgeois protestant à l’aise, un homme par conséquent qu’on ne soupçonne d’aucune vilenie. La publication des ouvrages de Proust n’avait pas du tout fait le même effet. Les bourgeois les plus osés, pour ce livre-là, se contentaient de chuchoter d’un air entendu (et était-ce assez odieux) : « Proust… ma chère », en se donnant sur le menton un coup de doigt léger. Gide l’emporte. Ce n’est du reste pas certains parents seulement que ce livre libère. On m’a dit que beaucoup de jeunes gens qui osaient à peine (ou pas du tout) s’avouer la singularité de leurs inclinations se sont tout à coup reconnus, et qu’ils ont pris le parti d’un goût dont la pratique est peut-être nécessaire à leur équilibre. »

 

Maurice Sachs, Au temps du Boeuf sur le toit, Paris : Les Cahiers rouges, Grasset, 1987 (1ère édition, 1939).

Voir les commentaires

STREET ART PARISIEN, SEPTEMBRE 2012

9 Juillet 2025, 06:32am

DSC04816_2.jpg

 

DSC04817.jpg

 

DSC04818.jpg

 

DSC04853.JPG

 

DSC04860.JPG

 

DSC04861.JPG

Paris, septembre 2012

Voir les commentaires